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Full text of "Les quantités élémentaires d'électricité: ions, électrons, corpuscules"

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SI),  u  -f.  OU  rntsi«DF. 


«iiA.MTrfe  ÉuaKNTAiBiîs  DMaiîirrnicrrfî 

)^S,  ELIXTUONS,  CORPUSCULES 

MitMOIIIRit  nXIINIS  ET  P(t|ll.lKti 


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M-i.il    ABRAHAM    tt    l*flui    UWNOÎÎVIW 


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TO  ^K"W  YORK 

PUBLIC  LirRARY 

1 502 12\ 

iTmf.Hjr.Noy  AND 


SUR  LA  CONDUCTIBILITÉ  DES  GAZ  CHAUDS 

EXTRAITS  DES  FLA.MMKS, 

Par  J.-A.  M   CLELLAND. 
Traduit   de   l'anglais   par  H.    BÉNARD. 


Philosophical  Magazine,  5*  série,  t.  XLVI,  juillet  i8<»S.  p.  7aj-\-2. 


C'est  un  fait  bien  connu  qu'un  corps  éleririsé  perd  sa  cliar^e  quand 
on  en  approche  une  flannne,  nicnie  >"\\  n'y  a  pas  conlacl  avec  la 
flamme,  mais  seulement  a\ec  les  ^ax  cliauds  qui  en  provicniienl. 

De  nombreuses  recherches  onl  éU*  laites  sur  ce  sujet  de  la  conduc- 
tibilité (ie5  llammes.  On  trouvera  leurs  résultais  c\pos<>s  dans  le 
quatrième  Volume  des  Leçons  d* Electricité,  de  Wiedemann,  el  dans 
un  Mémoire  poslé'rieur  dWrrhcnius  (  '  ). 

Les  recherches  exposées  dans  le  pn'*scnl  Mémoire  «ie  rapportent  à 
la  conductibilité  des  gaz  extraits  des  ilamnies  plutôt  qu'à  celle  des 
flammes  elles-mêmes;  les  conditions  sont  plus  sinqdcs  et  la  nature 
des  électrodes  einplo>ées  n'a  pas  la  même  inqiortancr  i  -). 

I^  méthode  employée  est  simple  :  le  piz  circule  dans  un  tube  de 
laiton  à  l'intérieur  du<|uel  on  a  placé  une  édeclrodc  isolée  pouvant 
être  portée  à  un  potc*ntiel  quelcon([ue.  On  détermine  la  con(iuctil>i- 
lité  d'après  la  \itesse  de  chute  du  potentiel  de  l'électrode,  mesurée  à 
réleclromètre.  lourdes  expériences  sur  la  conductibilité  des  ilainmes 
elles-mêmes,  on  pourrait  employer  un  galvanomètre  sensible,  mais, 
pour  les  gaz  extraits  des  ilanimes,  la  conductibilité  serait  trop  faible 
pour  qu'on  puisse  la  mesurer  avec  un  ji^alvanomètre. 


(*)    Wied.  Ann.,  t.  XLIII,  1891. 

(*)  Sur  cette  partie  du  sujet,  voir  Oik^e,  Wieti.  Afifi.,  l.  WII.  1882,  et  t.  WWIII, 
1889. 


S.  P.  Si 


J 


ckV' 


JlA 


M'    CLKLLAM». 


1.  —  Relation  entre  le  conrant  et  la  force  électnnutTioe 

On  a  t'iii|)l<i\«f.  fMtiir  ('«'tlt*  (Iclf'riniiiiitioii.  le  di^ipositif  $uiv«iiit  '  \oir 
fi*:.  ^.  f»artini  .  :  l  n  IiiIm-  kU-  inclai  \\r  .»'"•.-  dt-  diamètre.  }»orlant  un 
euliuinoir  a  >n  |>arli«-  iiif^Tifiin-,  fst  4li>|M>sf  au-dessus  d'un  brûleur 
i>uii!»eii  ordinaire  a  ronronne  rtrirle  de  laeon  a  donner  une  Haiome  liien 
rë«:idi*''re.  Le>  produit>  delà  t-onilui^tion  montent  dan^  ce  tubea\ecnne 
vilf*>Ne  cMinstiinl*'  en  (dia(|ue  point,  de^  (}iie  le  tuhe  a  atteint  une  tem- 
pératun*  permanente:  le  (inilenr  (*<t  as>ez  lar<re  pour  assurer,  dutant 
une  p(»>siide.  Iiiniiormile  i\v\  eonranl  de  piz  conducteur  en  tous  le:» 
point^  d  une  section  liori/ontale  du  tid»e.  l  ne  ti^e  de  laiton.  Kin^e 
de  M.'"',  avant  «i"".  .*»  «le  diametnr.  esl  plae«*e  sni\ant  Taxe  du  tube  et 
iMd<''e  à  I  aide  d  un  bouelion  d  t'dtonite  qui  tra\erse  la  paroi  du  tube. 
Celte  ti^e  esl  ndiêe  a  lune  de-*  paire>  de  qnadranl>  d  un  éleclro- 
Ui**l!*e.  le  tube  esl  lui-même  relie  à  hi  terre.  Les  deux  pairt*s  de  qua- 
drants Minl  d'al»ord  réunie^  en^enddeet  mi^i^s  en  communication  a^ec 
un  de>  pôles  d'une  batt(*rie  d  aeeumulatenr^.  i  autre  prde  étant  à  la 
lerix'  :  les  quadrant*»  relies  a  la  lii»e  de  laiton  siuil  ensuite  seî parés  de 
la  l>atterie  et  le  déplacement  de  iaiiiuille  i\\\  ^aKanomelre  mesure  le 
C(»uraut  correspondant  à  la  fore*'  t'Iectroniotrice  employée. 

La  ligure  1  dtinue  «  courbes  L  II  •  les  résultais  «le  deux  séries  d  e\- 


10  20  3r  40  5C 


p»^f'leIl*;♦-^.  j^rfus  le  Cas  de  Ih  courbc  IL  la  \it<»s>e  du  courant  d  air 
<:it*iud  Cl  eié  diminuée  en  }»lacanl  au  sommel  «lu  IuIk'  A  un  rarli»n 
\j^Ai.<r  (Je  UMUibn-ux  pelils  lii»us.  Les  \  a  leurs  «lu  ciuiranl  sont  expri- 

lliee^  en   unités  ;4rliitruîf**.. 


*  ^  • 


SUR    LA    CUNOI'CTIBILITÉ    DES  GAZ   CHAUDS   EXTRAITS   DES   FLAMMES.  5l5 

Ces  courbes  montrent  immédiatement  que  le  conducteur  ne  suit 
pas  la  loi  d'Ohm,  mais  que  le  courant  tend  vers  un  maximum  con- 
stant quand  la  force  éleclromotrice  devient  suffisamment  grande. 

C'est  la  forme  de  courbe  que  Ton  devait  s'altendre  à  obtenir  si  Ton 
regarde  la  conductibilité  du  gaz  comme  due  à  son  ionisation  dans  la 
flamme,  c'est-à-dire  le  gaz  qui  passe  près  de  Télectrodc  isolée  comme 
contenant  des  ions  chargés  positivement  et  négativement.  Si  Télec- 
trode  est  chargée  positivement,  les  particules  chargées  négativement 
sont  attirées  par  elle  et  lui  abandonnent  leur  charge,  d'où  résulte  la 
déperdition  observée. 

Soient  : 

V  la  mobilité  d'un  ion  (vitesse  dans  le  champ  unité); 

^  la  vitesse  du  courant  gazeux  ascendant; 

/  la  longueur  de  l'électrode  isolée  chargée  au  potentiel  V  ; 

fj  le  rayon  de  l'électrode  ; 

Ty  le  rayon  du  tube. 

Les  ions  situés  à  une  distance  de  l'axe  inférieure  à  p  seront  dé- 
chargés par  l'électrode,  p  étant  donné  par 

^  =  J_  P'-^'iogil. 

V'  p  V  2  "  To 

Par  suite,  si  q  désigne  la  charge  portée  par  les  ions  d'un  certain 
signe  contenus  dans  l'unité  de  volume,  la  quantité  d'électricité  aban- 
donnée par  unité  de  temps  à  l'électrode  est 

Le  courant  est  donc  proportionnel  à  la  force  électromotrice  jusqu'à 
ce  que  p  =  ri,  quand  toutes  les  particules  ont  cédé  leur  charge  à 
IVleclrode. 

Nous  avons  négligé,  dans  ce  calcul,  la  vitesse  de  recombinaison  des 
ions  de  signes  contraires  ;  à  mesure  que  l'on  monte  dans  le  tube,  la 
recomhinaison  diminue  la  conductibilité,  de  sorte  qu'une  grande  force 
électromotrice,  en  déchargeant  les  ions  plus  tôt  sur  Télectrode,  aug- 
mente légèrement  le  courant;  il  en  résulte  que  la  courbe  ne  devient 
pas  parfaitement  recliligne  à  partir  du  point  où  la  force  éleclromo- 
InVe  est  suffisante  pour  décharger  tous  les  ions  avant  qu'ils  aient 
dépassé  l'électrode. 


Dans  ta  courbe  II,  le  courant  maximum  est  atleini  pour  une  force 
élertromnlrice  plus  faible  que  pour  I,  parce  que  la  vitesse  du  courant 
gazeux,  e-il  moindre  et  que  les  particules  chargées  prennent  plus  de 
temps  à  parcourir  la  longueur  de  l'électrode. 

La  courbe  III  i^fig-  2)  se  rapporte  à  une  série  d'expériences  effec- 

Fig.  1. 


vY 

^^^ 

■^       \- 

.                            ^ 

^        ^^ 

,^ 

A 

^ 

tuées  en  einplovaut  un  tube  plus  large  (/■(  =  4™)  ^^'^^  une  vitesse  i^ 
supérieure  à  100'''  par  seconde.  On  voit  que,  jusqu'au  plus  haut  vol- 
tage employé  (a8o  volts),  le  courant  est  sensiblement  proportionnel  à 
la  force  électromotrice.  D'un  autre  côté,  avec  un  tube  plus  étroit  et 
une  plus  faible  vitesse  des  particules  ascendantes,  le  courant  de  satu- 
ration a  été  atteint  pour  une  force  éleclniinotrice  de  quelques  volts. 

Si.  au-dessus  de  l'éleclroile  ^que  nous  désignerons  par  B),  on 
en  place  une  autre  C  reliée  à  l'élerlroniùtre  et  cbargée  à  un  potentiel 
suftisammeni  élevé  pour  donner  le  courant  nia\inmni,  el  si  l'on  vient 
à  élever  le  potentiel  de  B,  la  vitesse  de  déperdition  de  C  diminue 
jusqu'à  s'annuler,  ce  ipii  a  lieu  quand  le  potentiel  de  B  est  asses 
élevé  pour  donner  le  courant  ina\iiiiuin.  Dans  ce  cas,  toutes  les  par- 
ticules ont  été  déchargées  avant  de  dépasser  l'électrode  B.  el  le  gas, 
au-4)essus  de  celle  élertnide.  a  perdu  toute  conductibilité.  La  vitesse 
de  déperdition  mavimum  de  B  est  la  même,  quel  que  soit  le  signe  de 
sa  charfie.  ce  qui  prouve  que  les  charges  totales  d'électricité  négative 
et  d'électricité  |Htsili\e  transportées  par  les  ions  soni  égales. 

On  peut  calculer  la  ipiantilé  lot:de  d'électricité  portée  par  les  ions 


■  déterminé  par  unité  de 
ll.ounie.  L  ne  élecliiide  reliée  à  une 


du  i 


>\tent  de  la 


ajw 


i  de  jSo  unités  C.  G.  S  (y 


SUR   LA    CONDt'CTIBILITÉ    DBS   GAZ   CUAtDS    EXTRAITS   DES   FLAMMES.  SlJ 

compris  celle  de  l'éleclromètre)  présentait  une  chute  de  potentiel  de 
5  volts  par  seconde,  soit  une  perte  de  ^  d'unité  électrostatique  par 
seconde.  Le  gaz  était  déchargé  dans  une  section  de  S*"""'  autour  de 
l'électrode,  la  vitesse  du  courant  gazeux  était  130*""  par  seconde;  la 
chaîne  par  centimètre  cube  était  donc  g^^  d'unité  électrostatique.  Si 
chaque  particule  chargée  a  la  charge  d'un  atome,  leur  nombre  est  de 
l'ordre  de   lo*    par  centimètre  cube,  c'esl-à-dire  que  le  rapport  du 
nombre  des  ions  au  nombre  des  molécules   est  de  l'ordre  de  lo"'^. 
Ces  nombres  se  rapportent  au  gaz  situé  en  un  point  à  i^*^'"  environ 
de  la  flamme  ;  plus  près  de  la  flamme,   le  nombre  des  atomes  disso- 
ciés est,  naturellement,  beaucoup  plus  grand,  et  ce  nombre  décroît 
rapidement  quand  le  gaz  s'éloigne  davantage  de  la  flamme. 


2.  —  Recombinaison  des  ions. 

L'électrode  est  chargée  à  un  potentiel  assez  élevé  pour  que  tous  les  ions 
soient  déchargés  bien  avant  d'avoir  atteint  l'extrémité  supérieure  de  la  ba- 
guette. Celle-ci  est  descendue  à  ditférents  niveaux  dans  le  cylindre  et,  dans 
chaque  cas,  la  vitesse  de  déperdition  mesure  la  conductibilité  à  un  certain  ni- 
veau au-dessus  de  la  flamme.  En  mesurant  les  températures  et,  par  suite,  les 
vitesses  relatives  du  courant  «;:azeux,  on  peut  exprimer  la  conductibilité  en 
fonction  du  temps  écoulé  depuis  que  le  gaz  a  quitté  la  flamme.  Les  résultats 
numériques  s'accordent  bien  avec  la  formule 

I         I 

n        N 

déduite  de 

dn 

—  t  n* 

dt  ' 

c'est-à-dire  de  l'hypothèse  que  le  nombre  de  collisions  par  seconde  est  pro- 
portionnel au  carré  du  nombre  des  ions  présents. 


3.  —  Mobilité  des  ions. 

On  peut  facilement  déterminer  la  vitesse  avec  laquelle  les  ions 
posilil^  et  négatifs  se  déplacent  dans  un  champ  donné.  La  figure  3 
représente  l'appareil  employé. 

\  est  un  tube  cylindrique  de  o*^'",  85  de  rayon,  avec  deux  électrodes 
BetC  placées  l'une  au-dessus  de  l'autre  suivant  l'axe  du  tube,  ayant 
toutes  les  deux  6*'~,5  de  longueur  et  o*-'",2  de  diamètre.  Ces  élec- 
trodes sont  isolées  et  supportées  par  des  bouchons  d'ébonite.  Pour 
fmpécher  le  dépôt  d'humidité  à  la  surface  de  l'ébonite  de  compro- 


5i8 


M*  CLELLAND. 


mettre  l'isolemenl,  on  donne  à  ces  bouchons  la  forme  indiquée  sur  ! 
fi«:ure,  de  sorte  que  la  surface  isolante  n'est  pas  exposée  directeniei 
au  courant  gazeux. 

Un  tube  T  met  le  cvlindre  A  en  communication  avec  une  trompe 
eau  P.  La  trompe  est  reliée  par  un  tube  en  verre  /:,  comme  Findiqu 
la  ligure,  à  un  grand  flacon  de  verre  V,  qui  est  muni  en  outre  de  deu 

Fig.  3. 


tubes  a  et  6,  le  premier  dépassant  à  peine  le  bouchon,  l'autre  pion 
géant  jusqu'au  fond  du  flacon.  L'eau  et  l'air  aspirés  entrent  par  c,  ( 
le  robinet  dont  a  est  muni  peut  facilement  être  réglé  de  façon  que  1 
flacon  reste  à  moitié  plein  d'eau,  Teau  s'échappant  par  6  et  l'air  par  £ 
On  le  maintient  tel  pendant  une  expérience;  puis,  en  fermant  a  i 
en  déterminant  le  temps  que  le  niveau  de  Teau  dans  \  met  à  descendr 
de  quelques  centimètres,  connaissant  la  section  du  flacon,  on  en  d^ 
duil  le  volume  d'air  aspiré  à  travers  A  en  un  temps  donné.  Connai;; 
sant  la  section  de  A  et  aussi  la  température  en  un  point  déterminé  d 
rintérieur  de  ce  tube,  on  en  déduit  la  vitesse  du  courant  gazeux  en  c 
point.  La  température  est  obtenue  en  enlevant  le  manchon  d'ébonil 
et  en  introduisant  un  thermomètre. 

A  est  relié  à  la  terre,  C  chargé  à  l'aide  d'accumulateurs  et  la  vitess 
de  déperdition  mesurée  comme  précédemment.  C  est  chargé  à  u 
potentiel  suffisamment  élevé  pour  assurer  la  décharge  complète  d 
gaz.  La  vitesse  de  déperdition  de  C  est  ainsi  déterminée  :  i®  quand 
esl  relié  au  sol  ;  2°  quand  B  est  chargé  à  un  potentiel  tfel  que  la  vitess 
de  déperdition  de  C  soit  à  peu  près  diminuée  de  moitié.  Ces  deu 
déterminations  permettent  de  calculer  la  mobilité  des  particules  chai 


SUR    LA    CONDI'CTIBILITK    DES   GAZ   CHAL'DS   EXTHAITS   DES    FLAMMES.  Sig 

gées.  Les  ions  de  signe  contraire  à  la  charge  de  rélectrode  B,  contenus 
dans  une  partie  de  la  section  du  tube,  sont  déchargés  par  B;  la  sur- 
face ainsi  déchargée  est  donnée,  comme  on  Fa  vu,  par 

On  peut  déduire  p  de  la  vitesse  de  déperdition  de  C  dans  les  deux 
cas  mentionnés;  connaissant  r',  vitesse  du  courant  gazeux,  l'équation 
précédente  donne  la  mobilité  i^  de  l'ion. 

Dans  la  pratique,  V  est  choisi  de  façon  à  diminuer  de  moitié  en- 
viron la  vitesse  de  déperdition  de  G.  On  peut  vérifier  la  valeur  de  i', 
ainsi  calculée,  en  cherchant  quelle  valeur  de  V  est  juste  suffisante 
pour  annuler  la  conductibilité  au  niveau  de  C. 

Cette  méthode  a  donné  une  mobilité  de 

o*",>,  par  seconde. 

Ce  nombre  résulte  d'un  très  grand  nombre  d'expériences  concor- 
dantes au  Yq.  La  vitesse  \>'  a  varié  de  i5*^'"  à  in*^""  par  seconde,  et  le 
potentiel  V  de  Téleclrode  B,  de  i  à  4  volts. 

Lue  autre  série  de  déterminations  de  la  mobilité  de  l'ion  a  été 
faite  avec  un  tube  de  plus  grand  rayon  (r,  =  4*"")?  et  avec  deux  élec- 
trodes, l'inférieure  B  ayant  une  longueur  de  43*^'"  et  un  rayon  de  o*^",  4» 
La  vitesse  du  courant  d'air  était  mesurée  à  l'aide  d'un  anémomètre 
adapté  au  tube.  Une  détermination  de  cette  deuxième  série  a  donné  : 

Déperdition  de  G  : 

200  divisions  en  ii  secondes,  quand  B  était  au  potentiel.,     o 

WH)        »  i8         »  »  ..40  volts 

Vitesse  du  courant  d'air  au  niveau  de  B   v'  =.  iti"""  par  sec. 

Cela  donne,  pour  la  mobilité, 

o*''",'2*2  par  seconde. 

L'accord  entre  les  résultats  des  deux  séries  d'expériences  est  aussi 
satisfaisant  qu'on  pouvait  l'espérer,  étant  donnée  la  nature  des  expé- 
riences. 

Toutes  ces  déterminations  de  la  mobilité  des  ions  ont  été  faites 
très  peu  de  temps  après  que  le  gaz  avait  quitté  la  ilamine  et  alors  que 
sa  température  était  d'environ  200"  C.  Ceci  est  important,  ainsi  que 
des  recherches  ultérieures  l'ont  montré. 


5'10  M*  fXELLAXD. 

Celte  mobilité  est  très  inférieure  à  celle  trouvée  pour  les  ions  des 
gaz  rcrntgenisés  (  '  >. 

Si  l'on  refj^arde  la  charge  de  lion  comme  invariable,  on  doit  sup- 
poser que,  dans  le  cas  actuel,  l'ion  char*:é  a  groupé  autour  de  lui 
un  certain  nombre  de  molécules  neutres  qui  augmentent  sa  masse, 
sans  accroître  sa  charge,  diminuant  ainsi  sa  mobilité.  Nous  n'avons 
pas  de  données  suffisantes  pour  déterminer  la  dimension  de  la  par- 
ticule chargée,  même  en  admettant  qu'elle  porte  la  charge  atomique, 
car  celte  particule  est  si  petite  que  les  équations  du  mouvement  vis- 
queux ne  s*appliquent  pas. 

i.  —  Diflérences  de  mobilités  entre  les  ions  des  deux  signes. 

Quand  on  charge  les  deux  électrodes  B  et  C  d'un  certain  signe,  puis,  dans 
une  autre  expérience,  du  signe  contraire,  on  trouve  que  la  mobilité  des  ions 
négatifs  est  environ  i.i5,  crlle  des  ions  positifs  étant  prise  pour  unité. 

Cette  inégalité  des  mobilité>  explique  l'expérience  suivante  (  Lord  Kelvin)  : 
Si  Ton  aspire  le  gaz  qui  vient  de  la  flamme  par  un  tube  mis  à  la  terre  à  travers 
une  boite  métallique  isolée,  reliée  à  l'électrométre,  et  remplie  d*un  tampon 
d'ouate  peu  serré,  la  boile  prend  une  faible  charge  négative.  Si,  maintenant, 
les  gaz  ont  passé  auprès  dune  électrode  soumise  à  une  force  électromotrice 
alternative  ( insuffisante  pour  arrêter  tous  les  ions),  les  ions  négatifs  qui  vont 
plus  vite  sont  déchargés  en  plus  grand  nombre,  et  la  boite  se  charge  positi- 
vement. 

5.  —  Variations  de  la  mobilité  des  ions. 

La  mobilité  des  ions,  très  peu  altérée  à  petite  distance  de  la  flamme,  décroît 
très  vite  quand  on  s'éloigne  des  parties  chaudes  de  la  flamme.  On  aspire  le 
gaz  à  travers  un  tube  où  sont  dispo»4écs  plusieurs  électrodes  à  différentes  dis- 
tances de  la  flamme.  On  détermine  pour  cluicune  la  mobilité  des  ions  et  la 
température. 


Dislance 

Mobilité 

de  rexlrémité 

en 

centimètres 

de  la  flamme. 

Tel 

mpérature. 

par  seconde. 

cm 

u 
'2'io 

o/i3 

lO 

lOo 

o,-2i 

i4  ô 

io5 

o,o4 

Même  résultat  avec  la  flamme  de  CO  substituée  à  celle  du  gaz  d'éclairage.  Il 
semble  donc  qu'il  y  ait,  dans  les  parties  froides,  condensation  rapide  sur  l'ion 
de  quelque  substance  neutre  qui  n'est  pas  H*0. 


(•)  n(;TiiKnFoHD,  Phil.  Mag.,  novembre  1897,  Mémoire  traduit  dans  ce  Recueil. 


SUR   LA    CONDUCTIBILITÉ    DES   GAZ    CHAIDS    EXTRAITS   DES    FLAMMES.  521 


6.  —  Décharges  par  les  toiles  métalliques  fines. 

Quand  la  vitesse  que  prend  l'ion  avec  une  certaine  valeur  du  champ 
électrique  a  diminué  à  quelque  distance  de  la  flamme,  cet  ion  peut 
traverser  bien  plus  facilement  une  toile  métallique  sans  être  déchargé, 
que  si  la  toile  était  placée  plus  près  de  la  flamme. 

Dans  une  expérience,  une  électrode  chargée,  placée  dans  le  tube 
à  35*^'"  environ  de  la  flamme,  perdait  sa  charge  à  raison  de  5o  divi- 
sions de  l'échelle  en  3o  secondes.  Une  toile  métallique  fine  placée 
dans  le  tube  juste  au-dessous  de  cette  électrode,  c'est-à-dire  en  un 
point  où  la  vitesse  des  ions  était  faible,  diminuait  à  peine  la  vitesse 
de  déperdition.  La  même  toile,  placée  à  lo*^™  de  la  flamme,  réduisait 
la  déperdition  de  la  même  électrode  à  5o  divisions  en  "jS  secondes. 

U  en  résulte  même  une  difl'érence  plus  grande  encore  entre  les 
pouvoirs  de  décharge  de  la  toile  dans  les  deux  positions  que  ne  l'in- 
diquent les  nombres  précédents,  car,  dans  la  seconde  position,  la 
perte  de  conductibilité  par  recombinaison  en  montant  dans  le  tube 
est  moindre  que  dans  le  premier  cas. 

Cette  difl'érence  s'explique  par  le  fait  suivant  :  lorsque  l'ion  a  une 
plus  faible  vitesse  dans  un  champ  électrique  donné,  le  nombre  des 
ions  qui  viennent  au  contact  de  la  toile  métallique  par  difl^usion  est 
moins  considérable.  On  peut  montrer  que,  pour  un  tel  gaz,  enfermé 
entre  deux  plans  parallèles  ou  bien  dans  un  cylindre,  le  rapport  de 
la  conductibilité  au  temps  /  à  la  conductibilité  initiale  varie  comme 
e"*"',  r  désignant  la  mobilité  de  l'ion  (  '  ). 

Par  suite,  on  voit  que,  si  v  est  plus  petit,  le  nombre  d'ions  dé- 
charo;é5  par  diffusion  au  contact  des  fils  de  la  toile  métallique  est  plus 
faible. 


Cl  Voir  TowNSEND,  Phil.  ,\fag.,  t.  \LV,  mai  1898. 


U  REi:i>llBL\AlNi>  DES  lOXS  D4>S  LES  GAZ 

A  DflTElEVTtS  PRESSIONS, 


■.  MOUUH. 


fi     :-*  /•-■  -x.    Vfi^i^»?,  1-  UL  iv#£-î,  p.  *S3  à  3o5. 


[.or^qu'un  caz  a  el»^  >-*umi>  ^  Taction  des  ravons  de  Rœntgen,  Tio- 
nisatiiin  qui  <*v  e>t  pn^iuite  >ub>i$te  pendant  un  temps  court  après 
la  suppression  de  la  source  de  radiations.  Les  ions  positifs  et  négatifs 
niellent  un  temps  appréciable  pour  se  recombiner  mutuellement;  et 
dans  certains  cas,  il  est  nécessaire  de  faire  intervenir  la  loi  suivant 
laquelle  ces  ions  disparaissent  par  recombinaison.  Cette  question  de 
la  recoinhinaison  a  été  étudiée  par  le  professeur  Rutherford  (PhiL 
.\fag,,  novembre  1897  »  pour  Tair  et  quelques  autres  gaz  à  la  pression 
aliiiosphérique.  Dans  cette  Note  il  indique  que  la  loi  suivant  laquelle 
les  cenlres  électrisês  présents  dans  les  gaz  se  recombinent  à  partir  du 
nioinenl  où  l'on  a  arrêté  les  ravons  est  donnée  par  Téquation 


n  étant  le  nombre  d'ions  par  cenlimèlre  cube  dans  le  gaz  un  temps  t 
après  que  les  rayons  onl  cessé  d'agir,  et  a  une  constante  pour  un  gaz 
donné  et  à  la  pression  atmosphérique.  Si  N  est  le  nombre  maximum 
d'ions  par  centimètre  cube  quand  le  régime  permanent  est  établi 
avant  la  suppression  du  rayonnement,  l'équation  précédente  donne 
par  intégration  : 


I         1 
ri  )  ~  =  QLt. 

n        N 


LA   RECOMBINAISON   DES   IONS   DANS   LES   GAZ.  523 


Objet  des  recherches. 

Les  présentes  recherches  ont  été  entreprises  sur  les  conseils  du 
professeur  Rutherford  dans  le  but  de  déterminer  la  loi  de  la  recom- 
binaisoii  dans  les  g;az  sous  des  pressions  autres  que  la  pression  atmo- 
sph*''ri<jue  et  de  trouver  la  relation  qui  existe  entre  les  valeurs  de  la 
recombinaison  à  difl'érentes  pressions.  Leur  objet  était  par  conséquent 
le  suivant  : 

I"  Vérifier  si  la  loi  de  recoinbinaison,  exprimée  par  Féquation  (i), 
est  encore  exacte  pour  Tair  sous  des  pressions  supérieures  ou  infé- 
rieures à  la  pression  atmosphérique  ; 

2  •  Si  elle  est  encore  exacte,  trouver  la  relation  entre  la  valeur  de  a 
à  une  pression  donnée  et  sa  valeur  à  une  autre  pression; 
'.V'  Déterminer  a  en  valeur  absolue. 

I>ans  ce  but,  la  méthode  employée  par  le  professeur  Rutherford 
pour  ses  recherches  antérieures  fut  adoptée  en  principe,  mais  l'appa- 
reil était  quelque  peu  différent  en  détail. 

Pour  étudier  la  loi,  donnée  par  l'équation  (2),  il  est  nécessaire  de 
pouvoir  mesurer  le  nombre  maximum  d'ions  contenus  dans  un  volume 
donné  de  gaz  quand  le  régime  permanent  est  établi,  et  de  pouvoir 
aussi  mesurer  le  nombre  d'ions  qui  subsistent  au  bout  d'un  temps 
donné  après  l'arrêt  des  rayons.  Dans  ce  but,  le  dispositif  suivant  fut 
adopté. 

Description  de  l'appareil. 

La  disposition  générale  des  appareils  et  des  connexions  est  indiquée 
dans  le  schéma  (//^^.    1). 

Le  tube  employé  pour  la  production  des  rayons  Rœntgen  était  un 
tube  focus  automatique  de  la  forme  habituelle,  avec  régulateur  à  étin- 
relles,  alimenté  par  une  grande  bobine  de  Ruhmkorff.  La  bobine 
fonctionnait  à  l'aide  du  courant  d'un  circuit  de  iio  volts  avec  un 
interrupteur  Wehneit  de  basse  fréquence  en  série.  Pour  augmenter 
I  intensité  de  la  décharge  dans  le  tube  focus,  un  éclateur  à  étincelles 
«1  environ  i*''",5  de  longueur  était  mis  en  série  avec  le  tube  sur  le 
secondaire  de  la  bobine. 

La  bobine  d'induction  et  le  tube  à  rayons  X  étaient  complètement 
enfermés  dans  une  petite  caisse  métallique  reliée  au  sol  et  les  rayons 
sortaient  par  une  petite  ouverture  percée  dans  une  placjue  de  plomb 
épaisse  BB'.  A  faible  distance  en  avant  de  cette  plaque  se  trouvait  une 


aulrt*  plaque  <le  plomb  épaisse  CC  Les  ravotis  passaient  à  travers  un 
(>etîl  orifice  reclan){ulaire  H  pratiqué  dans  cetie  plaque  et  pénétraieut 


dan>  un  cvlindre  de  laiton  à  Iravers  une  fenêtre  d'aluminium.  Le 
cvlindre.  dont  la  figure  u  donne  le  détail,  contenait  les  électrodes 
entre  lesquelles  on  mesurait  le  courant. 


Cig. 


■c'Sfe'arir 


Le?  électrodes  étaient  roiistiiuées  par  de  très  minces  feuilles  d'alu- 
mîniuiu.  leodues  sur  des  anneaux  de  zinc  étroits  qui  leur  servaient 
d«  îupporl.  Ces  anneau\  étaient  soutenus  par  des  blocs  d'ébonite 
qui  rl^irnl  rigidement  lises  sur  une  armature  métallique  que  l'on 
]><:.utâit  facilement  enle\t'r  du  cvlindre.  Ces  feuilles  minces,  au 
Di'ubre  de  onze,  étaieni  distantes  d'en^iroa  3"'".  Six  d'entre  elles, 
c'i>l-*-dire  les  deux  extrt-mes  et  les  quatre  autres  de  rang  impair, 
«-tàir-ui  leliéf!  ensemble  et  au  lil  terminal  K,  les  cinq  autres  étant 
«■lirrs  -  E  . 


LA   RECOIIBINAISON   DES    IONS   DANS   LES  GAZ.  525 

Ce  dispositif  permettait  d'ioniser  un  grand  volume  de  gaz  et 
d'obtenir  ainsi  un  effet  plus  intense  que  celui  qu'on  aurait  pu  ob- 
tenir autrement,  les  électrodes  étant  cependant  assez  rapprochées 
pour  avoir  le  courant  de  saturation  avec  un  voltage  raisonnable.  Tous 
les  ions  pouvaient  ainsi  atteindre  les  électrodes  en  un  temps  très 
court.  Cette  précaution  était  essentielle,  car  il  était  nécessaire  que 
tous  les  ions  puissent  atteindre  les  électrodes  avant  de  disparaître 
par  recombinaison.  Ln  dispositif  à  anneau  de  garde  fut  essayé,  mais 
l'effet  produit  était  si  minime,  qu'il  était  impossible  de  le  mesurer  et 
il  fut  abandonné. 

Les  feuilles  minces  d'aluminium  étaient  employées,  d'abord,  parce 
qu'étant  très  minces  elles  n'absorbaient  sensiblement  pas  la  radiation 
et  qu'ensuite  le  rayonnement  secondaire  produit  à  la  surface  du  métal 
est  faible  dans  le  cas  de  l'aluminium.  L'épaisseur  de  la  feuille  em- 
ployée n'était  que  de  o*^"',ooo36 

Le  cylindre  était  construit  de  manière  à  pouvoir  y  faire  le  vide 
par  l'ajutage  F  et  il  était  assez  résistant  pour  supporter  des  pressions 
intérieures  considérables. 

Pour  déterminer  le  nombre  maximum  d'ions  contenus  dans  un 
volume  donné  du  gaz,  quand  le  régime  permanent  est  établi,  et  le 
nombre  d'ions  qui  restent  au  bout  d'un  temps  connu,  il  était  néces- 
saire de  pouvoir  établir  la  force  électromotrice  sur  l'électrode  E,  soit 
à  rinstant  même  où  les  rayons  cessent  d'agir,  soit  un  temps  connu 
après.  Dans  ce  but,  on  employait  la  méthode  suivante.  L  et  L'  étaient 
deux  interrupteurs  pivotant  en  P  et  en  P'  et  venant  au  contact  de  Q 
et  (y  respectivement.  Le  circuit  primaire  de  la  bobine  d'induction 
était  fermé  par  l'intermédiaire  de  rinternipteur  L.  l^e  levier  IJ  était 
relié  au  sol,  Q'  étant  relié  à  l'électrode  E  et,  à  travers  une  grande 
résistance  R,  à  l'un  des  pôles  d'une  batterie  de  petits  accumulateurs 
dont  l'autre  pôle  était  au  sol.  La  résistance  R  était  en  graphite  et 
d'environ  i  mégohm. 

La  résistance  entre  Q'  et  E  étant  excessivement  petite  par  rapport 
à  R,  si  le  levier  L'  est  au  contact  de  (^',  les  plateaux  reliés  à  E  seront 
pratiquement  au  potentiel  zéro,  puisque  U  est  au  sol.  Mais  aussitôt 
que  le  contact  est  rompu  entre  L'  et  Q',  E  sera  porté  instantanément 
au  potentiel  de  la  batterie.  Les  contacts  (j>  et  (V  étaient  coupés  au 
moyen  d'un  lourd  pendule  se  déplaçant  suivant  x,  y.  Si  les  leviers 
sont  placés  juste  en  face  l'un  de  l'autre,  la  force  électromotrice  sera 
appliquée  sur  E  à  l'instant  même  où  les  rayons  seront  arrêtés;  s'ils 
sont  écartés  l'un   de  l'autre  dans  la  direction  xy  la  force  électro- 


5^6  M*   CLUNG. 

motrice  est  appliquée  un  temps  connu  après  l'arrêt  des  rayons.  On 
pouvait  faire  varier  cet  intervalle  de  temps  en  faisant  varier  la  dis- 
tance des  leviers  L  et  IJ, 

Le  temps  mis  par  le  pendule  pour  aller  d'un  interrupteur  à  l'autre 
était  déterminé  d'après  l'étalonnage  du  pendule.  Cet  étalonnage  était 
fait  en  Hi^ant  au  pendule  une  plaque  de  verre  enduite  de  noir  de 
fumée  sur  laquelle  on  enregistrait  les  vibrations  d'un  diapason  de 
fréquence  connue.  Par  ce  moyen  on  pouvait  calculer  le  temps  mis 
par  le  pendule  pour  passer  d'un  point  à  un  autre.  L'électrode  E'  était 
reliée  par  l'intermédiaire  d'une  clef  convenable  K  à  l'une  des  paires 
de  quadrants  de  l'électromètre  dont  l'autre  paire  de  quadrants  était 
au  sol. 

Méthode  d'obserration. 

La  méthode  d'observation,  pour  la  détermination  des  valeurs  de  N 
et  n  de  l'équation  (2),  était  la  suivante.  On  fermait  le  circuit  de  la 
bobine  d'induction  et  l'on  faisait  passer  les  rayons  dans  le  cylindre 
pendant  environ  10  secondes,  pour  que  Tionisation  atteigne  son 
maximum  (ce  point  fut  étudié  en  faisant  fonctionner  le  tube  pendant 
plus  longtemps  avant  d'appliquer  la  force  éleclroniotrice  et  l'on 
trouva  qu'une  dizaine  de  secondes  était  grandement  suffisante  pour 
que  l'ionisation  ait  atteint  son  maximum).  Le  pendule,  alors  aban- 
donné, arrêtait  le  rayonnement  et  appliquait  la  force  électro motrice 
sur  E  en  coupant  les  contacts.  Pendant  tout  ce  temps,  les  deux  paires 
de  quadrants  de  l'électromètre  étaient  au  sol.  Pour  éviter  le  dépla- 
cement violent  de  l'aiguille  de  l'électromètre  qui  se  produirait  par 
suite  de  l'induction  si  la  paire  de  quadrants  reliée  à  E'  était  isolée 
avant  l'application  de  la  force  électromotrice  sur  E,  la  connexion 
entre  l'électromètre  et  E'  était  coupée  au  moyeu  de  la  clef  K,  jusqu'à 
ce  que  l'on  ait  replacé  le  levier  IJ  sur  Q',  ce  que  l'on  faisait  immé- 
diatement après  le  passage  du  pendule.  La  charge  communiquée  aux 
plateaux  reliés  à  E'  par  les  ions  qui  y  sont  arrivés  au  moment  de 
l'application  de  la  force  électromotrice  sur  E,  passait  en  partie  sur 
l'électromètre  au  moment  de  la  fermeture  de  la  clef  K.  La  déviation 
de  l'aiguille  était  alors  proportionnelle  au  nombre  d'ions  contenus 
dans  le  gaz  compris  entre  les  électrodes  au  moment  de  l'application 
de  la  force  électromotrice  sur  E,  si  cette  force  éleclroraotrice  était 
suffisante  pour  produire  la  saturation.  Le  champ  employé  dans  la 
plupart  des  mesures  était  d'environ  1 10  volts  par  centimètre. 

Une  des  grandes  difficultés  rencontrées  dans  ces  recherches  était 


LA   RECOIIBINAISON    DES    IONS    DANS    LES   GAZ.  b'I'J 

due  au  manque  de  constance  de  Tinlensité  de  la  radiation  émise  par 
le  lube.  Pour  obvier,  dans  une  certaine  mesure,  à  cet  inconvénient 
lorsqu'on  faisait  une  série  d'observations,  on  faisait  fonctionner  le 
lube  à  intervalles  réguliers  aussi  éloignés  que  possible.  D'un  autre 
côté,  au  lieu  de  ne  se  contenter  que  d'une  seule  détermination  dans 
chaque  cas,  on  en  faisait  plusieurs  et  Ton  prenait  la  moyenne.  Pen- 
dant toutes  ces  recherches,  ce  système  de  moyennes  fut  adopté. 


Considérations  théoriques. 

tin  tenant  compte  de  la  divergence  du  faisceau  de  rayons  X  et  de  la  dimi- 
nution d'intensité  en  raison  inverse  du  carré  de  la  distance,  l'auteur  arrive  à 

l'équation 

':>  «  =  K§. 

qui  permet  de  déterminer  la  constante  a  en  valeur  absolue,  connaissant  le 
nombre  total  Q  d'ions  produits  par  seconde  par  la  radiation  et  le  nombre 
total  N  d'ions  contenus  dans  le  même  volume  du  gaz,  quand  le  régime  per- 
manent est  atteint.  K  est  une  constante  dépendant  des  dimensions  et  de  la 
position  de  l'appareil 


2 


/étant  la  distance  des  plateaux  extrêmes:  A|  la  surface  de  l'intersection  du 
cône  de  rayons  par  le  plateau  antérieur  et  d  la  distance  de  ce  plateau  à  la 
source. 

Vérification  expérimentale  de  la  loi  de  recombinaison. 
La  loi  donnée  par  l'équation  (2)  a  été  vérifiée  de  3"'"'  à  o""\  I25. 

Relation  entre  2  et  la  pression. 

Nous  avons  maintenant  à  chercher  la  relation  entre  la  valeur  de  la 
quantité  a  à  une  pression  donnée  et  sa  valeur  à  d'autres  pressions; 
en  d'autres  termes,  nous  avons  à  voir  si  le  coefficient  de  recombi- 
naison est  constant  ou  varie  avec  la  pression. 

Pour  surmonter  la  difficulté  qui  provient  de  variations  dans  l'in- 
tensilë  de  la  radiation,  qui  peuvent  se  produire  pendant  une  série 
d'observations  à  différentes  pressions,  la  méthode  suivante  a  été 
adoptée  : 

Choisissant  pour  un  moment  deux  valeurs  de  la  pression,  des  séries 


5^8  M*  ax!(€. 

d  ob>er%atioai>oot  «^te  toiles  ^It^rnalivement  pour  ces  deux  pressions, 
el,  prenant  U  moTeone  des  valeurs  obtenues  pour  Tune  des  pres- 
sions, je  l'ai  rompante  a%ec  la  morenne  de  celles  obtenues  pour 
l'autre.  Par  ce  moTen.  il  était  passible  de  comparer  la  valeur  de  a 
pour  des  pressions  variées  a%ec  celle  qui  correspond  à  la  pression 
atmosphérique. 

Soient  x,  la  valeur  de  ce  coefficient  pour  Tair  à  la  pression  atmo- 
sphérique et  z^  sa  \aleur  pour  une  autre  pression,  on  a  alors 

a    -  K  ^»  i^l  a   -  K  ^' 

Qi,  \|  et  Qj.  Nj  étant  les  valeurs  correspondantes  de  Q  et  de  N. 
On  en  tire 

ai  ^Q.  Nj 

En  comparant  les  valeurs  de  2  au  moyen  de  cette  formule,  ce  coef- 
ficient se  montra  non  seulement  constant  pour  une  pression  donnée, 
mais  encore  comme  conservant  la  même  valeur  aux  différentes  pres- 
sions. En  d'autres  termes,  le  coefficient  de  recombinaison  est  indé- 
pendant de  la  pression  (*)•  La  valeur  de  a,  pour  plusieurs  pressions, 
est  donnée  par  rapport  à  la  pression  atmosphérique  dans  le  Tableau 
ci-dessous. 

Dans  ce  Tableau,  ai  est  la  valeur  de  a  pour  la  pression  atmosphé- 
rique; 7.2  sa  valeur  à  la  pression  considérée. 

Les  nombres  donnés  dans  la  dernière  colonne  n'indiquent  pas  une 
constance  absolue  de  la  valeur  de  a  aux  différentes  pressions,  mais 
leur  différence  avec  l'unité  est  bien,  dans  chaque  cas,  comprise  dans 
les  limites  de  l'erreur  expérimentale,  si  l'on  tient  compte  des  diverses 
causes  d'erreurs  qui  s'introduisent  dans  les  résultats.  N  étant  élevé 
au  carré,  une  petite  erreur  se  trouve  par  suite  amplifiée  : 


('■j   Voir  Mémoires  Langevin. 


LA   RBCOMBINAISON    DES   IONS   DANS   LBS  GAZ.  629 

Déviation  pour 

Pression.  N.  Q.  04* 

atra 
» 121,0  34,4    ) 

3 193,0  79,7  i  ''"^^ 

> 67.9  «6,6  )  ^  ^g^ 

2,5 ic»3,2  35,5  (  ' 

« 70,4  i5,2  j 

•2 96,0  26,5  ^  ' 

1 128,6  38,2  ) 

1,3 «48,7  49i4  )  ' 

1 110,0  29,3  ) 

0,5 93, D  20,7    \ 

1 70,0  23,5  ) 

0,2^ 43,3  9,0    \ 

1 61,9  ^"^',7  ) 

-  1,029 

o,»aD 29,9  J,7  \ 

Ces  séries  d^observations  n'ont  pas  toutes  été  faites  au  même 
moment;  plusieurs  observations  ont  été  faites  en  des  jours  différents, 
s'étendant  sur  une  période  d'environ  2  semaines,  et  la  comparaison 
a  été  faite  dans  chaque  cas  avec  de  l'air  à  la  pression  atmosphérique, 
de  sorte  qu'elles  ne  représentent  pas  une  seule  série  de  valeurs. 

Nous  voyons  donc  que,  non  seulement  la  même  loi  de  recombi- 
naison des  ions  dans  l'air  est  valable  aux.  différentes  pressions,  mais 
que  la  valeur  du  coefficient  de  recombinaison  est  indépendante  de  la 
pression  de  l'air  dans  lequel  l'ionisation  se  produit.  Par  conséquent, 
si  la  valeur  de  a  esl  déterminée  pour  l'air  à  la  pression  atmosphérique, 
elle  esl  aussi  bien  déterminée  pour  l'air  à  toute  autre  pression. 

Détermination  de  a  en  valeur  absolue. 

Nous  allons  maintenant  déterminer  ce  coefficient  de  recombi- 
naisun  en  valeur  absolue.  Puisque  la  valeur  de  a  est  la  même  aux 
différentes  pressions,  il  suffit  de  la  déterminer  pour  une  seule 
pre^sion;  la  pression  atmosphérique  a  été  choisie  pour  la  détermi- 
natirm  indiquée  ci-dessous.  Un  nombre  considérable  de  détermi- 
nations absolues,  qu'il  n'est  pas  nécessaire  de  reproduire  ici,  ont  été 
faites  également  à  d'autres  pressions. 

Se  reportant  à  l'équation  (-j),  on  voit  qu'il  est  nécessaire  de  déter- 
miner en  valeur  absolue  les  trois  quantités  K,  Q  et  N  pour  déter- 
S.  P.  34 


53o  a*  cLi^G. 

miner  a.  K  est  ane  ronflante  dépendant  uniquement  des  dimensions 
et  de  la  position  de  l'appareil.  O  e>t  le  nombre  total  d'ions  produits 
dans  le  volume  du  faisceau  conique  de  ravons  compris  entre  les  élec- 
trodes extrêmes  et  est  proportionnel  à  la  dé\iation  de  Télectromètre 
par  seconde.  N  est  le  nombre  loial  d'ions  contenus  dans  le  même 
volume  à  l'instant  où  les  ravons  cessent  d'agir  et  est  proportionnel  à 
la  déviation  permanente  de  l'électromètre.  K  est  donné  par  la  formule 

dans  laquelle  /,  .\|  et  d  représentent  les  dimensions  indiquées  et  qui 

ont  pour  valeur  : 

/    =  20  cm-s, 

d  =  25,07  cm-s, 

H  étant  la  surface  de  l'orifice  percé  dans  la  plaque  de  plomb  à  travers 
lequel  passent  les  rayons  avant  d'arriver  dans  le  cylindre  et  h  sa  dis- 
lance À  la  source. 

î 

A|=  \  X  7,»4 

19,07 

D'où 

\        5o,i4/ 
=  47^,9- 

Si  «/|  e$l  la  déviation  de  Taiguille  de  Télectrométre  par  seconde, 
due  À  l'arrivée  des  ions  sur  les  électrodes;  S,  la  déviation  due  à  un 
élément  étalon  Clark;  et  r|,  la  capacité  en  microfarads  de  l'électro- 
«iflre«  ctnmexious,  otc,  la  quantité  d'électricité  qui  passe  entre  les 
éledrcnles  j>*r  seconde  est  égale  à 

¥ix      i^rM       «"i       »        ..... 

-^  X  X     -r  X  i  X  lo*  unîtes  electix>$utiQues. 

Mai^U  quanlilé  dVIcctricitc  est  égale  au  pn>duil  du  nombre  d'ions 
IMO-  la  charge  d'un  ion.  Soit  1>  le  uombrt^  d'ions  et  e  la  charge  d'un 

<^4^^  .     *\ 
>       "\ 
««a 


.  X  --"  "  X      ;  X  ^  X  io»=  Q« 


V>  -  ç'  X     ^  ^  X     ^  X  5, 


LA    RECOMBINAISON   DES    IONS   DANS   LES   GAZ.  53 1 

La  valeur  de  N  peut  se  déterminer  par  la  même  formule  en  substi- 
tuant d^  à  d^  pour  la  déviation  correspondant  à  N  et  c'.j  à  C|  pour  la 
capacité  du  circuit.  Substituant  les  valeurs  moyennes  des  quantités 
observées  expérimentalement,  c'est-à-dire  : 

dx  =  '24,07  divisions  de  l'échelle, 
S  =  93,2  » 

Cl  =  o,oo38o  m.  f., 


nous  obtenons 


^       24,07  1434       o.oo38 

Q  =      ,    ^  X  -^^-^  X  X  3 

9i,'2  i                e 

422 


t  X  10* 


D'autre  part, 


^,  =  104,5  divisions  de  réchelle, 

Cl  =  0,00016  m.  f., 

_,       io4,5        1434       0,00016 

N  =      ^^     X  — ^— ^  X  —2 X  3 


D'où 


et 


93, 

'2       I 

-  y^ 

£ 

e  X 

10* 

Q  -^ 

NÎ-7'' 

076 

X  t 

9 

=  478,9 

X7 

,0768 

=  3384  e. 

» 

Cette  valeur  de  a  représente  la  valeur  moyenne  d'un  certain  nombre 
de  déterminations. 

Si  nous  substituons  à  e  la  valeur  obtenue  par  le  professeur  J.-J. 
Thomsou,  c'est-à-dire 6, 5  x  io~'"('),  adevient alors  égal  à  2,20  x  io~'. 

Cette  valeur  du  coefficient  de  recombinaison  concorde  très  bien 
avec  celui  qu'a  obtenu  le  professeur  Townsend  pour  les  gaz  à  la  pres- 
sion atmosphérique  {Phit,  Trans,,  t.  CXCIII,  1899)  par  une  mé- 
thode entièrement  différente.  Cette  méthode  consistait  à  faire  passer 
un  courant  d'air  ioTnisé  dans  un  tube  contenant  une  électrode  isolée 
reliée  à  un  électromètre.  En  prenant  les  déviations  pour  différentes 
positions  de  l'électrode  le  long  du  tube,  il  était  possible  de  déter- 
miner la  loi  suivant  laquelle  le  nombre  des  ions  diminuait  par  suite 


(')  Mole  du  traducteur.  Cette  valeur  est  deux  fois  trop  grande.  Des  mesures  plus 
récentes  ont  donné  3,4  x  lo"**  {^voir  Mémoire  J.-J.  Thomson). 


537  M*  ctr?fG.  —  LA  BEcoainL%iso?(  des  krïs  dans  les  gaz. 

(le  la  recombinaison.  Dan>  cette  Note,  il  donne  la  valeur  342oe.  L^ac- 
oord  entre  ces  deux  déterminations  est  remarquable,  eu  égard  à  la 
diversité  des  méthodes  employées  par  le  professeur  Townsend  et  moi. 
La  valeur  de  a,  qui  a  été  obtenue  par  cette  détermination  pour  Tair 
à  la  pression  atmosphérique,  peut  être  considérée  comme  la  valeur  du 
coefficient  de  recombinaison  pour  Tair  à  toute  autre  pression,  au 
moins  entre  les  limites  o.  lao  et  3**".  puisqu'on  a  vu  dans  la  première 
partie  de  cette  Note  que  2  est  indépendant  de  la  pression  de  Pair. 

I/auteur  indique  ensuite  cumment  il  a  déterminé  !es  capacités  Cf  et  Cj.  La 
mesure  de  Q  se  faisait  avec  une  capacité  M  en  dérivation,  la  vitesse  de  l'ai- 
guille étant  trop  grande  sans  lui.  On  le  supprimait  pour  la  détermination 
de  N. 

Les  mesures  effectuées  sur  rhvdrogène  et  le  gaz  carbonique,  pour  des  pres- 
sions inférieures  à  la  pression  atmosphérique,  ont  donné  les  mêmes  résultats 
généraux  avec 

a  =  3492  X  e  =  '2,9.7  X  'o~*  P^"**  C^* 
et 

a  =  2938  X  £  =  1 ,91  X  10-*  pour  H*. 

Pour  toutes  ces  déterminations,  le  gaz  introduit  dans  Tappareil  était  des- 
séché sur  Ca  Cl'  et  filtré  sur  du  coton  :  le  professeur  Rutherford  ayant 
montré  précédemment  que  les  ions  disparaissent  beaucoup  plus  vite  dans  un 
gaz  contenant  des  poussières,  par  suite  de  leur  diffusion  vers  elles. 

Résnmé  des  résultats. 

Les  résultats  obtenus  dans  ces  recherches  peuvent  se  résumer 
comme  il  suit  : 

^  I  ).  La  loi  suivant   laquelle  les   ions  se  recombinent  dans   Tair 

ionisé  est  la  même,  savoir  -7-  =  —  a/i^,  quelle  que  soit  la  pression 

du  gai  «  au  moins  entre  les  limites  de  0,1  ^o  et  3^'"'. 

^i'k.  Le  coefficient  de  recombinaison  des  ions  dans  l'air  est  indé- 
pendant de  la  pression,  dans  les  mêmes  limites  que  ci-dessus. 

\3  »,  La  valeur  absolue  de  ce  coefficient  a  été  déterminée  et  trou\ée 
ê;:mie  à  3384t*  ou,  en  substituant  la  charge  d'un  ion,  à  2,20  x  lo""*. 

^-Ii.  LMivdn>g:ène  el  facitle  carboiii(|ue  ont  été  aussi  examinés  et 
la  même  loi  de  recombinaison  fut  trouvée  valable  comme  pour  Fair. 

y^o  '.  l-a  détermination  du  coeftîcienl  pour  facide  carbonique 
«  montrt^  qu*il  est  pratiquement  le  même  que  pour  fair,  tandis  que 
ce  coetlîcJent  pour  rhvdrt>j*ène  nest  en\iron  que  les  87  pour  100 
€k  <>elui  de  fair. 


EFFETS  DE  LA  TEMPÉRATURE  SUR  L'IONISATION 

PRODUITE    DANS    LES    GAZ 

PAR  LES  RAYONS  DE  RÔNTGEN, 

Par    R.-K.    M«   CLUNG. 
Résumé,   par   P.    LU60L. 


Philosophical  Magazine,  6*  série,  1904»  t.  VII,  p.  81-95. 


Ou  a  mesuré  à  différentes  lempératures  la  vitesse  de  déperdition  de 
l'électricité  enlre  deux  électrodes  ou  deux  groupes  d'électrodes  conte,- 
Dant  entre  elles  le  gaz  ionisé.  L'air  a  été  étudié  à  pression  constante, 
et  à  volume  constant. 

Expériences  sur  l'air  à  pression  constante.  —  Les  électrodes  étaient 
disposées  dans  une  caisse  métallique  communiquant  librement  avec 
l'espace  ambiant,  munie  de  thermomètres,  et  placée  au  centre  d'une 
étuve  à  air  chaud.  L'une  d'elles  était  reliée  à  l'une  des  paires  de  qua- 
drants d'un  électromètre  de  Dolezalek,  l'autre  à  une  batterie  d'accu- 
mulateurs donnant  un  champ  suffisant  pour  extraire  les  ions  avant 
qu'ils  aient  eu  le  temps  de  se  recombiner;  la  déviation  acquise  par 
Télectromètre  au  bout  d'un  temps  toujours  le  même,  à  différentes 
températures,  était  prise  pour  mesure  de  l'ionisation  correspondante; 
la  constance  de  la  source  ionisante  était  éprouvée  immédiatement 
après  chaque  lecture  au  moyen  d'un  jeu  d'électrodes  auxiliaires  en 
dérivation  sur  la  batterie  et  l'électromètre  (disposition  analogue  à 
celle  de  la  figure).  Des  expériences  faites  à  températures  croissantes 
et  à  températures  décroissantes  ont  donné  le  même  résultat. 

L'ionisation  d'un  gaz  par  unité  de  volume  étant  proportionnelle  à 
sa  pression  (  *  ),  on  a  dû  faire  la  correction  nécessitée  par  la  variation 

(  '  )  PsRRiN,  Ann.  de  Chim.  et  de  Phys.,  7»  série,  t.  IX,  1897,  p.  496.— Rutherford 
et  M*  Clung,  Phil.  Trans.,  t.  CXCVI,  1901.  —  Ce  Vol.  p.  565. 


>  la  densité  avec  la  lernjiérature,  [luisque  l'appareil  eommuniquail 
liremeot  a\ec  t'ext/TJciir.  L'ionisalioii  ainsi  corrigée  s'est  montrée 
idëpendanle  de  la   tein|>i'Tati)n>,   eoinine  l'indiqueat   les   nombres 


•  corrigée 

erapérature  en  cenlit;rA(iv<i 


C'est  donc  seulement  le  (^liiiiiKeinent  de  densité  qui  affecte 
Ionisation. 

Expérieiic«a  i  densité  constante.  On  mesure  l'ionisation  d'une 
lasse  d'air  enfermée  ilans  un  récijticnl  éuniclie,  el  dont  on  main- 
ent  la  densité  cnnsUiiilu;  duns  ces  conditions,  c'est  tiniquemenl  la 
iriation  de  tempéralure  qui  peut  iiilluer  sur  l'ionisation.  La  figure 
îprésenle  l'appareil  employé. 


,  nlmdre  dr  lanoa  chaaK  par  va  (varant  rlcv-tn^ut.  i|ui  |u$w  .laa*  «bt  spirale 
Je  «adIcHMWt  «anialr»  a«luiir  da  cvlin'lrr  ri  «rp^rrr  .ir  lui  (str  hm  i.'ilr  d'aoïMnir  : 
Ir  fe^.  la  tab«t  D.  D'.  rt  U  j<>wr  FF  9»al  br.>srsL  <ur  F  rsl  b.-iih>aUK«  ase  pl«qae 
^atmmiaimm  «r  i^-  .f^»i»<ar,  aviarw  *  ,--  rn  >*>a  .-valt»  (.tar  Uisvi  paM^^e 
BBx  nja**  nsaipa.  EC  vlcctiuln  <tr  \»H\it  tït'ln^.  t~  nt  ■■bbk'  •!'«■  aaaraa  de 
a  >al;  I.  rlMIiwtrs  tir  r^alrv^tr.  tVrwrv"'  cki^vac  o  une 
t  4'alBwatBB  tt«dac  ïar  an  >-«1r  .tr  •~Bi>rT^  \\.  latrrrtti  trur: 
ÇIS.  awaoMtti*  a  acnarr  d»:i*r  >  Mnairr  la  wmprrat  jc.^  ju  jai  ^  W  aiv«a«  Q 


BPFET8    DK   LA    TKMPKRATt'RE   SUR    L*10MSAT10N.  535 

On  laisse  fonctionner  Tampoule  pendant  un  nombre  déterminé  de 
secondes,  de  manière  que  Fionisation  arrive  à  un  état  constant,  Ë  eti 
étant  au  sol  ;  on  isole  alors  en  même  temps  E  et  I  et  Ton  enlève  W, 
puis  on  laisse  passer  les  rayons  pendant  un  temps  donné;  les  élec- 
trodes E  et  I  se  chargent  ensemble  pendant  le  même  temps;  on  lit  la 
déviation  de  l'électromètre  correspondant  à  la  charge  de  E,  puis  on 
décharge  les  quadrants  de  Télectromètre,  on  les  isole  de  nouveau  et 
Ton  met  de  suite  W  en  place  pour  mesurer  la  charge  de  I,  qui  sert 
de  contrôle  pour  la  constance  des  rayons  pendant  la  durée  d^une 
mesure  faite  avec  le  cylindre  A. 

On  a  examiné  Tair,  le  gaz  carbonique  et  l'hydrogène,  en  opérant 
soit  par  températures  croissantes,  soit  par  températures  décroissantes  ; 
les  résultats  ont  été  les  mêmes  dans  les  deux  cas.  Avec  l'hydrogène 
ils  sont  moins  bons  qu'avec  les  autres  gaz,  tant  à  cause  de  l'impossi- 
bililé  de  rendre  l'appareil  tout  à  fait  étanche  pour  lui,  que  de  sa 
faible  ionisation. 


Air. 


CO* 


H 


lonisaiion. 

ConlrAle. 

Dé%'iatiun  corresp. 

Déviation  corresp. 

Température 

à  la  charge  de  E. 

à  la 

1  charge  de  I. 

en  centigrades. 

1    00,^ 

27,0 

201 

l  86,5 

3o,3 

l52 

'  82,8 

9""    "" 

118 

]  85,8 

3i,5 

«7 

f  «o,4 

28,5 

45 

'    83, -A 

28,5 

i4 

(   8",» 

•^-4,9 

222 

«4,4 

23,  1 

182 

1  82,0 

2'J,2 

t4<> 

\  79,1 

24,6 

108 

/  83,8 

26  , 2 

«9 

'    87,1 

2">,3 

17 

1   «9 

'^99 

226  (approx.; 

9fi 

29) 

187 

1  88 

302 

i48 

7«,9 

3o4 

1 12 

79,9 

295 

78 

6r,,7 

284 

14 

Ces  nombres  montrent  que  l'ionisation  produite  par  les  rayons 
R<'»ntgen  dans  un  gaz  dont  le  volume  et  la  densité  restent  constants 
est  indépendante  de  la  température.  Perrin  [loc.  cil,)^  en  employant 
une  méthode  de  zéro,  a  trouvé  que  l'ionisation  d'un  gaz  dont  la 
pression  restait  constante  n'éprouvait  aucune  variation  entre  —  12" 


536  M*  CLL'NG.    —   EFFETS   DE   LA   TEMPÉRATURE  SUR   l'iONISATION. 

et  148",  et  en  a  conclu  que  Tionisation  à  densité  constante  est  pro- 
portionnelle à  la  température  absolue,  puisque  la  densité  varie  en 
raison  inverse  de  la  température  absolue.  Il  indique  cependant  que  le 
récipient  chauffé  paraissait  moins  ionisé  aux  températures  élevées, 
mais  attribue  Teffet  à  une  autre  cause  que  sa  cause  réelle,  la  diminu- 
tion de  densité.  Il  est  probable  que  son  appareil  n^était  pas  assez 
sensible  pour  accuser  Tallération  de  Tionisation.  L' électromètre 
employé  dans  les  expériences  actuelles  donnait  2000  divisions  pour 
une  différence  de  potentiel  de  i''"**  entre  les  quadrants,  et  permettait 
par  conséquent  de  découvrir  facilement  le  moindre  changement  dans 
la  valeur  de  Tionisation. 


SUR  L'EFFET  HALL  DANS  LES  GAZ  DE  LA  FLAMME, 

Par  Erigh  MARX. 
Traduit  de  rtUemtnd  par  H.  BUISSON. 


Physikalische  Zeitachrift,  t.  II,  1901,  p.  /»i2. 


L'hypothèse  conveclive  de  la  conductibilité  métallique,  qui  fournit 
une  représentation  simple  du  phénomène  de  Hall  dans  les  métaux 
à  l'aide  des  forces  pondéromotrices,  a  conduit  plusieurs  observateurs 
à  demander  au  phénomène  de  Hall,  dans  un  cas  bien  établi  de  con- 
duction par  convection,  la  vérification  expérimentale  de  la  relation 
qui  existe  entre  les  mobilités  des  ions  positifs  et  négatifs,  m,  c,  l'inten- 

mm 

sué  du  champ  magnétique  H,  le  gradient  de  potentiel  -  et  le  champ 


e 
z 
Cetle  relation  est 


résultant,  -»  perpendiculaire  au  champ  primaire. 


z     I  u 

TT  =  consi.  = 


T      H  '1 

X 

Avec  les  solutions  aqueuses,  il  n'est  pas  possible  de  vérifier  celte 
'onnule^  parce  que  l'efi'et  obtenu  est  à  la  limite  des  observations. 

Pour  les  gaz,  Boitzmann  (*)  a  donné  une  preuve  qualitative;  mais 
quantitativement  ce  n'est  possible,  par  suite  de  l'ignorance  de  la 
relation  entre  la  mobilité  et  le  champ,  que  si  celui-ci  est  très  faible, 
<^ar,  pour  de  plus  grandes  chutes  de  potentiel,  la  proportionnalité 
entre  la  vitesse  et  la  force  n'a  plus  lieu,  à  cause  de  la  faible  valeur  du 
frottement  interne  des  gaz.  Mais  alors,  si  l'on  ne  prend  qu'une  petite 
force  électromotrice, 

•2  X 

(')!..  BoLTZMANN,   Wied.  Ann.,  t.  XXXI,  1887,  p.  789. 


538  KRICH    MARX. 

qui  est  le  champ  secondaire,  est  si  petit  dans  les  ^az,  qu'on  est  de 
nouveau  à  la  limite  de  ce  qu'on  peut  observer. 

Les  conditions  sont  beaucoup  plus  favorables  pour  une  vérification 
quantitative  de  la  relation  citce  plus  haut,  avec  les  gaz  de  la  flamme. 
Dans  ce  cas,  à  cause  de  l'élévation  de  la  température  et  par  suite  du 
frottement  intérieur,  on  peut  espérer  qu'il  y  a  proportionnalité  entre 
la  vitesse  et  la  force,  même  avec  une  chute  de  potentiel  de  loo  volts 
par  centimètre  (*).  On  a  de  plus  la  possibilité  d'étudier  l'eflet  avec 
différents  sels,  en  pulvérisant  leurs  dissolutions. 

Les  valeurs  des  mobilités  peuvent  se  mesurer  par  une  méthode 
donnée  par  Wilson  (^). 

Par  suite  de  la  brièveté  de  cette  communication,  ce  qui  concerne 
l'arrangement  expérimental  est  renvoyé  au  travail  décrit  dans  les 
Annalen, 

L'anode  doit  être  maintenue  plus  froide  que  la  cathode,  à  cause  de 
la  dissociation  superficielle,  qui  croît  beaucoup  avec  la  température; 
et,  par  suite  de  la  faible  mobilité  des  ions  positifs  par  rapport  aux 
ions  négatifs,  il  faut  maintenir  une  forte  chute  de  potentiel,  pour  avoir 
un  excès  d'ions  négatifs  pénétrant  dans  le  volume  de  la  flamme.  A  ce 
méuie  but,  l'élimination  d'électricité  positive  du  volume  de  la  flamme, 
était  utilisée  la  répartition  inégale  des  grandeurs  absolues  du  potentiel 
entre  les  deux  électrodes,  la  batterie  étant  partagée  en  4-12  et 
— 63  éléments  Clark,  par  une  mise  à  la  terre.  L'influence  d'une  telle 
prise  de  terre,  qui  ne  se  fait  pas  sentir  pour  les  électrolytes,  peut  se 
montrer  facilement  par  la  modification  du  gradient. 

Une  circonstance  qui  facilite  beaucoup  la  mesure  quantitative  de 
l'effet  Hall  consiste  en  ceci,  qu'avec  la  faible  variation  de  la  tempé- 
rature de  l'anode,  la  chute  de  potentiel  reste  constante,  bien  que  le 
potentiel  varie  notablement  autour  des  électrodes  ('). 

L'auteur  montre  maintenant,  à  l'aide  de  résultats,  que  le  coefficient 

de  rotation 

e 

est  indépendant  de  la  variation,  de  l'intensité  du  champ  magnétique, 


(  '  )  E.  Marx,  Ann.  der  Physik,  l.  II,  1900,  p.  7K3. 

(')  H. -A.  W1L8ON,  Phit.  Trans.  Boy.  Soc,  London,  avril  1899. 

(^)  Marx,  loc.  cit.,  p.  807. 


SUR    L*EPPËT    HALL   DANS    LES   GAZ    DE    LA    PLAMIIE.  SSç) 

de  la  chute  de  potentiel  et  de  la  distance  des  électrodes.  Il  indique 

ensuite  rapidement  comment  l'effet  Hall  dépend  de  la  concentration 

saline  de  la  flamme;  il  montre  que,  lorsqu'il  y  a  hydrolyse  dans  la 

flamme,  on  peut  conclure,  aussi  bien  de  la  chute  de  potentiel  dans  la 

flamme  pure  comparée  à  celle  qu'on  observe  dans  la  flamme  colorée, 

que  de  la  formule  qui  donne  la  façon  dont  le  coefficient  de  rotation 

dépend  de  la   concentration,  que  la  mobilité  des  charges  positi\es 

dans  la  flamme  pure  est  notablement  plus  faible  que  celle  des  ions 

positifs  dans  les  flammes  colorées  par  des  sels  alcalins. 

On  peut  alors  comparer  les  nombres  obtenus  comme  coefficients 
de  rotation  avec  une  différence  de  potentiel  de  ^5  éléments  Clark, 
avec  ceux  qu'on  calcule  d'après  les  valeurs  des  mobilités,  si  l'on 
montre  qu'il  n'y  avait  pas  accélération  des  ions.  T^es  chutes  de 
potentiel  qui  existent  aux  électrodes  en  conséquence  du  courant  de 
saturation  sont  telles  que  la  limite  calculée  de  lo  volts  par  millimètre 
est  dépassée;  la  valeur  des  accélérations  des  ions  qui  en  résulte  peut 
s'obtenir  en  employant  une  force  électromotrice  assez  faible  pour  que 
cette  limite  de  loo  volts  par  centimètre  ne  soit  pas  atteinte  aux 
électrodes.  Une  telle  mesure  est  très  difficile  et  ne  peut  s'exécuter 
qu'avec  beaucoup  de  fatigue  et  de  précautions,  en  augmentant  la  sen- 
sibilité des  instruments  de  mesure;  on  en  déduit  ensuite  la  correc- 
tion à  apporter  aux  valeurs  obtenues  avec  les  plus  fortes  différences 
de  potentiel.  Les  nombres  ainsi  corrigés  sont  de  même  ordre  de  gran- 
deur, mais  une  fois  et  demie  plus  grands  que  ceux  qu'on  calcule  d'après 
les  mobilités. 

Cette  différence  n'est  due  qu'en  partie  aux  erreurs  d'observations; 
en  partie  elle  est  réellement  attribuable  au  faible  degré  de  dissociation 
dans  la  flamme  (').  Le  sens  et  la  grandeur  de  Teflet  Hall  dans  les 
vapeurs  salines  qui  conduisent  électrolytiquement  peuvent  aussi  se 
calculer  d'après  l'action  pondéromotrice  sur  les  ions  en  mouvemenl  ; 
dans  le  cas  souvent  traité  de  l'efl'etHall  dans  les  électrolytes,  il  résulta; 
qu'il  ne  pourra  jamais  être  apprécié  quantitativement,  parce  que  TeH'ct 
auquel  on  doit  s'attendre  est  environ  un  million  de  fois  plus  petit. 
L'auteur  arrive  ensuite  à  la  réciproque  de  l'eH'et,  dont  il  a  déjà  été 
question  dans  ce  recueil  (^),  et  mentionne  brièvement  une  règle  em- 
pirique qui  en  résulte  pour  l'efl'et  Hall  dans  les  sels  alcalins. 


(')  !jk.  cit.,  p.  821  Pi  Arrhenius,  Wied.  Ann..  t.  XLII,  1891,  p.  66. 
(')  E.  Marx,  Phys.  Zeitschr.j  t.  I,  1900,  p.  374. 


DE  L'IONISATION  THERMIQUE  DES  VAPEURS  SALINES, 

Par  m.  g.  MOREAU, 

Professeur  de  Physique  à  la  Faculté  des  Sciences  de  rUoiTersité  de  Rennes. 


A.  —  Ionisation  à  hante  température.  Hammes  saléei. 

L  n  champ  électrique  est  établi  entre  les  électrodes  d'un  condensa- 
sateur  plan  en  platine,  plongé  dans  la  flamme  très  chaude  d'un  bec 
Bunsen,  et  Ton  note  au  galvanomètre  le  courant  pour  une  diflerence 
de  potentiel  V.  Lorsqu^on  charge  la  flamme  de  vapeurs  salines,  par 
piil\érisation  d'une  solution  de  concentration  connue  (procédé  Gouy) 
on  obser\e  un  accroissement  considérable  de  conductibilité  avec  un 
sel  alcalin.  Les  autres  sels,  y  compris  les  sels  ammoniacaux,  la 
vapeur  d*eau,  les  solutions  acides  ne  fournissent  pas  de  conductibilité 
régulière  ou  supérieure  à  celle  d'une  flamme  pure. 

1.  Pour  une  flamme  de  concentration  fixe,  le  courant  I  dû  à  la  va- 
peur, augmente  avec  V,  jusqu'à  un  courant  limite  lo  dont  l'intensité 
varie  peu  avec  le  radical  acide  du  sel  et  beaucoup  avec  le  métal. 
L'ordre  de  conduction  décroissante  est  ciesium,  rubidium,  potas- 
sium, sodium,  lithium,  thallium. 

2.  Pour  la  même  vapeur  le  courant  limite  croît  sensiblement  comme 
la  racine  carrée  de  la  concentration  de  la  flamme.  (  Loi  d'Arrhénius  : 
tf'ied.  Ann,^  1891.') 

L'analogie  des  courbes  de  conductibilité  d\ine  flamme  salée  avec 
celle  d'un  gaz  ionisé  est  évidente  et  conduit  à  attribuer  le  phénomène 
à  l'ionisation  du  sel  dans  le  corps  de  la  flamme,  c'est-à-dire  à  la  for- 
mation de  centres  chargés  constituant  des  ions  positifs  et  négatifs  qui 
se  déplacent  dans  le  champ  électrique  et  déchargent  les  électrodes. 


—  L'un  des  caractères  de  ces  ions  est  leur  mobilité  on 
la  \ites>e  qu'ils  acquièrent  en  vertu  de  leur  charge  dans  un  champ 
électrique  de  i  volt  par  centimèlrt\ 

J'ai  mesuré  ces  mobilités  par  un  procédé  détaillé  ailleurs  {Annales 


DE   l'ionisation   THERMIQUE   DKS   VAPEURS  SALINES.  54 1 

de  Chimie  et  de  Physique^  septembre  iQoS),  et  dont  voici  le  prin- 
cipe : 

Deux  flammes  A  et  B  d'égales  dimensions  {fig>)  brûlent  côte 
à  cote  en  se  frôlant  légèrement  suivant  la  majeure  partie  de  leur  hau- 
teur S.  Elles  sont  réglées  de  façon  que  leurs  filets  gazeux  ont  même 

F.  pure    \  F.MJé* 


a'        î 

I 
I 
I 
I 
I 

•—-I 
a    C\à 

I 
I 
I 

S 


vitesse  linéaire  v\  A  est  pure,  B  chargée  de  vapeurs  salines.  Le  con- 
densateur plan  a  une  électrode  aa'  dans  A  et  Tautre  6  dans  B.  Le  cou- 
rant I  ne  s*établira  entre  ces  électrodes  que  si  le  champ  électrique  X 
peut  infléchir  suffisamment  les  trajectoires  des  ions  de  B  pour  qu'ils 
viennent  toucher  aa' .  La  courbe  I  =  /(X)  sera  ainsi  décalée  parallèle- 
ment à  l'axe  des  X,  d'une  longueur  Xo  qui  représente  le  champ  mini- 
mum, nécessaire  à  l'établissement  du  courant.  L'observation  de  Xq 
fournit  la  mobilité  k  par  la  formule  (i) 

^r        dv  aC  =  d, 

ok  aa  =  o. 

V  oici  les  résultats  pour  les  sels  de  potassium  et  de  sodium  : 

1.  A  concentration  moléculaire  égale,  la  mobilité  kt  de  Vion  néga- 
tif est  indépendante  du  radical  acide  du  sel.  Elle  varie  avec  le  métal 
en  raison  inverse  de  la  racine  carrée  de  son  poids  atomique.  Pour  la 
même  vapeur,  elle  augmente  notablement  quand  la  concentration 
diminue. 

Exemple  : 

Concentration  de  la  solution  vaporisée  } 
en  molécules-litre ( 

,  .     .  \  Sels  de  potassium. 

A:}  en  centimètres.  ^  ^  ■     j         •• 

(  Sels  de  sodium.. . 

2.  La  mobilité  Xr^  de  Vion  positif  est  indépendante  de  la  concentra- 
lion  et  de  la  nature  du  sel.  Elle  est  égale  à  Ho'''". 

Les  vitesses  k^  et  A"2  sont  très  supérieures  aux  mobilités  des  gaz 
ionisés  parles  rayons  deRcintgen;  pour  l'air,  à  température  ordinaire 


1 

i 

1 

16 

1 

6T 

I 

25« 

66o 

785 

99^ 

1180 

i320 

8oo 

io4o 

1280 

1) 

» 

54'^  G.    MORKAU. 

et  SOUS  pression  normale,  on  trouve  i'^'",7  et  i^'",4«  Les  aggloméra- 
tions qui  constituent  les  ions  d'une  flamme  sont  donc  plus  faibles.  II 
est  difficile  de  se  rendre  compte  de  leur  grosseur,  c'est-à-dire  d'éva- 
luer le  nombre  des  molécules  maintenues  par  attraction  électrosta- 
tique autour  du  centre  chargé,  sans  connaître  leur  coefficient  de 
dillusion.  Les  calculs  qu'on  peut  faire  sont  donc  très  approximatifs. 
En  supposant  avec  J.osclimidt  que  le  coefficient  de  diffusion  varie 
comme  le  carré  de  la  température  absolue  et  en  partant  des  valeurs 
observées  pour  celui-ci  à  température  ordinaire  pour  les  gaz,  on 
trouve  que  Tion  négatif  est  une  fraction  de  Fatome  du  métal  plus 
petite  que  l'atome  d'hydrogène,  et  variable  avec  la  concentration. 
L'ion  positif  est  comparable  à  une  molécule  du  sel  et  par  suite  d'une 
grosseur  assez  peu  diflerente  d'un  sel  à  l'autre.  Dans  cet  hypothèse  et 
au  point  de  vue  de  la  masse,  ils  seraient  intermédiaires  entre  les  ions 
des  gaz  ordinaires  et  les  corpuscules  de  Thomson. 

Effet  Hall.  —  Si  un  champ  magnétique  H  agit  transversalement  sur 
les  ions  en  mouvement  dans  un  champ  électrique  x,  une  force  élec- 
tromotrice Z,  perpendiculaire  au  plan  :rH,  est  produite  et  le  coeffi- 

eient  R=  — ^  de  cet  effet  Hall  a  pour  valeur  {Mémoire  cite  plus 
haut) 

où  P  est  un  coefficient  compris  entre  i  et  \. 

Le  phénomène  de  Hall  a  été  observé  dans  les  flammes  salées  par 
Marx  {Drude*s  Annal.,  Il,  1900).  Les  nombres  qu'il  fournit  pour  R 
■concordent  bien  avec  les  valeurs  précédentes  des  mobilités.  Les 
variations  de  ce  coefficient  avec  la  concentration  sont  expliquées  par 

•celles  de  kx  ainsi  que  la  relation  R^//?i  =  const.,  où  m  est  le  poids 
atomique   du    métal    que    Marx  a  trouvé,  puisque  mes  expériences 

établissent  k  \hn  =  const. 


B.  —  Ionisation  à  température  peu  élevée. 

Les  propriétés  conductrices  d'une  vapeur  saline  n'exigent  pas  for- 
cément la  haute  température  d'une  flamme  pour  apparaître.  Je  les  ai 
<'tudiées  à  des  températures  moins  élevées  par  le  procédé  suivant  : 

Le  courant  d'air  d'une  trompe  à  eau  traverse  une  solution  aqueuse 
^Tun  sel,  une  colonne  desséchante  surmontée  d'ouate  qui  arrête  les 
gouttelettes  d'eau  et  les  poussières,  un  tube  de  porcelaine  chautTé  au 


DB   l'ionisation  THERMIQUE    DKS   VAPEt'HS   SAtINKS.  543 

rouge,  un  condensateur  cylindrique,  relié  à  un  électromètre  Curie,  par 
son  armature  externe,  pendant  que  Télectrode  centrale  esta  un  poten- 
tiel V  :  la  charge  reçue  en  une  seconde  par  Télectromètre  donne  le 
courant  I  qui  traverse  le  courant  d'air  salé. 

En  éloignant  le  condensateur  de  la  région  chaurtée,  on  observe, 
avec  les  sets  alcalins  et  les  sels  He  calcium,  un  courant  encore  notable 
si  Tair  est  refroidi  à  ^o".  Les  autres  sels,  dont  les  sels  ammoniacaux, 
l'eau,  les  acides  ne  donnent  rien  de  net. 

J'ai  étudié  jusqu'ici   les  sels  de   potassium  et  voici   les  résultats 
obtenus,  qui  présentent  une  grande  analogie  avec  ceux  des  flammes  : 
\ concentration  constante  delà  solution,  I  augmente  avec  le  poten- 
tiel V,  jusqu'à  la  valeur  limite  de  saturation  \q  et  suivant  la  formule 
de  Langevin 


b)  lL=log(.+  ïiï) 


où  V  est  une  constante. 

Le  courant  limite  Iq  dépend  du  métal  et  du  radical  acide  du  sel. 
H  croît  comme  la  racine  carrée  de  la  concentration  de  la  solution. 

Voici  la  densité  N  des  centres  chargés,  observée  à  20*^™  de  la  région 
chauffée  (1000®).  La  température  du  courant  d'air  est  140"  et  la  con- 
centration de  la  solution  ~  molécule-litre.  On  a  pris  pour  charge 
de  l'ion  e  =  4  X  io~'« 

Kl  KCI  KBr         KAzO^       KOH        NaCI 

N=  |.io*      3,4.10*      2,6.10*      '2.10*      9.10'      3.10* 

Ces  nombres  sont  du  même  ordre  de  grandeur  que  ceux  des  rayons 
Rônlgen. 

Mobilités  des  ions.  —  Le  courant  d'air  salé  traverse  un  double  con- 
densateur cylindrique  à  armatures  externes  P  et  Q  de  même  rayon  : 
P  est  au  sol  etQ  est  relié  à  l'électromètre.  L'électrode  commune  inté- 
rieure est  portée  à  un  potentiel  croissant  V.  Le  courant  reçu  par  Q 
primitivement  au  potentiel  zéro,  croit,  atteint  un  maximum  pour  Vq, 
décroît  et  s'annule.  -\  mesure  que  V  augmente  les  trajectoires  des 
ions  s'intléchissent  vers  les  armatures  extérieures,  rencontrent  (  )  sui- 
vant  une  surface  décroissante  et  finalement  touchent  seulement  P. 
L'observation  de  V„  fournit  la  mobilité  K.  (Zéi.kny,  Philos,  tran- 
Mr.,  1901). 

Les  résultats  sont  différents  de  ceux  des  llammes. 

1.  Dans  une  tranche  quelconque  du  courant  gazeux,  les  mobilités 


544  G.    MOREAU. 

positives  et  négatives  sont  égales.  Elles  augmentent  quand  la  concen- 
tration de  la  solution  diminue  à  peu  près  comme  la  racine  carrée  de 
celle  concentration  pour  les  sels  très  ionisables  et  moins  rapidement 
pour  les  autres. 

Exemple  :  Mobilités  observées  à  i4o*',  la  concenlration  de  la  solu- 
tion a  varié  en  molécule-litre  de  i  à  j^,  K  est  exprimé  en  centimètres. 

i  o,i5     à     o,5o     pour     Kf,  KCI,  KAzO*,  KBr 
^"^^^    ^ î  o,3o    à     0,70        »        KOH,  KCIO',  iMGO»,  iK«SO* 

Concentration.  i.  }.  \,  |[.  j^. 

Kl o,i5  0.23  0,28  0,37  0,49 

KOH 0,29  0,35  »  o,4i  0,54 

2.  I^our  la  même  solution,  la  mobilité  diminue  à  mesure  que  le 
courant  d'air  se  refroidit. 

Exemple  :  KCI  ({normale),  x  ^=  distance  à  l'origine  d'ionisation 
en  centimètres;  /  température  du  courant  gazeux  pour  x. 

T 10  20  3i  4?' 

/ i65°  i3o*'  96"  80" 

Kcm 0,32  »,'i4  o,i35  0,073 

L'ne  variation  aussi  rapide  a  été  observée  par  M.  Clelland  pour 
les  ions  issus  d'une  flamme  de  gaz,  a\ec  des  mobilités  de  même  ordre 
de  grandeur. 

Loi  de  recombinaison  des  ions.  —  Le  courant  limite  lo  d'une  solu- 
tion diminue  à  mesure  qu'on  l'observe  en  des  points  plus  éloignés  de 
l'origine  d'ionisation,  en  raison  de  la  recombinaison  des  centres 
chargés.  J'ai  mesuré  le  coefficient  a  de  recombinaison  défini  par  la 
loi  d'action  de  masse  de  Gudberg  et  W  aage,  en  mesurant  I©  en  difle- 
rents  points  du  trajet  du  courant  d'air.  J'ai  trouvé  : 

Le  coefficient  a  est  constant  pour  une  solution  de  concentration 
fixe  <lans  les  limites  de  température  d'observation  yiiW"  et  80").  Il 
varie  en  raison  inw*rse  de  la  racine  carrée  de  la  concentration  de 
la  solution. 

Ce  résultat  concorde  avec  la  relation  de  lo  avec  la  concentration. 
Lci  valeurs  de  x  sonl  comprises  entre  200  et  1800  :  elles  sont  infé- 
rieures au  nombre  .iooo  relatif  aux  rayons  de  Riintgen. 

Langevin  a  défini  un  coefficient  £  =  -  j.  ou  rapport  du  nombre  des 


DB   L  IONISATION  THERMIQUE   DES   VAPEURS  SALINES.  545 

recoin binalsons  au  nombre  des  collisions  entre  ions  de  signes  con- 
traires. La  connaissance  de  a  et  R  donne  c,  qui  peut  être  d'ailleurs 

2ELog~ 

déduit  de  la  formule  (2)  dont  le  coefficient  y  = >R  et /-rayons 

des  électrodes  du  condensateur,  r  vitesse  du  courant  d'air. 

On  trouve  ainsi  que  pour  une  solution  quelconque  et  quelle  que 
soit  la  concentration,  e  croit  de  0,60  à  0,90  quand  on  s'éloigne  de  la 
région  d'ionisation.  Ces  nombres  sont  inférieurs  à  l'unité,  comme  la 
théorie  l'exige,  et  tendent  vers  l'unité  à  mesure  que  les  mobilités  di- 
minuent. Ils  sont  du  même  ordre  que  le  coefficient  e  des  gaz  issus 
d'une  (lamine,  comme  pouvaient  le  faire  prévoir  les  mobilités  des  ions. 

C.  —  Résumé  et  conclusions. 

Bien  qu'incomplets  encore,  les  résultats  précédents  établissent  que, 
sous  l'action  de  la  chaleur,  les  vapeurs  salines  de  certains  métaux 
subissent  une  ionisation  plus  complexe  que  les  gaz  soumis  à  la  tem- 
pérature ordinaire  aux  ravons  de  Rcmtgen.  Dans  une  flamme,  la  mo- 
bilité négative  des  ions  peut  être  i()  fois  la  mobilité  positive  et 
1200  fois  celle  des  autres  gaz  et  l'influence  du  radical  acide  est  nulle. 
Aux  températures  peu  élevées,  tous  les  constituants  du  sel  entrent 
eu  ligne  de  compte,  les  mobilités  positives  et  négatives  sont  égales, 
du  même  ordre  que  dans  les  gaz  issus  d'une  flamme  pure  et  plus 
petites  que  les  ions  des  rayons  de  Riintgen. 

La  mobilité  d'un  ion  de  vapeur  décroit  ainsi  rapidement  avec  la  tem- 
pérature et  suivant  des  lois  différentes  qu'il  reste  à  préciser  pour  les 
ions  de  signes  opposés.  Il  est  probable  qu'en  descendant  jusqu'à  la 
température  ordinaire,  elle  deviendrait  comparable  à  celle  des  gros 
ions  dus  à  l'oxydation  du  phosphore  ou  produits  dans  les  réactions 
chimiques  où  elle  ne  dépasse  pas  3^  de  millimètre. 

Pour  expliquer  les  lois  observées,  il  est  utile  de  remarquer  qu'un 
abaissement  de  température  peut  agir  pour  deux  raisons  :  il  diminue 
la  vitesse  d'agitation  thermique  et  le  chemin  moyen  d'un  ion  auxquels 
est  proportionnelle  la  mobilité;  en  outre,  s'il  est  suffisant,  il  provoque 
la  condensation  à  l'état  liquide  ou  solide  des  molécules  de  vapeur  non 
ionisées;  celles-ci  s'accumuleront  comme  des  poussières  autour  des 
centres  chargés  dont  elles  accroîtront  la  masse  et  l'inertie  d'autant 
plus  que  la  concentration  du  courant  gazeux  sera  plus  élevée.  Ainsi, 
à  basse  température,  les  ions  seront  de  véritables  poussières  char- 
S.  P.  35 


546         G.   MOREAV.   —   DE   L* IONISATION   THERMIQUE   DES  VAPEURS  SALINES. 

gées  qui  se  partageront  les  molécules  non  ionisées  et  qui  grossiront 
des  molécules  neutres  dues  à  la  recombinaison;  d'où  les  lois  des  mo- 
bilités. Remarquons  en  plus  que  le  courantd'air  qui  traverse  une  so- 
lution se  charge  faiblement  de  sel  ;  on  peut  le  considérer  comme  une 
solution  très  diluée  susceptible  d'une  dissociation  électrolytique  dans 
un  tube  au  rouge,  suivant  la  loi  d'Ostwald  relative  aux  acides  et  bases 
faibles  et,  par  suite,  la  densité  des  centres  chargés  sera  proportion- 
nelle à  la  racine  carrée  de  la  concentration,  avec  une  constante  de 
dissociation  particulière  à  chaque  sel. 

Dans  une  flamme,  à  la  dissociation  électrolytique,  s'ajoute  l'ionisa- 
tion cathodique  beaucoup  plus  intense  et  que  met  en  évidence  le  phé- 
nomène de  la  conductibilité  unipolaire.  On  observe,  en  effet,  que  le 
courant  qui  passe  entre  deux  électrodes,  une  pointe  et  une  lame,  est 
plus  considérable  si  la  lame  est  cathode.  J'ai  montré  que,  dans  ce  cas, 
un  rayonnement  corpusculaire  y  ayant  pour  origine  les  atomes  du 
métal  du  sel,  se  produit  au  contact  de  la  vapeur  et  de  la  cathode,  et 
qu'il  ionise  le  sel.  J'ai  pu  ainsi  expliquer  le  phénomène  de  conduc- 
tion des  flammes  et  le  rapprocher  de  l'effet  photo-électrique  de  Hertz 
Cvoir  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  t.  XXX,  1908,  p.  i). 


REPRODUCTION 

DES 

PARTIES  PRINCIPALES  DES  NOTES  OU  MÉMOIRES 

DE  M.  PELLAT 

SUR  LES  CORPUSCULES. 

(Extraits  par  l'Auteur.) 


Les  travaux  de  M.  Pellat  sur  les  corpuscules  peuvent  être  divisés 
en  trois  groupes  :  i"  les  expériences  par  lesquelles  il  a  montré  que 
la  colonne  anodique  d^un  tube  de  Geissler  est  due  aux  chocs  des 
corpuscules;  2"  Texplication  de  la  différence  de  coloration  entre  la 
gaine  cathodique  et  la  colonne  anodique  de  ces  tubes;  3"  Tétude  de 
l'action  d*un  champ  magnétique  sur  les  corpuscules. 

1.  Rôle  des  corpuscules  dans  la  formation  de  la  colonne  ano- 
dique. —  M.  Pellat  a  montré  que  la  luminescence  qui  constitue  la 
colonne  anodique  est  déformée  par  un  champ  magnétique  faible 
comme  doit  l'être,  d'après  les  lois  de  l'Eleclromagnétisme,  un  faisceau 
de  corpuscules  en  mouvement  dans  le  tube,  et  nullement  comme  le 
serait  un  faisceau  d'ions  positifs. 

o  Un  tube  cylindrique  est  muni  à  ses  extrémités  d'électrodes  inté- 
rieures ;  la  plus  grande  partie  de  ce  tube  est  remplie  par  le  faisceau 
anodique.  Entre  deux  points  A  et  B  de  ce  faisceau,  on  produit  un 
champ  magnétique  uniforme  perpendiculaire  à  l'axe  du  tube;  en 
dehors  de  l'intervalle  AB,  le  champ  magnétique  est  sensiblement 
nul.  Ce  champ  est  assez  peu  intense  pour  que  la  nébtilosité  qui  se 
produit  dans  les  champs  forts  ne  se  manifeste  pas. 

»  Dans  ces  conditions,  les  lois  de  TElectromagnétisme  permettent 

de  calculer  la  trajectoire  que  suit  une  particule  éleclrisée De  ce 

cas  on  passe  au    cas  réel  d'un   nombre  considérable  de  particules 

éleclrisées  par  des  considérations  fort  simples Or,  la  forme  que 

la  théorie  assigne  au  faisceau  est  extrêmement  différente  suivant 
que  les  particules  sont  constituées  par  des  corpuscules  négatifs  ou 


u^    f.iK*    >»-«j:.L'ï 


>  «ir 


îf^ 


7.      r        OfEs^ 

Eli  Ht  •; 


imi»    iiifr«^a*:i»  de  masse  qui, 
iiiilif  ■•■I.'?  ^tT-*  'loasiilërable  que 
2.  -f    )  n»  om^at  la  forme  du 


.'."'T^j-j-^. 


WBSS^ 


rMi;r»*f-au  tans- 


.e   ^a«ixui  jufccni^aini**  -Rn^  ailc  «pie  ce  sont  les  corpus- 
-•;=-   i^oi-  3«.*ttic?  l'ivïir-jipîXLS   ^/t^'.  j  •  ou  ceux  d'oxy- 


%  =  2.7»  TO* 


l^^ae  ■■  n^.  3    d*jac  oa  coosHiènp  le  moavemenl.  Du  reste,  indépen- 
damment de  toat  c;aIcu1.  il  est  bien  é%îdent  que  le  faisceau,  resserré 

Fie  i. 


M  =  373 


contre  la  paroi  du  tube  dans  le  cbamp  magnétique,  va,  à  sa  sortie  du 
champ,  s'épanouir  pour  remplir  à  nouveau  toute  la  section  du  tube, 
à  cause  de  la  répulsion  mutuelle  des  particules  chargées  de  la  même 
élechicité;  l'endroit  où  se  produit  cet  épanouissement  indique  donc 
la  sortie  du  faisceau  de  particules  en  mouvement,  et  non  son  entrée 
dans  le  champ  magnétique.  Cet  épanouissement  doit  donc  avoir  lieu 
du  coté  (le  la  calhode,  si  ce  sont  des  ions  positifs  qui  produisent  le 
phénomène  visible,  puisque  ceux-ci  marchent  dans  le  sens  du  champ 


SUR  LES  coupdscules.  549 

électrique,  landis  cju'il  se  produira  du  côté  de  l'anode  si  ce  sont  des 
corpuscules  négatifs,  puisque  ceux-ci  se  déplacent  en  sens  inverse 
du  rhamp.  Il  y  a  donc  un  double  moyen  de  constater,  par  l'eipé- 
rience,  à  quel  genre  de  particules  électrisées  on  a  affaire. 

n  Pour  réaliser  la  disposition  expérimentale,  un  long  tube  à  gas 
raréfié  a  été  placé  perpendiculairement  à  l'axe  d'une  bobine  (sans 
fer)  ou,  plus  exactement,  entre  les  deux  moitiés  d'une  bobine  mises 
bout  à  bout  et  distantes  seulement  de  l'épaisseur  du  tube.  Avec  un 
courant  de  ao  ou  3o  ampères,  on  obtenait,  à  l'intérieur  de  la  bobine, 
un  champ  magnétique  uniforme  de  200  à  3oo  unités  C.G.S.  sur 
une  longueur  égale  au  diamètre  intérieur  de  la  bobine  (7™),  ei,  à 
l'extérieur,  un  champ  nul. 

»  L'aspect  du  faisceau,  dans  le  champ  magnétique  et  en  dehors,  a 
été  le  même  soit  qu'on  se  servît  d'un  tube  à  oxygène,  soit  qu'on  se 
servit  d'un  tube  à  hydrogène....  Rien  que  ce  fait  montre  que  la  lumi- 
nescence est  due  au  mouvement  de  ce  qu'il  y  a  de  commun,  c'est- 
à-dire  des  corpuscules.  Mais  il  y  a  mieux,  comme  on  peut  en  juger 
en  comparant  les  reproductions   des    photographies  [^g.  4  (h^dro- 

Fig.  4. 


gène)  ^l/ig.  5  (oxygène)]  de  la  colonne  anodique  à  l'intérieur  de  la 
bobine  avec  les  figurer;  théoriques  :  l'aspect  de  la  colonne  lumi- 
nescente est  exactement  celui  que  la  théorie  assigne  au  faisceau  des 
corpuscules  et  n'a  aucun  rapport  avec  relui  des  ions  positifs.  Enfin, 
résultat  qui   suffirait  à  lui  seul,  l'épanouissement  du  faisceau  à  la 


sortie  de  la  bobine  a  lieu  du  côté  de  l'anode  ;  du  cdté  de  la  cathode,  le 
Taisceau    remplit    toute    la    section    du    tube  jusqu'à    la    bobine.    » 


{Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  t.  CXXXVIII, 
p.  476).  (Pour  plus  de  détails,  voir  Journal  de  Physique,  4'  série, 
t.  III,  p.  434.) 

2.  Explication  des  colorationt  diverses  que  présente  nn  mAme 
tube  A  gaz  raréfié.  —  «  I^  coloration  difTérente  de  la  gaine  catho- 
dique et  de  la  colonne  anodique,  si  tranchée  parfois,  comme  dans  les 
tubes  à  azote,  ne  tient  pas  à  un  specire  entièrement  dilTérent,  maïs 
simplement  à  un  cbangement  dans  la  valeur  relative  des  intensités  de 
certaines  raies  ou  de  certaines  bandes  ;  on  peut,  en  effet,  passer  gra- 
duellement d'un  spectre  à  un  autre  pdr  des  procédés  que  nous  indi- 
quons plus  loin. 

»  C'est  un  fait  d'expérience  que  tontes  les  fois  que  les  corpuscules 
sont,  au  moment  du  rhoc  avec  une  molécule  du  gaz,  animés  d'une  très 
grande  vitesse,  ta  couleur  de  la  luminesceuce  est  celle  de  la  gaine 
calliudiqiic,  caractérisée,  dans  le  Ciis  de  l'aKote.  par  un  grand  éclat  de 
certaines  radiations  violettes:  tandis  que,  ptiur  une  vitesse  relative- 
ment faible  des  corpuscules  au  moment  du  cboc,  maïs  suffisante,  tou- 
tefois, pour  produire  la  luminescence,  la  couleur  est  celle  de  la 
colonne  anodique.  On  peut  le  voir  par  les  espériences  suivantes  : 

»  Si  la  portion  du  tube  qui  contient  ta  colonne  anodique  présente 


SUR    LES  CORPUSCULES.  55 I 

une  partie  étroite,  le  champ  électrique  y  acquiert  une  valeur  plus 
grande  que  dans  les  parties  larges  du  tube,  d'où  une  plus  grande 
vitesse  possédée  par  un  assez  grand  nombre  de  corpuscules  au  mo- 
ment du  choc,  et  la  couleur  se  rapproche  de  celle  de  la  gaine  catho- 
dique, au  point  qu'on  a  dit  qu'un  étranglement  dans  un  tube  pro- 
duisait l'effet  d'une  cathode. 

»  Lorsqu'on  dévie  par  un  champ  magnétique  disposé  perpendiculai- 
rement au  tube  le  faisceau  anodique,  celui-ci  se  resserre  en  un  mince 
filet  le  long  de  la  paroi  de  verre  si  le  champ  est  assez  faible  pour  que 
les  effets  de  la  magnétofriction  ne  se  fassent  pas  sentir;  on  obtient 
ainsi  Téqui valent  du  rétrécissement  du  tube,  le  champ  électrique 
devient  intense  dans  ce  filet,  et  celui-ci  prend  la  couleur  de  la  gaine 
cathodique.  En  faisant  varier  l'intensité  du  champ  magnétique 
depuis  zéro  jusqu'à  la  valeur  qui  donne  un  filet  très  étroit,  on  voit 
graduellement  le  spectre  se  modifier,  par  variation  d'intensité  des 
raies,  depuis  celui  fourni  par  la  colonne  anodique  ordinaire  jusqu'à 
relui  fourni  par  la  gaine  cathodique,  ou  à  peu  près. 

i>  Ceci  posé,  j'admets  que,  lorsqu'un  corpuscule  a  frappé  une  molé- 
cule gazeuse,  il  perd  la  force  vive  dont  il  est  animé,  et  devient  inca- 
pable de  provoquer  la  luminescence  en  rencontrant  une  autre  molé- 
cule avant  d'avoir  repris,  sous  l'influence  du  champ  électrique,  une 
vitesse  minimum  Çj  à  partir  de  laquelle  son  choc  peut  déterminer  la 
luminescence  du  gaz.  De  même  les  corpuscules  (secondaires)  mis  en 
liberté  par  Tionisation  de  la  molécule  gazeuse  au  moment  où  elle  est 
frappée,  comme  l'admet  J.-J.  Thomson,  naissent  sans  vitesse  notable 
et  doivent,  sous  l'influence  du  champ  électrique,  acquérir  au  moins 
la  vitesse  v  pour  être  capables  d'exciter  la  luminescence  par  leur  choc 
sur  une  molécule  de  gaz. 

i>  Ce  point  admis,  la  couleur  ditférente  de  la  gaine  cathodique  et  de 
la  colonne  anodique  s'explique  facilement.  Les  corpuscules  primaires 
qui  naissent  sur  la  cathode  ou  dans  le  voisinage  immédiat  de  celle-ci 
sont  soumis  au  champ  électrique  extrêmement  intense  qui,  comme  le 
montre  l'expérience,  règne  à  une  faible  distance  de  la  cathode.  Sous 
l  influence  de  ce  champ,  ils  prennent,  avant  d'avoir  rencontré  une 
molécule  gazeuse,  une  vitesse  considérable  V,  bien  supérieure  à  i>. 
Les  molécules  gazeuses  qui  sont  rencontrées  par  ces  corpuscules  doués 
de  ^nde  vitesse  donnent  naissance  à  une  luminescence  de  la  couleur 
caractéristique  des  chocs  intenses;  celle-ci  constitue  la  gaine  catho- 
dique. Forte  du  côté  de  la  cathode,  l'intensité  lumineuse  va  en  s'affai- 
blissant  à  mesure  qu'on  s'en  éloigne,  car  le  nombre  des  corpuscules 


S5a 

qui  nV>nt  encore  rencootn^  aacone  molécule  va  en  s'afiaibiissant  de 
plus  en  plu§.  et  la  gaine  cess^  quand  il  n*en  reste  plus.  A.ussi  cesse- 
t-elle  d*dutant  plo^  %ite  que  le  gaz  e>t  plus  dense.  Mais  on  voit  que  la 
couleur  de  la  gaine  doit  être  la  même  partout  à  son  intérieur,  puisque 
la  vitesse  des  corpuscules  est  partout  du  même  ordre  de  grandeur  V; 
tandis  que  dans  l'explication  de  J.-J.  Thomson,  on  ne  comprend  pas 
qu^il  puisse  en  être  ainsi,  car  il  attribue  la  luminosité  de  la  gaine  au 
choc  des  corpuscules  secondaires.  Sous  l'influence  du  champ  élec- 
trique, très  faible  dans  la  gaine  et  qui  ne  reprend  de  valeur  notable 
qu'au  delà  de  son  extrémité,  en  général,  les  corpuscules  primaires  et 
secondaires  prennent  une  certaine  vitesse  qui,  dès  quVlle  atteint  la 
valeur  v,  leur  permet  de  produire  par  leur  choc  la  luminescence  du 
gaz.  Mais  celle-ci,  résultant  d'un  choc  à  une  vitesse  relativement  faible, 
a  la  couleur  correspondante  :  c'est  le  commencement  de  la  colonne 
anodique.  Tout  le  reste  de  la  colonne  s'explique  de  même;  les  chocs 
ayant  lieu  avec  des  vitesses  qui  dépassent  peu  r,  la  luminescence  a 
partout  la  même  couleur,  qui  peut  être  très  diff'érente  de  celle  de  la 
gaine  cathodique,  qui  correspond  à  une  vitesse  V. 

»  Les  autres  particularités  de  l'aspect  des  tubes  (  strates  plus  ou  moins 
rapprochées,  plus  ou  moins  nettement  séparées;  gaine  cathodique 
parfois  noyée  par  son  extrémité  dans  la  colonne  anodique,  etc.)  s'ex- 
pliquent très  aisément,  comme  je  me  propose  de  le  montrer  dans  un 
Mémoire  d'ensemble  sur  ce  sujet  »  (voir  pour  ce  Mémoire  la  Revue 
scientifique  j  5  novembre  1904).  {Comptes  rendus  de  r  Académie 
des  Sciences,  t.  CXXXVIII,  p.  1206.) 

3.  Étude  de  raction  du  champ  magnétique  sur  les  corpuscules.  — 
En  1901,  M.  Pellal  constate  une  action  du  champ  magnétique  sur  le 
faisceau  anodique  d'un  tube  de  Geissler,  d'où  l'on  peiil  conclure  que 
ce  faisceau  tend  à  prendre  la  forme  des  tubes  de  force  du  champ  ma- 
gnétique. 

«  Pour  observer  ce  phénomène,  le  tube  (long  tube  de  Geissler  cy- 
lindrique) est  placé  dans  les  trous  pratiqués  à  l'intérieur  des  pièces 
polaires  afin  de  laisser  passer  le  rayon  lumineux  dans  les  expériences 
de  polarisation  rotatoire.  La  portion  du  tube  placée  entre  les  pièces 
polaires  dé  l'éleclro-aimanl  se  trouve  ainsi  dans  un  champ  intense, 
suivant  la  direction  C  moyenne)  de  celui-ci.  Dans  mes  expériences,  ces 
pièces  polaires  étaient  constituées  par  des  cylindres  de  7*^"*  de  dia- 
mètre, terminés  par  des  faces  planes  distantes  de  4*'"  à  5*""*. 

M   En  l'absence  du  champ,    la  portion  du  tube  comprise  entre  les 


SUR   LES   CORPUSCULES.  553 

pièces  polaires  est  complètement  remplie  par  la  lumière  anodique; 
mais  dès  qu'on  produit  un  champ  intense  (  2000  à  3ooo  unités  C.  G.  S.  ) 
on  voit  le  faisceau  anodique  diminuer  de  diamètre  et  ne  plus  occuper 
qu'un  tiers  environ  de  la  section  du  tube  suivant  Taxe,  de  façon  que 
la  lumière  anodique  ne  touche  plus  les  parois  du  tube.  »  {Comptes 
rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  t.  CXXXIII,  p.  1200.) 

M.  Pellat  avait  cru  d'abord  que  ce  phénomène  ne  pouvait  pas  s'ex- 
pliquer par  les  lois  de  l'Électromagnétisme.  Ayant  reconnu  depuis  que 
le  faisceau  anodique  était  dû  au  mouvement  des  corpuscules  animés 
de  vitesses  r  faibles  par  rapport  aux  vitesses  des  rayons  cathodiques, 
il  pense  aujourd'hui  que  l'explication  de  ce  phénomène  est  la  suivante  : 
I>es  lignes  de  force  du  champ  magnétique  entre  les  pièces  polaires 
forment  à  partir  de  l'intérieur  des  ouvertures  de  ces  pièces  un  tube 
de  force  comprenant  une  partie  à  peu  près  cylindrique  au  milieu,  s'é- 
vasant  en  entonnoir  du  côté  des  pièces  polaires,  la  large  base  de 
l'entonnoir  s'appuyant  sur  le  pourtour  de  l'ouverture  de  ces  pièces. 
Les  corpuscules,  dont  la  trajectoire  est  parallèle  à  l'axe  du  tube  dans 
l'intérieur  des  pièces  polaires,  où  le  champ  est  presque  nul,  font  alors 
un  certain  angle  a  avec  les  lignes  de  force  au  sortir  de  ces  pièces  et 
vont,  conformément  aux  lois  de  l'Électromagnétisme,  s'enrouler  autour 

de  ces  lignes  sur  une  surface  canale  dont  le  rayon  (  R  = n —  )  est 

de  l'ordre  du  dixième  de  millimètre,  même  en  admettant  pour  (*  la 
valeur  lo*.  Les  spires  se  confondent  donc  à  peu  près  avec  la  ligne  de 
force  autour  de  laquelle  elles  s'enroulent  :  Tensemble  des  corpuscules 
du  faisceau  anodique  doit  donc  se  mouler  dans  le  tube  de  force 
joignant  les  ouvertures  des  deux  pièces  polaires;  c'est  exactement  la 
forme  qu'on  trouve,  en  effet,  pour  le  faisceau  anodicpie. 

M.  Pellat  trouve  ensuite  que  le  Hux  anodique  d'un  tube  de 
Geissler  semble  éprouver  une  grande  difficulté  à  couper  les  lignes  de 
force  d'un  champ  magnétique  intense. 

«  Un  tube  cylindrique  ayant  i'"  de  long  et  1-'"'"  de  diamètre, 
présentant  de  belles  strates,  est  disposé  de  façon  qu'une  région  illu- 
minée par  les  rayons  anodiques,  le  milieu  par  exemple,  soit  placée 
entre  les  pièces  polaires  cylindriques  (7*"  de  diamètre)  d'un  électro- 
aimant, juste  assez  distantes  pour  laisser  passer  le  tube;  l'axe  du 
tube  est  ainsi  normal  aux  ligues  de  force  du  champ  magnétique.  Tant 
que  l'intensité  de  celui-ci  ne  dépasse  pas  /{^o  unités  environ,  il  se 
produit  le  phénomène  bien  connu  :  le  faisceau  anodique  est  dévié, 
conformément  aux  lois  de  l'Électromagnétisme,  et  vient  former  contre 


554  PELLAT. 

la  paroi  du  tube  un  filet  lumineux  d'autant  plus  mince  et  d'autant 
plus  intense  que  le  champ  est  plus  fort.  Mais  si  le  champ  vient  à 
augmenter  au  delà  de  4^^  unités,  le  filet  lumineux,  au  lieu  de 
s'amincir  davantage,  s'élargit  au  contraire  de  plus  en  plus  à  mesure 
que  l'intensité  augmente,  et,  pour  des  intensités  de  7000  à  8000  unités, 
la  lumière  anodique  remplit  de  nouveau  toute  la  section  du  tube  à 
peu  près  uniformément,  quoique  la  partie  où  se  trouvait  le  filet  lumi- 
neux soit  un  peu  plus  lumineuse  que  la  partie  opposée.  Cette  lumière 
anodique  ne  présente  plus  de  strates.  Dans  ces  conditions,  la  résis- 
tance du  tube  est  devenue  énorme  :  l'étincelle  équivalente  dans  Tair 
atteint  24""",  tandis  qu'elle  n'est  que  de  i""'  en  l'absence  du  champ 
ou  quand  celui-ci  est  assez  faible  pour  réduire  à  un  mince  filet  le 
faisceau  anodique  (sur  le  parcours  de  7*^").  » 

Quand  la  diffusion  est  devenue  très  grande,  le  champ  étant  très  in- 
tense, le  tube  s'échauffe  beaucoup  entre  les  pièces  polaires  là  où  se 
produit  cette  diff*usion,  tandis  qu'il  reste  froid  ailleurs  (si  ce  n'est 
près  de  la  cathode).  La  création  de  chaleur  témoigne  encore  de 
l'énergie  électrique  consommée  quand  les  corpuscules  traversent  le 
champ  magnétique  intense. 

((  La  grande  résistance  qui  se  produit  dans  les  champs  très  intenses 
est  encore  rendue  manifeste  par  l'expérience  suivante,  qui  est  d'un 
curieux  eff'et.  Un  tube  semblable  au  précédent  présente  une  déri- 
vation formée  par  un  tube  de  verre  bien  plus  étroit  (5"""  à  6"""  de 
diamètre),  qui  contourne  l'une  des  pièces  polaires  de  l'électro- 
aimant  de  façon  à  permettre  au  (lux  anodique  de  ne  pas  passer  dans 
le  champ  intense.  Tant  que  le  champ  est  faible,  le  flux  anodique 
passe  tout  droit  à  travers  le  champ,  sans  que  rien  de  visible  ne  passe 
dans  le  tube  en  dérivation.  Mais,  quand  le  champ  devient  intense, 
tout  le  flux  anodique  passe  par  la  dérivation,  en  formant  un  filet  très 
mince,  sans  que  rien  de  visible  ne  passe  tout  droit  dans  le  large  tube 
à  travers  le  champ  intense. 

»  Si  l'on  place  le  premier  tube  employé  dans  le  sens  des  lignes  de 
force  du  champ  en  l'introduisant  à  l'intérieur  des  trous  dont  sont  per- 
cées suivant  leur  axe  les  pièces  polaires,  celles-ci  ayant  la  même  dis- 
tance et  donnant  entre  elles  un  champ  de  7000  à  8000  unités,  le 
faisceau  s'amincit,  comme  je  l'ai  déjà  signalé,  en  un  mince  cylindre 
occupant  seulement  l'axe  du  tube.  Malgré  cela,  le  tube  n'est  pas 
sensiblement  plus  résistant  qu'en  l'absence  du  champ  :  l'étincelle 
équivalente  a  encore  i""".  »i  {Comptes  rendus  de  V Académie  des 
Sciences f  t.  GXXXIV,  p.  1046.) 


SUR  LRS   CORPUSCULES. 


555 


Dans  les  expériences  précédentes,  on  a  vu  que  le  faisceau  ano- 
dique,  après  s'être  rétréci  en  un  mince  filet  le  long  de  la  paroi,  pour 
des  champs  plus  intenses  s^élargit  de  nouveau.  Le  premier  signe  de 
Félargissement  est  une  sorte  de  diiTusion  de  la  lumière  anodique  au- 
tour du  filet.  M.  Pellal  a  cherché  comment  variait  avec  la  pression  et 
la  nature  du  gaz  Fintensité  H  du  champ  où  cette  diiTusion  commence 
à  apparaître. 

«  ...  Il  y  a  une  très  grande  différence  entre  les  valeurs  du  champ 
qui  donne  un  des  aspects  qui  viennent  d'être  indiqués.  On  en  jugera 
par  le  Tableau  suivant,  qui  indique  pour  l'hydrogène  et  pour  l'oxy- 
gène les  valeurs  de  H  suivant  la  pression  : 


Hydrogène. 


Oxygène. 


H. 

Pression.  C.G.S. 

■n 

20 1740 

16 i34o 

12 1090 

10 1000 

7 920 

4,6. .. .  84o 

3 570 

2 390 


Pression, 
mm 

',3 

0,97 

0,70 ... . 

0|  io   .    .    .   • 

o, i4  •  •  •  • 
o,o3  . . . . 
0,0078.. 


H. 
C.G.S. 

390 
390 
390 
390 
390 
390 
390 


Pression. 

mm 

1   •  ^  •    •         • 


H. 


0,7.... 
0,54. . . 
o, i3. . . 
o,o3. . • 


Supérieure  à 
7000  C.G.S. 
a43o  CCS. 
i58o 
3oo 


»  Ainsi,  à  mesure  que  la  pression  diminue,  l'intensité  H  du  champ  à 
partir  de  laquelle  la  diffusion  commence  à  apparaître  diminue  aussi. 
Mais  il  y  a  une  énorme  différence  entre  les  nombres  correspondant  à 
une  même  pression  pour  l'hydrogène  et  pour  l'oxygène  (si  l'on  ex- 
cepte toutefois  les  pressions  très  faibles).  J'ajouterai,  pour  mieux 
montrer  la  dissemblance  des  deux  gaz,  qu'avec  une  pression  de  i"",3 
de  mercure  et  un  champ  de  7000  C.  G.  S.,  pour  l'hydrogène  la  diffu- 
sion du  faisceau  anodique  est  complète,  le  filet  n'étant  plus  visible, 
tandis  que  pour  l'oxygène  le  faisceau  est  resserré  en  un  mince  filet 
très  brillant  sans  diffusion  appréciable.  Pour  qu'avec  un  champ 
de  7000  C.  G.  S.  l'oxygène  donne  une  diffusion  complète  comme 
celle  qui  vient  d'être  indiquée  pour  l'hydrogène,  il  faut,  au  lieu 
de  i°*",3,  descendre  jusqu'à  une  pression  voisine  de  o'""',i3. 

»  ...  Il  était  intéressant  de  voir  si  dans  un  mélange  les  effets  sur 
les  deux  gaz  se  manifesteraient  séparément.  L'expérience  a  été  faite 
sur  un  mélange  à  volumes  grossièrement  égaux  d'oxygène  et  d'hydro- 
gène; elle  a  montré  qu'au  point  de  vue  qui  nous  occupe,  un  mé- 


556  PBLLAT. 

lange  se  comportait  comme  un  gaz  unique  jouissant  de  propriétés 
intermédiaires  entre  celles  des  composants  :  le  spectroscope  décelait 
les  raies  brillantes  de  l'hydrogène  ainsi  que  les  raies  beaucoup  plus 
pâles  de  l'oxygène  aussi  bien  dans  le  filet  que  dans  la  partie  diffusée 
qui  l'entourait;  pour  les  pressions  totales  o"*",94  et  o*""',46,  H  fut 
trouvé  respectivement  égal  à  3ooo  et  i  loo  C.  G.  S.  L'air  s'est  com- 
porté d'une  façon  analogue.  »  {Comptes  rendus  de  C  Académie  des 
Sciences,  t.  CXXXV,  p.  iSai.) 

Pour  rappeler  que  tout  se  passe  dans  ces  expériences  comme  si  les 
corpuscules  éprouvaient  de  la  part  du  champ  magnétique  un  frotte- 
ment considérable  dans  le  sens  perpendiculaire  aux  lignes  de  force 
d'un  champ  magnétique  (création  de  chaleur  auT  dépens  de  l'énergie 
électrique,  passage  par  le  tube  en  dérivation),  M.  Pellat  avait  proposé 
d'appeler  ce  phénomène  magnéto  friction.  Mais  M.  Villard  vient  de 
montrer  récemment  (  *  )  qu'aucun  frottement  n'agit  en  réalité  sur  les 
corpuscules  en  mouvement  dans  un  champ  magnétique;  M.  Pellat 
renonce  donc  à  ce  nom  qui  peut  entraîner  une  idée  fausse.  Aucune 
explication  satisfaisante  n'a  été  donnée  jusqu'ici  de  ce  phénomène. 

Si  le  faisceau  anodique  tend  à  prendre  la  forme  du  tube  de  force 
dans  un  champ  magnétique  intense,  il  en  est  de  même,  comme  l'a 
montré  M.  Pellat,  du  flux  qui  s'échappe  d'une  cathode  : 

«  Dans  un  champ  magnétique  intense  le  faisceau  cathodique 
{flux  A)  qui  s^ échappe  d* une  cathode  en  forme  de  plateau  dessine 
exactement  le  tube  de  force  magnétique  avant  pour  base  la  sur^ 
face  de  la  cathode,  les  rayons  cathodiques  partant  uniformément 
de  toute  la  surface  du  plateau.  » 

M.  Pellat  a  reconnu  depuis  que  ce  qu'il  désigne  dans  cette  Note 
p^r  flux  A  est  constitué  par  les  rayons  magnéto-cathodiques,  décou- 
verts auparavant  par  M.  A.  Broca  et  étudiés  récemment  par  M.  Vil- 
lard,  qui  les  a  désignés  ainsi. 

«  Voici  maintenant  quelques  détails  sur  ces  expériences,  qui  achè- 
veront de  faire  comprendre  l'aspect  du  phénomène  dans  les  diffé- 
rentes conditions  de  position  du  tube,  d'intensité  du  champ  et  de 
pression  du  gaz. 

»  L'ampoule  dont  je  me  suis  servi  était  petite  pour  pouvoir  être 
placée  entre  les  pièces  polaires  d'un  électro-aimant  Weiss.  Elle  avait 

(  •  )  Villard,  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  t.  CXXXIX,  igo^,  p.  laoo. 


SUR  LK8  G0RPUSCULB8.  557 

la  forme  d'un  cylindre.  Les  électrodes  étaient  en  aluminium  et  avaient 
la  forme  circulaire;  elles  étaient  distantes  de  2^*".  Le  gaz  a  toujours 
été  l'air. 

»  Si  la  pression  est  d'environ  o"*"*,5  de  mercure  et  le  champ  de 
3ooo  unités,  le  phénomène  apparaît  dans  toute  sa  beauté  :  le  flux  A 
foroie  un   tube  de  force  de  couleur  violette,  généralement  courbe, 
$*échappant,  comme  toujours,  des  deux  faces  de  la  cathode,  et  allant 
d'un  bout  àTauire  du  tube  de  Geissler.  Il  est  alors  facile  de  constater 
que  la  position  de  l'anode  est  sans  influence  sur  la  position  du  flux  A  : 
suivant  la  position  de  la  ligne  des  électrodes  par  rapport  aux  lignes 
de  force,  le  tube  de  flux  A  peut  couvrir  en  totalité  ou  en  partie  l'anode 
ou  ne  pas  tomber  dessus.  Celle-ci  arrête  les  rayons  cathodiques  A  qui 
tombent  à  sa  surface,  comme  un  écran  opaque  le  fait  pour  un  flux 
lumineux,  sans  influencer  la  marche  des  rayons  qui  rasent  ses  bords. 
»...    Quand   la   pression  est  supérieure   à   4"""*  de  mercure,  le 
flux  A  forme  autour  de  la  cathode  une  atmosphère  d'un  bleu  violet 
si  courte  qu'on  ne  peut  distinguer  nettement  la  direction  de   ces 
rayons  quand  on  produit  le  champ.  Pour  4'""  le  lube  de  force  est 
déjà  nettement  dessiné,  mais  il  s'arrête  à  quelques  millimètres  de  la 
cathode  ....  Pour  o"*'",  5  il  atteint  l'extrémité  du  tube  de  verre  la  plus 
éloignée.  A  partir  de  cette  pression,  le  tube  de  rayons  A  continue  à 
aller  d'un  bout  à  l'autre  de  l'ampoule  ;  mais  à  mesure  que  la  pression 
diminue  le  tube  A  pâlit  ....  Pour  o'"'",o4  le  verre  a  une  magnifique 
fluorescence  verte  sur  toute  sa  surface,  qui  disparaît  presque  tota- 
lement dès  qu'on  produit  le  champ  (3ooo),  pour  ne  plus  exister,  mais 
avec  une  grande  intensité,  qu'aux  extrémités  du  tube  formé  par  le 
flux  A.  La  netteté  du  contour  de  ces  Uiches  fluorescentes  montre  que 
le  pourtour  du  tube  de  rayons  A  est  aussi  nettement  délimité  que 
pour  les  pressions  plus  élevées;   mais  l'illumination  de  l'air  à  l'inté- 
rieur du  tube  n'est  plus  produite  avec  assez  d'intensité  par  les  radia- 
tions  A  pour  être  discernée....   L'aspect  ne  change  pas  beaucoup 
jusqu'à  la  pression  deo"'"*,oo4,  limite  de  mes  expériences.  »  (Comptes 
rendus  de  l' Académie  des  Sciences,  t.  CXXXIV,  p.  359..) 

Depuis,  M.  Pellat  a  varié  la  forme  et  la  position  de  la  cathode  à 
I  intérieur  du  tube  ainsi  que  la  nature  du  gaz  :  toujours  le  tube  de 
force  du  champ  magnétique  ayant  pour  base  la  cathode  a  été  dessiné. 
C'est  la  première  expérience  par  laquelle  on  rend  visible  un  tube  de 
force  magnétique,  quelle  que  soit  sa  forme. 


ET  rD^&ADliff  UCK  AUX  EAT05S  X, 


Pmi  Jkfe»  PVBSnc 


Ou  'iv;ur  tormiiiK   ienx  ii^pt>die<«»s^  ?«Er  (a  OGàtare  des  rajons  catho- 

Siiiiaiit  ^Iro«)ki>^.  ïe^  njna:!^  cach»itiM(«es>  étaient  formés  de  parti- 
cule?» maCimefli*?».  ctiskrzr^^  «f  «èit*ctrîeTté  »é^tiTe«  et  qoî.  repoussées 
par  La  eaciii>«ie.  4^aiexiiacifab»uie  vûe»eên»nBe:  mais,  d'autre  part, 
la  plupart  tie»  piiT^urieit»  •rrojaicst  les  rajoas  cathodiques  formés  par 
on  mouKemeni  vibraCoire.  peat-ètre  ionptiidiiial.  ajant  Féther  pour 
siège.  Ainsi  foa  hëstfaît,  comme  jadis  pour  la  lumière,  entre  lesdeu\ 
théories  de  rémission  et  de^  •>ndaIatioiis. 

La  théorie  de  rémission  repose  sur  FhTpothèse  d'une  électrisation. 
En  accord  a^ec  cette  hjpothèse,  Crookes  avait  cru  observer  que  deux 
ravons  cathodiques  <«  se  repoussent  *• .  Mais,  en  interceptant  un  de  ces 
rajons  près  de  son  origine,  Elbert  et  Wiedemann  virent  que  la  dévia- 
tion du  premier  n'est  pas  modifiée;  la  partie  supprimée  n'agissait 
donc  pas,  et  Ton  devait  seulement  admettre  que  la  direction  initiale 
du  premier  rajon  varie  quand  le  second  est  excité. 

Pour  vérifier  directement  cette  électrisation,  Crookes  fit  alors 
tomber  un  pinceau  de  rajons  sur  une  plaque  métallique  liée  à  un 
électromètre.  Or,  cette  plaque  se  chargea  bien,  mais  toujours  d'élec- 
tricité positive,  contrairement  au  résultat  qu'il  attendait. 

Hertz,  cherchant  à  son  tour  à  manifester  les  propriétés  électriques 
et  magnétiques  des  rajons  supposés  chargés,  n'obtint  pas  de  résultats 
en  ce  sens  et  admit  la  théorie  des  ondulations. 

Lenard,  enfin,  crut  ôler  toute  vraisemblance  à  la  théorie  de  l'émis- 
sion en  prouvant  que  des  rajons  cathodiques  traversent  une  feuille 
mélailique  assez  épaisse  pour  tenir  la  pression  atmosphérique.  Ses 
f«isoanements  étaient  incorrects,  mais  ses  expériences  étaient  très 


BLECTRISATION   DBS   RAYONS   CATHODIQUES.  559 

intéressantes,  et  son  opinion  entraîna  un  instant  l'adhésion  de  presque 
tous  les  physiciens  (1894). 

Il  me  sembla  pourtant  que,  s'il  y  avait  des  projectiles  cathodiques, 
ils  pouvaient  différer  assez  des  molécules,  en  taille  et  en  vitesse,  pour 
traverser  une  paroi  imperméable  aux  molécules,  et  qu'avant  de  rejeter 
la  théorie  de  l'émission,  il  fallait  décidément  s'assurer  si  les  rayons 
cathodiques  n'étaient  pas  électrisés  (*). 

Or  on  sait  que  l'on  constate  facilement  l'introduction  de  charges 
électriques  à  l'intérieur  d'une  enceinte  conductrice  close.  Peut-être 
est-ce  même  le  meilleur  moyen  qu'on  ait  pour  définir  et  mesurer 
ce  qu'on  entend  par  charge  électrique. 

J'ai  donc  fait  pénétrer  des  rayons  cathodiques  à  l'intérieur  d'un 
cylindre  de  Faraday. 

A  cet  effet,  j'ai  employé  le  tube  à  vide  que  représente  la  figure. 

ABCD  est  un  cylindre  métallique  fermé  de  toutes  parts,  sauf  une 

Fig.  I. 


1 f  \f 


5of  el  cage  dw 
i'Efectroscope 


^-.-.v.-==.=.-.--% 


fêuiUês  d'or 

petite  ouverture  a  au  centre  de  la  face  BC.  C'est  lui  qui  joue  le  rôle 
de  cylindre  de  Faraday.  Un  fil  métallique,  soudé  en  S  à  la  paroi  du 
tube,  réunit  ce  cylindre  aux  feuilles  d'or  d'un  électroscope. 

EFGH  est  un  deuxième  cylindre  métallique,  en  communication 
permanente  avec  le  sol  et  avec  la  cage  de  l'électroscope.  Percé  seule- 
ment de  deux  petites  ouvertures  en  ^  et  y,  il  protège  le  cylindre  de 
Faraday  contre  toute  influence  électrique  extérieure.  Cette  précaution 
est  essentielle. 

Enfin^  en  avant  de  FG,  se  trouve  l'électrode  plane  N. 

L'anode  était  formée  par  le  cylindre  protecteur  EFGH,  et  l'élec- 
trode N  servait  de  cathode  :  un  pinceau  de  rayons  entrait  donc  dans 
le  cylindre  de  Faraday. 

(')  Expérience  publiée  aux  Comptes  rendus,  décembre  1896. 


56o  JEAN   PRRRIN.  I 

Aussitôt,  ce  cylindre  se  chargeait  d'électricité  négative. 

Le  tube  à  vide  pouvait  être  placé  entre  les  pôles  d'un  électro-aimant. 
Quand  on  excitait  ce  dernier,  les  rayons  cathodiques,  déviés,  n'en- 
traient plus  dans  le  cylindre.  Alors  il  ne  se  chargeait  plus.  La  dévia- 
tion nécessaire  pour  cela  était,  d'ailleurs,  très  faible,  et  le  bord  de  la 
face  FG,  couverte  d'une  poudre  fluorescente,  brillait  encore  très  for- 
tement lorsque  déjà  l'électroscope  n'accusait  plus  aucune  charge. 

L'électrisation  n'est  donc  pas  due  à  un  défaut  dans  la  protection 
électrostatique;  au  reste,  pour  mieux  assurer  cette  protection,  j'ai 
porté  à  4*^"S  sans  inconvénient,  la  distance  ap,  et  j'ai  remplacé  l'ou- 
verture fi  par  quelques  trous  d'épingle.  Même,  comme  on  va  voir,  j'ai 
pu  la  fermer  tout  à  fait  par  une  feuille  mince  d'aluminium. 

Les  charges  négatives  introduites  dans  le  cylindre  de  Faraday,  très 
facilement  mesurables,  varient  extrêmement  suivant  des  causes  mul- 
tiples parmi  lesquelles  je  citerai  la  raréfaction  du  gaz  et  l'énergie  de 
la  décharge.  Avec  un  de  mes  tubes,  et  pour  chaque  interruption  du 
primaire  de  la  bobine,  les  rayons  cathodiques  introduisaient  facile- 
ment dans  le  cylindre  3ooo  unités  électrostatiques  C.  G.  S. 

Ces  expériences  pourraient  s'interpréter  de  deux  manières  : 

Ou  bien  les  rayons  cathodiques  emportent  nécessairement  avec  eux 
de  l'électricité  négative,  comme  le  suppose  la  théorie  de  l'émission. 

Ou  bien  ce  sont  des  égaliseurs  de  potentiel,  qui,  lorsqu'ils  réu- 
nissent au  cylindre  ABCD  la  cathode  N  dont  le  potentiel  est  plus^ 
faible,  donnent  au  cylindre  un  potentiel  inférieur  à  celui  de  son  en- 
veloppe, donc  le  chargent  négativement,  sans  que  le  signe  de  cette 
électricité  soit  plus  lié  à  leur  nature  que  n'est  lié  à  la  nature  d'un, 
conducteur  le  sens  du  courant,  dans  ce  conducteur. 

Cette  dernière  hypothèse  doit  être  rejetée. 

En  effet,  en  fermant  complètement  l'ouverture  ^  par  une  de  ces 
feuilles  métalliques  que  Hertz  ou  f^enard  employaient,  j'ai  constaté 
que  le  phénomène  persiste.  J'ai  pu  ainsi,  pour  chaque  interruption 
du  primaire  de  la  bobine,  faire  apporter  à  l'intérieur  d'une  enceinte 
^conductrice  absolument  close  loo  unités  électrostatiques  C.  G.  S. 
par  des  rayons  qui  traversent  une  feuille  métallique  exempte  de  trous, 
vérifiée  au  microscope  avant  et  après  l'expérience. 

Le  transport  de  charges  négatives  est  donc  inséparable  des 
rayons  cathodiques. 

Cette  électrisation  parait  difficilement  conciliable  avec  la  théorie 
des  ondulations;  elle  s'accorde,  au  contraire,  très  bien  avec  celle  de 


ÊLECTRISATION    DES   HAYONS   CATHOOIQLES.  56l 

rémission.  El,  en  loul  cas,  elle  forme  un  caractère  essentiel  du  rayon- 
nement cathodique. 

J^ajoule  que,  cette  électrisalion  des  rayons  cathodiques  une  fois 
établie,  on  trouve  dans  leurs  dé\iations  par  les  champs  magnétiques 
une  CTcellente  preuve  de  l'équivalence  entre  les  courants  par  con- 
duction et  les  courants  par  convection. 

Diverses  autres  conséquences  sont  évidentes;  j'ai  montré,  par 
exemple,  comment  on  peut  dévier  à  volonté,  ralentir,  ou  accélérer, 
des  rayons  cathodiques  au  moyen  de  champs  électriques  appropriés. 
{Thèse  de  Doctorat  et  Ann,  fie  Chim.  et  de  Phys.y  1897). 

En  particulier,  j'ai  mesuré  la  différence  de  potentiel  juste  suffisante 
pour  arrêter  les  rayons,  et,  par  suite,  la  chute  de  potentiel  égale 
(environ  .^0000  volts  ),  à  laquelle  ils  doivent  leur  énergie.  (Ann.  de 
Chim.  et  de  Phys.,  1897). 

Étade  sur  lai  rayons  de  Rônigen  (1896). 

On  a\ait  découvert  que  les  rayons  X  déchargent  les  corps  élec- 
Irisés.  Or  on  sait  (pfuiie  charge  électrique  ne  peut  disparaître  sur  un 
conducteur  sans  qu'une  charge  égale  et  de  signe  contraire  disparaisse 
sur  d'autres  corps,  les  deux  charges  qui  terminent  un  même  tube  de 
force  devant  être  détruites  en  même  temps.  Il  ne  peut  donc  arriver 
que  les  rayons  X  déchargent  un  seul  conducteur,  et  il  me  sembla 
qu'on  ne  pourrait  obtenir  de  lois  précises  qu'à  la  condition  de  consi- 
dérer simultanément  les  deux  corps  déchargés. 

J  ai  toujours  pris  la  précaution  d'enfermer  dans  une  caisse  recou- 
verte de  papier  d'étain  sur  toutes  ses  faces,  non  seulement  le  tube 
focus  d'où  sortent  les  rayons,  mais  aussi  la  bobine  de  Ruhmkorff  et 
les  accumulateurs  nécessaires.  A  ces  conditions,  la  protection  élec- 
trique est  parfaite,  et,  par  exemple,  on  peut  faire  jaillir  dans  la  caisse 
de  fortes  étincelles  sans  influencer  en  rien  Télectrostrope  ou  Félectro- 
niètre  employés. 

Ayant  placé  en  face  d'une  paroi  de  la  caisse  un  corps  chargé  A, 
puis  ayant  appliqué  contre  cette  paroi  une  plaque  de  tôle  épaisse, 
nous  eûmes  l'occasion,  M.  Langevin  et  moi  ('),  d'observer  que  le 
corps  \  se  déchargeait  encore  rapidement.  Cependant,  les  plus  rap- 
prochés des  rayons  qui  ne  rencontraient  pas  la  tôle  passaient  à  plus 

('}  M.  Langevin,  alors  élève  à  TEcoic  iNorniale,  avait  bien  voulu  m'apporter  une 
aide  précieuse. 

S.  P.  36 


56'i 


JEAN  PBRRIN. 


de  4o*^"  du  corps  \.  Ainsi  les  rayonsH.  peuvent  décharger  un  corps 
sans  le  toucher. 

Il  est  vrai  qu'on  pouvait  encore  objecter  à  cette  conclusion  que 
peut-être  la  tôle  n'arrêtait  pas  certains  rayons  très  pénétrants.  Mais  il 
ne  nous  servait  à  rien  de  doubler  cette  tôle  par  du  plomb.  \u  con- 
traire, nous  supprimions  toute  décharge  en  plaçant  le  conducteur  .\ 
dans  une  caisse  A'  entourée  de  papier  d'étain  et  placée  tout  entière 
dans  l'ombre  de  la  plaque  de  tôle. 

Il  nous  sembla  que  cette  expérience  diflerait  de  la  précédente  seu- 
lement par  cette  circonstance  que  toutes  les  charges  terminant  les 
tubes  de  force  issues  de  \  étaient  protégées  contre  les  rayons,  aussi 
bien  que  les  charges  de  A. 

En  accord  avec  cette  induction^  nous  vîmes  que,  si  l'on  revenait  à 
la  première  disposition,  on  pouvait  encore  empêcher  toute  décharge 
en  appliquant  des  plaques  de  tôle  sur  toutes  les  faces  de  la  caisse  con- 
tenant la  source  de  rayons. 

Les  trois  schémas  suivants  résument  ces  trois  expériences  : 


Fig.  2. 


.»•  »• 


1 .  i,  I 


^ 


Dans  le  premier  cas,  quelques  rayons  rencontrent  les  charges  si- 
tuées aux  extrémités  de  tubes  de  force  issus  de  \,  qui  alors  se  dé- 
charge. Dans  le  deuxième  et  dans  le  troisième  cas,  les  tubes  de  force 
issus  de  A  se  trouvent  sur  tout  leur  parcours  à  l'abri  des  rayons,  et 
alors  il  n'y  a  plus  décharge. 

De  façon  plus  précise,  nous  avions  ainsi  démontré  la  proposition 
suivante  : 

Quand  il  y  a  décharge  par  les  rayons  X,  il  suffît  à  coup  sûr  que 
l'une  des  deux  surfaces  qui  sont  toujours  déchargées  en  même  temps 
soit  rencontrée  par  les  rayons. 


Mais  cette  condition  n'est  même  pas  nécessaire,  et  il  suffît,  pour 
décharger  un  conducteur,  que  les  rayons  rencontrent  en  un  point 
quelconque  un  des  tubes  de  force  qui  en  émanent,  si  du  moins  tout 
le  parcours  de  ce  tube  est  situé  dans  un  gaz  en  repos. 


ELECTRISATION    DES    RAYONS   CATHODIQl'ES. 


563 


Je  crois  Tavoir  établi  clairement  par  l'expérience  suivante  (*)  : 
On  réalise  un  condensateur  pian  AA'  dont  les  armatures  sont  sé- 
parées par  un  gaz  en  repos,  de  Tair  par  exemple.  Une  plaque  rectan- 
gulaire x^  découpée  dans  Tune  des  armatures  est  liée  à  Taiguille  d'un 
éleclroniètre.  Au  début  de  l'expérience,  elle  est  aussi  liée  au  reste  de 
Tarmature  A  qui  joue  ainsi  le  rôle  d'anneau  de  garde.  Enfin  A  et  A' 
sont  réunies  par  une  batterie  d'accumulateurs  qui  maintient  entre 
elles  une  différence  de  potentiel  constante.  On  coupe  alors  la  com- 

Fig.  3. 


munication  entre  A  et  a^,  et  l'on  fait  passer  entre  les  armatures  un 
pinceau  de  rayons,  qui  ne  les  touchent  pas. 

La  décharge  est  rapide  lorsque  les  rayons,  supposés  perpendiculaires 
au  plan  de  figure,  passent  en  a;  elle  reste  sensiblement  la  même 
<iuand  ils  passent  en  b;  elle  devient  brusquement  nuUe  quand  ils 
passent  en  c,  c'est-à-dire  aussitôt  que  les  rayons  ne  coupent  plus 
aucune  ligne  de  force  issue  de  la  plaque. 

On  voit  par  là  qu'(//z  tube  de  force  coupé  par  des  rayons  de 
Rôntgen  se  comporte  comme  un  conducteur,  pourvu  qu'il  soit  situé 
dans  un  gaz,  alors  que  le  gaz  contenu  dans  un  tube  de  force  immé- 
diatement contigu,  mais  non  rencontré,  conserve  ses  propriétés  iso- 
lantes. 

La  conduction  se  manifeste,  si  faible  que  soit  le  champ  électrique. 
Il  en  résulte  une  méthode  de  mesure  des  différences  de  potentiel  par 
contact  [Comptes  rendus,  1896  (^)]. 

Supposons  maintenant  que  des  rayons  X  coupent,  dans  un  gaz, 
un  tube  de  force  dont  une  partie  seulement  est  dans  le  gaz;  alors  on 
constate  que   les  surfaces  qui  terminent,    sur  un   diélectrique  non 


(^)  Publiée  en  juin  1896  {Éctairage  électrique), 
(^)  Signalée  indépendamment  par  Righi. 


564  JEAN    PERRIN. 

gazeux,  le  tronçon  de  tube  de  force  ainsi  rencontré  par  les  rayons,  se 
couvrent  d'éleclricilés  contraires  (en  quantité  précisément  suffisante 
pour  annuler  le  champ  à  l'intérieur  de  ce  tronçon). 

C'est  ainsi  que  j'ai  pu,  sous  l'influence  des  rayons  de  Rontgen, 
charger  des  corps  isolants,  non  rencontrés  par  ces  rayons.  Entre  les 
armatures  A,  A'  d'un  condensateur  plan,  je  plaçais  une  lame  P  de 
paraffine  parallèle  à  ces  armatures,  puis  je  faisais  passer  pendant 
quelques  secondes  un  pinceau  de  rayons  figuré  en  BC,  qui  ne  ren- 
contrait ni  la  paraffine,  ni  les  armatures;  enfin,  je  laissais  tomber  cette 
lame  de  paraffine  dans  un  cylindre  de  Faraday,  qui  aussitôt  se  char- 
geait fortement.  Par  exemple,  dans  le  cas  de  la  figure,  la  charge  était 
positive;  recommençant  alors  l'expérience  en  changeant  le  sens  du 

Fig.  4. 
1^'  ^        _    _   .    .  ^ 

pi ^  ^  ~rT~* — ^^ 

C^.._ ^  B 

champ  électrique  entre  A  et  A',  je  constatais  que  la   paraffine  ainsi 
chargée  positivement  se  déchargeait,  puis  se  chargeait  négativement. 

Théorie.  —  Les  faits  qui  précèdent  m'ont  paru  établir  les  propo- 
sitions suivantes  [Thèse ,  1897)  * 

En  tous  les  points  d'un  gaz  où  passent  des  rayons  de  Rontgen,  il  se 
forme  des  quantités  égales  d'électricités  positive  et  négative,  ou, 
d'une  manière  abrégée,  ces  rayons  ionisent  les  gaz.  S'il  existe  un 
champ  électrique,  les  charges  positives  ainsi  créées  se  meuvent  dans 
le  sens  du  champ  el  les  charges  négatives  en  sens  inverse.  Ces  deux 
systèmes  de  charges  décrivent  ainsi  les  tubes  de  force  où  elles  étaient 
d'abord  contenues,  jusqu'à  ce  qu'elles  atteignent  les  conducteurs  où 
se  terminent  ces  tubes,  conducteurs  qui  se  trouvent  alors  déchar gésj 
ou  jusqu'à  ce  qu'elles  soient  mécaniquement  arrêtées  par  une  surface 
isolante  solide  ou  liquide,  qui  se  trouve  alors  chargée.  L'action  sur  les 
corps  éleclrisés  se  présente  ainsi  non  comme  une  propriété  propre- 
ment dite  des  rayons  de  Rcinlgen,  mais  comme  une  conséquence  né- 
cessaire de  i altération  que  ces  rayons  font  subir  aux  gaz  quUls 
traversent. 

Rien  ne  prouve  que  ces  rayons  n'ionisent  pas  d'autres  corps  que 
les  gaz.  Mais,  ce  qui   singularise  à  coup  sûr  les  gaz,  c'est  la  mobi- 


ÉLBCTRISATION  DES  RAYONS  CATHODIQUES.  565 

lilé,  SOUS  rinfluence  d'un  champ,   des  charges  électriques  une  fois 
créf^es. 

Ce  langage  ne  contient  aucune  hypothèse.  Les  char ges  créées  dans 
les  gaz  ont  une  existence  réelle,  qui  se  manifeste  non  seulement 
aux  extrémités  des  tubes  de  force  où  elles  se  meuvent,  mais  encore 
en  un  point  quelconque  de  leur  parcours  où  elles  peuvent  être 
arrêtées  et  recueillies  (comme  je  l'ai  [)rouvé  par  l'expérience  qui 
précède). 

En  Tabsence  de  champ  électrique,  les  charges  ainsi  libérées  se  re- 
combinent sur  place.  Elles  échappent  à  la  combinaison  d'autant  plus 
complètement  que  le  champ  est  plus  grand;  la  limite  de  la  quantité 
recueillie  mesure  la  quantité  dissociée  (*). 

Influence  de  la  pression,  —  J'ai  recherché  comment  l'ionisation 
d'un  gaz  dépend  de  sa  pression.  Grâce  au  dispositif  précédent,  j'ai  pu 
voir  que  les  deux  grandeurs  sont  proportionnelles  :  l'ionisation  d'une 
masse  gazeuse  donnée,  sous  l'influence  d'un  rayonnement  donné,  est 
indépendante  de  Técartement  plus  ou  moins  grand  des  molécules 
{Ann,  de  Chim,  et  de  Phys.^  '897). 

Des  lois  fort  différentes  et  inexactes  avaient  été  jusqu'alors  seules 
indiquées.  Ces  discordances  tenaient  au  rôle  non  reconnu  des  sur- 
faces frappées,  rôle  éliminé  dans  mon  dispositif  (^). 


(')  J'indique  seulement  ce  résultat  que  J.-J.  Thomson  avait  publié  un  peu  de  temps 
avant  moi.  sans  que  je  le  sache.  Sa  méthode  était  d'ailleurs  fort  différente. 

(*)  Car,  lorsque  des  rayons  X  frappent  un  corps,  leur  action  est  accrue  au  voisi- 
oaiçe  de  la  surface  frappée.  J'ai  voulu  étudier  cet  eflfct  à  son  tour,  mais  je  l'ai  cru  à 
tort  localisé  sur  la  surface.  On  sait  que  M.  Sagnac  a  montre  qu'il  s^agit  de  «  ra>ons 
secondaires  >»  peu  pénétrants,  dont  il  a  étudié  les  propriétés  (1898). 


DE  L'DiFLlENCE  DTN  AIMANT 

>ÉCH4RGES  ÉLECTRIQCES  DA.\S  LES  GAZ  I 

Pab  FLCCkER. 
EitraiU  tnAnU  4e  l'alUaaBt  par  H.  BÉHARO. 


r  » 


Pogg.  Ann.,  t.  cm.  i858,  p.  ^107. 


§  19.  Nous  allons  nous  occupera  présent  d^une  nouvelle  catégorie 
de  phénomènes  que  j'ai  observés  en  plaçant  au  voisinage  des  pôles 
d'un  électro-aimant  l'extrémité  cathodique  d'un  tube  de  forme  conve- 
nable, dans  le  but  de  soumettre  à  Tinfluence  de  Taimant  la  lueur  qui 
se  produit  à  la  cathode  (*)  et  qui  est  séparée  de  la  colonne  positive 
par  l'espace  obscur.  Pour  bien  observer  ces  phénomènes,  il  est  indis- 
pensable que  la  cathode  pénètre  assez  profondément  à  l'intérieur  du 
tube,  et  que  celui-ci  soit  suffisamment  large  à  son  extrémité  catho- 
dique. 

§  20.  J'ai  d'abord  employé  dans  ce  but  {fig-   i)  un  tube  cylin- 

Fig.  1. 


driquo  de  i***"  de  diamètre  aux  extrémités  duquel  étaient  soudées  deux 
nphèrtvs  do  veri*e  de  3'"*, 5  de  dianitHre.  La  longueur  totale  du  tube 
tUnit  do  ii5*''".  Les  électrodes,  en  platine,  pénétraient  respectivement 
juM|u'uu  centime  de  charune  des  sphères.  L*électro-aimant  était  muni 

(M  ^h\  «  MUopU'  lf!i  tlô'ti^ndiions  actuelles  en  traduisant   Wàrmepol  par  cathode, 
LwhifHii  |Mir  ttttude,  Lichistrom  par  lumière  ou  colonne  positive,  etc. 


DB   l'iNFLL'KNCK    d'lN   AIMANT    SUR    LES    DÉCHARGES    ÉLECTRIQUES.  667 

de  deux  pièces  polaires  ayant  comme  section  un  carré  de  •j*^"  décote; 

leurs  surfaces  terminales,  situées  en  regard  l'une  de  l'autre,  avaient 

leurs   arêtes  arrondies    et   portaient,   vissées  en   leur   milieu,   deux 

pointes  coniques  émoussées  ayant  leur  axe  commun  horizontal.  La 

sphère  qui  terminait  le  tube  du  côté  de  la  cathode  était  placée  au 

voisinage  des  pointes  polaires  de  façon  que  le  tube,  pénétrant  entre 

ces  deux  pointes,  fût  orienté  horizontalement  avec  son  axe  situé  dans 

Téquateur  du  champ  magnétique. 

Avant  l'excitation  du  champ  magnétique,  une  lueur  violette  diffuse 
était  répandue  dans  toute  la  sphère,  lueur  entourée  d'une  lumière 
vert  pâle,  qui  semblait  former  une  couche  mince  adhérente  au  verre 
lui-même.   Après  la  production  du  champ  magnétique,   la  lumière 
diffuse  violacée  se  rassemblait  en  un  disque  plan,  horizontal,  ayant  la 
forme  d'une  demi-lune,  uniformément  lumineux  et  limité  nettement 
du  côté  du  tube  par  un  arc  à  peu  près  circulaire;  cet  arc  de  cercle 
tournait  sa  concavité  du  côté  de  l'anode  et  passait,  en  son  milieu,  par 
Teitrémité  du  (il  de  platine  constituant  la  cathode.  Ce  disque  était 
bordé,  de  l'autre  côté,  par  une  bande  étroite  d'un  beau  vert  clair, 
adhérente  au  verre.  D'autre  part,  la  colonne  lumineuse,  rouge  dans 
les  régions   éloignées   des    pôles   et   présentant  déjà    bien   l'espace 
obscur,  mais  colorée  en  violet  clair  dans  les  régions  plus  voisines  des 
pôles,  se  terminait  en  pointe  à  la  sortie  du  tube  cylindrique;  celte 
pointe,  qui  pénétrait  dans  la  sphère,  était  tournée  vers  le  bas;  quand 
on  permutait  les  pôles  de  l'électro-aimant,  le  phénomène  restait  abso- 
lument identique,  si  ce  n'est  que  cette  pointe,  formant  l'extrémité  de 
la  colonne  lumineuse  positive,  était  tournée  vers  le  haut  et  non  plus 
>ers  le  bas. 

§  21.  Si  maintenant  le  tube  était  placé  comme  l'indique  la  figure  2, 

Fig.  2. 


cest-à-dire  encore  horizontal  et  situé  dans  l'équateur  du  champ  ma- 
gnétique, mais  la  partie  cylindrique  ne  pénétrant  plus  entre  les  deux 


56H  PLÏCKER. 

pôles  de  rélectro-aimant,  les  pointes  terminant  ces  pôles  étant 
d^ailleurs  encore  au  contact  de  la  sphère,  le  phénomène  restait  iden- 
tique, avec  cette  seule  différence  que  le  disque  plan  violacé,  toujours 
bordé  d'une  bande  verte  contijifuë  au  verre  de  Tampoule  sphérique, 
était  limité  à  présent  du  côté  du  tube  par  un  ai*c  de  cercle  tournant 
sa  convexité  du  côté  de  Tanode;  du  r»^ste,  cet  arc  de  cercle  passait 
encore,  en  son  milieu,  par  l'extrémité  de  la  cathode  de  pl.itine. 

§  22.  Les  deux  pièces  polaires  de  Télectro-aimant  étaient  ensuite 
écartées  juste  assez  pour  que  la  sphère  pût  être  amenée  entre  les  deux 

Fig.  3. 


pointes.  Le  tube  ayant  toujours  même  orientation,  la  ligne  joignant 
les  deux  pointes  polaires  passait,  cette  fois-ci,  par  le  centre  de  la 
sphère,  et  par  suite  aussi  par  l'extrémité  de  l'électrode.  Après  excita- 
tion du  champ  magnétique,  le  disque,  qui  se  formait  comme  dans  les 
deux  cas  précédents,  était  limité  par  ce  diamètre  de  l'ampoule  sphé- 
rique coïncidant  avec  l'axe  du  champ  magnétique;  d'ailleurs,  comme 
précédemment,  ce  disque  était  bordé  d'une  bande  d'un  beau  vert  en 
tous  les  points  où  il  touchait  la  paroi  de  verre;  il  présentait  nettement 
une  concentration  plus  intense  de  lumière  au  voisinage  du  diamètre 
axial,  ce  qui  n'avait  pas  été  observé  dans  les  deux  cas  précédents. 

Dans  les  deux  derniers  cas,  comme  dans  le  premier,  après  la  per- 
mutation des  pôles  magnétiques,  le  même  aspect  du  phénomène  se 
reproduisait  au  bout  d'un  certain  temps,  du  moins  en  ce  qui  concerne 
le  disque. 

§  2Î^.  (^)uand  on  avait  excité  le  champ  magnétique,  la  lumière 
violette  répandue  dans  toute  la  sphère  entourant  la  cathode  allait  se 
réunir  lentement  en  un  disque  plan;  pendant  cette  transformation,  la 
lumière  tournait  autour  de  la  ligne  des  pôles  de  l'électro-aimant.  Cette 
rotation  s'effectuait  dans  le  même  sens  que  celui  des  courants  d'Am- 


DB   L'INFLI'BNCE   D'vN   AIMANT   SUR    LKS    DÉCHARGES    ÉLECTRIQUES.  669 

père  dans  les  p(>les  de  rélectro-aimant.  Si  Ton  venait  à  supprimer  le 
champ  magnétique*,  la  lueur  cathodique  se  mettait  à  tourner  en  sens 
contraire.   Ce   mouvement    de    rotation  était   plus  rapide   lorsqu'on 
permutait  les  pôles  de  rélectro-aimant.  Quand  le  champ  magnétique 
était  établi  pour  la  première  fois,  le  sens  des  courants  d\\mpère  dé- 
terminait le  sens  de  la  rotation;  une  nouvelle  permutation  produisait 
une  rotation  de  sens  inverse.  La  figure  3  indique  par  une  flèche  le 
sens  de  cette  rotation;  les  pôles  de  l'électro-aimant  sont  distingues 
par  les  lettres  N  et  S. 

§  2i.  Si,  enfin  {fi^^  4)?  ^^out  en  laissant  le  tube  et  la  sphère  qui  le 
lemiinait  dans  la  position  qui  vient  d'être  décrite,  on  enlevait  l'arma- 
ture de  fer  doux  de  l'une  des  deux  bobines  de  l'électro-aimant,  le 


disque  lumineux  horizontal  restait,  comme  auparavant,  limité  d'un 
rôté  parle  diamètre  coïncidant  avec  l'axe  du  champ  magnétique,  mais 
la  lueur  violacée  était  plus  intense  dans  le  voisinage  de  la  pointe 
polaire  laissée  en  place;  déplus,  la  bande  vert  pâle  bordant  le  disque 
du  côté  du  verre  était  un  peu  plus  large  et  un  peu  moins  lumineuse 
vers  l'extrémité  du  diamètre  axial  la  plus  éloignée  de  l'armature  co- 
nique unique  laissée  en  place. 

§  2o.  Il  va  sans  dire  que  si,  dans  tous  les  cas  précédents,  on  faisait 
tourner  le  tube  autour  de  la  ligne  des  pôles,  le  disque  lumineux,  tout 
en  conservant  sa  forme,  tournait  en  même  temps,  lui  aussi,  autour 
du  même  axe. 

§  26.  Si  le  tube,  tout  en  restant  horizontal,  était  déplacé  vertica- 
lement de  haut  en  bas  dans  le  plan  équatorial  du  champ  magnétique, 
jusqu'à  ce  que  les  parois  de  la  sphère  vinssent  au  contact  des  pointes 
polaires  [celles-ci  présentant  un  intervalle  inférieur  au  diamètre  de 


5^0  FLVCKEB. 

la  Sphère,  comme  dans  les  deux  premiers  cas  étudiés]  (  M,  le  disque 
plan  obtenu  jusqu'à  présent  était  remplacé  par  une  surface  en  forme 
de  %oûte  [concave  \ers  le  bas,  c'est-à-dire]  s'abaissant  à  partir  du  con- 
ducteur de  platine  constituant  la  cathode,  des  deux  cotés  de  celle-ci. 
En  rapprochant  davantage  les  pôles  de  Félectro-aimant,  la  cour- 
bure de  cette  surface  augmentait. 

§  27.  Si  Ton  considère  Kensemble  des  phénomènes  décrits  dans 
les  paragraphes  précédents,  on  est  forcé  de  concevoir  les  divers  plans 
ou  surfaces  courbes  sur  lesquels  se  concentre  la  lueur  diffuse  répandue 
dans  le  voisinage  de  la  cathode  comme  formés  de  lignes  lumineuses 
qui  partent  de  chacun  des  points  de  V électrode  négatii^e  et  qui 
coïncident  avec  les  lignes  [de  force]  magnétique  [passant  par  ces 
points]  (^). 

§  28.  Cette  façon  d'envisager  les  phénomènes  est  confirmée  par  le 
fait  suivant  :  si  Ton  remplace  les  armatures  de  fer  doux  à  pièces  po- 
laires coniques  par  deux  pièces  polaires  parallélépipédiques  (lon- 
gueur IQ*^",  largeur  6*"", 8,  hauteur  2*^")  reposant  par  leurs  faces  les 
plus  étendues  sur  Télectro-aimant,  et  si  Ton  répète  les  deux  premières 
expériences  donnant  un  disque  lumineux  limité  par  un  arc  de  cercle 
concave  ou  convexe  du  côté  de  Tanode,  suivant  le  cas  [mais  toujours 
concave  du  côté  de  la  ligne  des  pôles  de  Télectro-aimant  j,  on  obtient 
une  courbure  de  l'arc  de  cercle  d'autant  plus  prononcée  que  l'extré- 
mité de  la  cathode  est  plus  près  des  armatures. 

§  29.  Si  l'on  se  sert,  comme  dans  la  première  série  de  recher- 
ches (^),  de  deux  pièces  polaires  massives  [présentant  un  très  mince 
entrefer  et  terminées  à  leur  partie  supérieure  par  deux  larges  surfaces 
planes  situées  dans  le  même  plan  horizontal  ],  on  obtient  encore  une 
confirmation  de  cette  manière  de  voir,  autant  qu'on  peut  juger  de  la 
distribution  compliquée  des  lignes  de  force  magnétique  :  le  tube  res- 
tant toujours  dans  le  plan  équatorial,  si  l'on  place  l'ampoule  catho- 
dique au-dessus  de  la  région  de  plus  grande  force  magnétique,  la 


(')  Cesl-A-dire  si  Taxe  du  tube,  horizonial,  était  situé  au-dessus  de  la  ligne  des 
p6\tSy  celle-ci  étant  horizontale  et  de  direction  perpendiculaire  à  Taxe  du  tube. 

Note  du  traducteur.) 

(*)  Les  italiques  sont  de  PlUcker,  ici  ei  dans  ce  qui  suit.  Le  lexte  porte  par  lapsus, 
en  deux  endroits,  positive  au  lieu  de  négative.  {Note  du  traducteur,) 

(^)  Partie  du  Mémoire  non  traduite. 


DB   L  INFLUENCE   D  L N   AIMANT   SUR    LES   DECHARGKS    ELECTRIQUES. 


571 


surface  lumineuse  en  forme  de  voûte  se  produit  avec  une  limite  par- 
ticulièrement bien  tranchée.  Si  maintenant  on  déplace  le  tube  paral- 
lèlement à  lui-même  dans  la  direction  de  la  ligne  des  pôles,  d^un  côté 
ou  de  Fautre,  la  surface  change  de  forme,  et  cela  d^une  façon  facile  à 
prévoir,  dans  chaque  cas,  d'après  la  forme  des  lignes  de  force. 


§  3â.  Remettons  sur  les  bobines  de  Télectro-aimant  les  deux  pièces 
polaires  massives,  dont  les  faces  situées  en  regard  sont  arrondies. 
Plaçons  le  tube  (')  horizontalement  au-dessus,  dans  la  position  axiale, 
et  tout  d'abord  {fig-  5)  de  façon  que  l'extrémité  du  conducteur  de 

Fig.  5. 


■y    ^'  xi       '     .       , ,.  ;/  - 


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1: .  ■    '  -  ^ 


platine  constituant  la  cathode  soit  située  tout  près  et  au-dessus  de 
la  région  où  le  champ  magnétique  est  le  plus  intense.  La  lumière 
diffuse  entourant  le  (il  de  platine  se  concentre,  sous  l'action  du 
champ  magnétique,  en  un  arc  lumineux  de  couleur  violacée,  con- 
tenu dans  un  plan  vertical  passant  par  l'axe  du  champ  magnétique 
et  limité  à  peu  près  par  deux  arcs  de  cercle  concentriques;  ces  deux 
arcs  de  cercle  ont  leur  centre  commun  en  coïncidence  avec  le  mi- 
lieu de  l'interstice  vide  laissé  entre  les  faces  supérieures  planes  des 
deux  pièces  polaires.  L'arc  intérieur  touche  la  cathode  à  son  extré- 
mité et  cet  arc  est  presque  une  demi-circonférence  ;  la  lumière  y  est 
concentrée  en  une  bande  étroite,  d'un  vif  éclat,  tandis  que  le  reste  de 
l'espace  compris  entre  les  deux  arcs  concentriques,  large  de  8™" 
ou  9""*,  est  d'un  éclat  à  peu  près  uniforme,  mais  beaucoup  plus 
faible.  Ce  n'est  que  vers  l'extrémité  du  tube,  au-dessous  du  fil  de 
platine,  que  la  lueur  devient  plus  brillante.  Quant  au  conducteur  lui- 
même,  il  reste,  dans  tous  les  cas,  continuellement  entouré  d'une 
gaine  lumineuse  cylindrique  finement  stratifiée.  Mais  la  lueur,  moins 


(')  C«  n*est  plus  le  même  tube  que  précédemment,  mais  un  tube  conique  repré- 
Knté  figure  5,  donl  le  diamètre  va  en  décroissant  de  la  caibode  A  Tanode. 

(  Noie  du  traducteur.  ) 


5yi  FLÏCKER. 

intense  à  la  partie  supérieure,  v  est  limitée  d'une  façon  parfaitement 
nette  par  Tare  supérieur  qui  passe  par  le  point  où  le  fil  de  platine  est 
scellé  dans  la  paroi  de  verre.  I^a  lumière  cathodique  et  la  lumière 
[positive]  remplissant  le  reste  du  tube  sont  séparées  par  un  intervalle 
obscur  étroit;  la  colonne  positive  garde  son  caractère  stratifié;  seu- 
lement, dans  le  voisinage  de  l'espace  obscur,  la  forme  des  dernières 
strates  sadapte  un  peu  à  celle  de  la  surface  limitant  l'espace  obscur. 
D'ailleurs  la  colonne  stratifiée  ne  remplit  plus  tout  l'espace  intérieur 
du  tube;  elle  subit  la  déviation  décrite  antérieurement  (*)  sous  Fac- 
tion des  pôles  magnétiques  situés  au-dessous  d'elle  et  dans  le  sens 
indiqué,  en  se  concentrant  d'un  côté  ou  de  l'autre  dans  la  direction 
horizontale.  Quand  on  permute  les  pôles  magnétiques,  le  phénomène 
disparaît  lentement,  puis  reparait  lentement,  de  façon  tout  à  fait 
analogue,  avec  cette  seule  différence,  sur  laquelle  il  est  inutile  de 
revenir  ici,  que  la  lumière  stratifiée  va  s'entasser  du  côté  opposé  du 
tube;  l'aspect  que  présente  le  tube  latéralement  reste  absolument  le 
même,  quand  on  change  de  côté. 

§  33.  Si  le  tube,  toujours  situé  dans  la  direction  axiale,  par  rap- 
port au  champ  magnétique,  est  maintenant  déplacé  dans  le  sens  de  sa 
longueur  (Jig*  6)  de  façon  que  la  région  située  au-dessus   de  l'in- 

Fig.  6. 


U^rstice  des  pièces  polaires  soit  à  présent  plus  voisine  de  l'anode,  le 
phénomène  prend  un  tout  autre  aspect  :  les  deux  arcs  de  cercle  li- 
niîtant  le  demi-anneau  sur  lequel  se  concentrait  la  lueur  répandue 
aut^^ur  de  la  cathode  ont  ta  forme  fies  li signes  de  force  magnétique. 
L'arc  intérieur,  qui  passe  toujours  par  Textrémité  du  fil  de  platine, 
rX  qui  reste  toujours  en  coïncidence  avec  une  ligne  de  force  magné- 
tique. !»'étend,  pendant  le  mouvement  de  translation  du  tube,  de  plus 
en  plus  loin  du  côté  de  rextrémité  anodique,  jusqu'à  ce  qu'enfin, 

(  ^  )  P»«4jiiee  oon  traduit  ici. 


DB    L'iNFLtKNCE    D'L'N   AIMANT   SUR    LES    DÉCHARGES   ÉLECTRIQUES.  5y3 

quand  il  a  atteint  la  partie  supérieure  du  tube,  il  limite  complètement 
la  lumière  cathodique.  Il  se  produit,  en  même  temps,  un  mélange 
remarquable  de  colorations;  de  nouvelles  couleurs  apparaissent  quand 
Panneau  s'ouvre  et  que  sa  lumière  vient  au  contact  du  reste  de  la 

lueur  :  la  première  est  violette,  la  seconde  rougeàtre  ;  il  se  forme  une 

belle  lumière  bleue. 

§  34.  Si  enfin  {/ig.  7)  on  déplace  le  tube  conique,  à  partir  de  sa 
position  primitive,  encore  dans  la  direction  de  sa  longueur,  mais  en 
sens  contraire,  de  façon  que  le  tube  tout  entier  soit  situé  sur  une 
seule  pièce  polaire,  Tanneau  lumineux  reste  très  bien  délimité.  L'arc 

Fig.  7. 


qui  était  tout  à  l'heure  Tare  intérieur  est  devenu  maintenant  l'arc 

eiiérieur  :   il  passe  toujours  par  l'extrémité  de  la  cathode  et  limite 

complètement  la  lueur  cathodique  violette  du  côté  de  l'extrémité  ano- 

dique  du  tube.  L'autre  arc,  qui  était  précédemment  l'arc  extérieur, 

passe  toujours,  lui  aussi,  par  le  point  où  l'électrode  de  platine  est 

soudée  à  la  paroi  de  verre  :  c'est  maintenant  celui  qui  a  le  plus  vif 

éclat:  dans  son  voisinage  la  lumière  de  l'anneau,  tout  en  brillant  d'un 

éclat  unifurme,  est  plus  vive.  Les  deux  arcs  qui  limitent  la  lueur 

cathodique  sont  encore  des  lignes  de  force  magnétique, 

§  35.  Le  tube  employé  dans  les  dernières  expériences  citées  pré- 
sentait aussi  la  belle  lueur  Derte  énigmatique.  Je  l'avais  d'abord  prise 
pour  une  couleur  de  contraste  purement  subjective;  puis,  comme 
cette  explication,  généralement  admise,  me  parut  décidément  inad- 
missible, j'ai  été  convaincu  que  cette  coloration  se  produit  dans  le 
verre  lui-même.  En  réalité,  la  lumière  est  bien  à  l'intérieur  du  tube; 
mais  elle  touche  de  si  près  la  paroi  intérieure  qu'elle  en  reproduit 
toutes  les  inégalités  et  donne,  par  suite,  l'impression  d'une  lumière 
spéciale  provenant  du  verre  lui-même.  C'est  l'emploi  de  l'aimant  qui 
a  permis,   tout  d'abord,  d'éclaircir  ce  point  :   quand  on  inverse  le 


^74  rLrcKFE- 

champ  magnétique,  cette  luear  s'ajnte  «le  côté  et  d'autre  au  voisinage 
de  la  cath#Kie.  pui»  se  ra5semhle  ^  nouveau  aux  points  où  la  surface 
formée  par  les  li;:ne:?  de  force  mamiétique  rencontre  la  paroi  de  verre. 
Si  Ton  déplace  le  tube,  cette  surface  vient  rencontrer  de  nouvelles 
régions  de  la  paroi  de  verre  où  elle  n'existait  pas  auparavant,  et  la 
lueur  verte  apparaît  aussitôt  dans  ces  nouvelles  régions. 

Les  conditions  dans  lesquelles  cette  lumière  apparaît,  d'une  façon 
générale,  dans  un  tul>e  de  Geissier.  doivent  être  discutées  en  même 
temps  que  le  mode  d'influence  que  peut  avoir  sur  les  phénomènes 
observés  dans  ce  tube  la  nature  chimique  des  traces  de  matière  pon- 
dérable qu'il  contient. 

§  36.  Ce  qu'il  faut  seulement  faire  ressortir  ici,  c'est  que  la  con- 
centratiim  de  la  lueur  cathodique  en  une  surface  lumineuse  formée 
de  lignes  de  force  est  certainement  un  phénomène  physique  général, 
qui  se  produit  dans  tous  les  cas,  indépendamment  des  variations  de 
coloration  que  l'introduction  de  gaz  variés  peut  produire  à  l'intérieur 
du  tube.  Pour  en  donner  un  seul  exemple,  les  tubes  contenant  du 
gaz  carbonique  donnent  une  lumière  stratifiée  d'un  beau  vert,  une 
lumière  cathodique  d'un  beau  bleu,  la  gaine  qui  la  limite  étant  tou- 
jours verte.  Les  formes  des  surfaces  lumineuses,  sur  lesquelles  la  lu- 
mière bleue  se  concentre  sous  l'action  du  champ  magnétique,  sont 
absolument  identiques  à  celles  qui  ont  été  décrites  ci-dessus. 

§  37.  La  couleur  de  la  lumière  cathodique  soit  diffuse,  soit  ras- 
semblée par  l'action  de  l'aimant  sur  une  surface  déterminée,  est  com- 
plètement indépendante  de  la  nature  des  électrodes.  On  prend  trois 
tubes  absolument  identiques,  terminés  par  des  sphères  identiques, 
les  fils  de  platine  pénétrant  jusqu'au  centre  respectif  de  chaque  sphère. 
Les  trois  cathodes,  avant  d'être  scellées  dans  les  tubes,  ont  été  res- 
pectivement couvertes  par  galvanoplastie  de  couches  relativement 
épaisses  d'or,  d'argent  et  de  cuivre.  Les  phénomènes  observés  dans 
les  trois  tubes  sous  l'action  du  champ  magnétique  sont  absolument 
identiques. 

§  38.  Si,  enfin,  l'on  a  fondu  une  petite  sphère  à  l'extrémité  d\in 
61  de  platine  <^M,  et  si,  tout  le  reste  du  fil  étant  isolé  par  une  gaine  de 


^*  >  Od  p«uI.  daas  diflférents  buts,  avoir  besoin  de  fils  de  platine  terminés  par  une 
petite  sphère.  J*ai  employé  j>our  les  obtenir,  depuis  longtemps  déjà,  le  procédé  sui- 


DB    l'iNPLUENCB    D'I'N   AIMANT   SUR    LES    DÉCHARGES   ÉLECTRIQUES.  5yS 

verre  fondu,  on  se  sert  de  la  petite  sphère  seule  comme  cathode  dans 
un  tube  large,  la  lumière  cathodique  tout  entière  répandue  au- 
tour de  celte  petite  sphère-cathode  ne  se  rassemble  plus,  sous  Tin- 
fluence  du  champ  mag;nëtique,  de  façon  à  occuper  une  surface  lu- 
mineuse, mais  se  concentre  suivant  une  ligne  lumineuse  unique, 
c'est-à-dire  suivant  une  ligne  de  force  magnétique  brillant  d^un 
vif  éclat. 

Si  le  fil  de  platine  qui  sert  de  cathode  est  isolé  de  cette  façon  sur 
toute  sa  longueur,  sauf  en  quelques  points  déterminés  séparés  les  uns 
des  autres,  chacun  de  ces  points  se  comporte  comme  un  centre  de 
lumière  cathodique  diffusée  dans  toutes  les  directions,  mais  se  rassem- 
blant, sous  Faction  du  champ  magnétique,  suivant  la  ligne  de  force 
qui  passe  par  le  point  considéré  ;  à  chacun  de  ces  points  correspond 
une  telle  ligne  magnétique  brillante.  Si  le  fil  de  platine  n'est  pas 
isolé,  la  lumière  se  répand  à  partir  de  chacun  des  points  de  ce  fil  et 
l'on  obtient  une  surface  magnétique  illuminée,  qui  est  le  lieu 
géométrique  engendré  par  les  lignes  de  force  magnétique  pas- 
sant par  chacun  des  points  du  fil  de  platine  [^constituant  la  ca- 
thode\ 


Tant,  sûr  et  facile.  Je  prends  quelques  éléments  Grove,  trois  ou  davantage  suivant 
l'épaisseur  du  fîi,  et  je  ferme  le  courant  par  du  mercure,  le  fil  de  pla:ine  lixé  au 
pôle  négatif  de  la  pile  :  la  pointe  du  fil  fond  en  arrivant  au  contact  de  la  surface  du 
mercure.  Si  Ton  déplace  progressivement  le  fil,  on  peut  le  fondre,  en  quelques  se- 
condes, sur  une  longueur  de  quelques  ceniimètres,  le  fil  fondu  se  rassemblant  en  une 
sphère  1res  régulière. 


SUR  LA  DYNAMIQUE  DE  L'ÉLECTRON, 


Pa«  h.  POINCAKE. 


Comptes  rendus  de  l'' Académie  des  Sciences,  t.  CXL,  igoS,  p.  i5o4. 


11  semble  au  premier  abord  que  Taberration  de  la  lumière  et  les 
phénomènes  optiques  qui  s'y  rattachent  vont  nous  fournir  un  moyen 
de  déterminer  le  mouvement  absolu  de  la  Terre,  ou  plutôt  son  mou- 
vement, non  par  rapport  aux  autres  astres,  mais  par  rapport  à  l'éther. 
11  n'en  est  rien;  les  expériences  où  Ton  ne  tient  compte  que  de  la 
première  puissance  de  l'aberration  ont  d'abord  échoué  et  l'on  en  a  aisé- 
ment découvert  l'explication;  mais  Michelson,  ayant  imaginé  une  ex- 
périence où  l'on  pouvait  mettre  en  évidence  les  termes  dépendant  du 
carré  de  l'aberration,  ne  fut  pas  plus  heureux.  Il  semble  que  cette 
impossibilité  de  démontrer  le  mouvement  absolu  soit  une  loi  générale 
de  la  nature. 

Une  explication  a  été  proposée  par  Lorentz,  qui  a  introduit  l'hy- 
pothèse d*une  contraction  de  tous  les  corps  dans  le  sens  du  mouve- 
ment terrestre  ;  cette  contraction  rendrait  compte  de  l'expérience  de 
Michelson  et  de  toutes  celles  qui  ont  été  réalisées  jusqu'ici,  mais  elle 
laisserait  la  place  à  d'autres  expériences  plus  délicates  encore  et  plus 
faciles  à  concevoir  qu'à  exécuter,  qui  seraient  de  nature  à  mettre  en 
évidence  le  mouvement  absolu  de  la  Terre.  Mais,  si  l'on  regarde  l'im- 
possibilité d'une  pareille  constatation  comme  hautement  probable,  il 
est  permis  de  prévoir  que  ses  expériences,  si  l'on  parvient  jamais  aies 
réaliser,  donneront  encore  un  résultat  négatif.  Lorentz  a  cherché  à 
compléter  et  à  modifier  son  hypothèse  de  façon  à  la  mettre  en  con- 
cordance avec  le  postulat  de  l'impossibilité  complète  de  la  détermi- 
nation du  mouvement  absolu.  C'est  ce  qu'il  a  réussi  à  faire  dans  son 
article  intitulé  E lectroniagnetic  phenomena  in  a  system  ntoving 
with  any  velocity  smaller  than  that  of  light  {Proceedings  de 
l'Académie  d'Amsterdam,  27  mai  1904). 

L'importance  de  la  question  m'a  déterminé  à  la  reprendre  ;  les  ré- 


SUR  LA  DYNAMIQUE  DE  L  ELBCTAON.  677 

sultats  que  j'ai  obtenus  sont  d'accord  sur  tous  les  points  importants 
avec  ceux  de  Lorentz;  j'ai  été  seulement  conduit  à  les  modifier  et  à 
les  compléter  dans  quelques  points  de  détail. 

Le  point  essentiel,  établi  par  Lorentz,  c'est  que  les  équations  du 
champ  électromagnétique  ne  sont  pas  altérées  par  une  certaine  trans- 
formation (que  j'appellerai  du  nom  de  Lorentz)  et  qui  est  de  la  forme 
suivante  : 

(1)  x'=  Al(x-hzt),       y=ly,        z' =:  Iz,        t'  =  kl{t-htx), 

X,  y,  z  sont  les  coordonnées  et  t  le  temps  avant  la  transformation, 

y,  y,  z'  et  t'  après  la  transformation.  D'ailleurs  e  est  une  constante 

qui  définit  la  transformation 

I 


k  = 


V/I  — £« 


el/est  une  fonction  quelconque  de  e.  On  voit  que  dans  cette  trans- 
formation l'axe  des  x  joue  un  rôle  particulier,  mais  on  peut  évidem- 
ment construire  une  transformation  où  ce  rôle  serait  joué  par  une 
droite  quelconque  passant  par  l'origine.  L'ensemble  de  toutes  ces 
transformations,  joint  à  l'ensemble  de  toutes  les  rotations  de  l'espace, 
doit  former  un  groupe  ;  mais,  pour  qu'il  en  soit  ainsi,  il  faut  que  /=  i  ; 
on  est  donc  conduit  à  supposer  /=  i  et  c'est  là  une  conséquence  que 
Lorentz  avait  obtenue  par  une  autre  voie. 

Soient  p  la  densité  électrique  de  l'électron,  Ç,  Tj,  !^  sa  vitesse  avant 
la  transformation^  on  aura  pour  les  mêmes  quantités  p',  Ç',  y;',  !^' après 
la  transformation 

Ces  formules  diffèrent  un  peu  de  celles  qui  avaient  été  trouvées  par 
Lorentz. 

Soient  maintenant  X,  Y,  Z  et  X',  Y',  TJ  les  trois  composantes  de 
la  force  avant  et  après  la  transformation,  la  force  est  rapportée  à 
V unité  de  volume;  je  trouve 

(3)  X'=i(X-H62X0,        Y'=~»         Z'=J. 

Ces  formules  diffèrent  également  un  peu  de  celles  de  Lorentz;  le 
terme  complémentaire  en  SXÇ  rappelle  un  résultat  obtenu  autrefois 
par  M.  Liénard. 

S.  P.  37 


578  II.    POINCARÉ. 

Si  nous  désignons  maintenant  par  X,,  Y,,  Z,  et  X',,  Y',,  Zj  le» 
composantes  de  la  force  rapportée  non  plus  à  Tunité  de  volmne,  mais 
à  Tunité  de  masse  de  Télectron,  nous  aurons 

(4)        x'.=  .fjP(X.4-eix,?),      y;  =  £,^J,      zi=?-,^- 

Lorentz  est  amené  également  à  supposer  que  Télectron  en  mouve- 
ment prend  la  forme  d'un  ellipsoïde  aplati;  c'est  également  l'hypo- 
thèse faite  par  Langevin,  seulement,  taudis  que  Lorentz  suppose  que 
deux  des  axes  de  l'ellipsoïde  demeurent  constants,  ce  qui  est  en 
accord  avec  son  hypothèse  /  =  1 ,  Langevin  suppose  que  c'est  le  vo- 
lume qui  reste  constant.  Les  deux  auteurs  ont  montré  que  ces  deux 
hypothèses  s'accordent  avec  les  expériences  de  Kaufmann,  aussi  bien 
que  l'hypothèse  primitive  d'Abraham  (électron  sphérique).  L'hypo- 
thèse de  Langevin  aurait  l'avantage  de  se  suffire  à  elle-même,  puis- 
qu'il suffit  de  regirder  l'électron  comme  déformable  et  incompres- 
sible pour  expliquer  qu'il  prenne  quand  il  est  en  mouvement  la  forme 
ellipsoïdale.  Mais  je  montre,  d'accord  en  cela  avec  Lorentz,  qu'elle 
est  incapable  de  s'accorder  avec  l'impossibilité  d'une  expérience  mon- 
trant le  mouvement  absolu.  Cela  tient,  ainsi  que  je  l'ai  dit,  à  ce  que 
l=z  I  est  la  seule  hypothèse  pour  laquelle  l'ensemble  des  transforma- 
tions de  Lorentz  forme  un  groupe. 

Mais  avec  l'hypothèse  de  Lorentz,  l'accord  entre  les  formules  ne  se 
fait  pas  tout  seul;  on  l'obtient,  et  en  même  temps  une  explication 
possible  de  la  concentration  de  l'électron,  en  supposant  que  /V/ec- 
tron,  déformable  ei  compressible,  est  soumis  à  une  sorte  de  pres- 
sion constante  extérieure  dont  le  travail  est  proportionnel  aux- 
variations  du  volume. 

Je  montre,  par  une  application  du  principe  de  moindre  action^ 
que,  dans  ces  conditions,  la  compensation  est  complète,  si  l'on  sup- 
pose que  l'inertie  est  un  phénomène  exclusivement  électromagné- 
tique, comme  on  l'admet  généralement  depuis  l'expérience  de  Rauf- 
mann,  et  qu'à  part  la  pression  constante  dont  je  Aiens  de  parler  et 
qui  agit  sur  l'électron,  toutes  les  forces  sont  d'origine  électromagné- 
tique. On  a  ainsi  l'explication  de  l'impossibilité  de  montrer  le  mou- 
vement absolu  et  de  la  contraction  de  tous  les  corps  dans  le  sens  du 
mouvement  terrestre. 

Mais  ce  n'est  pas  tout;  Lorentz,  dans  l'Ouvrage  cité,  a  jugé  néces- 
sarire  de  compléter  son  hypothèse  en  supposant  que  toutes  les  forces, 
quelle  qu'en  soit  l'origine,  soient  afl'ectées,  par  une  translation,  de  la 


SUR  LA  DYNAMIQL'E   DE   l'ÉLECTBON.  5;9 

même  manière  que  les  forces  électromagnétiques,  et  que,  par  consé- 
quent, Teflet  produit  sur  leurs  composantes  par  la  transformation 
de  Lorentz  est  encore  défini  par  les  équations  (4). 

11  importait  d'examiner  cette  hypothèse  de  plus  près  et  en  particu- 
lier de  rechercher  quelles  modifications  elle  nous  obligerait  à  appor- 
ter aux  lois  de  la  gravitation.  C'est  ce  que  j'ai  cherché  à  déterminer; 
j'ai  été  d'abord  conduit  à  supposer  que  la  propagation  de  la  gravita- 
lion  n'est  pas  instantanée,  mais  se  fait  avec  la  vitesse  de  la  lumière. 
Cela  semble  en  contradiction  avec  un  résultat  obtenu  par  Laplace 
qui  annonce  que  cette  propagation  est,  sinon  instantanée,  du  moins 
beaucoup  plus  rapide  que  celle  de  la  lumière.  Mais,  en  réalité,  la 
question  que  s'était  posée  Laplace  diffère  considérablement  de  celle 
dont  nous  nous  occupons  ici.  Pour  Laplace,  l'introduction  d'une  vi- 
tesse fmie  de  propagation  était  la  seule  modification  qu'il  apportait  à 
la  loi  (le  Newton.  Ici,  au  contraire,  cette  modification  est  accompa- 
gnée de  plusieurs  autres  ;  il  est  donc  possible,  et  il  arrive  en  effet, 
qu'il  se  produise  entre  elles  une  compensation  partielle. 

Quand  nous  parlerons  donc  de  la  position  ou  de  la  vitesse  du  corps 
attirant,  il  s'agira  de  cette  position  ou  de  cette  vitesse  à  l'instant  où 
ïonde  gravi/ique  est  partie  de  ce  corps  ;  quand  nous  parlerons  de  la 
position  ou  de  la  vitesse  du  corps  attiré,  il  s'agira  de  cette  position  ou 
de  cette  vitesse  à  l'instant  où  ce  corps  attiré  a  été  atteint  par  l'onde 
gravifique  émanée  de  l'autre  corps;  il  est  clair  que  le  premier  instant 
est  antérieur  au  second. 

Si  donc  j:,  y^  z  sont  les  projections  sur  les  trois  axes  du  vecteur 
qui  joint  les  deux  positions,  si  la  vitesse  du  corps  attiré  estç,  r,,  Ç,  et 
celle  du  corps  attirant  ^i,  7^1,  !^i,  les  trois  composantes  de  l'attraction 
(que je  pourrai  encore  appeler  X|,  Y,,  Z,)  seront  des  fonctions  de 
x,/,  i,  ç,  T,,  JJ,  Ç|,  Tj,,  ^,.  Je  me  suis  demandé  s'il  était  possible  de 
déterminer  ces  fonctions  de  telle  façon  qu'elles  soient  affectées  par 
la  tranformalion  de  Lorentz  conformément  aux  équations  (4)  et 
qu'on  retrouve  la  loi  ordinaire  de  la  gravitation,  toutes  les  fois  que 
les  vitesses  ç,  r»,  ÎJ,  Ç|,  r^,  Ç|  sont  assez  petites  pour  qu'on  puisse  en 
négliger  les  carrés  devant  le  carré  de  la  vitesse  de  la  lumière. 

La  réponse  doit  être  affirmative.  On  trouve  que  l'attraction  corrigée 
se  compose  de  deux  forces,  l'une  parallèle  au  vecteur  x,  y^  r,  l'autre 
à  la  vitesse  Çi,  r^,,  ÎJ|. 

La  divergence  avec  la  loi  ordinaire  de  la  gravitation  est,  comme  je 
viens  de  le  dire,  de  l'ordre  de  Ç^;  si  l'on  supposait  seulement,  comme 
la  fait  Laplace,  que  la  vitesse  de  propagation  est  celle  de  la  lumière. 


58o  U.   POINXARK.   —   SUR   LA   DYNAMIQUE   D£   l/ÊLBCTRON. 

celle  divergence  serait  de  Tordre  de  ç,  c'esl-à-dire  loooo  fois  plus 
grande.  Il  n'est  donc  pas,  à  prenuère  \ue,  ahsurde  de  supposer  que 
les  observations  astronomiques  ne  sont  pas  assez  précises  pour  déceler 
une  divergence  aussi  petite  que  celle  que  nous  imaginons.  Mais  c'est 
ce  qu'une  discussion  approfondie  permettra  seule  de  décider. 


CONDUCTIBILITÉ  ÉLECTRIQUE  COMMUNIQUÉE  AU  YIDE 

PAR  LES  CONDUCTEURS  CHAUDS, 

Par   O.-W.  RICHARDSON,  R.  A.,  B.  Se. 
Traduit  de  l'anglais  par  Eiouard  SALLES. 


Philosophical  Transactions,  iqoS,  A.  soi,  p.  497  à  5i3. 


La  partie  expérimentale  de  ce  Mémoire  renferme  Tétude  de  la  con- 
cluclibilité  électrique  de  l'espace  entourant,  à  basse  pression,  des  sur- 
faces chaudes  de  platine,  de  carbone  et  de  sodium.  Un  exposé  préli- 
minaire de  quelques-unes  des  expériences  effectuées  sur  le  platine  a 
éléluàlaséancedu  25  novembre  1901  de  la  Cambridge  Philosophical 
Socielv  ('). 

I^  conductibilité  produite  par  les  métaux  chauds  a  été  l'objet  d'un 
grand  nombre  de  recherches  dues  à  différents  auteurs.  Les  phéno- 
mènes, toutefois,  sont  très  compliqués  :  on  trouve  en  effet  que  la 
quantité  d'ionisation  ainsi  que  son  signe  varient  d'une  remarquable 
façon  a\ec  la  nature,  la  température,  l'histoire  précédente  du  métal, 
la  nature  du  gaz  environnant  ce  dernier,  avec  les  altérations  même 
légères  de  la  surface  métallique.  Les  présentes  recherches  ont  été  effec- 
tuées avec  cette  idée  que,  à  température  élevée,  la  conductibilité  pro- 
duite par  les  métaux  prend  sa  forme  la  plus  simple,  étant  due  à  une 
émission  de  particules  négatives.  Cette  idée  trouve  un  appui  dans  l'ob- 
servation du  professeur  Mac  Clelland  ('-)  que  le  courant  négatif  est  dans 
<le  larges  limites  indépendant  de  la  nature  du  gaz,  il  est  de  même  in- 
dépendant de  sa  pression  entre  o""",o4  et  o""",oo4. 

Le  principal  problème  étudié  expérimentalement  ici  est  la  façon 
dont  varie  avec  la  température  du  métal  le  courant  de  saturation  entre 
la  surface  métallique  chauffée  et  une  électrode  métallique  voisine. 
La  valeur  du  courant  de  saturation  correspond  au  nombre  total  d'ions 

(')  Camb.  Phil,  Proc.,  vol.  XI,  p.  286. 

(')  Camb,  Phil.  Proc,,  vol.  X,  p.  241,  and  vol.  XI,  p.  296. 


58a  O.-W.    RICHARDSON. 

produit  en  une  seconde  par  la  surface.  Il  a  été  trouvé  utile,  inci- 
demment, d'examiner  en  plus  la  relation  existant  entre  le  courant  et 
la  force  électromotrice  pour  la  conductibilité  produite,  dans  le  cas 
des  trois  substances  ci-dessus  mentionnées,  à  différentes  pressions. 

La  théorie  proposée  pour  expliquer  les  phénomènes  repose  sur 
l'hypothèse  que  la  conduction  dans  les  métaux  est  produite  par  des 
corpuscules,  théorie  qui  a  été  développée  parles  professeurs  Drude  (  *  ) 
et  J.-J.  Thomson  (^).  Selon  cette  théorie  un  métal  doit  être  regardé 
comme  ayant  une  structure  spongieuse  formée  de  molécules  et  d'ions 
positifs  fixes  comparativement  grands,  avec  de  petits  ions  négatifs  ou 
corpuscules,  se  mouvant  librement  avec  une  grande  vitesse  à  travers 
la  masse.  Puisque  les  corpuscules  ne  quittent  pas  tous  le  métal  quand 
ils  frappent  sa  surface,  il  est  évident  qu'il  doit  exister  une  discon- 
tinuité superficielle  de  potentiel  s'opposant  à  leur  sortie.  Si  main- 
tenant nous  élevons  la  température  du  métal,  nous  augmentons  la 
vitesse  moyenne  des  corpuscules,  et,  pourvu  que  l'énergie  nécessaire 
à  un  ion  pour  traverser  la  surface  n'augmente  pas  avec  la  tempé- 
rature, il  y  aura  un  plus  grand  nombre  d'ions  que  précédemment  qui, 
frappant  la  surface,  la  traverseront.  De  cette  façon  nous  pouvons  cal- 
culer comment  varie  avec  la  température  le  nombre  de  corpuscules 
projetés  à  travers  l'unité  de  surface  d'un  métal.  La  formule  ainsi 
obtenue  nécessite  deux  nouvelles  constantes,  qui  sont  le  nombre 
d'ions  dans  l'unité  de  volume  du  métal  et  le  travail  effectué  par  Tion 
en  passant  à  travers  la  surface.  On  peut  dire,  par  anticipation,  que 
presque  toutes  les  expériences  sont  en  parfait  accord  avec  la  théorie. 
En  particulier  les  formules  théoriques  indiquent  un  accroissement 
extrêmement  rapide  du  courant  de  saturation  avec  la  température, 
à  laquelle  ce  courant  est  relié  par  une  formule  exponentielle.  Les 
expériences  montrent  qu'il  en  est  bien  ainsi,  et  le  courant  de  satura- 
tion a  été  suivi  pour  les  trois  conducteurs  examinés  entre  les  limites 
suivantes  : 

Pour  le  platine de  io-*o  à  lo-*  ampères  par  centimètre  carré 

»       carbone de  lo-»   à  a  » 

»       sodium de  lo-*»  à -2  X  10"*         »        courant  total 

La  limite  de  température  pour  le  platine  et  le  carbone  a  varié  à  peu 
près  de  looo**  C.  à  lôob"  C.  et  pour  le  sodium  de  loo"  C.  à  45o®  C. 


(*)  Drude*s  Ann.,  Vol.  I,  p.  566. 

(')  Rapports  présentés  au  Congrès  International  de  Physique.  Paris,  igoo. 


CONDUCTIBILITÉ   ÉLECTRIQUE  COMMUNIQUÉE  AU   VIDE.  583 

Les  valeurs  énormes  des  courants  obtenus  constituent  peut-être  le 
point  le  plus  curieux  de  ces  recherches.  La  déperdition  la  plus  forte 
qui  ait  été  mesurée  a  été  celle  de  o,4  ampère  entre  un  filament  de 
carbone  et  une  électrode  voisine,  ce  qui  correspond  à  un  courant  de 
2  ampères  par  centimètre  carré  de  surface  de  carbone,  le  potentiel  du 
fil  étant  de  — ()o  volts.  La  pression  du  gaz  dans  ce  cas  n'était  que  ^^ 
de  millimètre  de  mercure,  de  sorte  que  Tionisation  par  collision  était 
négligeable.  Dans  tous  les  cas  on  avait  soin  que  le  champ  mis  sur  les 
filaments  fût  insuffisant  pour  provoquer  la  décharge  disruplive  ou  la 
maintenir  après  qu'elle  eût  commencé. 

Les  plus  faibles  courants  avec  le  sodium  ont  été  mesurés  à  l'aide 
d'un  électromètre  à  quadrants;  le  plus  fort,  o,o4  ampère,  a  été  enre- 
gistré à  Faide  d'un  ampèremètre  Weston. 

Ces  expériences  montrent  d'une  façon  évidente  qu'un  métal  placé 
dans  le  vide  et  chauffé  à  une  température  suffisamment  élevée  rend 
l'espace  qui  l'environne  un  excellent  conducteur  de  l'électricité;  les 
résultats  sont  tels  que  dans  le  cas  d'une  lampe  à  incandescence,  à  la 
température  la  plus  élevée  qu'elle  puisse  supporter,  la  conductibilité 
de  l'espace  environnant  le  filament  est  comparable  à  celle  de  ce  der- 
nier. 

Pour  un  conducteur  chaud  le  courant  traversant  le  milieu  et  se 
dirigeant  vers  l'électrode  n'ira  bien  entendu  que  dans  une  direction. 
Quand  le  métal  est  chaud  et  chargé  positivement  et  l'électrode  reliée 
au  sol,  le  courant  est  extrêmement  petit  en  comparaison  de  ce  qu'il 
est  quand  le  fil  est  négatif. 

Ce  Mémoire  comporte  les  divisions  suivantes  : 

A.  Recherclies  théoriques  : 

I.  Calcul  du  courant  de  saturation. 

II.  Equilibre  des  corpuscules  au  voisinage  d'une  surface  infinie 
chauffée. 

B.  Recherches  expérimentales  : 

l.  Expériences  avec  le  platine,  le  carbone,  le  sodium. 

C.  Conclusion. 


irrtnsi  3rtsitm    ïffivp«   mk  twmme'na^^  3.  à  zarr^  b«sum  d'être  ici  ja^ 
"  iiï#-f^.   ymt^^vm  -tfc-  «  -t^e  »?:»  :a«ie  -»r  ^  3mfôs=«ar  Drmie  s  *  )  :  on  peal 
offueV^i-^  Sipftrp-  -"3  "nticsre  larioiirs^  :iF;:siiita&  zBoatrant  la  ressem- 
.^klîuire  ^OTHtt»  m  ^"SL^ie  '3[trr'  me  suit*niie  4biis  on  ^az  dans  les  con- 
thuta^    «rmnaiiT^  ^   m   nxiTVHscaîe   Jaa&>  mr  mét^kL  Le   professeur 
Trioa»#iii.    '    &  sfHUrr^.  -^-l  partant;  «iu  «rteaesab^vl  de  résistaoce  du 
htiMniitli    lans-    m  'Tâaaui  "■agnr-tMpig^  *pie  le  libre  poreoors  moven 
i'^ui  *nraii£#raie  laoâ'*'?  raeîai  a  une  ^vakmr  «is  i<»~*  cai  :  tandis  qu'une 
«^•TT^   l>xo«-rTr3cfe^  te  IL  P'UXer<€RL     -     îai&^«emt  qme  pour  le  pla- 
îiœ.  L*  >r.  r-tam.  firzHir.  le  *rariTrf.  le  xÔK.  le  eatlottiuB.  le  mercure 
^  le  rrartioiie  le  iii>rç  paurtiars  mi» ▼«a  a  dtfs-  maievrs  comprises  entre 
.7./^  >^  f  'î''  »^  4^  £  >C  i*^~^  «nn.  Le  iîlire  pam>«r»  Boren  pour  une  mo- 
{•hiniet  'i' .tance  «lanâ-  Tair  «iîuiâ^  très  «n>iB£tBijft§  e:»!  io~'  cm:  de  telle  fa- 
er^n  qiu»  le  Iilir«»  parnoiirs  mtïjf^u.  «rus  corposcnle  dans  le  bismuth  est 
ie  nMème  que  (!eiaî  d'one  cBiiiéciiie  daiK§  Faîr  à  une  pression  de  j^ 
d'afmr>*%pKére.  Caofii^  que  po<ir  ^  autres  mêtaax  cette  quantité  a  la 
tnéme  valeur  que  dan^  V^ir  pxir  une  pression  de  10*"*.  La  durée  du 
libre  p(»rc#>tiT^  frH  éridesuBenl  senleaent  dVnviron  j^  de  celui  d'une 
molécule  à'sÊir  po^^sédanl  le  même  libre  parcours,  en  raison    de  la 
grande  ifiiti^ée  d'a^tatioo  de^  corposcales.  Néanmoins  il  est  parfaite- 
ment lépiimt  d'admettre  que  le  temps  pendant  lequel  les  corpuscules 
MT  menirent  librement  est  grand  comparé  à  celui  pendant  lequel  ils 
^'entrechoquent.  En  fait,  cette  supposition  se  présente  immédiatement 
à  l'esprit,  »i  nous  attachons  une  signiGcation  bien  définie  aux  idées 
de  libre  parcours  et  de  collision. 

Si,  en  plus  de  ce  que  nous  négligeons  le  nombre  de  corpuscules  se 
choquant  en  un  moment  quelconque,  vis-à-vis  de  ceux  qui  ne  le 
font  pas,  nous  supposons  que  les  atomes  du  métal  et  les  ions  posi- 
tifs sont  sujets  à  des  forces  de  restitution  fonctions  seulement  de  leur 


(  *)  Drude*»  AnnaUn,  Vol.  I,  p.  671,  etc. 

(*)  lUpportt  présentés  au  Congrès  latcrnalional  de  Physique,  Paris  1900,  Yol.III, 

(*)  PhiL  Mag.,  i.  VI,  Vol.  III,  p.  g:»:». 


CONDUCTIBILITÉ   ÉLECTRIQUE   COMMUNIQUÉE  AU    VIDE.  585 

déplacement,  nous  obtenons  immédialement,  en  appliquant  l'analyse 
ordinaire  de  la  théorie  cinétique,  la  distribution  de  la  vitesse  au  sein 
des  corpuscules,  distribution  qui  a  été  trouvée  la  même  que  pour  un 
nombre  égal  de  molécules  gazeuses  de  même  constitution.  Ainsi  le 
nombre  de  corpuscules  (N^N^N^v)  qui  ont  des  composantes  de  vitesses, 
entre  u  et  u-\-du^  v  el  v  -\-  dv^  \v  et  w  -\-  div  dans  trois  directions  res- 
pectivement perpendiculaires,  est  donné  par 


1 


et 


n..n(^ 


1 

^'^y^-A/iK.^-YJ'é/iv; 


N  étant  le  nombre  total  de  corpuscules  considérés,  m  la  masse  de 
chacun  d'eux,  a,  ^,  y  les  composantes  de  la  vitesse  d'ensemble  des 
corpuscules  dans  les  directions  w,  ^',  kv  respectivement,  le  facteur  \k 
représentant  l'énergie  moyenne  de  translation  d'un  corpuscule,  qui 
est  égale  à  celle  d'une  molécule  gazeuse  à  la  température  considérée. 
Les  \itesses  a,  ^  et  y  sont  reliées  aux  composantes  y,  r,  s  de  la  densité 
du  courant  par  la  relation 

n  étant  le  nombre  de  corpuscules  par  centimètre  cube,  s  la  charge  de 
chacun  d'eux. 

2.  Si  nous  supposons  les  vitesses  d'ensemble  nulles  ou  négligeables 
vis-à-vis  de  celles  d'agitation,  le  nombre  de  molécules  contenues  dans 
I  unité  de  volume,  ayant  des  composantes  de  vitesse  comprises  entre 
M  et  II  H-  rff/,  r  et  i>  H-  dv^  w  et  (v  +  dw^  devient 


.3. 

n  (—  j    e-*'"(«"-»-^'  ^^^i  du  dv  dw. 


tandis  que  le  nombre  d'entre  elles,  possédant  ces  composantes,  qui 
frappent  l'unité  de  surface  normale  à  //  par  seconde  est 


"(^) 


3 
S 

,^^-Am(iit-K.«+tv«;  du  dv  dw. 


586  O.-W.    niCHARDSON. 

Si  nous  supposons  la  surface  du  ronducleur  chaud  normale  à  Taxe 
des  //,  le  nombre  de  corpuscules  frappant  Tunilé  de  surface  par  seconde 
sera 

f     f        f       ^(— )    ite-^"'^'*'-^^'^'''^^  dudvdti\ 

Supposons  maintenant  à  la  surface  du  métal  une  discontinuité 
dans  le  potentiel  électrostatique,  suffisamment  grande  pour  empêcher 
qu'à  basses  températures  les  corpuscules  ne  s'échappent;  si  le  travail 
effectué  par  l'ion,  en  passant  à  travers  la  couche  superficielle,  est  4>, 

la  discontinuité  de  potentiel  sera  —•  La  surface  étant  normale  à  Taxe 

des  x^  nous  aurons  par  symétrie 

z  djr       z   dz         * 


<?4>                                     /           ï 
(4)  mu  = -—         d'où         i/o  =  |/i/* *> 

où  Uq  est  la  composante  normale  de  la  vitesse  du  corpuscule  après 
sa  sortie  du  métal.  Il  est  évident  d'après  ceci  que  tous  les  corpus- 
cules qui  frappent  la  surface  du  métal  ne  s'échappent  pas,  il  n'y  a  que 

ceux  qui  ont  une  composante  normale  de  vitesse  ~i/ — ^j  par  suite, 

pour  avoir  le  nombre  total  de  corpuscules  passant  à  travers  la  couche 
superficielle,  il  faut  intégrer  l'expression  (3)  par  rapport  à  duj  non  pas 

de  o  à  00,  mais  bien  de  i/—  ^  à  oo;  nous  aurons  donc,  en  appelant  N  ce 
nombre  total  de  corpuscules  qui  s'échappent  par  seconde 

▼  m 

4» 

(ù)  N  =  -  ( A'/mr)"ïc-«^*  =  nl/-^  e'  »^ 

puinque  k  est  relié  à  6  la  température  absolue  par  la  relation 
A'  =  (aR6)~*,  R  étant  la  constante  des  gaz  pour  un  seul  corpuscule. 
L(!  courant  de  saturation  étant  égal  à  la  quantité  d'électricité  trans- 
porti^e  par  les  ions  projetés  à  travers  la  surface  en  une  seconde,  sera 
donné  par  la  relation 

nrr  -— 


CONDUCTIBILITÉ  ÉLECTRIQUE   COMMUNIQUÉE   AU   VIDE.  58; 

OÙ  S  esl  Taire  de  la  surface  métallique,  £  comme  précédemment  la 
charge  d'un  ion. 

3.  Quand  les  ions  sont  captés  par  un  champ  électrique,  aussitôt 
qu'ils  sont  mis  en  liberté  à  la  surface  du  métal,  comme  dans  le  cas  des 
expériences  qui  seront  décrites  plus  loin,  le  métal  doit  constamment 
perdre  de  l'énergie  par  suite  de  l'émission  de  corpuscules.  Cette 
énergie  se  compose  de  deux  parties  :  la  première  représentée  par 
le  travail  effectué  par  les  corpuscules  en  traversant  la  couche  superfi- 
cielle, la  seconde  égale  à  l'énergie  de  translation  qu'ils  possèdent 
quand  ils  viennent  de  quitter  le  métal  ;  la  somme  de  ces  deux  quantités 
estfacile  à  calculer,  puisqu'elle  est  égale  à  l'énergie  de  translation  que 
les  corpuscules  qui  ont  passé  à  travers  la  couche  superficielle,  possé- 
daient lorsqu'ils  étaient  à  l'intérieur  du  métal.  Nous  n'avons  par  suite 
simplement  qu'à  multiplier  le  nombre  de  corpuscules  qui  frappent  la 
surface  par  l'énergie  possédée  par  chacun,  et  à  intégrer  entre  des 
limites  embrassant  toutes  les  valeurs  qui  passent  à  travers  la  couche 
superficielle.  La  perte  totale  d'énergie  est,  par  suite, 

(8)  T  =  -  f—\  ^  Ç         Ç        C      m  (u«+t^«-^tv«)  we-^'«('»'-^*''+«''>  du  dv  dw. 

Maintenant  le  travail  produit  en  une  seconde  par  les  corpuscules 
traversant  la  couche  superficielle  est  évidemment  N4>,  de  sorte  que  la 
partie  d'énergie  perdue  par  le  métal  chaud  par  seconde  apparaissant 
>ous  forme  d'énergie  de  translation  des  corpuscules  est  donnée  par 


Le  calcul  de  la  façon  dont  l'émission  d'énergie  a  lieu,  s'applique  au 
cas  seulement  où  les  ions  sont  captés  par  un  champ  extérieur  aussitôt 
après  leur  sortie  ;  s'il  n'y  a  pas  de  champ  extérieur  et  que  les  ions  sont 
laissés  libres,  nous  arrivons  rapidement  à  un  état  d'équilibre  où 
il  entre  en  un  temps  donné  à  travers  la  surface  du  métal  autant  de  cor- 
puscules possédant  une  quantité  donnée  d'énergie  qu'il  en  sort;  de  fa- 
çon que  dans  ce  cas  il  n'y  a  aucune  perte  d'énergie  due  à  cette  cause. 


588  O.-W.    niCHARDSON. 

Le  professeur  J.-J.  Thomson  adonné  une  dëmonslralion  de  la  for- 
mule (6),  qui  est  intéressante  en  ce  sens  qu'elle  ne  nécessite  pas  les 
méthodes  de  la  théorie  cinétique  des  g;iz.  Supposons  un  espace  clos 
limité  par  une  surface  métallique  chaude,  le  métal  émettra  des  cor- 
puscules jusqu'à  ce  qu'un  état  d'équilibre  soit  atteint;  alors  autant  de 
corpuscules  allant  du  métal  au  vide  et  du  vide  au  métal  passeront  à 
travers  la  surface  limitant  l'espace,  mais  la  pression  ne  sera  pas  la 
même  des  deux  côtés  de  la  surface,  en  raison  des  forces  tendant  à  re- 
tenir les  corpuscules  dans  le  métal.  Il  y  aura  ainsi  une  discontinuité 
dans  la  pression  à  la  surface  de  séparation,  et  4>  étant  le  travail  effec- 
tué par  un  ion  mesuré  à  travers  la  surface  nous  avons 


r 


p  dv  =  ^, 


où  I  a  trait  au  métal,  2  à  l'espace  voisin,  p  est  la  pression  et  ç»  le  vo- 
lume occupé  par  un  corpuscule  en  un  point  quelconque.  Substituant 

R  0 
à  p  sa  valeur  —  tirée  de  l'équation  des  gaz,  nous  avons 


logr,—  logi',  =  j^ 


d'où  nous  avons,   si  /?2  est  le  nombre  de  corpuscules  par  unité  de 
volume  à  l'extérieur  du  métal,  et  /?|  le  nombre  par  unité  de  volume  à 

rinlérieur  du  métal, 

_* 
ni=  /lie    *®. 

Maintenant  le  nombre  de  corpuscules  projeté  de  la  surface  par 
seconde  n'est  pas  égal  à  celui  contenu  dans  l'espace  clos  par  unité  de 
volume,  mais  égal  à  ce  nombre  multiplié  par  la  vitesse  moyenne  nor- 
male à  la  surface.  De  sorte  que,  dans  Téliit  d'équilibre,  N  =  /î,w, 
où 


d'où 

formule  identique  à  celle  obtenue  précédemment  en  ne  supposant  pas 
Texistence  d'un  état  d'équilibre. 

En  suivant  l'analogie  entre  l'émission  de  corpuscules  et  l'évapora- 
lion,  les  formules  précédentes,  reliant  la  pression  corpusculaire  à  la 


CONDUCTIBILITE   ÉLECTRIQUE   COMMUNIQUÉE  AU   VIDE.  SSg 

température,  peuvent  être  obtenues  à  Taide  de  la  Thermodynamique 
d'une  façon  nécessltanl  encore  moins  d'hypothèses. 


II.  —  Equilibre  de  corpuscules  au  voisinage  d'une  surface 

MÉTALLIQUE   PLANE   INFINIE. 

4.  Ce  problème,  ainsi  que  le  problème  correspondant  sphérique, 
est  d'une  importance  considérable,  non  seulement  au  sujet  d'expé- 
rieDces  dans  les  tubes  évacués,  mais  aussi  au  sujet  de  la  façon  dont 
les  corps  célestes  chauds  se  comportent  dans  l'espace.  Par  exemple, 
l'aurore  boréale  et  les  phénomènes  qui  y  sont  reliés  indiquent  que 
de  grandes  quantités  d'ions  venant  de  quelque  source  extérieure  at- 
teignent la  Terre,  tandis  que  certaines  variations  du  champ  magné- 
tique terrestre  ainsi  que  d'autres  phénomènes  météorologiques  sem- 
blent être  reliés  d'une  façon  intime  aux  phénomènes  qui  ont  lieu  à  la 
surface  du  Soleil.  Ce  Mémoire  n'essaie  pas  de  résoudre  ces  questions, 
mais  les  faits  que  je  viens  de  signaler  indiquent  que  l'ionisation  pro- 
duite par  les  corps  chauds  n'est  pas  sans  importance  pour  la  météoro- 
logie. 

Le  problème  considéré  peut  être  énoncé  de  la  façon  suivante  : 

Etant  donnée  une  quantité  infinie  de  métal  limitée  d^ un  côté 
par  une  surface  plane  infinie  maintenue  à  un  potentiel  donné, 
troui-er  la  charge  par  unité  de  surface  du  métal  et  le  potentiel  en 
un  point  de  l^ espace  à  V extérieur  du  métal  quand  l'état  d'équi- 
libre est  atteint. 

Prenons  la  surface  de  séparation  perpendiculaire  à  l'axe  des  x^ 
I  indice  i  a  trait  aux  points  à  l'intérieur  du  métal,  et  l'indice  2  aux 
points  de  l'espace  vide  voisin.  Comme  nous  l'avons  déjà  vu,  il  y  a  une 
discontinuité  dans  la  pression  des  corpuscules  à  la  surface  du  métal, 
et  par  suite  de  la  conservation  de  l'énergie 


<n) 


j  p  dv  =  w^ 


iv  étant  le  travail  dépensé  pour  faire  passer  l'unité  de  masse  des  cor- 
puscules à  travers  la  couche  superficielle,  p  la  pression  et  v  le  volume 
de  l'unité  de  masse  des  corpuscules  en  un  point  quelconque.  De 
même  pour  obtenir  les  équations  satisfaites  par  les  corpuscules  en 
dehors  du  métal,  quand  l'état  d'équilibre  a  été  atteint  nous  nous  ser- 
^irons  de  ce  que,  suivant  une   trajectoire   quelconque   allant  d'un 


Sqo  o.-w.  richardson. 

point  a  à  un  point  6,  le  travail  dû  à  Texpansion  est  é<;;al  au  travail  des 
forces  électriques,  ce  qui  donne,  puisque  tout  est  indépendant  de  j^et 
de  <5,  que  V  est  le  potentiel  électrostatique,  eo  la  cliarge  d'un  corpus- 
cule, n  le  nouibre  de  corpuscules  par  unité  de  volume, 


f   J^d,+  r   n.eo^dT  =  o, 


comme   Ni^  =  Nû,    nombre   (Je   corpuscules  dans  Tunité  de    masse, 
Féquation  devient 

Le  potentiel  électrostatique  doit  satisfaire  à  l'équation  de  Poisson, 

qui  prend  la  forme 

d*y  ,    ^       4îcNoeo 

eo  étant  la  valeur  numérique  de  la  charge  négative. 
L'équation  qui  doit  être  satisfaite  est  donc 

■^  " T~Z h  J  Tt =  O 

ou 

Une  première  intégration  donne,  B  étant  une  constante  d'intégra- 
tion, 


dx  \  V  ) 


1 


quand  v  est  infini  — t-^  =  o»  B  =  o  de  façon  qi 


—  ^, —  .„v-"  »*ue 

dx 

È —  -* 

^•le  dx  =  u   *  dv^ 


ou 

V 


4 


A  étant  une  seconde  constante  d'intégration. 
Nous  avons  les  conditions 

V  =  x  quand        ar  =  x, 

tv 

V  =  v^e^^  »  X  =  o 


w 


satisfaites  pour  A'=  ^^^e^^. 


CONDUCTIBILITE   ÉLECTRIQUE  COMMUNIQUÉE   AU    VIDE.  Sgi 

Prenant  la  racine  positive   pour   Ti,  les   valeurs   négatives   étant 

N 
madinissihles,  et  posant  v^  =  —,  nous  obtenons 

Celle  équation  donne  la  concentration  (i^~')  de  corpuscules  à  une 
(lislaiire  x  du  plan  quand  la  température  est  maintenue  à  6"  absolus. 

Relouruant  à  Téquation  (la)  nous  voyons  que  Tintégratiou  et  la 
subslilution  de  i»  par  sa  valeur  donne  pour  le  potentiel  électrosta- 

lique 


V  =  —  2 


Si  V=:  Vo  pour  X  =  o  la  constante  d'intégration  v  est  déterminée 

par 


T  =  Vo-i- 


"a:-4(S)  •■"]• 


'le  lelle  façon  que  V  est  finalement  obtenue  de 


iij) 


v-v.-.^w[-(^^)-...-JS.] 


L'intensité  électrique  en  un  point  x  est  donnée  par 


rfV 


("^) 


cbr 


1 


1  _tv 


el  la  charge  sur  l'unité  de  surface  du  plan  radiant  par 


4     1  «V 


i^  densité  de  volume  s  ^n  un  point  x  étant 


»v 


471  dar« 


['-(^^^-"^N'* 


JJ  ûfx  =  c   puisque  ^  =  o    pour   a;  r=  x. 


Vah-*.  imnir  aiMi-  ir-  'i-a.-  jt  T-tz.ï-^r.  la  charge  superficielle  est  égale 
-'-  le  -«linf*  T'air-ure  *  r-^il^*  ir*  li  cLii^e  totale  comprise  dans  l'espace 
•:!::irr:r-'ir  iii  urt.*!. 

♦  ..jininr  kuu  lir  tiio  a  aiiin»^r:i;  i-  aju>  pouvons  calculer  le  potentiel 
-fa  la  Diiint  li-îaiic  ir*  .  .  "  i\iji-?  surface  plane  de  platine  mise  au 
^•ji  -t  iiainieau»?  i  me  vmzrrntan?  Je  i5oo"  absolus  par  exemple. 
Pr»*!iiiaL-   •.■•)minif  a»?aiijr^    î»?  molécules  dans   i*^™  à  o"  et  à   -Go™", 

1    «  :  j  *.  •-■'juiuie  ':a*in£e  ■irm  ion.  f>.5  x  io~*®  et  comme  valeur  de  -^j 

R 
4  .  'J.3  ^  i  ■->  •.  aumbn;  .^lî  i  «it^*  Jetermioê  expérimentalement,  le  poten- 
ti»fi  -jf^ri  1    i '•  *  'in    1.3   \.^tt,   Làndîs  qu'à  un  point  distant    de    i*^" 
il  s^nit  i»?  1 .  1  ^ok. 

Les?  exp«îrî«?ao»?s  •Lini-  La  suite  n'ont  pas  été  exécutées  afin  de  vérifier 
cette  partir?  Jh  I.i  théorie,  mais  elles  montrent,  comme  nous  devions 
le  penser,  que  pratiquement  tout  le  courant  est  arrêté  par  une  chute 
de  potentiel  «le  IV-nlre  Je  i  \oU  quand  elle  tend  à  repousser  les  cor- 
puscules \ers  le  métal. 

L'examen  de  la  formule  «  i5  >  indique  que,  même  aux  températures 
les  plus  élevées  que  l'on  puisse  atteindre,  les  différences  de  potentiel 
à  de  faibles  distances  de  la  surface  chaude  ne  seront  jamais  très 
grandes.  Par  exemple,  à  la  température  du  Soleil  (Gooo**  C.)  la  diffé- 
rence de  jH>lentiel  entre  la  surface  et  un  point  distant  de  i*^™  sera 
seulement  d'en\iron  i6  fois  sa  valeur  à  i3oo**  C.  D'autre  part,  comme 
l'indique  ta  formule  ^17)?  la  densité  superficielle  augmente  beaucoup 
avec  la  température  :  dans  le  cas  du  carbone  à  ()ooo"  C,  10'-*  étant 
pris  comme  valeur  maximum  probable  de  n  et  7,8x10*   comme 

valeur  de  -Tr»  nous  trouvons  pour  t  la  valeur  énorme  de  3oo  unités 

éleotn>slatiques,  tandis  qu'à  i3oo",  c  serait  plus  petit  que  ce  nombre 
dans  le  rap|>ort  de  i  à  3  x  lo'. 

(les  nombres  doivent  être  seulement  pris  comme  exemples,  car  il 
0*1  ONidenl  qu'à  6ooo'  C.  aucun  conducteur  ne  pourrait  exister  dans 
le  \  ide. 

Il  est  à  remarquer  que  la  théorie  précédente  de  l'équilibre  des 
corpuscules  au  voisinage  d'une  surface  d'où  ils  ont  été  émis  est  tout  à 
fuit  indépendante  de  toute  hypothèse  quant  à  la  nature  du  mécanisme 
qui  les  a  mis  en  liberté.  Les  résultats  sont  ainsi  intéressants  même 
\\a\\s  le  cas  où,  par  la  suite,  serait  reconnue  inexacte  l'hypothèse  que 
lem  ions  négatifs  provenant  des  corps  chauds  sont  les  mêmes  que  ceux 
qui  lnuispi)rlent  le  courant  à  l'intérieur  du  métal. 


CONDUCTIBILITE    ELECTRIQUE  COMMUNIQUEE    AU    VIDE. 


593 


B.  —  Recherches  expérimentales. 
I.  —  Expériences  avec  le  platine. 


l.  Appareil  employé,  —  La  figure  1  représente  Tappareil  employé,  AiB| 
est  le  fil  de  platine,  C  est  un  cylindre  d'aluminium  faisant  fonction  d'élec- 
trode et  entourant  le  fil;  c  était  mis  au  sol  par  l'intermédiaire  d'un  galvano- 
mètre servant  ainsi  à  mesurer  le  courant.  De  la  résistance  du  fil  on  déduisait 
sa  température,  le  dispositif  employé  pour  cette  détermination  ijig.  2)  est  re- 
présenté au-dessous  de  AFKj. 


Fig.  I. 


hig.  2. 


Terre 


15jH 


KgKK» 


B,  batterie  pouvant  donner  jusqu'à  400  volts; 

Kl,  Kj,  Kj»  K4  clefs  ; 

A  résistance  liquide; 

ï^siRjïRi  boîtes  de  résistance; 

Bj  batterie  pour  produire  réchauffement  du  fil  ; 

Ri  résistance  servant  à  régulariser  le  courant  passant  dans  F; 

Gi  galvanomètre  mesurant  le  courant: 

G]  galvanomètre  pour  mesurer  la  résistance  du  fil; 

Rj,  Rc  shunts  de  Gp 


i.  Variation  du  courant,  3.  Expériences  avec  un  courant  alternatif, 
—  Des  expériences  ont  montré  que,  pour  obtenir  des  lectures  convenables,  il 
était  nécessaire,  l'état  du  fil  se  modifiant,  de  supprimer,  entre  chaque  observa- 
tion, le  courant  destiné  à  chauffer  le  fil  et  de  laisser  le  tube  revenir  à  lui-même. 
U  valeur  initiale  du  courant  était  presque  constante,  elle  décroissait  ensuite 
lentement  pour  varier  ensuite  de  façon  irrégulière. 

S.  P.  38 


594 


O.-W.    RICHARDSON. 


En  employant  des  courants  alternatifs  pour  échauiïer  le  fil,  les  ions  produits 
à  basse  température  sont  tous  positifs;  mais,  à  mesure  que  la  température  s'é- 
lève, le  nombre  d'ions  négatifs  augmente,  et  à  un  moment  donné  Taiguille  de 
Télectrométre  n'indiqi^e  plus  de  courant,  le  nombre  d'ions  négatifs  atteignant 
l'électrode  est  égal  au  nombre  d'ions  positifs  qui  y  arrivent.  Cette  température 
est  d'environ  900°  pour  le  platine.  Au-dessus  de  cette  température  l'ionisa- 
tion négative  prédomine. 

4.  Relation  entre  le  courant  et  la  force  électromotrice.  —  Dans  ces 
expériences  le  courant  de  saturation  était  d'environ  3  x  10-®  ampères,  loooo 
fois  environ  supérieur  à  celui  employé  par  le  profeseur  Me.  Clelland(ï). 
La  courbe  {Jiff»  3)  donne    l'allure  du  pliénomène,  le  courant  obtenu    avec 

Fig.  3. 


1.7 

1.6 

"" 

- 

1 

1  ;• 

— , 

1 

■     K 

. 

t^ 

_ 

— 

■  «0 
•S  1.2 

~" 

1 — ' 

^"^^ 

/ 

!  ' 

/ 

i 

/ 

1 
.  ..J 

_— 

f 

1 

r       \ 

So  fi 
-0.» 

7 

No.e 

m 
-0.7 

■^0,6 
go.5 

Jo.* 

0.3 

0.2 

O.I 

0 

L 

1 

i— 

. 

t 



>       '       ^ 

1 

1 

i 

\ 

1 
1 

t     ■ 

1 
1 

V    :    -T  -  - 

1 
1 — 1 — 1 — 1 ' 

0    2D  40  6O8O1OOI20IM1MI8Ot0OaOMO2iQ28O9OO32OMOS€O36OU>042O 

Wts  a  l'toctrémité  positive  du  fil 


—  4i  volts  étant  pris  comme  unité,  la  saturation  a  lieu  pour  180  volts;  la  simi- 
litude de  cette  courbe  avec  celle  de  Me.  Clelland  semble  indiquer  que  la  courbe 
est  indépendante  de  l'ionisation  produite  par  le  fil.  I^es  recherches  exposées 
dans  la  suite  du  Mémoire  montrent  que,  dans  le  cas  de  l'ionisation  produite 
par  le  carbone,  un  voltage  qui  est  suffisant  pour  saturer  le  courant  à  une  pres- 
sion donnée  doit  saturer  à  une  pression  quelconque  plus  faible;  pour  le  pla- 
tine, à  une  pression  de  o""",  008,  le  courant  était  saturé  avec  moins  de  81  volts. 

5.  Relation  entre  le  courant  et  la  température  du  fil.  —  Le  fil  était 
maintenu  à  un  potentiel  de  r^o  volts.  Les  courbes  (y?^.  4)  indiquent  que  l'io- 
nisation négative  augmente  très  rapidement  avec  la  température,  que  le  cou- 
rant ne  disparait  jamais  entièrement,  mais  seulement  d'une  façon  asymptotique  ; 


(  '  )  Camb.  PhiL  Proc,  Vol.  XI,  p.  296. 


CONOUCTIBILITÉ  ÉLBCTRIQtlE  COHMUMQUÉB  Ad   VIDB. 


59S 


«IIfï  semblent  tendre  aussi  vers  une  valeur  inOnie  du  courant  de  saturation; 
nais  la  théorie  indique  qu'à  des  températures  plu»  élevées  le  courant  augmen- 
terait beaucoup  plus  lentement  arec  la  température,  ce  qui  n'a  pas  été  constaté 
dans  ces  recherches. 

Fis.  4. 


1                   '  '                                                  ■   ' 

1S0I Lj — 1_ — i_ 

"•p            ^       -i-_  1 

1  ^ h  ii.i  '  ^ — y — i-^ 

5       ^  ;       ;          !  J          -          rt\ 

|-:^^îr=::î::S::S:::::: 

i°°  ^'i     :L_        /           l'          M     

^'°  '  '  i     '      /        4/       y'          '/'/ 

"r^^-f---4~-?----imi 

rjr^lu&l\'\]\imm\M 

Tffitipinture  en  dégréa  centigrades 


-"(^y. 


6  =  =,  la  formule  (71  peut 


firrmule  donne  le  nombre  de  cor| 
mêlai  par  «eronde.  L'application  il 
pales  particularités  du  plié 


mscules  projetés  par  unité  de  surlace  du 
peuvent  se  représenler  par  une  formule  du 
tjpe  AO*  e  ^  '  La  valeur  de  A  permet  de  connaître  n  le  nombre  d'ions  néga- 
tifs libres  dans  un  centimètre  cube  de  platine  à  [54'^"  absolus  qui  est  égalé 


i,î> 


10" 


nombre  voisin  de  celui  trouvé  par  l'alterson  (i),  calculé  par  la  méthode  de 
Thumson  (').  De  la  connaissance  de  6  on  peut  tirer  la  discontinuité  de  po- 
tentiel à  la  surface  du  métal,  en  supposant  que  le  travail  elTectué  par  les  cor- 
puscules passant  à  travers  la  surface  est  d'origine  électrique  ;  elle  a  été  ti 
égale  à  i, Ï65  x  lO"*  unités  électrostatiques,  c'est-à-dire  j,  1  volts. 


(')  Pattebsos.  Phi/.  Mag.,  Vol.  111.  p.  fi},!, 

(  '  )  Thom^os,  Bapportt préteittés  au  Congrès  de  Phyiique  i 


r.  —  £ 


"S*-  fcV^a:  _i   '.«oBit^i. 


-r   iitrfBr^i    f»*    'ir3«inrr  -rtjt  :ei'xi  «inn^  lampe 
!'r.    ■**  i^rif**  7  -*  -i  .iiiti>rit*iic  i<*  appareils  dont 


-«-•». 


P, 


B 


F 


(   !.- 


Fauteur  s'est  servi;  ce  qui  caractérise  le  second  de  ces  appareils  c'est  qu'une 
pince  therni«>-électrique.  platine-platine  iridié,  fixée  en  T|Ti,en  contact  avec 
le  lilaoïent  F,  permettait  une  mesure  commode  de  ia  température. 

2.  Relation  entre  la  force  électromotrice  et  le  courant,  —  Si  le  fila- 
ment est  chargé  positivement  le  galvanomètre  n'indique  aucun  couraut.  1^ 
relation  entre  le  courant  et  la  force  électromotrice  dépend  en  grande  partie  de 
la  pression  du  gaz  dans  l'appareil  et  de  la  température  du  filament.  A  très 
basse  pression,  par  exemple,  au-dessous  de  o™"',2,  le  courant  augmente  très 
rapidement  avec  la  force  électromotricc,  jusqu'à  ce  qu'il  atteigne  une  certaine 
valeur  à  partir  de  laquelle  il  est  indépendant  de  la  force  éleciromotrice;  la  sa- 
turation a  lieu  vers  -280  volts.  Le  courant  de  saturation  augmente  néanmoins 
un  peu  avec  la  force  électromotrice,  augmentation  due,  évidemment,  à  l'ionisa- 
tion par  collision.  On  constate,  si  l'on  diminue  ensuite  la  force  électromotrice, 
que  la  courbe  ainsi  obtenue  ne  coïncide  pas  avec  la  première,  ce  qui  est  dû 
aux  modifications  qui  ont  lieu  dans  l'appareil. 


ll'CTiBILITK   ELECTRIQL'E  COHHVNIQL'EE  AU   VIDE. 


597 


3.  Relation  entre  te  courant  de  laturalion  et  la  rétUtanee  du  fila- 
Dttnt.  —  Od  déterminait  le  rapport  entre  la  résiMance  du  lit  et  la  réstsiunct 
qu'il  aurait  eue  à  la  température  de  1 1"  au  0 

on  pouiïit  déduire  la  température  en  ulilis 

Chiltlier  pour  la  variatioD  de  résistance  d'u 

iKC(«saire  que  pour  l'appareil  de  la  figure  : 

reciemcnt  la  température.  De  même  que  dan 

Fig.  7. 


>nt  considéré,  et  de  ce  rapport 
les  nombres  donnés  par  M.  Le 
■  nient  de  charbon.  Ceci  n'était 
:lui  de  la  figure  6  ilunnant  di- 
:as  du  platine,  le  nombre  d'iona 


— 1 

:::i:::iiii-::::?::::4 

°             1       1        1 

Il               il 

J    r 

======  N-==^?===-l 

ï===^====  ===^-======1 

olIi    H        /      /           ^   i 

iiz::::;;^::^^:iii:^^i:± 

nègalirs  produit  par  la  surface  augmente  très  rapidement  â  mesure  que  la  tem- 
pérature ïéléve.  La  figure  7  représente  les  courbes  ainsi  obtenues. 

4.  Relalioa  entre  la  déperdition  négative  et  le  courant  employé  pour 
chauffer  le  filament.  —  Les  premiers  e!'sais  etfeulués  à  l'aide  du  premier  ap- 
pareil ont  montré  que  le  courant  maximum  transporté  par  l'émission  négative 
du  filament  atteignait  la  valeur  énorme  de  t,5  ampère  par  centimètre  carré 
detur/ace  de  carbone.  Les  courbes(/îf.  S)ont  été  construites  avec  les  nom- 
bres trouvés.  En  se  servant  du  second  appareil,  il  était  possible  de  maintenir 
la  pression  constante  pendant  la  durée  de  l'expérience,  à  une  pression  de  moins 
de  ^  de  millimètre;  on  a  pu  ainsi  obtenir  un  courant  de  0,4  ampère,  ce 
qui  correspond  à  un  courant  de  2  unpères  par  centimètre  carré  de  Bur- 
bee  da  filament. 


59» 


O.-W.    BICHARDSON. 


5.   Relation  entre  le  courant  de  saturation  et  la  température.  —  Le 
Tableau  résume  les  expériences,  les  nombres  de  la  colonne  Pt  indiquent  les 

Kig.  8. 


220 

— r 

1  i  1 
If   i       -i 

- 

il    j 

ZOO 

, 

11 

iJ  1 

1 

1    i 

■1 

180 

f  ^ 

7 

I        T 

f 

saturation 

1 

A 

1  1 

. 

1 

J 

1 

^|l■ 

7~ 

1 

i 

tu 

1 

'  ft  1 

1 

— 1 

"^    lOOr 

( 

r 

« 

1 

1 

o 

/ 

VJ 

S     80 

— 1 

« 

«  f 

a 

»    , 

"/ 

/ 

5  «, 

1 — 1 — 

1 

/ 

1 

■ 

/ 

J 

40 

'1 

> 

[ 

j 

f 

— 

~t 

y 

/ 

i 

^ 

y 

1/ 

20 

7 

ir^ 

^ 

/^ 

ir 

^ 

r— 

^ 

^ 

^ 

1 
1 

0.8      1.0        U         I>       ».«        »J*        2,0      2»2       2A      2.6 

Valeur  en  ampères  du  courant  chauffant  le  ni 

températures  données  parla  pince  thermo-électrique;  ceux  de  la  colonne  /  ces 
valeurs  réduito  à  celles  du  thermomètre  à  air;  le  fil  était  maintenu  à  —  44  volts. 


Division 

de  réoheile 

de  la  pince 

thermo-élecirique. 

Pi. 

io8,5 

1  12*2 

iio,8 

1145 

112,8 

1 1 65 

ii4,8 

1186 

117 

1209 

I2ÇI 

1229 

I20,6 

1245 

1  2 1  ,  5 

1254 

'19, i 

1231 

117,3 

1212 

1 16,3 

1202 

ii3 

1168 

110,7 

1144 

109 

Iio; 

107 

II07 

104,1 

1077 

Courant 

Pression 

I  =  1  o"* 

en 

t. 

ampère. 

millimètres 

I  1  10 

3,7 

0,001 

1129 

8,2 

» 

II45 

a5 

» 

1162 

39 

0,001 

1180 

78 

» 

1197 

167 

o,ooi5 

1209 

29D 

» 

1216 

669. 

» 

ÏI99 

■ï66 

o,ooi5 

ii83 

1 10 

» 

1173 

79 

» 

ii48 

37 

» 

1128 

16,5 

• 

iii5 

7-5 

> 

1097 

3,7 

» 

107D 

',5 

0,016 

»  a 


CONDUCTIBILITÉ    ÉLECTRIQUE    COMMUNIQUÉE   AU    VIDE.  SqQ 

UDeautre  sériea  donné  le  Tableau  suivant,  le  Hl  était  maintenu  à  —  87  volts. 


Division 

de  l'échelle 

de  la   pince 

ihermo-éJeclrique. 

Pt. 

114,6 

Ij84 

m; 

I2«>9 

i/j 

1-270 

i3i,3 

i354 

i38,5 

1428 

Courant 

de  saturation 

Pression 

I  =  I0~* 

en 

t 

ampère. 

millimétrés 

1160 

9 

o,oo3 

1180 

60 

o,oo5 

I2'i7 

346 

0,007 

1290 

2700 

0,007 

1359 

22000 

0,007 

Ed  écrivant  la  formule  (7)  comme  nous  l'avons  fait  dans  le  cas  du  platine,  on 
trouve  que  les  observations  sont  représentées  d'une  façon  très  satisfaisante  par 

i   ..t 
Hoe  formule  du  type  AQ^e    *;  suivant  que  Ton  emploie  les  nombres  du  para- 
graphe a  ou  ceux  du  paragraphe  3,  on  trouve 

6  =    7,8  X  10-*  dans  le  premier  cas, 
6  =  1 1,9  X  10-*  dans  le  second  cas, 
9,7  X  10-*. 

En  prenant  comme  meilleure  valeur  de  b  7,8x10-*  et  C  =  2i8oà  i5i5** 
absolus,  on  trouve  que  A  est  de  l'ordre  de  10**  et  n  de  celui  de  io*«. 

m.  —  Expériences  avec  le  sodium. 

i.  Nature  du  problème.  —  Le  sodium  a  été  choisi  à  cause  de  son  carac- 
lèrcélcciro-posilif  fortement  marqué,  et  devant  se  manifester  par  une  faculté 
moindre  de  retenir  les  corpuscules  négatifs.  On  ,pouvait  prévoir  à  5oo"  un 
courant  de  l'ordre  de  quelque  lo-*  ampère  par  centimètre  carré  de  surface. 

1  Description  de  V appareil.  —  Le  tube  en  acier  sans  soudure  ABGD 
yh'  9)  recouvert  de  silicate  de  soude  est  traversé  par  un  fil  de  platine  Ai  Bi 

Fig.  9- 


A, 


'rtttt*- 


c,  c 


^ 


^nV>^ 


Têrr- 


^ 


B 


B, 


"nrf* 


-^ 


re{,  D. 


G, 


fMiuvant  être  chargé  à  potentiel  connu  et  qui  sert  d'électrode,  ABGD  est  relié 
3u  sol.  La  température  est  donnée  par  un  couple  thermo-électrique  G|Di 
cuivre-nickel,  relié  à  un  cylindre  semi -circulaire  de  laiton   B.   La  partie  de 


15924^^ 


«00 


de  la  figure  donne  le*  détatU  de  mode  de  fixage  des  lîls  à  la  c 
mbrëe  représente  ta  ciie;  afin  d'éviitr  la  fusion  de  celte  subslai 
courant  d'eau  froide  |>as<>e  dans  les  lubes  G,  F,  G„  F,. 

I.e  sodium  était  placé  sur  el  autour  de  E  ;  après  avoir  été  chauffé  dan*  I 
pendant  un  certain  temps,  le  sodium  se  ré|iaiidait  dans  la  partie  média 
tube  A6CD.  Comme  mode  de  me>iure  un  électromètre  et  un  galvt 
étaient  employés:  dans  le  premier  cas  une  paire  de  quadrants  était  reliée 
i  ABCD,  l'autre  à  A]  B,  par  l'intermédiaire  d'un  condensateur  étalon  ;  dans  le 
second  un  pôle  de  la  baiterie  de  charge  était  relié  au  sol  et  l'autre  pAle  a  A,B| 
par  l'intermédiaire  du  galvanomètre. 

3.  Relation  entre  le  courant  el  la  force  électromotrice.  —  *.  Hela  — 
(l'on  entre  le  courant  pour  un  voilage  donné  el  la  température. —  Aucun^e 
saturation  n'a  pu  être  obtenue,  mais  la  valeur  du  courant  sous  une  force  élec  — 
tromotrice  donoée  a  été  mesurée  à  différentes  températures.  Les  expériences  a 
ont  eu  lieu  de  217"  C.  à  ii~"  C;  le  courant  dans  cet  intervalle  a  varié  de  10  • 
à  10-  '  ampère.  Les  courbes  {fig.  10)  représentent  les  résultais  iromés. 

Fig.  10. 


1  ' 

' 

_^_^ 

,     1 

. 

1 

. 

1 

' 

/ 

i 

/ 

1 

' 

r 

K 

J    »    '       ' 

tl  .  s  . 

4f 

r 

TWl   ifl 

""1 

i  f^i    'Al   n  l/i 

s] 

'  M  :  ijl/:  f-llIVi 

~  1 

. 

1 

-  i     %r^! 

/ 

i   .Mt  ^  1 

/i 

/l    '=/   '  / 

II 

/  1      k  /    "     /' 

/ 

,       n  M'  rrr^ 

/ 

^> 

/     -i'r 

'  ■ 

^::x 

l^jAy 

^. 

5^ 

ri 

r. 

^ 

Tr 

% 

«■»? 

rr-: 

d^mÏ 

ditirM^^«aà<K^ 

Température  en  degrés  centigrudes 


Vt^.-- 


y  =  logC  —  J  logO  =  a-t'br 
avec  I  —  fl~',  0  étant  la  température   absolue.   En   portant  en  ordonnées  les 

valeurs  de  logC logS  et  en  abscis'esS-i  x  lo*,  tous  les  points  sauf  les  deux 

premiers  sont  sur    une  ligne  droite:  pour  calculer  A  =  g,  nous  pouvons  nous 


CONDUCTIBILITÉ    ÉLECTRIQI K   COMMUMOL'RR    AU    VIDE.  6oi 

scnir  de  la  partie  rectiligne  seule,  ou  prendre  la    moyenne  dans  toute  re- 
tendue des    expériences,   les  deux  valeurs  diflFèrent  de  24  pour  100  environ; 
et,  en  prenant  la  moyenne  on  trouve  6  =  3,i6  x  10*  et  •;►,  VS  volts  pour  la  dis- 
continuité de  potentiel  à  la  surface;  quant  à  n  le  nombre  de  corpuscules  libres 
par  centimètre  cube,  n  déduit  des  résultats  =  10'^. 


C.  —  Conclasion. 

[.Détermination  du  nombre  dHons  par  centimètre  cube  de  m.étal.  — 
Le  nombre  d'ions  négatifs  produit  par  un  centimètre  carré  de  surface  de  pla- 
tioe,  de  carbone  ou  de  sodium  peut  se  représenter  par  la  formule 

où 


\    'j.mTz 


On  en  peut  déduire  n.  A  et  tétant  des  constantes  pour  chaque  métal;  la  va- 
leurde  A  dépend  de  6,  puisqu'on  l'a  déduit  de  celle  de  cette  dernière.  Mais,  si 
le  nombre  trouvé  pour  le  platine  correspond  bien  à  celui  donné  par  M.  Pat- 
terson,  il  n'en  est  pas  de  même  dans  le  cas  du  carbone  et  du  sodium,  cela 
tient  évidemment  à  ce  que  A  et  6  sont  fonctions  de  la  température. 

i  Travail  effectué  par  un  corpuscule  en  passant  à  travers  la  couche 
iuperficielle  du  métal.  —  3.  Effet  du  gaz  sur  le  courant.  —  4.  Effet 
Edison.  —  Le  travail  effectué  par  un  corpuscule  à  travers  la  surface  est  en 
première  approximation  inversement  proportionnel  à  la  racine  cubique  du  vo- 
lume de  l'atome  de  l'élément.  Quant  à  l'hypothèse  que  l'ionisation  serait  pro- 
duite par  le  fait  des  molécules  gazeuses  venant  frapper  le  métal  chauffé 
ei  devenant  ionisées  par  suite,  elle  est  à  rejeter.  Tous  les  résultats  expéri- 
mentaux SL-mblent  montrer  que  les  corpuscules  sont  produits  par  le  métal,  par 
on  processus  analogue  à  l'évaporation,  ils  nous  permettent  de  plus  d'avoir  une 
explication  du  phénomène  connu  sous  le  nom  d'effet  Edison. 

5.  Énergie  émise.  —  A  toutes  les  températures  où  les  expériences  ont  été 
efFectuées,  la  perte  d'énergie  due  à  l'échappement  des  corpuscules  est  beaucoup 
moindre  que  celle  qui  serait  due  à  l'émission  de  radiation  électro-magnétique 
ordinaire,  d'autre  part  elle  augmente  beaucoup  plus  rapidement  avec  la  tem- 
pérature. Dans  toutes  les  expériences  on  était  loin  du  point  où  une  fraction 
appréciable  du  nombre  total  d'ions  frappant  la  surface  pouvait  la  traverser. 


i"»>  niUUTTi  »\ 


:^\  ?!lEii«[E  i)E>  ÊLfi:TB»^>S  H  DES  IO\S, 


A.  SALUTTL 


-.#**    3.èi:*-*    iiii   -♦ii^r-ni    •  taa»*aii»-a£  •!•»>  •extrait*  de-*  tni\aux  sui- 

"L  Ri  Es:  Se.    —   H»*»r'-în»-ar    f  iiif  J4r*:riii»*  --ij^ftritiae  «ian*  un   champ  de 
'iifT-  -•fT-rn-'^aiiiiiir  -r  -irrrTr-imatrifîCipie     .-liin.  /i.  Phrs.,  t.  IV,  1901, 

1'  E.  RmrKZ.  —  :?vir  e  ii*«*iv.^nitf7ic  t'  iiit^  partitrale  ëiectriqoe  dans  un  champ 

•filmer m maisnraiiuif  ••io?-c»oC    Atn.  4.  Pkvs..  l.  VII,  190-2.  p.  4oi)- 
I"  £.  RiBOU.  —  i^vr  .e  ii*MiT«»mtMit  i'in«  particule  électrique  dans  un  champ 

•fiertrfioiiiiÇiitfCiifnt»    PhjwiÂ.  ZésiUekrift,  I9«>i-I902,  p.  18-2  >. 
i*  E.  RiciiKi.  —  «Itiarnbiicioa  é  ..* ';»>anai««aBce  de  l'électricité  atmosphérique 

■  Gœtt.  M*gckr.  M'ttk.  Pkrs.  Ci..  190I,  p.   i;  Ann.  d.  Phys.,  t.  \ll, 

f.>oî,  p.  ?fr*  . 
3'  E.  RiEiiKi.  —  ^fir  un  coaraat  daos  an  espace  d'air  limité  par  deux  sphères 

concentriques  •  G*xît.  .\aé:kr.  Math.  Phys.  CL,  i9o3.  p.  149;  Ann.  d. 

Pkrs..  t.  \ll.  I9>>.  p.  )»i4  I. 
6**  £.  RiECKE.  —  Sur  an  mode  d'approximation  des  courants  saturés  entre  des 

plaques  planes  parallèle^  <  <rcr//.  \achr.  Math.  Phys.  CL,  1903,  p.  334; 

Ann.  d.  Pkys.,  t.  XII.  1903.  p.  820;. 
7^  E.  RiECKE.  —  Courant  électrique  dans  un  espace  d'air  ionisé  qui  est  limité 

par  deux  surfaces  cylindriques  concentriques  {Boltzmann  Zeitschrift, 

1904,  p.  I4»>- 

I.  ~  Théorie  des  électrons. 

Deux  théories  des  ions  s'oflfrenl  à  nous  coinine  point  de  départ  : 
une  théorie  élevée  et  une  théorie  élémentaire. 

La  première  suppose  pour  les  électrons  une  vitesse  qui  s'approche 
de  celle  de  la  lumière,  l-es  potentiels  que  rélectn>n  exerce  en  un 
point  de  Tespace  ne  dépendent  donc  pas,  à  un  moment  déterminé^ 


CONTRIBUTION   A    LA   THÉORIE   DKS   ÉLECTRONS    ET    DES   IONS.  6o3 

de  sa  position  actuelle,  mais  d^une  position  antérieure.  Un  élément 
d'espace  rempli  de  masses  électriques  qui  se  déplacent  avec  une  vitesse 
>uisine  de  celle  de  la  lumière,  agit  sur  un  point  de  l'espace  environ- 
nant non  seulement  d'une  autre  place  mais  avec  une  force  et  une 
grandeur  différentes.  Les  propositions  développées  dans  ce  qui  suit 
n'ont  rien  à  faire  avec  cette  théorie  élevée;  elles  supposent  qu'il  ne 
s'eierce  sur  l'électron  en  mouvement  dans  un  champ  électrique  au- 
cune autre  force  électrique  que  lorsqu'il  est  au  repos,  et  que  l'action 
électromagnétique  que  supporte  un  électron  en  mouvement  dans  un 
champ  magnétique  est  déterminée  par  la  loi  de  Biot  et  Savart. 

Le  mouvement  d'une  particule  électrique  dans  un  champ  électro- 
magnétique a  été  considéré,  dans  des  cas  spéciaux,  par  beaucoup  de 
physiciens,  par  exemple  par  J.-J.  Thomson,  par  Kaufmann,  par  Pel- 
lal,  etc.  Dans  ce  qui  suit,  nous  chercherons  à  déterminer  ce  mouve- 
ment d'une  façon  un  peu  plus  générale.  Ce  que  nous  dirons  s'appli- 
quera d'ailleurs  à  des  particules  électriques  quelconques  reliées  à  des 
masses  qui  les  portent. 

I"  Equations  du  mouvement. 

Soient 

V  =  — Aar— B^  — r^ 

le  potentiel  électrostatique  et 

<JL'  =  —  <Ao  j-  —  Hl>^  —  ^z 

le  potentiel  magnétique;  soient  encore  s  la  charge,  [jl  la  masse  de 
l'électron,  c  la  vitesse  de  la  lumière.  Les  équations  du  mouvement 
sont 

^  dr-   "       ^  dx  "^  c\ây   dt         dz    dt  /  ' 


Désignons  par  A  la  vitesse  linéaire  de  l'électron,  l'intégrale  de  la 
force  vi\e  est 

(Il  Xî=  xj  4-i?,Vo-v). 

Toutes  les  fois  qu'une  particule  traversera  cette  surface  équipoten- 
tielle^  sa  vitesse  sera  la  même. 

Introduisons,  au  lieu  des  potentiels  V  et  9f,  les  composantes  des 


6o4  EDUARD    RIKCKE. 

forces  électriques  et  magnétiques.  Les  équations  deviennent 


d^x 


dt^ 


Traçons  maintenant  par  l'origine  des  coordtmnées  une  parallèle  à 
la  f(»rce  magnétique  H.  Menons  par  Télectron  un  plan  normal  à  H; 
soit  h  le  point  où  il  rencontre  cette  ligne;  désignons  aussi  par  h  sa 
distance  de  l'origine  des  coordonnées.  On  a  pour  h  l'équation 

(2)  ^  =  iKcos(H,  E), 

E  désignant  ici  la  force  électrostatique  totale. 

Le  point  h  se  déplace  avec  une  accélération  constante  sur 
faxe  parallèle  à  la  ligne  de  force  magnétique. 

Menons  encore  par  l'origine  des  coordonnées  la  direction  E  de  la 
ligne  de  force  électrostatique,  et,  par  la  position  actuelle  de  la  par- 
ticule £  considérée,  un  plan  perpendiculaire  à  cette  direction  E.  Elle 
coupe  celle-ci  en  un  point  e,  dont  la  distance  à  l'origine  sera  égale 
à  e.  On  a  l'égalité 

X     y     s 

<5>  ^^di^  =  '^'^-cdi 


A    B    r 


Menons  enfin  par  l'origine  la  droite  N  perpendiculaire  à  la  fois  à  H 
et  à  E  et  de  sens  tel  qu'on  ait  la  même  disposition  pour  le  système 
d'axes  H,  E,  N  que  pour  le  système  x^  y^  z  des  a\es  primitifs.  Par  la 
position  de  la  particule  menons  un  plan  normal  à  la  ligne  N  et  la 
rencontrant  en  un  point  n  distant  de  Torigine  de  la  longueur  n.  On  a 

(4)  ,xs.n(H,E)-^-=--H^  +  -Hcos(H.E)3jr. 


L'équation  (2)  donne 

dt  ~  \L 


(5)  -j7  =  -  Ecos(H,E)/H-cX. 


On  a  donc,  d'après  les  équations  (3),  (4),  (5),  les  équations  dilVé- 
rentielles  suivantes  pour  /?  et  e  : 


CONTRIBUTION  A   LA  THEORIB    DBS    ÉLECTRONS   ET   DES   IONS.  6o5 

En  désignant  par  a  Tangle  de  H  et  Ë,  Tintégration  des  équations 

donne 

(8)  A=  ^«H-cJ^ 

eE  COS*3t 

(9)  e=  - 


(10)  71  =  


A  ./eH\        ,  /eH\ 

/*  -h  cj  CCS  s  /  H-  a^  sin  (  —  t)  -h  Of  ces  (  —  n , 

^K  \cii    I  VcfJL    /' 

c  Ë  sin  a  .     /  e  H    \        .  /  e  H    \ 

— n —  t  -h  ai  sin  (  —  /  )  -f-  61  ces  (  —  <  ), 

H  \cfji    /  V^fA    / 


ou 

at=6jsins,         61  =  — aiSÏnoL. 

En  introduisant  au  lieu  des  constantes  Ut  et  6|  les  vitesses  ini- 
tiales cj  et  c'^  de  la  particule  suivant  les  directions  E  et  N,  il  vient 


(M) 


i  eu  /  „       cEsina\  ,  eu       .    .         ,. 

f 

i  cix  ,   ^         ^  ,  cusina/  „       cEsinxX 

f  ai=  ^(cS— cjcosa),  6,  = fl._.|^c;H ^ j 


En  dehors  des  coordonnées  A,  e  et  /i,  on  peut  enfin  introduire 
encore  une  nouvelle  coordonnée  p  comptée  suivant  un  axe  formant 
un  système  rectangulaire  avec  H  et  N  et  disposé  comme  le  système  x, 
V,  z.  On  a  donc 


e  —  /i  cos  a 


siiia 


En  désignant  par  cj  la  vitesse  initiale  dans  la  direction  p,  il  vient 

"  Sin  a 

Si  l'on  applique  d'abord  ces  formules  au  cas  d'une  intensité  de 
champ  magnétiiiue  qui  s'annule^  on  a 

e  E 
h^c!tt,         n  =  c'ât,         e=    — t* -r-  c'a  t  -^  consl. 

La  trajectoire  de  la  particule  est  une  parabole  dont  l'axe  est  paral- 
lèle à  la  force  électrique. 
Si  c'est  l'intensité  du  champ  électrique  qui  devient  nulle, 

iH  „    .     /cH     ^  „         /eH    \ 

—  /i  =  cîf  sin  (  —  M  H-  cj  cos  (  —  /  ), 
cil  \cji    /  V^f^    / 

êH  „   .     /  eH     X         „         /eH    \ 

—  i?  =  cJi  sin  (  —  t    —  c'û'  cos     —  t  )• 


6o6  EDUARD   RI£CKE. 

La  projection  de  la  particule  sur  le  plan  PN  normal  à  la  direction 
de  la  force  magnétique  décrit  donc  un  cercle  de  diamètre 

eH 


La  durée  de  rotation  est  égale  à  ait-—- 

Dans  l'espace  la  particule  décrit  une  hélice  dont  le  pas  est  donné 
par 

Nous  simplifierons  le  cas  général  de  la  superposition  d'un  champ 

électrique  et  d'un  champ  magnétique  en  supposant  que  leurs  lignes 

de  force  respectives  se  coupent  rectangulairement.  f  )n  a  donc  p-^e 

et 

h  •=  c'^i 


,      .     /eH    \  /eH   \ 

=  b\  Pin  (  —  t  )  — Oi  cos  (  — /  ), 


c  ^  .     /eH    \        ,  /eH    \ 

n  ——  rr  E^  H-  ai  8in  (  —  ^  M-  61  cos  (  —  /  ). 

H  >  c  fi   /  ^  c  ^   / 


Posons 


c  c-  •    /£H    \       ,  /eH   \ 

/ij  = — 0*^'»         /ij  =  ai  sm  f — M  -f- Oj  cos  (  — t\. 


H 


Le  mouvement  dans  le  plan  EN  normal  aux  lignes  de  force  magné- 
tiques se  réduit  donc  à  un  déplacement  dans  la  direction  de  l'axe 
des  N,  c'est-à-dire  normalement  à  la  direction  de  la  force  électrique, 
avec  la  vitesse 


H  ^' 


et  en  une  oscillation  dont  les  composantes  sont  données  par 

i     .     /eH    \  /eH    \ 

«  =  ©i  sin  ( /  )  —  flj  cos  (  —  1 1 , 

\C[X    /  \cji     /* 

.     /eH    \       ,  /eH    \ 

/i,  =  a\  sin  (  - —  n  -h  61  eus  (  —  /  1 . 

\  c  [X    /  \c.\i.    I 

La  combinaison  de  ces  deux  équations  donne  une  rotation  sur  un 


(•)  E.  RiECKE,   Wied.  Ann.,  t.  XIII,  1881,  p.  191.  —  Schister,  Proc.  Boy.  Soc,, 
t.  XXXVII,  1884.  p.  ^17- 


CONTaiBVTION  A   LA   THEORIE    DKS   ÉLECTRONS   ET    DES   IONS  607 

cercle  de  rayon 


rh/i'-'iï -'■'■ 


La  vitesse  linéaire  de  la  particule  sur  ce  cercle  est 


i/( 


flE  +  <^ï) 


^.E-hc2)  -+-c:\ 


lien  résulte  que,  suivant  que  cette  vitesse  est  inférieure  ou  su- 
périeure à  fa  vitesse  linéaire  du  centre^  la  particule  se  déplace 
dans  te  plan  EN  sur  une  cycloïde  diminuée  ou  augmentée. 

Si  les  vitesses  initiales  c^  etc^^  sont  nulles,  nous  obtenons  comme 
trajectoire  dans  le  plan  EN  une  cycloïde  ordinaire. 

lia  pente  d'un  arc  de  cycloïde  a  pour  longueur 

c«Li   E  E 

Dans  le  cas  général  où  l'angle  a  a  une  valeur  quelconque  comprise 
entre  0  et  ^»  on  a,  dans  le  plan  EN,  au  lieu  du  cercle  obtenu  pour 


2 


i=-,  une  ellipse  dont  le  grand  axe  a  la  direction  N  et  la  courbe 

que  décrit  le  centre  de  l'ellipse  est  une  parabole  dont  l'axe  a  la  direc- 
tion Ë. 

Siy  enfin^  les  directions  des  lignes  de  force  magnétique  et 
électrique  sont  les  mêmes,  la  particule  se  déplace  dans  leur  direc- 
tion avec  la  vitesse  uniformément  accélérée  C*  -h  —Ht.  Sa  projection 
sur  un  plan  normal   à   la  direction  des   forces  décrit  un  cercle  de 

C   Mm 

ravon  -^^^q.  Dans  l'espace  elle  se  déplace  sur  une  hélice  dont  le  pas 

augmente  régulièrement. 

Dans  ce  qui  précède,  les  champs  électrique  et  magnétique  sont 
supposés  homogènes.  La  considération  de  champs  non  homogènes 
olTrirait  des  difficultés  beaucoup  plus  grandes.  Pour  me  rapprocher 
des  phénomènes  connus  observés  dans  les  tubes  de  Geissier  à  ca- 
thode formée  par  un  fil,  j'ai  encore  envisagé  le  cas  suivant.  Je  sup- 
pose que  la  cathode  est  formée  par  un  cylindre  infiniment  long  de 
rayon  a;  que  les  lignes  de  force  magnétique  sont  parallèles  à  l'axe  du 
cylindre,  le  champ  étant  homogène.  Soit  Ua  le  potentiel  électrosta- 
tique sur  la  surface  de  la  cathode,  u  en  un  autre  point  quelconque. 


B*' 


-  -fr  ^  je*  «M^ualions  de- 


^   -_^ 


•^  i.    * 


à- 


:=^-*U 


ff   Si       e-     ÀimàâL     -^     IL- 

■5î^'"iij;jii..i4r. 


>ur  un  cercle 
at^  A  TMhiftÊt^  Là  tnjecloire  est 
èODirvMrae   bt  *r«  «rencie  auquel  elle  est 


l       '  téinrnci  jé'-^^iutf  »*£niys>  —  Lx>r54Çi«f  [«ftîfwce  qui  sépare  les 

ipris  jf^nit*>  r  ur  -•iiaisa5iÉafir**?%  1101=?*?.  :L'nLnf>iillequ*il>'ëlablitun 

•iiirkfu.  ?  ••ir  it*^  r»tfT-r^  r*tf»:ti»>fii»>irî»:»f^  ixf  ^i«rtAine>  grandeurs  le 

-.\êirviL  -^-r  mieatfaiCAac    tif  ■^•^s— ri:   jil  a  ai»cs  le  phénomène  d'un 

••iiiiimir  -aair*f.  >'iir  .#**iii*ft  :•»«>  ^«*>  i«>a>  ^^ii  preonenl  naissance  à  un 

*'**rtaia  Jia HUifiu  ?*)iii:.  tu  jic^aie   jx^t^ftaC  p«>«sâ«>  sur  les  plaques  du 

«!  »}ai  Itfaàace^ir . 

ExL  oitf  rapc^^iaoc  «'ifruîiivf^  «f ï]}<rî<eBio^»  «le  M.  Hanns  (  *  )  il  m'a 
fsàm  imc«*T«>saar  >i~<ftrfa^tF«  U  thti^r^xie  aa  ca>  où  les  courants  s'ap- 
pr*><k«iit  «iif  ta  sèCiirèd*>a.  *Ja  penC  eicrire  tout  de  suite  les  équations 
fondame&iai>»  d<f  là  tîke»>rie. 

!>oil  \  la  densité  de>  î*>as  p>sitît*s.  N  celle  des  ions  négatifs.  Soit  q 
le  nombre  de^  ions  qui  prennent  naissance  en  une  seconde  par  cen- 
timètre cube.  Soit  zNN  le  nombre  de  ceux  qui  disparaissent  dans  le 
même  temps  en  se  recombinant.  Soient  Ej-,  E^y  E^,  les  composantes 
de  la  force  électrostatique^  L  et  V  les  quantités  de  mouvement  abso- 

lues  des  ions,  X*  et  A  leurs  coefficients  de  diffusion,  i>  la  vitesse  de  la 
lumière,   e  le  quantum   élémentaire  dans  la   masse   électrostatique. 


(')  Physik.  Zeitschr.f  4*  année,  p.  11. 


CONTRIBUTION  A  LA  THÉORIE  DBS  ÉLECTRONS  ET  DES  IONS.        609 

Soient  enfin  Z^,  iyt  iz  'es  composantes  du  courant  galvanique  mesu- 
rées en  unités  électrostatiques. 
On  a  alors  les  équations  : 


^  =— i^UdivVNKJ-hÂ-AN-h^  — aNN, 
ôt 


11) 


divK  =  4iîe(N  — n), 


Pour  un  état  stationnaire  les  termes  — 7  et  ^  s'annulent.  Dans  le  cas 

Ot        dt 

d'un  courant  de  saturation  il  faut  négliger  les  termes  dépendants  de 
la  diffusion  et  des  recombinaisons.  Ti  reste  alors  les  équations  très 
simplifiées  : 


(") 


Udiv(NE)=  y  =— i;Vdiv(NKX 

divE  =  47re(N  — n), 


Leur  résolution  permet  de  comprendre  toutes  les  propriétés  des  cou- 
rants de  saturation.  Mais  elle  permet  aussi  d'avancer  un  peu  la  théorie 
des  courants  qui  ne  sont  pas  tout  à  fait  saturés. 

Introduisons  les  valeurs  N  et  N  valables  pour  les  courants  saturés, 
dans  les  expressions  multipliées  par  a  et  Xr  des  équations  (I).  Nous 

obtenons  un  nouveau  système  d'équations  pour  déterminer  N,  N,  E; 

leur  résolution  nous  conduira  à  un  premier  état  très  voisin  de  la  satu- 

■4-      — 
ration.  Nous  pourrons,  de  nouveau,  tirer  de  ces  équations  N|,  N|  et 

£i,et  les  substituer  dans  les  équations  (I),  ce  qui  nous  donnera  un 
second  état  un  peu  plus  éloigné,  etc. 

J'ai  appliqué  cette  méthode  à  des  condensateurs  sphérique,  plan 
et  cylindrique. 

Pour  un  condensateur  sphérique^  les  grandeurs  considérées  ne  dé- 
pendent que  de  la  distance  r  du  point  où  on  se  trouve  au  centre  de  la 
S.  P.  39 


6lO  KDCAftD  EIECKE. 

sphère.  Pour  an  courant  de  saturation,  on  a 

OÙ  r^  et  r/  sont  les  rajons  des  sphères  extérieure  et  intérieure. 

En  portant,  comme  on  l'a  ^'u,  ces  valeurs  dans  les  équations  (1), 
on  obtient,  pour  le  premier  état  approché  de  la  saturation,  le  système 
d'équations  : 

"  Q    ^    pUV  r         r* 


OU 


^  8        U-i-V    r  ,î:r;  .        Sire  k -i- k     r  ^^^      -\  , 

8        U-i-V    r  .^r;  .        87t6  k-hk    r  .j^      -\  , 


Wi  C«i  ^    ■  -.  -,  ^    -♦-   ■r TV  f 

'    *       ep(U-i-V)       3pU 


^ji-^^as-^N) 


V      4», 

-+-T:—  r; rr  -r* 


t^(U-hV)rfr"  '       8TC8U-hVr« 


I 


Les  constantes  d'intégration  entrant  dans  ^4  et  ^4  seront  déter- 
minées par  les  conditions  limites;  pour  la  sphère  intérieure  chargée 
positivement,  on  doit  avoir 

si  e  désigne  la  charge  de  cette  sphère.  On  aura  la  seconde  condition 
limite  en  remarquant  que  sur  la  sphère  intérieure  c'est  par  les  ions 
négatifs  que  l'électricité  varie.  Il  en  résulte  : 


£P 


v(N-E.)=.V-ei(g)^. 


ii  étant  la  densité  du  courant  contre  l'électrode  intérieure. 
La  résolution  des  équations  donne 


]  St^U     \         r^  /       vV  r*  J^,,  vV   dr 

.N.E.=  ^.r('•l-^-  4  -L    r..SNrfr-4  #• 
i  i»  \      \  /•'  /        v\  r^  J  v\}   dr 


CONTEIBUTION  A  LA  TH^OKIB  DBS  ÉLECTRONS  ET  DES  IONS.  6ll 

-f-  — 

On  prendra  ici  pour  N  et  N  les  valeurs  données  par  les  équa- 
tions (i). 

Pour  le  courant  total  C  d'électricité  qui  traverse  la  surface  des 
sphères  intérieure  ou  extérieure,  on  aura 


(3) 


Û  désigne  ici  le  volume  total  de  l'espace  compris  entre  les  sphères 
intérieure  et  extérieure,  dv  un  élément  de  cet  espace.  L'observation 
des  courants  presque  saturés  fournit  donc  un  moyen  de  déter- 
miner la  constante  a  de  recombinaison  des  ions. 

Condensateurs  plans.  —  Malheureusement,  dans  les  expériences 
de  Harms,  l'intensité  des  courants  n'a  pas  été  déterminée  avec  assez 
d'exactitude  pour  qu'on  puisse  en  déduire  a.  Dans  ce  but,  la  forme 
des  condensateurs  plans  semble  convenir  beaucoup  mieux,  et  c'est 
ce  qui  m'a  conduit  à  étudier  les  formules  se  rapportant  à  ce  dernier 
cas. 

Désignons  par  /  l'écart  des  deux  plateaux,  par  x  la  distance  d'un 
point  quelconque  au  plateau  positif.  On  aura,  pour  le  cas  d'un  cou- 
rant qui  n'est  pas  tout  à  fait  saturé,  les  premières  équations  appro- 
chées 


(4) 


Dans  ce  premier  état  approché  de  la  saturation,   le  nombre  des 
ions  qui  prennent  naissance  à  la  seconde  par  centimètre  cube  sera 


C» 


*«=f/-^7/'^'^''^- 


Ici  /représente  la  densité  du  courant  observé. 

Si  Ton  veut  utiliser  la  mesure  de  ces  courants  qui  ne  sont  pas 
entièrement  saturés  à  la  détermination  de  a,  il  est  nécessaire  d'étendre 
la  théorie  à  un  second  état  approché  pour  diminuer  l'erreur  que  l'on 
commet  en  se  limitant  à  la  première  substitution.  En  continuant  le 


6l2  tlDlARD    RlKCkK. 

raisonnement,  on  trouve  pour  a  Tëquation  suivanlt*  : 

3t  C  —  /  /  ('  •   ■  i' 

dans  laquelle  c  et  £  ilrsignent  respeclivemenl  les  densités  du  courant 
saturé  et  du  courant  observé. 

Des  mesures  récentes  ont   été  faites  dans  mon  laboratoire  pour 

déterminer  la  constante  -•  Elles  donnent  en  moyenne  la  valeur 

-   =  4'200. 
E 

On  peut  établir  d'une  façon  tout  à  fait  analogue  les  formules  rela- 
tives à  un  condensateur  cylindrique.  Soient  a  et  b  les  rayons  respectifs 
du  cylindre  extérieur  et  du  cylindre  intérieur  supposé  positif.  Soient 
e  la  charge  du  cylindre  intérieur  sur  une  longueur  i,  c^  la  densité 
du  courant  de  saturation  à  la  surface  du  cylindre  intérieur,  ib  celle 
du  courant  non  saturé  observé.  On  a,  pour  le  second  état  approché 
de  la  saturation, 

/u   •  ^^         n'^Cb—ib/  c,,—  ib\ 

''  {a^^b^)b  ib        ib      \  ib      / 

2.  —  Sur  la  dissipation  dans  l'air  animé  d*im  mouvement  oniloime. 

Pour  pouvoir  raisonner  sur  les  expériences  entreprises  dans  le  but 
de  déterminer  la  dissipation  de  Téleclricité  dans  Fair,  il  semble  inté- 
ressant de  rechercher  quelle  influence  peut  avoir  le  mouvement  de 
l'air  sur  la  marche  de  ce  phénomène. 

Imaginons,  pour  cela,  une  petile  sphère  chargée  d'une  masse 
d'électricité  négative  e,  et  placée  dans  un  espace  illimité  où  Tair  est 
animé  d'une  vitesse  constante  en  grandeur  et  en  direction.  Si  Ton 
suppose  cette  sphère  assez  petite  pour  qu'on  puisse  négliger  les  défor- 
mations qu'elle  cause  aux  lignes  de  courants,  il  est  facile  de  déter- 
miner les  trajectoires  des  ions  positifs.  Limitons  dans  Tair  un  espace 
cylindrique  dont  l'axe,  passant  par  le  centre  de  la  sphère,  soit  paral- 
lèle à  la  direction  du  courant  de  l'air.  Tous  les  ions  positifs  qui  se 
déplacent  dans  ce  cylindre,  en  allant  vers  la  sphère,  viennent  à  son 
contact  et  lui  enlèvent  une  partie  de  sa  charge.  Le  diamètre  de  ce 
cylindre  est  inversement  proportionnel  à  la  racine  de  la  vitesse  du 
courant.   Il  en  résulte  que  la  quantité  d'ions  venant  par  seconde  au 


CONTRIBUTION  A    LA  THE0R1K   DKS   ÉLECTRONS   BT  DES   IONS.  6l3 

contact  de  la  sphère  reste  la  même;  la  dissipation  est  indépendante 
de  la  vitesse  avec  laquelle  l'air  est  entratné. 

Cette  proposition  a  été  soumise  à  un  contrôle  expérimental  par 
M.  H.  Schering  (*),  Qt  trouvée  exacte  pour  une  sphère  de  S*^"*  de 
rayon;  pour  une  sphère  de  lo*^"*  de  rayon,  il  y  avait  des  variations 
atteignant  jusqu'à  8  pour  loo,  que  Pair  fût  en  mouvement  ou  au 
repos. 

3.  —  Sur  la  masse  des  ions  contenus  dans  Tair. 

Lorsque  des  molécules  gazeuses  rencontrent  un  ion  positif  isolé 
ou  un  électron  neutre,  il  se  crée  des  formations  complexes  qu'on  dé- 
signe, d'après  J.  Stark,  sous  le  nom  de  motions.  Différentes  recherches 
rendaient  vraisemblable  la  supposition  que  les  ions  de  l'air  étaient 
ainsi  des  molions.  Ainsi  M.  Langevin  a  trouvé  que,  dans  l'air,  il  y 
avait  environ  7  molécules  réunies  en  un  molion.  La  considération 
suivante  conduit  à  un  résultat  un  peu  différent. 

Envisageons  d'abord  les  ions  positifs.  Il  existe  entre  leur  coefficient 
-♦- 
de  diffusion  Xr,  leur  chemin  moyen  Ip  et  leur  vitesse  moléculaire  iip, 

la  relation 

A'   =    -   In  Un» 

9 

Désignons  encore  par  /  le  chemin  moyen  des  molécules  neutres 
de  l'air,  par  a  leur  vitesse  moléculaire,  par  s  le  diamètre  moléculaire 
d'une  molécule  d'air,  par  Sp  celui  des  ions;  on  obtient  alors,  pour 
leur  vitesse  libre,  l'équation 


Ip  _       4  v^'^       .  /     Un 


'f        /,   .    InV  \ 


''  -r-  Uj, 


On  a  deux  équations  à  trois  inconnues  /p,  Up  et  Sp,  Pour  arriver  à 
des  valeurs  déterminées,  il  faut  donc  une  troisième  équation.  On 
l'obtiendra  en  faisant  l'hypothèse  que  le  rapport  de  la  masse  au  volume 
est  le  même  dans  les  ions  et  dans  les  molécules  neutres  de  l'air.  On 
trouve  donc  pour  le  rapport  entre  la  masse  des  ions  [x^  et  des  molé- 
cules neutres  M  la  valeur 


(')  H.  ScHERiNO,  Der  Elster-Geitel'sche  Zerstreuungsapparat  und  ein  Versuch 
quantUativer  absoluter  Zerstreuungsmessung  {Gôttinger  Dissertation,  1904). 


6l4      E.   EIBCKB.   —  CONTBIBUTION  A  LA   THÉORIE  DES  ELECTRONS  ET  DES   IONS. 

et,  de  même,  pour  les  ions  positifs, 

M  «t    —3,0. 


M        u 


Si  l'on  ne  fait  pas  de  supposition  sur  les  diamètres  moléculaires  Sp 

et  5a,  on  arrive  seulement  à  assigner  aux  rapports  t^  ^^  tt  certaines 

limites  par  des  considérations  de  probabilité  dans  lesquelles  nous 
n'entrerons  pas  ici. 


»•— « 


PHÉNOMÈNES  ÉLECTRIQUES 

PRODUITS  PAR  LES  RATONS  DE  RÔNT6EN, 


Par  a.  RIGHI. 


Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  séance  du  17  février  i8g6. 


Dans  le  Compte  rendu  de  la  séance  du  3  février,  je  trouve  une 
Communication  de  MM.  Benoist  et  Hurmuzescu,  sur  la  dispersion 
des.  charges  électriques  obtenue  par  les  rayons  deRôntgen.  Comme 
j^ai  fait,  en  même  temps  que  ces  physiciens,  des  recherches  sem- 
blables, que  j'ai  communiquées  à  l'Académie  des  Sciences  de  Bologne 
dans  sa  dernière  séance,  et  que  mes  résultats  ne  sont  pas  tout  à  fait 
identiques,  je  demande  la  permission  d'en  donner  ici  un  résumé. 

J'ai  employé  un  électromètre  de  Mascart  comme  appareil  de  mesure. 
Il  est  en  communication  avec  les  corps  sur  lesquels  on  fait  arriver  les 
rayons  X,  qui  proviennent  d'un  tube  de  Crookes,  renfermé,  avec  les 
appareils  fournissant  les  décharges,  dans  une  grande  caisse  métallique 
en  communication  avec  le  sol.  La  partie  de  la  caisse  qui  est  voisine  du 
tube  est  formée  par  une  épaisse  lame  de  plomb,  ayant  au  milieu  une 
fenêtre  ronde,  de  10*^"  de  diamètre,  recouverte  par  une  lame  mince 
d'aluminium,  d'où  partent  les  rayons. 

J'ai  reconnu  qu'un  disque  métallique  communiquant  avec  l'électro- 
mètre  perd  rapidement  sa  charge,  qu'elle  soit  positive  ou  négative. 
La  durée  d'action  nécessaire  pour  que  le  potentiel  descende  de  7  volts 
à  3,5  a  été  sensiblement  la  même  pour  un  potentiel  positif  et  pour 
un  potentiel  négatif. 

Avec  une  charge  initiale  positive,  la  décharge  n'est  pas  complète; 
avec  une  négative,  non  seulement  le  corps  se  décharge,  mais  il  se 
forme  une  charge  positive. 

Si  je  fais  tomber  les  rayons  de  Rontgen  sur  un  de  mes  couples  pho- 
toélectriques, qui  sont  formés  par  une  toile  métallique  en  communi- 
cation avec  le  sol,  parallèle  et  très  voisine  d'un  disque  métallique  en 


6r6  niGHi.  — phénomènes  électriques  produits  par  les  rayons  de  rôntgrn. 

communication  avec  réiectromètre,  j'obtiens  une  déviation  positive 
ou  négative  suivant  la  nature  des  métaux  du  couple,  comme  avec  les 
rayons  ultra-violets. 

Enfin,  un  disque  à  l'état  naturel  se  charge  positivement  lorsqu'on 
l'expose  à  la  nouvelle  radiation  (ce  qui  a  lieu  aussi,  comme  je  l'ai  dé- 
montré autrefois,  en  employant  les  rayons  ultra-violets).  Avec  ce  même 
disque,  le  potentiel  positif  final  est  le  même,  quelle  que  soit  la  valeur 
initiale,  positive,  négative  ou  nulle,  du  potentiel  du  disque.  Ce  po- 
tentiel final  a  été  plus  élevé  pour  le  cuivre  que  pour  le  zinc,  et  encore 
plus  élevé  pour  le  charbon  de  cornue  (  *  ). 

Je  trouve,  en  outre,  qu'une  lame  de  verre  ayant  presque  i*^"*  d'épais- 
seur, placée  sur  le  chemin  des  rayons  X,  ne  détruit  pas  leur  action, 
mais  seulement  l'afiaiblit.  De  même,  l'interposition  d'une  lame 
épaisse  d'aluminium,  d'une  planche  épaisse  de  sapin,  ou  même  de  la 
main  placée  de  manière  à  masquer  complètement  la  fenêtre,  ne  fait 
qu'affaiblir  plus  ou  moins  Faction  des  rayons. 

Je  m'attendais  à  ce  que  des  résultats,  semblables  à  ceux  que  j'ai 
décrits,  seraient  obtenus,  en  même  temps  que  par  moi,  par  d'autres 
physiciens,  vu  que  de  toutes  parts  on  s'occupe  actuellement  des 
nouveaux  rayons;  je  suis  heureux  de  constater  l'accord  qui  existe, 
au  moins  sur  les  points  fondamentaux,  entre  mes  résultats  et  ceux 
qui  m'ont  fourni  l'occasion  de  cette  Communication. 


(')  L'Auteur  a  reconnu  plus  tard,  que  cette  charge  positive  clait  due,  au  moins 
partiellement,  à  la  différence  de  potentiel  de  contact  entre  le  disque  et  les  corps  en- 
vironnants, comme  dans  l'expérience  précédente;  mais  il  a  éliminé  cette  cause  d'er- 
reurs par  de  nouvelles  expériences  dans  le  vide.  La  charge  posiiive  ainsi  obtenue 
s*explique  aujourd'hui  comme  conséquence  de  l'émission  de  rayons  secondaires  (cons- 
titués d'électrons  négatifs)  provoquée  par  les  rayons  X.         {Note  de  Vauteur.) 


SUR 

Li  COXVECTION  ÉLECTRIQUE  SUIVANT  LES  LIGNES  DE  FORCE, 

PRODUITE  PAR  LES  RAYONS  DE  RÔNTGEN, 
Par  Auguste  RIGHI. 


Comptes  rendus  de  l* Académie  des  Sciences,  séance  du  24  août  1896. 


Dans  mes  publications  diverses  sur  les  phénomènes  électriques 
produits  par  les  rayons  de  Rontgen,  j'ai  toujours  interprété  les  faits 
observés  comme  s'il  était  démontré  que  le  mécanisme  de  la  propaga- 
tion de  Télectricité  est  le  même  que  lors  de  la  dispersion  par  les 
pointes  aiguës,  ou  de  la  dispersion  à  la  surface  des  conducteurs  chauffés 
au  rouge,  ou  de  la  dispersion  produite  par  les  rayons  ultra-violets.  Je 
me  réservais  de  montrer,  dans  un  Mémoire  comprenant  l'ensemble 
de  mes  recherches  sur  ces  phénomènes,  de  quelle  manière  l'électricité 
se  propage  dans  les  gaz  traversés  par  ces  rayons;  je  crois  I)on  cepen- 
dant (le  faire  connaître,  dès  à  présent,  quelques  expériences  qui  me 
paraissent  démonstratives. 

Lne  boule  métallique  est  placée  à  quelques  centimètres  d'une 
lame  d'ébonite  qui  porte,  sur  la  face  extérieure,  une  armature  métal- 
li(|ue.  Entre  la  lame  et  la  boule,  on  place  une  petite  croix  d'ébonite. 
La  boule  et  l'armature  sont  maintenues  chargées  d'électricités  con- 
traires, au  moyen  d'une  petite  machine  électrique. 

Si.  la  boule  étant  négative,  on  fait  tomber  sur  sa  surface  des  rayons 
ultra-violets,    on   obtient  sur   l'ébonite,    après    un   temps    suffisant, 
y  ombre  électrique  de  la  croix.  Il  suffit  de  prendre  la  lame  d'ébonite 
et  de  projeter  sur  elle  le  mélange  de  soufre  et  minium,  pour  voir^ 
apparaître  une  croix  jaune  sur  fond  rouge. 

Au  lieu  des  rayons  ultra-violets  faisons  agir  les  rayons  X.  Dans  ce 
l)ut,  on  emploie  un  tube  de  Crookes  placé  de  manière  que  les  rayons  X 
qui  en  émanent  traversent  l'air  qui  se  trouve  entre  la  boule  et  la  lame, 
n  est  bon  de  placer,  entre  le  tube  et  les  autres  appareils,  une  grande 


6l8      KIGHl.  —  LA  CONVBCTION  KLBCTEIQUE  SUIVANT  LES  LIGNES  DE  FORCE. 

lame  mince  d'aluminium  (ou  mieux  de  renfermer  le  tube  dans  une 
enceinte  métallique)  communiquant  avec  le  sol.  Le  résultat  de  l'expé- 
rience est  le  même  que  précédemment. 

La  forme  de  Tombre  et  la  place  qu'elle  occupe  indiquent  qu'elle 
est  projetée  par  les  lignes  de  force.  La  croix  arrête  mécaniquement 
celles  des  particules  électrisées  qui  se  meuvent  suivant  lesdites 
lignes,  qui  la  rencontrent,  de  manière  qu'elles  ne  peuvent  pas  aller 
déposer  leur  charge  sur  l'ébonite. 

La  poudre  jaune  qui  adhère  dans  l'ombre  y  est  attirée  parla  charge 
d'influence  de  l'armature. 

Pour  juger  jusqu'à  quel  point  les  trajectoires  des  particules  élec- 
trisées coïncident  avec  les  lignes  de  force,  j'ai  eu  recours  aux  sys- 
tèmes cylindriques,  comme  j'avais  fait  déjà  lors  de  mes  recherches 
sur  les  autres  cas  de  dispersion.* 

Au  lieu  de  la  boule,  on  emploie  un  long  cylindre  et,  au  lieu  de  la 
croix,  une  bande  rectangulaire  d'ébonite.  Les  lignes  de  force  sont 
alors  des  arcs  de  cercle,  et  il  est  aisé  de  calculer  d'avance  la  place 
que  l'ombre  de  la  bande  doit  occuper.  Après  l'expérience,  on  vérifie 
que  l'ombre  occupe  sensiblement  la  place  prévue. 

Il  me  semble  que  ces  expériences  montrent  bien  l'existence  d'une 
convection  suivant  les  lignes  de  force  et  viennent  ainsi  confirmer  mes 
vues  anciennes  sur  le  mécanisme  de  la  propagation  de  l'électricité 
dans  les  gaz. 

Je  suis  heureux  de  constater  l'accord  entre  ma  manière  de  voir  et 
celle  qu'a  formulée  récemment  M.  Villari  (*).  Ce  physicien  conclut, 
de  ses  ingénieuses  expériences,  que  la  dispersion  produite  par  les 
rayons  X  est  une  convection  :  mes  expériences  précisent  davantage 
le  mécanisme  du  phénomène,  en  indiquant  quelles  sont  les  trajec- 
toires parcourues. 


(*)  Comptes  rendus f  i3  juillet  1896. 


■—» « 


LA  MOBILITÉ  DES  IONS 


ET 


IKUR  VITESSE  DE  RECOMBINAISON  DANS  LES  GAZ  RÔNT6ENISÉS, 

Par  E.  RUTHERFORD. 
Traduit  de  l'anglais  par  H.  BËNARD. 


Philosophical  Magazine,  b*  série,  t.  XLIV,  nov.  1B97,  P*  433-44o- 


Rappel  des  expériences  (>)  montrant  que  Tair  rontgenisé  conserve  la  pro- 
priété de  décharger  les  corps  électrisés  positivement  et  négativement  pendant 
m  temps  court  après  que  les  rayons  ont  disparu. 

Dans  le  présent  Mémoire  on  a  étudié  la  durée  de  cette  persistance 
de  la  conductibilité  pour  l'air  et  les  autres  gaz  et,  à  l'aide  des  données 
ainsi  obtenues,  on  a  pu  déterminer  la  mobilité  des  ions  dans  dilTé- 
renfô  gaz. 

Deux  méthodes  distinctes  ont  été  employées  pour  déterminer  la 
durée  de  la  conductibilité,  et  toutes  les  deux  ont  donné  des  résultats 
concordants. 

!•  En  faisant  circuler  de  l'air  avec  une  vitesse  connue  le  long  d'un 
lube,  et  en  mesurant  la  conductibilité  à  différentes  distances  du  point 
où  agissent  les  rayons  ; 

2°  En  soumettant  le  gaz  à  une  force  éleclromotrice  à  des  intervalles 
de  temps  déterminés  après  la  disparition  des  rayons,  et  en  mesurant 
la  quantité  d'électricité  qui  a  traversé  le  gaz. 

Première  méthode. 

Un  cylindre  d'aluminium  était  relié  à  un  long  tube  de  laiton  de  i™ 
de  longueur  et  de  3*^™  de  diamètre.  Le  cylindre  d'aluminium  était 
placé  au-dessus  d'une  ouverture  ménagée  dans  la  boîte  métallique 
renfermant  la  bobine  et  le  tube  et  destinée  à  constituer  un  écran  élec- 


(')  J.-J.  Thomson  et  Me.  Glelland,  Proc.  Boy,  Soc^  t.  LIX,  1896;  J.-J.  Thomson 
et  RcTHERFORD,  PhU.  Atag.<,  novembre  1896,  Mémoire  traduit  dans  ce  Recueil. 


6aO  E.    RUTHBRFOnD. 

trique  parfait  contre  toutes  les  perturbations  électrostatiques  exté- 
rieures. Une  plaque  de  plomb  épaisse,  recouvrant  le  cylindre  d'alu- 
minium, protégeait  soigneusement  contre  tout  rayonnement  dirigé 
vers  les  régions  extérieures.  Le  tube  d'aluminium  était  relié  en  série 
avec  un  gazomètre  rempli  d'air,  dont  la  pression  était  réglable  à  l'aide 
de  poids  placés  au  sommet.  Avant  d'atteindre  le  tube  d'aluminium, 
l'air  traversait  un  tube  plein  de  coton  de  verre  destiné  à  le  débarrasser 
de  ses  poussières.  Trois  électrodes  égales  et  identiques,  isolées,  étaient 
placées  à  des  intervalles  connus  le  long  du  tube  de  laiton.  Le  tube  de 
laiton  était  relié  à  la  terre,  et  l'une  des  électrodes  à  l'électromètre. 
Les  deux  paires  de  quadrants  étaient  reliées  ensemble,  et  le  tout 
chargé  à  un  potentiel  élevé  (pratiquement,  environ  loo  volts).  On 
isolait  alors  les  deux  paires  de  quadrants  Tune  de  Tautre.  Quand  on 
excitait  les  rayons,  aucun  eflet  n'était  produit  sur  l'électromètre,  à 
moins  qu'on  ne  fît  circuler  dans  le  tube  un  courant  d'air  venant  du 
gazomètre  :  le  mouvement  de  l'aiguille  de  l'électromètre  montrait 
alors  que  l'air  passant  sur  les  électrodes  était  conducteur.  On  mesu- 
rait séparément  la  vitesse  de  déperdition  pour  chacune  des  électrodes, 
et  comme  la  capacité  du  circuit  de  l'électromètre  restait  à  peu  près 
identique  dans  les  trois  cas,  les  vitesses  de  déperdition  étaient  pro- 
portionnelles à  la  conductibilité  de  l'air  au  voisinage  de  chaque  élec- 
trode. 

En  notant  le  volume  d'air  qui  sortait  du  gazomètre  pendant  un 
temps  donné,  et  connaissant  le  diamètre  du  tube  métallique,  on  pou- 
vait calculer  facilement  la  vitesse  moyenne  du  courant  d'air,  et  par 
suite  aussi  les  intervalles  de  temps  employés  par  le  courant  d'air  pour 
passer  d'une  électrode  à  l'autre.  On  pouvait  faire  varier  à  volonté  la 
vitesse  du  courant  d'air,  en  changeant  les  poids  placés  sur  le  gazomètre. 

Le  Tableau  suivant  montre  de  quelle  façon  la  conductibilité  de 
Tair  variait  avec  la  durée  du  temps  écoulé  depuis  l'exposition  aux 
rayons.  La  première  colonne  donne  les  temps  employés  par  le  courant 
d'air  pour  passer  d'une  électrode  à  l'autre,  et  la  seconde  colonne  le 
rapport  des  vitesses  de  déperdition  des  électrodes. 


Temps  écoulé 

Rapport  des  vitesses 

en  secondes. 

de  déperdition. 

o,i3 

0,75 

0,22 

0,61 

o,a8 

0,57 

0,65 

0,39 

^,4 

0,1 1 

LA   MOBILITÉ   DES   IONS   ET    LEUR    VITESSE    DE    RECOMBINAISON.  G2I 

Oavoit  que  la  conductibilité  décroît  rapidement  avec  le  temps  el 
n  est  plus  que  -  de  la  valeur  primitive  au  bout  de  2%4' 

Il  se  peut  que  quelques-unes  des  particules  conductrices  aban- 
donnent leur  charge  aux  parois  en  circulant  dans  le  lubc,  mais  cette 
correction  est  probablement  très  petite  puisqu^il  n'y  a  pas  de  force 
agissant  sur  le  gaz  chargé  et  tendant  à  le  repousser  vers  les  parois, 
comme  c'est  le  cas  quand  il  y  a  électrisation  libre. 

Dans  le  Mémoire  de  J.-J.  Thomson  et  E.  Rutherford  déjà  cité,  on 
a  montré  que  dans  un  gaz  rontgenisé,  un  état  permanent  est  atteint 
quand  le  nombre  des  ions  produits  en  une  seconde  par  les  rayons 
(soit  q  ce  nombre  par  centimètre  cube)  est  égal  au  nombre  des  ions 
recombinés  pendant  le  même  temps. 

Si  N  est  le  nombre  final  des  ions,  on  a  alors 

2 étant  une  constante  pour  chaque  gaz  particulier,  mais  variant  d'un 
gaz  à  l'autre.  Après  la  suppression  des  rayons,  la  vitesse  de  diminu- 
lioo  du  nombre  n  de  particules  conductrices  est  donnée  par 

ce  qui  donne,  pour  le  nombre  n  des  ions  subsistant  au  bout  du 
temps  /, 

il  ï        I 

n       i> 

Le  temps  T,  nécessaire  pour  que  le  nombre  de  particules  conduc- 
trices tombe  à  la  moitié  de  sa  valeur,  est  donné  par 

D'ailleurs,  les  vitesses  de  déperdition  des  électrodes  sont  propor- 
tionnelles à  /i,  puisque  le  gaz  est  soumis  à  une  force  électromotrice 
suffisante  pour  le  saturer  complètement.  On  peut  comparer  les  vitesses 
de  déperdition  observées  à  différents  intervalles  avec  celles  que 
donne  la  formule  (3). 

Les  courbes  de  la  figure  i  permettent  de  faire  cette  comparaison  : 
la  courbe  tracée  d'un  trait  continu  donne  la  relation  expérimentale, 
la  courbe  pointillée  la  relation  théorique  entre  la  conductibilité  et  le 


r  j»  Jevx  oMrtm  le  poiot  P,  où  la  c 
:  -b!  sk  Takur  primitive. 


On  voii  que  les  deux  courbes  coïncident  bien,  les  écarts  étanl  de 
l'ordre  des  erreur*  d'expérience.  Ceci  montre  que  la  formule  (2)  re- 
préseDle  très  exactement  la  loi  de  reeombinaison  des  ions.  Cet  accord 
excellent  a  toujours  été  obtenu,  et  cela  pour  un  très  grand  nombre 
d'expérieDces  dans  lesquelles  rintensilé  de  la  radiation  variait  dans 
de  larges  proportions. 

DeuzièBa  méthod». 

La  méthode  précédente  n'était  applicable  qu'à  l'air,  à  cause  de  la 
grande  quantité  de  gaz  nécessitée  par  une  série  d'observations. 

La  méthode  suivante  pouvait  senir  à  déterminer  la  vitesse  de  re- 
cumbinaiaon  des  ions  pour  différents  gaz,  et  pour  des  valeurs  extrême- 
ment dîiTérentes  de  l'intensité  de  la  radiation. 

On  prenait  un  bocal  en  verre  dont  le  fond  était  couvert  d'une  lame 
mince  d'ébonite.  Une  électrode  centrale  atteignant  presque  le  fond 
du  bocal  était  isolée  à  l'iiide  d'un  bouchon  de  paraffine  fermant  le 
goulot.  L'extérieur  du  bocal  était  couvert  de  papier  d'étaîn  relié 
métalliquement  à  l'intérieur.  Le  bocal  était  placé  sur  des  blocs  isolants 
au-dessus  d'une  fenéire  couverte  d'aluminium  qui  avait  été  ménagée 


LA  MOBILITÉ   DBS   IONS  ET  LEUR   VITESSE   DE   RECOMBINAISON.  6^3 

dans  la  boîte  métallique  contenant  le  tube  de  Crookes,  ce  dernier 
juste  au-dessous  du  bocal. 

Pour  déterminer  la  conductibilité  rémanente,  on  faisait  fonctionner 
la  bobine  pendant  quelques  secondes,  puis  on  l'arrêtait.  A  intervalles 
déterminés  après  la  disparition  des  rayons,  on  appliquait  une  grande 
force  électromotrice  à  l'armature  extérieure  du  bocal,  et  l'on  déter- 
minait la  quantité  d'électricité  cédée  à  l'électrode  centrale. 

Un  pendule  servait  d'interrupteur  pour  couper  le  circuit  de  la  pile 
et  appliquer  Im  force  électromotrice  à  différents  intervalles.  Une 
sphère  pessnte  en  fer  était  suspendue  par  un  fil  métallique  long 
de3"yi5y  et  les  contacts  rompus  par  une  petite  tige  fixée  au-dessous 
de  la  sphère. 

La  figure  s  représente  la  disposition  de  l'expérience.  Le  circuit 
primaire  de  la  bobine  était  fermé  par  le  levier  de  laiton  AB,  qui 
pressait  conlre  un  support  de  cuivre  C.  Le  pendule,  en  frappant  le 

Fig.  2. 


fareoun  du  fiindule 


batterie 
d 'aecum  uia  teurt 


TêPi*9  _y  '  il   Terre 


le\ier  AB,  le  repoussait  loin  de  C  et  rompait  le  circuit.  Pour  appli- 
quer une  force  électromotrice  élevée  à  un  instant  déterminé,  on  avait 
recours  à  une  méthode  de  shunt  de  fonctionnement  très  pratique. 
Une  batterie  de  cent  petits  accumulateurs  avait  un  pôle  relié  à  la 
terre,  et  l'autre  au  support  de  cuivre  E,  par  l'intermédiaire  d'une 
résistance  élevée  R  en  charbon.  Un  fil  métallique  reliait  E  au  papier 
d'étain  recouvrant  l'extérieur  H  du  bocal  conducteur.  Le  levier  DF, 
maintenu  pressé  contre  E  par  un  ressort,  était  soigneusement  mis  en 
communication  avec  le  sol.  Par  suite,  le  levier  étant  en  position,  le 
vase  H  était  presque  exactement  au  potentiel  zéro,  car  la  résistance 
du  levier  DF  et  des  conducteurs  reliés  au  sol  était  très  faible  com- 
parée à  la  résistance  en  charbon  R.  Quand  le  pendule  venait  frapper 
le  levier  DF,  la  communication  avec  le  sol  était  rompue,  et  le  bocal  H 


624  E.    RUTHKRFORD. 

immédiatenieiit  chargé  au  potentiel  de  la  batterie.  En  faisant  varier 
la  distance  comprise  entre  les  deux  leviers,  on  pouvait  faire  varier 
entre  certaines  limites  l'intervalle  de  temps  compris  entre  la  rupture 
du  circuit  primaire  et  l'application  de  la  force  électromotrice. 

Aussitôt  après  le  passage  du  pendule,  le  levier  DF  revenait  en  place, 
ramenant  ainsi  de  nouveau  le  vase  H  au  potentiel  zéro.  Pour  éviter 
une  déviation  brusque  de  l'électromètre  lors  de  l'application  de  la 
force  électro motrice  au  vase  H  et  de  son  enlèvement,  l'électromètre 
n'était  pas  relié  directement  à  L  avant  que  le  levier  n'ait  été  remis 
en  place.  La  capacité  M  était  introduite  afin  d'empêcher  le  potentiel 
du  circuit  LM  d'atteindre  une  valeur  élevée  lors  de  l'application  de 
la  force  électromotrice  au  vase  H. 

On  trouvait  que  l'application  et  l'enlèvement  de  la  force  électro- 
motrice, à  eux  seuls,  ne  produisaient  aucun  effet  sur  l'électromètre; 
mais,  quand  les  rayons  avaient  agi  sur  le  gaz  contenu  à  l'intérieur  du 
bocal,  il  y  avait  toujours  une  déviation  de  l'électromètre,  montrant 
que  l'électrode  L  avait  reçu  une  charge  de  même  signe  que  le  pôle  de 
la  batterie. 

Comme  la  force  électromotrice  employée  dépassait  habituellement 
200  volts,  valeur  suffisante  pour  saturer  complètement  le  gaz,  la 
quantité  d'électricité  qui  traversait  le  gaz  était  proportionnelle  au 
nombre  n  des  ions  présents  dans  le  gaz  au  moment  de  l'application 
de  la  force  électromotrice,  tandis  qu'en  appliquant  la  force  électro- 
motrice  aussitôt  après  la  disposition  des  rayons,  on  obtenait  le  nombre 
total  N . 

On  pouvait  donc  ainsi  complètement  déterminer  la  vitesse  de  re- 
combinaison des  ions,  car  on  pouvait  calculer  très  exactement  les 
temps  mis  par  le  pendule  pour  passer  d'un  levier  à  l'autre. 

Le  Tableau  suivant  montre  de  quelle  façon  variait  la  déviation  de 
l'électromètre  avec  le  temps  écoulé  depuis  la  disparition  des  rayons, 
le  bocal  étant  rempli  d'air  débarrassé  de  toute  poussière. 

Intervalle  de  temps  Dévialion 

en  secondes.  de  réiectrométre. 

0,004 184 

0,08 i83 

0,4-^ 106 

2 37 

4 19 

La  valeur  de  la  déviation  est  pratiquement  constante  pendant  en- 


LA  MOBILITÉ  DES  I0N8  ET  LEUR  VITESSE  DE  RECOMBINAISON.  6'l5 

vîron  o%i  après  que  les  rayons  ont  disparu.  Après  un  intervalle  de 
4%  Tair  possède  encore  une  conductibililë  appréciable. 

Puisque  les  gaz  ont  des  conductibilités  extrêmement  différentes 
sous  Faction  des  rayons  de  Rcintgen,  il  faut  s'attendre  à  ce  que  la  vi- 
tesse de  recombinaison  soit  différente  pour  les  divers  gaz. 

Les  Tableaux  suivants  donnent  les  intervalles  de  temps  T  néces- 
saires pour  que  le  nombre  des  ions  tombe  à  la  moitié  du  nombre  pri- 
mitif. L'intensité  de  la  radiation  était  sensiblement  la  même  pour 
tous  les  gaz. 

Conductibililë 
comparée 
T  à  celle  de  l'air  prise 

Gaz.  en  secondes.  pour  unité. 

Hydrogène o ,  65  o ,  5 

Air o,3  I 

Gaz  chlorhydrique o,35  ii 

Gaz  carbonique o,5(  i  ^i 

Gaz  sulfureux o,4^  4 

Chlore o,i8  i8 


11  ne  semble  pas  y  avoir  de  relation  simple  entre  les  valeurs  de  T 
et  les  conductibilités  :  cependant,  règle  générale,  on  peut  admettre 
que  la  valeur  de  T  diminue  quand  la  conductibilité  augmente. 

On  a  trouvé,  toutefois,  que  la  vitesse  de  recombinaison  n'est  pas 
toujours  la  même  pour  le  même  gaz,  en  employant  la  même  intensité 
de  radiation,  mais  dépend  beaucoup  de  la  quantité  de  poussière  en 
suspension  dans  le  gaz,  ainsi  qu'on  le  verra  un  peu  plus  loin. 

Inflaence  de  l'intensité  de  la  radiation  sur  la  valeur  de  T. 

On  a  trouvé  que  l'intensité  de  la  radiation  pour  un  même  gaz  a 
une  grande  influence  sur  la  valeur  de  T.  C'est  ce  que  des  considéra- 
lions  théoriques  permettent  de  prévoir,  car,  des  équations  (i)  et  (4), 
on  déduit 

1 J I  •  T  =      ' 


v/^ 


Si  donc  a  est  une  constante  pour  un  même  gaz  dans  le  même  étal,  T 

varie  en  raison  inverse  de  \/q.  Cette  relttion  a  été  vérifiée  expéri- 
luenlalcment,  car  q  est  proportionnel  à  l'intensité  de  la  radiation,  qui 
varie  elle-même  en  raison  inverse  du  carré  de  la  distance  à  ranipoule 
productrice  des  rayons. 

S.  P.  4o 


626  K.    BUTHERFOED. 

Par  exemple,  pour  une  intensité  déterminée  de  la  radiation,  la  va- 
leur de  T  était  o%25.  En  plaçant  une  feuille  épaisse  d'aluminium 
au-dessous  du  récipient  conducteur,  ce  qui  réduit  Tintensilé  de  la 
radiation  à  -J-  de  sa  valeur  primitive,  la  valeur  de  T  s'est  élevée  à  o%6. 

Pour  une  faible  radiation,  les  valeurs  de  T  sont  beaucoup  plus 
grandes  que  pour  une  forte  radiation. 


Temps  écoulé  en 

secondes. 

Déviations 

0,004 

174 

0,45 

139 

a 

107 

4 

^4 

8 

3o 

16 

16 

Le  Tableau  ci-dessus  montre  la  variation  de  la  conductibilité  réma- 
nente avec  le  temps  pour  une  très  faible  radiation.  La  valeur  de  T  est 
d'environ  3%  et  même,  au  bout  de  16*,  -j^  du  nombre  primitif  d'ions 
sont  encore  non  combinés. 

De  l'air  situé  à  1'"  d'un  tube  de  Crookes  ordinaire  possède  encore 
une  proportion  tout  à  fait  notable  de  sa  conductibilité  plus  d'une 
minute  après  que  les  rayons  ont  disparu. 


Influence  des  fines  particules  suspendues  dans  nn  gas  snr  la  vitesse 

avec  laquelle  il  perd  sa  conductibilité. 

On  a  trouvé  que  la  valeur  de  T  variait  beaucoup  pour  le  même  ^az 
avec  la  même  intensité  de  radiation.  Si,  par  exemple,  on  faisait  passer 
pour  la  première  fois  du  chlore  dans  le  récipient,  la  valeur  de  T 
élaîto*,i9;  après  un  séjour  de  i  heure,  la  valeur  de  T  s'élevait  à  o%3, 
bien  que  la  conductibilité  du  gaz  mesurée  par  la  méthode  habituelle 
fût  trouvée  inaltérée.  On  a  constaté  dans  tous  les  cas  que  les  gaz 
récemment  préparés  perdent  leur  conductibilité  plus  vite  que  lors- 
qu'on les  a  laissés  en  repos  pendant  quelque  temps. 

La  raison  de  ce  fait  n'était  pas  évidente  au  premier  abord,  mais  les 
expériences  ultérieures  sur  l'influence  de  la  poussière  dans  l'air  ont 
conduit  à  la  conclusion  qu'il  était  dû  à  la  présence  de  matières  fine- 
ment divisées,  liquides  ou  solides,  existant  dans  le  gaz  frcuchemenl 
préparé.  On  a  trouvé  la  valeur  de  T  plus  grande  pour  un  gaz  ayant 
circulé  dans  un  long  lubc  plein  d'ouate  que  si  l'ouate  était  enlevée. 


LA   MOBIUTÉ   DES  IONS.  ET  LEUR   VITESSE  DE   RECOIIBINAISON.  627 

Ceci  est  probablement  dû  à  ce  fait  que  lé  coton  empêchait  les  fines 
particules  de  passer  à  travers  ses  pores. 

On  a  trouvé  que  la  présence  de  poussières  dans  Tair  avait  une 
grande  influence  sur  la  conductibilité  rémanente.  Comme  exemple  de 
l'influence  des  poussières,  nous  pouvons  citer  rexpérience  suivante  : 

Le  cylindre  était  rempli  d'air  filtré  à  travers  un  tampon  de  coton, 
puis  laissé  en  repos  toute  la  nuit,  et  la  valeur  de  la  conductibilité 
rémanente  mesurée  le  lendemain  sans  agiter  le  gaz. 

La  quantité  d'électricité  qui  traversait  le  gaz  après  la  disparition  des 
rajons  donnait  une  déviation  de  70  divisions  à  Télectromètre,  et  la 
valeur  de  T  était  de  i*.  On  envoyait  alors  dans  le  cylindre,  avec  un 
soufllel,  un  jet  d'air  chargé  de  poussières  et  la  déviation  due  à  la  con- 
ductibilité rémanente  tombait  immédiatement  à  i5  divisions  avec  une 
\aleur  de  T  d'environ  0% i5.  Quand  on  laissait  reposer  l'air,  l'eflet 
rémanent  augmentait  graduellement  jusqu'à  35  divisions,  avec  une 
valeur  de  T  égale  à  0%  5,  au  bout  d'un  intervalle  de  10  minutes  envi- 
ron. 11  s'écoulait  plusieurs  heures  avant  que  refFel  montât  à  60  divi- 
sions. Celte  expérience  montre  combien  T  varie  pour  un  même  gaz, 
puisqu'il  dépend  de  la  quantité  de  matières  puhérulentes  en  suspen- 
sion dans  ce  gaz. 

Lesell'els  observés  dans  l'air  et  dans  d'autres  gaz  semblent  conduire 
à  celle  conclusion  que  les  particules  libres  et  en  suspension  aident 
beaucoup  un  gaz  à  perdre  ses  proj)riétés  conductrices  après  la  dispa- 
rition des  ravons. 

G)mme  les  particules  de  poussière  ont  des  dimensions  considéra- 
bles en  comparaison  des  ions,  un  ion  a  plus  de  chances  de  venir  frap- 
per un  grain  de  poussière  en  lui  cédant  sa  charge  ou  d  adhérer  à  sa 
surface,  <jue  de  rencontrer  un  ion  de  signe  contraire.  Un  ion  positif 
qui  >ient  heurter  une  particule  de  poussière  lui  donne  une  charge 
positive,  et  celle-ci  est  neutralisée  par  une  charge  provenant  d'un  ion 
négatif;  de  cette  façon,  la  conductibilité  disparaît  beaucoup  plus  \ile 
que  si  la  perte  de  conductibilité  était  due  à  des  collisions  entre  les 
ions  eux-mêmes.  11  semble  probable  que,  si  l'on  pouvait  obtenir  un 
gaz  complètement  privé  de  poussières,  la  vitesse  de  recombinaison, 
qui  serait  due  entièrement  à  des  collisions  moléculaires,  serait  beau- 
coup plus  faible  que  pour  l'air  ordinaire. 

Quand  les  rayons  agissent  sur  un  gaz,  le  nombre  des  ions  par  cen- 
timètre cube  augmente  jusqu'à  ce  qu'un  état  déterminé  soit  atteint 
dans  lequel  la  \itesse  de  production  soit  égale  à  la  vitesse  de  recom- 
binaison. 11  est  intéressant  de  trouver  l'intervalle  de  temps  qui  s'écoule 


628  E.   EUTBERFORD. 

depuis  que  la  radiation  a  été  établie  jusqu^à  ce  que  ce  maximum  soit 
atteint.  Dans  la  plupart  des  expériences,  il  y  avait  généralement,  par 
seconde,  5o  ruptures  du  primaire  de  la  bobine  d'induction,  de  sorte 
que  pour  le  calcul  nous  pouvons,  avec  une  grande  approximation, 
supposer  que  Tampoule  débitait  des  rayons  uniformément,  l'intensité 
correspondant  à  la  production  de  q  ions  par  centimètre  cube  et  par 
seconde.  La  vitesse  avec  laquelle  n  croît  est  donnée  par 

(6)  _=y_«„«. 

En  intégrant  cette  équation,  on  voit  facilement  que  le  temps  t  né- 
cessaire à  la  production  de  n  ions  par  centimètre  cube  dans  le  gaz  est 
donné  par 


(7)  <=— |=:Iog 

a  Vga 


l/î- 


log  désignant  le  logarithme  naturel.  Quand  le  nombre  maximum  N 
est  atteint,  on  a 


dn  _.. 

-^  =  o         et  q  =  aN*. 


Donc 


(8)  t=   jrrlOg  , 


si  l'on  pose 


n 


(9)  r=^ 

Si  maintenant  T  désigne  le  temps  nécessaire  pour  que  le  nombre 
des  ions  tombe  à  la  moitié  de  sa  valeur  après  la  disparition  des  rayons^ 
on  a,  en  tenant  compte  de  la  formule  (4), 


2       °  I  —  /' 


ou 


bien 


(lo)  ^^Ti — 


LA  MOBILITÉ  DBS   IONS  ET  LEUR  VITESSE  DE  RECOMBINAISON.  629 

Le  Tableau  suivant  donne  les  valeurs  de  r  tirées  de  réquation  pré- 
cédente pour  différentes  valeurs  de  t  : 

t'  r. 

o,i'i5  0,123 

o,25  0,245 

0,5  0,462 

I  0,736 

a  0,878 

4  0,998 

Par  exemple,  dans  le  cas  de  l'air  au  voisinage  du  tube  de  Crookes, 
T  est  égal  à  o',3.  Par  suite,  en  o*,i5,  le  nombre  des  ions  est  égal  à 
emiron  la  moitié  de  sa  valeur  finale.  Après  un  intervalle  de  i%  le 
nombre  des  ions  a  pratiquement  atteint  sa  valeur  maximum.  Pour 
l'air  situé  à  environ  i"  de  la  source  de  radiation,  la  valeur  de  T  est 
beaucoup  plus  grande,  et  plusieurs  secondes  s'écouleront  avant  que 
le  nombre  n'approche  de  sa  valeur  finale. 


Vitesse  des  ions. 

La  détermination  de  la  vitesse  a\ec  laquelle  les  ions  se  déplacent  à 
travers  un  gaz  sous  l'influence  d'une  force  électromolrice  est  une 
question  présentant  un  intérêt  considérable,  car  elle  nous  renseigne 
indirectement  sur  la  nature  et  les  dimensions  des  particules  transpor- 
tant l'électricité  par  conduction  sous  l'action  des  rayons  de  Rontgen. 

La  méthode  de  détermination  des  vitesses  était  basée  sur  un  calcul 
donné  dans  le  Mémoire  déjà  cité  de  J.-J.  Thomson  et  E.  Rutherford. 

L'auteur  rappelle  les  équations  (5)  et  (6)  de  ce  Mémoire  (voir  ce  Recueil), 
l'équation  (6)  étant  obtenue  quand  la  différence  de  potentiel  E  est  choisie  de 

façon  que  -  soit  petit.  Se  rapporter  à  ce  Mémoire  pour  la  signification  des 

sjmboles.  L'équation  (6)  était 

i  _  EUT 
I  ~     /*    * 

Toutes  les  quantités  qui  figurent  dans  cette  équation  peuvent  être 
mesurées,  de  sorte  que  la  vitesse  peut  être  immédiatement  calculée. 
En  pratique,  la  valeur  de  E  était  choisie  d'un  ordre  tel  que  la  valeur 
du  courant  i  correspondant  fût  égale  à  environ  ^  du  courant  de  satu- 
ration I. 


63o  E.   RUTHKRFORD. 

Le  rapport  r  n'est  pas  constant  pour  un  même  gaz  et  pour  une 

même  valeur  du  champ  électrique,  car  il  dépend  de  l'intensité  de  la 
radiation  et  aussi  de  la  vitesse  de  rerombinaisoh  des  ions,  qui,  à  son 
tour,  dépend  dans  une  large  mesure,  pour  une  même  intensité  de 
radiation,  de  la  quantité  de  poussières  et  autres  matières  solides  con- 
tenues dans  le  gaz. 

Bien  que  ces  quantités  soient  variables,  la  somme  U  des  deux  mo- 
bilités est  une  constante,  car  sa  valeur  est  tout  à  fait  indépendante  de 
la  valeur  de  T  ou  de  l'intensité  de  la  radiation. 

Les  courbes  indiquant  la  relation  entre  le  courant  et  la  force  élec- 
tromotrice pour  l'air  et  d'autres  gaz  qui  ont  été  données  dans  le 
Mémoire  cité  offrent  une  pente  très  variable,  car  elle  est  différente 
suivant  que  le  gaz  est  fraîchement  préparé  ou  bien  a  été  laissé  en 
repos  pendant  quelque  temps. 

En  vue  d'une  détermination  de  la  vitesse  des  ions,  la  valeur  de  T 
demande  à  être  connue  avec  précision;  mais  ce  n'est  pas  très  facile 
quand  on  emploie  un  pendule  comme  interrupteur  ;  de  plus,  l'inten- 
sité de  la  radiation  émanée  du  tube  de  Crookes,  qui  influe  beaucoup 
sur  la  valeur  deT,  est  tout  à  fait  susceptible  de  modifications  pendant 
une  longue  série  d'expériences.  On  a  donc  eu  recours  pour  détermi- 
ner T  à  une  méthode  plus  simple,  qui  a  donné  des  résultats  très  con- 
cordants et  dignes  de  confiance.  Des  équations  (i)  et  (4)  du  Mémoire 
actuel,  on  tire 

„)  T=î!. 

« 

D'une  part,  si  l'on  vient  à  appliquer  au  récipient  d'épreuve  une 
très  grande  force  électromotrice  aussitôt  après  que  les  rayons  ont 
disparu,  la  déviation  de  l'électromètre  est  proportionnelle  à  N.  D'autre 
part,  q  est  proportionnel  à  la  vitesse  de  déperdition  par  seconde  pour 
une  force  électromotrice  saturante.  Le  rapport  de  ces  deux  quantités 
est  donc  aisément  déterminé  et  la  valeur  de  T  connue. 


Disposition  de  rezpérience. 

Le  récipient  d'épreuve  était  limité  par  deux  plateaux  parallèles,  le 
plateau  inférieur  en  aluminium  et  le  plateau  supérieur  en  plomb.  Ces 
plateaux  étaient  séparés  et  isolés  l'un  de  Tautre  par  des  blocs  de  pa- 
raffine qui,  fondus  ensemble,  constituaient  en  même  temps  les  cotés 


LA  MOBILITÉ   DES   I0N8  ET  LEUR    VITESSE  DE  REG0MBINAI80N.  63  f 

du  récipient.  Dans  l'appareil  employé,  les  plaleaux  avaient  22*"*'  et 
étaient  situés  à  4*^"?  7  d'intervalle.  Les  rayons  traversaient  le  plateau 
d*aluininium  et  rendaient  conducteur  le  gaz  contenu  dans  cette  sorte 
de  boîte,  mais  étaient  complètement  arrêtés  par  le  plateau  de  plomb. 
On  avait  soin  que  la  radiation  tombât  seulement  dans  la  région  cen- 
trale du  plateau  où  le  champ  électrostatique  était  sensiblement  uni- 
forme. 

La  disposition  de  l'appareil  était  la  même  que  celle  donnée  figure  2, 
si  ce  n'est  que  le  bocal  était  remplacé  par  la  boîte  limitée  par  deux 
plateaux  parallèles.  L'un  des  pôles  d'une  batterie  de  petits  accumu- 
lateurs était  relié  au  plateau  inférieur  et  l'électromètre  au  plateau 
supérieur. 

Pour  déterminer  N,  on  appliquait  une  force  électromotrice  de 
200  volts  au  plateau  inférieur,  aussitôt  après  la  suppression  des 
rayons.  Les  deux  leviers  interrupteurs  étaient  tout  près  l'un  de 
l'autre;  la  méthode  employée  pour  rompre  le  courant  et  établir  la 
force  électromotrice  a  été  indiquée  plus  haut.  On  déterminait  la 
valeur  de  q  en  notant  la  déperdition  par  seconde  pour  une  force  élec- 
Iromotrice  saturante  de  200  volts.  Enfin,  on  obtenait  la  valeur  de  i 
en  appliquant  au  plateau  inférieur  une  force  électromotrice  de  2  volts 
ou  davantage,  et  en  mesurant  la  vitesse  de  déperdition. 

Le  Tableau  suivant  donne  les  valeurs  obtenues  dans  différents  gaz 

pour  T,  I  et  U.  T  est  exprimé  en  secondes,  U  en  centimètres  par 
seconde.  Les  valeurs  de  -z  sont  données  pour  une  chute  de  potentiel 

de  o,  I  volt  par  centimètre  entre  les  deux  plateaux.  Les  valeurs  de  j 

sont  seulement  approchées  et  sont  déduites  des  valeurs  observées,  en 
supposant  la  loi  d'Ohm  applicable  pour  des  forces  électromotrices 
faibles  en  comparaison  des  forces  électromotrices  saturant  le  gaz.  Les 

rapports  de  j  étaient  déterminés  pour  diverses  forces  électromotrices 

dans  les  différents  gaz.  Par  exemple,  la  valeur  de  z  dans  l'hydrogène 
«^lait  0,32  pour  une  différence  de  potentiel  de  1,4  volt  entre  les  deux 
plateaux,  tandis  que  la  valeur  de  -.  dans  le  gaz  sulfureux  était  0,066 
pour  une  différence  de  potentiel  de  9,3  volts  entre  les  plateaux. 


632  E.    RUTBERFORD. 

Tableau  des  vitesses. 

f 
Ga*.  T.  ï*  U. 

H« 0,4  0,108  10,4 

0« 0,4  0,021  2,8 

Az» o,3i  0,019  3,2 

Air 0,29  0,019  3,2 

CO' ....  0,34  o,oi5  2,i5 

SO' 0,17  o,oo33  0,99 

Cl* 0,21  o,oo85  2 

HCI 0,18  0,01  2,55 

On  voit  que  les  mobilités  des  ions  suivent  l'ordre  inverse  des  den- 
sités, à  l'exception  du  chlore.  La  mobilité  de  l'ion  hydrogène  dans 
l'hjdrogène  est  à  peu  près  quatre  fois  plus  grande  que  la  vitesse  de 
l'ion  oxygène  dans  l'oxygène.  Les  ions  de  gaz  sulfureux  ont  donné  la 
mobilité  la  plus  faible,  égale  seulement  à  ^  de  celle  des  ions  de  l'hy- 
drogène. 

On  a  constaté  que  la  mobilité  des  ions  dans  un  gaz  ne  dépend  pas 
de  la  plus  ou  moins  grande  ionisation  du  gaz  :  on  a  trouvé  les  mêmes 
mobilités  dans  deux  séries  d'expériences,  la  radiation  étant  dans  un  cas 
six  fois  plus  intense  que  dans  l'autre;  dans  un  cas,  il  y  avait  donc  six 
fois  plus  d'ions  par  centimètre  cube  que  dans  l'autre,  mais  la  mobilité 
restait  la  même.  Ainsi,  il  n'y  a  pas  de  correction  à  apporter  à  la  vi- 
tesse des  ions  dans  un  gaz  comme  le  chlore,  où  l'ionisation  est  grande 
comparée  à  celle  de  l'air.  Le  fait  que,  pour  une  faible  force  électro- 
motrice  donnée,  la  mobilité  ne  dépend  pas  du  nombre  d'ions  con- 
tenus par  centimètre  cube  de  gaz,  montre  que  le  mouvement  des  îons 
positifs  et  négatifs  ne  produit  aucun  champ  électrostatique  résultant 
entre  les  plateaux. 

Dans  la  méthode  employée  pour  déterminer  la  mobilité,  on  a  sup- 
posé la  conductibilité  du  gaz  due  uniquement  à  l'ionisation  rapportée 
à  chaque  élément  de  volume  du  gaz.  Cependant,  J.  Perrin  (^)  a  ré- 
cemment montré  que  la  vitesse  de  déperdition  entre  deux  plateaux  se 
compose  de  deux  parties,  l'une  due  à  l'ionisation  par  élément  de  vo- 
lume du  gaz,  l'autre  à  l'ionisation  superficielle  à  la  surface  de  sépa- 
ration du  plateau  métallique  sur  lequel  tombent  les  rayons,  et  du  gaz 
environnant.  La  vitesse  de  la  décharge  produite  par  cette  action  de 
surface  est  tout  à  fait  comparable  à  celle  que  produit  l'ionisation  de 

(')  Comptes  rendus,  1"  mars  1897. 


L\   MOBILITÉ  DES   IONS   ET   LEUR   VITESSE   DK   RECOMBINAISON.  633 

volume  quand  les  plateaux  sont  à  i*^'"  Tun  de  l'autre,  en  particulier 
quand  les  électrodes  sont  d'argent,  d'or  ou  de  zinc. 

Il  semble  probable  que  le  gaz  conligu  à  la  surface  du  plateau  sur 
lequel  tombe  la  radiation  présente  une  densité  d'ionisation  bien  plus 
grande  que  le  gaz  compris  entre  les  plateaux;  et  comme  cet  accrois- 
sement d'ionisation  est  limité  à  une  couche  très  mince  contiguë  à 
réleclrode,  il  semble  que  la  vitesse  de  recombinaison  des  ions  super- 
ficiels doit  être  beaucoup  plus  grande  que  pour  l'air  runtgenisé  situé 
à  quelque  distance  de  la  surface.  L'existence  de  cet  elTet  tendrait  à 
augmenter  la  vitesse  de  déperdition  q\  au  contraire,  le  nombre  N  des 
ions,  déterminé  par  l'application  d'une  force  électromotrice  très  peu 
de  temps  après  la  suppression  des  rayons,  ne  serait  pas  modifié  de 
façon  appréciable,  puisque  les  ions  voisins  de  la  surface  se  recom- 
binent probablement  avec  une  grande  rapidité.  La  valeur  de  T,  dé- 
duite de  l'équation  (i  i),  serait  donc  trop  faible.  La  correction  due  à 
l'ionisation  superficielle  est,  toutefois,  probablement  très  faible,  car 
le  plateau  inférieur  était  en  aluminium,  métal  qui  ne  présente  pas 
sensiblement  ce  phénomène  de  l'ionisation  superficielle,  et  le  plateau 
supérieur  en  plomb,  pour  lequel  l'effet  est  faible.  Ajoutons  que  la 
distance  comprise  entre  les  plateaux  était  d'environ  5*^™,  de  sorte  que 
l'ionisation  due  au  volume  gazeux  était  très  grande  en  comparaison 
de  l'ionisation  due  à  la  surface. 

Les  valeurs  de  U  déterminées  sont  la  somme  de  la  mobilité  de  l'ion 
positif  et  de  celle  de  l'ion  négatif,  mais  nous  n'avons  nullement,  jus- 
qu'à présent,  démontré  expérimentalement  que  ces  mobilités  soient 
identiques. 

Dans  le  cas  de  l'air,  l'expérience  qui  suit  semble  montrer  que  les 
vitesses  des  deux  ions  sont  égales  ou  à  peu  près  égales. 

Dans  les  recherches  précédentes,  le  calcul  de  la  mobilité  des  ions 
dépendait  de  l'exactitude  d'une  équation  que  l'on  a  vérifiée  autant  que 
possible  par  l'expérience,  mais,  dans  le  cas  de  l'air,  la  vitesse  peut 
sobtenir  par  une  méthode  qui  n'implique  aucune  théorie  sur  la  vi- 
tesse de  recombinaison  des  ions. 

Deux  grands  plateaux  plans  A  et  B  ^fig^  3)  étaient  placés  parallè- 
lement, à  i6^™  d'intervalle,  sur  des  blocs  isolants  C  et  D.  L'ampoule 
était  disposée  de  telle  façon  que  les  rajons  deRonlgen  tombaient  sur 
le  plateau  A  et  sur  la  moitié  du  volume  d'air  compris  entre  A  et  B. 
Aucun  rayon  n'atteignait  l'air  situé  à  gauche  du  plan  représenté  par 
la  ligne  pointillée  EF  à  8*^™  de  chaque  plateau.  Le  plateau  A  était 
relié  à  l'une  des  extrémités  d'une  grande  batterie  d'accumulateurs, 


634 


E.    RUTIIERPORD. 


l'autre  pôle  étant  relié  à  la  terre.  L'autre  plateau  B,  par  l'intermé- 
diaire d'un  levier  [jM  à  contact,  monté  sur  un  hloc  isolant,  était  relié 
à  Tune  des  paires  de  quadrants  d'un  éleclromclre,  Fautre  paire  étant 


Fig.  3. 


B 


T. 


t)  la  batterie 
d  *  accumulateurs 


reliée  au  sol.  Le  pendule  interrupteur  était  disposé  de  façon  à 
fermer  le  circuit  du  primaire  de  la  bobine  d'induction,  rompre  le 
circuit  de  Télectromètre  en  frappant  le  levier  LM,  et  enfin  rompre  le 
circuit  de  la  batterie,  peu  de  temps  après.  Dans  ce  but,  il  fallait  deux 
autres  leviers  en  dérivation  qui  ne  sont  pas  représentés  sur  la  figure. 
{in  condensateur  N  était  introduit  dans  le  circuit  de  rélectromélre 
pour  augmenter  sa  capacité.  On  établissait  une  différence  de  poten- 
tiel permanente  de  200  volts  entre  les  deux  plateaux. 

Quand  Tampoule  fonctionnait,  les  ions  produits  d'un  seul  coté 
avaient  à  traverser  une  distance  de  8*"*"  avant  d'atteindre  le  plateau  B. 
Le  but  de  l'expérience  était  de  déterminer  l'intervalle  de  temps 
écoulé  entre  le  départ  des  rayons  et  l'arrivée  des  ions  sur  le  pla- 
teau B.  On  a  trouvé  que  la  déviation  de  l'électromètre,  d'abord  très 
faible,  se  mettait  à  croître  rapidement  au  bout  d'un  intervalle  de  temps 
déterminé.  C'est  cet  instant  qui  fut  regardé  comme  celui  où  les  ions 
avaient  atteint  l'électrode.  La  déviation  de  l'électromètre  était  pro- 
portionnelle à  la  quantité  d'électricité  qui  avait  passé  de  A  à  B  pen- 
dant le  temps  écoulé  entre  l'établissement  du  courant  et  la  rupture  du 
circuit  de  l'électromètre.  L'électromètre  lui-même  n'était  relié  avec 
son  circuit  que  lorsque  les  contacts  avaient  été  rompus. 

On  a  trouvé  que  la  déviation  de  l'électromètre  commençait  à  croître 
rapidement  quand  les  rayons  avaient  agi  pendant  0%  36.  La  différence 
de  potentiel  entre  les  plateaux  étant  de  220  volts,  l'intensité  du  champ 
était  de  18,75  volts  par  centimètre.  Par  conséquent,  pendant  o%36, 
avec  une  chute  de  potentiel  de  13,^5  volts  par  centimètre,  les  ions 


L4  MOBILITÉ   DES   IONS  ET   LEUR   VITESSE   DE  RECOIIBINAISON .  635 

avaient  parcouru  une  distance  de  8*^"  :  cela  donne  une  vitesse  de  Fion 
dans  un  champ  unité  égale  à  l'^^jG  par  seconde;  ce  nombre  repré- 
sente la  mobilité,  soit  d'un  ion  posilif,  soit  d'un  ion  négatif,  car  Tin- 
lervalle  de  temps  mesuré  a  été  trouvé  indépendant  du  signe  de  l'ion. 
La  somme  des  mobilités  de  l'ion  positif  et  de  l'ion  négatif  est  donc 
3*'"*,2   par  seconde,  résultat  concordant  très  bien  avec  celui  trouvé 
pour  Tair  par  une  méthode  complètement  indépendante.  La  concor- 
dance parfaite  de  ces  deux  résultats  fournit  une  confirmation  excel- 
lente de  la  théorie  qui  a  servi  à  déterminer  les  mobilités  des  ions  de 
diflerents  gaz. 

Les  vitesses  avec  lesquelles  les  ions  se  déplacent  à  travers  les  gaz 
sont  énormément  plus  grandes  que  les  vitesses  des  ions  dans  l'élec- 
irolyse  des  liquides.  La  vitesse  de  l'ion  hydrogène  dans  de  l'eau 
presque  pure  est  de  i^™,o8  par  heure  sous  une  chule  de  potentiel 
de  I  volt  par  centimètre;  de  sorte  que  la  vitesse  de  l'ion  hydrogène 
dans  la  conduction  produite  par  les  rayons  de  Rontgen  est  plus  de 
36ooo  fois  plus  grande. 

A  l'aide  de  considérations  basées  sur  la  théorie  cinétique  des  gaz,  on 
peut  déterminer  la  vitesse  avec  laquelle  un  petit  corps  chargé  se  meut 
à  travers  les  gaz  sous  l'influence  d'un  champ  électrique. 

Si  Ton  désigne  par  : 

D,  le  coefficient  de  diffusion  des  ions  dans  le  gaz  ; 
n^  le  nombre  d'ions  par  centimètre  cube; 
/>,  la  pression  partielle  due  aux  ions; 
«,1a charge  d'un  ion; 

la  somme  des  mobilités  des  deux  espèces  d'ions  supposés  de  même  masse  est 

X-  =  2eD- 
P 

(voir  J.-J.  TiioiisoN,  Cond.  of  Elect.  thr.  Gases,  p.  3'2);  p  est  proportionnel 
à  n  et  à  m,  masse  de  Tion. 

Si  Ton  admet  que  la  masse  m  de  Tion  soit  celle  de  la  molécule  et  e  la  charge 
atomique  de  l'électrolyse,  D  devient  le  coefficient  de  diffusion  du  gaz  dans 
loi-même,  qu'on  peut  déduire  des  mesures  de  viscosité.  Le  calcul  donnerait 
alors  pour  l'hydrogène 

k  =  340*""  par  seconde, 
an  lieu  de 

10*", 4     valeur  expérimentale. 

Ce  désaccord  entre  la  théorie  et  l'expérience  semble  conduire  à 
l'une  des  deux  conclusions  suivantes  :  ou  bien  la  charge  est  moindre 


636  E.   RUTHERFORD. 

que  celle  d'un  îon  dans  les  électrolyles  ordinaires,  ou  bien  les  charges 
sont  portées  par  des  éléments  plus  grands  qu'une  molécule.  Aucune 
preuve  expérimentale  décisive  ne  nous  permet  d'opter  entre  ces  hy- 
pothèses, mais  quelques  expériences  sur  la  vitesse  des  ions  dans  des 
gaz  tels  que  HQ  et  H^S  semblent  conclure  en  faveur  de  la  deuxième 
hypothèse.  Nous  pouvons  admettre  qu'un  ion  mis  en  liberté  devient 
centre  d'une  agglomération  de  molécules.  Cet  amas  de  molécules  est 
en  équilibre  stable,  sous  la  force  attractive  due  à  la  charge  de  Tien, 
et  ses  dimensions  sont  déterminées  par  l'intensité  du  bombardement 
des  molécules  du  gaz  sur  sa  surface.  Une  telle  hypothèse  expliquerait 
le  fait  observé  que  les  ions  positifs  et  négatifs  de  gaz  tels  que  II  Cl 
et  H^S  ont  des  vitesses  identiques;  car  les  dimensions  de  l'agglomé- 
ration dépendent  seulement  de  la  charge  portée  par  l'ion  pour  un  même 
gaz;  elle  est  donc  la  même  pour  les  ions  des  deux  signes.  Dans  l'élec- 
trolyse  de  H  Cl,  nous  savons  que  la  vitesse  de  l'ion  H  est  beaucoup 
plus  grande  que  celle  de  l'ion  Cl,  de  sorte  qu'il  y  a  une  différence 
essentielle  entre  les  éléments  qui  portent  les  charges  dans  les  deux 
cas. 

En  partant  de  cette  hypothèse  de  la  formation  d'agglomérations 
entourant  un  noyau  central,  nous  pouvons  facilement  calculer  le  dia- 
mètre des  amas  qui  donnerait  la  valeur  obser\'ée  pour  la  vitesse  de 
l'élément  chargé. 

Si  D  désigne  le  coefficient  de  diffusion  mutuelle  d'une  molécule 
de  diamètre  di,  le  coefficient  de  diffusion  d'un  élément  de  diamètre  t-, 
dans  le  gaz  est  donné  par 

on  trouve  que,  pour  l'hydrogène,  le  rapport  —  du  diamètre  de  l'amas, 
au  diamètre  d'une  molécule,  est  donné  par 


V  '0,4 


^40  _  ,  _ 

7  —  *')  /  • 


Pour  l'oxygène,  en  prenant  le  coefficient  de  diffusion  mutuelle 
égal  à  0,21  et  en  admettant  que  sa  charge  est  double  de  celle  de 
rhydrogène,  on  trouve  une  valeur  théorique  de  la  mobilité  égale  à 
85*^™  par  seconde,  ce  qui  correspond  à  une  agglomération  du  diamètre 

de  S^'^SS. 

Dans  le  cas  du  chlore,  si  l'on  admet  que  la  charge  de  l'ion  soit  la 
même  que  celle  de  l'ion  hydrogène,  on  obtient  un  amas  du  diamètre 


LA  MOBILITÉ  DES   IONS  ET  LEUR  VITESSE  DE  RKCOMBINAISON.  637 

de  2*®*,  7.  On  voit  donc  que,  pour  expliquer  les  résultais  observés, 
Félémeat  qui  porte  la  charge  n'a  pas  besoin  d'avoir  des  dimensions 
supérieures  à  5  fois  le  rayon  de  la  molécule. 

Ânoonce  des  premiers  résultais  des  recherches  de  l'auteur  sur  les  gaz  rendus 
conducteurs  par  les  rayons  de  Turanium  :  identité  des  valeurs  numériques  des 
I     mobilités,  avec  celle  des  ions  des  gaz  rontgenisés  {voir  Mémoire  suivant). 
[       Remerciements  au  professeur  J.-J.  Thomson. 


LES  RAYONS  DE  L'URANIUM 


KT 


LA  CONDUCTION  ÉLECTRIQUE  PRODUITE  PAR  EUX, 

Par  E.  RUTHERFORD. 
Traduit  de  l'anglais  par  H.  BÉNARD. 

Extraits  et  résumés. 


Philoêophical  Magazine^  5*  série,  i.  XLVII,  janv.  1899,  p.  109-163. 


§  1.  —  Comparaison  entre  les  méthodes  de  recherche. 

Avantages  de  la  méthode  électrique  sur  la  méthode  photographique,  qui 
exige  des  poses  très  longues,  et,  par  suite,  des  précautions  spéciales  pour 
éviter  les  voiles. 

§  2.  —  Polarisation  et  réfraction. 

H.  Becquerel  avait  annoncé  que  les  rayons  de  Turanium  peuvent  se  pola- 
riser à  l'aide  de  tourmalines  et  se  réfracter.  L'auteur  a  répété  ces  expériences 
par  la  méthode  photographique  :  elles  ont  donné  un  résultat  absolument 
négatif.  De  même,  par  la  méthode  électrique,  le  verre  pulvérisé  n'est  pas  plus 
opaque  que  le  verre  en  lames,  résultat  d'ailleurs  obtenu  par  Becquerel  lui- 
même  et  semblant  inconciliable  avec  l'existence  d'une  réfraction. 


§  3.  —  Théorie  de  l'ionisation. 

Pour  expliquer  la  conductibilité  acquise  par  un  gaz  rOnl^enisé, 
on  a  proposé  la  théorie  de  Tiouisalion  :  les  rayons,  en  lra\ersanl  le 
gaz,  y  produisent  des  particules  chargées  positivement  et  négative- 
ment, le  nombre  de  ces  particules  produites  par  seconde  dépendant 
de  rintensilé  des  rayons  et  de  la  pression. 

Ces  particules  chargées  sont  supposées  assez  petites  pour  se  mou- 
voir avec  une  vitesse  uniforme  à  tra\ers  un  gaz  sous  l'action  dun 
champ  électrique  constant.  On  les  a  appelées  des  ions,  par  analogie 
a\cc  la  conduction  électrolylique,  mais  le  choix  de  ce  nom  n  implique 


LES   RATONS   DE    L'URA^ilUH   ET   LA   CONDUCTION   ELECTRIQUE.  639 

nullement  que  Tion  des  gaz  ait  nécessairement  les  dimensions  d'un 
alome  :  ce  peut  être  un  multiple  ou  un  sous-multiple  de  l'atome. 

Supposons  qu'on  ait  un  gaz  soumis  aux.  rayons  entre  deux  plateaux 
maintenus  à  une  différence  de  potentiel  constante.  Les  rayons  pro- 
duiront par  seconde  un  certain  nombre  d'ions,  ce  nombre  dépendant 
en  général  de  la  pression.  Sous  l'action  du  champ  électrique,  les  ions 
positifs  se  déplacent  vers  le  plateau  négatif,  et  les  ions  négatifs  vers 
le  plateau  positif  :  il  en  résulte  qu'un  courant  traverse  le  gaz.  Quel- 
ques-uns aussi  des  ions  se  recombineront,  la  vitesse  de  recombinaison 
étant  proportionnelle  au  carré  du  nombre  des  ions  présents.  Le  cou- 
rant qui  traverse  le  gaz  dépendra,  pour  une  intensité  donnée  de  la 
radiation,  de  la  différence  de  potentiel  entre  les  plateaux,  mais,  si 
cette  différence  de  potentiel  dépasse  une  certaine  valeur,  le  courant 
atteindra  une  valeur  maximum.  Quand  il  en  est  ainsi,  tous  les  ions 
sont  enlevés  par  le  champ  électrique  avant  d'avoir  pu  se  recombiner. 

Les  ions  des  deux  signes  seront  en  partie  séparés  par  le  champ 
électrique,  et  un  excès  d'ions  d'un  signe  déterminé  peut  être  entraîné 
en  soufflant  le  gaz,  de  sorte  qu'on  peut  obtenir  un  gaz  chargé.  Si  les 
ions  ne  sont  pas  distribués  uniformément  entre  les  plateaux,  la  distri- 
bution du  potentiel,  d'un  plateau  à  l'autre,  sera  troublée  par  le  mou- 
vement des  ions. 

S'il  y  a  de  l'énergie  absorbée  dans  la  production  des  ions,  on  doit 
s'attendre  à  trouver  la  valeur  de  cette  énergie  absorbée  proportion- 
nelle au  nombre  des  ions  produits,  et,  par  suite,  dépendant  de  la 
pression. 

Si  cette  théorie  s'applique  aux  radiations  émises  par  l'uranium, 
nous  devons  nous  attendre  à  obtenir  les  résultais  suivants  : 

1.  Production  de  particules  chargées  à  travers  le  gaz; 

2.  Ionisation  proportionnelle  à  l'intensité  des  rayons  et  à  la  pres- 
sion; 

3.  Absorption  de  la  radiation  proportionnelle  à  la  pression  ; 

4.  Existence  d'un  courant  de  saturation  ; 

o.  Vitesse  de  recombinaison  des  ions  proportionnelle  au  carré  de 
leur  nombre  actuel  ; 

6.  Séparation  partielle  des  ions  des  deux  signes; 

7.  Perturbation  de  la  distribution  du  potentiel  entre  les  deux  pla- 
teaux exposés  à  la  radiation  dans  certaines  circonstances. 

Les  expériences  qui  vont  être  décrites  montrent  suffisannuent  que 
la  théorie  constitue  une  explication  satisfaisante  de  la  conductibilité 
produite  par  les  rayons  de  l'uranium. 


64o  E.    miTHERFORD. 

Dans  toutes  les  expériences,  les  résultats  sont  indépendants  du 
signe  du  plateau  chargé,  à  moins  que  le  contraire  ne  soit  expressé- 
ment spécifié. 


§  4.  —  Nature  complexe  des  rayons  de  raraniom. 

Avant  d'aborder  les  phénomènes  généraux  de  la  conductibilité  pro- 
duite par  les  rayons  de  Furanium,  décrivons  quelques  expériences 
destinées  à  rechercher,  si  Turanium  et  ses  composés  émettent  les 
mêmes  radiations  et  si  ces  rayons  sont  homogènes.  Rontgen  et  d'autres 
physiciens  ont  observé  que  les  rayons  X  sont  en  général  de  nature 
complexe,  et  qu'ils  comprennent  des  rayons  ayant  des  pouvoirs  de 
pénétration  très  différents  à  travers  les  corps  solides.  Le  pouvoir 
pénétrant  dépend  aussi,  dans  une  large  mesure,  du  degré  de  vide  du 
tube  de  Crookes. 

Pour  étudier  la  complexité  des  rayons,  on  a  employé  une  méthode 
électrique,  dont  la  figure  i  indique  le  dispositif  général. 

Fig.  I. 


L'uranium  métallique  ou  le  composé  d'uranium  employé  était  pul- 
vérisé et  répandu  en  couche  uniforme  au  centre  d'un  plateau  hori- 
zontal en  zinc  A,  de  ao*'"*  de  côté.  Un  plateau  identique  B  était  placé 
parallèlement  au  premier,  à  une  distance  de  4*^™-  Tous  deux  étaient 
isolés.  A  était  relié  à  l'un  des  pôles  d'une  batterie  de  5o  volts,  dont 
l'autre  pôle  était  au  sol;  B  était  relié  à  l'une  des  paires  de  quadrants 
d'un  éleclromètrtî,  Tau  Ire  paire  étant  reliée  au  sol. 

Sous  Taclion  des  rayons  de  l'uranium,  il  y  avait  déperdition  entre 
les  deux  plateaux.  La  vitesse  avec  laquelle  l'aiguille  de  l'électromètre 
se  déplaçait,  quand  le  mouvement  était  régulier,  était  prise  comme 
mesure  du  courant  traversant  le  gaz. 

On  plaçait  alors  sur  le  composé  d'uranium  des  couches  successives 
de  métal  en  feuilles  minces,  et  l'on  déterminait  la  vitesse  de  déper- 


LES  RATONS   DE  l'UHAKIUM  BT  LA  CONDUCTION  ÉLECTRIQUE.  64 1 

dition  pour  chaque  feuille  qu'on  ajoutait.  Le  Tableau  suivant  indique 
les  résultats  obtenus  pour  l'oxyde  d'uranium  avec  des  feuilles  minces 
de  clinquant  battu. 

Épaisseur  de  chaque  feuille  :  0(^,8. 


Nombre 

Déperdition  par  minute 

Rapport 

de  feuilles 

en  divisions 

pour  chaque 

•uperposées. 

de  réchelle. 

feuille  ajoutée. 

0 

9" 

1 

77 

0,85 

1 

60 

0,78 

3 

49 

0,82 

4 

4îï 

0,86 

6 

33 

0,79 

6 

^4,7 

0,75 

8 

i3,4 

0,79 

10 

9,» 

0,77 

i3 

5,8 

0,86 

Dans  la  troisième  colonne,  on  a  donné  le  rapport  des  vitesses  de 
déperdition  pour  chaque  épaisseur  de  feuille  métallique  ajoutée. 
Qaand  on  a  ajouté  deux  feuilles  à  la  fois,  on  a  pris  la  racine  carrée 
du  rapport  observé;  pour  trois  feuilles  ajoutées  à  la  fois,  la  racine 
cubique.  On  voit  que,  pour  les  dix  premières  feuilles,  la  vitesse  de 
déperdition  diminue  à  peu  près  en  progression  géométrique,  quand 
l'épaisseur  du  métal  croît  en  progression  arithmétique. 

On  verra  plus  loin  que,  pour  un  voltage  produisant  la  saturation, 
la  vitesse  de  déperdition  entre  les  deux  plateaux  est  proportionnelle 
à  Tintensité  des  rayons  qui  ont  pu  traverser  le  métal.  La  force  élec- 
tromotrice employée,  de  5o  volts,  n^était  pas  suffîsante  pour  saturer 
le  gaz,  mais  on  a  trouvé  que  les  vitesses  comparatives  de  déperdition, 
dans  des  conditions  analogues,  étaient  à  peu  près  les  mêmes,  pour 
5o  volts  ou  200  volts,  entre  les  plateaux.  Quand  il  s'agit  de  très 
faibles  vitesses  de  déperdition,  il  est  avantageux  d'employer  un  voltage 
aussi  faible  que  possible,  afin  que  de  légères  variations  du  voltage  de 
la  batterie  n'aient  pas  d'action  appréciable  sur  le  résultat.  Pour  cette 
raison,  on  a  employé  une  force  électromotrice  de  5o  volts  et  les 
vitesses  de  déperdition  relatives  étaient  à  peu  près  les  mcmes  que 
pour  des  forces  électromotrices  produisant  la  saturation. 

Comme  la  vitesse  de  déperdition  diminue  en  progression  géomé- 
trique quand  l'épaisseur  du  métal  va  en  croissant,  il  résulte  de  ce  qui 
précède  que  l'intensité  de  la  radiation  décroît  en  progression  géomé- 
S.  P.  4i 


642  E.   BUTHBRFORD. 

trique,  c'est-à-dire  suivant  la  loi  ordinaire  d'absorption.  Cela  montre 
que  la  partie  de  la  radiation  considérée  est  à  peu  près  homogène. 

Quand  on  augmente  le  nombre  des  feuilles  superposées,  Tabsorpti en 
commence  à  diminuer.  C'est  ce  qu'on  voit  plus  clairement  en  em- 
ployant l'oxyde  d'uranium  avec  des  feuilles  minces  d'aluminium. 

Épaisseur  des  feuilles  d* aluminium  :  Sf-. 


Nombre 

Déperdition  par  minute 

de  feuilles 

en  divisions 

superposées. 

de  réchelle. 

Décrément. 

o 

182 

i 

77 

0,42 

2 

33 

0,43 

3 

14,6 

0,44 

4 

9.4 

o,65 

12 

7 

On  voit  que,  pour  les  trois  premières  feuilles  d'aluminium,  Tinten- 
sité  de  la  radiation  décroît  suivant  la  loi  ordinaire  d'absorption,  et 
que,  après  la  quatrième  feuille,  l'intensité  de  la  radiation  est  seule- 
ment légèrement  diminuée  par  l'addition  de  huit  autres  feuilles. 

Les  feuilles  employées  ayant  à  peu  près  5l*  d'épaisseur,  on  voit  que 
l'intensité  de  la  radiation  a  été  réduite  à  environ  ^  de  sa  valeur  par 
son  passage  à  travers  une  couche  d'aluminium  épaisse  de  o*^"*,  002. 
L'addition  d'une  épaisseur  de  o^'^jOOi  d'aluminium  n'a  qu'un  efl'et 
très  faible  sur  la  vitesse  de  déperdition.  Cependant,  l'intensité  est 
encore  réduite  à  environ  ^  de  sa  valeur,  en  traversant  une  épaisseur 
supplémentaire  de  o*'"*,o5,  ce  qui  correspond  à  100  feuilles  d'alu- 
minium. 

Ces  expériences  montrent  que  les  rayons  de  l'uranium  sont  com- 
plexes et  contiennent  au  moins  deux  types  distincts  de  radiations  :  les 
unes,  très  rapidement  absorbées,  que  nous  désignerons  pour  simplifier 
sous  le  nom  de  rayons  a,  et  les  autres,  d'un  caractère  plus  pénétrant, 
que  nous  appellerons  les  rayons  ^. 

Le  caractère  des  rayons  ^  semble  indépendant  de  la  nature  du  filtre 
à  travers  lequel  ils  ont  passé  :  on  a  trouvé  que  ces  rayons  avaient  la 
même  intensité  et  le  même  pouvoir  de  pénétration,  qu'on  les  ait 
obtenus  en  arrêtant  les  rayons  a  soit  par  des  feuilles  minces  d'alumi- 
nium, soit  par  des  feuilles  d'étain,  soit  par  du  papier.  Les  rayons  fi 
traversent  tontes  les  substances  examinées  bien  plus  facilement  que 
les  rayons  a.  Par  exemple,  une  mince  lame  de  verre  couvre-objet, 
placée  sur  l'uranium,  réduisait  la  vitesse  de  déperdition  à  —  de  sa 


LES   RATONS   DE  l'URANIUM   ET  LA   CONDUCTION   ÉLECTRIQUE.  643 

valeur  :  les  rajons  p,  cependant,  la  traversaient  en  subissant  seule- 
ment une  perte  insignifiante  d'intensité. 

Quelques  expériences  effectuées  avec  différentes  épaisseurs  d'alu- 
minium semblent  montrer  que  les  rayons  ^  ont  un  caractère  à  peu 
près  homogène,  au  moins  dans  les  limites  de  précision  des  résultats. 
Le  Tableau  qui  suit  donne  les  résultats  obtenus  pour  les  rayons  ^  de 
Toiyde  d'uranium  : 

Rayons  p. 


Épaisseur 

Vitesse 

d'aluminium  traversée. 

de 

déperdition. 

cm 

o,oo5 

I 

0,028 

0,68 

o,o5i 

0,48 

0,09 

o,a5 

La  vitesse  de  déperdition  est  prise  pour  unité  quand  les  rayons  a 
ont  été  absorbés  en  passant  à  travers  lo  feuilles  d'aluminium.  L'in- 
tensité de  la  radiation  diminue  quand  l'épaisseur  croît  suivant  la  loi 
ordinaire  de  l'absorption.  Il  ne  faut  pas  oublier  que,  lorsqu'il  s'agit 
des  rayons  ^  seuls,  la  valeur  de  la  vitesse  de  déperdition  n'atteint,  en 
général,  qu'une  faible  fraction  de  celle  qui  serait  due  aux  rayons  a, 
de  sorte  que  l'homogénéité  des  rayons  ^  ne  peut  pas  être  cherchée 
ivec  une  aussi  grande  précision  que  celle  des  rayons  a.  Cependant, 
dans  la  limite  de  précision  des  expériences,  il  semble  bien  en  résulter 
que  les  rayons  ^  sont  à  peu  près  homogènes,  bien  que  d'autres  types 
de  rayons,  soit  moins  intenses,  soit  extrêmement  pénétrants,  puissent 
aussi  exister. 

§  5.  —  Rayon»  émit  par  différents  composés  de  l'araninm. 

Tous  les  composés  de  Turanium  donnent  les  deux  types  de  rayons  :  les  pou- 
Toirs  de  pénétration  des  rayons  oc  ou  des  rayons  ^  sont  les  mêmes,  quel  que 
soit  le  composé  qui  les  ait  émis. 

La  figure  a  montre  les  résultats  obtenus  :  on  a  porté  les  épaisseurs  d'alumi- 
Diam  en  abscisses,  et  les  vitesses  relatives  de  déperdition  en  ordonnées  (on  a 
pris  pour  unité  la  vitesse  de  déperdition  due  au  sel  découvert,  car  les  valeurs 
al>solues  ne  sont  pas  identiques  pour  les  divers  composés). 

La  quantité  de  rayons  a  émis  dépend  surtout  de  la  surface  de  la  couche 

active;  la  quantité  de  rayons  ^  croit  aussi  avec  l'épaisseur  de  la  couche,  ce  qui 

ifldique  que,  contrairement  aux  rayons  a,  les  rayons  p  peuvent  traverser  une 

couche  considérable  d'uranium. 

La  vitesse  de  déperdition  due  aux  rayons  a  étant  plus  grande  que  celle  due 


644 


K.    ItUTHERPORD. 


aux  rayons  ^,  il  résulte  de  ce  qui  précède  que  Tionisation  produite  par  un 
poids  donné  de  substance  active  dépend  beaucoup  de  la  surface  qu'oa   lui 


po 
donne. 


Fig.  a. 


\ 

\ 

A 

\ 

> 

il 

% 

Lx 

\ 

% 

K 

1 

^^ 

i^ 

\ 

V  , 

g 

V 

S 

Vj 

^^ 

"V. 

— s 

mtefl/rdm 

umet 
e<fVn 

^ 

1 

tl.ft  n  S7.I  M 

Épaisseurs  d'aluminium  en  (Ji. 


lil.S 


Dans  la  méthode  photographique  ce  sont  surtout  les  rayons  ^  qui  impres- 
sionnent les  plaques.  Quand  on  a  arrêté  les  rayons  a,  l'action  chimique  n'est 
pas  sensiblement  diminuée. 

§  6.  —  Transparence  des  substances  pour  les  deox  types  de  rayons. 

Le  rapport  r  dans  lequel  une  radiation  supposée  homogène  est  affaiblie 
après  avoir  traversé  une  couche  d^épaisseur  d  étant  donné  par  la  loi  exponen- 
tielle 

le  Tableau  des  coefficients  d'absorption  X  pour  les  deux  espèces  de  rayons 
montre,  par  exemple,  que  Taluminium  est  cent  fois  plus  transparent  pour  les 
rayons  ^  que  pour  les  rayons  a.  Pour  ces  derniers,  le  pouvoir  absorbant  des 
métaux  va  en  croissant  quand  on  les  range  par  poids  atomiques  croissants. 


Substance.                                 le: 
Clinquant 'j»700 


Al... 
Sn... 
Cu... 
Ag... 
Pt.... 
Verre, 


pour 

X  pour 

ayons  a. 

les 

rayons  p. 

■Ji700 

» 

i6oo 

i5 

•265o 

io8 

») 

49 

» 

•  97 

» 

!i4o 

»> 

5,6 

LB8  RATONS   DE   L  URANIUM   BT   LA   CONDUCTION   ELECTRIQUE. 


645 


On  peut  comparer  le  pouvoir  pénétrant  des  rayons  ^  à  celui  des  rayons  X 
d'on  tube  «  doux  >,  et  celui  des  rayons  a  à  celui  des  rayons  secondaires  émis 
par  les  métaux  quand  ils  sont  frappés  par  les  rayons  de  Rontgen. 

§  7.  —  Rayons  du  thorium. 

La  radioactivité  des  composés  du  thorium,  récemment  découverte  par  G.-C. 
SchmidKmai  1898)  [et  indépendamment  par  M*"'  Curie],  est  du  même  ordre 
que  celle  des  composés  de  l'uranium.  Ces  rayons  du  thorium  sont  aussi  com- 
ple\e$.  Le  pouvoir  de  pénétration  des  rayons  a  est  différent  de  celui  des 
rajoDs  2  de  Turanium  {\o\t  Jig.  2)  :  il  faut  trois  ou  quatre  feuilles  d'alumi- 
oium  pour  réduire  leur  intensité  à  \^  tandis  qu'une  seule  réduit  l'intensité  des 
rayons  s  de  Turanium  à  moins  de  \,  Avec  une  couche  épaisse  d'un  sel  de  tho- 
rium, les  rayons  plus  pénétrants  prennent  plus  d'importance  relative. 

§  8.  —  Absorption  des  rayons  de  l'araniam  par  les  gaz. 

L'appareil  employé  comprend  deux  plateaux  métalliques  isolés  parallèles 
doDt  la  distance  est  invariable,  le  plateau  inférieur  percé  d'une  fenêtre  que 
recouvre  une  feuille  d'aluminium  de  bV-  d'épaisseur.  Un  dispositif,  que  la 
figure  3  indique  suffisamment,  permet  de  soulever  l'ensemble  des  deux  pla- 


/ 


Terre 


Terre 


teaax  à  différents  niveaux  au-dessus  de  la  couche  de  substance  active.  L'ap- 
pareil peut  être  rempli  de  différents  gaz  à  différentes  pressions. 

Les  courbes  de  la  figure  4  indiquent  les  résultats.  Les  vitesses  de  déperdition 
relatives  y  sont  portées  en  ordonnées;  on  a  pris  comme  unité,  pour  chaque 
gaz,  la  vitesse  de  déperdition  pour  la  distance  o'^'^ySS  entre  le  plateau  infé- 
rieur A  et  la  couche  radioactive  (les  valeurs  absolues  diffèrent).  Les  distances 
portées  en  abscisses  sont  comptées  à  partir  de  cette  position. 


646 


E.    RUTHERFORD. 


On  peut  admettre  que  la  radiation  émise  est  uniforme  dans  un  plan  hori- 
zontal :  l'ionisation  est  proportionnelle  à  l'intensité.  Si  donc  r  désigne  la 
distance  du  plateau  inférieur  a  l'uranium  et  /  l'intervalle  compris  entre   les 

Fig.  4. 


deux  plateaux,  y  le  rapport  dans  lequel  la  feuille  d'aluminium  affaiblit  l'inten- 
sité, on  a  une  ionisation  totale  par  unité  de  temps  proportionnelle  à 

Le  courant  est  proportionnel  au  nombre  total  des  ions  produits  si  la  force 
électromotrice  est  saturante.  Quand  r  varie,  la  vitesse  de  déperdition  doit  donc 
varier  exponentiellement. 
Les  coefficients  d'absorption  trouvés  sont 

Hydrogène o,43 

Air 1,6 

Gaz  carbonique 2,3 

Gaz  d'éclairage 0,93 

On  voit  que  l'absorption  suit  l'ordre  des  densités.  Ces  résultats  se  rappor- 
tent aux  rayons  a  qui,  avec  une  couche  mince  radioactive,  produisent  à  eux 
seuls  presque  toute  l'ionisation.  Les  rayons  ^  sont  moins  absorbés  par  les  gaz 
que  les  rayons  a. 


§  9.  —  Variation  de  rabsorption  aToc  la  pression. 

Dans  les  limites  des  pressions  employées  (de  19'"  à  76""  de  mercure),  l'ab- 
sorption a  varié  à  peu  près  proportionnellement  à  la  pression.  Il  faut 

o''",43  d'air  sous  la  pression  atmosphérique, 
i*'",95  d'air  sous  la  pression  de  {-  d'atmosphère 

pour  réduire  à  la  moitié  de  sa  valeur  l'intensité  de  la  radiation. 


LES   RATONS   DE   L*URANIUM   ET   LA  CONDUCTION   ELECTRIQUE.  647 


§  10.  —  Influence  de  la  pression  sur  la  vitesse  de  décharge. 

H.  Becquerel  (*)  a  donné  quelques  résultats  sur  rinfluence  de  la 

pression,  et  montré  que  la  vitesse  de  déperdition  due  a  Furanium 

diminue  avec  la  pression.  Beattie  et  S.  de  Smolan  (^)  ont  aussi  étudié 

ce  sujet  et  sont  arrivés  à  cette  conclusion  que,  dans  certains  cas,  la 

vitesse  de  déperdition  varie  proportionnellement  à  la  pression  et  dans 

d'autres,  comme  la  racine  carrée  de  la  pression,  suivant  le  voltage 

employé.  Toutefois,  leurs  résultats  numériques  ne  semblent  s'accorder 

bien  avec  aucune  de  ces  deux  lois,  et,  en  fait,  ainsi  que  j'espère  le 

montrer  plus  loin,  la  relation  entre  la  vitesse  de  décharge  et  la  pression 

est  très  variable  :  elle  dépend,  dans  une  large  mesure,  des  distances 

comprises  entre  l'uranium  et  les  conducteurs  voisins,  et  aussi  du 

gaz  employé.  Le  problème  est  très  compliqué  par  ce  fait  que  les  gaz 

absorbent  très  rapidement  les  rayons,  mais  on  peut  interpréter  tous 

les  résultats  en  admettant  que  la  vitesse  de  production  des  ions  en  un 

point  donné  varie  proportionnellement  à  V intensité  de  la  radiation  et 

ih pression  du  gaz. 

Pour  étudier  l'influence  de  la  pression,  on  a  employé  un  appareil 
analogue  à  celui  de  la  figure  3,  avec  cette  différence  que  le  plateau  A 
était  enlevé.  Le  composé  d'uranium  était  répandu  uniformément  sur 
la  partie  centrale  du  plateau  inférieur.  Le  plateau  mobile,  relié  à 
l'éleclromètre,  avait  i  o*^"  de  diamètre  et  était  déplacé  parallèlement  à 
la  surface  de  l'uranium.  Le  plateau  servant  de  support  à  la  matière 
active  était  relié  à  l'un  des  pôles  d'une  batterie  de  loo  volts,  dont 
l'autre  pôle  était  relié  au  sol.  On  prenait  la  vitesse  de  l'aiguille  de 
Télectromètre  comme  mesure  du  courant  produit  entre  les  plateaux. 
Dans  quelques  cas,  le  composé  d'uranium  était  recouvert  d'une  feuille 
mince  d'aluminium,  mais,  bien  que  la  vitesse  de  déperdition  en  fût 
diminuée,  les  relations  générales  obtenues  étaient  encore  applicables. 
Les  courbes  de  la  figure  5  donnent  les  résultats  obtenus  pour  l'air, 
Thjdrogène  et  le  gaz  carbonique  sous  différentes  pressions,  pour  une 
différence  de  potentiel  de  lOo  volts  entre  les  plateaux,  force  électro- 
motrice  suffisante  pour  saturer  à  peu  près  les  deux  premiers  gaz. 
Des  voltages  beaucoup  plus  grands  sont  nécessaires  pour  saturer  à 
peu  près  le  gaz  carbonique.  La  substance  employée  était  l'oxyde  d'ura- 


(*)  Comptes  rendus,  t.  GXXIV,  1897,  P*  4^^* 
(3)  PhU.  Mag.,  5*  série,  t.  XLIII,  1897,  P-  4>^* 


648 


E.   RUTHBaFOED. 


nium  :  la  distance  des  plateaux  était  de  o^'°,35  environ.  Ou  a  pris 
pour  unité  dans  chaque  cas  le  courant  obtenu  à  la  pression  atmosphé- 
rique, bien  que  les  valeurs  absolues  soient  différentes  pour  les  trois 


Fig.  5. 


,/^ 

^y 

Y- 



/ 

^ 

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r 

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Xa 

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r  f 

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* 

^ 

^ 

À 

w 

/A 

1 

• 

Près 

\ion 

en 

MM 

5 

, 

130 


300 


450 


600 


750 


gaz.  La  ligne  pointillée  de  la  figure  5  correspondrait  à  une  propor- 
tionnalité rigoureuse  entre  la  vitesse  de  déperdition  et  la  pression. 
On  voit  que,  pour  les  trois  gaz,  la  vitesse  de  décharge  croît  d^abord 
proportionnellement  à  la  pression,  puis  croit  plus  lentement,  lorsque 
la  pression  augmente.  C'est  dans  Thydrogène  que  la  différence  est  la 
moins  marquée,  dans  l'acide  carbonique  qu'elle  l'est  le  plus.  Dans 
l'hydrogène  la  vitesse  de  déperdition  est  presque  rigoureusement 
proportionnelle  à  la  pression. 

La  relation  entre  la  vitesse  de  la  décharge  et  la  pression  dépend 
aussi  de  la  distance  qui  sépare  les  plateaux.  Les  quelques  nombres 
suivants  suffisent  à  donner  l'allure  des  résultats.  La  différence  de 
potentiel  entre  les  plateaux  était  de  200  volts  et  la  vitesse  de  décharge 
est  donnée  en  divisions  de  l'échelle  par  minute. 

Vitesse  de  déperdition. 


Distance  entre  les  plateaux  : 


Pression. 


187 
376 
75a 


mm 


1 1 
21 

41 


1-|5. 

47 

.  ^^ 
127 


LES   R\TON8   DK  L*URAN1UM    ET   LA  CONDUCTION   ÉLECTRIQUE.  649 

Pour  de  petites  distances  entre  les  plateaux,  la  vitesse  de  la  décharge 
esl  plus  exactement  proportionnelle  à  la  pression  que  pour  de  grandes 
distances. 

Les  différences  entre  les  résultats  pour  différents  gaz  et  pour  diffé- 
rentes dislances  s'expliquent  simplement  par  ce  fait  que  l'intensité 
lie  la  radiation  décroît  rapidement  entre  les  plateaux  à  cause  de  son 
absorption  par  le  gaz.  Les  tableaux  précédents  montrent  que,  lorsque 
la  dislance  entre  les  plateaux  est  petite,  c'est-à-dire  quand  l'absorption 
esl  faible,  la  vitesse  de  la  décharge  varie  proportionnellement  à  la 
pression.  Quand  l'absorption  est  faible,  l'intensité  de  la  radiation  et 
par  suite  l'ionisation  sont  à  peu  près  uniformes  dans  tout  l'espace 
compris  entre  les  deux  plateaux.  Puisque,  avec  une  force  électromo- 
trice saturante,  la  vitesse  de  la  décharge  est  proportionnelle  à  l'ioni- 
sation totale,  ces  expériences  montrent  que  la  vitesse  de  production 
des  ions  en  un  point  donné  est  proportionnelle  à  la  pression.  On  a 
déjà  vu  que  l'absorption  de  la  radiation  est  à  peu  près  proportionnelle 
à  la  pression. 

Soit  q  la  vitesse  de  production  des  ions  près  de  la  surface  de  l'ura- 
nium pour  une  pression  unité. 

Soit  Aq  le  coefficient  d'absorption  du  gaz  pour  l'unité  de  pression. 

Le  nombre  total  des  ions  produits  entre  les  plateaux,  situés  à  une 
distance  d  l'un  de  l'autre,  par  unité  de  surface  des  plateaux,  est, 
comme  on  le  voit  facilement,  égal  à 


e-P^dx  =  ^  (i  —  tf-A'Xorf ), 


puisqu'on  a  vu  que  l'ionisation  et  l'absorption  sont  proportionnelles 
à  la  pression.  S'il  y  a  une  force  éleclromotrice  saturante  agissant  sur 
le  gaz,  le  rapport  des  vitesses  de  déperdition  aux  deux  pressions />i 
et/>2  est  égal  au  rapport  r  du  nombre  total  des  ions  produits  à  la  pres- 
sion/7|  au  nombre  total  de  ceux  qui  sont  produits  à  la  pression /72,  et 
esl  donné  par 


r  = 


I  —  e--A»ïXorf 


D'ailleurs /?|Xç  est  le  coefficient  d'absorption  du  gaz  pour  la  pres- 
sion ^|.  Si  l'absorption  est  faible  entre  les  plateaux,  piX^d  et  pa^-od 
sont  deux  quantités  petites  et  la  valeur  de  /*  se  réduit  à 


Pt 


65o 


B.   RUTHEEFORD. 


c'est-à-dire  que  la  vitesse  de  la  décharge,  quand  la  pression  est  faible, 
est  proportionnelle  à  la  pression. 

Si  l'absorption  est  considérable  entre  les  plateaux  à  la  fois  pour  les 
deux  pressions  p^  et  p^^  la  valeur  de  r  est  à  peu  près  égale  à  l'unité, 
la  vitesse  de  déperdition  est  à  peu  près  indépendante  de  la  pression. 
C'est  ce  que  montrent  les  résultats  expérimentaux  représentés  graphi- 
quement figure  7  {voir  plus  loin,  p.  632). 

Pour  des  valeurs  intermédiaires  de  l'absorption,  la  valeur  de  r  varie 
plus  lentement  que  la  pression. 

Pour  la  même  distance  entre  les  plateaux,  l'écart  entre  les  courbes 
{fig*  5)  relatives  à  l'air  et  à  l'hjdrogène  est  dû  à  la  plus  grande  ab- 
sorption de  la  radiation  par  l'air.  Moins  l'absorption  est  grande,  plus 
la  vitesse  de  déperdition  tend  à  être  proportionnelle  à  la  pression. 
Pour  le  gaz  carbonique,  la  vitesse  de  déperdition  décroît  beaucoup 
plus  lentement  avec  la  pression  que  pour  l'hydrogène  ;  ceci  est  dû  en 
partie  à  la  valeur  bien  plus  grande  de  l'absorption  dans  le  gaz  carbo- 
nique et  en  partie  à  ce  fait  que  la  force  électromotrice  de  loo  volts 
n'était  pas  suffisante  pour  saturer  ce  gaz. 

Si  l'on  détermine  la  vitesse  de  la  décharge  entre  deux  plateaux  pa- 
rallèles situés  à  quelque  distance  de  la  source  du  rayonnement,  on 
obtient  ce  résultat  quelque  peu  surprenant,  que  la  vitesse  de  déperdi- 
tion croît  d'abord  quand  la  pression  diminue,  bien  qu'on  emploie  une 
force  électromotrice  saturante. 

Le  dispositif  employé  ressemblait  beaucoup  à  celui  de  la  figure  .'i. 
Les  plateaux  A  et  B  étaient  situés  à  2^"  l'un  de  l'autre  et  le  plateau  A 


Fig.  6. 

■ M 

^ 

— ^ 

7 

\ 

/ 

\ 

1^ 

/ 

i^ 

\ 

7 

t 

Pœsi 

ion  i 

•/7W 

^5. 

200 


400 


600 


600 


à  environ  i*^"*,5  au-dessus  de  la  surface  de  l'uranium.  Les  résultats 
sont  représentés  graphiquement  figure  6. 


LES   KATONS  DB   L*VKANltll   BT   LA   CONDUCTION   ELECTRIQUE.  65 1 

La  vitesse  de  déperdition  passe  par  un  maximum  pour  une  pression 
inférieure  à  une  demi-atmosphère,  puis  décroît;  à  la  pression  de  loo"™, 
la  vitesse  de  déperdition  est  encore  un  peu  supérieure  à  la  valeur 
qu'elle  prend  pour  la  pression  atmosphérique. 

Ce  résultat  s'explique  aisément  par  Fabsorption  considérable  que 
subit  la  radiation  à  la  pression  atmosphérique  et  par  la  diminution  de 
I  absorption  produite  par  la  diminution  de  pression. 

Soient  €3?i,  €3?2  les  distances  respectives  des  plateaux  A.  et  B  au-des- 
sus de  la  surface  de  l'uranium. 

Avec  la  notation  déjà  employée,  Tionisation  totale  entre  ces  deux 
plateaux  (en  supposant  la  surface  rayonnante  d'étendue  infinie)  est, 
comme  on  le  voit  facilement, 

S-  (  e-p^'^t  —  g-z'Vj  ). 

Cette  expression  est  une  fonction  de  la  pression  qui  présente  un 
maiimum  quand  on  a 

ou  bien 


La  valeur  àe  p\%  dans  l'air,  sous  la  pression  de  760"*"',  est  1,6. 

Si  rfj=3*^",  £/,  =  i*^",  la  vitesse  de  décharge  présente  un  maximum, 
pour  une  pression  d'environ  j  d'atmosphère.  Par  suile  du  grand  in- 
tervalle compris  entre  les  plateaux  et  la  surface  de  F  uranium  dans  le 
dispositif  employé,  il  n'y  avait  pas  lieu  de  comparer  les  résultats 
expérimentaux  et  théoriques. 

Dans  toutes  les  recherches  sur  la  relation  entre  la  pression  et  la 
vitesse  de  décharge,  on  a  employé  de  grandes  forces  éleclromolrices, 
pour  être  certain  que  le  courant  traversant  le  gaz  était  proportionnel 
à  l'ionisation  totale  du  gaz.  Avec  de  faibles  voltages,  cette  relation 
entre  le  courant  et  la  pression  serait  très  différente  et  varierait  beau- 
coup avec  le  voltage  et  l'intervalle  séparant  les  électrodes,  aussi  bien 
qu'avec  la  nature  du  gaz.  Il  a  paru  inutile  d'indiquer  ici  les  résultats 
obtenus  avec  de  faibles  voltages,  car  ils  varient  beaucoup  quand  les 
conditions  varient.  Bien  qu'on  puisse  facilement  les  expliquer  à  l'aide 
des  résultats  obtenus  avec  des  forces  électromotrices  saturantes,  on 
ne  peut  pas  les  calculer  simplement,  et  ils  ne  serviraient  qu'à  rendre 
moins  nettes  les  lois  reliant  l'ionisation,  l'absorption  et  la  pression. 
l^ur  allure  générale  peut  se  déduire  de  la  relation  {voir  §  16)  entre 


653  K,   RUTHKAPOtlD. 

le  courant  el  la  force  électromotrîce  pour  dtlTérentes  pressions. 
On  peut  comparer  les  résuliats  précédents  sur  la  relation  eotre  le 
courant  el  la  pression  à  ceux  qu'on  a  obtenus  pour  les  rayons  de 
Ronlgen.  J.  Perrin  {*)  a  trouvé  tjue  la  vitesse  de  la  décharge  variait, 
proportionnellement  à  la  pression,  pour  des  forces  éteclro motrices 
saturantes  quand  les  rayons  ne  tombent  pas  directement  sur  la  surface 
des  plateaux  métalliques.  Ceci  est  d'accord  avec  les  résultats  obtenus 
pour  les  rayons  de  l'uranium,  car  le  résultat  de  Perrio  montre  que 
l'ionisation  est  proportionnelle  à  la  pression.  Toutefois  les  résultats 
d'autres  expérimentateurs  sur  ce  sujet  sont  très  incohérents,  ces  dif- 
férences étant  dues  principalement  à  l'emploi,  dans  certains  cas,  de 
forces  électromolrices  non  saturantes,  et  aussi  à  ce  fait  que  l'ioni- 
sation superlicielle  à  la  surface  des  électrodes  compliquait  la  relation, 
particulièrement  aux  basses  pressions. 


S»- 


'  Valeur  de  l'ionisation  dans  différents  gas. 


Quand  les  ravons  sont  c 
proportionnelle  à  l'ionisai 
saturerlcgai(f.é.  m.  =  ï 
une  petite  sphère  couverti 
dVtain  d'un  llacon  conatitu 
pour  tous  les  gaz  employés,  la  même  ionitalion  totale  (valeurs  extrêmes,  9S 
pour  l'hydrogène  cl  1 1 1  pour  le  gaz  il'âclairagc  en  prenant  100  pour  l'air). 


implètcmeni  absorbés,  la  vitesse  de  la  décharge  est 
ia  totale.  Un  dispositif  spécial  a  été  employé  pour 
jovolis)  entre  une  électrode  centrale  constituée  par 
d'oxyde  d'uranium  et  la  paroi  couverte  de  papier 
int  l'autre  élcrtrode.  Dans  ces  conditions,  on  trouve. 


1— 

p- 

1- 

<— 

p 

p-| 

1 

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1  . 

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L 

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V-' — 1 

^ 

sian 

,. 

*f/H. 

(■)  Comptes  rendut,  t.  CXXIII,  i8g6,  p.  i-}K. 


'IHANIUU   ET   LA   CONOLUTION  l^LtCTRIQl'IC. 


•éneetle  gai  carbonique.  Ces  c 
complète  pour  l'air  et  le  gaz  c 
gène. 


urbea  niODtrent  que  l'absorption,  à  peu  pri 
rbonique,   ne  devait  pas  l'être  pour  l'Iiydro 


suite  de  là  que  l'énergie  employée  à  prodi 
i-dire  à  mettre  en  liberté  li^s  mfnies  charges,  e 
gai  employé. 

L'auleur  fait  remarquer  combien  les  résultats  obtenus  dar 
dtf  coDdnctibilités  acquises  par  les  ilifTêrents  gaz  (exemple 
Ukbi  suivant  les  eonditions  oii  l'on  se  place. 


la  mâme  i< 

)  même,  quel  que  soit  le 


-  Tariatian  dn  conraiit  (de  latnrBtion)  entre  les  pUteetu 
quand  te  dlitance  compriie  entre  eux  Tarie. 


Appareil  analogue  à  celui  de  la  lîgui 
|ure8  donne  les  résultats  pour  l'air  (H  et  C0< 
lin  pressions  de  i,|  et  \  d'atmosphère,  la  f.  é 
pour  saturer  le  gaz,  pour  toutes  les  distances 


plateau  A  étant  enlevé.  La  H- 
I  donnent  d'analogues)  sous 
.  (300  volts)  étant  suffisante 
iployées.  On  voit  que,  pour 


mi 

oiac 

"' 

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^ 

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les  fi 

'.t,. 

,„ 

K*J 

<le  faibles  distances  entre  les  plateaux,  l'ionisatii 
l«  courant  varie  à  peu  près  proportionnellement 
•liMance  augmente,  l'absorpLiou  diminuant  1' 
t^'oignées  de  l'uranium,  le  courant  de  saturation 
lance.  On  a  vu  (%  10)  que  l'ionisalio 
SQBi  l'une  et  l'autre  proporlionnclli 
i~e-i'\'i.  L'accord  avec  l'expérient 
déduire  /.X,  de  leupérience,  c'est-à 
pour  différentes  pressions. 


L  étant  à  peu  près  uniforme, 
la  distance;  puis,  quand  la 
nisation    dans    les    régions 


:  la 


totale,   si    l'ionisation   c 
à  la  piession,    est   proporiionnclli 
est  excellent  (Jig.  8).  On  pe 
le  coefficient  d'ab: 


don< 


654  K.   RUTHERFOilD. 


§  13.  —  Vitesse  de  recombinaison  des  ions. 

Ij'air  qui  a  passé  à  la  surface  d^un  composé  d'uranium  a  la  pro- 
priété de  décharger  les  corps  éiectrisés  soit  positivement,  soit  négati- 
vement. On  a  employé  le  dispositif  suivant  pour  trouver  la  durée  de 
persistance  de  la  conductibilité  ainsi  produite. 

Sur  une  feuille  de  papier  épais,  entièrement  recouverte  d'une 
couche  mince  de  gomme  arabique,  on  répandait  uniformément  de 
l'oxyde  d'uranium  ou  du  sulfate  double  de  potassium  et  d'uranium 
finement  pulvérisés.  Cette  feuille,  séchée,  était  enroulée  en  cylindre, 
la  couche  d'uranium  en  dedans;  on  plaçait  ce  cylindre  à  l'intérieur 
d'un  tube  métallique  T,  de  4*^™  de  diamètre  {fig^  9).  Un  courant 

I^'ig-  9- 
C 


T 


Tepi*e 


d'air  venant  d'un  gazomètre,  après  avoir  traversé  le  tampon  d'ouate  C 
destiné  à  retenir  les  poussières,  circulait  dans  le  tube  T,  puis  dans  un 
long  tube  de  métal  relié  au  sol. 

Des  électrodes  A  et  B,  isolées,  étaient  fixées  dans  ce  dernier  tube, 
à  une  distance  de  44*""  Tune  de  l'autre.  L'électromètre  pouvait  être 
relié  à  l'une  ou  l'autre  de  ces  électrodes.  Pratiquement,  les  deux  paires 
de  quadrants  étaient  d'abord  reliées  ensemble.  Les  deux  électrodes  A 
et  B,  ainsi  que  l'électromètre,  étaient  ensuite  chargées  à  un  potentiel 
de  3o  volts,  enfin  les  deux  paires  de  quadrants  étaient  séparées. 

En  l'absence  de  l'uranium,  aucune  des  électrodes  n'était  déchargée 
quand  un  courant  d'air  rapide  circulait  dans  le  tube.  L'uranium  remis 
en  place,  le  courant  d'air  produisait  la  déviation  progressive  de  l'élec- 
tromètre et  cette  déviation  continuait  jusqu'à  ce  que  l'électrode  fût 
déchargée. 

Quand  A.  était  chargé  à  3o  volts,  il  n'y  avait  pas  de  déperdition 
en  B.  La  vitesse  de  déperdition  de  B  ou  A  est  ainsi  proportionnelle  au 
nombre  total  des  ions  contenus  dans  le  gaz.  Les  ions  se  recouibinent 
dans  l'intervalle  de  temps  employé  par  le  gaz  à  passer  de  A  à  B.  La 


LES  BATONS  DE  L*DRANIUM   BT   LA   CONDUCTION   ÉLECTRIQUE.  G>5 

>itesse  de  déperdition  de  B  pour  une  force  électromotrice  saturante, 
quand  A  est  au  sol,  est  ainsi  moindre  que  celle  de  A. 

Dans  une  expérience  particulière,  la  vitesse  de  décharge  de  l'élec- 
trode A  était  de  146  divisions  par  minute.  Quand  A  était  reliée  au 
sol  le  courant  de  saturation  pour  B  était  de  100  divisions  par  minute. 
La  vitesse  moyenne  du  courant  d'air  circulant  dans  le  tube  était  de  70*^'" 
par  seconde.  Donc,  au  bout  d'un  intervalle  de  temps  égal  à  o%63,  la 
conductibilité  de  l'air  était  tombée  à  0,68  de  sa  valeur. 

Si  l'on  admet,  comme  dans  le  cas  de  l'air  rontgenisé,  que  la  perte 
de  conductibilité  est  due  à  la  recombinaison  des  ions,  la  variation  du 
nombre  n  des  ions  par  unité  de  volume  avec  le  temps  est  donnée  par 

/  \  dn 

(i)  "57  =-«'*'' 

1  étant  une  constante.  Si  N  désigne  le  nombre  d'ions  à  l'électrode  A, 
leur  nombre  n  à  l'électrode  B  au  bout  d'un  temps  /  est  donné  par 

—  =  *'• 

n       \ 

D'ailleurs,  les  vitesses  de  décharge  correspondant  à  la  saturation, 
en  A  et  B,  sont  respectivement  proportionnelles  à  N  et  à  w  ;  on  peut 
facilement  en  déduire  que  le  temps  nécessaire  pour  que  la  moitié  des 
ions  soient  recombinés  est  i*, 3.  C'est  une  vitesse  de  recombinaison 
bien  plus  faible  que  pour  l'air  rontgenisé  au  voisinage  d'un  tube  de 
Grookes  ordinaire. 

\jA  valeur  de  l'ionisation  par  les  rayons  de  ruranium  est  en  général 
beaucoup  plus  faible  que  celle  qui  est  due  aux  rayons  de  Riintgen,  de 
sorte  que  le  temps  mis  par  le  nombre  des  ions  à  tomber  à  la  moitié 
de  sa  valeur  est  plus  long. 

Le  phénomène  de  la  recombinaison  des  ions  est  tout  à  fait  sem- 
blable pour  les  deux  espèces  de  conduction.  On  a  vérifié  la  formule  (i) 
à  l'aide  de  l'expérience  suivante  : 

On  a  pris  (Jig-  10)  un  tube  A,  de  3™  de  longueur,  de  S^'^jS  de  dia- 
mètre. Un  cylindre  D,  long  de  26*^",  avait  sa  surface  intérieure  recou- 
verte d'oxyde  d'uranium.  L'air,  chassé  d'un  gazomètre,  traversait,  en 
entrant  dans  le  tube  A,  un  tampon  d'ouate  E  destiné  à  retenir  les 
poussières  et  à  rendre  le  courant  d'air  plus  uniforme  à  travers  la 
section  du  tube.  L'air  passait  près  de  la  surface  de  l'uranium,  puis  à 
travers  une  toile  métallique  L,  dans  le  cylindre  d'épreuve  B,  de  2*'", 8 
de  diamètre.  Une  tige  C,  isolée,  de  i*^°*,6  de  diamètre,  était  disposée 


656  E.   ■CTHEIFOU». 

.suivant  l'axe  du  cvlindre  B.  el  élail  reliée  à  rélecUromèlre.  Les  cv- 
linrlres  A  el  B  étaient  reliés  à  Fun  des  pôles  d*une  batterie  de  32  volts, 
Tautre  pôle  étant  à  la  terre. 

Fig.    lo. 


B 


ri       .         Tûôré  crfénium     ^^ 

l.  *• D  î^ 


H^ 


La  différence  de  potentiel  de  82  volts  entre  B  et  C  était  suffisante 
pour  enlever  au  gaz  tous  ses  ions  pendant  son  passage  le  long  du  cy- 
lindre. La  vitesse  de  décharge  de  l'électromètre  était  alors  propor- 
tionnelle au  nombre  des  ions  contenus  dans  le  gaz. 

Le  Tableau  suivant  donne  les  vitesses  de  déperdition  obtenues  pour 
différentes  distances  entre  le  cylindre  d^uranium  et  la  toile  L. 


Distance  entre 

Vitesse  de 

déperdition 

l'extrémité  du  cylir 

idre 

en  divisions 

par 

'  minute. 

d'uranium 

-^- — 

— ^ — - 

et  la  toile  L. 

T  (  en  sec). 

Observées. 

Calculées. 

cm 

•159 

•lag 

d  -^    i5 

^-h  I 

II 1 

1  la 

d-^t-    5o 

i-+-  2 

•87 

•87 

d -\-  \oo 

^4-4 

63 

60 

d-Jr  200 

i-4-8 

39 

37 

d  (environ  20*^")  était  la  distance  à  laquelle  la  première  mesure  a 
été  faite.  La  valeur  de  t  (deuxième  colonne)  correspond  à  d.  La  vi- 
tesse moyenne  du  courant  d'air  était  23*^"*  par  seconde. 

Les  valeurs  de  la  dernière  colonne  ont  été  calculées  d'après  la  for- 
mule (i).  Les  deux  nombres  avec  des  astérisques  ont  servi  à  déter- 
miner les  constantes  de  Téquation.  L'accord  des  autres  valeurs  est 
meilleur  qu'on  ne  pouvait  l'espérer,  car,  dans  la  pratique,  la  vitesse 
du  courant  d'air  n'est  pas  constante  à  travers  toute  la  section,  et  il  y  a 
aussi  une  légère  perte  de  conductibilité  par  diffusion  des  ions  sur  les 
parois  latérales  du  long  tube. 

On  observera  que  la  vitesse  de  recombinaison  est  très  faible  quand 
il  y  a  peu  d'ions  dans  le  gaz  et  que  l'air  conserve  un  quart  de  sa  con- 
ductibilité après  un  intervalle  de  8V 


LK8  BATONS  DB  L^URANIUM  ET  LA  CONDUCTION  ÉLECTRIQUE.  657 


§  14.  —  Mobilité  des  ions. 

La  niélhode  employée  (voir /^AiV.  Mag.^  nov.  1897,  Mémoire  tra- 
Juil  dans  ce  Recueil)  pour  déterminer  la  mobilité  des  ions  dans  la 
conduction  produite  par  les  rayons  de  Rtinlgen  ne  peut  être  employée 
pour  les  rayons  de  Turanium.  Il  n'est  pas  pratique  de  mesurer  la  vi- 
les>e  de  recombinaison  des  ions  entre  les  plateaux  dans  ce  cas,  à  cause 
de  la  très  grande  faiblesse  de  la  conductibilité  rémanente;  et,  de  plus, 
linégalité  de  l'ionisation  entre  les  deux  plateaux  trouble  beaucoup  la 
distribution  du  champ  électrique  entre  ces  deux  plateaux. 

On  peut  cependant  facilement  comparer  les  mobilités  des  ions,  dans 
des  conditions  identiques,  dans  l'air  nintgenisé  et  dans  l'air  rendu 
conducteur  par  l'uranium.  Les  résultats  montrent  que,  dans  les  deux 
cas«  les  ions  sont  identiques. 

Pour  comparer  les  mobilités,  on  a  employé  un  appareil  analogue  à 
celui  de  la  figure  10.  Les  ions  étaient  entraînés  par  un  courant  d'air 
le  long  d'un  fil  chargé  A,  et  Ton  mesurait  la  conductibilité  du  gaz 
aussitôt  après  à  l'aide  d'une  électrode  B,  fixée  tout  près  de  A.  I/élec- 
Irode  A  était  cylindrique  et  fixée  suivant  l'axe  du  tube  L,  relié  à  la 
terre.  Nous  ferons  le  calcul  en  supposant  le  champ  électrique  iden- 
tique, dans  l'espace  compris  entre  les  deux  cylindres,  à  ce  qu'il  serait 
si  ces  derniers  étaient  infiniment  longs. 

Soient  : 

■ 

a  le  ravon  de  l'électrode  A  ; 

h  le  ravon  intérieur  du  tube  L  ; 

V  le  potentiel  de  Télectrode  A  (supposé  positif). 

La  valeur  du  champ  X,  à  une  distance  r  du  centre  du  tube,  est 
donnée  par  (les  Log  désignent  les  logarithmes  népériens) 


rLog (  - 


Soient  W|,  u^  les  mobilités  des  ions  positifs  et  négatifs.  Si  la  vitesse 
est  proportionnelle  à  la  valeur  du  champ  électricjue  en  un  point  quel- 
conque, la  distance  rfr  parcourue  par  l'ion  négatif  pendant  le  temps  rf/ 

est  donnée  par 

dr  =  X  M|  dt^ 

S.  P.  1^ 


658  E.    RUTtlERFORD. 

OU  bien 

Log  f -j  rdr 


dt  = 


Vm, 


Soit  1-2  la  distfince  du  centre  à  partir  de  laquelle  Tion  néj;atif  peut 
juste  atteindre  Télectrode  pendant  le  temps  t  mis  par  Tair  pour  lon^^er 
cette  électrode 

,=  (£iz:iil)Log(*). 

Soit  02  le  rapport  du  nombre  des  ions  négatifs  qui  atteignent  Télec- 
trode  A  au  nombre  total  des  ions  qui  passent  le  long  de  celte  électrode; 

on  a 

ri  —  a« 

Par  suite, 

(^)  ".= ^;v7 

De  même,  en  désignant  par  pi  le  rapport  du  nombre  des  ions  posi- 
tifs qui  abandonnent  leur  charge  au  cjlindre  extérieur  au  nombre  total 
de  ces  ions,  on  a 

.o,(6«-a«)Log(^) 

<'^)  "«= ïvr^^- 

Dans  les  équations  précédentes,  on  suppose  que  le  courant  d'air 
est  réparti  conformément  à  travers  toute  la  section  du  tube,  et  que 
la  distribution  des  ions  est  uniforme  à  travers  toute  la  section,  par 
suite,  que  le  mouvement  des  ions  ne  trouble  pas  sensiblement  le 
champ.  Comme  la  valeur  de  t  peut  être  calculée  d'après  la  vitesse  du 
courant  d'air  et  la  longueur  de  l'électrode,  on  peut  immédiatement 
déterminer  les  valeurs  des  mobilités  des  ions. 

L'équation  (2)  montre  qae  p2  est  proportionnel  à  V,  c'est-à-dire 
que  la  vitesse  de  déperdition  de  l'électrode  A  varie  directement 
comme  le  potentiel  de  A,  pourvu  que  la  valeur  de  V  ne  soit  pas  assez 
grande  pour  enlever  tous  les  ions  contenus  dans  le  gaz  pendant  qu'il 
passe  le  long  de  l'électrode.  C'est  ce  qui  a  été  \érifié  par  rexpérience. 

Pour  la  comparaison  des  mobilités,  le  potentiel  \  a  reçu  une  \aleur 

telle  que  ps=  -  environ.  On  la  déterminait  en  cherchant  la  vitesse  de 
déperdition  de  B  pour  une  force  électromotricc  saturante.  La  reconi- 


LES  AATONS   DE   l'uRANIUM   ET  LA  CONDUCTION  ÉLECTHIQIE.  669 

binalsondes  ions  entre  A  et  B  était  très  faible  et  pouvait  être  négligée. 
En  laissant  le  reste  de  Tappareil  identique,  on  enlevait  alors  le  cy- 
lindre d'uranium;   on  lui  substituait  un  cylindre  d'aluminium   sur 
lequel  on  faisait  tomber  les  rayons  de  Rontgen.  Ampoule  et  bobine 
d'induction  étaient  placées  dans  une  boîte  métallique  pour  faire  écran 
éleclriquc  complet  contre  toutes  les  perturbations  électrostatiques. 
On  ne  faisait  tomber  les  rayons  que  sur  la  région  centrale  du  cylindre. 
On  réglait  leur  intensité  de  façon  à  obtenir,  avec  le  même  courant 
d'air,  une  vitesse  de  décharge  du  même  ordre  que  celle  que  produi- 
sait l'uranium.  On  trouvait  alors  une  valeur  de  p2  à  peu  près  la  même 
que  dans  le  cas  de  la  conduction  produite  par  les  rayons  de  Tura- 
niuin.  Par  exemple,  la  vitesse  de  décharge  de  B  était  réduite  de  38**'^ 
à  i4''"  par  minute  en  chargeant  A  à  un  certain  potentiel  faible,  quand 
on  soufflait  de  Tair  ionisé  par  l'uranium.  Avec  Pair  rontgenisé,  dans 
les  mêmes  conditions,  la  >itesse  de  décharge  était  réduite  de  i^o^'""  à 
iS**"  par  minute.  Les  valeurs  de  p2  étaient  respectivement  o,()3  et 
0,64.  Cette  concordance  est  plus  parfaite  qu'on  ne  pouvait  l'espérer, 
car  Tampoule  n'est  pas  une  source  bien  constante  de  radiation. 

Ce  résultat  montre  que  les  ions,  dans  les  deux  cas,  air  rontgenisé  et 
aira  uranisé  »,  se  déplacent  avec  la  même  vitesse  et  sont  probablement 
identiques.  La  mobilité  d'un  ion  à  travers  un  gaz  est  proportionnelle 

à—,  e  étant  la  charge  portée  par  Fion  et  m  sa  masse.  A  moins  que 

e  et  m  ne  varient  dans  le  même  rapport,  il  en  résulte  que  la  charge 
portée  par  l'ion  et  sa  masse  sont  identiques  dans  les  deux  cas. 

On  a  trouvé  que  la  vitesse  des  ions  négatifs  était  un  peu  plus  grande 
que  celle  des  ions  positifs.  Zeleny  (  '  )  a  montré  que  tel  est  le  cas  pour 
les  ions  des  gaz  runtgenisés.  On  met  facilement  en  évidence  cette  dif- 
férence de  vitesse  des  particules  chargées  des  deux  signes.  On  mesure 
la  \itesse  de  déperdition  de  B  pour  des  charges  positives  et  négatives. 
Quand  B  était  chargé  positivement,  la  vitesse  de  déperdition  mesurait 
le  nombre  des  ions  négatifs  qui  échappaient  à  Télectrode  A  ;  quand  B 
était  chargé  négativement,  elle  mesurait  le  nombre  des  ions  positifs. 
Or  elle  était  toujours  légèrement  plus  grande  quand  B  était  chargé 
négativement.  Cela  est  vrai,  que  A  soit  chargé  positivement  ou  néga- 
tivement, et  montre  qu'il  y  a  un  excès  d'ions  positifs  dans  le  gaz  après 
qu'il  a  passé  auprès  de  l'électrode  A. 
On  peut  aussi  montrer  facilement  la  différence  des  mobilités  des 


(')  Phit,  Mag.^  b*  série,  t.  XLVI,  juillet  1898  (voir  plus  loin). 


I 

66o  E.   RUTHERFORD. 

Ions  en  appliquant  à  Tel  eclrode  Aune  force  électromotrice  alternative 
suffisante  po}ir  enlever  une  grande  partie  des  ions  quand  Pair  passe 
au  voisinage.  On  trouve  toujours  que  le  gaz,  à  la  sortie,  est  chargé 
positivement,  preuve  d'un  excès  d'ions  positifs. 

On  a  fait  un  grand  nombre  de  déterminations  des  mobilités  des 
ions  de  l'air  soumis  aux  rayons  de  l'uranium,  avec  des  forces  électro- 
motrices  constantes  ou  alternatives,  l'air  passant  entre  des  électrodes 
cylindriques  ou  des  plateaux  plans  rectangulaires.  Par  suite  des  iné- 
galités dans  la  vitesse  du  courant  d'air  aux  différents  points  d'une 
même  section  et  aussi  par  suite  d'autres  causes  perturbatrices  impos- 
sibles à  déterminer,  on  ne  pouvait  faire  cette  mesure  avec  toute  la 
précision  désirable.  Pour  une  détermination  exacte,  une  méthode 
indépendante  des  courants  d'air  est  tout  à  fait  nécessaire. 


§  15.  —  Chnte  de  potentiel  entre  les  deux  plateanz. 

La  modification  produite  par  le  déplacement  des  ions  dans  la  distribution  du 
potentiel  entre  deux  plateaux  parallèles,  quand  Tun  d'eux  est  recouvert  d'ura- 
nium, a  été  étudiée  soit  avec  un  fil  métallique  explorateur  relié  à  rélectro- 
mètre,  soit  par  Télectromètre  à  écoulement  d'eau  (les  deux  plateaux  étant 
verticaux,  dans  ce  cas).  Les  deux  méthodes  donnent  des  résultats  concor- 
dants :  Si  les  deux  plateaux  étaient  chargés  à  des  potentiels  égaux  et  de 
signe  contraire,  le  plan  de  potentiel  zéro  est  déplacé;  il  s'éloigne  du  plateau 
couvert  d'uranium,  et  son  déplacement  est  d'autant  plus  grand  que  la  force 
électromotrice  est  'plus  faible  et  que  l'ionisation  est  plus  forte.  De  la  distri- 

à\ 

bution  du  potentiel  on  peut  déduire  la  distribution  de  la  force  électrique —  -7- 

et  celle  de  la  densité  —  r—  t-t* 

Comparaison  avec  les  résultats  de  C.-D.  Child  {^)  et  de  J.  Zeleny  {^) 
pour  les  rayons  de  Rôntgen.  —  Dans  le  cas  de  l'uranium,  l'ionisation  décroit 
d'un  plateau  à  l'autre,  et  c'est  cette  inégalité  qui  produit  surtout  la  modifi- 
cation du  champ.  Dans  le  cas  des  rayons  de  Rontgen,  l'ionisation  est  uni- 
forme, la  modification  du  champ  est  due  surtout  à  l'accumulation  des  ions  au 
voisinage  des  électrodes,  d'où  résulte  une  variation  rapide  du  potentiel  près 
des  plateaux  (>). 


(»)  Wied,  Ann,,  t.  LXV,  avril  1898,  p.  i5a. 

(»)  Phil.  Mag.,  t.  XLVI,  juillet  1898,  p.  120. 

(')  Voir  le  Mémoire  théorique  de  J.-J.  l'homson  traduit  également  dans  ce  Re- 
cueil et  paru  dans  le  même  volume  du  PhiL  Mag.  Ce  mémoire  est  reproduit  aussi 
dans  Cond.  of  Elect,  thr,  Gases,  {Note  du  traducteur.) 


§16.- 


s  DE   L'i'KANIl'll  ET  LA  CONDUCTION  ELECTRIQUB. 


Relation  entre  le  coortnt  at  la  force  électromo triée. 


On  1  les  mêmes  résultats  généraux  que  dans  le  cas  des  rayons  de  ROnigen  : 
lecoaranl,  d'abord  à  peu  prés  proportionnel  à  la  force  électromotrice,  croit 
ili  plus  «D  plus  lentement  et  tend  vers  une  limite  (courant  de  saturation). 
Uâgare  ii  indique  lj  ni<-iliode  employée  :  l'élcclrométre  ne  sert  que  d'ins- 
iniBCDl  de  léro,  T  esl  une  résistance  considérable  eu  xylol  (looooohms).  On 
■liniicDt  le  potentiel  du  plateau  B   nul,  en  lui  fournissant  uu  courant  qui 

ni  proportionnel  à  ^ '-g- ,  par  sjite  à  R|,  si  l'on  maintient  la  somme  R]  +  Ri 

roiuUate.  Pour  les  gaz  autres  que  l'air,  les  deux  électrodes  cylindriques  C,  D 


Ipiriie  inférieure  de  la  figure  ii]  remplaçaient  les  plateaux  A  et  B,  le  cylindre 
iûltrifur  C  étant  recouvert  d'oxyde  d'uranium.  La  figure  la  indique  quelques- 


l--.g 

'■' 

lÇa3_Mli2^ 

„. 

t 

^ 

— 

/ 

Air 

^ , 

/ 

— / 

Him 

voe. 

^ 

1 — 

-*—] 

lis 

fflCS 

des 

\:y/>o 

fres 

0.37 

'cm. 

Volt' 

1 

s 

a 

u 

00 

uni  des  résultats  (l'échelle  des  courants  y  est  arbitraire).  Od  voit  qu'il  y  a 
ane  caleur  définie  du  courant  quand  la  force  électromolrice  est  nulle.  Cec 


•''•  *^' "*  *-=*—-■*       -    -•■'    r     «T    "*      iJ"'*-r"*L*     ■«^T-r^TT*     »;  iïi^ 


3  _2iL  -£ .    a   !oir  '  Am*b 


■*  -1 li-f  **  ■■■■!■■         * 


);•. 


r-.r:t     -  ïttrn*rrrTr'  mt  r^  TiTTiBs-  ii*  .'  mniîun:  -K  f -^bteair  un 

i"^  if  nnanun  -attfra*^  *iika:s^  lui  n^ipient 
rr^oatiiL  ïe  nttae  -Àipue  qn^  ljk  charge 
ïé^  imnirun.  I*r^  r-^aiUrfâ-  -  fsnûnusu  iimleaiffnjt  tijn^  t«i  tbêi>rie  de 
'  ofu-^.'-o-  ?'«r  r*iir»^  tif  /  ia.*=»Tn  lui  IL  nouÂf  ie  ui  r*iwlîoa  par  l  air, 
»•  zr*z  '  ».-»a  i#»  ji  -^"ir^ètT:*-  Df  /  inrumiL  ■??=€  p^is^  f*.»rtenient  ionisé  que 
•.^Mii  rii  ^n  ■'r^.  ^cMt  i  ri*^»ni*f  âstimri»-  Sapp>îOD5  par  exemple 
m  in  ni  r-^iii  i*  irmi»jm.  zmàcs^t  p«>HthefBifat.  soil  placé  à  l'intérieur 


;>^  '-^r-iû'aCfUM  'i:»fri!iM?a£aû»  •)•£  été  £ûics  depvis  poar  les  gaz  rônt^cnisés, 
(lACwtrtufn*  >*r  /.  ZfiUiAj  *t  P.  Lanwenn.  {Xote  du  traducteur.) 

'     R'..«*  .'4  *Xf:  par  M:.  C*««^    'lyy.'  ^>  >   trooTé   an  coefficient  de  recombi- 
n^.^^M  i.'W^^p'eikiaAt  ^  U  preM*Mi,  résiliât  sealement  approché,  d'après  Langevin. 

(  \ote  du  traducteur.  ) 
f'f  f'hU.  Mtag.,  t.  XLIV,  jvjllet  1897,  p.  loa. 


LES   BAYONS   DB   l' URANIUM   ET   LA   CONDUCTION   ÉLECTRIQUE.  663 

d'un  vase  métallique  relié  à  la  terre,  et  traversé  par  un  courant  d'air. 
Sous  l'influence  de  la  force  électromotrice,  les  ions  négatifs  se  dé- 
placent vers  l'uranium,  et  les  ions  positifs  en  sens  contraire,  vers  les 
parois  du  vase.  Comme  l'ionisation  est  plus  grande  au  voisinage  de 
l'uranium,  il  y  aura  excès  d'ions  positifs  dans  l'air  à  quelque  distance 
de  l'uranium.  Une  partie  de  ces  ions  sont  entraînés  parle  courant  d'air 
et  abandonnent  une  charge  positive  à  un  tampon  d'ouate.  Le  nombre 
total  des  ions  négatifs  entraînés  pendant  le  même  temps  est  beaucoup 
moindre,  car  la  valeur  du  champ,   et  par  suite  la  vitesse  de  l'ion  est 
beaucoup  plus  grande  près  de  l'uranium  que  près  du  cylindre  exté- 
rieur. Par  suite  il  y  a  un  excès  d'ions  positifs  entraînés,  et  l'on  obtient 
un  gaz  chargé  positivement.  Quand  la  diflerence  de  potentiel  entre  les 
électrodes  augmente,  la  quantité  d'électricité  ainsi  mise  en  liberté  dé- 
pend de  deux  influences  opposées.  En  premier  lieu  la  vitesse  des  ions 
aupnente  :  par  suite  la  proportion  des  particules  chargées  entraînées 
diminue.  Mais,  si  le  gaz  n'est  pas  saturé,  le  nombre  des  ions  qui  se 
déplacent  entre  les  deux  électrodes  augmente  quand  la  force  élec- 
Iromolrice  augmente,  et,  pour  de  faibles  forces  électromotrices,  cette 
augmentation  compense  et  au  delà  la  diminution  due  à  l'accroisse- 
ment de  vitesse.  Donc  la  quantité  d'électricité  obtenue  croîtra  d'abord 
en  même  temps  que  le  voltage,  passera  par  un  maximum,   puis  dé- 
croîtra; car,  lorsque  le  gaz  est  saturé,   l'accroissement  de  la  force 
électromotrice  n'ajoute  plus  de  nouveaux  ions.  C'est  exactement  le 
résultat  de  Beattie;  c'est  aussi  celui  que  j'ai  obtenu  dans  le  cas  de  la 
séparation  des  ions  de  l'air  nintgenisé.   Le  fait  qu'on  obtient  plus 
d'électricité  positive  que  d'électricité  négative  tient  à  la  plus  grande 
mobilité  des  ions  t^égatifs.  (Voir  §  14). 

Les  propriétés  de  ce  gaz  électrisé  sont  semblables  à  ce  qui  a  été 

obtenu  dans  le  cas  de  la  conduction  par  les  rayons  de  Rcintgen.  Le 

signe  contraire  des  électrisations  obtenues  d'une  part  par  Beattie 

dans  le  cas  de  l'uranium,  et  d'autre  part  par  moi-même  (•)  dans  le 

cas  des  gaz  rontgenisés,  peut  s'expliquer  par  la  dilférence  des  méthodes 

employées.  Pour  obtenir  de  l'électrisation  à  l'aide  d'air  nintgenisé,  un 

courant  d'air  rapide  était  dirigé  tout  près  du  fil  chargé.  Dans  ce  cas, 

I  électricité  obtenue  est  de  signe  contraire  à  celle  du  fil,  car  ce  sont 

les  particules  chargées  de  signe  contraire  au  fil  qui  sont  entraînées 

avant   de  l'avoir  atteint.  Dans  le  cas  de  l'uranium,   le  courant  d'air 

remplissait  toute  la  section  de  l'espace  compris  entre  les  électrodes; 

(»)  Phil.  Mag.,  avril  1897. 


^         h 


atr      -*iiî-     r-     •mr--.zLy-.   •!!  tuÎL  ?*iftltenclre  à  obtenir  d^ 


métalUques. 

..'    -  iiiL.-       à   -wTi*.-    JT    ~  cmiuiim  3*»r»i  toute  trace  de  con- 

-Il '1-    -        "^iiLi     X    r       —       r".«*-7ri!fr  m  timipon  d'ouate  ou  n'im- 

••-"r     -   -.  -    .;:  — -.-i.T  -    nïr*TLvîi:.  fi-.îf—,  Cette  propriété  de  fouale  el 

-         —    *— .1     .-:-?- zi?T-  —     z    r'-'-oirt"  U3«iri  surprenante,  car  il  e>t 

.-   -1  --■_     -  -    —   .  I2-  -^r— XT^ar^  «or  Uf^  tiiiL«fB>ions  moléculaires 

-  --  .i.-       z^'.- *T'z..  -^êST^"  \*r  if»  ifîic?  orifices  ;  mais  un  peu 

-  ^■:     _     _    -zi.  z-Z"    ~^z    :—   ■-  j>.     'inuit^   >•>  3D}Iêcules,  sont   conti- 
:.    -    -     _    -in-;.  '-!^r-3-  ^^^i.:r.  -'.   ii*  JLU^îv  ^aC  des  charges  libres, 

-  ■'.    r^  -ji   .1.    ^  *  -■'i--*    ,    vzr-      r-iàiiii;  di?G4ii':^*  J'un  corps  solide 

I  _=--!-    c.uj*-î-   '-rf*    m   *'.    iiL  ii]«ta^i«>anent  leur  charçe 

-  _:    -•:i_    .   -»    -ir*^.^    P'^r  -iiiit*   ce    a  npûîilè  de  diflusion  des 

Lr  -        L      r  .-   Lr-'^L^-^»-  i"  lue  uiîe  ui^ciLiique,  présentant  dcs 

.    -.-  ..-  -    r--    ^-^  -  -r      ijiiî*ni>'a  ii;>  inuwt^ry^  des  ions,  peut 

-:*-   1-  ^  ,r"::i  :.   -.-  T.^.i'-iti  i— tf>?*»us-  tiianje  .{o^tiues  résultats obte- 

:i  L.-  K    --     :  —   ,  .*,-^  i:ie^  o*  "ii — ?.  L-i  uiie  i^^ut  nîeux  fils  par  milli- 

11'-  ^— .     t  -i.— .«*--   ■•■  ■!.;:•—  j,d-  H   nt-ou  -îCiiic  £c^ï?iîiênpment  égale  à  la 

>i  "T..-  -   : "r-    -i    '^-^ir"->.  -~rfï*  ?.'iie>».  -riT'tiœaiiiîic  >ifrwes  les  unes  contre 

'^  Ki  :•— .   :-"_n  :t:i->ii«-aL    a  ^c^.'-i'a  t»x  rjje  <a  A    ifjT.  i)\  On  main- 

■*i-à  ".   ■■    '"*^-?<*  :i  :   .i""i-r-  :"  iiT  ,•?  j  OiÇ  i'x  mii*  ^  p^u  près  constante, 

'"-  -     -  -LL-^'ii^f  :  ^  :■  tx»n*^C-:il.t'e  w  L  iir  vipnJf*  >>a  passage  à  travers 

-'T  :  -..'^T  zi'---^ tii't^,  *^jt  Ti-:t«fxi  iranut  l<r;<  i{i:«;^>cs^>  de  déperdition 

I  lo.S 

5  6 

Apre.H  avoir  traversé  cinq  toiles,  l'air  avait  perdu  les  f  de  sa  con- 


(')  J.-S.  TowNSKHii,  /Vi/7.  Mag.,  t.  XLV^juin  1898. 


LKS    HATONS   DE   L*0RAN1UM   ET  LA   CONDUCTION  ÉLECTRIQUE.  665 

duclibilité  prîmîtive.  D'autres  expériences  elTectuées  avec  des  toiles 
ayant  différents  degrés  de  finesse  ont  donné  le  même  résultat  général. 
Le  pouvoir  de  décharge  varie  avec  la  finesse  de  la  toile,  et  semble  dé- 
pendre plutôt  du  rapport  de  la  surface  du  métal  à  la  surface  des  ou- 
vertures que  de  la  dimension  absolue  des  ouvertures.  Si  une  toile  de 
cuIntc  arrête  si  facilement  les  ions  contenus  dans  le  gaz,  on  conçoit 
aisément  qu'un  petit  tampon  d'ouate  les  interceptera  tous.  La  perte 
rapide  de  conductibilité  est  alors  due  à  la  petitesse  de  la  particule 
chargée  et  à  la  grande  vitesse  de  difl'usion  qui  en  résulte. 

§  19.  —  Remarques  générales. 

La  cause  et  l'origine  du  rayonnement  continuellement  émis  par 
l'uranium  et  par  ses  sels  demeurent  un  mystère. 

Tous  les  résultats  obtenus  tendent  à  cette  conclusion  que  l'uranium 
produit  des  types  de  radiations  qui,  en  ce  qui  concerne  leur  action  sur 
les  gaz,  sont  analogues  aux  rayons  de  Rontgen  et  aux  rayons  secon- 
daires émis  par  les  métaux  quand  les  rayons  de  Rontgen  viennent  à  les 
frapper.  S'il  n'y  a  ni  polarisation,  ni  réfraction,  la  similitude  est  com- 
plète. J.-J.  Thomson  (*)  a  émis  l'hypothèse  que  les  constituants  de 
l'atome,  en  changeant  leur  mode  de  groupement,  donnent  naissance  à 
des  effets  électriques  tels  que  ceux  produits  dans  Tionisation  d'un  gaz. 
Les  résultats  de  Rontgen  (2)   et  de  Wiedemann  C)  semblent  indi- 
quer que,  lors  de  l'ionisation,  une  radiation  est  émise,  qui  présente 
des  propriétés  analogues  à  celles  des  rayons  de  Rontgen  peu  péné- 
trants. L'énergie  dépensée  dans  la  production  des  rayons  uraniques 
est  probablement  très  faible,  de  sorte  que  le  rayonnement  pourrait 
continuer  longtemps  sans  beaucoup  diminuer  l'énergie    interne  de 
Turanium.  On  a  cherché  l'efTet  de  la  température  de  l'uranium  sur 
Tintensité  du  rayonnement  produit,  à  l'aide  d'un  dispositif  analogue 
à  celui  décrit  au  paragraphe  11.  Les  rayons  étaient  complètement 
absorbés  dans  le  gaz.  On  a  chaufTé  le  récipient  jusqu'à  200"  C.  sans 
obsener  de  différence  bien  notable  dans  la  vitesse  de  décharge.  Les 
résultats  de  telles  expériences  sont  difficiles  à  interpréter,  car  on  ignore 
comment  varie  l'ionisation  avec  la  température. 
Je  n'ai  pu  observer  aucuns  rayons  secondaires  produits  quand  les 


(•  )  Proc.  Camb.  phil.  Soc.f  t.  IX,  8*  partie,  1898,  p.  897. 

(')  Wied.  Ann.,  t.  LXIV,  1898. 

(  *)  Zeit,f.  Electrochemie,  t.  H,  1890,  p.  169. 


666      RCTHERFORD.  —  LES   RATONS  DE   L*L'RAN1UM   ET   LA  CONDUCTION   ÉLBCTRIQrB. 

rayons  de  ruranium  tombent  sur  un  métal.  De  telles  radiations 
existent  probablement,  mais  leurs  effets  sont  trop  faibles  pour  pou- 
voir être  mesurés. 

L*auteur    termine    par   des    remerciements   adressés   au    professeur   J.-J. 
Thomson. 


L4  DÉCHARGE  DES  CORPS  ÉLECTRISÉS 

PAR  LA  LUMIÈRE  ULTRA-VIOLETTE, 

Par  E.  RUTHERFORD. 

Traduit  de  l'anglais  par  H.  BËNARD. 


Proc.  of  the  Cambr.  Phil.  Soc.,  t.  IX,  21  février  1898,  p.  401-417. 


L'action  générale  de  la  lumière  ullra-violette  sur  la  décharge  des 
corps  électrisés  a  fait  Tobjet  des  recherches  de  nombreux  expérimen- 
tateurs. C'est  Hertz  (*)  qui,  en  1887,  signala  le  premier  Faction  des 
ravonsuhra- violets  sur  Tétincelle  disruptive.  Wiedemann  et  Ebert  (^) 
montrèrent  que  l'électrode  négative  est  le  siège  de  cette  action   et 
firent  l'élude  de  son  effet  général  sur  les  décharges  à  potentiel  élevé. 
Hallwachs  (*)  et  Righl  (*)  constatèrent  que  le  zinc  et  d'autres  métaux 
se  chargent  positivement  sous  l'action  de  la  lumière  ultra-violette. 
Ces  résultats  ont  été  généralisés  par  Elster  etGeitel(^),  qui  ont  publié 
une  série  de  Mémoires  sur  la  décharge  produite  par  les  rayons  ultra- 
riolels,  dans  des  conditions  variées,  et  qui  ont  également  (°)  étudié 
l'action  d'un  champ  magnétique  sur  la  décharge  aux  basses  pressions. 
Stoletow  (')  a  examiné  en  détail  la  relation  entre  le  courant  et  la  force 
électroraolrice  dans  la  décharge  effectuée  sous  de  faibles  voltages  et  à 
différentes  pressions. 

La  plupart  de  ces  Mémoires  traitent  du  caractère  général  de  la 
décharge,  mais  on  ne  s'est  pas  encore  spécialement  occupé  de  la 
nature  de  cette  conduction,  ni  de  celle  des  particules  chargées  qui 


(•)  Wied.  Ann.,  t.  XXXI,  1887,  p.  983. 
(')  Wied.  Ann.,  t.  XXXIII,  1888,  p.  241. 
(»)  PhiL  Mag.,  t.  XXVI,  p.  78. 
{*)  Phil.  Mag.,  t.  XXV,  1888,  p.  3i4. 

(*)  Wied.   Ann,  t.  XXXVIII,  p,    4o,    497;   t.  XXXIX,   p.  33a;   t.   XLl,    p.    i6a, 
j66;  t.  LU,  p.  433;  l.  LV,  p.  684. 
(*)  Wied.  Ann.,  t.  XLI,  1890,  p.  166. 
(*)  Journ,  de  Russ.,  Phys,,  t.  XXI,  1889;  Journ.  de  Phys.,  l.  IX,  1890,  p.  4^8. 


668  E.    RL'TIIKIIKORD. 

produisent  la  décharge.  Lenard  et  Wolff  (*)  ont  publié  un  Mémoire 
très  intéressant  où  ils  examinent  l'action  d'une  surface,  qui  a  reçu  des 
rayons  ultra-violets,  sur  la  condensation  d'un  jet  de  vapeur  situé  dans 
le  voisinage  :  leurs  résultats  les  ont  conduits  à  cette  conclusion  que 
beaucoup  de  corps  subissent  une  véritable  désagrégation  sous  l'action 
de  la  lumière  ultra-violette,  et  que  les  particules  ainsi  détachées 
deviennent  de  véritables  noyaux  pour  la  condensation  du  jet  de 
vapeur.  Toutefois,  à  la  lumière  d'expériences  plus  récentes,  ces 
résultats  sont  susceptibles  d'être  interprétés  autrement. 

R.  V.  Helmholtz  (^)  a  montré  qu'un  jet  de  vapeur  est  influencé 
quand  on  produit  une  action  chimique  dans  le  voisinage.  Richarz  (^) 
a  fait  voir  que  les  rayons  de  Rontgen  produisent  la  condensation  dans 
un  jet  de  vapeur,  et  C.-T.-R.  Wilson  (*)  a  récemment  observé  que 
les  ions  produits  sous  l'action  des  rayons  de  l'uranium  ou  des  rayons 
de  Rontgen  deviennent,  dans  certaines  conditions,  des  noyaux  de 
condensation  pour  la  vapeur  d'eau  qui  les  entoure.  Il  a  aussi  démontré 
ce  fait  important,  auquel  on  ne  semble  pas  avoir  pris  garde,  que  la 
lumière  ultra-violette  produit  des  nuages  dans  l'air  humide  ordinaire 
d'une  façon  absolument  indépendante  de  la  présence  d'un  corps 
solide  quelconque  dans  le  voisinage.  Cet  eflet  doit  avoir  compliqué 
ceux  qu'ont  observés  Lenard  et  Wolff,  et  les  résultats  plus  généraux 
concernant  la  propriété  qu'ont  les  ions  de  produire  la  condensation 
semblent  indiquer  que,  probablement,  ceux  que  ces  physiciens  ont 
obtenus  peuvent  être  attribués  à  la  présence  d'ions  gazeux  libres  plu- 
tôt qu'à  des  particules  solides  détachées  du  métal. 

Le  Mémoire  actuel  a  pour  but  d'exposer  les  résultats  des  recherches 
que  j'ai  entreprises  sur  les  particules  chargées  auxquelles  est  due 
l'électrisation  négative  produite  sous  l'action  de  la  lumière  ultra-vio- 
lette, et  de  montrer  que,  vraisemblablement,  la  majeure  partie  de  la 
charge  est  portée  parles  ions  gazeux  produits  à  la  surface  du  plateau 
chargé  négativement. 

Pour  obtenir  une  décharge  à  l'aide  de  rayons  ultra-violets,  la  lumière 
doit  tomber  sur  une  surface  chargée  négativement.  On  n'obtient  aucune 
décharge,  si  l'on  fait  arriver  le  faisceau  de  lumière  entre  les  deux  pla- 
teaux, sans  qu'il  tombe  sur  aucun  d'eux.  Sous  ce  rapport,  l'action  de 


(»)  med.  Ann.,  t.  XXXVII,  1888,  p.  4^3. 

(^)  Wied.  Ann.,  t.  XXXII,  1887,  p.  i  ;  t.  XL,  1890,  p.  161. 

(*)  Wied.  Ann.,  t.  LIX,  1896,  p.  592. 

(♦)  Prac,  Cambr.  phiL  Soc.,  t.  IX,  part.  VII,  1897,  p.  333. 


LA  DÉCHARGE   DES  CORPS  KLECTRISÉS  PAR   LA   LUMIERE   ULTRA-VIOLETTE.      669 

la  lumière  ultra-violette  est  très  différente  de  celles  des  rayons  de 
Runtgen  ou  de  ceux  de  l'uranium,  qui  produisent  l'ionisation  de 
chaque  élément  de  volume  du  gaz  traversé  par  eux.  Henry  ('  )  a  cher- 
ché à  résoudre  la  question  de  savoir  si  la  lumière  ultra-violette  pro- 
duit une  ionisation  appréciable  du  gaz  qu'elle  traverse  :  ses  expé- 
riences, effectuées  avec  les  vapeurs  d'iode  et  d'iodure  de  méthyle,  qui 
deviennent  l'une  et  l'autre  très  conductrices  sous  l'action  des  rayons 
de  Runtgen,  n'ont  donné  que  des  résultats  négatifs.  Le  résultat  de 
C.-T.-R.  Wilson,  d'après  lequel  une  lumière  ultra-violette  intense 
produit  un  nuage  dans  l'air  humide,  rend  possible  l'existence  d'une 
légère  ionisation  cubique  du  gaz  traversé  par  la  lumière  ultra-violette, 
mais  cet  effet  semble  trop  faible  pour  être  mesuré  par  des  procédés 
électriques,  et,  dans  toutes  les  expériences  qui  suivent,  on  a  supposé 
que  la  surface  du  plateau  chargé  négativement  est  le  siège  de  l'action 
de  la  décharge  produite  par  les  rayons  ultra-violets. 

Si  l'on  fait  tomber  de  la  lumière  ultra-violette  sur  une  surface 
chargée  négativement,  par  exemple  sur  un  plateau  de  zinc  poli, 
puisque  le  conducteur  se  décharge  lentement,  il  semble  probable  que, 
si  la  décharge  est  due  au  transport  de  particules  chargées,  ces  parti- 
cules puissent  être  entraînées  en  dirigeant  un  courant  d'air  suffisam- 
ment rapide  normalement  à  la  direction  de  leur  déplacement. 

C'est  ce  que  Zeleny  (^)  a  montré  expérimentalement,  en  faisant 
voir  qu'on  obtient  un  gaz  chargé  négativement  en  soufflant  le  long  du 
plateau  chargé  négativement  pendant  l'action  de  la  lumière  ultra-vio- 
lette. Ce  gaz  a  des  propriétés  analogues  au  gaz  électrisé  qu'on  obtient 
parla  séparation  des  ions  dans  l'ionisation  effectuée  par  les  rayons  de 
Runtgen  ('),  car  il  perd  facilement  sa  charge  et  ne  peut  traverser 
un  tampon  d'ouate  sans  l'abandonner. 

J'ai  observé  le  même  fait  d'une  façon  indépendante;  j'ai  également 
.examiné  l'effet  des  courants  d'air  longeant  les  électrodes,  en  particu- 
lier dans  le  but  de  déterminer  la  mobilité  des  particules  chargées. 

Avant  d'indiquer  les  résultats  généraux  obtenus,  il  est  nécessaire 
d'attirer  l'attention  sur  les  phénomènes  observés  par  Bichat  et 
Blondlot  (*).  Ils  ont  trouvé  que  si  un  plateau  isolé  de  zinc  était  sou- 
mis à  l'action  de  rayons  ultra-violets,  tous  les   conducteurs  voisins 


(*)  Proc.  Camb. phil.  Soc,  t.  IX,  1897,  p.  3 19. 
O  Phil.  Mag.,  t.  XLV,  1898. 
(')  RuTHERFORD,  PhU.  Mag.,  t.  XLIII,  1897. 
(*)  Comptes  rendus,  t.  XVII,  1888,  p.  29. 


670 


E.    RUTHERFORD. 


étant  reliés  au  sol,  le  potentiel  auquel  on  pouvait  le  porter  était  mul- 
tiplié par  6  ou  ^,  quand  on  balayait  le  plateau  par  un  courant  d^air. 
Ils  ont  trouvé  que  cette  action  est  indépendante  de  la  poussière  elde 
riiuinidité.  On  peut,  de  cette  façon,  facilement  éle\erle  potentiel 
d'un  plateau  de  zinc  amalgamé  à  i5  volts  en  quelques  minutes,  tandis 
que,  sous  l'action  de  la  lumière  ullra-violette  seule,  on  ne  pourrait 
l'élever  qu'à  un  potentiel  inférieur  à  2  volts. 

J'ai  aussi  constaté  que  la  vitesse  de  déperdition  d'un  conducteur 
•chargé  négativement  est  beaucoup  plus  grande  quand  on  dirige  conlre 
lui  un  rapide  courant  d'air  dénué  de  poussières.  Un  plateau  de  zinc 
poli,  chargé  à  — 8  volts,  placé  à  10*^™  d'un  autre  plateau,  a  donné 
une  vitesse  de  déperdition  douze  fois  plus  grande  que  sous  l'action 
de  la  lumière  ultra-violette  seule.  Le  courant  d'air  semble  aider  la 
force  électromotrice  à  enlever  la  charge  négative.  On  doit  en  tenir 
compte  toutes  les  fois  que  des  courants  d'air  tombent  sur  des  surfaces 
chargées  négativement. 

La  figure  i  montre  la  disposition  générale   de  cette  expérience. 


L 


l' i  "■      I 


z30--s=Ajf: 


M 


w 


Un  courant  d'air,  produit  par  un  soufflet  ou  un  gazomètre,  passait 
entre  deux  électrodes  planes  parallèles  B  et  C,  et  circulait  ensuite  à 
l'intérieur  d'un  cylindre  d'aluminium  isolé  T.  On  enlevait  autant  que 
possible  les  poussières  de  Tair  en  le  forçant  à  traverser,  avant  d'at- 
teindre les  plateaux,  une  ampoule  G  contenant  un  tampon  serré 
d'ouate.  Une  lampe  à  arc  A  constituait  la  source  de  lumière  ultra- 
violette. Cette  lumière  traversait  une  plaque  de  quartz  Qi  qui  cou- 
vrait une  fenêtre  ménagée  dans  l'écran  métallique  LM  entourant  l'arc, 
puis  une  seconde  plaque  de  quartz  Q2,  enfin  une  fine  toile  métal- 
lique B,  et  tombait  sur  le  plateau  métallique  C,  généraleuient  en  zinc 
poli  ou  amalgamé.  Les  hachures  en  lignes  pointillées  indiquent  la 


U  DÉCHARGE   DES  C0BP8  ÊLBCTR18É8   PAR   LA  LLMIÈRE    ULTRA-VIOLETTE.      67 1 

position  des  isolants  qui  servaient  à  isoler  les  uns  des  autres  la  toile 
métallique  B,  le  plateau  C  et  le  tube  T.  Un  fil  isolé  W  était  placé 
suivant  Taxe  du  cylindre  T. 

Dans  une  expérience,  le  plateau  C  était  long  de  4*^"'j2,  large  de  i*"",5 
et  situé  à  8^"  de  la  toile  métallique  B.  Comme  la  surface  de  Touver- 
tore rectangulaire  {>ar  où  Tair  passait  nY'tait  que  de  i*^™',2  on  pouvait 
facilement  obtenir  des  vitesses  de  courant  d'air  égales  à  Soo*"'"  ou  4oo*^'" 
par  seconde. 

Première  expérience.  —  C  était  relié  au  pôle  négatif  d'une  bat- 
terie de  8  volts,  l'autre  pôle  étant  relié  au  sol.  La  toile  métallique  B 
était  reliée  à  l'une  des  paires  de  quadrants  d'un  électromètre,  l'autre 
étant  au  sol.  Toutes  les  autres  parties  de  l'appareil  étaient  reliées  au 
sol.  Quand  la  lumière  ultra-violette  agissait,  le  plateau  C  perdait  une 
charge  négative  que  recueillait  la  toile  B,  et  Taiguille  de  Télectro- 
mètre  montrait  une  déviation  de 

60'''^  par  minute. 

En  faisant  passer  un  courant  d'air  rapide  entre  les  plateaux,  on  arrêtait 
complètement  Taiguille  de  l'électromètre;  ceci  montrait  que  les  par- 
ticules chargées  négativement,  après  avoir  quitté  C,  étaient  complè- 
tement entraînées  par  le  courant  d'air. 

En  chargeant  C  à  un  potentiel  de  —  if\  volts,  la  vitesse  de  déper- 
dition correspondait  à 

170**'^  par  minute; 

avec  le  courant  d'air,  elle  était  réduite  à 

8*"^  par  minute; 

par  suite,  moinsde  jj,  de  la  charge  pro\enant  de  C  atteignait  la  toile  B. 
En  chargeant  C  à  des  potentiels  plus  élevés,  la  proportion  des  parti- 
cules chargées  qui  pouvaient  atteindre  la  toile  métallique  sans  être 
balayées  par  le  courant  d'air  augmentait.  En  diminuant  ou  en  aug- 
inentant  la  vitesse  du  courant  d'air,  les  autres  conditions  restant 
identiques,  on  augmentait  ou  l'on  diminuait  le  nombre  des  particules 
chargées  recueillies  par  la  toile  métallique. 

Deuxième  expérience,  —  On  a  vu  que  Ton  peut  empêcher  la  tota- 
lité ou  une  partie  des  particules  chargées  d'atteindre  la  toile  métal- 


67a  E.    RL'TIIERFORD. 

lîque  B.  Il  faut  montrer  à  présent  ce  que  deviennent  celles  qui  oat 
été  entraînées  hors  de  Fespace  limité  par  les  deux  plateaux.  Le  pla<^ 
leau  C  était  chargé  à  —  24  volts  et  la  toile  métallique  reliée  au  sol. 
Le  cyliïidre  d'aluminium  T  était  relié  à  l'un  des  pôles  d'une  batterie 
de  3o  volts,  et  le  fil  W  à  l'électromètre.  On  ne  constatait  aucune 
déviation  de  l'électromètre  sous  l'action  des  seuls  rajons  de  l'arc. 
Si  T  était  chargé  négativement,  la  production  du  courant  d'air  char- 
geait W  négativement.   Si  la  charge  de  T  était  positive,  rien  de  tel 
n'avait  lieu.  On  en  conclut  qu'un  gaz  chargé  négativement  a  circulé 
à  l'intérieur  du  cylindre;  dans  le  premier  cas,  il  a  cédé  sa  charge  au 
fil  central;  dans  le  second  cas,  au  cylindre  T.  Un  excellent  procédé 
pour  évaluer  la  charge  totale  entraînée  consiste  à  placer  un  tampon 
d'ouate  à  l'intérieur  du  tube  :  l'air  qui  le  traverse  se  trouve  complè- 
tement déchargé. 

Troisième  expérience.  —  Si  le  tube  d'aluminium  T,  ayant  3o*^" 
de  longueur  et  i^",  i  de  diamètre,  était  relié  à  l'électromètre,  et  le  fil 
central  enlevé,  on  trouvait  que  le  gaz  circulant  dans  le  tube  lui  cédait 
une  partie  de  sa  charge.  Dans  une  expérience,  la  vitesse  de  Tair 
étant  d'environ  1 5o*^™  par  seconde,  -5  du  gaz  était  déchargé  par  le 
tube  :  on  pouvait  s'attendre  à  ce  résultat,  car  les  particules  chargées 
se  repoussent  mutuellement  vers  les  parois  du  tube.  Si  la  densité 
cubique  d'électrisation  était  uniforme  à  travers  toute  la  section  du 
tube,  une  telle  expérience  nous  permettrait  de  calculer  la  vitesse 
avec  laquelle  la  particule  se  meut  par  suite  de  cette  répulsion  mu- 
tuelle, mais  cette  condition  n'est  pas  remplie  ici. 

Quatrième  expérience,  —  On  peut  recueillir  toute  la  charge  en- 
traînée en  dehors  de  l'espace  limité  par  les  électrodes  B  et  C.  Dans 
une  expérience,  on  mesurait  la  vitesse  de  déperdition  de  C  sous 
l'action  du  courant  d'air  :  une  partie  de  la  charge  cédée  par  C  était 
recueillie  par  la  toile  métallique  B,  une  autre  partie  par  le  tube  T,  le 
reste  par  le  tampon  d'ouate.  On  a  trouvé  que  la  somme  des  trois 
vitesses  de  charge  correspondantes  était  à  peu  près  égale  à  la  vitesse 
de  déperdition  de  C. 

Mobilité  de  l'ion  chargé. 

Les  expériences  générales  sur  les  effets  d'un  courant  d'air  passant 
entre   deux  électrodes,    pendant   l'action    des   rayons    ultra-violets, 


U  DÉCHARGE  DBS  CORPS  KLBCTRISB8  PAR  LA  LUMIERE   ULTRA- VIOLBTTB.      67^ 

peuvent  s'expliquer  simplement  dans  Thypothèse  suivante  :  les  par- 
ticules chargées  négativement,  qui  partent  de  la  surface  C,  se  dirigent 
vers  la  toile  métallique  B  avec  une  vitesse  proportionnelle  à  la  force 
éleclromotrice  agissant  entre  les  deux  plateaux. 
Soient  : 

tf  la  mobilité  de  la  particule  chargée  (vitesse  dans  un  champ  de  i  volt 

par  centimètre); 
d  la  distance  comprise  entre  les  plateaux  ; 
/  leur  longueur  ; 
9  la  différence  de  potentiel  en  volts  entre  les  plateaux. 

Par  suite,  le  temps  /,  mis  par  la  particule  pour  passer  d'un  plateau 
à  l'autre,  est  donné  par 

"3 

Si,  à  présent,  U  désigne  la  vitesse  du  courant  d'air,  le  temps  ^i  mis 
par  l'air  à  parcourir  la  longueur  des  électrodes  est  donné  par 

/ 

En  supposant  la  vitesse  du  courant  d'air  uniforme  à  travers  toute 

la  section  de  l'intervalle  compris  entre  les  plateaux,  si  ti  est  inférieur 

à/,  aucune  particule  chargée,   quittant  C,  ne  pourra  atteindre  B; 

elles  seront  toutes  entraînées  par  le  courant   d'air.  Nous  pouvons 

supposer  que  la  particule  parcourt  une  trajectoire  rectiligne  oblique 

par  suite  de  la  composition  des  deux  vitesses,  l'une  parallèle,  l'autre 

perpendiculaire  aux  plateaux;  la  particule  échappera,  à  moins   que 

celte  diagonale  ne  vienne  rencontrer  la  toile  métallique  B. 

Soient  AB,  CD  les  deux  plateaux  {Jiff>  2).  Supposons  que  les 

Fig.  2. 


A 

L 

B 

,•' 

,.* 

...'' 

•  •■ 

• 

t 

• 

ions  soient  produits  uniformément  le  long  de  CD  par  l'action  de  la 
lumière  ultra-violette.  Une  particule,  provenant  du  point  C    se  dé- 

s.  P.  43 


674  I'-    RI' TUER  FORD. 

place  suivant  le  chemin  oblique  CL  et  cède  sa  charge  au  plateau  AB. 
Traçons  BP  parallèle  à  LC  et  coupant  CD  au  point  P.  On  voit  qu'une 
particule,  partie  de  P,  atteindra  juste  B.  Toutes  celles  qui  partiront 
de  la  région  située  à  droite  de  P  n'atteindront  pas  AB,  mais  seront 
entraînées  par  le  courant  d'air;  toutes  celles  qui  partiront  do  la 
région  située  à  gauche  de  P  céderont  leurs  charges  à  AB.  Le  rapport  p 
du  nombre  des  ions  entraînés  au  nombre  total  de  ceux  qui  quittent 
le  plateau  CD  est  égal  au  rapport  des  deux  longueurs  PD  et  CD;  on 
a  donc 

?=  7' 

/  désignant  le  temps  employé  par  l'ion  à  traverser  l'intervalle  compris 
entre  les  plateaux;  par  suite, 

U       </* 

ou  bien 

U  f/- 

l  v^ 

Le  rapport  p  est  déterminé  par  l'expérience,  et  la  vitesse  U  peut 
être  mesurée;  par  suite,  on  peut  calculer  la  mobilité  u  des  ions. 

Les  expériences  eSectuées  de  la  sorte  ont  donné  pour  la  mobilité 
de  l'ion  dans  l'air  à  la  pression  normale 

u  =  l'^jD  par  seconde  environ. 

Toutefois,  cette  méthode  n'est  probablement  pas  susceptible  de  pré- 
cision, par  suite  de  la  non  uniformité  de  la  vitesse  de  l'air  à  travers 
toute  la  section  de  l'intervalle  compris  entre  les  plateaux,  et  aussi  de> 
perturbations  accidentelles  dues  au  violent  mouvement  tourbillon- 
naire  de  l'air  qui  se  produit  quand  on  emploie  des  vitesses  de  l'ordre 
de  3oo*^"  ou  400*""  par  seconde.  La  méthode  est  aussi  limitée  prati- 
quement au  cas  de  l'air,  par  suite  de  la  grande  quantité  de  gaz  néces- 
saire pour  une  expérience;  aussi  ai-je  été  conduit  à  imaginer  une 
méthode  plus  générale  et  plus  satisfaisante  pour  la  détermination  de 
mobilité  des  ions. 

La  figure  3  indique  la  disposition  générale  :  une  cloche  de  verre 
était  fixée  sur  un  plateau  CD  en  zinc  présentant  une  ouverture  circu- 
laire EF.  Un  bouchon  d'ébonite,  à  la  partie  supérieure  de  la  cloche, 
était  traversé  par  une  tige  L  portant  à  une  extrémité  un  plateau  de 


U  OBCHARGK   DES   CORPS   ÉLECTRISÉS   PAR   LA   LUMIÈRE   ULTRA- VIOLETTE.      676 

mêlai  poli  AB.  Ce  plateau  AB  était  fixé  à  une  articulation  sphérique, 
et  son  orientation  pouvait  être  réglée  à  l'aide  de  vis  traversant  un 
plateau  solidaire  de  la  tige.  Une  vis  permettait  d'élever  ou  d'abaisser 
le  plateau  AB,  de  l'extérieur  du  récipient.  La  cloche  était  assujettie 
sur  le  plateau  de  base  à  l'aide  de  cire  à  cacheter,  et  le  tout  placé  sur 
des  blocs  isolants  au-dessus  d'une  source  de  lumière  ultra-violette  S 
qui  était  soit  une  lampe  à  arc,  soit  un  micromètre  à  étincelles.  La 
lumière  ultra- violette  traversait  d'abord  une  plaque  de  quartz  Q, ,  fixée 
sur  une  ouverture  ménagée  dans  un  grand  écran  métallique,  puis  la 
plaque  de  quartz  Q2  fermant  l'ouverture  EF,  et  enfin  tombait  sur  le 


N 


Çl 


B 


^ ^ 


Qs 


^ 


T-f  —I 


ItaÉM 


plateau  métallique  AB.  La  toile  métallique  remplissait  un  double 
rôle  :  d'une  part,  elle  se  laissait  traverser  par  une  partie  de  la  lumière  ; 
d'autre  part,  elle  se  comportait  électriquement  comme  une  surface 
métallique  plane.  Le  plateau  AB,  généralement  en  zinc  poli,  était 
réglé  de  façon  à  être  rigoureusement  parallèle  au  plateau  de  base. 
Tous  les  joints  du  récipient  tenaient  le  vide,  qu'on  pouvait  faire  à 
Taide  d'un  tube  T. 

Pour  déterminer  la  mobilité  des  ions,  la  tige  L,  isolée  grâce  au 
I>ouchon  d'ébonite,  était  reliée  à  l'une  des  paires  de  quadrants  de 
rélectromèlre  à  l'aide  du  fil  M,  l'autre  paire  de  quadrants  étant  mise 
au  sol.  Le  plateau  de  base  CD  était  alors  relié  à  l'une  des  bornes  d'un 
transformateur  de  100  volts,  le  courant  étant  fourni  par  les  conduc- 


676  E.    RUTHERPOKD. 

leurs  de  distribution  urbaine,  et  l'autre  borne  était  au  sol.  Quand  le 
plateau  de  base  est  chargé  positivement,  le  plateau  AB  se  charge  par 
influence,  et  les  ions  négatifs,  libérés  par  la  lumière  ultra-violelte,  se 
dirigent  vers  le  plateau  de  base  sous  Faction  de  la  force  éleclromo- 
trice  agissant  entre  les  deux  plateaux.  Si  le  plateau  AB  est  très  voisin 
de  CD,  un  grand  nombre  de  particules  peuvent  atteindre  CD,  et  lui 
abandonner  leur  charge  avant  que  la  force  électromotrice  ne  soit  ren- 
versée. Tous  les  ions  distribués  entre  les  plateaux  au  moment  du 
changement  de  signe  de  la  force  électromotrice  rebroussent  chemin 
vers  le  plateau  supérieur,  et,  comme  ce  dernier  est  chargé  positive- 
ment par  influence,  il  n'y  a  plus  d'ions  produits  pendant  cette  demi- 
période.  Expérimentalement,  on  a  trouvé  que  le  plateau  supérieur  ne 
recevait  aucune  charge  quand  le  plateau  inférieur  était  chargé  néga- 
tivement et  que  la  lumière  ultra-violette  agissait.  On  voit  donc  que  le 
plateau  AB  perd  une  charge  négative  quand  les  plateaux  sont  près 
l'un  de  l'autre.  Cette  vitesse  de  déperdition  décroîtra  évidemment 
quand  la  distance  entre  les  plateaux  croîtra,  jusqu'à  ce  qu'on  atteigne 
une  certaine  valeur  de  la  distance  pour  laquelle  le  plateau  AB  ne  pré- 
sente plus  de  perte  de  charge,  bien  que  la  lumière  ultra- violette  et  la 
force  électromotrice  alternative  agissent  l'une  et  l'autre.  Si  le  plateau 
est  à  cette  distance,  les  premiers  ions  mis  en  liberté,  quand  AB  de- 
vient négatif  par  influence,  peuvent  atteindre  presque  le  plateau  de 
base;  mais,  avant  qu'aucun  d'eux^n'ait  pu  céder  sa  charge  à  ce  plateau,, 
la  force  électromotrice  est  renversée  et  ces  ions  rebroussent  chemin 
vers  le  plateau  d'où  ils  venaient.  Pour  toutes  les  distances  supérieures 
à  celle-là,  il  n'y  a  aucune  perte  de  charge,  mais  le  but  de  l'expérience 
est  de  déterminer  la  plus  courte  distance  séparant  les  plateaux  pour 
laquelle  AB  ne  subisse  aucune  perte  de  charge.  Cette  limite  est  en 
général  assez  bien  définie,  comme  le  montre  le  Tableau  suivant,  qui 
donne  la  vitesse  de  déperdition,  pour  différentes  distances  du  plateau 
de  base. 

Déviation 
Nombre  de  rélectromètre, 

de  pendant  3o  secondes 

tours  de  vis.  en  divisions. 

I hors  de  l'échelle 

3 aoo 

5 atio 

7 120 

8 35 

9 ^ 

9,5 o 


U  DÉCHARGE  DES  CORPS  ÉLBCTRISÉS  PAR  LA  LUMIERE  ULTRA- VIOLETTE.   677 

La  plus  faible  distance  entre  les  plateaux  pour  laquelle  la  perte  de 
charge  soit  négligeable  est  à  peu  près  égale  à  neuf  fois  le  pas  de  la  vis  ; 
les  nombres  ci-dessus  montrent  combien  la  déviation  décroît  vite 
entre  sept  et  neuf  tours  de  la  vis. 

Soient  : 

tt  la  mobilité  d'un  ion  ; 

d  la  plus  petite  distance  entre  les  deux  plateaux  pour  laquelle  la 

déperdition  de  AB  soit  nulle  ; 
T  la  période  du  transformateur. 

Supposons  que  la  force  électromotrice  alternative  soit  de  la  forme 

Eo  sin2it  =  • 

La  distance  dxj  traversée  par   un  ion  pendant  le  temps  dt,  est 

égale  à 

,  Eo      .      ITtt 

or  =  -y  sm  -7=-  u  ai. 

D'ailleurs,  la  distance  parcourue  par  les  ions  partis  les  premiers  est 

T 
égale  à  d  pendant  le  temps  —  •  Donc,  en  intégrant  les  deux  membres, 


CD  a 


,      Eo  T 


ou  bien 

E„T 


u  = 


La  distance  d  est  déterminée  par  l'expérience  ;  E©  et  T  sont  les 
constantes  du  transformateur;  u  est  donc  connu.  Comme  le  circut 
de  l'électromètre  est  isolé  avant  que  la  force  éleclromotrice  ne  soit 
appliquée  au  plateau  inférieur,  la  vraie  différence  de  potentiel  entre 
les  deux  plateaux  est  plus  faible  que  le  potentiel  du  plateau  inférieur, 
par  suite  de  l'effet  d'induction  entre  les  deux  plateaux.  A  cause  de  la 
rapidité  des  alternances,  l'aiguille  de  l'électromètre  n'indique  aucun 
mouvement  dû  à  l'effet  d'induction  ;  de  sorte  qu'il  est  nécessaire  de 
déterminer  la  correction  qu'il  faut  appliquer  quand  l'aiguille  reste  au 
repos.  C'est  ce  qu'on  peut  faire  simplement  comme  il  suit. 

Les  deux  paires  de  quadrants  de  l'électromètre  étant  isolées  l'une 
de  l'autre,   une  force  électromotrice  permanente  est  appliquée  au 


678  B.    RUTHBRFORD. 

plateau  inférieur.  L'aiguille  de  l'électroinètre  est  déviée,  mais  on  la 
ramène  à  sa  position  primitive  en  appliquant  une  force  électromo- 
trice convenable  à  l'autre  paire  de  quadrants.  Soit  r  le  rapport  du 
potentiel  appliqué  au  potentiel  V  du  plateau  de  base.  Le  potentiel  du 
circuit  de  Télectromètre  est  rV,  et  la  véritable  différence  de  potentiel 
entre  les  plateaux  est  (i  —  r)V.  On  obtient  donc  la  correction  cher- 
chée en  mettant  (1  — r)Eo  au  lieu  de  Eq  dans  l'équation  qui  donne  la 
mobilité.  Dans  une  expérience,  cette  correction  atteint,  par  exemple, 
■j^,  la  dislance  entre  les  plateaux  étant  o*^",8. 

La  moyenne  des  résultats  d'un  grand  nombre  de  déterminations  a 
donné,  dans  l'air,  une  mobilité  égale  à  i*^"*,45  par  seconde  environ. 
On  a  employé  pour  ces  expériences  deux  sources  de  lumière  ultra- 
violette :  une  lampe  à  arc  et  une  étincelle  jaillissant  entre  deux  pointes 
de  zinc.  Dans  ce  dernier  cas,  on  chargeait  deux  grandes  bouteilles  de 
Leyde  à  l'aide  d'une  bobine  de  Ruhmkorff,  la  distance  explosive  étant 
d'environ  o*^",8.  Afin  d'éliminer  les  effets  électrostatiques,  bouteilles, 
bobine  et  micromètre  à  étincelles,  tout  était  placé  dans  une  boîte  mé- 
tallique reliée  au  sol.  La  fenêtre  située  au-dessus  des  pointes  de  zinc 
était  fermée  hermétiquement  par  une  plaque  de  quartz  portant  sur 
chacune  de  ses  faces  une  fine  toile  métallique  reliée  au  sol.  Ce  dispo- 
sitif s'est  comporté  comme  un  écran  électrostatique  parfait. 

Dans  les  expériences  sur  la  mobilité  des  ions,  la  lumière  de  l'arc 
ne  constitue  pas  une  source  de  rayons  ultra-violets  aussi  commode 
que  l'étincelle.  En  général,  l'arc  donne  une  radiation  plus  intense, 
mais  il  présente  l'inconvénient  d'élever  rapidement  la  température 
des  plateaux  et  de  l'air  environnant,  ce  qui  change  la  mobilité  de 
l'ion,  et  rend  très  incertaine  la  détermination  de  la  distance  minimum 
pour  laquelle  il  n'y  a  pas  de  déperdition  appréciable.  Sous  ce  rapport, 
la  lumière  de  l'étincelle  est  beaucoup  plus  satisfaisante.  C'est  aussi 
une  source  plus  constante,  mais  elle  a  le  désavantage  d'être  inter- 
mittente. 

Une  cause  d'erreur  difficile  à  éviter  dans  la  détermination  de  la  vi- 
tesse des  ions  est  due  à  l'irrégularité  de  la  force  électromotrice  du 
secteur  électrique  urbain.  Pendant  la  journée,  les  machines  n'étant 
pas  en  pleine  charge,  la  force  électromotrice  et  la  période  subissaient 
souvent  des  variations  rapides.  Une  autre  cause  d'erreur  est  Thypo- 
thèsc  faite  que  la  force  électromotrice  de  l'alternateur  est  sinusoïdale. 
J'ai  l'intention  de  continuer  ces  expériences  en  employant,  au  lieu  du 
transformateur,  une  force  électromotrice  alternative  produite  en  ren- 
versant le  signe  d'une  force  électromotrice  continue  à  l'aide  d'un 


Li  DECHARGE   DES   CORPS   ÊLECTRISÉS   PAR   L\    LUMIÈRE   LLTRA-VIOLBTTE.      G79 

commutateur  tournant  convenable.  On  pourra,  j'espère,  obtenir  de 
cette  façon  une  valeur  très  exacte  de  la  mobilité  des  ions  dans  des 
conditions  variées  de  température  et  de  pression. 

Effets  de  différents  métanx. 

Quelle  que  soit  la  nature  du  métal  qui  reçoit  la  lumière  ultra-violettei  on  a 
trouvé,  dans  tous  les  cas,  à  peu  près  la  même  valeur  pour  la  distance  minimum 
de  déperdition  nulle.  Il  en  résulte  que  la  mobilité  de  Tion  est  indépendante 
de  la  nature  du  métal  sur  lequel  la  lumière  tombe.  Cela  confirme  Thypothèse 
de  la  nature  gazeuse  de  l'ion,  qui  ne  peut  pas  être  une  particule  métallique 
désagrégée. 

Influence  de  la  force  électromotrice. 

La  mobilité  de  Tion  est  indépendante  du  potentiel  de  la  surface  frappée  par 
les  rayons  ultra-violets. 

La  vitesse  des  ions  a  été  trouvée  très  sensiblement  proportionnelle  à  la 
force  électromotrice  agissant  entre  les  plateaux, un  transformateur  convenable 
ayant  permis  d'employer  successivement  des  forces  électromotrices  efficaces  de 
95  volts,  365  volts  cl  700  volts. 

Influence  de  la  pression  sur  la  mobilité  des  ions. 

I/appareil  décrit  {fig-  3)  a  pu  servir  pour  des  pressions  comprises 
entre  765"*"'  et  34"*"  de  mercure.  Dans  ces  limites,  la  mobilité  de  l'ion  est  in- 
versement proportionnelle  à  la  pression.  Ce  résultat,  d'après  la  théorie  ciné- 
tique des  gaz,  montre  évidemment  que  la  particule  chargée  est  de  dimensions 
moléculaires  :  Si  elle  était  très  grande  comparée  à  une  molécule,  sa  vitesse 
dépendrait  seulement  de  la  viscosité  du  gaz,  et,  par  suite,  serait  indépendante 
de  la  pression  dans  de  larges  limites. 

Indication  succincte  des  hypothèses  nécessaires  pour  l'interprétation  des 
résultats  de  Stoletow  (>)  sur  la  relation  entre  le  courant  et  la  force  électro- 
motrice  pour  différentes  pressions. 

Mobilités  dans  différents  gaz. 

La  seconde  colonne  du  Tableau  suivant  donne  les  mobilités  trouvées,  en 
centimètres  par  seconde,  pour  les  ions  négatifs  de  l'air,  de  l'hydrogène  et  du 
gaz  carbonique.  Dans  la  première  colonne,  on  a  porté  les  valeurs  trouvées  par 
Tauteur  dans  un  Mémoire  précédent  (<)  pour  la  demi-somme  des  mobilités 
de  l'ion  positif  et  de  Tion  négatif  dans  les  mêmes  gaz. 


(')  Journ.  de  Phys.,  t.  IX,  1890,  p.  '|68. 
(')  Voir  dans  ce  Recueil,  p.  63a. 


68o  B.    RUTHBBFORD.   —   LA   DÉCHARGE   DES   CORPS  BLECTRISÊS,   ETC. 

Mobilité  Mobilité 

dans  la  conduction  dans  la  conduction 

due  aux  produite  par  les 

Gaz.                                     rayons  de  Rôntgen.  rayons  ultra-violets 

Air 1,6  1,4 

Hydrogène..." 5,2  3,9 

Gaz  carbonique i  ,07  o, 78 

L'accord  entre  les  deux  séries  de  nombres  semble  bien  indiquer  que  la  p 
ticule  chargée  est  la  môme  dans  les  deux  types  de  conduction.  Le  mécanis 
de  l'ionisation  du  gaz  serait  donc  le  même  dans  les  deux  cas. 


*—— 


LES  DÉVIATIONS  ÉLECTRIQUE  ET  MAGNÉTIQUE 

DES  RAYONS  PEU  PÉNÉTRANTS  DU  RADIUM, 


Par  E.  RUTHERFORD. 

Analysé  par  Paul  LAN6EVIN. 


Philosophical  Magazine,  6*  série,  l.  V,  igoS,  p.  177  à  187. 


Le  radium  émet  trois  espèces  difTérentes  de  radiations  : 

1°  Les  rajons  a,  qui  sont  aisément  absorbées  par  des  couches 
minces  de  matière  et  qui  produisent  dans  les  gaz  la  plus  gi*ande  partie 
de  l'ionisation  observée  dans  les  conditions  ordinaires. 

2*  Les  rayons  (3  constitués  par  des  particules  négatives  lancées  avec 
une  grande  vitesse  et  qui  ressemblent,  à  tous  les  points  de  vue,  aux 
rayons  cathodiques  produits  dans  un  tube  de  Crookes. 

3"  Les  rajons  y  qui  ne  sont  pas  déviés  par  un  champ  magnétique 
et  qui  sont  extrêmement  pénétrants. 

Ces  divers  rayons  diffèrent  beaucoup  par  leurs  pénétrations.  Les 
nombres  approximatifs  suivants  donnent  les  épaisseurs  d^aluminium 
traversées  avant  que  l'intensité  soit  réduite  à  la  moitié  de  sa  valeur  : 


cm 


Rayons  a o  ,000 j 

»         p o,o5 

»         V 8 


i 


Le  présent  Mémoire  rend  compte  de  quelques  expériences  montrant 
que  les  rayons  a  sont  déviables  par  des  champs  électrique  et  magné- 
tique intenses,  en  sens  inverse  des  rayons  cathodiques,  de  sorte  que 
ces  rayons  a  doivent  consister  en  particules  chargées  positivement 
projetées  avec  une  grande  vitesse,  selon  l'hypothèse  émise  par 
Strult  {')  et  par  Crookes  (^).  La  petitesse  de  la  déviation  magnétique 
aes  rayons  a  comparée  à  celle  des  rayons  ^  est  mise  en  évidence  par 


(')  Phil.  Trans,  Boy.  Soc,,  1900. 
l')  Proc.  Box  Soc,,  1900. 


682  B.   RVTHERPORD. 

ce  fait  que  les  rajons  a,  lancés  à  angle  droit  d'un  champ  magnétique 
de  loooo  unités  C.G.S.,  décrivent  un  arc  de  cercle  de  Sg*^™  de  rajon, 
tandis  que  dans  les  mêmes  conditions  des  rayons  cathodiques  décri- 
raient un  cercle  de  o'^",oi  de  rayon. 

Déviation  magnétique  des  rayons. 

Un  sel  de  baryum  radifère  d'activité  19000  est  placé  en  couche 
mince  au  fond  d'une  boîte  rectangulaire  de  plomb  fermée  à  la  partie 
supérieure  par  une  feuille  d'aluminium  mince  qui  la  sépare  d'un  élec- 
troscope  à  feuille  d'or  de  Wilson.  De  l'hydrogène  circule  dans  l'élec- 
troscope  et  dans  la  boîte  pour  diminuer  l'absorption  des  rayons  a 
qui,  avant  d'arriver  à  la  feuille  d'aluminium,  passent  entre  20  ou  20 
lames  de  laiton  parallèles  et  très  voisines. 

Un  champ  magnétique  intense  (83-^0  unités)  horizontal  et  parallèle 
aux  lames  de  laiton  diminue  beaucoup  la  conductibilité  produite  par 
les  rayons  a  dans  l'électroscope  et  doit,  par  suite,  dévier  ceux-ci  vers 
les  lames  de  laiton  qui  les  absorbent.  Etant  donnée  la  très  faible  dis- 
tance de  ces  lames,  une  déviation  très  faible  des  rayons  a  suffit  pour 
les  arrêter.  Le  tableau  suivant  indique  les  résultats  : 

Vitesse 
de  décharge 
de  rélcoiroscopc 
en  volis 
par  minute. 

(i)     Sans  champ  magnétique f  S/i'i 

(•2)     Avec  champ  »  \   1.72 


i'i)     Kadium   couvert  d'une   mince  feuille  de  mica 


(  0,1 


pour  absorber  tous  les  rayons  a f  o.g'i 

idium  couvert  de  mica  avec  champ  magné-     i 
tique '  o.gji 


La  feuille  de  mica,  de  o'''",oi  d'épaisseur,  absorbait  les  rayons  a  et 
laissait  passer  les  rayons  ^  et  y.  La  différence  entre  (i)  et  (3),  7,40  volts 
par  minute,  donne  la  décharge  due  aux  rayons  a  seuls;  la  différence 
entre  (2)  et  (3),  0,79,  donne  la  décharge  due  aux  rayons  a  non  déviés 
par  le  champ  magnétique,  soit  environ  11  pour  100  du  total.  Il  est 
probable  que  les  rayons  ^  étaient  déviés  complètement  par  le  champ 
magnétique  résiduel  de  l'électro-aimant  non  excité.  La  portion  déviée 
des  rayons  a  s'est  montrée  à  peu  près  proportionnelle  au  champ  ma- 
gnétique. 

Pour  déterminer  le   sens  de   la  déviation  on  a  rendu  dissymé- 


LES  DÉVIATIONS   ÉLECTRIQUE   ET   MAGNÉTIQUE   DES    RATONS   OU   RADIUM.      683 

iriques  les  intervalles  entre  les  lames  de  laiton  en  les  fermant  à 
moitié  d'un  seul  côté  à  la  partie  supérieure.  Si  la  déviation  incline  les 
rayons  du  côté  fermé,  la  diminution  de  décharge  est  beaucoup  plus 
grande  que  si  elle  les  incline  du  côté  ouvert.  On  a  trouvé  que  la  dé- 
viation était  du  sens  prévu  pour  des  particules  chargées  positivement. 


DéTiation  électrostatiqae  des  rayons. 

L'appareil  est  le  même  que  le  précédent,  à  cela  près  que  les  lames 
de  laiton  sont  isolées  les  unes  des  autres  et  peuvent  être  reliées  de 
deux  en  deux,  les  deux  systèmes  ainsi  formés  étant  portés  à  des  po- 
tentiels diSerents  de  manière  qu'on  établit  un  champ  électrique  in- 
tense dans  chacun  des  intervalles.  Ce  champ  dévie  les  rayons  a  et  di- 
minue la  décharge  dans  Télectroscope.  Un  champ  de  1200  volts  par 
centimètre  (600  volts  pouro*^",o55  entre  deux  lames  de  laiton  consé- 
cutives) produit  une  diminution  de  -j  pour  100  dans  la  décharge  de 
l'éleclroscope. 

Vitesse  des  rayons. 

Les  résultats  précédents  permettent  de  calculer  que  le  produit 
constant  du  champ  magnétique  H  par  le  rayon  de  courbure  p  de  la 
trajectoire  des  rayons  a  est  environ 

H  p  =  390.000. 

En  tenant  compte  également  de  la  déviation  électrostatique  on  ob- 
tient, par  les  relations  connues,  pour  la  vitesse, 

V  =  'i.'j  X  lo^  cm.  par  sec. 
et,  pour  le  rapport  de  la  charge  à  la  masse, 

-  =6xio3. 
m 

Les  rayons  a  sont  donc  analogues  aux  kanalstrahlen  de  Goldslein  que 
Wien  a  démontré  être  constitués  par  des  particules  positives  en  mou- 
vement rapide.  La  vitesse  des  rayons  a  est  cependant  beaucoup  plus 
grande  que  celle  des  kanalstrahlen. 


■••>i 


DE  LA  CONDUCTIVITÉ  OU  DE  L'IONISATION 

PRODUITES 

PAR  LA  LUMIÈRE,  PAR  LES  RAYONS  X, 

PAR  LES  RAYONS  SECONDAIRES  DES  RAYONS  X 

OU  PAR  DES  PROJECTIONS  D'IONS, 

Extraits    des    publications    dr    G.   SAGNAC  ('). 


.   En  ce  qui  touche  aux  questions  d'ionisation,  on  peut  extraire  des 
recherches  que  j'ai  faites  de  1896  à  1900  les  études  suivantes  : 

1°  Les  remarques  au  sujet  de  l'analogie  des  phénomènes  d'ioni- 
sation, de  conductibilité  électrique,  de  luminescence,  d'image  latente 
photographique,  faites  au  cours  de  mes  recherches  sur  l'optique  des 
rayons  X,  et  un  essai  de  théorie  de  la  réaction  retardée  d'un  corps 
soumis  à  l'action  d'une  radiation. 

2°  Les  expériences  sur  l'ionisation  des  gaz  par  les  rayons  secon- 
daires. J'ai  donné  ce  nom  aux  rayons  ionisants  qui  divergent, 
comme  je  l'ai  montré  le  premier  {Comptes  rendus,  t.  CXXV,  1897, 
p.  23o,  942,  etc.),  de  chaque  élément  de  matière  frappé  par  les 
rayons  X.  Je  les  ai  comparés  d'une  part  aux  rayons  lumineux  ultra- 
violets, d'autre  part  aux  rayons  cathodiques  {Société  française  de 
Physique,  17  décembre  1897;  Éclairage  électrique,  12  mars  1898) 
et  cetle  double  comparaison  s'est  trouvée  justifiée  par  la  suite. 


(')  Bibliographie.  —  Recherches  sur  les  rayons  X et  les  rayons  secondaires  qui 
en  dérivent  {Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  i.  CXXII,  1896,  p.  -83; 
l.  CXXV,  1897,  P-  »^^'  23o  et  94a;  t.  CXXVI,  1898,  p.  36,  467,521  61887;  t.  CXXVII, 
189S,  p.  46;  t.  CXXVni,  1899,  p.  3oo  et  546;  t.  CXXX,  1900,  p.  3ao  et  ioi3). 

Éclairage  électrique,  t.  XIII,  1897,  P*  ^3*  *  ^'  ^I^>  '^gS,  p.  466;  loc.  cit.,  p.  009; 
loc.  cit.,  p.  547;  t.  XVII,  1899,  p-  4i>  et  t.  XIX,  1899,  p.  201. 

Journ.  de  Phys,,  3*  série,  t.  VIII,  1899,  p.  65,  333  et  64i;  t.  X,  1901,  p.  669,  et 
4*  série,  t.  I,  1902,    p.  i3. 

Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  7*  série,  t.  XXII,  1901,  p.  394;  loc.  cit.,  1901, 
p.  49^;  loc.  cit.,  t.  XXIII,  1901,  p.  145.  Ces  trois  Mémoires  qui  renferment  Tensemble  de 
mes  recherches  sur  les  rayons  X  et  les  rayons  secondaires  sont  réunis  dans  ma  thèse  de 
doctorat  :  De  l'optique  des  rayons  X  et  des  rayons  secondaires  qui  en  dérivent 
(  Paris,  Gauthier-Villars,  1900). 


DB   LA  CONDUCTIVITÉ  OU   DE   l'oNISATION.  685 

3"  Les  expériences  sur  Pionisalion  des  métaux  par  les  rayons  X, 
quej'aieiécutées  en  collaboration  avec  M.  P.  Curie  {Comptes  rendus, 
l. CXXX,  p.  ioi3).  Ces  expériences  ont  montré  que  les  rayons  se- 
condaires très  absorbables   renferment  des   charges   négatives,    des 
rajoQs  cathodiques,  analogues  aux  rayons  cathodiques  de  Righi  et  de 
Lenard  que  la  lumière  excite  d'une  manière  analogue  en  frappant  les 
métaux.  Dorn  a  séparé  les  rayons  secondaires  par  l'action  de  l'aimant 
en  rajons  déviables  et  en  rayons  non  déviables.  Les  premiers  sont 
comparables  aux  rayons  cathodiques;  les  seconds  sont  comparables 
aux  rayons  X  ou  aux  rayons  ultra-violets. 

4°  Les  expériences  sur  les  projections  d'ions  que  j'ai  obtenues  dans 
l'air  à  la  pression  atmosphérique  à  travers  les  ouvertures  d'un  écran 
électrique  de  Faraday  {Comptes  rendus,  t.  CXXX,  1900,  p.  820)  et 
que  Righi  a  observées  après  moi  (/?.  Accad,  d.  Se,  d.  Istituto  di 
Bologna,  5^  série,  t.  X,  igoS,  p.  Sji), 


I.  -  SUB  LES  YABIATI0H8  DE  GOirDnGTIBn.ITÉ  ET  LES  PROPRIÉTÉS  DES 

CORPS  EXPOSÉS  A  DES  RADIATIOHS. 


Elirait  des  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  t.  CXXV,  19  juillet  1897 
et  des  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  7*  série,  t.  XXII,  p.  4a3. 


A.  Corrélations  et  analogies.  —  Un  corps  exposé  à  des  radia- 
lions  (lumière,  rayons  X)  acquiert  des  propriétés  nouvelles  que  je 
considère  comme  autant  d'aspects  divers  d'une  même  modification  de 
létal  du  corps.  Telles  sont  : 

i"  La  variation  de  conductibilité  électrique  des  sels  d'argent  in- 
solés  (S.  AiiRHÉNius,  IVien.  Berichte,  1^  AbtL,  t.  XCI,  1887, 
p.  38;). 

2*"  L'image  latente  photographique  que  les  mêmes  sels,  émul- 
sionnés  ou  non  dans  la  gélatine,  acquièrent  sous  l'action  des  mêmes 
radiations  (photographie  au  gélatinobromure  ou  daguerréotypie). 

3**  I^  conductibilité   électrique    du   soufre    insolé    (Monckmakjv, 
Proc.  /?.  S.  £.,  t.  XLVI,  p.  i36). 
4®  La   propriété  du  soufre  insolé  de  noircir  dans  la   vapeur   de 


686  G.    SAGNAC. 

mercure  el  de  donner  une  sorte  d'Image  photographique  qui,  je  Tai 
observé,  se  renverse  par  une  surexposition  prolongée  au  soleil. 

5"  La  variation  de  conductibilité  électrique  du  sélénium  exposé 
à  la  lumière  (W.  Siemens,  W.  Smith,  Bellati  et  Romanese,  Fritts, 
S.  Rallsher,  Majorana,  etc.)  ou  bien  exposé  aux  rayons  X  (Perreau. 
Threlfall  et  Pollock). 

6*  La  réserve  d'énergie  des  corps  exposés  aux  radiations,  ré- 
serve qui  se  dépense  en  émission  de  radiations  (luminescence  appelée 
idinlài  Jluorescence,  tantôt  phosphorescence)  qui  peut  se  conserver 
un  temps  plus  ou  moins  long  et  se  dégager  sous  l'influence  d'une  élé- 
vation de  température  ou  de  l'action  de  radiations  incapables  par  elles- 
mêmes  de  provoquer  la  luminescence  (Becquerel,  La  Lumière). 

La  variation  de  conductibilité  électrique,  l'image  latente,  l'emina- 
gasinement  d'énergie  et  la  luminescence,  malgré  leur  diversité,  sont, 
je  pense,  des  phénomènes  corrélatifs.  Les  deux  premiers  sont,  dès  à 
présent,  constatés  avec  les  sels  d'argent,  avec  une  plaque  de  soufre. 
On  sait  que  des  rayons  de  grandes  longueurs  d'onde  peuvent  détruire 
l'image  latente  produite  par  des  rayons  de  longueurs  d'onde  plus 
courtes  ;  l'action  est  remarquable  avec  les  plaques  de  Daguerre  (Clau- 
DET,  Ann.  de  Ch.  et  de  Phys.,  3*  série,  t.  XXII,  p.  332);  or  les 
rayons  de  grandes  longueurs  d'onde  peuvent  accélérer  et  détruire  la 
phosphorescence;  ils  provoquent  alors  sous  forme  d'émission  lumi- 
neuse le  dégagement  rapide  de  l'énergie  emmagasinée  par  le  corps 
lors  de  son  illumination  (Becquerel,  La  Lumière). 

Enfin  on  est  conduit  à  rattacher  aux  propriétés  précédentes  la 
conductibilité  électrique  spéciale  que  présentent  les  gaz  traversés  par 
les  rayons  X. 

Depuis  que  j'ai  fait  ces  rapprochements,  ils  n'ont  fait  que  s'accentuer.  En 
particulier,  Ë.-L.  Nichols  et  E.  Merritt  ont  trouvé  que  les  solutions  fluores- 
centes présentent  un  accroissement  de  conductibilité  électrique  quand  on  les 
éclaire  par  des  radiations  qui  provoquent  cette  fluorescence  et  ils  attribuent 
cet  effet  à  une  sorte  d'ionisation  {The  Physical  Review,  t.  XIX,  p.  447 )• 

B.  Réaction  retardée  des  corps  illuminés.  —  L'étude  d'une  nou- 
velle classe  d'effets  que  j'ai  appelés  maximums  et  minimums  appa- 
rents de  l'impression  photographique,  rétinienne  ou  radiographique, 
m'a  conduit  à  imaginer  que  la  modification  d'une  matière  illuminée 
provoque  une  réaction  de  cette  matière  contre  celte  modification  et 
que  cette  réaction  se  transmet  dans  un  petit  cercle  d'activité  autour 
de  son  centre  d'excitation.  G'  'st  cette  réaction  qui  impose  une  limite 


DE   LA    CONDVCTIVITB  OU   DK   l'iOMSATION.  687 

à  la  modification  de  la  inalière  exposée  à  une  radiation   constante. 
Cesl  celte  réaction  qui  détruit  et  fait  disparaître  plus  ou  moins  vite 
la  modification  lorsque  la  radiation  a  cessé  d'agir. 
J'ai  été  conduit  à  imaginer  que  Teffet  n  de  la  réaction  du  corps  se 

développe  avec  un  certain  retard  et  que  la  vitesse  -7-  de  son  action 

né^ali\e  augmente  à  chaque  instant  t  avec  l'intensité  /de  la  modifi- 
cation du  corps  relative  à  une  époque  antérieure  (/ —  Iq),  A  chaque 

di{ t)        (ip(t)        dn{t)  ,      ,       /    \  1  1  •  /» 

iibUnl  — 1 —  =  --r- ^— ^  en  appelant  p{i)  la  modification  que 

produirait  la  radiation  en  Fabsence  de  la  réaction. 

On  peut  comparer  -^  à  une  vitesse  de  dissociation  el—r-  k  une  vi- 
tesse de  recombinaison  retardée.  Par  hypothèse,  posons 

dn        ,  ., 
(i)  -^  =f^f{t-to). 

Cherchons  la  loi  du  régime  variable  dans  le  retour  à  l* équi- 
libre qui  se  produit  quand  on  supprime  Faction  de  la  radiation,  p  de- 
meure constant.  Alors  -tz  =  —  "^  ^^  (0  devient 

/  di  ,  . ,  ^ 

(î)  -j^^-biit-to). 

On  démontre  que,  si  ^0  =  o,  /  =  Ce'^'.Mais  le  retard  /q  modifie  pro- 
fondément ce  résultat  :  Vévolution  du  corps  est  à  chaque  instant 
déterminée  par  la  suite  de  ses  états  antérieurs. 

L équation  (2)  permet  de  calculer  i  par  intégrations  de  proche  en 
proche  par  intervalles  successifs  égaux  à  /q.  On  peut  aussi  se  servir 
delà  forme  de  l'intégrale  générale.  On  trouve 


i{t)=^Ce^i, 


r  étant  racine  réelle  ou  imaginaire  de 
(3;  r  -h  ^c-'"'»=  o. 

En  remarquant  que  (3)  a  une  seule  racine  réelle  /'o  on  trouve 

la  valeur  de  r©  est  négative.  Les  valeurs  positives  de  a  sont  à  rejeter 


^10^ 


ytZ, 


(-!); 


^f  |V/n  :i»Am^  ^(K  i  t    ti^  t^nEl  qm^  zer^ir^  %^r^  xcn>  eC  non  pas  prenA^  ^^ 

!>:♦  efHk^taate^  Ci-  C-  C  *^  «ir^jç-rmin-^nt  hoq  par  de  simples  con^^j;. 
li<j»n%  *wi  VimlUr^,  fiMfi*  p»r  !<^^  r»='-ci  irti-T^a*  nî{*ti*e^  ^  loul  an  iaterv^]/^ 

On  %oil  que   rîiijpre**îoa   /  da   côrps.  qaî   définit   par  eieffip/e 
V'tm^ft^AMon  fthoUfÇçrèfihtlqri^.  e*t  U  ?<jp<Tp*>sîtion  d'une  série  d'ini- 
pre%^îon*  qui  *e  dî**îp^nl  wi%ec  des  TÏie>ses  différentes  :  Tune  sui- 
vant un^  loi  purement  exponentielle,  les  autres,  introduites  par  Je 
retard  /«.  ^uî^ant  des  oscillations  sinusoïdales  amorties  dont  les  fré- 

quence^  ^ucressi%es  î^  s^^nt  de  plus  en  plus  voisines  de 

(>a  M-rie  i;  peut  être  rejrardée  comme  une  extension  de  la  série  de 
F'oorier  aux  régimes  variables,  les  exponentielles  ^-^  e*'.  qui  tendent 
vers  zéro  quand  le  temps  t  augmente  indéfiniment^  v  remplacent  les 
coefficients  constants  de  la  série  de  Fourier. 

(>a  loi  du  régime  \ariable  de  l'impression  i  du  corps  exposé  à  un 
rayonnement  constant  ou  loi  du  gain  de  l'impression  se  discute 

d'apr/fs  la  condition  -rz  =  -^j  —  fr'(/  —  '•)• 

Si  Ton  admet  que  la  vitesse  -~  de  reflet  positif  est  une  constante  tf  ? 
on  ramène  la  forme  de  /  à  la  forme  déjà  obtenue  retranchée  de  -7  •  On  3 

i7n=  j  —  Co€'^.'  — y'Cc«'sin(p/-+-C  ), 

où  To  et  a  ont  des  valeurs  négatives;  pour  t  indéfiniment  croissant 

ii^i)  a  ainsi  la  limite  -,  qui  est  atteinte  en  général  par  oscillations.  Cette 

limita.*  est  la  même  que  si  le  retard  t^  n'existait  pas,  cas  où  Ton  aurait 

simplement  /(/)  =  t  —  C<?~*'. 

Le  retard  /o,  en  introduisant  les  termes  oscillatoires  amortis  et  l'in- 
fluence des  états  antérieurs,  donne  une  variété  remarquable  aux 
formes  de  courbes  d'aller  et  de  retour,  bien  qu'il  y  ait  seulement 
deux  constantes  indépendantes  b  et  t^  pour  les  courbes  de  retour  et 
trois  constantes  indépendantes  a,  6,  t^  pour  les  courbes  d'aller. 

Pour  interpréter  les  variations  progressives  de  conductibilité   d'un  corps 
pendant  ou  après  l'action  d'une  radiation,  on  pourra  utiliser,  je  pense,  la 

théorio  qui  précède,  en  la  reprenant  avec  --r-  =  hi^  au  lieu  de  6c,  par  analogie 

avec  la  loi  de  recombinaison  des  ions  dans  les  gaz. 


DE   LA   CONDUCTIVITÉ   OU   DE   l'iONISATION.  689 


n.  -  lonsATiov  par  les  ratohs  segoudaibes  dérivés  des  rators  z. 


A.  Extrait  des  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences 

(t.  CXXV,  a6  juillet  1897,  P-  23i). 

Les  différents  métaux  exercent  sur  les  rayons  X  une  absorption 

élective.  En  même  temps  la  couche  superficielle  du  métal  émet  de 
nouveaux  rayons  absorbés  beaucoup  plus  que  les  rayons  X  par  le 
mica,  Faluminium,  le  papier,  ...  Pair  lui-même. 

On  est  conduit  naturellement  à  penser  que  les  nouveaux  rayons, 
absorbés  par  Tatmosphère  adjacente  au  métal,  la  rendent  conductrice 
de  l'électricité  au  même  titre  que  les  rayons  X  incidents  eux-mêmes 

B.  Extrait  des  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences 

(t.  CXXV,  6  décembre  1897,  p.  944)' 

Comme  je  l'avais  annoncé,  les  rayons  secondaires  émis  sous 

l'influence  des  rayons  X  par  un  métal  M,  tel  que  le  zinc,  le  cuivre,  etc., 
déchargent  les  corps  électrisés.  On  peut  faire  pénétrer  les  rayons 
secondaires,  par  une  fenêtre  recouverte  d'une  très  mince  feuille  d'alu- 
minium battu,  à  l'intérieur  d'un  électroscope  bien  protégé  contre 
l'action  directe  du  système  producteur  de  rayons  X.  L'expérience  se 
fait  rigoureusement  en  comparant  le  métal  M  étudié  à  l'aluminium 
qui  est  sensiblement  inactif  à  ce  point  de  vue  comme  au  point  de  vue 
photographique. 

La  méthode  électrique  présente  sur  la  méthode  photographique  les 
mêmes  avantages  de  sensibilité  et  de  précision  que  pour  l'étude  des 
rajons  X  eux-mêmes.  Elle  permet  de  constater  à  première  vue,  par 
le  mouvement  de  la  feuille  d'or  d'un  électroscope,  le  rayonnement 
secondaire  d'un  métal  à  quelques  centimètres  de  distance  dans  l'air. 
Cette  propriété  des  rayons  secondaires  suffit  à  expliquer  le  rôle  du 
métal  dans  la  décharge  des  conducteurs  directement  frappés  par  les 
rayons  X. 


S.  p.  4» 


ôgo 


G.    8AGNAC. 


C.  Extrait  des  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences 
(t.  CXXVI,  3  janvier  1898,  p.  39). 

La  figure  i  montre  comment  on  peut  constater  directement 
l'action  des  rayons  secondaires  S  sur  la  feuille  d'or  y  d'un  électroscope 
dont  l'entrée  aa  est  protégée  électrostatiquement  par  une  très  mince 

Fig.  I. 


feuille  d'aluminium  battu  (*).  EE  est  un  écran  de  plomb  protégeant 
l'électroscope  contre  les  rayons  X. 

L'illumination  de  l'écran  au  platinocyanure  et  l'action  photogra- 
phique se  manifestent  en  même  temps  que  l'action  sur  l'électroscope, 
et  réciproquement.  L'action  électrique  est  assez  énergique  pour  faire 
disparaître  en  quelques  secondes  une  grande  divergence  de  la  feuille 
d'or  /.  Cependant  le  champ  électrique  de  /,  entièrement  renfermé 
dans  la  cage  de  l'électroscope,  ne  comprend  pas  le  conducteur  M.  On 
ne  peut  donc  pas  expliquer  cette  action  à  distance  du  conducteur  M 
par  une  ionisation  spéciale  à  la  surface  de  M.  C'est  une  action  due 
aux  rayons  secondaires  de  M  qui  se  comportent  à  la  manière  d^s 
rayons  X. 

J'ai  vérifié  le  fait  suivant  que  j'avais  prévu  déjà  (^)  :  les  rayons 
secondaires  peuvent  décharger  une  surface  métallique  sans  rencontrer 


(*)  Voir  G.  Saonac,  Comptes  rendus,  t.  CXXV,  6  dccenibre  1897,  P-  9Î4- 
(')  G.  Sagnac,  Comptes  rendus,  t.  CXXV,  36  juillet  1897,  p.  aSa. 


DB  LA    CONDUCnVlTE   OU    DE    L  IONISATION. 


691 


ni  celle  surface,  ni  les  surfaces  avec  lesquelles  la  première  échange 
des  lignes  de  force;  ils  agissent  surtout  en  ionisant  Tair  (  '  ). 

H.  L'action  des  rayons  secondaires  d'un  métal  M  sur  une  plaque 
pholographique/?/>  (yî^.  2  )  recevant  les  rayons  X  par  sa  face  verre 
esl  comparable  à  l'action  propre  du  métal  dans  le  phénomène  de  la 

Fig.  2. 


X 


P\ 


M 


M  S|    i 

wmm 


si 


■ip 


w 

décharge  d'un  conducteur  par  les  rayons  X.  Elle  renforce  l'action 
des  rayons  X  incidents  quand  le  métal  M  est  près  de  toucher  la  couche 
^nsible;  mais  une  simple  feuille  de  papier  noir,  interposée  entre/?/? 
ei  MM,  affaiblit  ce  renforcement  dans  le  cas  du  cuivre,  davantage 
dans  le  cas  du  zinc  et  surtout  de  l'élain  ou  du  plomb. 

L'action  des  rayons  secondaires  s'affaiblit  beaucoup  dès  (|ue  le  métal 
csl éloigné  en  M'M'  de  quelques  millimètres  et  très  inégalement  d'un 
naélal  à  un  autre. 

On  conçoit  maintenant  que  l'action  du  métal  puisse  paraître  appro- 
ximativement superficielle,  surtout  si  l'on  emploie  pour  exciter  le 
triélal  un  pinceau  de  rayons  X  d'une  largeur  médiocre.  C'est  cette 
î»pparence  qui  a  trompé  les  premiers  observateurs  et  les  a  empêchés, 
«n  particulier,  de  découvrir  l'existence  de  rayons  secondaires  élec- 

iriquement  actifs 

Chaque  élément  de  volume  d\?  de  l'atmosphère  soumise  au  champ 

Fi.?.  3. 


éleclrique  d'un  conducteur  C  {fig»  3)  frappé    par  les  rayons  X  est 


f»  Celte  propriété  des  rayons  secondaires  est  précisément  celle  que  M.  J.  Perrin 
*  découverte  pour  les  rayons  X. 


692 


6.   8AGNAC. 


ionisé  à  la  fois  par  Faction  des  rayons  X  incidents  {effet  primaire) 
et  par  les  rayons  secondaires  S  que  le  métal  émet  sous  l'influence  des 
rayons  X  {effet  secondaire).  C'est  l'effet  secondaire  qui  correspond 
au  rôle  du  conducteur  métallique  dans  le  phénomène  de  la  décharge 
par  les  rayons  X. 


D.  Extrait  des  Comptes  rendus  de  V Académie  des  Sciences  du  4  juillet  1898. 

I.  \!effet  secondaire  dû  aux  rayons  secondaires  issus  du  métal, 
nécessaire  pour  expliquer  l'action  propre  du  métal,  y  suffit  complè- 
tement. 

Un  condensateur  plan  est  formé  de  deux  feuilles  d'aluminium 
{Jïg'  4)«  L'une  AA  est  électrisée   et  reliée  à   la  feuille  d'or  d'un 

Fig.  4. 


électroscope,  l'autre  aa  très  mince  (^  de  millimètre  d'épaisseur) 
est  reliée  au  sol.  Un  faisceau  de  rayons  X  qui  traverse  normalement 
les  deux  armatures  AA,  puis  aa,  produit  dans  la  lame  d'air  du  con- 
densateur un  effet  primaire  y  qui,  en  général,  augmente  peu  par  l'ac- 
tion propre  des  armatures  d'aluminium  et  peut  ainsi  se  mesurer  par 
la  vitesse  de  décharge  de  l'armature  AA.  Recevons  les  rayons  X,  trans- 
mis à  travers  aa^  sur  une  lame  ZZ  de  cuivre  ou  de  zinc,  par  exemple, 
reliée  au  sol  comme  aa,  La  vitesse  de  décharge  de  A  A  augmente 
aussitôt;  c'est  Y  effet  secondaire  dii  aux  rayons  S  de  la  lame  ZZ;  il 
augmente,  comme  l'action  photographique  des  rayons  S,  quand  on 
remplace  le  métal  de  ZZ  par  un  autre  qui  absorbe  davantage  les 
rayons  X.  Quand  la  lame  ZZ  est  graduellement  rapprochée  de  aa. 
l'effet  secondaire  augmente  progressivement  et  devient,  par  exemple, 
égal  à  l'effet  primaire  quand  ZZ  est  au  contact  de  la  feuille  aa.  Enle- 
vons alors  cette  feuille  aa^  de  manière  que  la  surface  du  métal  ZZ, 
maintençint  nue,  porte  elle-même  les  charges  électriques  développées 


DE   LV   CONDUCTIVITÉ   OU    DE   L'IONISATION.  69$ 

par  rinfluence  de  AA;  l'effet  secondaire  n'augmente  que  d'environ 
,',  de  sa  valeur,  si  ZZ  est  une  lame  de  cuivre  ou  de  zinc.  La  diminu- 
tion de  l'effet  secondaire,  quand  on  recouvre  la  lame  métallique  ZZ 
avec  la  feuille  d*aluminium  cut^  est  d'ailleurs  plus  ou  moins  grande 
suivant  que  les  rayons  S  émis  par  le  métal  ZZ  sont  plus  ou  moins 
absorbables,  et  elle  s'explique  bien  par  l'absorption  partielle  des 
rayons  S  qui  traversent  la  feuille  aa.  Rien  n'autorise  donc  à  penser 
qu'il  y  ait  une  partie  notable  de  l'action  du  métal  purement  localisée 
à  la  surface  du  métal.  V action  du  métal  a  son  siège  dans  le  gaz  au 
même  titre  que  V action  directe  des  rayons  X. 

11.  On  doit  s'attendre  à  ce  que  l'effet  des  rayons  secondaires  sur 
lair  augmente  avec  l'épaisseur  d'air  du  condensateur.  M.  J.  Perrin 
l'a  vérifié  lui-même  {Comptes  rendus  du  17  janvier,  t.  CXXVI). 
Toutefois  il  reste  à  expliquer  pourquoi  cette  augmentation  est  géné- 
ralement lente  (de  ^  seulement  pour  le  zinc  dans  les  expériences  de 
M.  J.  Perrin,  quand  l'épaisseur  du  condensateur  croît  de  i"*"  à  10""*). 
Dans  l'expérience  de  la  figure  4?  si  l'on  éloigne  la  lame  de  zinc  ZZ, 
à  partir  du  contact  avec  aa,  jusqu'à  i"™  de  aa^  on  oblige  les  rayons  S 
à  traverser  une  couche  d'air  adjacente  au  zinc  et  épaisse  de  i™™;  or 
1  effet  secondaire  ne  diminue  alors  que  d'une  fraction  de  sa  valeur. 
L'absorption  par  l'air  ne  suffit  pas  à  expliquer  la  lenteur  d'accroisse- 
ment de  l'effet  secondaire  avec  l'épaisseur  du  condensateur. 
11  faut  encore  tenir  compte  des  circonstances  suivantes  : 
I®  Les  rayons  S  se  disséminent  en  tous  sens  à  partir  de  la  sur- 
face ZZ  qui  les  émet,  et  la  quantité  de  rayons  S  émis  latéralement  et 
mal  utilisés  est  d'autant  plus  importante  que  l'armature  AA  est  plus 
éloignée  de  au  par  rapport  à  la  largeur  de  la  région  rayonnante 
deZZ. 

2*  Une  partie  de  l'action  propre  du  métal  ZZ  est  due  à  ce  que  les 
rajons  S  tombant  sur  AA  s'y  transforment  en  rayons  tertiaires  T,  et 
I  action  électrique  tertiaire  que  les  rayons  T  exercent  à  leur  tour  est 
d'autant  plus  faible  que  la  source  ZZ  des  rayons  S  est  plus  éloignée 
de  AA. 

3*  Enfin,  sous  influence  des  rayons  X,  le  champ  électrique  cesse 

d'être  uniforme  dans  toute  l'épaisseur  du  condensateur  et  se  localise 

principalement  au  voisinage  des  armatures;  cela  résulte  d'expériences 

de  M.  Child  (*  ).  Or  l'action  de  décharge  des  rayons  S  augmente  avec 

h  valeur  du  champ  électrique. 

(')  Child,   Wiedemann's  Annalen  du  i5  avril  1898,  t.  LXV,  p.  iVi. 


'    ''."lu.    . —        •  r.v  nu  * 

'•         '      •  -  ■       ^.  -  -     "      -..-..■    1--    i'-;ri"-"  -     :    -    î'-'  1  aniia- 

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'  '      »  '  -  -    .        '    '-r      r .     "  :  :   ■-'  '\r  ii'in»'  »"iirorr  iin«^  par- 

'•'  •   ■'    '     •  '.-  '-l    ',       :  .   -.  .-•  riviin*  \  |n''nrtn*iil  ni>r- 

tt9i\tn,*u-  -..,'..      .;  '  ...    ; .    ^  \z^\'■x^  unr-  iiniialure  <*t  fVii[»peiil 

'•*    »**»u»\t    ,rft,,,t,ti  i',rn,..    .,,. i\':iiir'nt  rlr  métaux  (jui  al)Surl)ent 

'»'  l't*t  lit  plfi  1/  r.i%of,.  \.  !,:•  r\iAn'^ruu*nls  dr  [lotoïKit^l  dus  à 
l'i'h'.i»  /|i  .  ».,.,/,„.  \  dirniniirrit  d«-  plus  <*n  plus.  II  suÙh  do  ivmar- 
»|Mi  I  r|iM   If     »„y,,|,..  s  rlii  im/.|.,I  sfMil  alops  dff  plus  m  plus  arlifs  ri  tpn- 


■   '   I     /  iM       11/ 


|<       I    •  ■     l'i 


DE   LA   CONDUCTIVITE   OU  DE   L  IONISATION. 


6î)5 


leur  effet  se  produit  |surtout  dans  les  premières  couches  d'air  en 
contact  avec  le  métal;  de  ces  couches  d'air  adjacentes  au  métal,  sup- 
posé former  par  exemple  l'armature  positive,  partent  des  charges  po- 
sitives qui  diminuent  dans  la  lame  d'air  du  condensateur  l'excédent 
des  charges  négatives  et  diminuent,  par  suite,  aussi  les  chutes  de  po- 
tentiel dues  aux  rayons  X. 


E. -  Extrait  du  Journal  de  Physique,  février  1899,  et  de  V Optique  des  rayons  X 

(  Parisi  Gauthier-Villars,  1900). 

Lorsque  Vair  atmosphérique  est  la  seule  matière  qui  remplisse 
Tespace  M  (yîg^.  5),  la  feuille   d'or  /,   bien  isolée  (')   par  un  sup- 

Fig.  5. 


/  lame  focus  source  des  rayons  X  ; 

EjE,,  EjEj  écrans  de  plomb  qui  limitent  le  faisceau  de  rayons  \  issus  de  /; 
EilTp  E2E2  écrans  de  plomb  qui   limitent  le  faisceau  des  rayons  secondaires  utili- 
sables ; 
M  espace  commun  aux  deux  faisceaux. 

port  de  diélectrine  Hurmuzescu  DD,  présente  déjà  une  légère  vitesse 
de  décharge  dès  qu'on  excite  le  tube  à  rayons  X.  L'effet  disparaît  si 
Ton  dispose  sur  l'une  des  fenêtres  0|,  02,  o\  ou  0!^,  une  lame  métal- 
lique de  plomb  suffisamment  épais.  11  est  dû  à  Yaction  électrique 
des  rayons  secondaires  émis  par  l'air  de  l'espace  M  sous  l'influence 


(  *  )  L'isolement  est  assez  bon  pour  qu'il  soit  généralement  inutile  de  tenir  compte 
de  la  déperdition  spontanée  de  Télectricité. 


696  G.   SAGNAC. 

des  rayons  X  qui  le  traversent.  L'effet  est  d^ailleurs  extrêmement 
faible  par  rapport  à  celui  que  donnerait  directement  le  faisceau  de 
rayons  X,  surtout  quand  le  tube  focus  est  un  peu  dur  et  n'émet 
que  des  rayons  X  assez  pénétrants.  Avec  des  tubes  focus  mous,  on 
observe  très  nettement  l'émission  secondaire  de  l'air  dans  divers  azi- 
muts, en  particulier  à  angle  droit  de  la  direction  des  rayons  X  inci- 
dents; la  décharge  de  l'électroscope  peut  être  observée  ainsi,  même 
quand  le  volume  M  d'air  atmosphérique  rayonnant  est  réduit  à  i**"% 
par  exemple. 

Les  activités  électriques  des  rayons  secondaires  émis  par  divers 
corps  placés  successivement  en  LL  se  comparent  par  les  inverses  des 
temps  t  nécessaires  pour  la  même  décharge  (*)  entre  les  mêmes  posi- 
tions de  la  feuille  /.  Le  potentiel  de  la  feuille  f  est  généralement  de 
quelques  centaines  de  volts  et  ne  doit  être  que  fort  peu  réduit  pendant 
la  légère  décharge  observée. 

Soit  /  la  durée  d'une  certaine  action  de  décharge  des  rayons  secon- 
daires émis  par  la  plaque  LL  quand  une  certaine  lame  A  d'aluminium, 
d'ébonite,  de  mica  ou  de  paraffine  est  placée  en  AA  sur  le  trajet  des 
rayons  X  incidents.  On  transporte  cette  lame  de  AA  en  A' A'  contre 
l'ouverture  c'rf',  sur  le  trajet  des  rayons  secondaires  de  LL,  et  l'on 
mesure  la  durée  /'  nécessaire  pour  la  même  décharge.  Le  dispositif 
est  tel  que  les  rayons  X  et  les  rayons  secondaires  S  ont  été  successi- 
vement transmis  par  la  même  lame  A  sous  une  même  épaisseur,  très 
peu  différente  de  l'épaisseur  normale.  Les  deux  durées  t  et  t^  devraient 

r  

être  égales  si  les  rayons  S  étaient  des  rayons  X  diffusés  sans  change- 
ment de  pouvoir  de  pénétration,  sans  transformation.  Or  l'expérience 
montre  que  t'  n'est  jamais  inférieur  à  ^  et  qu'il  lui  est  généralement 
supérieur,  c'est-à-dire  que  les  rayons  S  proviennent  d'une  trans- 

Jormation  qui  a  diminué  le  pouvoir  de  pénétration  des  rayons  X 

t' 
générateurs.  Le  coefficient  c  =  -  —  i  distingue  le  degré  de  trans- 
formation des  rayons  S  que  la  plaque  LL  envoie  dans  l'électroscope  C  ; 
on  peut  convenir  de  l'appeler  :  coejficient  de  transformation.  Voici 


(*)  C'est,  en  principe,  la  méthode  que  Righi  employait  pour  mesurer  les  activité-^ 
électriques  des  rayons  ultra-violets  {Atti  d.  /?.  Accad,  di  Bologna,  iSHS  à  1891) 
et  que  Benoist  et  D.  Hurmuzescu,  après  avoir  les  premiers,  en  France,  découvert  les 
phénomènes  de  décharge  par  les  rayons  X,  ont  employée  pour  étudier  comment  les 
actions  électriques  de  ces  rayons  varient  avec  la  distance,  avec  la  nature  du  métal 
qu'ils  frappent  et  la  pression  du  gaz  adjacent  au  conducteur  {Comptes  rendus, 
t.  CXXII,  1896,  p.  a35,  379,  779,  926). 


DE   LA   COXDL'CTIVITÊ   OU    DE   L* IONISATION.  697 

un  exemple  relatif  aux  rayons  secondaires  qu'un  miroir  de  nickel  de 
î'"'  de  surface  exposé  aux  rayons  X  envoyait  dans  un  électroscope  à 
travers  une  mince  feuille  d'aluminium  battu  et  la  couche  d'air  de  7^'" 
dépaisseur  qui  le  séparait  de  cette  paroi.  L«i  lame  A  était  une  lame 
d'aluminium  de  o™™,  11  d'épaisseur.  Pour  la  position  AA  de  cette 
lame,  une  certaine  décharge  se  faisait  sous  l'influence  des  rayons 
secondaires  du  nickel  dans  le  temps  /  =  10*,  5  ;  pour  la  position  A' A', 
la  même  décharge  par  les  rayons  secondaires  exigeait  la  durée 
/'=  .{2  secondes;  puis,  la  lame  A  étant  replacée  en  AA,  on  avait  de 
nouveau  /  =  10*,  3;  cette  dernière  mesure  était  nécessaire  pour  s'as- 
>urer  que  l'intensité  ou  la  nature  des  rayons  X  émis  par  le  tube  focus 
n'avaient  pas  varié  sensiblement.  Le  coefficient  de  transformation  des 
rayons  S  reçus  par  l'électroscope  dans  cette  expérience  était  c  =  2 ,  i . 
D'une  manière  générale,  la  valeur  de  c  ne  dépend  pas  de  l'intensité 
absolue  des  rayons  X,  mais  seulement  de  leur  nature. 

En  même  temps  que  les  durées  /  et  ^,  on  peut  déterminer  la  durée  /» 
nécessaire  pour  produire  la  même  décharge  avec  les  rayons  S,  mais 
la  lame  A  n'étant  plus  placée  en  A  A  sur  le  trajet  des  rayons  X,  ni 
en  A' A'  sur  le  trajet  des  rayons  S.  L'action  des  rayons  S,  me- 
surée par  —  en  l'absence  de  la  lame  A,  est  mesurée  par  -,  quand  les 

rayons  S  traversent  la  lame  A  placée  en  A' A'.  On  peut  donc  appeler 
coefficient  de  transmission  des  rayons  S  à  travers  a  lame  A  l'expres- 
sion y,=  4  '  qui  est  le  rapport  de  l'action  -,  des  rayons  S  transmis  par  A 

à  Faction  —  des  mêmes  rayons  non  transmis.  De  la  même  manière,  on 

voit  que,    si  l'émission   secondaire  était  une  diffusion  élective  des 

rajons  X  sans  transformation,  le  rapport  T  =  -^  serait  le  coefficient 

<ie  transmission  de  l'ensemble  des  rayons  X  ainsi  diffusés.  Le  fait 
que  c  est  supérieur  à  o  signifie  que  y,  est  inférieur  à  F  et  caractérise 
la  diminution  du  coefficient  de  transmission  des  rayons  par  suite  de 
la  transformation  seule,  quelle  que  soit  la  complexité  des  faisceaux  de 
rayons  X  et  de  rayons  secondaires  étudiés. 

Les  déterminations  de  c  et  de  y  montrent  que  le  coefficient  de 
transformation  c  va  en  augmentant  et  le  coefficient  de  transmission  y, 
va  en  diminuant  à  mesure  que  l'on  opère  sur  des  rayons  secondaires 
transmis  par  des  épaisseurs  de  plus  en  plus  faibles  d'air  ou  des  divers 
milieux  qui  séparent  le  corps  rayonnant  LL  et  la  paroi  interne  de  l'é- 
lectroscope. Par  exemple,  le  miroir  de  nickel  déjà  employé  envoyait 


69^  (i.    SAGNAC. 

encore  ses  rayons  secondaires  à  travers  ^'^'"  d'air,  et,  de  plus,  à  tra- 
vers une  feuille  d'aluminium  de  o™'",ii  ajoutée  en  d d! .  On  avait 
alors  c  =  7,7et  v,:=  0,047  ^^  employant  comme  lame  absorbante, 
placée  successivement  en  AA  puis  en  A' A',  une  lame  d'aluminium 
d'épaisseur  o"™,3.  Si  l'on  recommençait  les  mêmes  déterminations 
après  avoir  enlevé  la  lame  d'aluminium  de  o'""',ii  qui  se  trouvait 
auparavant  sur  le  trajet  des  rayons  secondaires,  le  coefficient  de 
transformation  déterminé  à  l'aide  de  la  même  lame  d'aluminium  de 
o*"'",3,  s'élevait  à  3o,  et  le  coefficient  de  transmission  des  rayons  se- 
condaires à  travers  cette  lame  s'abaissait  à  o,oa8.  Si  l'on  diminuait 
Tcpaisseur  d'air  traversée  par  les  rayons  secondaires,  c  continuait  à 
augmenter  et  y  à  diminuer,  c'ést-à-dlre  que  les  premières  épaisseurs 
d'air,  d'aluminium,  etc.,  traversées  par  les  rayons  secondaires,  arrêtent 
les  rayons  secondaires  les  plus  transformés  et  les  moins  pénétrants. 
Les  rayons  X  employés  dans  les  expériences  qui  viennent  d'être  citées, 
étant  reçus  directement  dansl'électroscope,  présentaient  un  coefficient 
de  transmission  y^  de  0,89  à  travers  la  lame  d'aluminium  d'épaisseur 
o""",3  déjà  employée;  pour  avoir  une  idée  de  leur  hétérogénéité,  il 
convient  de  dire  que  ce  coefficient  de  transmission  à  travers  la  même 
lame  s'élevait  à  0,62  lorsque  le  faisceau  était  déjà  transmis  par  o"*,i7 
d'aluminium.  L'hétérogénéité  d'un  faisceau  secondaire  n'est  pas  in- 
dépendante de  celle  du  faisceau  de  rayons  X  excitateurs 

Parmi  les  rayons  X  d'un  faisceau  issu  d'un  tube  focus,  ceux  qui 
excitent  le  plus  l'émission  secondaire  sont  les  rayons  relativement 
pénétrants  que  laisse  passer,  par  exemple,  une  lame  d'aluminium;  le 
coefficient  F,  rapport  suivant  lequel  est  réduite  l'action  électrique  des 
rayons  secondaires  quand  on  fait  traverser  aux  rayons  X  une  lame  A 
assez  épaisse,  dépasse  le  coefficient  de  réduction  de  l'action  élec- 
trique directe  des  rayons  X  dans  les  mêmes  conditions,  c'est-à-dire 
le  coefficient  de  transmission  y^;  des  rayons  X  à  travers  la  même  lame. 
Ainsi,  dans  l'exemple  relatif  au  nickel,  où  l'on  avait  yy=  0,028,  on 
avait  r  =  0,9  et  yx=  0,39.  Le  fait  que  Test  supérieur  à  y^  se  présente 
à  la  fois  pour  des  corps  qui  transforment  beaucoup,  comme  le  nickel, 
et  pour  d'autres  qui  ne  transforment  pas  notablement  les  rayons  X, 
comme  l'air  atmosphérique. 

A  l'observation  précédente  se  rattache  le  fait  suivant  :  dans  la 
décharge  d'un  condensateur  dont  une  armature  frappée  par  les 
rayons  X  est  formée  d'un  métal  lourd,  la  part  relative  de  l'eftet  des 
rayons  secondaires  dans  la  décharge  du  condensateur  augmente  si 
les  rayons  X  incidents  sont  transmis  par  une  lame  d'aluminium,  par 


DE   LA  CONDUCTIVITB   OU    DK   L*IONISATION.  699 

exemple.  De    même,   dans  les   expériences   radiographiques    de    la 
figure  2,  le  renforcemenl  de  Taction,  produit  par  les  rayons  secon- 
daires de  la  lame  MM  sur  la  plaque  pp   impressionnée  en  même 
temps  parles  rayons  X,  est  d'autant  plus  visible  que  le  verre  de  la 
plaque /?/>  traversé  par  les  rayons  X  avant  la  couche  sensible  est  lui- 
même  plus  épais. 

Les  coefficients  de  transformation  c  obtenus  pour  diflcrents  corps 
dans  les  mêmes  conditions,  en  particulier  avec  un  même  faisceau  de 
rayons  X  et  une  même  lame  absorbante  A,  permettent  de  comparer 
les  degrés  de  transformations  des  rayons  secondaires  que  ces  diffiTents 
corps  envoient  dans  l'électroscope.  Les  rayons  secondaires  reçus  par 
Félectroscope  sont  dépouillés,  par  l'air  et  les  divers  milieux  traversés 
avant  d'atteindre  la  face  interne  de  l'électroscope,  de  leur  partie  la 
plus  absorbable  et  la  plus  transformée,  et  cette  absorption  élective  est 
surtout  importante  pour  les  rayons  de  métaux  tels  que  le  plomb,  le 
platine.  Aussi,  quand  les  métaux  comparés  rayonnent  à  une  distance 
suffisante  dans  l'air,  les  rayons  du  plomb  et  du  platine  reçus  par 
lelectroscope  sont-ils  beaucoup  moins  transformés  et  plus  pénétrants 
que  ceux  du  zinc,  du  cuivre,  par  exemple.  Mais,  quand  on  diminue 
graduellement  l'épaisseur  d'air  traversée  par  les  rayons,    le  platine 
envoie  dans  l'électroscope  des  rayons  de  moins  en  moins  pénétrants 
dont  le  coefficient  de  transformation  dépasse  bientôt  considérable- 
ment ceux  du  zinc,  du  cuivre.  Si  un  métal  dépasse  ainsi  un  autre 
métal.  Tordre  de  ces  deux  métaux  ne  change  plus  quand  l'épaisseur 
d'air  traversée  diminue  encore,   ni    quand   on   remplace   la    feuille 
d'aluminium  battu  a! b'  {fig'  5)  par  une  toile  métallique.  On  trouve 
ainsi,  pour  un  certain  nombre  de  métaux,  un  ordre  limite  des  coeffi- 
cients de  transformation  décroissants,  pour  des  épaisseurs  d'air  de 
plus  en  plus  petites  traversées  par  les  rayons  secondaires.  Pour  les 
métaux  étudiés,  cet  ordre  limite  coïncide  avec  l'ordre  limite  des  acti- 
vités électriques  décroissantes.  C'est  à  la  fois  l'ordre  limite  des  pou- 
voirs de  pénétration  croissants  et  des  coefficients  de  transformation  dé- 
croissants; ainsi,  quand  on  emploie  la  méthode  du  condensateur  et  qu'on 
dispose  sur  l'armature  frappée  par  les  rayons  une  feuille  mince  d'alu- 
minium, on  réduit  beaucoup  la  vitesse  de  décharge  du  condensateur 
si  cette  armature  est  en  platine  ou  en  plomb,  moins  si  elle  est  en  fer 
ou  nickel,  et  moins  encore  si  elle  est  en  zinc,  en  cuivre.  En  résumé, 
les  métaux   qui  transforment   le   plus    profondément   les  rayons   X 
émettent  les  rayons  les  plus  absorbables  et  les  plus  actifs. 

Les  éléments  qui  transforment  notablement  les  rayons  X  commu- 


700  6     SAGNAC. 

niquent  cette  propriété  aux  mélanges  ou  composés  qui  en  renferment 
sans  que  l'état  physique  ni  Fétat  de  combinaison  paraissent  influer 
notablement.  Ainsi  l'oxyde  de  cuivre  CuO  et  l'oxyde  de  nickel  NiO, 
à  l'état  pulvérulent,  transforment  les  ra^^ons  X,  moins  toutefois  que 
les  métaux  cuivre  et  nickel,  ce  qui  peut  s'expliquer  par  l'absorption 
que  les  rayons  émis  par  le  cuivre  et  le  zinc  éprouvent  de  la  part  de 
l'oxygène  combiné  au  métal  et  relativement  très  peu  actif.  D'ail- 
leurs le  nickel,  plus  actif  que  le  cuivre,  communique  à  son  oxyde  un 
pouvoir  de  transformation  et  une  activité  plus  grande  que  ceux  de 
l'oxyde  de  cuivre.  Il  en  résulte  que  l'activité  d'un  mélange  ou  d'un 
composé  n'est  pas  en  relation  générale  avec  sa  densité.  Par  exemple, 
l'azotate  d'urane,  grâce  à  l'uranium  (')  qu'il  renferme,  est  bien  plus 
actif  que  l'aluminium,  et  cependant  sa  densité  2,8  diffère  peu  de  la 
densité  2,7  de  l'aluminium.  Les  corps  très  légers  sont,  il  est  vrai, 
souvent  très  peu  actifs  et  n'émettent  que  des  rayons  secondaires  sen- 
siblement aussi  pénétrants  que  les  rayons  X  générateurs.  Mais  cette 
remarque  n'est  vraie  que  pour  des  corps,  comme  la  paraffine,  qui 
renferment  seulement  dans  leur  composition  des  éléments  très  peu 
actifs,  encore  faut-il  prendre  garde  à  des  traces  d'impuretés  très 
actives  enfermées  dans  un  corps  par  lui-même  très  peu  actif  tant  qu'il 
est  pur.  La  propriété  (ïaclivité  secondaire  se  présente  donc  surtout 
comme  une  qualité  atomique  qui,  pour  les  sept  éléments  ci-après, 
décroît  dans  l'ordre  indiqué  : 

Pt. 

Poids  atomique 194 

Densité ai, 5 

On  voit  que  l'étain  est  plus  actif  que  le  fer  et  le  cuivre,  bien 
qu'étant  plus  léger;  de  même,  le  fer  et  le  zinc  passent  avant  le  cuivre. 
D'autre  part,  le  nickel  et  le  fer  sont  nettement  plus  actifs  que  le 
zinc  et  le  cuivre,  qui  ont  des  poids  atomiques  plus  élevés.  Mais  le 
nickel  et  le  fer,  qui  ont  des  propriétés  chimiques  voisines  et  sont 
considérés  comme  éléments  analogues^  ont  des  activités  secondaires 
sensiblement  égales. 

L'ordre  limite  d'activité  secondaire  permettra  de  faire  une  com- 
paraison de  l'ensemble  des  éléments  chimiques  d'après  un  nouveau 
caractère  spécifique.  Cette  comparaison  semble  dès  à  présent  dépendre, 

(')  L'uranium  n'agit  pas  sensiblement  ici  par  ses  rayons  de  Becquerel  parce  que 
ses  rayons  secondaires  sont  rendus  facilement  beaucoup  plus  actifs  que  ses  rayons  de 
Becquerel. 


Sn. 

Ni. 

Fe. 

Zn. 

Cu. 

Al 

]8 

58,7 

56,0 

65 

63,3 

^7 

7,3 

8,9 

7,9 

7,1 

8,6 

2 

DB   LA  CONDUCTIVITE   OU    DE   L  IONISATION.  7OI 

omme  la  classification  chimique  naturelle  de  J.-B.  Dumas  et  de 
leiideleef,  des  analogies  chimiques  aussi  bien  que  de  la  grandeur 
la  poids  atomique. 

f  L'activité  électrique  secondaire  permet,  d'autre  part,  de  rechercher 
petite  proportion  d'un  élément  assez  actif  disséminé  dans  un 
»  relativement  peu  actif  par  lui-même. 

Des    mesures    successives     permettent     de     déceler    nettement 

ii  pour  100  de  cuivre  ajouté  à  un  aluminium,  et  il  est  évident  qu'on 

lit  beaucoup  plus  loin  en  employant  une  méthode  d'opposition  ou 

le  métal  recherché  était  plus  actif  que  le  cuivre.  En  ce  qui  con- 

le  l'aluminium,  la    grande  importance  des  petites  quantités  de 

ifuivre,  fer,  etc.,  qu'il  peut  renfermer  rend  impossible  d'attribuer  des 

[fdears  précises  aux  diverses  propriétés  des  rayons  secondaires  qu'il 

[àDel,  tant  que  l'on  ne  possédera  pas  un  échantillon  très  pur  de  ce 

i»élal.  L'invariabilité  de  l'activité  secondaire  dans  des  conditions  dé- 

toainéessera  l'un  des  caractères  à  exiger  d'un  corps  pur. 

Delà  aussi  une  méthode  pour  rechercher  de  petites  quantités  d'un 
dément  soit  déjà  bien  connu,  soit  non  encore  isolé  ou  tout  à  fait 
louveau,  à  la  condition  seulement  que  l'élément  recherché  soit  nota- 
blement plus  actif  que  le  corps  dans  lequel  il  est  disséminé. 


m.  -  ÉLEGTRISATIOir  NÉGATIVE  DES  RATOMS  SECONDAIRES  PRODUITS 

AU  MOTEN  DES  RATONS  Z. 

{Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences  du  9  avril  1900.) 

Cette  Note,  publiée  en  collaboration  avec  M.  P.  Curie,  se  trouve 
•^produite  déjà  dans  les  Extraits  des  travaux  de  M.  P.  Curie. 


IV.   —  IONISATION  PAR  DES  PROJECTIONS  D'IONS. 

(Pli  cacheté  déposé  à  l'Académie  des  Sciences  le  18  juillet  1898.  Ouvert  en  séance 
par  M.  le  Président  :  Comptes  rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  i.  CXXX, 
^900,  p.  320.) 

'•  J'ai  d'abord  observé  que  les  rayons  X  ou  les  rayons  secondaires 
Qïssipent  avec  la  même  vitesse  l'électrisation  positive  ou  Télectrisa- 


lion  négative  d'un  inùtiil;  le  inélal  peut  recevoir  les  rayons  à  travers 

Z  qui  est  soigneu- 


eioppe 


(lélalliq 


des  orifices  percés  dai 

sèment  reliée  au  sol  et  ({ui  ne  laisse  pas  sortir  de  lignes  de  force  iss 
du  métal  électrisé,  il  faut  alors  qu'aucun  champ  électrique  ne  règne 
à  l'extérieur  de  la  cage  C  sur  le  trajet  des  rayons.  Mais  une  notable 
illégalité  entre  les  vitesses  de  dissipation  des  deui  électricités  appa- 
raît si  ta  cage  métallique  C  est  électrisée,  ou  si  un  corps  électrisé  est 
placé  à  Textérieur  de  la  cage  C  : 

Un  faisceau  de  rayons  X  {Jig.  (>)  passe,  dans  l'air,  près  d'uue 
fine  toile  métallique,  ou  d'un  écran  percé  d'orifices,  qui  ferme  élec- 
triquement en  pp  le  champ  intérieur  F,  d'un  électroscope.  Il  y  a 
toujours  une  légère  action  de  décharge  ot  de  la  feuille  d'or /^  en  l'ab- 
sence de  tout  champ  extérieur.  Quand  il  existe  un  champ  extérieur P,. 
on  vérifie  dans  tous  les  cas  la  loi  suivante  : 

Si  le  champ  extérieur  !•%  et  le  champ  intérieur  F,  sont  de  même 
sens,  à  l'action  de  décharge  primitive  a,  mesurée  par  l'inverse  du 
temps  de  décharge  quand  F^  est  nul,  s'ajoute  une  action  accéléra- 
trice A  souvent  très  supérieure  à  a. 


Si  F«etFf  sont  de  sens  contraires,  la  présence  du  champ  F,  en- 
une  RCtîoii  supplémentaire  a  retardatrice  (qui  s'est  toujours 
mre  ft  a  et  généralement  voisine  de  -  \- 


■  exemples  : 
lée  négativement  (en  com 
I  de  Leyde)  et  fermée  pi 
l'or/  négative,  chute  de  J,  de  90' 


Ltion  permanente 

fine  toile   métal- 

100"°'  de 


DR    LA   CONDUCTIVITK   OU    DE   l'iONISATION.  703 

Véchelle  placée  derrière,  en  i8  secondes;  feuille  /  positive,  chute 
de/,  de  go'"™  à  92"",  5  seulement,  en  ^5  secondes. 

2.  Même  dispositif;  mais  la  toile /y?  est  remplacée  par  une  plaque 

de  plomb  percée  de  plusieurs  orifices  circulaires  de  i*^"*  de  diamètre. 

Cage  au  sol  et  pas  de  champ  extérieur,  f  positive  ou  négative  tombe 

de  90""  à  98"*™,  5  en  25  secondes.   Cage  électrisée  n(îgativemenl  ; 

/négative  tombe  de  90°*"*  à  loo*"'"  en  i3  secondes;  f  positive  tombr 

de  go""",  5  à  gS"*™  seulement  en  ^5  secondes. 

3.  Même  dispositif  qu*en  2;  mais  on  maintient  la  cage  C  au  sol  et 
l'on  électrise  une  lame  L  d'aluminium  placée  devant  la  cage  dans  le 
faisceau  de  rayons  X.  Si  L  est  au  sol,  comme  C,  f  positive  ou  néga- 
tive tombe  de  90""  à  95"'"  en  66  secondes.  Si  L  est  négative,  /  tombe 
de  la  même  quantité  en  1 8  secondes  seulement  si  son  électrisation 
est  positive  et  en  176  secondes  si  son  électrisation  est  négative. 

L'action  retardatrice  a  qui  s'observe  si  bien  quand  l'électroscopc 
est  fermé  par  la  plaque  percée  d'ouvertures  (expériences  2  et  3),  no 
sobserve  plus  sensiblement  quand  il  est  fermé  par  la  fine  toile  métal- 
lique; l'action  accélératrice  A  subsiste  alors  seule  (expérience  1); 
elle  subsiste  sans  s'affaiblir  beaucoup  quand  on  place  la  plaque  percée 
d'orifices  à  3"*"*  devant  ou  derrière  la  toile  métallique;  elle  disparaît 
à  son  tour  si  au  lieu  de  la  plaque  on  place  devant  la  toile  une  seconde 
toile  métallique  ;  elle  disparaît  aussi,  et  les  deux  électricités  fuient 
avecla  même  vitesse,  si  l'entrée  de  l'électroscope  est  fermée  par  une 
feuille  métallique,  même  mince,  telle  qu'une  feuille  d'aluminium 
battu  de  —^  de  millimètre  d'épaisseur,  pourvu  que  cette  feuille  soit 
dépourvue  de  déchirures  et  de  trous. 

II.  Les  phénomènes  précédents  se  présentent  dès  qu'il  existe  à 

I  extérieur  de  la  cage  C  un  champ  électrique  F<.  encore  bien  inférieur 

au  champ  F,-  qui  règne  dans  la  cage  C.  En  aucun  cas,  même  quand  F^ 

est  très  énergique,  la  feuille  d'or  électrisée  /  ne  se  déplace  quand  on 

excite  le  champ  extérieur  F^.  Il  ne  me  paraît  pas  possible  d'expliquer 

les  phénomènes  signalés  en  admettant  qu'une  petite  partie  des  lignes 

de  force    du  champ  F/  viennent,  lorsqu'on  excite  F^,    se  raccorder 

flirectement  avec  des  lignes  de  force  du  champ  F^.  Je  pense  que  les 

charges  électriques  libérées  parles  rayons  dans  l'air  soumis  au  champ 

électrique  extérieur  F^  suivent  à  peu  près  les  lignes  de  force  de  ce 

champ  avec  une  certaine  vitesse.   Mais  quand  la  ligne  de  force  du 

champ  F^  se   recourbe   rapidement    {fig,  7)    pour    aboutir    à    un 

bord  c  d'une  ouverture  de  la  paroi  y?/;  de  l'électroscope,  on  comprend 

que,  si  la  charge  électrique  acquiert  une  énergie  cinétique  suffisante. 


704 


G.    SAGNAC. 


elle  puisse  quitter  la  ligne  de  force  du  champ  F<.  et  bondir  suivant 
un  certain  chemin  aô  jusqu'à  une  ligne  de  force  du  champ  F/.  Si  F/ 
est  de  même  sens  que  F^,  les  charges  ainsi  projetées  dans  le  champ 
i.i teneur  y  forment  un  flux  électrique  qui  accroît  le  flux  de  décharge 

Fig.  7. 


F* 


Fi 


n 

l 


normal  parce  qu'il  est  de  mente  sens;  d'où  une  augmentation  de  la 
rapidité *de  décharge  de  la  feuille  d'or.  Dans  le  cas  contraire,  les  flux^ 
sont  opposés  et  il  y  a  retard;  mais  dans  ce  cas  le  flux  supplémentaire 
dû  à  la  projection  électrique  du  champ  F^.  est  rapidement  ramen 
vers/?  par  le  champ  F,,  avant  même  d'avoir  pu  prendre  une  directio 
voisine  de  celle  du   flux  normal;  on  comprend  alors   que   Tactio 
retardatrice  a  n'apparaisse  nettement  que  si   les   ouvertures  de  l.a 
cage  C  sont  assez  larges  pour  que  les  charges  issues  de  l'extérieL^i 
pénètrent  assez  avant  dans  l'intérieur  de  la  cage  C. 

in.  Ainsi  les  phénomènes  que  j'ai  signalés  s'expliquent  par  l 
flux  de  charges  électriques  qui,  animées  de  certaines  vitesses,  refuse 
de  recourber  rapidement  leur  trajectoire  suivant  les  lignes  de  foi^cre 
qui  aboutissent  aux  bords  des  ouvertures  de  la  cage  de  l'électroscopc; 
ces  charges  électriques  pénètrent  ainsi  comme  un  bombardeme^ ^i 
dans  l'intérieur  de  la  cage. 

On  peut  se  proposer  de  dévier  ce  bombardement  par  Yaclion  €le 
U aimant  et,  en  opérant  dans  des  gaz  raréfiés,  lui  faire  alleincire 
des  vitesses  de  plus  en  phis  grandes,  surtout  si  le  champ  extérieur 
est  produit  par  de  très  grandes  difl'érences  de  potentiel.  Sans  doute 
le  bombardement  traversera-t-il  alors  une  mince  feuille  d'aluminiuin 
et  deviendra-t-il  progressivement  comparable  aux  rayons  cal  ho  " 
diques.  Déjà  l'on  peut  remarquer  que,  d'après  des  expériences  duc?^ 
à  M.  CÀ\\[à{voir  ma  Note  des  Comptes  rendus  du  4  juillet  i<S(j8]^  ? 
les  rayons  X  qui  passent  entre  les  deux  armatures  d'un  condensateu  ^ 
chargé  localisent  la  chute  de  potentiel  au  voisinage  des  armatures  er    ^ 


SUR   LA  CONOUCTIVITÉ   OU    l' IONISATION.  705 

un  peu  plus  auprès  de  Tarmature  négative  qu^auprès  de  Tarmature 
positive.  Je  pense  que  la  pression  des  gaz  diminuant,  la  chute  de 
potentiel  se  localiserait  de  plus  en  plus  auprès  de  Tarmature  néga- 
tive, ^ce  à  une  augmentation  de  plus  en  plus  grande  de  la  vitesse 
du  flux  d'électricité  négative  par  rapport  au  flux  d'électricité  posi- 
tive; le  flux  négatif  formerait  alors  les  rayons  cathodiques  que  nous 
connaissons.  On  aurait  ainsi  toute  une  gamme  de  flux  anodiques 
tt  cathodiques^  depuis  le  bombardement  relativement  très  lent  que 
j'ai  étudié  dans  Tair  atmosphérique  jusqu'aux  rayons  cathodiques 
produits  dans  le  vide  de  Crookes  (  *  ). 


(')  Depuis  que  j'ai  déposé  cette  Note  à  rAcadémie  des  Sciences  (i%  juillet  1898), 
00  a  démontré  que  les  ions  libérés  par  les  rayons  \  dans  Tair  à  la  pression  normale 
s'y  propagent  avec  des  vitesses  de  Tordre  d'un  centimètre  par  seconde  sous  l'action 
d'oD  champ  électrique  d'un  volt  par  centimètre;  les  rayons  cathodiques,  au  contraire, 
se  propagent  avec  des  vitesses  qui  atteignent  100000^  par  seconde  (J.-J.  Thomson). 

Il  convient  aussi  de  rapprocher  de  mes  expériences  les  observations  de  M.  Villard 
sarla  décharge  indirecte  [i^T  les  flammes  (  Com/7/ej  rendus  du  i5  janvier  1900). 

Eofio  des  phénomènes  de  projections  d'ions  peu  difTérents  de  ceux  que  j'ai  observés 
ont  été  étudiés  plus  récemment  (A.  Riohi,  R.  Accad.  d.  Se,  d.Istituto  di  Bologna, 
3*  série,  t.  X,  igoS,  p.  371). 


>••■ 


S.  P.  4^ 


DÉCHARGE  DE  L'ÉLECTRICITÉ  DANS  LES  GAZ, 

Pab  a.  schuster. 

Traduit  de  Tanglais  par  Edouard  SALLES. 


Proceedingx  of  the  Royal  Society  of  London,  t.  XLVII,  1890,  p.  626  à  36i 


Si  nous  acceptons  l'hypothèse  que  les   substances  élémentaires  sont  com  — 
posées  d'atomeSf  nous  ne  pouvons  éviter  de  conclure  que  réleclricilé,  positive 
aussi  bien   que   négative,  est  divisée  en   parties  élémentaires  définies  qui  »o 
comportent  comme  des  atomes  d'électricité  (Hblmhoi.tz,  Faraday  Lecture^. 


I.  —  Introduction. 

Les  phénomènes  de  la  décharge  électrique  dans  les  gaz  excitent  à 
l'heure  actuelle  un  intérêt  général.  Il  ne  peut  d'ailleurs  en  être  au- 
trement; car,  quoique  nos  connaissances  des  manifestations  élec- 
triques se  développent  de  tous  côtés,  nous  ne  pouvons  tenir  pour 
correctes  nos  explications,  alors  que  l'apparence  mystérieuse  de  la 
décharge  dans  le  gaz  demeure  inexpliquée.  Il  semble  possible  qu'aussi 
longtemps  que  nous  aurons  encore  à  rendre  compte  d'une  série 
de  faits  embarrassants,  nous  ne  soyons  complètement  sur  une  mau- 
vaise voie,  et  qu'il  y  ait  en  réserve  quelque  surprise  qui  nous  force 
à  modifier  nos  idées.  Durant  ces  dix  dernières  années,  j'ai  entrepris 
d'étudier  la  décharge  dans  les  gaz,  dans  le  but  de  trouver  une  expli- 
cation qui  concorde  avec  les  conclusions  qu'on  tire  des  autres  parties 
de  la  Physique. 

Au  cours  de  l'année  1884,  j'ai  présenté  à  la  Société  Royale  l'esquisse 
d'une  théorie  qui  me  semblait  former  un  point  de  départ  plein 
d'espoir  pour  les  recherches  futures.  J'ai  toute  raison  d'être  satisfait 
de  Taccueil  que  d'autres  chercheurs,  travaillant  le  même  sujet,  lui 
ont  fait,  et  je  pense  que,  malgré  les  difficultés  que  je  ne  veux  pas 
chercher  à  atténuer,  elle  est'  généralement  considérée  comme  ayant 
une  chance  favorable  de  succès  final.    J'ai  pu  étendre  depuis   mes 


DECHARGE    DE    L  ELECTRICITE    DANS    LES   GAZ.  707 

vues,  et  je  suis  assez  hardi  pour  penser  que  nous  pouvons  maintenant 
nous  faire  une  idée  complète  des  points  les  plus  importants  de  la 
décharge  dans  les  gaz. 

En  1882,  c'est-à-dire  deux  ans  avant  que  mon  Mémoire  ait  été  pré- 
senté à  la  Société  Royale,  M.  Giese  avait  été  conduit,  par  une  étude 
de  la  conductibilité  électrique  des  gaz  de  la  flamme,  à  une  hypothèse 
identique  à  celle  qui  forme  la  base  de  ce  Mémoire.  Je  regrette  infini- 
menl  d'avoir  seulement  connu  récemment  le  travail  de  M.  Giese,  car 
j'aurais  été  heureux  d'attirer  l'attention  sur  lui. 

Nous  supposons  l'un  et  l'autre,  que  chaque  molécule  gazeuse  con- 
tient des  atomes  portant  des  charges  égales  et  de  signes  contraires, 
que  ces  charges  sont  identiques  à  celles  portées  par  les  ions  dans  les 
électrolyles,  et  que,  de  plus,  un   courant   électrique  ne  peut  être 
maintenu  dans  un   gaz  que  par  un  déplacement  à  son  intérieur  des 
atomes  chargés.  Je  n'ai  jamais  réclamé  beaucoup  d'originalité  pour 
cette  hypothèse,  car  la  même  idée  doit  être  venue  à  d'autres,  et  il 
serait  probablement   fort   difficile   d'en    tracer  l'histoire    primitive. 
Lhjpothèse  des  particules  chargées  forme,  toutefois,  une  faible  part 
delà  théorie  que  j'ai  esquissée  dans  mon  Mémoire  précédent;  elle 
n'est  pas  suffisante  par  elle-même  pour  rendre  compte  des  faits  ob- 
servés. Afin  de  distinguer  la  théorie  d'autres,  je  l'appellerai  la  théorie 
fie  la  convecii'on  électro^ytique,  car  elle  ressemble  sur  beaucoup  de 
points  au  mode  de  conduction  des  liquides  qui  a  été  décrit  sous  ce 
nom  par  Helmhoitz.  La  théorie  de  la  convection  électrolytique  donne 
des  explications  plausibles  d'un  certain  nombre  de  phénomènes  diffé- 
rents, comme  l'a  montré  Giese  pour  la  décharge  dans  les  gaz  issus 
de  la  flamme,   moi-même   pour  la  décharge  produite  par  de  fortes 
forces  électromotrices,  et   Elster  et  Geitel,  pour  un  certain  nombre 
d'autres  phénomènes.  Suivant  cette  théorie,  un  gaz  isole  aussi  long- 
temps qu'il  n'y  a  pas  d'ions  présents,  mais  11  agit  comme  un  conduc- 
teur aussitôt  que,  pour  une  cause  ou  une  autre,  les  molécules  sont 
séparées  en  ions.   Nous  rencontrons  des  difficultés  énormes  quand 
nous  arrivons  à  discuter  le  transport  de  l'électricité  entre  un  gaz  et 
un  conducteur  solide,  car  nous  sommes  ici,  jusqu'à  un  certain  point, 
retenus  par  notre  connaissance  de  l'électrolyse    dans   les    liquides. 
Nous  savons  qu'une  différence  de  potentiel  de  2  volts  entre  les  élec- 
trodes est  suffisante  pour  décomposer  l'eau  et,  par  suite,  permettre 
l'échange  d'électricité  entre  le  métal  et  l'ion  d'hydrogène  ou  d'oxy- 
gène. Aucune  théorie  de  la  décharge  dans  les  gaz  ne  peut  être  admis- 
sible si  elle  ne  peut  être  amenée  en  harmonie  avec  ces  faits. 


708  A.    SCHUSTKR. 

L'auteur  remarque  qu'il  existe  quatre  moyens  de  rendre  un  gaz  conduc- 
teur; on  peut  employer  en  effet  pour  cela  des  électrodes  portées  au  rouge  ou 
illuminées  par  des  rayons  ultra-violets;  un  sait,  de  plus,  que  les  gaz  issus  de 
la  flamme  ne  se  comportent  pas  comme  des  diélectriques  et  que  les  gaz  tra- 
versés par  des  décharges  sont  conducteurs.  Il  examine  successivement  les 
trois  premiers  cas,  citant  les  expériences  de  condensation  de  Helmholtz, 
Lenard  et  Wolf.  Passant  à  la  décharge,  après  avoir  résumé  les  faits  établis 
jusque-là  concernant  la  chute  de  potentiel  cathodique,  il  expose  ses  propres 
expériences  sur  la  densité  électrique  en  volume  au  voisinage  de  la  cathode,  et 
indique  la  présence  de  charges  positives  au  voisinage  de  celle-ci. 


Action  d*an  aimant  sur  la  décharge  négatiye.  Confirmation  de  la  théorie. 

Dans  mon  Mémoire  précédent,  j'ai  décrit  une  méthode  à  Taide  de 
laquelle  j'espérais  pouvoir  mesurer  les  charges  portées  par  les  ions, 
et  ainsi  mettre  à  l'épreuve  la  théorie.  Il  est  extrêmement  désirable 
que  ceci  soit  fait,  car,  s'il  était  possible  de  montrer  que  les  charges 
moléculaires  sont  les  mêmes  que  celles  portées  par  les  atomes  dans 
les  électrolytes,  tout  doute  relatif  à  l'exactitude  de  la  théorie  que  je 
propose  s'évanouirait.  Je  nie  suis  trouvé  aux  prises  avec  des  diffi- 
cultés considérables,  dans  ma  tentative  d'effectuer  les  mesures  d'une 
façon  satisfaisante,  et  j'ai  seulement  pu  jusqu'ici  arriver  à  des  limites 
quelque  peu  étendues  entre  lesquelles  les  charges  moléculaires  doivent 
se  placer. 

Selon  la  théorie,  des  particules  électrisées  négativement  sont  pro- 
jetées de  la  cathode;  Teffet  que  Ton  observe  par  Taction  d'un  aimant 
sur  les  rayons  cathodiques  est  exactement  ce  qu'il  doit  être  dans  ces 
circonstances.  La  trajectoire  des  particules  peut  se  tracer  à  l'aide  de 
la  luminosité  produite  par  les  chocs  moléculaires.  Si  la  trajectoire  est 
rectiligne  au  début,  elle  s'infléchit  sous  l'action  d'un  aimant;  la  cour- 
bure des  rayons  dépend  de  deux  quantités  inconnues,  la  vitesse  des 
particules  et  la  quantité  d'électricité  qu'elles  portent. 

Si  les  particules  portant  une  charge  se  déplacent  avec  une  vitesse  ç 
à  angle  droit  des  lignes  de  force,  le  rayon  de  courbure  /•  esl  déter- 
miné par  l'équation 

mv*      -,  e  V 

(  I  )  =  Mve  ou  —    =    zrr— , 

r  m        Mr 

m  étant  la  masse  de  la  particule  et  M  le  champ  magnétique.  Si  les 
particules,  d'abord  au  repos,  parlent  de  la  cathode  où  le  potentiel  est 
pris  comme  zéro  et  arrivent,  sans  perte  d'énergie,  en  un  point  où  le 


»•  , 


DBCHARGE   DE   L  ELECTRICITE    DANS    LES    GAZ.  709 

potentiel  est  V,  nous  avons  une  autre  équation 
(2)  aVe  =  mv^. 


Éliminons  r,  il  vient 

(3) 


e  2V 


La  quantité  —  ainsi  obtenue  peut  être  directement  comparée  aux 

équivalents  électrochimiques  connus.  L'Iijpothèse  que,  dans  tout  le 
trajet  des  particules,  le  travail  produit  apparaît  en  entier  sous  forme  de 
force  vive,  ne  peut  jamais  se  réaliser  entièrement  et  les  expériences 
seules  peuvent  décider  à  quel  point  nous  pouvons  nous  approcher  de 
cette  condition.  Dans  l'espace  obscur  qui  entoure  la  cathode,  la  dissi- 
pation d'énergie  est  probablement  faible,  et  nous  avons  toute  raison  de 
croire  que  les  vitesses  y  sont  très  grandes.  Je  n'ai  pas  besoin  d'entrer  ici 
dans  le  détail  des  difficultés  expérimentales  que  j'ai  rencontrées,  et 
que  j'espère  bientôt  surmonter  plus  complètement  que  je  n'ai  pu  le 
faire  jusqu'ici.    Dans   les   expériences  effectuées  jusqu'ici,  l'équa- 
tion (2)  ne  peut  pas  être  supposée  applicable  et  l'équation  (3)  peut 

servira  trouver  une  limite  supérieure  de  —  •   On  peut  calculer  de  la 

&çon  suivante  la  limite  inférieure  :  aussi  longtemps  que  l'effet  d'un 
aimant  sur  les  particules  projetées  de  la  cathode  montre  une  direction 
prépondérante,  nous  pouvons  affirmer  que  les  vitesses  des  particules 
doivent  être  plus  grandes  que  leur  vitesse  moyenne  à  Tétat  normal.  Il 
est  clair,  en  effet,  que,  si  la  distribution  des  vitesses  était  symétrique 
dans  toutes  les  directions,  l'aimant  aurait  des  effets  égaux  et  opposés 
sur  les  charges  qui  se  déplacent  dans  toutes  les  directions  opposées, 
et  si,  par  suite  des  chocs  mutuels,  la  vitesse  est  réduite  à  sa  valeur 
normale,  elle  aura  perdu  aussi  toute  inégalité  de  direction.  Nous  pou- 

vons  obtenir  une  limite  inférieure  de   —  si,  dans  l'équation  (i),  nous 


e 
ni 
calculons 


Il  e  V 

m        M  r 

en  prenant  pour  r  le  plus  petit  rayon  de  courbure  qui  peut  être  tracé 
avec  certitude  dans  la  lueur,  et  pour  i'  la  vitesse  moyenne  de  la  parti- 
cule, suivant  la  théorie  cinétique  des  gaz.  Dans  une  expérience 
récente,  M  était  environ  200;  r  diminuait  pour  des  distances  de  plus 
en  plus  grandes  de  la  cathode,  la  plus  grande  valeur  qu'il  était  pos- 
sible de  mesurer  était  d'environ  i*^'",  V  était  au  même  endroit  d'en- 


710  A.    SCHt'STEB. 

viron  225  volts.  En  prenant  ces  nombres,  nous  trouvons  pour  limite 

supérieure 

e 

—  <  Il  X  10». 

m 

Dans  la  lueur,  le  rayon  de  courbure  est  réduit  rapidement  à  envi- 
ron o^'^fO,  montrant  que  la  luminosité  est  due  à  une  transformation 
du  mouvement  de  translation  en  mouvement  thermique,  le  gaz  dans 
les  circonstances  expérimentales  actuelles  était  de  Tazote  très  souillé 
par  des  hydrocarbures,  la  valeur  de  la  vitesse  moyenne  à  Fétat  d'équi- 
libre dépendra  de  l'hypothèse  que  nous  ferons  sur  la  nature  de  la 
particule  qui  porte  la  charge. 

Il  sera  suffisant  de  considérer  les  cas  indiqués  dans  la  table  sui- 
vante : 

Vitesse  moyenoe 
Nature  de  la  particule.  quadratique. 

Atome  d'hydrogène 26  x  lo^ 

Molécule  d'hydrogène 18  x  10* 

Atome  d'azote 7x10* 

Molécule  d'azote 5  x  10* 

Comme  nous  ne  tenons  compte  ici  que  de  Tordre  de  grandeur,  il  n'est 
pas  nécessaire  de  tenir  compte  de  la  température  et  nous  pouvons 
prendre,  comme  valeur  de  v,  10';  nous  obtenons  ainsi  : 

—  >io^ 
m 


La  valeur  actuelle  de  —  est  de  10*  pour  l'hydrogèneet  de  0,7  x  10' 

pour  l'azote,  si  nous  imaginons  que  chaque  atome  d'azote  porte  la  même 
charge  que  l'atome  d'hydrogène  dans  l'eau,  mais  comme  l'azote  peut 
s'unir,  se  combiner  avec  trois  atomes  d'hydrogène,  nous  pouvons  sup- 
poser que  trois  charges  au  moins  sont  portées,  ce  qui  rend  —  égal 


ne  soit  en  harmonie  avec  la  théorie.  La  limite  inférieure  pour  —  est 


m 
à  2  X  10^. 

il  apparaît  maintenant  que,  dans  les  faits  actuels,  il  n'y  a  rien  qui 

e 
m 

très  proche  des  valeurs  actuellement  observées,  et  il  n'est  pas  éton- 
nant que  la  limite  supérieure  soit  si  élevée,  car,  dans  l'équation  (3), 
le  rayon  de  courbure  entre  par  son  carré.  Je  pense  que  je  peux  consi- 
dérer les  expériences  jusqu'ici  mentionnées  comme  confirmant  la 
théorie.  En  supposant  la  théorie  correcte,  elles  montrent  que  dans  la 


DECHARGE    DK    L  ELECTRICITE   DANS   LES   GAZ.  7II 

lueur  les  particules  sont  rapidement  réduites  à  une  vitesse  du  même 
ordre  de  grandeur  que  la  vitesse  moyenne  d'un  milieu  non  électrisé. 
Si  les  particules  ne  portent  pas  de  charges  fixes,  elles  deviennent 
élecirisées  au  contact  des  électrodes;  ceci  est  l'opinion  admise  géné- 
ralement, et  il  est  intéressant  d'en  tracer  les  conséquences. 

La  charge  e  d'une  sphère  touchant  un  plan  chargé  de  densité  a  est 
dooDée  par 

e  =  -  r*a*a  =  -loa^a  approximativement. 

Substituant  pour  t  la  valeur  que  j'ai  obtenue  dans  mes  expériences, 
environ  2,5  unités  électrostatiques,  e  serait  numériquement  égal  à 
5ort-;  si  pour  a'''  nous  prenons  environ  5  x  io~'",  qui  est  la  valeur 
moléculaire  obtenue  par  des  expériences  dans  les  gaz,  nous  serions 
au-dessus  de  la  valeur;  cette  substitution  dans  la  formule  ci-dessus 
donnerait  pour  e  la  valeur  de  io~"  en  unités  électrostatiques  au  lieu 
de  io~*2^  c'est-à-dire  que  la  charge  serait  environ  looooofois  moindre 
que  d'après  notre  théorie.  Appliquant  ces  valeurs  à  l'équation  (4),  je 
dcule  que,  selon  l'hypothèse  d'électrisation  par  contact,  la  vitesse 
moyenne  des  molécules  serait  seulement  de  2'^'"  par  seconde  :  le  rai- 
sonnement que  je  viens  de  faire  constitue  une  élimination  par  l'absurde. 

L'auteur  examine  ensuite  plusieurs  questions  ayant  trait  à  la  décharge  posi- 
tive, il  cherche  ensuite  à  comparer  l'énergie  acquise  par  un  ion  entre  deux 
chocs  à  l'énergie  cinétique  moyenne  de  1"'"'  et  essaie  de  résoudre  certains  pro- 
blèmes intéressant  la  décharge. 

Il  donne  ensuite  une  explication  de  la  chute  de  potentiel  à  la  cathode  de 
lespace  obscur  et  montre  que  sa  théorie  peut  expliquer  le  phénomène  des 
virales,  tout  en  se  demandant  si  les  strates  peuvent  se  voir  dans  des  gaz  par- 
faitement purs. 

Nous  pouvons  maintenant  résumer  brièvement  les  résultats  aux- 
quels nous  sommes  arrivé.  Un  gaz  à  l'état  normal   ne  contient  pas 
(lions  libres:  mais  si,  pour  des  causes  physiques  ou  chimiques,  les 
molécules  sont  dissociées  dans  un  champ  électrique,  il  se  forme  des 
ions  et  le  gaz  devient  conducteur.  En  supposant  que  la  différence  de 
potentiel  entre  les  deux  électrodes  soit  graduellement  accrue,  il  arri- 
vera un  moment  où  une  étincelle  passera,  c'est-à-dire  que  les  molé- 
cules seront  dissociées  par  les  forces  électriques,  les  ions  positifs  dif- 
fusant vers  la  cathode  tendent  à  constituer  une  couche  polarisante 
d'épaisseur  finie,  augmentant  d'étendue  à  mesure  que  la  pression  di- 
minue. Si  la  décharge  devient  constante,  les  décompositions  ont  con- 
tinuellement lieu  à  la  cathode,  les  ions  négatifs  en  étant  projetés  avec 


719  A.   SCHUSTBR. 

une  vitesse  considérable.  Ces  ions  se  déplaceront  à  travers  l'espace 
appelé  espace  obscur  sans  perdre  beaucoup  d'énergie  par  collisions; 
mais,  quand  les  chocs  deviennent  plus  fréquents,  par  suite  d'une  dimi- 
nution suffisante  de  la  force  électrique,  l'énergie  de  translation  se 
transforme  en  vibrations  lumineuses,  lesquelles  constituent  la  lueur 
observée.  Les  ions  positifs  qui  entourent  la  cathode  doivent  avoir  une 
vitesse  plus  grande  au  voisinage  de  la  cathode  où  leur  énergie  devient 
visible  dans  la  première  couche  lumineuse.  La  question  se  pose  de 
savoir  si  les  décompositions  ont  lieu  seulement  à  l'électrode  ou  à  tra- 
vers une  distance  finie  de  celle-ci;  nous  ne  pouvons  de  même  décider 
si  le  courant  à  l'intérieur  de  l'espace  obscur  est  principalement  cons- 
titué par  les  molécules  négatives  projetées.  I^es  ions  négatifs  s'accu- 
muleront dans  l'espace  obscur  et  rencontreront  les  ions  positifs  pro- 
venant de  la  partie  positive  de  la  décharge.  Nous  devrons  nous  attendre 
à  ce  que  les  ions  libres  soient  plus  nombreux  dans  le  voisinage  de 
l'extérieur  de  la  lueur,  qu'en  tout  autre  point  où  la  décharge  a  lieu; 
nous  trouverons  là  une  chute  de  potentiel  faible  et  pas  de  luminosité, 
c'est  l'espace  sombre  séparant  la  partie  positive  de  la  décharge  de  la 
lueur  négative.  En  cet  endroit  un  certain  nombre  d'ions  se  réunissent 
probablement  pour  former  des  molécules;  on  devrait  finalement 
trouver  dans  ce  cas  que  les  ions  positifs  et  négatifs  diffusent  avec  la 
même  vitesse  et  nous  serions  amenés  à  conclure  qu'il  y  a  autant  de 
molécules  dissociées  à  la  cathode  qu'il  s'en  recombine  dans  cet  espace 
obscur.  Si,  comme  il  me  semble  le  plus  probable,  on  trouve  que  les 
ions  négatifs  difï'usent  plus  rapidement,  la  recombinaison  aura  lieu 
en  partie  à  l'anode.  Si  dans  le  tube  les  conditions  sont  telles  que  le 
gaz  se  divise  en  couches,  de  façon  que  les  dissociations  dépassent  les 
recombinaisons  et  vice  versa^  des  stratifications  se  formeront. 

Telle  est  l'esquisse  générale  de  la  théorie  qui  devra  être  modifiée 
dans  le  détail,  mais  qui,  je  crois,  contient  une  part  considérable  de 
vérité. 

Quelques  disciples  de  Maxwell,  qui  considèrent  un  courant  comme 
une  circulation  d'un  liquide  incompressible  dans  un  circuit  fermé, 
nient  la  possibilité  d'une  éleclrisation  en  volume. 

Mais  il  n'y  a  rien,  autant  que  je  puis  le  voir,  dans  les  conclusions 
que  j'ai  tirées  des  décharges  dans  les  gaz,  qui  ne  soit  d'accord  avec 
les  idées  fondamentales  de  la  théorie  de  Maxwell,  quoiqu'elles  ne 
puissent  être  en  contradiction  avec  les  embellissements  accessoires 
dont  cette  théorie  est  occasionnellement  ornée.  Je  ne  vois,  pour  ma 
part,  rien  d'improbable  à  ce  qu'il  puisse  y  avoir  une  électrisation  en 


DECHARGE    DE   L^ÉLECTRICITÉ   DAN9    LES   GAZ.  7l3 

volume  sans  que  l'on  entre  en  contradiction  avec  l'équation  de  con- 
tinuité d'un  liquide  incompressible,  aussi  longtemps  que  nous  ad- 
mettons la  possibilité  de  courants  de  déplacement  et  de  déplacements 
dans  les  conducteurs.  Les  équations  ordinaires  des  courants  dans  un 
solide  non  homogène  (ou  dans  un  solide  quelconque  où  l'on  tient 
ci»mpte  des  inégalités  de  températures),  donnent  une  électrisation  en 
Aolume  qui  peut  seulement  être  détruite  par  l'introduction  d'une 
quantité  analogue  à  la  pression  hydrostatique  et  dont  le  seul  objet  est 
précisément  de  détruire  toute  électrisation,  sauf  à  la  surface  des  corps  ; 
nous  ne  connaissons  aucun  phénomène  physique  pouvant  justifier 
I  introduction  d'une  telle  quantité,  dont  à  mon  avis  la  nécessité  ne  se 
fait  pas  sentir.  On  peut  montrer  l'existence  d'une  électrisation  en 
volume  quand  un  courant  passe  d'un  liquide  à  un  autre  flottant  à  sa 
surface,  dans  la  région  où  les  liquides  commencent  à  se  mélanger;  on 
observe  des  effets  chimiques  qui  peuvent  s'expliquer  par  l'électri- 
salion  qui  accompagne  tout  changement  dans  la  conductibilité  élec- 
tnque. 

Les  équations  de  Maxwell  supposent  l'homogénéité  des  conduc- 
teurs, hypothèse  justifiée  quand  nous  ne  tenons  compte  que  d'ef- 
fets moyens.  Nous  déduisons,  de  la  même  façon,  les  équations  qui 
représentent  la  transmission  de  la  lumière,  en  supposant  que  chaque 
corps  transparent  est  remplacé  par  un  milieu  homogène  ayant  cer- 
taines propriétés.  Mais,  quoique  cette  hypothèse  soit  valable  dans  la 
discussion  de  certains  phénomènes,  il  y  en  a  d'autres  pour  lesquels 
il  devient  nécessaire  d'aller  plus  loin,  et  de  considérer  la  constitution 
structurale  du  corps  de  tenir  compte  séparément  des  effets  du  milieu 
séparant  les  atomes  et  des  effets  des  atomes  eux-mêmes.  Dans  toutes 
les  branches  de  la  physique,  l'avancement  de  nos  connaissances  nous 
force  graduellement  à  abandonner  l'hypothèse  d'homogénéité  et,  en 
agissant  ainsi,  il  n'y  a  plus  aucune  difficulté  dans  la  voie  de  l'élec- 
trisation  en  volume;  nous  pouvons  réellement  considérer  ces  électri- 
satious  en  volume  comme  des  électrisations  superficielles  entre  les 
atomes  et  le  milieu. 

En  parlant  d'électricité  positive  et  négative  comme  de  substances 
possédant  une  existence  séparée,  je  me  sais  avancé  d'une  autre  façon 
contre  ce  qu'on  appelle  les  vues  modernes  sur  l'électricité.  J'ai  tou- 
tefois essayé  de  me  mettre  sous  la  protection  d'une  autorité  reconnue 
^n  plaçant  en  tête  de  cette  conférence  une  citation  d'Helmholtz  disant 
que  nous  avons  de  fortes  raisons  pour  croire  que  Télectricité  a,  de 
même  que  la  matière,  une  constitution  atomique.    Nous   devons  à 


7l4  A.    SCHUSTKR.    —   DErHARGK   DK   L  ELECTRICITE   DANS   LES  GAZ. 

* 

Favenir  nous  efïbrcer  de  mettre  celte  manière  de  voir  en  harmonie 
avec  la  théorie  électromagnétique  de  la  lumière  qui  doit  être  acceptée 
comme  un  fait  accompli.  Il  n'y  a  entre  ces  deux  manières  de  voir  au- 
cun antagonisme.  Si  jamais  nous  parvenons  à  expliquer  rattraction 
chimique  et  celle  provenant  de  la  gravitation  par  les  déformations 
d'un  milieu,  nous  trouverons  encore  utile  de  parler  d'atomes  et  de 
molécules,  et,  de  la  même  façon,  croire  à  un  effort  et  à  une  défor- 
mation électrique  n'est  pas  en  contradiction  avec  Tidée  qu'il  y  a  dans 
l'atome  quelque  chose  qui  crée  cet  effort  et  qui  peut  être  pris  comme 
la  quantité  d'électricité  élémentaire.  En  prenant  même  l'idée  extrême 
que  la  déformation  électrique  est  due  à  des  vortex  filamenteux  dans 
Télher,  il  n'est  nécessaire,  pour  réconcilier  les  opinions  en  apparence 
antagonistes,  que  d'admettre  simplement  que  ces  filaments  ont  la 
même  intensité  et  que  quelques-uns  se  terminent  à  la  surface  des 
atomes;  mais  à  présent  il  n'y  a  aucune  nécessité  à  ce  que  nous  arri- 
vions à  des  idées  particulières.  Dans  quelques  phénomènes  élec- 
triques, nous  trouverons  qu'il  vaut  mieux  parler  d'effort  et  de  défor- 
mation électrique  (le  déplacement  serait  un  terme  induisant  en  erreur 
et  il  vaut  mieux  s*en  dispenser  étant  donné  l'usage  excessif  qu'on  en 
a  fait);  nous  continuerons  à  employer  la  vieille  nomenclature  et  à 
parler  d'électricité  positive  et  négative  comme  de  quantités  réelles 
dans  d'autres  cas  de  plus  en  plus  nombreux.  L'électrochimie  est  un 
sujet  d'importance  primordiale  dans  l'état  actuel  de  la  Science. 

La  manière  d'être  différente  des  particules  électrisées  positivement 
et  négativement  conduit,  comme  j'ai  essayé  de  le  montrer,  à  une  mo- 
dification non  symétrique  des  forces  moléculaires  par  l'électrisation. 
11  n'est  pas  suffisant  d'additionner  géométriquement  les  efiets  de 
l'action  moléculaire  et  électrique,  mais  il  faut  tenir  compte  de  l'inter- 
férence entre  les  forces  chimiques  et  électriques.  La  nature  exacte  de 
cette  interférence  doit  être  résolue  en  partie  par  une  action  chimique, 
mais  les  décharges  électriques  dans  les  gaz  promettent  encore  une 
riche  moisson  au  chercheur. 


—— 


SUR  LE  RAPPORT  DE  LA  CHARGE  ÉLECTRIQUE 

A  LA  MASSE  DES  RAYONS  CATHODIQUES, 

Par  s.  SIMON  ('). 
Traduit  par  H.  BUISSON. 


Annalen  der  Physik  und  C hernie,  t.  LXIX,  1899,  p.  689  à  611. 


Introduction. 

Dana  les  recherches  sur  les  rayons  cathodiques,  les  différents  obser- 
vateurs ont  obtenu  des  résultats  notablement  discordants  pour  la  va- 

leur  du  rapport  ->  c'est-à-dire  la  charge  électrique  par  gramme- 
masse.  Cette  discordance  peut  provenir  soit  des  inexactitudes  des 
méthodes  de  recherches,  soit  de  ce  que  chaque  observateur  est  parti 
d  une  hypothèse  théorique  différente.  Quoi  qu'il  en  soit,  il  semble 
nécessaire  de  faire,  selon  une  des  méthodes  employées  jusqu'ici,  une 

dëtennination  plus  exacte  de  la  valeur  de  -  •  Tel  est  le  but  du  présent 

travail,  basé  sur  les  hypothèses  faites  par  F.  K^aufmann  (^)  dans  ses 
tTdvaux  sur  les  rayons  cathodiques. 

I.  —  Théorie. 
Kaufmann  obtient  la  formule 

6  2Z^\o 


1) 


fl  --•  -  «" 


J«  (    1"  'dx  Ç    H^dx 


(')  Le  travail  de  M.  S.  Simon  ayant  été  fait  en  quelque  sorte  sous  la  direction  de 
M.  W.  Kaufmann,  nous  n'avons  pas  cru  nécessaire  de  traduire  le  premier  Mémoire 
de  M.  W.  Kiiufmann  qui  aurait  fait  à  peu  près  double  emploi  avec  celui-ci. 

(')  W.  Kaufmann,  Wied.  Ann.,  t.  LXI,  1897,  p.  544-552;  t.  LXII,  1897,  P-  596-598. 


7l6  s.   SIMON. 

Dans  cette  équation,  Vo  est  la  différence  de  potentiel  entre  les  élec- 
trodes, J  le  courant  dans  la  bobine  magnétisante.  Ho  l'intensité  da 
champ  pour  l'unité  d'intensité  de  courant.  On  fait  la  convention  que 
la  force  déviante  agit  dans  la  direction  de  l'axe  OZ,  lorsque  les  lignes 
de  force  coïncident  avec  la  direction  de  l'axe  O  Y  et  le  rayon  non  dévié 
avec  celle  de  l'axe  OX  \fig'  i  ).  La  trajectoire  du  rayon  dévié  est 
donc  située  dans  le  plan  XZ.  Dans  l'équation,  z  représente  la  dévia- 
tion observée. 

Fig.  I. 


Cette  équation  (i)  n'est  à  peu  près  exacte  que  pour  les  très  petites 
déviations.  Aussi,  pour  les  plus  grandes,  Kaufmann  indique  une  for- 
mule corrigée,  dans  laquelle  toutefois  le  terme  de  correction  est  cal- 
culé sous  la  condition  d'un  champ  homogène  et  par  suite  d'une  tra- 
jectoire circulaire  du  rayon.  La  correction  obtenue  de  cette  façon  est 
trop  petite,  comme  on  le  voit  facilement  d'après  les  considérations 

suivantes.  On  doit  donc  faire  un  calcul  plus  exact  de  la  relation  entre -j 

et  la  déviation,  en  tenant  compte  de  la  forme  réelle  du  champ. 

L'accélération  produite  sur  le  rayon  cathodique  par  la  force  magné- 
tique est  partoutà  angle  droit  sur  la  direction  du  mouvement  du  rayon 

et  est  égale  à  — >  où  p  est  la  vitesse  du  rayon  et  p  le  rayon  de  courbure 

de  la  trajectoire  au  point  considéré.  Elle  est  aussi  égale  à 


on  obtient  donc  l'équation 

(a)  iH=-. 

f^  P 

Remplaçant  le  rayon  de  courbure  par  sa  valeur,  l'équation  devient 

g  H  dx^ 

(3)  -  -  =   ;• 


h(sn 


lAFPOIT  DE   LA   CHAKGE   ELECTRIQUE   A   LA   MASSE   DES   RAYONS  CATHODIQUES.     717 

Comme  les  dimensions  de  Tappareil  décrit  plus  loin  étaient  choisies 

de  façon  que,  dans  tous  les  cas,  (-7-)    fût  petit  vis-à-vis  de  i,  11  suffit 

de  ne  considérer  que  le  premier  terme  du  développement  en  série  du 
second  membre  de  Téquation. 
On  peut  alors  écrire 


ax 


*        H^   ^  L         'i\dx/] 


On  obtient  une  valeur  approchée  du  terme  de  correction  situé  dans 
la  parenthèse  -  (-7-)    parce  que  Ton  peut  tout  d'abord  poser 

(4)  -3—-  =  —  H, 


ou 
Par  suite 


dx        iivJq 


dx^        fxv['"*'2  \^^v\j^  ^J  J 


et 

(7) 


è-^r"--^^r"(rH'^- 


l/inlégrale  double  contenue  dans  le  deuxième  terme  du  second 
membre  se  transforme  en  intégrale  simple,  car  on  a,  comme  il  est  fa- 
cile de  le  vérifier, 

En  faisant  cette  transformation  dans  (-)  on  obtient  par  intégration 
répétée,  pour  la  déviation  de  Textrémité  de  la  trajectoire, 

t  par  suite 


10) 


f  'dx  f    Wdx-^-  -4^    f     dxi    f    Wdx 


On  peut  faire  disparaître  l'expression  —  du  terme  de  correction  du 


•  -i-oirt* 

•  • 

i  Zm. 

'» 

tir  1      a-cr 

r  _ 

•'.  -«Jr 


i     I      d,         Hrfr) 
^  ^'/Osf  i»  ^r/ifisôtttneîftKL  <f*e  be  ^«itood   terme  du  dénominateur  ( 

/       dr  f      Bdrl  If      djT  f     H  ^x  )    I 

U  re^te  enecyre  i  întrodaîre  dans  cette  équation  les  valeurs  direc 


ment  ob$er«ée>-  «oit  «*  =  I     a  -  \\  et  H  =  J  H». 
En  le  faisant  on  obtient 


i  .îX"'^(/'"'^) 


3  \S 


(I2>       —    ^  «   I  — 

ou 


(l3j        -   =   ^—^ .jy  —  zl— '—\. 


J  i  —  zl  — ■ 


?■ 


'ir'^r'^'^ïj   (jf""^/'"''')' 


Si  Ton  pose 

l  f  'dx(  f   ndx  \    j 

il  vient 


''(/"''^/^  "''')' 


iLiPPOftT  DE   LA   CHARGE    ÉLECTRIQUE    A   LA   MASSE    DES    RAYONS  CATHODIQUES.      719 


Un  point  important  pour  la  disposition  de  rexpérience  de  déviation 
doilèlre  discuté  ici. 
Dans  la  figure  2,  K  représente  la  cathode,  A  l'anode,  B  l'extrémité 

Fig.  2. 


X 

4— 


B 


de  la  trajectoire.  L'axe  OX  est  la  direction  des  rayons  non  déviés. 
Dans  les  expériences  de  déviation,  le  dispositif  est  choisi  de  façon 
qu'entre  A  et  B  le  potentiel  soit  constant  et  par  suite  aussi  la  vitesse 
des  particules.  Entre  K  et  A  le  potentiel  est  variable. 

On  observe  la  déviation  par  l'ombre  d'un  fil  placé  en  A  ;  les  équa- 
tions développées  plus  haut  ne  sont  valables  que  si,  lors  de  l'excita- 
tion du  champ  magnétique,  la  direction  du  rayon  n'est  pas  modifiée 
en  A.  C'est-à-dire  si,  pour  j:  =  o,  on  a 


El 
dx 


=  0. 


Cette  condition  serait  remplie  si  entre  A  et  K  l'intensité  du  champ 
restait  égale  à  zéro.  Bien  que  cela  ne  soit  pas  réalisable  pratiquement, 
on  [)eut  cependant  obtenir  ce  résultat  d'après  les  considérations  sui- 
\    lanles  : 
On  a 


(i6) 


/ir» 


^   =i  fu.dt. 


Comme  ^'  dl  =  dx,  il  vient 


18» 


\di)o 


«9> 


(±)   = 


dx\ 
di)^ 


=  —    f  Hdx. 


(^)   Les  formules  approchées  suffisent  pour  les  cousidérations  qui  suivent,  car  on 
st  dans  le  cas  d*un  champ  très  faible  et  de  déviations  irés  petites. 


720 


On  voit  que 


dans  le  cas  où 


8.    SIMON. 


\dx/o 


/     H  dx  =  o. 


Si,  dans  le  dispositif  d'expérience,  on  place  Tanode  A  en  un  point  de 

Taxe  OX  pour  lequel    /    H  dx  s'annule,  en  ce  même  point  la  direc- 

tion  du  rajon  resie  alors  celle  de  Taxe  OX,  et  Ton  peut  considérer 

le  phénomène  comme  si  la  force  magnétique  était  nulle  entre  A  et  R. 

Dans  la  figure  3,  on  a  représenté  la  forme  du  champ  suivant  un 

diamètre  des  bobines  :  O  est  un  point  de  leur  axe.  Il  est  clair  qu'à 

Fig.  3. 


^^ 


chaque  position  A  de  l'anode  correspond  une  position  conjuguée  de 
la  cathode  K,  et  qu'il  y  a  une  infinité  de  tels  couples  de  points  pour 

lesquels   /  H  dx  s'annule.  Pour  ces  positions  la  fraction  de  surface  F 

limitée  par  la  courbe  du  champ  et  l'axe  OX  et  située  au-dessus  decel 
axe,  doit  être  égale  à  la  partie  F'  qui  est  au-dessous. 


II.  —  Appareil. 

Sur  un  plateau  de  base  a  étaient  fixés  deux  rails  de  glissement  b. 
entre  lesquels  pouvait  se  déplacer  le  chariot  c  (pour  les  dimensions, 
voir  les  figures  4  et  5).  Celui-ci  était  pressé  par  de  forts  ressorts  de 
laiton  contre  l'un  des  rails  de  façon  à  rendre  possible  un  glissement 
régulier  le  long  de  sa  surface. 

Au  milieu  du  chariot  ainsi  décrit,  sur  sa  partie  mobile  c,  était  placé, 
perpendiculairement  à  lui,  un  second  chariot  tout  semblable,  dont  la 


HAFPOIT  DB  LA  CHARGE  ÊLECTRIQUU   A   LA   MASSE   DBS   RAYONS  CATHODIQUES.     72 1 

partie  glissante  c'  était  cependant  formée  de  deux  parties,  chacune 

portant  Tune  des  deux  bobines  qui  servaient  à  la  production  du  champ 

magnétique. 

Fig.  4. 


^ 


t., 


Sur  le  chariot  c  étail  encore  fixé  un  support  de  bois  g^  pour  le  tube 
à  décharge.  Il  est  à  peine  utile  de  mentionner  qu'aucune  pièce  de  fer 
n'intervenait  dans  l'appareil. 

Aux  quatre  coins  de  a  se  trouvaient  quatre  solides  colonnes  de 
tois;  celles-ci  portaient  une  planche  e  percée  d'une  ouverture  en  son 


'3Si 


f4f.S 


^ 


Fig.  5. 


1^    n    -r. 
I   .1  I.  j-L 


ï 


3 


9 


Y     C 


900 


I 

138.5 


30 


milieu.  Par  cette  ouverture,  le  magnétomètre  /  décrit  plus  loin  était 
introduit  dans  l'intervalle  des  deux  bobines.  Tout  l'appareil  était 
solidement  vissé  sur  la  table  de  travail.  Chacune  des  deux  bobines 
avait  les  dimensions  suivantes  : 

Le  cjlindre  de  tôle  de  zinc  qui  portait  l'enroulement  avait  une 

S.  P.  46 


y^i 


8.    SIMON. 


épaisseur  de  parois  de  o"", 25;  son  diamètre  intérieur  était  de  i38*""',3. 
L'enroulement  était  fait  de  fil  de  cuivre  isolé  de  i""  de  diamètre; 
l'isolement  compris  le  diamètre  était  de  2™",  5.  La  bobine  avait  alors 
de  milieu  à  milieu  de  fil  un  diamètre  de  i4i'"'°}3;  sa  longueur  était 
de  398™",  également  de  milieu  à  milieu  de  fil. 

La  mesure  des  dimensions  des  bobines  fut  effectuée  avec  le  plus 
grand  soin  possible  par  la  règle  et  le  compas,  ou,  quand  cela  était 
impossible,  au  moyen  d'un  dioptre. 

La  position  relative  du  tube  à  vide  par  rapport  au  champ  était 
aussi  déterminée  au  moyen  du  dioptre. 

La  construction  de  l'appareil  ainsi  décrit  permettait  le  déplace- 
ment des  bobines,  perpendiculairement  à  leur  axe,  lors  de  la  me- 
sure du  champ,  tandis  que  le  magnétomètre  restait  immobile  à  sa 
position.  De  plus,  il  était  possible  de  replacer  exactement  les  bobines 
à  leur  position  par  rapport  au  magnétomètre  ou  au  tube  à  vide 
si  celle-ci  venait  à  être  modifiée  pour  quelque  raison  que  ce  fût,  et 
cela  à  l'aide  de  repères  convenablement  disposés. 

Magnétomètre,  —  Pour  la  mesure  du  champ  magnétique  des 
bobines,  on  employa  l'instrument  suivant  : 

Un  lourd  barreau  de  laiton  c  de  11 7™""  de  long  et  de  4""?  5  de  dia- 

Fig.  6. 


mètre  était  suspendu  à  un  fil  fin  de  platine  a,  soudé  à  une  tige  de 
cuivre  b  {yoivfig.  6);  à  l'extrémité  inférieure  de  c  était  ménagée  une 


lAPPORT  DE    LA   CHARGE   ÉLECTRIQUE   A    LA   MASSE   DES   RAYONS   CATHODIQUES.     723 


I 


petite  cavité  dans  la  direction  d'un  diamètre  et  Taimant  d  y  était 
fflaintenu.  La  longueur  du  petit  aimant  était  de  5"*"*,  sa  hauteur 
de  i""",  et  son  épaisseur  de  o""",  i .  Le  magnélomètre  était  placé  dans 
an  tube  de  verre  e,  dont  la  forme  est  visible  sur  la  figure.  Pour  assu- 
rer Tamortissement,  le  tube  était  complètement  rempli  d'eau;  son 
eilréroité  inférieure  était  fermée  par  le  bouchon  de  liège  /.  En  haut, 
le  tube  de  verre  traversait  à  frottement  une  planchette  A,  reposant 
sure  au  moyen  de  trois  vis  (Jig.  5). 

Avec  ces  trois  vis  le  système  se  réglait  facilement.  L'orientation  de 
Faimant  s'obtenait  par  la  tige  g  solidement  fixée  à  6.  Le  tube  de  verre 
était  introduit  dans  l'intervalle  des  deux  bobines  par  l'ouverture  pra- 
tiquée dans  la  pièce  transversale  e  {\oir  Ji g.  4  et  5).  On  observait  la 
déviation  de  l'aimant  par  la  méthode  du  miroir.  Pour  cela  un  miroir  i 
était  filé  à  l'extrémité  supérieure  du  cylindre  de  laiton  c.  A  hauteur 
égale  de  ce  dernier  se  trouvait  dans  le  tube  de  verre  une  fenêtre  Ar, 
fermée  par  une  lame  de  verre  plane. 

III.  —  Mesure  du  champ. 

L'aiguille  du  magnétomètre  étant  placée  dans  la  bonne  direction, 

€t  la  proportionnalité  entre  la  déviation  et  l'intensité  du  champ  étant 

constatée  par  des  mesures  de  contrôle,  la  mesure  du  champ  fut  faite 

delà  manière  suivante  (la  disposition  est  représentée  schématique- 

fflenl  dans  la  figure  7  )  : 

Fig.  7. 


n 


-^um 


é^? 


Le  courant  était  fourni   par  une  batterie  d'accumulateurs  A,  et 
régularisé  par  la  résistance  R;  sa  direction  pouvait  être  inversée  par 


7î^4 


s.    SIMON. 


le  commutateur  S.  L'intensité  était  mesurée  par  un  ampèremètre  de 
précision  P,  de  Siemens  et  Halske,  permettant  des  lectures  jusqu'à  la 
troisième  décimale.  Pendant  la  mesure  le  chariot  supérieur,  qui  porte 
les  bobines  I  et  II,  était  déplacé  le  long  d'une  division  en  millimètres, 
fixée  sur  le  chariot  inférieur,  dans  la  direction  de  l'axe  OX.  Les 
arrêts  se  faisaient  de  5™"  en  5"™.  Pour  chaque  mesure,  le  sens  du 
courant  était  changé.  La  distance  de  l'échelle  au  miroir  était  de  2600"'". 
Dans  le  Tableau  suivant,  a  représente  la  distance  en  millimètr<'« 
à  l'axe  des  bobines,  n  la  déviation  en  parties  de  l'échelle  (proportion- 
nelle à  l'intensité  du  champ),  i  l'intensité  du  courant  en  ampères. 
Dans  la  dernière  colonne  sont  exprimés  les  rapports  des  intensités  du 
champ  à  l'intensité  maxima,  qui  se  trouve  sur  l'axe. 


H 


H 


100 


100 


a. 

n. 

• 

i. 

-H. 

a. 

n. 

• 

1. 

™H. 

— 5o   1 

43,5 

0,08 

90,84 

90 

160,5 

1,146 

7,09 

-45   I 

47,0 

0,08 

93,04 

95 

181 ,0 

1,90 

4,8 

-40   I 

5o,o 

0,08 

94,94 

100 

178,5 

2 ,  62 

3,43 

—35   1 

l52,0 

0,08 

96,20 

io5 

124,0 

2,61 

^,39 

— 3o   1 

[54,o 

0,08 

97.47 

no 

88,0 

2,61 

1,695 

— 23    1 

55,0 

0,08 

98,10 

ii5 

60,0 

2,61 

1,16 

—  •20    1 

56, 0 

0,08 

98,73 

120 

38, 0 

2,6o5 

0,74 

— 15    1 

i56,5 

0,08 

99,04 

125 

21,5 

2,60 

0,47 

— 10    1 

157,0 

0,08 

99,34 

i3o 

9>5 

2,66 

0,18 

-  5   1 

57,5 

0,08 

99,69 

i35 

—  2,0 

2,65 

— o,o38 

-»-  0 

188,0 

0,0945 

100 

i4o 

—  11,0 

2,665 

—0,275 

5   1 

187,5 

0,0945 

99,75 

145 

-  18,0 

2,66 

-0 .  34 

10   1 

87,0 

0,0945 

99,49 

i5o 

—  23,5 

2,66 

-0,445 

i5   1 

186,5 

0,0945 

99, '^5 

i55 

—  28,0 

2,65 

— o,53i 

20   1 

i85,5 

0,094 

99,19 

160 

—  32, 0 

2,65 

—0,607 

25 

i85,o 

0,094 

98,89 

i65 

—  35,0 

2,64 

—0,667 

3o 

[84,0 

0,094 

98,44 

170 

-  37,5 

2,64 1 

—0,715 

35   1 

182,5 

0,094 

97,64 

175 

—  40,0 

2,63 

— o,76J 

40 

[80,0 

0,094 

96,28 

180 

--  41,5 

2,63 

—0,793 

45 

176,5 

0,0945 

93,97 

i85 

—  4*2,5 

2,62 

—0,81 

5o 

171,5 

0,0945 

91,25 

190 

-  43,5 

2,62 

— o,835 

55 

164,0 

0,094 

87,7 

195 

—  45,0 

2,625 

o,863 

60 

i5i  ,0 

0,0945 

80,3 

200 

-  45,5 

2,61 

-0,875 

65   ] 

i56,5 

0,117 

67,3 

210 

—  47,5 

2,6i5 

-0,915 

70 

173,5 

0, 181 

48,3 

220 

-  47  »o 

2,6o5 

—0,908 

7^ 

161 ,5 

0,281 

28,9 

23o 

—  47,5 

2,60 

—0,918 

80 

i56,5 

o,464 

17,0 

235 

—  47,0 

2,60 

—0,91 

85 

'77,5 

0,84 

10, 63 

» 

M 

» 

» 

Le  résultat  de  cette  mesure  est  représenté  graphiquement  dans  U 


UPtMT  DS  LA   CBARGIt   ÉLBCTBIQIIB  A  LA   HA8SB  DBS  HATONS  CATHODIOUBS.     7^5 

figure  8.  Les  distances  à  l'axe  sonl  prises  comme  abscisses,  les  iatea- 
silés  du  champ  comme  ordonnées  (courbe  I).  Un  regard  sur  la 
courbe  moolre  que  le  champ  ne  peut  être  regardé  comme  homogène 
avec  quelque  approximation  que  dans  la  partie  la  plus  proche  de 


l'aie.  A  une  distance  de  l'axe  de  6''"',  l'intensité  a  déjà  diminué  de 
50  pour  loo,  à  7''"'  de  plus  de  5o  pour  loo;  elle  décroît  plus  loin, 
jusqu'à  ce  que  la  courbe  coupe  l'axe  OX  à  une  distance  d'environ 
(3"°.5  de  l'axe  de  la  bobine.  En  ce  point,  où  les  lignes  de  force  se 
referment  hors  de  la  bobine,  l'intensité  du  champ  est  égale  à  zéro  ;  elle 
change  de  sens,  et  s'élève  ensuite  à  une  valeur  d'environ  i  pour  loo 
de  l'intensité  maxima.  Les  observations  s'étendent  jusqu'à  une  dis- 
tance de  5"="  d'un  côté  et  de  23'^'",  5  de  l'autre.  La  portée  des  mesures 
ne  pouvait  pas  être  étendue  plus  loin  car  les  dimensions  de  l'appureil 
imposaient  une  limite. 

Il  peut  sembler  étonnant  que  la  forme  du  champ  des  deux  c6tés  de 


7^6  8.   8IM0N. 

ia  position  médiane  ne  soil  pas  complètement  symétrique.  Oatre  que 
ces  variations  sont  très  petites,  elles  sont  aussi  sans  importance  pour 
le  but  proposé,  car  il  suffit  de  connaître  la  forme  réelle  du  champ. 
La  cause  de  cette  asymétrie  peut  être  recherchée  dans  ce  fait  que  les 
deux  bobines  n^ont  pas  exactement  le  même  axe.  A  l'aide  de  cette 
courbe  du  champ  ainsi  obtenue,  les  doubles  intégrales  figurant  dans 
les  équations  (i3-i5)  furent  calculées,  par  la    méthode  graphique. 

(L'intégrale  simple  jWdx  est  représentée  dans  la  figure  8  par  la 

courbe  IL  1 

Connaissant  les  dimensions  de  la  bobine,  on  peut  calculer  l'inten- 
site  absolue  du  champ  au  point  milieu  de  l'axe  d'après  la  formule 

H  =  0,41^/1* 


n  signifie  le  nombre  de  tours  par  centimètre;  £,  l'intensité  en  am- 
pères; /,  la  demi-longueur  des  bobines,  et  a  leur  rayon.  Si  l'on  cal- 
oule  d'abord  H4  en  supposant  un  enroulement  qui  se  continue  d'une 
bobine  à  l'autre,  et  ensuite  H2  pour  une  bobine  dont  la  longueur  est 
égale  à  la  largeur  de  l'intervalle  (18™'",  c'est-à-dire  la  distance  des 
deux  spires  les  plus  intérieures),  H«  —  Ha  est  alors  l'intensité  au  mi- 
lieu de  l'axe,  à  l'intérieur  de  la  fente  (H  m). 
Le  calcul  donnait  le  résultat  suivant  : 

Hi  =5,11  C.G.S., 
H,  =o.658  C.G.S., 
H max  =  ^j^bi  CG.S.  pour  le  courant  i  =s  i  ampère. 

Étant  donné  que  les  irrégularités  de  l'enroulement,  qui  ne  peuvent 
être  évitées  malgré  tout  le  soin  pris  lors  de  l'arrangement,  exercent 
une  notable  influence  sur  la  grandeur  de  l'intensité  du  champ,  on  fît 
encore  une  mesure  absolue,  par  comparaison  des  bobines  avec  une 
simple  spire  circulaire. 

II  en  résulta  : 

Hmax  =  4|398. 

Celte  valeur  diffère  de  celle  qui  a  été  calculée  d'après  les  dimen* 
sions  des  bobines  de  1,2  pour  100  et  doit  être  prise  comme  base  pour 
tous  les  calculs  suivants. 


IkffOn  DK  LA  CHABGB   ELECTRIQUE   A    LA   MASSE   DES   RAYONS  CATHODIQUES.     727 


IT.  —  DéTiation  des  rayons  cathodiques. 


a.  —  Tube  et  arrangement. 

Le  tube  employé  dans  les  recherches  sur  la  déviabilité  magnétique 
avdit  la  forme  et  les  dimensions  suivantes  : 

A  un  cjlindre  de  verre  a  de  9*^'"  de  long  et  3*^'°  de  diamètre  se  re- 
liait un  autre  tube  plus  étroit,  6,  de  20*^"*  de  long  et  i*^"*,2  de  diamètre. 
De  plus,  à  b  était  fixée  une  pièce  r,  à  laquelle  était  encore  soudé  un 
tube  de  verre  rf,  courbé  à  angle  droit  (voir  Jig,  9).  Aux  extrémités  de 


\: 


zi± 


FiR-  9- 


L 


Shi 


\e 


i 


m 


S- 


?00 


55 


90 


75 


. .. . . .f 


6,  c  et  rf,  se  trouvaient  des  rodages.  Le  tube  b  servait  à  l'introduction 
de  la  cathode,  consistant  en  un  disque  circulaire  de  cuivre  e,  de  9 


m  m 


7^8  s.   SIMON. 

de  diamètre  et  2"*"",  5  d'épaisseur.  Elle  était  fixée  à  un  fil  de  cuivre 
qui  servait  à  la  conduction  et  était  mastiquée  dans  le  tube  y*. 

L'anode  consistait  en  un  cylindre  de  laiton  g  de  7*^"*, 5  de  long  et  de 
a*^",  8  de  large.  A  l'une  de  ses  extrémités  était  appliqué  un  tube  de  laiton. 
h  plus  étroit,  de  5*^"*,  5  de  long,  qui  pénétrait  dans  le  tube  de  verre  ^. 
Un  fil  fin,  /,  était  tendu  devant  l'ouverture  terminale  de  A,  et  sonombi^e 
était  observée  (/î^.  10).  L'anode  était  reliée  électriquement  par  le  fîl 
de  cuivre  k  mastiqué  dans  le  tube  de  verre  c.  Le  contact  était  obteràu 
par  un  balai  de  fils  fins  qui  se  pressaient  fortement  contre  le  tube  de 
laiton  A. 

Le  tube  de  verre  a  était  fermé  par  une  lame  résistante,  portant  ane 
division  millimétrique.  Sur  sa  face  tournée  vers  le  tube,  cette  lame 
était  enduite  d'une   mince  couche  de  craie,  qui  brille  d'une  lueur 
rouge  sous  le  choc  des  rayons  cathodiques.  Pour  rendre  la  division 
visible,  la  craie  fut  enlevée  des  traits  de  division  avec  une  fine  ai- 
guille, afin  que  les  traits,  ainsi  débarrassés,  se  détachassent  en  sombre 
sur  le  fond  de  craie  Quorescente.  Contre  toute  attente,  les  traits  ap- 
paraissaient  cependant  brillant  d'un  rouge  clair  sur  le  fond  de  craie 
plus  sombre.  Le  phénomène  est  probablement  le  même  que  celui  qui 
est  employé  dans  la  méthode  récemment  introduite  dans  la  pratique 
par  Martens  (*)  pour  l'éclairage  des  traits  d'échelle. 

Le  mode  d'expérience,  comme  cela  a  été  mentionné  au  début,  suit 
celui  de  Kaufmann.  Le  pôle  négatif  d'une  machine  à  influence  I,  ac- 
tionnée par  un  électromoteur,  était  relié  par  l'intermédiaire  d'un 
commutateur  B,  à  un  électromètre  de  Braun  et  à  la  cathode. 

Le  pôle  positif  de  la  machine,  lié  à  la  base  de  l'électromètre  et  à 
l'anode,  était  mis  à  la  terre,  de  façon  qu'à  l'intérieur  du  cylindre 
constituant  l'anode,  le  potentiel  restait  nul. 

Le  tube  était  relié  par  la  pièce  d  à  une  machine  pneumatique  à 
mercure  automatique.  La  pression  du  gaz  (l'air  fut  seul  employé) 
n'était  pas  mesurée,  car  cela  était  sans  importance  pour  la  question 
actuelle.  L'électromètre  fut  étalonné  avec  une  batterie  d'accumu- 
lateurs de  43oo  volts  et  pour  les  plus  hautes  tensions  au  moyen 
d'une  balance  électrostatique.  Pour  l'exécution  de  cet  étalonnage,  j'ai 
une  grande  reconnaissance  à  M.  A.  Orgler.  La  place  du  tube  à  l'inté- 
rieur des  bobines  et  la  disposition  d'ensemble  sont  visibles  sur  la 
figure  1 1 .  Les  déviations  éprouvées  par  les  rayons  cathodiques  lors 
de  l'excitation  du  champ,  et  aussi  lors  du  renversement  du  courant, 

(^)  F.   F.  Martens,   Wied.  Ann.,  t.  LXII,  1897,  p.  206-208. 


a.iPPO«T  DE   LA    CHAKGK   eLBCmiQUE   A    LA    MASSE    DBS  EATONS  CATHOOIQCES.      7^9 

sont  données  par  Tombre  du  (il  anode  sur  la  division  ;  en  même  temps 
00  mesure  le  potentiel  et  Fintensité  du  courant.  Dans  les  expériences 

Fig  II. 


OQ  veillait  à  ce  que  les  déviations  ne  fussent  pas  plus  grandes  qu'un 
centimètre,  car  les  calculs  approchés,  donnés  plus  haut,  ne  sont  pas 
valables  pour  de  plus  grandes  déviations. 


b.  —  Orientation  du  tube  cathodique. 

La  position  exacte  du  tube  est  déterminée  par  cette  condition  que 
le  chemin  des  rayons  non  déviés  coïncide  avec  la  direction  de  Taxe  OX, 
et,  en  outre,  soit  à  angle  droit  sur  la  direction  des  lignes  de  force 
(axe  OY).  Comme  on  ne  pouvait,  a  priori^  déterminer  exactement  la 
direction  des  rayons  cathodiquesjà  Tintérieur  du  tube,  on  Tobtenait 
par  une  expérience  préalable,  et  le  tube  était  ensuite  fixé  entre  les 
bobines  à  une  hauteur  telle  que  la  ligne  joignant  le  milieu  de  la  ca- 
thode et  Tombre  du  fil  anode  coïncidât  exactement  avec  Taxe  OX. 
La  seconde  condition  était  assurée  simplement  par  la  disposition  des 
bobines  et  du  support  de  bois  portant  le  tube. 

L'orientation  dans  le  champ  magnétique  du  fil  anode  et  de  la  ca- 
thode, dont  la  position  réciproque  est  donnée  par  les  considérations 


73o  s.    SIMON. 

développées  page  719,  et  aussi  la  détermination  de  la  longueur  di 
chemin  parcouru  par  les  rayons,  durent  être  réalisées  avec  la  pliif 
grande  exactitude. 

De  petites  irrégularités  dans  ces  déterminations,  particulièrement 
dans  celle  de  la  longueur  du  chemin  parcouru  (la  déviation  variant 
comme  le  carré  de  cette  longueur),  influencent  le  résultat  d'une  façon 
déjà  très  importante.  Les  déterminations  se  faisaient  optiquement  et 
résultaient  d'un  grand  nombre  de  mesures  séparées. 

c.  —  Étude  des  corrections. 

Avant  d'arriver  au  calcul  définitif  de  -  »  il  est  encore  nécessaire 

d'exposer  la  considération  suivante,  qui,  a  priori,  indique  la  possi- 
bilité d'une  correction  au  résultat. 

Si  dans  la  figure  12  la  distance  a  —  b'  représente  la  trajectoire  du 
rayon  non  dévié,  a  —  b  celle  du  rayon  dévié,  il  est  clair  qu'en  chaque 
point  de  a  —  6  il  y  a  une  autre  intensité  de  champ  qu'en  la  projec — 

Fig.  12. 


tion  de  ce  point  sur  l'axe  OX,  pour  laquelle  le  champ  a  été  mesuré. 
La  forme  du  champ  pour  le  rayon  dévié  diflere  aussi  de  celle  qui 
a  été  obtenue  par  la  mesure  du  champ,  et  il  faut  examiner  jusqu'à 
quel  point  cette  circonstance  est  susceptible  de  produire  une  modi- 
fication du  résultat. 

L'équation  approchée  de  la  courbe  du  rayon  dévié  s'écrit 


=  v/ï]^. /'"-/■' «'^- 


Dans  les  expériences  de  déviation  indiquées  dans  le  Tableau  I 
{voir  plus  loin),  la  valeur  moyenne  des  déviations  lues  est  de 
z  =  o*^™,8i5.  Partant  de  cette  donnée,  on  peut  construire  point  par 
point  le  chemin  approché  du  rayon  dévié.  On  en  déduit  pour  chaque 
point  du  chemin  la  grandeur  de  la  déviation  et  l'on  peut  ensuite 
déterminer  l'intensité  du  champ  en  chacun  de  ces  points.    Sur  la 


^APPOBT  DB   LA    CHABGB   ÉLBCTRIQUB   A   LA   MASSK    DES   RAYONS   CATHODIQUES.      781 

figure  i3,  on  voit  comment  ce  résultat  s'obtient.  Le  point  O  repré- 
sente le  milieu  du  diamètre  des  bobines,  c'est-à-dire  un  point  de 
leur  axe  où  l'intensité  du  champ  est  maxima  (H„,„);  a  —  b  est  une 
partie  du  chemin  dévié.  En  décrivant  un  cercle  de  O  comme  centre 
avec  Oa  comme  rayon,  ce  cercle  coupe  l'axe  OX  en  d.  L'ordonnée  H^ 


Fig.  i3. 


de  la  courbe  du  champ  correspondant  à  ce  point  donne  l'intensité  du 
champ  existant  au  point  a  du  chemin.  On  obtient  ainsi  pour  le 
poiot  a  une  intensité  de  champ  H^'. 

De  cette  façon  on  peut  construire  par  points  la  courbe  corrigée  du 
champ.  En  effectuant  maintenant,  pour  la  courbe  du  champ  ainsi 

otlenue,  la  construction  de  la  courbe   /  H  dx^  il  en  résulte  que  celle- 
ci  s'écarte  si  peu  de  l'autre  que  cette  différence  peut  être  négligée. 
Par  exemple  en  choisissant  un  point  a  de  la  trajectoire  pour  lequel 
Oc=:3*'"',  la  déviation  ca  est  égale  à  o*''",523.  Cela  donne  pour  cd 
une  longueur  de  o'^'",o4;  d'où  résulte  une  correction  de  la  valeur  du 
champ  de  — o,o5  pour  loo  seulement.    A  une  distance  de  7*"  de 
l'axe,  ca  est  égal  à  o*^"',  229  ;  on  obtient  alors  pour  cd  la  valeur  o*^"*,  oo4 
et  une  correction  correspondante  du  champ  d'environ  — o,3  pour  100. 
Mais  comme  cette  valeur  relativement  élevée  de  la  correction  n'est 
atteinte  qu'au  commencement  seulement  de  la  trajectoire,  c'est-à-dire 
sur  une  distance  qui  ne  contribue  que  pour  une  très  petite  part  à 

l'intégrale   /  H  dx  qu'on  doit  ensuite  calculer,  on  constate  alors  avec 

facilité  que  la  correction  totale  s'élève  en  tout  à  moins  de  o,  i  pour  100. 
Ce  résultat,  très  favorable,  n'est  pas  dû  au  hasard,  mais  à  la  dispo- 
sition particulière  du  tube.  En  effet,  dans  les  régions  où  le  champ 
est  très  rapidement  variable,  les  déviations  du  rajon  sont  très  petites, 


73a 


8.    SIMON. 


alors  qu'au  contraire,  vers  l'extrémité  de  la  trajectoire  du  rayon  où 
les  déviations  sont  les  plus  grandes,  le  champ  est  à  peu  près  constant. 


d,  —  Mesures  et  calcul  de  —  • 

Dans  les  Tableaux,  z^  est  la  valeur  lue  de  la  déviation  en  centi- 
mètres, z^  la  valeur  réduite  d'après  l'équation  (14)9  J  le  courant  des 
bobines  en  ampères,  V^  le  potentiel  en  volts.  Dans  l'avant-dernière 

colonne  sont  indiquées  les  valeurs  de    ^.^  *  et  dans  la  dernière  les 

écarts  de  celles-ci  avec  la  valeur  moyenne,  en  pour  100. 

Tableau  I. 

Distance  du  fil  anode  à  Taxe  des  bobines  :  104""" (point  a  dans  W  Jiff.  8)(*). 
Distance  de  la  cathode  à  Taxe  :  18a'"'"  (point  I)  (*).  Distance  de  la  lame  du 
fermeture  à  Taxe  :  29""".  En  conséquence,  la  longueur  de  1r  trajectoire  du 
rayon  entre  le  fil  anode  et  la  lame  de  fermeture  (a  —  6)  =  iSS"". 


V.. 

J. 

5910 

1,088 

6260 

i,o54 

656o 

1,087 

6840 

i,o5 

6900 

1,087 

7170 

i,o58 

7300 

1,076 

7300 

1,076 

765o 

1,06 

7710 

1,06 

7710 

1,059 

7710 

1,069 

7710 

i,o58 

7760 

i,o58 

783o 

i,o58 

*•• 

0,94 

0,90 

0,895 

0,86 

o,885 

o,84 

0,845 

0,845 

o,8i5 

o,8o5 

0,81 

o,8i5 

0,81 

o,8o5 

0,81 

«;• 

o,885 

0,810 

0,800 

0,74 

0,783 

0,706 

0,714 

0,714 

0,664 

0,648 

o,656 

0,664 

0,656 

0,648 

o,656 

«;« 

o,853 

0,783 

0,774 

0,717 

o,758 

0,684 

0,693 

0,693 

0,645 

o,63i 

o,638 

0,645 

o,638 

o,63i 

o,638 

zJiVj 


4^5o 
4400 
4280 

4440 
44^0 

438o 
4360 
4360 
4380 
4325 

4375 
44  3o 
44  00 
4375 
4460 


6  pour  100 
(M. 


— a,9 
-1-0,5 

— 2,3 

4-1,4 

-HO, 9 


»4 


O 


—  «,» 


O 
-HI,2 
-M>,5 

o 
-»-i,8 


C)  Cette  position  correspond  à  la  condition  donnée  page 719  que  l'intégrale   /     Hdx 

%J  a 

soit  nulle  (voiryî^.  8). 
(^)  Les  écarts  sont  un  peu  plus  grands  que  dans  les  mesures  de  Kaufmann,  parce 

y  I  \ 
que  le  Tableau  ci-dessus  contient    *„  *,  tandis  que  Kaufmann  donne  la  racine  carrée 

de  ces  râleurs. 


^PORT  DE  LA   CHAB6B  BLBCTBIQUB   A   LA   MASSE   DES   RAYONS  CATHODIQUES.     733 


V.. 


783o 
7890 
79S0 
Hcioo 
8000 

8:2^0 
83oo 
83oo 
853o 
8750 

885o 
8860 
8930 


J. 


1  ,o56 
1,057 
1,072 
1,07 
1  ,o53 

r  ,042 

1,11 

1,071 

i,o36 

1,087 

1,078 
0,98a 

0,97^ 


-s.- 

o,8o5 

o,8o5 

0,8 

0,795 

0,79 

0,78 

0,825 

0,79 

0,75 

0,775 

0,765 

0,705 

0,685 

52. 

0,648 

o,648 

0,64 

o,632 

0,624 

0,608 

0,68 

0,624 

o,56 

0,60 

o,586 

0,497 
0,469 


*•  • 

o,63i 

o,63i 

0,623 

o,6i5 

0,609 

0,593 

0,661 

0,609 

0,547 

o,586 

0,572 

0,487 

0,46 

^;«v. 


44^5 
445o 
43io 
4290 
4390 

4470 
4440 
4400 
4340 
4H3o 

4340 
4460 
4325 


6 
pour 

100. 

-hl 

|0 

-hl 

,6 

—  1 

,6 

—2 

,0 

-ho 

,3 

-h2 

,0 

-hl 

,4 

H-O 

,5 

0 

»9 

—  1 

»i 

— 0 

i9 

-hl 

,8 

—  I 

,2 

Comme  valeur  moyenne  pour    ^.^  ^>  on  trouve  4378,76, 
Le  calcul  donne  ensuite 


-  =  1,868.107  unités  C.G.S. 


Tableau  II. 

i^  tube  cathodique  a  la  même  position  que  dans  la  première  expérience. 
Cependant  Tanode  était  déplacée  de  o*"",5,  de  sorte  que  sa  distance  à  l'axe  des 
Moes  s'élevait  à  99*"*"  (point  c  dans  la  figure).  La  position  correspondante 
Je  la  cathode  est  marquée  dans  le  dessin  par  le  chiffre  II,  et  sa  distance  à 
«c  s'élevait  à  200"".  1^  trajectoire  du  rayon  (c  —  6)  a  dans  cette  disposition 
ne  longueur  de  128"". 


V.. 


656o 
783o 
858o 
8860 
9110 

9180 

9640 

10290 


1,117 
1,117 
1,117 
1,117 
1,117 

1,117 
1,117 

i|'i9 


5. 

o,9i5 
o,85 

0,795 

0,78 

0,785 

0,78 
0,755 

0,725 

^2. 

0,84 

0,72 

o,63 

0,61 

o,6i5 

0,61 

0,57 

o,525 

5;*. 

0,811 

0,698 

o,6i3 

0,594 

0,6 

0,594 

o,.556 

o,5i4 

•'2  V 


4260 

438o 
4220 
4210 
4370 


4355 
4290 
4225 


6 

pour 

100. 

—  1 

,8 

-ho 

>9 

—2 

ï  / 

—3 

7O 

-ho 

-hO 

,4 

—  1 

.' 

— 2 

,6 

:  z.i 


-  **> 


■      ^U^ 


J  . 


-If» 


1^ 


••*• 


I     M". 


».  ^ 


-••- 


^tm 


-.'V, 


4330 

4»8o 

4ido 
4420 

4S?(o 
43ro 

44  >0 

4ît(o 

..:4l(* 
4440 
4300 

4*70 
4400 

4400 
4^60 
4S10 

4  4«> 
4klO 


poar  roo. 


-0,2 

-«,4 
-1,8 

-H),9 

-^1,9 

-H),9 

-H),; 
0 

-1,6 
-0.9 

-1,6 

-rO,3 
—0,4 

,9 


Dfc    :r:îtK  -<rn*   t'  lOr^r^-iauiii-  '•rsaiU;    ^laun/f  %jJeur  niovenne  < 
-,.—  :  x,J.Jt>   T  :    t  itL  .  ia  :'tiiL::iii: 


J     TT 


f?  se  cr«KK«3£t  *  «Bf?  iisCftib.'ii  ftf  4j'"*.?  K  L  vive  Je<  bobines  {  poin 


r;i:&e    111  >.  La  «iuia»;*?  nii?  a  Um«  •>(  frfrm*^xrrf    ^    4  lave  était  dans  ce 
Af  45*".  Par  ««it«.  fct  ck^ma  paiv»>«r«  p«r  &f  r4^v>a    J  —  e  *  entre  le  fil  an< 
et  la  liMf  d«  f«r«e(arv  4%ai(  nae  loa^wear  Je  l«o".>. 


lAPPOftT  DE  LA  CHARGE    ÉLECTRIQUE   A   LA   MASSE   DES   RAYONS   CATHODIQUES.     735 


V,. 


486o 
49«o 
566o 
366o 
6t)90 

6210 
656o 
656o 
656o 
7110 

7700 
8000 
8180 
885o 
88S0 

885o 

9*40 

10820 

ii53o 

11840 


J. 


0,860 

o,85i 

o,855 

o,85 

o,85 

0,862 

0,84 
o,865 
0,861 
o,858 

0,845 

i,i5 

o,838 

o,85 

o,85 

o,85 
1.14 

»,i49 
1,172 

1,149 


-0* 

«,09 

1,07:) 

1,01 

i,oi5 

0,96 

0,96 

0,93 

0,93 

0,95 

^î. 


0,92 

0,855 

1,145 

o,83 

o,8i5 

0,81 

0,81 

1,045 

0,99 

0,99 
0,93 


1,190 

i,i56 

1,02 

i,o3 

0,922 

0,922 
o,865 
0,903 
0,903 
0,846 

0,732 

i,3ii 

0,69 

0,664 

o,656 

o,656 
1 ,092 
0,980 
0,980 
o,865 


^i*. 

i,i48 

1,120 

0,99 

1,00 

0,897 
0,897 

_     0  /O 

z'.^  V. 


0,843 
0,879 
0,879 
0,825 

0,717 
1,260 

0,676 

o ,  652 

0,644 

0,644 
i,o57 
0,952 
0,952 
0,843 


7560 
7730 
7680 
785o 
7570 

75oo 
785o 
7700 
7800 

7990 

7740 
7630 
7900 
8000 
7900 

7900 
7520 
7820 
8000 
7570 


pour  100. 

— 2,6 
—0,4 
—  1,0 
-hl,! 
— 2,5 

—3,3 
-hi,i 
—0,8 
-1-0,5 

-+-2,9 
— 0,3 

1,8 


-1-3,1 


1,8 


1,8 
~3,i 
-+-0,8 

-h3,l 
— 2,5 


^' «  V 


La  valeur  moyenne  de  -^37-^  est  7760  ^  5.  Il  en  résulte 


—  =  1,860. 10'  unités  G.  G. S. 
V- 

La  première  et  la  troisième  mesure  ont  la  plus  grande  difTérence, 
0, 43  pour  1 00,  la  première  et  la  deuxième  en  ont  une  de  o ,  i  pour  1 00 
seulement.  Comme  valeur  moyenne  de  ces  trois  résultats,  on  obtient 

-  =1,866.10' unités  G. O.S. 

En  terminant,  j'exprime  mes  meilleurs  remercîments  à  M.  le 
D'  Raufmann,  qui  me  donna  Tidée  de  ce  travail  et  me  seconda  dans 
son  exécution  de  ses  conseils  et  de  ses  actes  de  la  manière  la  plus 

généreuse. 


»•••« 


kf» 


^%TB&  ^JTniflipis  MS  GAZ, 


1      «^<»*,«W«.«r'-5    nrt    «TTHkVFS^  :krc»ii^**^    nîiBiBiit*ac    ^Ijba.  ^.  PA/'l.,  t.  XllK, 
t'      V.^i#f«.7-i«ijg(  -.-#1  V#^2ilit*aei  n    niiamfecrrtim  :a  ôneaer  Lait  (  gemdiisiMi 

/     'i^«tM*)u»  uvr-  tî*r  £a.-ri;siJiii;r  fi-«>  Boaibn-  im*!  L/BÏeaspektruins  (Gôtt, 


I  I.  —  Iftctiw  caaliHH  ti  discoBtiiivs. 

M  ;0j/f#'t  !;«  n%'AU%t^9',  de  %oir  L  plu*  généraJe,  à  noire  époque,  Témis- 
•l'/li  iU'  \h  Ififfif^re  ou  le  raiTonnement  éleclromagnélique  prend 
liMiMMifce  p;#r  le%  HCc/^W-ràlion^  de  quantités  élémentaires  d'électricité. 
O'II^'*  n  »#'  rri;i  ni  Tentent  kurdes  ions  entièrement  libres  ou  reliés  à  des 
•y»IM«e%  dV'IeetronH  (des  atomes  chimiques).  Dans  les  gaz  raréfiés 
l'I  h  liMiile  lempérature  les  ions  négatifs  sont  principalement  des  élec- 

IIMiiii  ionn,  r\«nt-ii-dire  (|u'il.s  possèdent  la  charge  spécifique  /  -  j  des 

l'UViMin  nilhodiqucM. 

liH  piW'iuilr  du  nij'onneinent  électromagnétique  est  identique  à  celle 
«In  llMMivttinriU  dr  la  (|uantité  élémentaire  correspondante.  Dans  les 
Mti#t  Itu  iiiim  ptriuirnt  dos  acrélérations  de  toutes  les  périodes  possi- 
hlv»  par  lonr*  rhooN  «Mitre  eux  ou  contre  les  molécules  neutres. 
I  'OUM^^iou  de  luuiiètv  des  ions  dans  un  gaz,  et  >(>êoialemenl  des  élec- 
h>M^*  »ou^  ue^atitx,  donne  donc  un  sjnvtre  continu  .V.  p,  r>o7  . 


L*ORIGI?fE  DES   SPECTRES   ELECTRIQUES   DES  GAZ.  737 

Dans  un  système  d'électrons  (atome  chimique)  leurs  liaisons  réci- 
proques assignent  pour  les  quantités  élémentaires  des  périodes  de 
mouvement  déterminées.  Un  atome  ou  un  atome-ion  seul  n'émet  donc 
pasloutos  les  périodes  possibles,  mais  quelques-unes  qui  sont  déter- 
iniaées;  son  spectre  est  donc  discontinu.  C'est  au  moins  le  cas  quand 
le  syslèine  d'électrons  ne  subit  pas  une  influence  du  dehors. 

Les  périodes  d'un  système  d'électrons  peuvent  être  modifiées  par 
des  forces  d'origine  extérieure  et,  avant  tout,  par  l'action  d'autres 
systèmes  d'électrons;  c'est  de  cette  façon  que  le  spectre  des  raies  d'un 
gaz  lumineux  peut  se  changer  en  un  spectre  continu. 


§  2.  —  Les  électrons-ions  négatifs  produisent  le  rayonnement. 

L'amphtude  des  vibrations  des  électrons  d'un  système  sera  modi- 
Séeparle  choc  contre  d'autres  particules.  L'énergie  de  translation  de 
la  particule  gazeuse  sera  ainsi  transformée  en  énergie  lumineuse. 
Celle  transformation  sera  d'autant  plus  efficace  que  la  masse  de  la 
'  particule  sera  plus  petite.  C'est  donc  surtout  le  choc  des  électrons-ions 
négatifs  qui  produira  le  rayonnement;  c'est  lui  qui  produit  l'émis- 
sion de  la  lumière  de  la  colonne  positive  et  de  la  couche  lumineuse 
négative  du  courant  lumineux  ainsi  que  celle  de  la  colonne  positive 
de  Tare  (IV,  p.  009). 

Plus  sont  fréquents  les  chocs  des  électrons  négatifs  avec  les  parti- 
cules gazeuses,  plus  est  intense  l'émission  de  lumière  de  l'unité  de 
volume.  Aussi,  lorsque,  dans  un  tube  à  décharge  où  la  pression  du  gaz 
et  l'intensité  du  courant  sont  constantes,  on  diminue  la  densité  du 
gaz  à  l'aide  d'un  fil  de  charbon  qu'on  échauflé,  l'émission  de  lumière 
diminue  à  l'endroit  échauffé;  il  semble  que  la  lueur  est  éteinte  par 
léchaufTement  (I). 

Si,  au  moyen  d'un  fort  champ  électrique,  on  empêche  les  élec- 
trons-ions négatifs  (rayons  cathodiques  secondaires)  de  se  trouver 
dans  une  région  d'un  gaz,  cette  région  ne  produit  plus  de  lumière, 
elle  reste  sombre.  Cela  explique  l'existence  de  l'espace  sombre  qui 
entoure  la  cathode  de  la  décharge  lumineuse  et  aussi  une  cathode 
secondaire  introduite  dans  une  n'gion  lumineuse  du  tube  à  dé- 
charge (II). 


S.  P.  47 


738  i.   STARK. 

§  3.  —  Hypothèse  sur  les  centres  d'émission  dn  spectre  de  raies 

et  da  spectre  de  bandes. 

Dans  la  plupart  des  élémenls  chimiques  sur  le  trajet  de  réleclricilé 
il  se  forme  un  spectre  de  raies  et  un  spectre  de  bandes.  Dans  un  gaz 
ionisé  il  existe  des  atomes  neutres  et  des  atomes-ions  positifs,  c'esl- 
à-dire  des  atomes  qui  ont  perdu  un  ou  plusieurs  électrons.  J'ai  intro- 
duit précédemment  (*)  Thypothèse  que  les  spectres  de  raies  sont 
émis  par  les  atomes-ions  d'un  élément,  tandis  que  les  spectres  de 
bandes  proviennent  de  la  recombinaison  d'atomes-ions   positifs  et 
d'électrons  négatifs.  D'après   cette  hypothèse,   l'énergie  du  spectre     \ 
de  raies  provient  exclusivement  de  l'énergie  cinétique  des  particules 
qui  se  rencontrent;  quant  à  celle  du  spectre  de  bandes  elle  résulte  de 
la  transformation  de  l'énergie  potentielle  que  possèdent  les  électrons- 
ions  négatifs  \is-à-vis  du  reste  positif  de  l'atome  correspondant.  De 
plus,  un  seul  et  même  système  (électron  négatif  et  reste  positif  de 
l'atome)  émet  différentes  parties  du  spectre  de  bandes  suivant  les 
différentes  phases  de  la  reconstitution  de  l'atome  neutre.  Cette  hypo- 
thèse fondamentale   permet  d'expliquer  facilement  les  expériences 
suivantes. 


§  4.  —  Transport  électrique  des  atomes-ions  positifs  luminenz. 

Deux  électrodes  métalliques  sont  placées  verticalement,  dans  Taîr 
libre,  à  environ  2*^"*  à  3*^"*  de  distance  l'une  de  l'autre.  On  établit  entre 
elles  un  courant  lumineux  d'intensité  constante  (environ  o*"'P,  07).  On 
observe  sur  tout  le  trajet  de  l'électricité  la  lueur  jaune  orangé  de  l'air; 
un  fil  de  platine  qu'on  introduit  sur  ce  trajet  est  échauffé  jusqu'au 
rouge  blanc.  Supposons  d'abord  que  la  cathode  soit  au-dessus  de 
l'anode;  si  l'on  tient  une  perle  d'un  sel  de  lithium  un  peu  au-dessous 
de  la  cathode,  à  la  partie  supérieure  du  courant,  la  coloration  rouge 
que  cela  détermine  n'apparaît  que  dans  cette  région,  au-dessous  de 
la  cathode  :  elle  ne  descend  pas  vers  l'anode.  Supposons  au  contraire 
l'anode  en  haut  et  plaçons  la  perle  de  lithium  vers  le  haut  à  la  même 
place;  cette  fois  la  lueur  rouge  descend  tout  le  courant  en  allant  vers 
la  cathode.  Si  l'on  observe  alors  au  spectroscope  la  lumière  émise  par 

(')  Die  Elektrizitàt  in  Gasen,  Leipzig,  1902,  p.  544. 


L*0RIG1NE  DES  SPECTRES   ÉLECTRIQUES   DES   GAZ.  739 

la  cathode  on  y  remarque  le  spectre  des  raies  du  lithium.  On  peut, 
au  lieu  d'un  sel  de  lithium,  employer  un  sel  d'un  autre  métal  quel- 
conque :  dans  tous  les  cas  les  particules  entraînées  par  le  courant 
produisent  devant  la  cathode  le  spectre  de  raies  du  métal  correspoiv 

daQt(III). 


§  5.  —  Spectre  de  raies  et  de  bandes  placé  dans  un  champ  électrique. 

Pour  savoir  si  l'émission  du  spectre  de  raies  ou  de  bandes  est  liée  à 
la  présence  des  ions,  on  peut  observer  la  répartition  de  la  lumière 
dans  un  champ  électrique.  Pour  éviter  d'influencer  le  courant  qui 
porte  le  gaz  à  l'incandescence  en  établissant  le  champ  électrique,  il 
(aut enlever  aussi  rapidement  que  possible  le  gaz  lumineux  du  trajet 
que  parcourt  le  courant  pour  l'amener  dans  une  région  où  il  n'y  a  pas 
de  courant  et  y  faire  agir  un  champ  électrique  qui  ne  soit  pas  assez 
fort  pour  produire,  par  lui  seul,  une  décharge  lumineuse. 

On  peut  y  arriver,  avec  la  vapeur  de  mercure,  de  la  façon  suivante. 
Le  courant  passe  dans  un  tube  en  forme  de  demi-cercle  dont  les  ex- 
trémités contiennent  les  électrodes  de  mercure  {Jig*  i).  Au-dessus 


>ft  trouve  un  large  récipient  cylindrique  (vase  à  condensation)  (|ui  lui 
est  réuni  au  milieu  par  une  tubulure  longue  de  2^"  et  large  de  o*^"*,8. 
Si  Ton  échauffe  fortement  le  tube  à  décharge  soit  en  le  chauffant  au 
dehors,  soit  à  l'aide  d'un  courant  intérieur  (arc),  la  vapeur  de  mer- 
cure se  précipite  avec  une  grande  vitesse  du  tube  à  décharge  dans  le 
vase  à  condensation  pour  s'y  condenser.  Immédiatement  à  coté  de  la 
iuLuIure  se  trouvent  fixées,  en  regard  l'une  de  l'autre,  deux  élec- 
rodes  plates  parallèles;  l'une  d'elles  est  placée  au-dessus  de  Touver- 
ure  et  elle  est  frappée  directement  par  le  courant  de  vapeur  qui  pé- 
lêtre  dans  le  vase  à  condensation,  elle  sert  de  cathode  ;  on  sait  que. 


yi»  j.  sTuu. 

dan»  un  gaz  raréflé  et  ionUi^.  le  champ  qui  se  produit  na  une 

appréciable  ('u'auprès  de  la  catltode  (II,  p.  38o). 

Suppftsons,  en  premier  lieu,  que  le  cuuraal  daos  le  tube  à  dt 
donne  un  spectre  de  raies  i  arc.  décharge  lumineuse  intense j. 
cas  le  jet  de  sapeur  dans  le  vase  à  condeosatioo  présente  » 
sjiectre  de  raies.  Quand  il  n'v  a  pas  de  cbainp  électrique,  remis 
la  lumière  se  produit  aussi  îminédialement  devant  la  plaque  ( 
par  la  tapeur  {_fig.  2);  maïs  si  Ton  fait  jouer  à  celle-ci  son  i 
cathode  en  réunissant  les  électrodes  à  une  batterie  secondair 


isolée  (aoo   à  3oo  volts),  la  lumière   du    spectre  de   raies  s 

iiiniiédiatenient  au  contact  de  la  cathode  et  au-dessus  {^ff-  3). 

On  a  fail,  en  second  lieu,  la  même  expérience  en  produisant 

du  spectre  de  raies  (tracé  dans  la_/?g.  4)  le  spectre  de  bandes 


Fis-  i 


r^S 


lillé)  avec  une  intensité  convenable  (courant  lumineux  faible) 
ce  cas  le  champ  électrique  supprime  {Ji^.  5)  la  partie  i-o' 
.ipe<-tre  de  raies,  landis  que  la  région  verte  du  spectre  de 
iTSlc  inaltérée  (IV,  |».  ôay). 


l'OBIGINE  des  spectres  ELECTRIQUES  DES  GAZ.  74! 


§  6.  —  Inflnence  de  la  températnre  sur  le  rapport  des  intensités 
correspondant  aux  spectres  de  raies  et  de  bandes. 

Une  fois  que  les  atomes-ions  positifs  sont  formés  ils  peuvent  servir 
à  la  production  de  la  lumière  par  suite  de  leur  mouvement  de  trans- 
lation dans  le  gaz.  Si  le  nombre  des  ions  reste  constant  par  unité  de 
volume,  l'intensité  spécifique  du  spectre  de  raies  augmente,  d'après 
noire  hypothèse,  si  la  température  moyenne  du  gaz  s'élève.  Le  nombre 
el  linlensité  des  chocs  se  trouvent  en  effet  augmentés.  L'énergie  émise 
par  suite  des  recombinaisons  est  au  contraire  une  grandeur  déter- 
minée qui  ne  se  modifie  qu'un  peu  avec  la  température  moyenne.  Les 
recombinaisons  sont  d'ailleurs  moins  fréquentes  à  une  température 
plus  haute  dans  un  gaz  dont  le  nombre  d'ions  est  constant  par  unité 
de  volume  ;  donc,  si  la  température  moyenne  du  gaz  ionisé  s'élève, 
rinlensilé  du  spectre  de  bandes  diminue  si  le  nombre  des  ions  est 
constant.  En  même  temps  celle  du  spectre  de  raies  augmente. 

Dans  un  tube  de  quartz  de  3o*^"*  de  long  on  établit  un  courant  lu- 
mineux faible  à  travers  de  la  vapeur  de  mercure  raréfiée  ;  la  colonne 
positive  donne  simultanément  le  spectre  de  raies  et  de  bandes.  Si 
Ion  chauffe  de  600"  à  1000"  le  milieu  du  tube  avec  un  brûleur  Bunsen, 
toute  la  lumière  verte  du  spectre  de  bandes  disparaît  à  cet  endroit, 
landis  qu'augmente  la  lumière  rouge  du  spectre  de  raies  (*). 

§  7.  —  Spectres  mnlUples. 

Les  atomes-ions  positifs  se  forment  lorsque  des  électrons  négatifs 
s<î  séparent  des  atomes  neutres. 

Si  un  seul  électron  se  sépare  d'un  atome  neutre,  il  reste  un  atome- 
ion  positif  monovalent;  il  est  divalent  s'il  s'est  séparé  deux  électrons 
«lu  même  atome.  Si  un  élément  chimique  forme  plusieurs  degrés  de 
valences,  il  doit  se  produire,  d'après  notre  hypothèse,  autant  de 
spectres  de  raies  à  structure  différente,  et  puisqu'un  spectre  de  bandes 
résulte  de  la  recombinaison  d'électrons  (pour  former  un  reste  de 
>alence  inférieure  ou  un  atome  neutre),  l'élément  doit  donc  pré- 
senter autant  de  spectres  de  bandes  différents. 

Au  moyen  d'un  spectographe  j'ai  pris  le  spectre  du  mercure  sur 
la  colonne  positive,  sur  l'anode  et  la  cathode  de  l'arc,  et  à  la  colonne 

(')  Je  n'ai  pas  encore  publié  cette  expérience. 


74^  i-   STARK. 

positive  d'un  tube  à  courant  lumineux.  Dans  tous  les  cas  j'aî  obtenu 
un  seul  et  même  spectre,  le  spectre  bien  connu  de  raies  du  mercure. 
L'intensité  des  radiations  à  courte  longueur  d'onde  était  d^autant 
plus  grande,  vis-à-vis  de  celle  des  radiations  à  grandes  longueurs 
d'onde,  que  la  température  moyenne  de  la  région  observée  était  plus 
élevée;  mais  le  nombre  et  la  position  des  raies  étaient  toujours  les 
mêmes.  Au  point  de  vue  électrique,  dans  les  parties  correspondantes, 
les  électrons-ions  négatifs  qui  ionisent  le  gaz  par  leur  choc  avaient 
en  effet  une  vitesse  qui  ne  dépassait  guère  6  volts  (voir  plus  haut. 
Mémoire  I). 

Les  électrons-ions  possèdent  au  contraire  une  vitesse  bien  plus 
grande  dans  la  couche  lumineuse  négative  d'un  courant  lumineux;  la 
vitesse  des  rayons  cathodiques  primaires  y  est  en  effet  supérieure 
à  3oo  volts;  il  se  peut  alors  qu'un  électron-ion  ionisant  puisse  effec- 
tuer le  travail  de  séparation  non  seulement  d'un  premier  électron  mais 
d'un  second.  La  spectrophotographie  de  la  couche  négative  lumi- 
neuse dans  la  vapeur  de  mercure  montre  en  effet,  avec  le  premier 
spectre  de  raies  habituel,  un  second  spectre  de  raies  nouveau.  La  tem- 
pérature moyenne  de  la  vapeur  dans  cette  couche  négative  était  cepen- 
dant inférieure  ici  à  celle  de  l'arc  qui  ne  donne  dans  toutes  ses  parties 
que  le  premier  spectre  (VI). 

§  8.  ^  La  Inenr  électrique  des  gaz  n'obéit  pas  à  la  loi  de  Kirchhoff. 

Ceci  estfacile  à  établir  par  une  simple  considération  théorique.  Cette 
loi  repose  en  effet  sur  cette  hypothèse  qu'il  y  a  équilibre  thermodyna- 
mique entre  le  mouvement  thermique  des  particules  du  corps  rayonnant 
et  du  rayonnement  lui-même.  En  d'autres  termes,  que  le  corps  rayon- 
nant soit  momentanément  limité  par  une  paroi  qui  est  parfaitement 
réfléchissante,  non  perméable  à  l'énergie  et  n'a  par  conséquent  au- 
cune relation  énergétique  avec  ce  qui  l'entoure;  immédiatement  après 
la  limitation  Tétat  cinétique  moléculaire  du  corps  et  son  rayonnement 
ne  doivent  pas  changer  pour  que  celui-ci  soit  exclusivement  thermo- 
dynamique; dans  le  cas  d'un  gaz  la  répartition  des  vitesses  doit  donc 
présenter  un  maximum  d'entropie  ou  de  probabilité  satisfaisant 
donc  à  la  loi  de  Maxwell-Boltzmann.  Or  cette  condition  n'est  pas 
remplie  dans  un  gaz  traversé  par  un  courant;  car  nous  devons  consi- 
dérer celui-ci  comme  un  mélange  de  deux  gaz,  un  gaz  formé  de  par- 
ticules neutres,  et  un  autre  formé  d'ions  mis  en  mouvement  par 
Télectricité  ;    il  y  a   constamment  passage   d'énergie   de   celui-ci    à 


L*0BIG1NB   DES  SPECTRES   ELECTRIQUES   DES   GAZ.  743 

eluMà;  la  répartition  des  vitesses  est  déterminée  sur  les  ions  par 
a  grandeur  et  la  direction  de  la  chute  de  potentiel  et  par  la  lon- 
jneur  des  trajets  libres  des  ions.  Le  gaz  ionisé  et  traversé  par  le 
courant  ne  satisfait  nullement  à  la  loi  de  Maxwell-Bol tzmann.  Il  ne 
but  plus  appliquer  à  la  définition  de  Tétat  cinétique  moléculaire  du 
gai  la  notion  habituelle  de  température  thermique;  aussi  je  propose 
dedésigner  cet  état  cinétique  par  l'expression  température  électrique, 
dans  le  cas  de  la  présence  d\in  courant  électrique. 

Puisque  la  répartition  des  vitesses  dans  un  gaz  ionisé  parcouru  par 
un  courant,  ne  correspond  pas  à  l'hypothèse  de  la  loi  de  KirchhofT, 
celle-ci  ne  s'applique  donc  pas  à  la  lueur  électrique  du  gaz  (IV^, 
p.5i5).  Aussi  l'émission  électrique  d'un  gaz  ne  présente  pas  laméme 
répartition  d'intensités  spectrales  qu'un  corps  obscur  de  même  tem- 
pérature moyenne.  La  comparaison  n'est  pas  possible  à  cause  de  la 
flgnification  différente  du  mot  température  dans  les  deux  cas. 

Bien  que  la  loi  de  KirchhofT  et  celle  de  Wien  ne  soient  pas  appli- 
cables à  la  lueur  électrique  des  gaz,  on  peut  pourtant  conclure  par 
analogie,  que  pour  cette  lueur  aussi,  et  spécialement  pour  le  spectre 
de  raies,  les  radiations  à  courte  longueur  d'onde  présentent  vis-à-vis 
decelles  à  grande  longueur  d'onde  une  intensité  d'autant  plus  grande 
que  la  répartition  des  vitesses  sur  les  ions  correspond  à  des  vitesses 
plos  grandes,  c'est-à-dire  que  la  température  moyenne  est  plus  élevée 
(IV.p.Si;). 


SUR  L'IONISATION  PAR  LE  CHOC  DES  IONS 

POSITIFS  ET  NÉGATIFS, 

Par  J.  STARK. 
Traduit  de  Tallemand  par  A.  GALLOTTI. 


Bibliographie. 

I.  Ueber  lonisierung  von  Gasen  durch  lonenstoss  (Ann.  d,  Phys.y  l.  VH» 

1902,  p.  4Ï7-439)- 

II.  lonentheorie  der  elektrischen  Selbstenlladung  {Ann.  d.  Phy$.,  l.  VS  *ï 
I90'2,  p.  919-931). 

III.  Einfluss  der  Temperatur  auf  die  lonisierung  durch  lonenstoss  {Ann, 
Phys.y  t.  ViJJ,  190*2,  p.  829-841), 

IV.  loncncnergie  gasfôrmigcr  Elemenle,   metallischer  Zustand,  Vorzeich*^** 
der   elektrolytischen   Dissoziation  {Phys,  Zeitschr,,  t.  III,  1902,  p.  4o3-4o^ -)* 

V.  lonisierung   durch    den    Stoss    negativer    lonen    von  gluhender  KoIb.I« 
(Phys.  Zeitschr.,  t.  V,  1908,  p.  Si-Sj;. 

VI.  Versuche  iiber  die  lonisierung  durch  den  Stoss  positiver  lonen  (Verh- 
d»  deutschen  Physik.  Ges.,  t.  VI,  1904,  p.  104-120). 


§  1.  —  Problème  et  méthode. 

Les  rayons  cathodiques  et  canaux  dus  à  des  ions  négatifs  et  positifs 
sont  capables  d'ioniser  par  leur  choc  des  atomes  gazeux  à  l'état  neutre. 
On  peut  se  demander  si  les  ions  possèdent  cette  propriété  pour  des 
vitesses  aussi  petites  que  l'on  veut  ou  s'ils  doivent  avoir  pour  cela  au 
moins  une  certaine  vitesse  limite.  Dans  un  champ  électrique  lésions 
doivent  leur  vitesse  aux  différences  de  potentiel  électrique  entre  les 
points  qu'ils  parcourent  s.-.ns  subir  des  chocs  contre  d'autres  parti- 
cules; si  leur  vitesse  initiale  est  nulle,  leur  vitesse  finale  est,  dans  ces 
conditions,  proportionnelle  à  la  racine  carrée  de  la  différence  de  po- 
tentiel librement  parcourue;  aussi  exprimerons-nous,  dans  ce  qui  va 
suivre,  ces  vitesses  en  volts,  pour  plus  de  clarté  et  de  concision. 

Stolelow  et  Townsend  ont  montré  que  dans  un  gaz  ionisé  secondaire- 
ment, lorsqu'on  élève  progressivement  la  différence  de  potentiel  entre 


SUR  l'ionisation  par  le  choc  des  ions  positifs  bt  négatifs.         745 

les ëleclrodes,  il  s'établît  d'abord  une  intensité  de  saturation  limite, 
mais  elle  peut  ensuite  croître  de  nouveau.  D'après  J.-J.  Thomson 
et  Townsend  il  faut  attribuer  cette  augmentation  de  Tintensité  à 
rionisalion  due  au  choc  des  ions  qui  ont  subi  librement  dans  le  champ 
électrique  une  différence  de  potentiel.  Lorsque  les  électrodes  sont 
peu  écartées,  cette  différence  librement  parcourue  est  égale  à  celle 
du  potentiel  des  électrodes.  La  plus  petite  valeur  de  la  différence  de 
potentiel  entre  les  électrodes  pour  laquelle,  après  la  saturation,  on 
commence  à  observer  le  nouvel  accroissement  de  Tinlensité,  est  le 
potentiel  d'ionisation,  c'est-à-dire  le  minimum  de  différence  de  po- 
tentiel subie  librement  par  les  ions  qui  les  rende  capables  de  produire 
l'ionisation. 

Pour  déterminer  le  potentiel  d'ionisation  j'ai  employé  la  méthode 
suivante.  J'utilise  comme  électrode  un  filament  de  charbon  incandes- 
cent, l'autre  électrode  étant  formée  par  une  pointe  ou  un  disque  de 
métal;  une  des  extrémités  du  fil  de  charbon  était  réunie  à  Télcctrode 
métallique  par  l'intermédiaire  d'un  galvanomètre  et  d'une  force  élec- 
Iromolrice  variable. 

Par  suite  de  la  haute  température  du  fil  de  charbon  il  se  forme  à  sa 
surface  des  ions  positifs  et  négatifs;  la  diflerence  de  potentiel  entre  les 
électrodes  pousse  alors  vers  l'électrode  métallique,  à  travers  le  gaz, 
les  ions  positifs  ou  les  négatifs.  On  fait  croître  la  force  électromotrice 
à  partir  de  zéro  et  l'on  observe  l'intensité  correspondante.  On  choisit 
la  pression  du  gaz  et  l'écart  des  électrodes  de  façon  à  obtenir  d'abord 
le  courant  de  saturation,  puis  l'augmentation  d'intensité.  Il  faut 
avoir  soin  que  la  différence  de  potentiel  entre  les  extrémités  du  fil 
mi  aussi  petite  que  possible  :  on  prend  celui-ci  de  façon  qu'il  suffise 
de  1  ou  2  volts  pour  le  porter  au  rouge  blanc.  Enfin  le  filament  de 
charbon  doit  être  assez  épais  pour  présenter  cependant  une  certaine 
surface  malgré  le  peu  de  longueur  qu'impose  la  condition  précédente; 
cela  a  en  même  temps  l'avantage  que  la  variation  de  potentiel  entre 
le  charbon  et  l'électrode  de  métal  n'a  pas  lieu  exclusivement  auprès 
du  charbon,  mais  dans  tout  l'espace  gazeux. 

Dans  ces  conditions  la  méthode  est  applicable  à  la  détermination 
du  potentiel  d'ionisation  des  ions  positifs  (1 00  à  4oo  volts)  ;  pour  celui 
des  ions  négatifs  elle  n'est  applicable  que  si  ce  potentiel  est  supérieur 
à  10  volts;  pour  des  valeurs  inférieures  on  n'observe  pas  de  courant 
de  saturation  avant  que  l'intensité  ne  recommence  à  augmenter. 

Mes  recherches  sur  l'ionisation  de  l'azote  par  le  choc  des  ions  ont 
donné  les  résultats  généraux  suivants.  11  existe  aussi   bien  pour  les 


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^<MlN<  \i*%  \\\ni'v%  <|r;  1,^1   \olt;  comme  anodes  j'iililisais  dci 
^1^*  Un  rinuhiinîH  %(\\m\i\m  \y\v  un  intervalle  d'environ  2""",  le 
*Im  I'Imm'Iioii  i''liiil  |>larïî  dans  l'espace  qui  les  sépare;  le  gaz 
'IhII  riuiilp;  lu  roiiriM*  (ihlciiuc  dans  le  vide  est  reprësenlée 

Ii'mihmm'H  de  iTih»  (ijrmv   montre  facilement  que,  dans  1 


«Di  l'iomsition  par  lb  cuoc  des  ions  positifs  et  N^ATirS. 


7i7 


pour  le  cas  étudié,  l'Ionisation  par  le  choc  des  électrons-ions  négatifs 
tommence  pour  la  valeur  26  volts  de  la  forne  éleciroinolrice  înier- 
fOiée;  en  tenant  compte  du  voltage,  1  '"",  4  r ,  de  la  lampe,  on  obtient 
liosi  pour  le  potentiel  d'ionisation  cherche  a^'"'",  4- 
Les  courbes  de  la  figure  2  ont  été  obtenues  avec  un  Hl  de  charbon 


V 

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5 

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y 

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^T^ 

^Tw 

;     i 

'le  ("",8  de  longueur,  pour  des  intensités  de  i'"p,  1  à  i'"",  i3,  et  un 
[  'olUge  de  i'"",9à  i"",95  à  la  lampe;  les  anodes  sont  les  mêmes  que 
pli^  haut;  pour  la  courbe  I  une  division  des  ordonnées  est  égale 
j^,8- 10""*,  pour  II  à  i4,4*  '"~'*i  pour  III  à  -,2,  lo"'"  ampère.  La 
courbe  I  a  été  obtenue  à  i4",  la  courbe  II  à  Go"  (dans  un  bain  d'aîr), 
I*  courbe  III  à  2Ô'. 

Les  courbes  montrent  que  notre  miithode  n'est  pas  applicable  à  la 
lapeur  de  mercure;  la  vapeur  de  mercure  est  déjà  ionisée  pour  des 
petites  vitesses  des  îons  négatifs;  le  potentiel  d'ionisaiion  des  élec- 
IroDs-ions  négatifs  est  compris  entre  i  et  ~  volts. 


§  3.  —  loDitation  par  lo  cboc  dai  ions  positila  dans  l'asolo. 

Les  courbes  de  la  figure  3  ont  été  obtenues  avec  une  anode  formée 
par  un  fîl  de  charbon  incandescent,  et  une  cathode  placée  à  6"""  en 
regard  et  constituée  par  une  pointe  de  cuivre.  Comme  on  le  voit,  fin- 


■if  cuMre. 


;ï^ 


^/fMikd  rî/jfii-MUoo  par  l<f  cife«>?  •!«»  ions  positifs  n*a  pas  Heu  à  I  <ii 
^ffff^^,  4^  1^  #^atho>i^.  Buû  â  llatmcar  du  gaz,  comme  c'est  le  c^i» 
|^*r#r  1^  #y/ar;»nl  positif  i^a  •J'ao#^  pointe.  le  potentiel  d'ionisation  e<if 
f4f$^  Uftt.  il  mont^  dan«  l'azote  jusqu'à  4  (o  volts  (VI,  p.  1 15). 


14.--  CovaaU 


iédurge  indépendante. 


4*»î  »pj#el/'  courants  indépendants  ceux  qui  se  produisent  dans 
lin  g»x  dont  le»  ions  sont  mis  en  liberté  par  un  transport  d'énergie 
##r<îorid«îr#f,   par  exemple  par  des  ravons  Runtgen  :  cette  ionisation 
i'p,%%$i  m  uihui;  temps  que  l'ionisateur  secondaire.  Il  se  passe  la  même 
v.Unnv.  fti,  H  v,t)Ui  de  cet  ionisateur  secondaire,  agissent  pour  l'ionisation 
Ii5>i  (îlioiî»  d^fon»  ou  seuls  positifs,  ou  seuls  négatifs.  Mais,  si  les  deux 
vny(*v,t*.%  iVum¥>  ionisent  simultanément  le  gaz  par  leur  choc,  si  le  cou- 
nitil  M   pn  tt^'ilaliljr  sans  un  ionisateur  secondaire,  nous  dirons  que 
riotiiKiilioii  enl  indépendante.  Les  ions  positifs  en  produisent  de  néga- 
tif»» *iMi  uni*  rrrtfiim;  place  grâce  à  une  chute  de  potentiel  et  ceux-ci, 
piil'  ronipruHiition,  en  j)rodnisent  des  positifs  à  l'endroit  d'où  \ienneDt 
li'«»  prnni(*r<t.  Lù-dessus  repose  le  mécanisme  du  courant  lumineux  et 
du  iMinriinl  ili'  pciinlr  et  j'exposerai  comment  dans  Tare  les  deux  e>|H*cr> 
d'iohi  ««e  prodiii>(*nl  tir  rha(|ue  colé. 

Iiit  prodihiion  d'une  décharge  indépendante  dans  un  gai  re'p:»?^ 


SUR  L  IONISATION   PAR   LE  CHOC  DES   IONS  POSITIFS   ET  NEGATIFS.  749 

aussi  sur  Tionisalion  par  choc  d'ions  des  deux  signes.  Le  passage  du 

gaz  de  Télal  ionisé  à  Télat  non  ionisé  demande  ici  un  certain  temps  ;  en 

même  temps  la  forme  du  champ  électrique  se  modifie.  Dans  une 

théorie  des  ions  de  la  décharge  électrique  indépendante,  j'ai  donné 

une  formule  pour  la  grandeur  de  la  chute  de  potentiel  qui  doit  exister 

dans  un  champ  électrostatique  pour  qu'il  se  produise  à  une  électrode 

une  décharge  indépendante. 


§  5.  —  Constance  du  potentiel  d'ionisation  ; 
il  est  indépendant  de  la  température. 

Nous  devons  considérer  comme  étant  en  vibration  à  l'intérieur  du 
jjToupe  atomique  neutre  l'électron  qui  en  sera  détaché  par  l'ioni- 
saiion.  Soit  Si  la  somme  des  énergies  cinétique  et  potentielle  de  la 
vibration.  Suivant  que  l'accélération  résultant  de  la  vibration  de 
Uleclron  qui  se  détache  est  égale  ou  opposée  à  celle  que  lui  donne 
lionquile  choque,  l'ionisation  sera  facilitée  ou  rendue  plus  difficile 
par  l'énergie  vibratoire  intérieure.  Soient  e/  l'énergie  potentielle  de 
lion  (énergie  de  l'électron  détaché  vis-à-vis  du  reste  atomique  positif), 
"Je  travail  d'ionisation,  A*  un  coefficient,  on  a 

ti/=  k(ei±Si). 

Correspondant  au  mouvement  thermique,  Si  est  en  général  diffé- 
rent d'un  atome  à  l'autre  à  une  température  absolue  moyenne  ï 
Jjnnée;  de  plus  il  croit  avec  la  température.  Dans  des  limites  assez 
éloignées,  ai  peut  être  regardé  comme  indépendant  de  T,  et  con- 
stant d'un  atome  à  l'autre,    pourvu    que   .^/(T)  soit   petit  vis-à-vis 
Je  e/.  C'est  ce  qui  a  lieu  en  fait.  Deux  choses  en  effet  conduisent 
à  cette  conclusion  au  moins  jusqu'à  la  température  du  rouge.  Si  Si 
était  un  peu  grand,  de  l'ordre  de  grandeur  de  i  volt,  déjà  au-dessous 
du  rouge  il  devrait  se  produire  un  rayonnement  électromagnétique 
intense  des  électrons  négatifs  avec  l'énergie  vibratoire  Si.  Ce  n'est  pas 
le  cas  dans  la  plupart  des  gaz  et  des  vapeurs  où  ce  rayonnement  est 
faible.  En  second  lieu,  on  trouve  que  pour  la  vapeur  de  mercure  qui 
est  monoatomique  et  non  ionisée,  le  rapport  caractérisant  les  chaleurs 
spécifiques  est  exactement  celui  qu'on  calculerait  en  supposant  que 
Ténergie  intérieure  de  l'atome  soit  très  petite. 

D'autre  part  l'expérience  montre  que  ai  est  considérable.  Puisque  Si 
est  très  petit  on  peut  donc  en  déduire  que  ei  est,  au  contraire,  grande 


7^0  J.    STABK.  —  SUR   L* IONISATION   PAR   LE  CHOC  DES  IONS   POSITIFS   ET   NÉGATIFS. 

el  que  Si  esl  négligeable  (levant  Ci  au  moins  jusqu'à  la  température  du 
rouge. 

A  cela  s'ajoute  encore  cette  considération  que  la  vitesse  thermique 
moyenne  dun  ion,  au  moins  jusqu'à  la  température  du  rouge,  est 
petite  vis-à-vis  de  celle  qu'il  possède  lorsqu'il  a  librement  subi  le  po- 
tentiel d'ionisation. 

D'après  cela  le  travail  d'ionisation  d'un  ionisateur  quelconque  agis- 
sant sur  un  gaz  (gaz  métalloïdal),  et,  dans  le  cas  actuel,  le  potentiel 
d'ionisation  des  ions  positifs  et  négatifs  possèdent  une  valeur  con- 
stante qui,  jusqu'au  rouge,  est  indépendante  de  la  température 
moyenne  du  gaz  (VI,  p.  5j). 

En  réalité  G.-C.  Schmidt  (*)  a  montré  que  pour  un  gaz  dont  la 
pression  est  constante  la  chute  de  potentiel  dans  la  colonne  positive 
est  iqdépendante  de  la  température  jusqu'au  rouge;  mes  propres  re- 
cherches (*)  ont  montré  la  même  chose  à  la  cathode  du  courant  lumi- 
neux; Bouty  (')  l'a  aussi  trouvé  pour  le  potentiel  initial  d'une  déchaigr 
indépendante  et  Mac  Clung  (  *)  a  établi  que  l'ionisation  par  les  rayons 
de  Rontgen  est  de  même  Indépendante  de  la  température  jusqu'à  22 -a". 


(')  G.-G.  Schmidt,  Ann.  d.  Phys.,  l.  I,  1900,  p.  633. 

(')  J.  Stark«  Ann,  d,  Phys.y  l.  XII,  1903,  p.  3i. 

(')  E.  Bouty,  Comptes  rendus,  l.  CWXVI,  1903,  p.  4o,  669,  74^  i646. 

(*)  Mac  Clung,  Phil.  Mag.,  t.  VII,  1904,  p.  81. 


LE  MÉCANISME  DE  L'ARC  ÉLECTRIQUE, 

Par  J,  STARK. 

Traduit  de  FaUemand  par  A.  GALLOTTI. 


Bibliographie. 

I.  Druckbeobachtungen  am  Quecksilberlichtbogen  (gemeinsaiu  mil 
M.  Reich)  (Phys.  Zeitschr.,  t.  IV,  1903,  p.  3î*i-324). 

H.  loduktionserscheinungen  am  Quecksilberlichtbogen  im  Magnetfeld 
(Ph)$.  Zeitschr.,  l.  IV,  igoS,  p.  440-44*5). 

III.  Zur  Kenntniss  des  Lichlbogens(-<4/i/i.  d.  Phys.,  l.  XIJ,  igoS,  p.  673-713). 

IV.  ZûnduDg  des  Lichlbogens  an  Meialloxyden(/*/r^5.  ZetV^cAr.,  t.  V,  1904, 
p.8i-83). 

Y.  Der  Lichlbogens  zwischen  gekUhllen  Eleklroden(gemeinsam  milL.  Cas- 
^^\xi){Phy$.  ZeiUchr.y  l.  V,  1904,  p.  266-269). 
VI.Quecksilber  als  kalhodische  Slrombasis  des  Lichlbogens (PA^^.Zet^sc/ir., 

^•^)  >9o4,  P-  750-751). 
VII.  Anoden-  und  Kalhodenfall  und  Ursprung  der  posiliven  lonen  des  Licht- 

I^ogens  (encore  inédil). 


§  1.  —  Vaporisation  des  électrodes. 

&)iume  nous  le  verrons  plus  loin,  la  base  cathodique  de  l'are  élec- 
irique se  trouve  toujours  nécessairement  à  une  haute  température;  la 
«alhode  émet  donc  toujours  de  la  vapeur.  Dans  beaucoup  de  cas 
lanode  de  Tare  est  aussi  tellement  chaude  qu'elle  émet  également  des 
vapeurs  dans  le  courant. 

Si  celte  vaporisation  se  produit  aux  extrémités  cathodique  et  ano- 
dique  de  Tare,  il  en  résulte  en  ces  points,  dans  l'espace  occupé  par  la 
vapeur,  un  excès  de  pression  sur  Tespace  environnant.  Celle-ci  se 
reconnaît  par  les  moyens  suivants  :  si  d'abord  l'électrode  est  liquide, 
cel  excès  de  pression  y  cause  un  petit  creux  au  point  de  départ  du 
courant;  si  de  plus  on  y  fait  aboutir  Textrémité  d'un  petit  tube  com- 
muniijuant  avec  un  manomètre,  celui-ci  s'élève  un  peu  (I,  p.  322; 
V ,  p.  269).  En  second  lieu,  par  suite  de   Texislence  de  celte  sur- 
pression, de  la  vapeur  se  répand  de  l'extrémité  du  courant  à  l'intérieur 


7 3 2  J.   8TARK. 

(lu  chemin  qu'il  parcourt  entre  les  électrodes;  si  Ton  fait  arriver  c<* 
courant  de  >apeur  produit  à  la  cathode  de  Tare  à  mercure  normale- 
ment à  un  champ  magnétique,  on  voit  que  l'extrémité  cathodique  de 
l'arc  est  déplacée  par  suite  de  la  production  d'une  force  électronio- 
trice  par  induction  (II,  p.  44o)' 

L'arc  peut  se  produire  non  pas  exclusivement  dans  la  vapeur  d'une 
de  ses  électrodes  (comme  cela  a  lieu,  par  exemple,  pour  l'arc  à  mer- 
cure dans  un  récipient),  mais  aussi  dans  une  atmosphère  gazeur*, 
comme  l'air;  il  se  forme  alors  un  mélange  de  la  vapeur  des  électrode? 
et  du  gaz  qui  les  entoure.  La  chute  de  potentiel  d'une  extrémité  de 
l'arc  à  l'autre  est  alors  d'autant  plus  grande  que  la  proportion,  de 
vapeur  est  plus  faible  dans  ce  mélange  (III,  p.  679).  Par  exemple  on 
fait  croître  cette  chute  en  refroidissant  l'anode  de  façon  à  diminuer 
sa  vaporisation  (V,  p.  267).  Pour  éviter  le  trouble  que  produit  donc 
nécessairement  le  gaz  entourant  l'arc  j'ai  fait  le  plus  grand  nombre 
de  mes  expériences  sur  l'arc  à  mercure  dans  un  récipient  où  Ton  a 
fait  le  vide. 

§  2.  —  Les  ions  et  les  différentes  parties  de  l'arc. 

C.-D.  Child  a  le  premier  indiqué  une  théorie  expliquant  le  passage 
<Ju  courant  dans  l'arc  par  un  mouvement  d'ions  positifs  et  négatifs. 
D'après  mes  idées  actuelles,  étant  donnée  la  haute  température  de 
Tare,  les  ions  négatifs  doivent  être  surtout  des  électrons-ions  négatifs 
et  les  ions  positifs  des  atomes-ions  (III,  p.  680). 

L'arc  électrique  étant  un  courant  indépendant,  il  doit  maintenir 
lui-même  le  nombre  de  ses  ions  positifs  et  négatifs  constant  entre  ses 
électrodes.  Le  chemin  qu'il  suit  se  compose  des  parties  suivantes  :  à 
son  extrémité  cathodique  se  trouve  une  aigrette  en  forme  de  pinceau, 
puis  vient  un  espace  relativement  obscur,  puis  l'aigrette  positive  qui 
se  termine  par  une  couche  lumineuse  située  sur  l'anode.  En  diminuant 
la  distance  des  électrodes  la  colonne  positive  peut  être  amenée  à  dispa- 
raître et  aussi,  dans  certaines  circonstances,  la  couche  lumineuse  de 
l'anode.  La  colonne  positi\e  et  la  couche  de  l'anode  obéissent  aux 
mêmes  lois  dans  le  cas  de  l'arc  que  dans  celui  du  courant  lumineux  ; 
on  peut  dire  aussi  qu'il  s'y  produit  des  ions  positifs  et  négatifs  par  le 
choc  d'électrons-ions  négatifs  (III,  p.  6-4»  680). 


\ 


LE   MÉCANISME   DE   L*ARC   ÉLECTRIQUE.  753 


§  3.  —  Origine  des  ions  négatifs  à  la  cathode. 

D'après  mes  idées  la  base  cathodique  de  l'arc  rayonne  des  électrons- 
ions  négatifs;  elle  doit  donc,  d'après  cela,  posséder  une  température 
très  élevée.  C'est  une  condition  d'existence  de  l'arc  :  son  existence 
eiigeque  sa  cathode  soit  placée  dans  un  état  de  température  si  élevée 
qu'il  en  résulte  un  rayonnement  intensif  d'électrons-ions  négatifs 
(m,p.  687). 

Toutes  les  expériences  faites  jusqu'à  présent  montrent  qu'en  fait 
la  base  cathodique  de  l'arc  possède  une  très  haute  température.  Le 
mercure  liquide  y  est  porté  au  blanc  (VI,  p.  700).  Si  l'on  empêche  la 
cathode  de  prendre  une  température  élevée,  Tare  ne  s'allume  pas  ou 
ne  se  maintient  pas.  C'est  ainsi  qu'on  ne  peut  pas  le  faire  jaillir  d'une 
cathode  tournant  de  façon  à  être  refroidie,  ni  d'une  cathode  formée 
par  un  électrolyte  de  température  basse  comme  une  solution  de  sul- 
fate de  zinc  (V,  p.  205). 

Ainsi,  pour  que  la  base  cathodique  de  l'arc  rayonne  d'une  façon 
permanente  des  électrons-ions  négatifs,  elle  doit  aussi  d'une  façon 
permanente  être  chauffée  à  une  haute  température.  Cette  condition 
est  réalisée  grâce  aux  ions  positifs  qui  viennent  frapper  ce  point  avec 
une  grande  énergie  cinétique.  Ceci  n'est  possible  d'une  façon  durable 
que  si  la  disparition  des  ions  positifs  est  compensée  sans  cesse  par 
la  formation  d'ions  positifs  nouveaux  devant  la  cathode  pour  eutre- 
teoir  le  courant. 

§  i.  —  Origine  des  ions  positifs  à  la  cathode.  —  Chnte  cathodique. 

Les  ions  positifs  de  l'arc  ne  sont  pas  envoyés  par  l'anode,  car  tout 
arc  peut  exister  sans  que  son  anode  soit  même  échauffée  au  rouge 
(V,  p.  205). 

Lorsqu'un  arc  présente  une   couche    lumineuse   anodique  et  une 
colonne  positive,  il  se  produit  bien  en  ces  points  des  ions  positifs  par 
le  choc  d'électrons-ions  négatifs  (§2);  mais  ce  ne  sont  pas  nécessai- 
rement les  lieux  d'origine  des  ions  positifs  qui  échauffent  la  base  ca- 
thodique de  l'arc  puisque  celui-ci  peut  exister  sans  présenter  ces  deux 
parties  (VII). 

La  région  où  se  produisent  les  ions  positifs  agissant  sur  la  cathode 
c'est  l'aigrette  cathodique.  Ilss'yforment  par  le  choc  des  électrons-ions 
négatifs  qui  arrivent  de  la  base  cathodique  de  l'arc.  Puisque  ceux-ci 

S.  P.  48 


7^4  J.    STARK. 

oat  aécessaîremenl  une  énergie  cinétique  déterminée  pour  pouvoir 
produire  Tionisation,  ils  doivent  donc  parcourir  de  la  cathode  àl'in- 
lérieur  de  cette  aigrette  une  chute  de  potentiel  minimum  qui  est  leur 
potentiel  d*ionisation  pour  la  vapeur  correspondante.  Cette  chute  de 
potentiel,  la  chute  cathodique,  doit  donc  nécessairement  exister  si 
les  ions  positifs  se  forment  devant  la  cathode.  L'existence  de  celle 
chute  cathodique  et  la  haute  température  de  la  base  cathodique  du 
courant  sont  donc  deux  conditions  indispensables  pour  la  formation 
de  Tare.  La  première  doit  être  remplie  pour  qu'il  se  forme  devant  la 
cathode  des  ions  positifs,  la  seconde  pour  que  celle-ci  émette  des  ioas 
négatifs. 

Puisque  cette  chute   cathodique   de   l'arc  représente  un  potentiel 
d*ionisation  nous  devons  nous  attendre  à  ce  qu'elle  soit  indépendant^ 
de  rintensité  du  courant,  de  la   température  et  de  la  pression  del^ 
vapeur,  comme  le  montrent  la  théorie  (voir  le  Mémoire  précédent  r? 
§5)  et  les  mesures;  par  contre  elle  dépend  du  métal  de  la  cathode  er  • 
elle  est  caractéristique  de  l'élément  chimique  correspondant  (VII). 

§  5.  —  Chute  anodiqae. 

Tandis  que  le  mécanisme  de  la  formation  réciproque  des  ionspo— 
sitifs   et   négatifs   assigne   à   la  chute  cathodique  de  l'arc  une  valeur 
constante,  la  chute  du  potentiel  à  l'anode  est  au  contraire  un  phéno- 
mène secondaire  variable  avec  des  circonstances  secondaires.  Cette 
chute  de  potentiel   est   nécessaire   pour   que  les  ions  positifs  soient 
poussés  constamment   par  la  force    électrique    hors  de  la  couche  de 
vapeur  entourant  Fanodc.   Il  y  a  trois  cas  principaux  à  distinguer 
pour  sa  valeur. 

I**  L'anode  peut  être  solide  et  non  fortement  échaurtee,  et  la 
cathode  assez  prés  pour  que  l'anode  soit  touchée  par  l'aigrette  catho- 
dique. Dans  ce  cas  il  se  forme  constamment  et  immédiatement 
devant  l'anode,  et  sous  l'action  des  électrons-ions  négatifs  venant  de 
la  cathode,  des  ions  positifs  nouveaux  pour  compenser  la  disparition 
de  ceux  qui  partent.  La  chute  anodiquc  est  donc  faible,  c'est  ainsi 
qu'elle  atteint  à  peine  3  volts  dans  la  vapeur  de  mercure  avec  une 
anode  de  fer  refroidie  pour  un  courant  de  5  ampères  (Vil). 

2"  L'anode  peut  ne  pas  être  portée  au  rouge  et  ne  pas  être  atteinte 
par  l'aigrette  cathodique.  Dans  ce  cas  elle  est  recouverte  de  la  couche 
anodique  et  la  chute  anoditpic  doit  être  maintenant  assez  grande 
pour  que  les   éleclrons-ions  négatifs  qui  subissent  cette  variation  de 


LE   MÉCANISME    DE   l'ARC   ÉLECTRIQUE.  755 

potentiel  produisent  des  îons  positifs  par  leur  choc  immédiatement  à 
la  surface  de  l'anode.  Elle  doit  donc  être  au  moins  égale  à  la  chute 
cathodique,  par  exemple  à  6,5  volts  dans  la  vapeur  de  mercure  au 
contact  du  mercure  liquide  (Vli). 

3"  L'anode  peut  être  recouverte  de  la  couche  anodique  et  être 
portée  au  rouge  blanc.  Dans  ce  cas  il  se  produit  à  sa  surface,  par 
suite  de  la  haute  température  une  force  électromotrice  intérieure 
qui  tend  à  repousser  les  électrons-ions  négatifs  dans  Tespace  occupé 
par  la  vapeur,  contrairemeat  a  l'action  du  courant.  Cette  force  con- 
traire doit  donc  être  compensée  par  une  augmentation  de  la  chute  de 
pi>lentiel  à  Tanode.  Celle-ci  s'abaissera  d'ailleurs  si  l'on  refroidit 
l'anode (V,  p.  269;  VII). 

§  6.  —  Potentiel  minimam  de  l'arc. 

On  appelle  ainsi  la  différence  de  potentiel  des  électrodes  lors- 
qu'elles sont  placées  aussi  près  que  possible  l'une  de  l'autre.  L'exis- 
tence de  ce  potentiel  minimum  qui  doit  exister  entre  les  électrodes 
pour  que  l'arc  se  produise  résulte  évidemment  des  deux  conditions 
que  nous  venons  d'expliquer  :  Une  chute  de  potentiel  cathodique  de 
valeur  déterminée  et  déplus  une  certaine  chute  anodique.  Le  potentiel 
minimum  (m)  de  l'arc  est  donc  égal  à  la  somme  de  la  chute  catho- 
dique (A:  )  et  anodique  (fi).  Dans  l'expression 

m  =  k  -¥■  a 

/est  constant,  a  et  par  conséquent  ///  varient  suivant  les  conditions 
secondaires  de  l'expérience.  La  valeur  de  m  est  de  i3  volts  pour  un 
arc  au  mercure  avec  anode  de  mercure  entourée  de  la  couche  ano- 
dique; elle  est  de  8  volts  pour  une  anode  de  fer  atteinte  par  l'aigrette 
cathodique. 


SUR  LES  EFFETS  ÉLECTRIQUES  ET  MAGNÉTIQUES 

PRODITTS  PAR  LE  MOUVEMENT  DES  CORPS  ÉLECTRISÉS, 

Par  J.-J.  THOMSON. 
Traduit  de  l'anglais  par  Edouard  SALLES. 


Phitasophical  Magazine,  h*  série,  l.  XI,  1881,  p.  aag. 


§  L   Dans  de  très  intéressantes  expériences  récemment  exécutée* 
par  M.  Ci*ookes  (Phil.  Trans.,  1879,  i"  et  2*  parties)  et  le  docteiM  r 
iioldstoin  {PhiL  Mag,,  septembre  et  octobre  1880)  sur  les  décharger  î> 
ôlcctriques  dans  les  gaz  très  raréfiés,  les  particules  de  matière  posst3' 
iUut  une  charge  électrique   considérable  et  se  déplaçant  avec  dc?^ 
\itosses  très  grandes  constituent  le  caractère  proéminent  des  phéno- 
mènes;  une   grande  partie  des  recherches  consiste  en  expériences 
Hur  Faction  des  particules  Tune  sur  l'autre,  et  sur  reffet  qu'un  aimant 
poul  avoir  sur  elles.  Il  semble,  par  suite,  intéressant,  à  la  fois  comme 
iiiisie  à  l'épreuve  de  la  théorie  et  comme  guide  pour  les  expérience> 
futures,  d'édifier  une  théorie  de  l'action  électrique  et  de  trouver  par 
Mm  aide  quelle  est  la  force  exercée  entre  deux  corps  électrisés,  quelle 
t»sl  la  force  magnétique  subie  par  un  tel  corps  en  mouvement,  et  de 
ipielle  façon  le  corps  est  influence  par  un  aimant.  Ce  Mémoire  est  un 
eHsai  de  résolution  de  ces  problèmes,  prenant  comme  base  la  théorie 
ilonnée  par  Maxwell  d'après  laquelle  les  variations  de  déplacement 
électrique  dans  un  diélectrique  produisent  des  effets  analogues  à  ceux 
produits  par  les  courants  ordinaires  circulant  dans  des  conducteurs. 

Pour  simplifier  les  calculs  nous  supposerons  sphériques  les  corps 
qui  se  déplacent. 

§  2.  Le  premier  cas  que  nous  considérerons  est  celui  d'une  sphère 
chargée  se  déplaçant  dans  un  espace  illimité  rempli  par  un  milieu  de 
pouvoir  inducteur  spécifique  K. 


SUR   LES  EFFETS  ÉLECTRIQUES   ET   MAGNÉTIQUES.  ySy 

La  sphère  chargée  produira  un  déplacement  électrique  à  travers 
le  champ,  et,  comme  la  sphère  se  déplace,  la  grandeur  de  ce  dépla- 
cement en  un  point  quelconque  variera.  Maintenant,  selon  la  théorie 
de  Maxwell,  une  variation  dans  le  déplacement  électrique  produit 
le  même  effet  qu'un  courant  électrique,  et  comme  un  champ  dans 
lequel  existent  des  courants  électriques  est  un  siège  d'énergie,  le 
mouvement  de  la  sphère  chargée  exige  par  suite  une  dépense  d'éner- 
gie, et  par  conséquent  la  sphère  chargée  doit  éprouver  une  résistance 
quand  elle  se  meut  dans  le  diélectrique.  Mais,  comme  la  théorie  de  la 
variation  du  déplacement  électrique  ne  tient  pas  compte  de  quoi  que 
ce  soit  correspondant  à  la  résistance  des  conducteurs,  il  n'y  aura  pas 
de  dissipation  d'énergie  dans  le  milieu,  par  suite  la  résistance  ne 
peut  être  analogue  à  une  résistance  ordinaire  due  au  frottement,  mais 
doit  correspondre  à  la  résistance  que  subit  théoriquement  un  solide 
se  déplaçant  dans  un  fluide  parfait.  En  d'autres  termes,  elle  doit  être 
équivalente  à  un  accroissement  de  la  masse  de  la  sphère  chargée  que 
nous  allons  calculer  maintenant. 

L'auteur,  dans  la  première  partie  du  calcul,  évalue  le  champ  électrique  qui 
accompagne  la  sphère  électrisée  en  mouvement  et  raccroissement  de  la  masse 


i5    a 
fia  charge  de  la  sphère  et  a  son  rayon. 


({D'il  trouve  égal  à  ■^- — (*),  {x  étant  la  perméabilité  magnétique  du  milieu, 


....  Ainsi,  si  m  est  la  masse  de  la  sphère,  toute  l'énergie  cinétique 
sera  donnée   par  (  7- 4- A  ^— -)/>^   et  l'effet  de  l'électrisation  est  le 

même  que  si  la  masse  de  la  sphère  était  accrue  de  -r  - —  ou  4:  [x  K'-*  V^  a 

si  V  est  le  potentiel  de  la  sphère  et  p  sa  vitesse. 

Pour  nous    faire  une  idée  de  ce  que  l'accroissement  de  la  masse 
pourrait  être  dans  le  cas  le  plus  favorable,  supposons  la  terre  électrisée 
au  potentiel  le  plus  élevé  possible  sans  qu'une  décharge  ait  lieu,  et 
calculons  l'accroissement  de  masse  qui  en  résulte.   Selon  les  expé- 
riences  du   docteur  Me.    Farlane,  publiées  dans  le    Philosophical 
Magazine  de  décembre  1880,  la  force  électrique  dans  l'air  aux  tem- 
pératures et  pressions  ordinaires  ne  doit  pas  dépasser  3  x  10'*  unités 
électromagnétiques.  La  force  électrique,  immédiatement  en  dehors  de 


(  ^)  Par  suite  d'une  erreur  de  calcul  le  professeur  J.-J.  Thomson  a  écrit  -/^  au  lieu 
de  }.  (A'o/e  du  traducteur.) 


758  J.-J.   THOMSON. 

la  sphère,  est  -*  par  suite  la  valeur  la  plus  grande  de  V est  3  x  lo**  x^, 

a  étant  le  rayon  de  la  terre.  Portant  cette  valeur  pour  V,  avec  [a  =  i , 

K= r::  et  rt  =  6,4  X  lo*.   nous  aurons  pour  la  valeur  de  l'aug-- 

mentation  de  masse  7  x  lo*  grammes,  ou  65o  tonnes  environ  :  cetle 
masse  est  absolument  insignifiante  comparée  à  celle  de  la  terre. 

Pour  des  sphères  de  ditrérentes  dimensions,  la  plus  grande  augmen- 
tation de  masse  varie  comme  le  cube  du  rayon,  par  suite  le  rapport 
de  cet  accroissement  à  la  masse  totale  de  la  sphère  est  constant  pour 
toutes  les  sphères  formées  de  la  même  matière  et,  pour  les  sphères 
de  matières  différentes,  le  rapport  varie  en  raison  inverse  de  la  densité 
de  la  matière  employée. 

Si  le  corps  se  déplace  de  façon  que  ses  vitesses  parallèles  aux  axes 
des  x^y^z  soient  y>,  y,  r,  il  est  évident  que  l'effet  de  l'électrisation  sera 
équivalent  à  un  accroissement  de  ji^YL'^\^a{p^-\-q^-\- r-)  dans  la 
masse  de  la  sphère. 

§  4.  Le  fait  qu'un  corps  en  mouvement  électrisé  produit  un  poten- 
tiel vecteur  dans  le  champ  à  travers  lequel  il  se  déplace,  suggère  une 
théorie  possible  de  la  cause  de  la  phosphorescence  verte  observée  dans 
les  tubes  à  vide  au  moment  où  le  courant  de  molécules  frappe  le 
verre,  théorie  différente  de  celle  émise  par  M.  Crookes.  On  voit 
d'après  le  calcul  ci-dessus  qu'une  particule  en  mouvement  produit  un 
potentiel  vecteur  dont  la  valeur  dépend  de  la  vitesse  du  corps  en 
mouvement.  Maintenant,  quand  une  particule  frappe  directement  le 
verre,  sa  vitesse  est  renversée  et  le  potentiel  vecteur  change  de  signe; 
ainsi  pendant  le  temps  court  occupé  par  la  collision  le  potentiel 
vecteur  doit  changer  très  rapidement.  Mais  un  changement  dans  le 
potentiel  vecteur  produit  une  force  électromotrice  correspondante,  et 
le  verre  contre  lequel  fi*appent  les  molécules  est  soumis  à  une  force 
électromotrice  rapidement  variable.  Et,  si  la  théorie  électromagné- 
tique de  la  lumière  de  Maxwell  est  vraie,  ceci  est  justement  ce  qui 
doit  se  passer  quand  un  rayon  lumineux  la  rencontre,  ce  qui  est  la 
méthode  ordinaire  d'exciter  la  phosphorescence.  La  loi  énoncée  par 
Stockes,  que  la  période  de  vibrations  excitant  la  phosphorescence  est 
plus  faible  que  la  période  d'émission  de  lumière,  nous  amène  à  sup- 
poser qu'à  un  moment  de  la  collision  la  vitesse  de  la  particule  en 
mouvement  change  plus  rapidement  que  dans  la  vibration  de  la  lumière 
verte;  il  n'y  a  rien  d'impossible  à  ceci  toutefois  dans  l'état  actuel 
de  nos  connaissances.   Ceci  éclaircirait  aussi  la  difficulté  suivante. 


SUR   LES   EFFETS   ÉLECTRIQUES   ET   AIAGNÉTIQUES.  759 

Puisque  nous  avons  toute  raison  de  supposer  discontinue  la  décharge 
dans  un  tube  à  vide,  le  potentiel  vecteur  dû  à  réiectricilé  se  dépla- 
çant dans  le  tube  doit  varier,  produisant  dans  tout  le  tube  une  force 
élcclromotrice  variable  ;  l'action  de  la  charge  sur  les  électrodes  pro- 
duira également  une  autre  force  électromotrice  variable.  Maintenant 
on  peut  se  demander  si  la  théorie  énoncée  ci-dessus  est  vraie,  pour- 
quoi celte  force  électromotrice  variable  ne  rend-elle  pas  tout  le  tube 
phosphorescent,    au   lieu  que   la  phosphorescence  soit  confinée   au 
point  où  le  courant  de  molécules  frappe  le  verre.  De  plus,  Spottis- 
woode  et  MouUon  ont  montré  (P/iiL  Trans.  de  1879,   2*  partie), 
que  le  temps  occupé  par  la  décharge  négative  est  plus  grand  que  le 
temps  mis  par  les  particules  à  parcourir  la  longueur  du  tube,  par 
suite,  si  même  nous  faisons  la  supposition  ei^travagante  que  ces  molé- 
cules se  déplacent  avec   une   vitesse   aussi   grande   que  celle  de  la 
lumière,  le  temps  mis  par  la  décharge,  et  par  conséquent  la  période 
de  la  force  électromotrice  serait  plus  grande  que  la  période  de  vibra- 
lion  de  la  lumière  de  longueur  d'onde  égale  à  la  longueur  du  tube,  et 
celle  force  électromotricc,  d'après  la  loi  de  Stokes,  ne  pourrait  pro- 
duire aucune  phosphorescence  lumineuse  (*). 

§  5.  L'auteur  calcule  la  force  exercée  par  un  champ  magnétique  sur  la 
sphère  en  mouvement. 

....  Ces  forces  sont  les  mêmes  que  celles  qui  agiraient  sur  Tunité  de  longueur 
don  conducteur  placé  au  centre  de  la  sphère,  transportant  un  courant  dont 

les  composantes  sont  •!— ^  ^—^  — —  (*).  La  force  résultante  est  normale  à  la 

direction  du  mouvement  de  la  sphère  et  à  l'induction  magnétique,  et  si  u)  est 
la  vitesse  résultante  de  la  sphère,  0  l'angle  de  la  direction  de  son  mouvement 
Cl  la  direction    de    l'induction    magnétique,    la   grandeur    de    la   force   est 

■--u)/a*-+-  b'->r  c*  sin6,  a,  A,  c  étant  les  composantes  du  champ  magnétique. 

11  sera  utile  d'essayer  de  calculer  la  valeur  de  reiïet  de  cette  force  sur  une 
particule  d'air  en  mouvement  dans  un  tube  évacué;  toutefois  notre  connais- 
^oce  de  la  grandeur  de  plusieurs  des  quantités  nécessaires  est  si  vague  que 
notre  résultat  doit  être  seulement  considéré  non  pas  comme  ayant  une  valeur 
^oaotitative,  mais  bien  comme  montrant  que  la  force  est  d'un  ordre  suffisam- 
loent  élevé  pour  produire  des  effets  appréciables. 


(')  Ceci,  écrit  en  1881,  parait  encore  être  la  meilleure  explicatico  de  la  production 
<ies  rayons  de  R6Qt;;en  par  la  perturbation  que  produit  dans  le  champ  le  changement 
<!<  vitesse  d^une  particule  cathodique.  La  découverte  de  Hôntgcn  ne  date  que  de  1896. 

{Note  du  traducteur,) 
(')  Le^  qui  figure  ici  ne  devrait  pas  exister  et  résulte  d'une  erreur  matérielle  dans 
/es  calculs.  (  Note  du  traducteur.  ) 


760  J.-J.    THOMSON.   —  SUR  LES  EFFETS  ÉLECTRIQUES  ET  MAGNÉTIQUES. 

Supposons  que  la  masse  d'une  molécule  d*aîr  est  io~**  dans  le  système 
C.  G.  S.,  que  a,  le  rayon  de  la  molécule,  est  io~'',  que  comme  précédemment 
c  =  K  X  3  X  io"a*  =  K  X  3  X  10-'  (cette  valeur  est  probablement  beaucoup 
trop  faible),  et  comme  nous  ne  savons  rien  de  la  vitesse  des  particules 
chargées  supposons  cette  vitesse  égale  à  celle  des  molécules  d'air,  c'est-à-dire 
4  X  10*,  soit  de  plus  10'  la  valeur  du  champ  [magnétique  dans  lequel  le  tube 
est  placé.  D'après  la  formule  l'accélération  de  la  particule  d'air  quand  la  force 
magnétique  est  à  angle  droit  de  sa  trajectoire  est  d'environ  lo-?^  accélération 
qui  pourrait  produire  une  déviation  d'environ  a"""  par  décimètre  de  trajec- 
toire et  par  suite  facilement  observable.  Les  expériences  de  M.  Crookes  et 
d'autres  nous  montrent  jqu'un  aimant  produit  des  déviations  très  marquées 
des  courants  moléculaires  et  la  direction  des  déviations  (PAiV.  Trans.,  i"  par- 
tie, p.  i34  et  i36)  s'accorde  bien  avec  les  formules  (5)  si  nous  supposons  que 
les  particules  projetées  du  pôle  négatif  sont  chargées  négativement. 

§  6.  L'auteur,  dans  ce  paragraphe,  s'occupe  de  déterminer  Taction  d'une 
particule  chargée  sur  une  autre  et  arrive  à  des  résultats  analogues  à  ceu\ 
donnés  par  la  loi  électrodynamique  de  Clausius. 


DECHARGE  DE  L'ÉLECTRICITÉ 

PRODUITE  PAR  LES  RAYONS  DE  RÔNTGEN; 

IFFETS  PRODUITS  PAR  CES  RAYONS  SUR  LES  DIÉLECTRIQUES 

QU1LS  TRAVERSENT, 

Par  J.-J.  THOMSON. 


Société  Royale   de   Londres ^  i3  février  1896, 
Journal  de  Physique,  3*  série,  t.  V,  p.  i65. 


Les  rayons  de  Rontgen,  tombant  sur  des  corps  électrlsés,  leur  font 
perdre  rapidement  leur  charge,  qu'elle  soit  positive  ou  négative.  La 
disposition  que  j'ai  employée  pour  étudier  cet  effet  est  la  suivante  : 
la  bobine  de  Ruhmkorff  et  le  tube  à  vide  qui  servent  à  produire  les 
rayons  sont  placés  à  l'intérieur  d'une  grande  caisse  d'emballage,  qu'on 
a  recouverte  d'une  feuille  d'étain  pour  protéger,  par  un  écran,  l'élec- 
Iromètre  de  toute  perturbation  électrostatique  que  pourrait  causer 
l'action  de  la  bobine.  L'aiguille  de  l'électromètre  est  suspendue  à  un 
fil  de  quartz;  comme  il  n'y  a  aucune  force  magnétique  antagoniste, 
celte  aiguille  n'est  pas  influencée  par  des  variations  dans  l'aimantation 
du  noyau  de  la  bobine. 

Le  tube  à  vide  est  placé  de  telle  façon  que  la  partie  phosphorescente 
soit  à  environ  i,5  pouce  du  couvercle  de  la  boîte  ;  un  trou  d'environ 
•  pouce  de  diamètre  permet  aux  rayons  de  sortir  de  la  boîte;  une 
feuille  d'aluminium  ou  d'étain  mince  recouvre  le  trou.  La  lame  élec- 
irisée,  qui  est  un  peu  plus  grande  que  le  trou,  est  placée  hors  de  la 
koîte,  environ  à  2  pouces  au-dessus,  et  les  rayons  tombent  sur  elle 
après  avoir  traversé  l'ouverture.  La  lame  est  maintenue  en  communi- 
cation constante  avec  un  des  quadrants  d'un  électromètre;  on  isole 
les  quadrants  et  la  lame  avec  le  plus  grand  soin.  L'isolement  était 
assez  bon  pour  qu'il  n'y  eût  aucune  perte  appréciable  quand  la  bobine 
ne  fonctionnait  pas.  Voici  maintenant  comment  on  opérait  :  les  deux 
paires  de  quadrants  sont  réunies,  et  l'on  charge  la  lame  à  un  potentiel 
^levé,  par  un  électrophore,  ou  en  la  mettant  en  communication,  pen- 


7^^  i.-J.   THOMSOX. 

dant  quelque  temps.  a\er  une  ;:rande  haUerie  de  pelits  accu  mu  la  leurs. 
I^s  quatre  quadrants  de  lélectromèlre  sont  alors  au  même  potentiel. 
On  sépare  les  deux  paires  de  quadrants:  si  l'isolement  est  bon,  les 
potentiels  resteront  les  mêmes,  et  il  n*v  aura  pas  de  dé\iation  de 
réleclromètre;  dans  nos  expériences,  la  perte  est  si  faillie  que,  dans 
ces  conditions,  le  mouvement  de  la  tache  lumineuse  est  à  peine  per- 
ceptilile.  Si  maintenant  on  dirige  les  rayons  de  Rontgen  sur  la  lame, 
il  se  produit  une  déperdition  brusque  d'électricité,  le  potentiel  des 
quadrants  reliés  à  la  lame  varie  et,  en  quelques  secondes,  la  tache 
lumineuse  renvoyée  par  le  miroir  de  Télectromètre  est  projetée  au  delà 
de  l'échelle.  Cette  déperdition  d'électricité  se  produit  quel  que  soitic 
signe  de  Télectrisation;  quand  la  plaque  est  sans  charge  au  début,  il 
il  m'a  été  impossible  de  mettre  en  évidence  une  charge  quelconque 
qu'elle  aurait  acquise  par  l'exposition  à  ces  rayons.  Quand  on  porte 
la  lame  à  un  potentiel  élevé,  la  déperdition  est  un  moyen  extrêmement 
délicat  de  déceler  ces  rayons,  beaucoup  plus  sensible  qu'aucune 
plaque  photographique  que  je  connaisse.  J'ai  observé  que  ces  rayons 
produisent  des  effets  distinctement  perceptibles  sur  une  lame  chaînée 
après  avoir  traversé  une  lame  de  zinc  d'un  quart  de  pouce  d'épaisseur. 
L'emploi  de  la  lame  chargée  et  de  l'électromètre  est  beaucoup  plus 
expéditif  que  celui  de  la  jdaque  photographique,  et  se  prête  beaucoup 
plus  aisément  aux  mesures  quantitatives. 

Pour  déterminer  comment  l'émission  des  rayons  de  Rontgen 
dépend  du  degré  de  vide  du  tube,  on  a  relié  le  tube  à  la  pompe  et  l'on 
a  observé  la  perte  a  divers  degrés  de  vide;  aucune  déperdition  ne  s'est 
manifestée  tant  que  la  pression  n'a  pas  été  assez  basse  pour  que  des 
lueurs  phosphorescentes  apparaissent  sur  le  verre,  et,  même  après 
l'apparition  de  ces  lueurs,  la  perte  est  restée  faible,  tant  que  l'éclat  de 
la  bande  positive  a  été  considérable  ;  ce  n'est  qu'après  la  disparition 
de  cette  bande  que  la  décharge  de  la  lame  est  devenue  rapide. 

Pour  obtenir  le  maximum  de  sensibilité,  il  faut  évidemment  charger 
la  lame  à  un  potentiel  aussi  haut  que  possible.  La  perte  due  aux  rayons 
se  produit  cependant  quand  le  potentiel  de  la  plaque  ne  dépasse  pas 
celui  de  la  lame  d'étain,  de  plus  de  3  ou  4  volts,  et  je  n'ai  jusqu'ici 
observé  aucun  phénomène  qui  puisse  laisser  croire  à  l'existence  d'une 
limite  inférieure  de  la  différence  de  potentiel  au-dessous  de  laquelle 
la  déperdition  cesserait  de  se  produire. 

Cette  déperdition  diffère  de  celle  qu'occasionnent  les  rayons  ultra- 
violets, dont  MM.  Elster  et  Geilel  ont  démêlé  les  lois,  par  plusieurs 
caractères  essentiels;  d'abord  la  lumière  ultra-violette  ne   décharge 


DECBIBGB   DE   L*ÉLECTfiICITÉ   PRODUITE   PAR   LES   RAYONS  DE   RÔ.NTGEN.       jGS 

que  les  corps    éleclrisés  négativement,    tandis  que  les  rayons  de 
Rôntgen  agissent  quel  que  soit  le  signe  de  la  charge.  De  plus,  reflfet 
de  la  lumière  ultra- violette  n'est  considérable   que  quand  le  corps 
éleclrisé  est  un  métal  fortement  électropositif,  avec  une  surface  propre. 
Les  effets  des  rayons  de  Rontgen  sont,  au  contraire,  très  marqués, 
qael  que  soit  le  métal,  et  se  produisent  quand  la  lame  est  plongée 
dans  un  diélectrique  solide  ou  liquide,  aussi  bien  que  quand  elle  est 
dans  l'air.  J'ai  recouvert  la  lame  métallique  de  paraffine  solide,  de 
soufre  solide,  je  l'ai  mise  à  l'intérieur  d'une  masse  d'ébonite,  je  l'ai 
placée  entre  deux  lames  de  mica,  je  l'ai  plongée  dans  un  bain  d'huile 
de  paraffine  :  dans  tous  ces  cas  et  bien  que  l'isolement  f  lit  pratiquement 
parfait,  quand  l'isolant  n'était  pas  traversé  parles  rayons  de  Rontgen, 
el  que  la  différence  de  potentiel  entre  la  lame  et  le  métal  qui  recou- 
nuit  la  bojte  ne  fût  que  de  lo  à  i5  volts,  la  charge  de  la  lame  métal- 
lique se  perdait  néanmoins  dès  que  les  rayons  de  Rontgen  pénétraient 
dans  l'isolant.  J'ai  trouvé  que  l'électricité  s'écoule  delà  lame,  même 
quand  Tespace  qui  la  sépare  des  conducteurs  les  plus  voisins  mis  à  la 
terre,  est  entièrement  rempli  de  paraffine  solide;  il  faut  en  conclure 
que,  quand  les  rayons  de  Rontgen  traversent  un  diélectrique,  ils  le 
rendent  conducteur  pendant  la  durée  de  leur  passage  et  que  tous  les 
corps  deviennent  conducteurs,  quand  ces  rayons  les  traversent.  Le 
passage  de  ces  rayons  à  travers  un  corps  semble  donc  être  accompagné 
d'une  décomposition  de  ses  molécules,  qui  permet  le  mouvement  de 
réiectricité,  par  un  mécanisme  analogue  à  celui  du  passage  du  cou- 
rant dans  un  électrolyte.  En  employant  un  bloc  de  paraffine  solide, 
dans  laquelle  étaient  plongés  deux  couples  d'électrodes,    les  unes 
parallèles,  les  autres  perpendiculaires  aux  rayons  de  Rontgen,  j'ai 
rouvé  qu'il  n'y  a  que  très  peu  de  différence  entre  les  vitesses  de  dé- 
erdition,  parallèlement  et  perpendiculairement  aux  rayons. 


SUR 

LE  PASSAGE  DE  L'ÉLECTRICITÉ  A  TRAVERS  LES  GAZ 

QUI  ONT  ÉTÉ  EXPOSÉS  AUX  RAYONS  DE  RÔNTGEN, 

Par  J.-J.  THOMSON  kt  E.  RUTHERFORD. 
Traduit  de  l'anglais  par  H.  BËNARD. 


Philosophical  Magazine,  5*  série,  t.  XLII,  novembre  1896,  p.  393-407* 


Grâce  à  la  facilité  avec  laquelle  un  gaz,  d'abord  soumis,  puis  sous- 
trait à  l'action  des  rajons  de  Rontgen,  devient  isolant,  après  s'èlre 
comporté  comme  un  conducteur,  l'emploi  de  ces  rayons  constitue  un 
excellent  moyen  d'étudier  la  conduction  de  l'électricité  à  travers  les 
gaz,  et  l'étude  des  gaz  pendant  qu'ils  sont  encore  dans  l'état  où  ils  ont 
été  mis  par  les  rayons,  promet  de  fournir  des  résultats  importants 
dans  cet  ordre  d'idées. 

Nous  allons  exposer  ceux  que  nous  avons  obtenus  dans  une  série 
d'expériences  entreprises  par  nous  depuis  quelques  mois,  sur  le  pas- 
sage de  l'électricité  à  travers  les  gaz  exposés  à  l'action  de  ces  rayons. 

Un  gaz  conserve  sa  propriété  de  conducteur  pendant  un  temps 
court  après  que  les  rayons  ont  cessé  de  le  traverser.  On  peut  le  voir 
facilement  à  l'aide  d'une  électrode  chargée,  protégée  contre  l'influence 
directe  des  rayons  :  ceux-ci  passent,  en  sortant  du  tube  à  vide,  à 
travers  une  fenêtre  d'aluminium  ménagée  dans  une  boite  couverte  de 
feuille  de  plomb  ;  dans  ce  cas,  il  n'y  a  pas  de  déperdition  quand  l'air 
est  en  repos  au  voisinage  de  l'électrode;  mais  celle-ci  se  met  immé- 
diatement à  fuir  si  l'on  vient  à  souffler  sur  elle  à  travers  l'espace  situé 
au-dessus  de  la  feuille  d'aluminium. 

Pour  examiner  ce  point  avec  plus  de  détails,  nous  avons  employé 
l'appareil  suivant. 

Un  vase  clos  en  aluminium  était  placé  en  face  de  la  fenêtre  tra- 
versée par  les  rayons.  Un  tube,  à  travers  lequel  on  pouvait  souffler  de 


SUB   LE   PASSAGE   DE   L  ELECTBICITE   A   TRAVERS   LES   GAZ   RONTGENISKS.       765 

^'l'air  à  l'aide  d'un  soufflet,  conduisait  à  ce  récipient  :  la  vitesse  du 
curant  d'air  à  travers  le  tube  était  mesurée  à  l'aide  d'un  compteur  à 
placé  en  série  avec  le  tube  :  un  tampon  de  coton  de  verre,  dis- 
isé  dans  le  lube  conduisant  au  récipient,  retenait  les  poussières. 
/air  quittait  le  récipient  en  aluminium  par  un  autre  tube  portant  à 
^son  extrémité  le  dispositif  destiné  à  mesurer  la  vitesse  de  déperdition 
(.de  l'électricité  (ordinairement  un  fil  métallique  chargé  à  un  potentiel 
élevé  placé  dans  l'axe  d'un  tube  métallique  traversé  par  le  courant 
gaxeux,  le  tube  étant  relié  à  la  terre,  et  le  fil  à  l'une  des  paires  de 
quadrants  d'un  électromètre).  Ce  dispositif  était  soigneusement  pro- 
l^é  contre  l'action  directe  des  rayons,  et  il  n'y  avait  pas  de  déperdi- 
\  lion  tant  qu'un  courant  d'air  ne  passait  pas  à  travers  l'appareil  ;  quand 
on  produisait  le  courant  d'air,  la  déperdition  était  considérable,  mon- 
trant que  l'air  soumis  aux  rayons  conservait  ses  propriétés  conduc- 
trices pendant  le  temps  (environ  o*,  5)  qu'il  mettait  à  aller  du  vase 
d^aluminium  à  l'électrode  chargée. 

Nous  nous  sommes  demandé  si  l'on  détruirait  la  conductibilité  du 
gaz  en  le  chauffant  dans  l'intervalle  compris  entre  l'endroit  où  il  était 
tournis  à  l'action  des  rayons  et  celui  où  l'on  mesurait  sa  conductibi- 
LEté.  Pour  cela,  nous  avons  inséré  sur  le  trajet  un  bout  de  tube  de 
|K>rcelaine,  que  l'on  chauflait  à  blanc;  le  gaz,  à  la  sortie  de  ce  tube, 
était  si  chaud,  qu'il  était  à  peine  supportable  à  la  main  :  cependant  la 
conductibilité  n'était  nullement  altérée.  Mais,  si  l'air  est  soudflé  bulle 
à  bulle  à  travers  l'eau,  toute  trace  de  conductibilité  semble  dispa- 
Taitre.  Il  en  est  de  même  si  l'on  force  le  gaz  à  traverser  un  tampon 
de  coton  de  verre,  bien  que  la  vitesse  du  courant  fût  maintenue  iden- 
tique à  celle  d'une  expérience  donnant  une  déperdition  rapide;  au 
contraire,  si  le  même  tampon  était  inséré  dans  le  système  de  tubes 
avant  que  le  gaz  eût  atteint  le  récipient  où  il  était  soumis  à  l'action 
des  rayons  de  Rontgen,  la  conductibilité  n'était  pas  diminuée.  Cette 
expérience  semble  montrer  que  la  structure  en  vertu  de  laquelle  le 
gaz  conduit  l'électricité  est  d'un  caractère  tellement  grossier  qu'elle 
est  incapable  de  résister  au  passage  à  travers   les  étroits  interstices 
d'un  tampon  de  coton  de  verre.  Un  écran  de  fine  toile  métallique  ou 
de  mousseline  ne  semble  pas  modifier  la  conductibilité. 

On  obtient  un  résultat  très  suggestif  en  faisant  passer  un  courant 
d'électricité  à  travers  le  gaz  pendant  son  trajet  compris  entre  le  réci- 
pient d'aluminium  où  il  est  exposé  aux  rayons  de  Rontgen  et  l'en- 
droit où  Ton  examine  sa  conductibilité.  Nous  avons  fait  cet  essai  en 
insérant  dans  le  circuit  un  tube  métallique  le  long  de  l'axe  duquel 


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• 

.     .      -•       -^r    -_-•:■  isriur  ni  •.e  qo 

■ 

._::-..-■  i-z.  .'--.z-r*  et  nous  lavons 

•     ••  -    :-    :  -  .-    I     -:  -    ..--.T-î-rLt  »in  moven  de  com- 
..•       -.•,'-     •     .  -    t    il  .12.  P-ur  cold,  premlre  un  fil 

*  .      -.  ■  -1-    .:r  \-àT  ijn  tube  ile  suhslance 

•  -       t     -   t   •   .     •     -  '-.  -    1   un  i:ranJ  récipient  mélal- 
-'..'.''     •    ..     •■: -^    /  .:i  \ienl  ma  in  lena  ni  à  souffler 

'.     •--•--     .T   ir     iir  r  .iitj»fni?é.  l'éleclronulrc  sera 
*'  '•'     '•'.;.'...>  -;  .-    r  j-z.  î  1  înl'-M^'ur  ilii  récipient,  est  chargé 
'î  >')/  '  im'  ./    «j  >..  :  --.  ,:..   :^  p  .fif.'.n  <ijnt  arrêtés  et  le  gaz  expulsé 
'I'*  //'ip»Mii    1.1  'Ij.ff^"-  •jj-f,;frHit.  iJàiis  ces  expériences,  nous  avons 
pM  :  'II.:  pr/r  ,iiitf/,n-  iouttr  Id  [loiissière. 

I.'    I.iii  «pli-  !<•  p;i-n;f;.^4r  «l'un  rdiinint  crélectricité  à  travers  un  gaz 
mi'ImmI  -im  <ffi(|ifriiliilit/',  f'\plif|iie  une  j)n)priélé  très  caractéristique 

•  M-  lu  ili'pi'f  (liiMMi  (rélcriririié  [>iir  l'intermédiaire  des  j;:az  ronlgeni>és: 
i  I  »l  ipn  .  piMu  uiir  Ifilcii^ilé  donnée  d(î  la  radiation,  le  courant  Ira- 
^M  Miul  Ir  |;ii/  iir  iL'pii^sc  pjis  Mil  certain  niaxiniuin,  quelle  que  soit  la 
'""  •■  •  »•  • 'iiMunh  iri' :    if  (MMir.nil  tlcvienl  pi>ur  ainsi  dire  Siilurc.  Ij 

•  loiijii    .iii\.iiti«*  niouin*  l.i  relation  entre  la  force  éleelronioirioo  j'OrUv 


tVm  LB  PiSSaCB  PB  L'BLEGTHIClTi  A  TRAVERS  LES  GAZ  RfiNTCEMSÉS.       767 

en  abscisses  et  le  courant  porté  en  ordonnées.  Il  est  évident  que 
leelte  saturation  doit  se   produire   si  le   courant  détruit  le   pouvoir 


tnducteurdu  gaz,  et  que  le  courant  maximum  ou  de  saturation  sera 
ttlui  qui  détruit  la  conductibilité  avec  la  même  vitesse  que  les  rayons 
«fiônlgea  la  produisent.  Si  nous  regardons  le  gaz  comme  un  élec- 
kolne,  le  passage  d'une  quantité  e  d'électricité  détruira  -  particules 
^tondue  tri  ce  s,  e  étant  la  charge  portée  par  une  seule  de  Cfs  parti- 
nles.  Soient  : 

*  le  nombre  de  particules  conductrices  par  unité  de  volume  du  gaz  ; 
9  le  nombre  de  celles  qui  sont  produites  en  i  seconde  par  les  rayons; 
Kl*  le  nombre  de  celles  qui  disparaissent  par  unité  de  temps,  indé- 
pendamment du  passage  du  courant  ; 
i  le  courant  à  travers  l'unité  de  surface  du  gaz  ; 
/  la  distance  entre  les  électrodes. 

On  a 


le  sorte  que,  dans  l'état  permanent  du  gaz,  il 


Ouand  le  courant  est  faible,  cette  équation  il 


comme  le  nombre  des  particules  conductrices  est  indépendant  dn 
mrant,  celui-ci  sera  proportionnel  ù  la  force  électromotrice,  Ceui 
irrespood  à  la  partie  rectiligne  de  la  courbe. 


768  J.-J.   THOMSON  BT  B.    BUTHERFORD. 

En  général,  le  courant  est  proportionnel  à  /t,  nombre  de  particules 
conductrices,  et  à  la  chute  de  potentiel  par  unité  de  longueur.  Si  E 
désigne  la  différence  de  potentiel  entre  les  plateaux,  U  la  somme  des 
vitesses  des  particules  chargées  positivement  et  négativement  pour  une 
chule  de  potentiel  par  unité  de  longueur  égale  à  l'unité,  nous  avonâ 

.      /ieUE  li 

,=  __         ou         n=^çj^. 

Si  Ton  substitue  la  valeur  de  n  dans  Téquation  (2),  on  obtient 

On  voit  par  là  que  i  a  pour  limite  qzL  Ainsi,  le  courant  limite  est 
proportionnel  à  la  distance  comprise  entre  les  électrodes  ;  de  sorte  qu'en 
approchant  de  la  saturation,  le  courant  limite  ira  en  croissant,  si  la 
distance  séparant  les  électrodes  croît,  et  l'on  obtient  ce  résultat, 
paradoxal  à  première  vue,  qu'une  mince  couche  d'air  présente  une 
résistance  plus  grande  au  passage  de  l'électricité  qu'une  plus  épaisse. 
On  s'en  rendra  compte  aisément,  toutefois,  si  l'on  se  rappelle  que  le 
courant  détruit  la  conductibilité  et  qu'une  couche  plus  épaisse  con- 
tenant plus  de  particules  conductrices,  le  courant  nécessaire  pour  le» 
détruire  toutes  sera  plus  intense. 

Les  expériences  montrent  que  la  distance  entre  les  électrodes  (deux 
plateaux  parallèles)  a  une  action  très  marquée  sur  le  courant.  Les 
Tableaux  suivants  montrent  le  résultat  de  quelques  expériences 
effectuées  à  ce  sujet  : 

Différence  de  potentiel  entre  les  électrodes  60  volts. 

Distance 
entre  les  électrodes  Courant 

(en  millimétrés).  (échelle  arbitraire). 

0,10 9 

0 , l 'A 1 5 

o ,  ';>5 -21 

0,5 37 

1,0 5o 

1,^) 62 

3 9» 

8 110 

Avec  cette  grande  différence  de  potentiel,  le  courant  était  saturé 
dans  toutes  les  expériences. 


SUR  LE  PASSAGE   DB  L*BLECTRICITÉ  A   TRAVERS   LES  GAZ  RÔNTGBNI8É8.       769 

Le  Tableau  suivanl  contient  les  mesures  faites  avec  une  faible  diffé- 
rence de  potentiel  : 

Différence  de  potentiel  entre  les  électrodes  i"*",3. 

Distance 
entre  les  électrodes  Courant 

(en  millimètres).  (échelle  arbitraire). 

o,25 10 

0,75 32 

2 48 

3 53 

8 53 

18 40 

Dans  ce  cas,  Teffel  de  la  distance  n^est  pas  si  bien  marqué  que 
iians  le  précédent  où  la  force  électromotrice  était  suffisante  pour 
saturer  le  courant  à  toutes  les  distances. 

La  mesure  de  la  vitesse   de  déperdition,    quand    le   courant  est 
saturé,  nous  permet  d'évaluer  le  nombre  de  particules  conductrices 
pr^ntes  dans  le  gaz  ;  car,  dans  ce  cas,  le  nombre  de  particules  con- 
dactrices  produites  par  les  rayons  dans  l'unité  de  temps  est  égal  à  la 
quantité  d'électroljte  détruite  par  le  courant  pendant  le  même  temps. 
Prenons  le  cas  de   l'hydrogène.  Quand   le  courant  était  saturé,  la 
vitesse  de  déperdition  entre  les  deux  plateaux  ayant  chacun  environ 
lo*"'  de  superficie  et  situés  à  une  distance  de  i*^"*,  était  d'environ 
I  volt  par  seconde,  une  capacité  d'environ  So*^*"  étant  reliée  à  l'élec- 
tromètre.  Ainsi  la  quantité  d'électricité  passant  entre  les  plateaux  en 
I  seconde  était  d'environ   io~*   unités  électrostatiques,  ou  jXio'* 
unités  électromagnétiques  et  cette  quantité  est  suffisante  pour  élec- 
trolyser  tout  le  gaz  électroly tique  produit  par  les  rayons  de  Rontgen. 
Maintenant,  une  unité  électromagnétique  d'électricité  met  en  liberté 
io~*  grammes  d'hydrogène,  ou  environ  i*""'  à  la  température  et  sous 
la  pression  ordinaire  de  l'atmosphère.  Par  suite,  ^  x  lo**  unités  élec- 
tromagnétiques correspondent  à  un  nombre  à  peu  près  égal  de  centi- 
mètres cubes  d'hydrogène;  le  volume  de  l'espace  compris  entre  les 
électrodes  était  d'à  peu  près  lo*^™',  de  sorte  que,  dans  cette  expérience, 
la  fraction  du  gaz  électrolysé  était  seulement  ~  x  10"*=*,  c'est-à-dire 
un  irois-trillionième  de  la  quantité  totale  de  gaz.  il  n'est  pas  sur- 
prenant que  nous  ayons  trouvé  des  résultats  négatifs  dans  les  quelques 
expériences  faites  par  nous  pour  voir  si    un  gaz  transmettant  des 
rayons  de  Rontgen  ne  subit  aucune  variation  de  pression.  Le  calcul 
S.  P.  49 


770  J.-J>   THOMSON   ET  E.    BUTHERPORD. 

précédent  donne  le  nombre  moyen  de  particules  conductrices;  si  la 
conductibilité  n'est  réalisée  que  par  intermittences,  il  peut  y  avoir,  à 
certaines  époques,  un  nombre  bien  plus  grand  de  ces  molécules 
présentes.  Il  est  probable  qu'en  tout  cas,  quand  le  courant  est  saturé, 
le  pouvoir  conducteur  est  intermittent.  L'action  de  la  bobine  em- 
ployée pour  faire  passer  la  décharge  à  travers  le  tube  à  vide  est  inle^ 
mittente;  si  donc,  entre  le  passage  de  deux  décharges,  la  conducti- 
bilité a  le  temps  de  disparaître  (et  la  vitesse  avec  laquelle  elle  dispa- 
raît est  très  grande  quand  un  courant  passe  à  travers  le  gaz),  le  gai 
sera  alternativement  isolant  et  conducteur. 

L'expérience  suivante  est  expliquée  par  le  caractère  intermittenl 
de  la  décharge.  Le  gaz  soumis  à  l'action  des  rayons  de  Rôntgen  était 
contenu  à  l'intérieur  d'un  morceau   de  tube  de  plomb  ouvert  aux 
deux  bouts;  ce  tube  était  relié  à  l'une  des  extrémités  d'une  batterie 
dont  l'autre  extrémité  était  mise  en  communication  avec  un  fil  métal- 
lique placé  suivant  l'axe  du  tube.  En  soufflant,  on  faisait  circuler  de 
l'air  à  travers  le  tube  et  l'on  trouvait  que,  lorsque  le  courant  entre  le 
fil  et  le  tube  était  faible,  la  circulation  de  l'air  le  diminuait  notable- 
ment,  tandis  qu'un   courant  voisin  de  la  saturation   était  à  peine 
influencé  par  la  manœuvre  du  soufflet.  Quand  le  courant  était  in- 
fluencé, le  gaz  chassé  hors  du  tube  était  conducteur;  quand  le  courant 
n'était  pas  modifié,  le  gaz  n'était  pas  conducteur.  Si  le  gaz  avait  été 
exposé  à  une  radiation   d'intensité   constante,   le  courant  d'air  ne 
l'aurait  pas  modifié,  à  moins  que  le  temps  pris  par  le  gaz  pour  devenir 
conducteur  sous  l'influence  des  rayons  ne  soit  comparable  au  temps 
employé  par  le  gaz  pour  aller  d'un  bout  à  l'autre  du  tube;  ceci  est 
inadmissible,  étant  donné  ce  que  nous  savons  par  d'autres  expériences 
sur  la  rapidité  d'action  des  rayons.  Mais  si  l'état  du  gaz  est  inter- 
mittent, puisque  le  courant  d'air  continue  quand  les  rayons  n'agissent 
plus,  il  entraîne  du  gaz  qui  est  conducteur  et,  par  suite,  diminue  sa 
conductibilité  moyenne. 

Pour  en  revenir  à  l'équation  (3),  si  I  est  la  valeur  de  i  pour  E 
infini,  nous  pouvons  écrire  l'équation  sous  la  forme 

(4)  I-i  =  C^, 

dans  laquelle 

^  =  nji' 

et  ne  dépend  ni  de  E  ni  de  i. 

Nous  avons  observé  la  relation  entre  le  courant  et  la  force  éleclro- 


SUE  LB  PASSAGE   OK   l'bLBCTRICITÊ   A   TRAVBRS   LES  GAZ  R5NTGBNI8BS.       77 1 

motrice  pour  plusieurs  gaz  et  pour  différentes  intensités  des  rayons 
de  Rontgen.  La  comparaison  des  résultats  de  ces  expériences  avec 
i^é<|uation  (4)  est  donnée  dans  les  Tableaux  suivants  : 

Les  gaz  employés  ont  été  le  chlore,  l'air,  l'hydrogène,  le  gaz  d'éclairage, 
rbydrogéne  sulfuré  et  la  vapeur  de  mercure.  Les  forces  électromotrices 
variant  de  i,4  ^  i4o»  les  valeurs  numériques  du  courant  observé  et  du  courant 
calculé  à  Faide  de  l'équation  (  4  )  concordent,  avec  des  écarts  relatifs  non  systé- 
jDatiques  atteignant  rarement  jq  et  généralement  inférieurs  à  j^. 

Comme  ces  mesures  exigent  que  l'intensité  de  la  radiation  soit 
maintenue  constante  pendant  chaque  série  d'observations,  condition 
très  difficile  à  réaliser,  nous  regardons  l'accord  entre  la  théorie  et 
Tobservation  comme  aussi  satisfaisant  qu'on  pouvait  l'espérer. 

Nous  avons  vu  comment  la  mesure  du  courant  de  saturation  permet 
d'évaluer  la  proportion  des  particules  conductrices  par  rapport  au  reste 
des  molécules  du  gaz.  Nous  pouvons  de  plus,  à  l'aide  de  la  courbe 
représentant  la  relation  entre  le  courant  et  la  force  électromotrice, 
obtenir  une  évaluation  de  la  vitesse  avec  laquelle  ces  particules  se  dé~ 
placent.  Prenant  l'équation  (3) 

nous  chercherons  à  exprimer  les  coefficients  à  l'aide  des  quantités  que 
nos  expériences  nous  permettent  d'évaluer.  Soit  1  le  courant  limite 
pour  une  force  électromotrice  infinie,  on  a 

SoitT  le  temps  qui  doit  s'écouler  après  la  suppression  des  rayons 
pour  que  le  nombre  de  particules  conductrices  tombe  à  la  moitié  du 
nombre  de  celles  qui  existaient  immédiatement  avant  cette  suppres- 
sion, aucun  courant  ne  traversant  le  gaz.  On  a,  d'après  l'équation  (2), 
juste  avant  que  les  rayons  cessent  de  tomber  sur  le  gaz, 

où  N  représente  le  nombre  de  particules  conductrices  présentes  à  cet 
instant;  quand  les  rayons  ont  disparu,  on  a 

dn 


77^  I~<1*   THOMSON   BT   E.    RUTHERFORD. 

OU  bien 

n       N 

Si  /  représente  le  temps  écoulé  depuis  la  suppression  des  rajons, 
on  a,  pour  ^  =  T, 


par  suite 


N 

71=    -, 
•2 


N=«T; 


remplaçant  N  par  sa  valeur,  nous  obtenons 

T»=  —, 

ou  bien 

I  It 


a  = 


T»y       T»I 


Remplaçant  ^^  et  a  par  les  valeurs   précédentes,    l'équation  (4) 

devient 

I  — t  _       /»  i«  e 

ou  bien 

Donc,  dans  la  partie  rectiligne  de  la  courbe,  où  i  est  petit  comparé 
à  I,  nous  avons  approximativement 

(6)  l--?^- 

Maintenant  -j-  est  la  somme  des  vitesses  des  particules  chargées 

positivement  et  négativement  dans  le  champ  électrique  unité.  Par 
suite,  l'équation  (6)  montre  que  le  courant  et  son  maximum  sontres- 
pectivement  dans  le  même  rapport  que  le  chemin  parcouru  par  les 
particules  chargées  pendant  le  temps  T,  et  la  distance  qui  sépare  les 
électrodes.  Dans  une  expérience  où  /était  d'environ  i^"',  la  vitesse  de 
déperdition  à  travers  l'air,  pour  une  différence  de  potentiel  de  i  volt^ 
était  d'environ  -^  de  la  vitesse  maximum  de  déperdition;  par  suite^ 
les  particules  chargées  devaient,  pendant  le  temps  T,  se  déplacer  d'en* 
viron  -^  de  centimètre.  Le  temps  T  dépendra  de  l'intensité  de  la  ra- 
diation; on  pourrait  le  déterminer  en  mesurant  la  vitesse  de  déperdi- 


m  LB  PAS8A6E  DK   l'KLSCTRICITB  A  TRAVEBS   LBS  CAZ  BONTGENIBÉB.       77$ 

tion  en  difTéreats  points  du  tube  à  travers  lequel  on  soufilail  le  gaz 
tflnducteur  dans  l'expérience  citée  au  début. 

Nous  espérons  pouvoir  faire  ces  expériences  et  obtenir  des  valeurs 
niclespourT;  en  attendant,  des  expériences  grossières  déjà  faites, 
Hus  pensons  pouvoir  conclure  queT  était  de  l'ordre  de  ^  de  seconde, 
itecl'jatensité  de  radiation  généralement  employée.  Ceci  donnerait 
pour  les  vitesses  des  particules  chargées  dans  l'air  environ  o'"",3i)par 
seconde  pour  une  chute  de  potentiel  de  i  volt  par  centimètre.  C'est 
*ne  1res  grande  vitesse  comparée  à  celle  des  ions  à  travers  un  électro- 
Ijle;  loutefois  elle  est  faible  comparée  à  la  vitesse  avec  laquelle  un 
itoine  transportant  une  charge  atomique  se  déplacerait  dans  un  gaz  à 
la  pression  atmosphérique.  Si  nous  calculons  celte  vitesse  paria  théorie 
tin^lique  des  gaz,  nous  trouvons  que  pour  l'air  elle  est  de  l'ordre 
de  io"' par  seconde  ;  ce  résultat  semble  indiquer  que  les  particules 
ditrgées  dans  le  gaz  soumis  à  l'action  des  rayons  de  Riintgen  sont  les 
tenues  d'un  agrégat  composé  d'un  nombre  considérable  de  molécules. 

La  relation  entre  le  courant  et  la  force  éleciromotrice  donnée  par 
t'é<|uation(4)  correspond  à  celle  que  donne  l'expérience  pour  pla- 
neurs gaz  ;  cependant  elle  ne  montre  pas  une  particularité  que  nous 
1*009  souvent  observée,  spécialement  quand  la  radiation  était  intense, 
iuvoir  l'existence  d'une  partie  de  la  courbe  où  le  courant  crott  plus 
«le  qu'il  ne  ferait  si  la  loi  d'Ohm  était  vraie  ;  c'est  ce  que  montre  la 
porlioD  EF  de  la  courbe  dans  la  figure  a,  qui  représente  la  relation 


entre  le  couranl  et  la  force  électromotrice  pour  l'hydrogène  sulfuré. 
Quand  l'intensité  des  rayons  de  Kontgen  est  modifiée,  le  courant 

n'est  pas  modifié  de  la  même  façon  aux  différents  points  de  la  courbe. 
Quand  on  diminue  l'intensité  de  ces  rayons,  le  courant  de  satura- 
tion est  diminué  dans  une  proportion  plus  considérable  que  le  courant 
correspondaal  à  de  faibles  forces  électromotrices.  C'est  ce  que  montre 


I.-J.  THOHMN  HT  B.   HUTHBBFOHD. 


la  figure  suivante  qui  représente  les  courbes  d'intensité  du  courant 
en  fonction  de  la  force  électro motrice  à  travers  le  chlore  pour  dilTé- 
rentes  intensités  des  rayons  de  Riintgen;  la  radiation  faible  était  obte- 

Flg.  3. 


nue  en  interposant  une  plaque  d'aluminium  épaisse.  On  y  a  multiplié 
les  ordonnées  relatives  à  la  radiation  faible  de  façon  à  faire  coïncider 
le  courant  de  saturation  de  la  radiation  faible  avec  celui  de  la  radia- 
tion intense.  On  voit  qu'après  cette  opération  tout  le  reste  de  la 
courbe  se  rapportant  à  la  faible  radiation  est  au-dessus  de  l'autre, 
montrant  ainsi  que  la  diminution  d'intensité  de  la  radiation  agit  sur  le 
courant  de  saturation  dans  une  plus  forte  proportionque  sur  les  cou- 
rants plus  faibles.  Le  courant  de  saturation  dépend  seulement  du 
nombre  de  particules  conductrices  produites  par  les  rayons  ;  pour  le» 
courants  plus  faibles,  la  diminution  du  nombre  de  molécules  est  com- 
pensée dans  une  certaine  mesure  par  l'augmentation  du  temps  qu'elles 
emploient  à  se  recombiner  ;  par  suite,  T  augmente  quand  l'intensité  des 
rayons  diminue,  de  sorte  que,  ainsi  que  le  montre  l'équatîon  (6),  un 
courant  faible  devient  une  plus  forte  fraction  du  courant  de  saturation 
quand  l'intensité  des  rayons  diminue. 

Quelle  que  soit  la  grandeur  de  la  force  électromolrice,  une  dimi- 
nution de  l'intensité  des  rayons  est  accompagnée  d'une  diminution  du 
courant,  de  sorte  que  les  courbes  représentant  I  en  fonction  de  E 
pour  deux  intensités  dilTérentes  de  la  radiation  ne  se  couperaient  pas 
si  on  les  dessinait  toutes  les  deux  à  la  même  échelle. 

Toutefois,  si,  au  lieu  de  conserver  le  même  gaz  et  de  changer  l'inten- 
sité de  la  radiation,  nous  changeons  le  gaz  en  maintenant  l'intensité 
des  rayons  constante,  les  courbes  représentant  I  en  fonction  de  E  pour 
deux  gaz  différents  peuvent  se  couper.  C'est  ce  que  montre  la  ligure 
suivante  qui  représente  ces  courbes  pour  l'hydrogène  et  l'air.  On 


SI!  Ls  PASSAGE  DE  l'élsctbicitk  a  thavehb  les  oaz  hôntcknisés.     775 

Taitqiie,pourde  faibles  forces  électromolrices,  le  courant  est  plus 
irtease  dans  l'hjdrogène  que  dans  l'air,  tandis  que  le  courant  de 
tatuntion  est  beaucoup  plus  ^nd  dans  l'air  que  dans  l'hjrdrogène. 

Fig.  4. 


Urourant  de  saturation  dépend  simplement  du  nombre  des  parti- 
cuin  conductrices  produites  par  les  rajons,  tandis  que  le  courant 
iuait  première  partie  delà  courbe  dépend  de  l'espace  parcouru  par 
Inpirticnles  conductrices  pendant  le  temps  T  [voir  équation  (6)}, 
(I  nous  en  concluons  que  les  rayons  produisent  un  plus  grand  nombre 
fie  particules  conductrices  dans  l'air  que  dans  l'bydrogène,  mais  que 
le  produit  de  U,  vitesse  de  ces  particules,  par  T,  qui  est  proportionne 
au  temps  pendant  lequel  ces  particules  persistent  après  U  suppression 
iti  rajons,  est  plus  grand  pour  l'hydrogène  que  pour  l'air. 
La  tigure  5  représente  les  courbes  relatives  au  chlore,  à  l'hydrogène 


ilfuré  et  à  la  vapeur  de  mercure  dessinées  à  des  échelles  qui  fassent 
jïncider  les  ordonnées  représentant  les  quatre  courants  de  satura- 
on.  On  remarquera  que  les  courbes  relatives  à  l'air,  à  l'hydrogène 


77^  '•-'•   THOMSON  ET   B.    RUT HER FORD. 

sulfuré  et  au  chlore  coïncident,  tandis  que  la  courbe  de  la  vapeur  de 
mercure  se  place  au-dessous  et  que  la  courbe  de  l'hydrogène  se  pla- 
cerait au-dessus.  En  employant  la  notation  de  Téquation  (6),  ceci 
montre  que  le  produit  UT  est  le  même  pour  Tair,  le  chlore  et  l'hydro- 
gène sulfuré,  et  que  sa  valeur  pour  ces  gaz  est  plus  petite  que  pour 
l'hydrogène  et  plus  grande  que  pour  la  vapeur  de  mercure. 

Il  est  remarquable  que  les  formes  des  courbes  coïncident  si  bien 
pour  l'air,  l'hydrogène  sulfuré  et  le  chlore,  car  les  valeurs  absolues 
du  courant  à  travers  ces  trois  gaz  sont  très  diflTérentes,  le  courant  de 
saturation  dans  l'hydrogène  sulfuré  étant,  dans  certains  cas,  trois  ou 
quatre  fois  plus  grand  que  dans  l'air  et  celui  du  chlore  pouvant 
atteindre  une  valeur  dix  l'ois  plus  grande  que  celui  de  l'air. 

La  valeur  du  courant  de  saturation  varie  beaucoup  dans  des  gaz 
différents;  parmi  ceux  que  nous  avons  essayés,  c'est  dans  l'hydrogène 
qu'il  a  sa  valeur  la  plus  faible,  dans  la  vapeur  de  mercure  sa  valeur  la 
plus  grande;  cette  dernière  est  environ  vingt  fois  plus  grande  que 
celle  de  l'air.  Elle  ne  semble  pas  dépendre  entièrement  de  la  densité 
du  gaz,  puisque  dans  l'hydrogène  sulfuré  elle  est  trois  ou  quatre  fois 
plus  grande  que  dans  l'air,  bien  que  les  densités  soient  presque 
égales,  tandis  que  le  courant  de  saturation  dans  CH^P,  qui  a  une 
densité  de  vapeur  plus  grande  que  celle  du  mercure,  ne  représente 
qu'une  faible  fraction  de  sa  valeur  dans  la  vapeur  de  mercure.  Les 
gaza  courant  de  saturation  intense  sont  ceux  qui  contiennent  les 
éléments  présentant  un  pouvoir  inducteur  spécifique  anormalement 
grand  comparé  à  leur  valence. 

Nous  avons  fait  un  grand  nombre  d'expériences  pour  voir  s'il  se 
produit  de  la  polarisation  quand  un  courant  traverse  le  gaz;  toutefois 
nous  n'avons  pu  nous  convaincre  de  l'existence  d'un  tel  effet.  L'ab- 
sence de  polarisation  indiquerait  que  les  ions  sont  capables  d'aban- 
donner leur  charge  aux  électrodes  métalliques.  Cependant  les  expé- 
riences sur  les  gaz  électrisés  montrent  qu'il  est  très  difficile  de  faire 
passer  une  charge  électrique  d'un  gaz  sur  un  métal  k  moins  que  le 
métal  ne  soit  exposé  à  un  rayonnement  obtenu  soit  en  chauffant  le 
métal  assez  pour  le  rendre  lumineux,  soit  en  y  faisant  tomber  des 
rayons  ultra-violeïs.  Mais  dans  le  cas  du  passage  de  l'électricité  à 
travers  un  gaz  qui  a  été  soumis  à  l'action  des  rayons  de  Rontgen,  la 
conduction  se  produit  même  quand  le  système  n'est  pas  exposé  au 
rayonnement  direct  du  tube;  nous  croyons  donc  probable  que  le  gaz 
lui-même  rayonne  après  avoir  été  exposé  aux  rayons  de  Rontgen. 

Pour  le  voir  nous  avons  tenté  l'expérience  suivante  :  AB,  CD  sont 


sut  LE   PAS8A6B   DE  L'ÉLECTRICITÉ  A  TRAVERS   LES  GAZ   RÔNTGENI8ÉS.       777 

deux  cylindres  concentriques  en  tube  de  plomb  épais;  la  base  du 
cylindre  intérieur  était  en  carton  de  façon  à  permettre  aux  rayons  de 
Ronlgen  de  traverser  le  gaz  qu'il  contenait.  Un  anneau  métallique 
cuil  placé  entre  les  deux  cylindres  et  relié  à  l'une  des  paires  de  qua- 

Fig.  6. 


0 

^ 

0 

A     C 


0     B 


dranls  d'un  électromèlre,  de  façon  qu'on  pût  mesurer  sa  vitesse 
de  déperdition  quand  on  le  portait  à  un  potentiel  élevé.  Le  cylindre 
ifllérieur  présentait  une  fente  située  de  telle  façon  et  de  dimensions 
telles  qu'aucun  rayon  provenant  du  tube  ne  pouvait  la  traverser  direc- 
tement. L'appareil  était  rempli  de  chlore,  gaz  donnant  une  vitesse  de 
déperdition  très  rapide.  Quand  la  fente  était  découverte,  il  y  avait 
déperdition  rapide^  grâce  à  la  dilfusion  du  gaz  provenant  du  cylindre 
iBtériear  et  qui  avait  été  soumis  à  l'action  des  rayons  de  Rimtgen. 
Mais,  quand  la  fente  était  recouverte  d'une  bande  de  papier,  la  déper- 
dition cessait  complètement,  bien  que  l'anneau  relié  à  l'électromètre 
lût  placé  au  même  niveau  que  la  fente,  et  par  suite  exposé  à  toute 
radiation  pouvant  provenir  du  gaz.  Ce  rayonnement,  s'il  existe,  doit 
donc,  ou  bien  être  de  très  faible  intensité,  ou  du  moins  différer  des 
rayons  de  Rontgen  en  ce  qu'il  ne  rend  pas  conducteur  un  gaz  qu'il 
traverse.  Nous  sommes  tentés  de  penser  que,  lorsque  les  rayons 
de  Rontgen  tombent  sur  une  surface  métallique,  les  rayons  qui  ont 
subi  la  soi-disant  réflexion  diffuse  ne  présentent  pas  les  mêmes 
earaclères  que  les  rayons  incidents  et  n'ont  pas,  à  beaucoup  près,  le 
même  pouvoir  de  rendre  conducteurs  les  gaz  qu'ils  traversent.  Cette 
<^pmion  est  basée  sur  les  expériences  que  nous  avons  faites  pour 
roelire  en  évidence  l'existence  d'effets  électriques  dus  aux  rayons 
soi-disant  réfléchis;  malgré  de  nombreuses  tentatives,  nous  n'avons 
jamais  pu  déceler  l'existence  d'aucun  effet  électrique  produit  par  les 
layons  réfléchis.  Ainsi,  nous  avons  introduit  dans  l'appareil  de  la 
"gure6  une  plaque  de  plomb  inclinée  à  45"  sur  Taxe  du  cylindre  et 
placée  de  façon  à  renvoyer  les  rayons  à  travers  la  fente  qui  était  cou- 


7/8      THOMSON   ET  RUTHBRFORD.    ^   SUR   LE   PASSAGE  DE   L'ELECTRICITE,    ETC. 

verte  d'une  bande  de  papier;  le  dispositif  était  tellement  sensible 
qu'on  aurait  pu  facilement  mettre  en  évidence  la  déperdition  de  l'an- 
neau de  métal,  si  la  plaque  avait  seulement  réfléchi  j^  du  rayon- 
nement incident;  et  pourtant  il  n'y  avait  pas  trace  de  déperdition.  Les 
résultats  d'expériences  sur  les  eflets  photographiques  que  produisent 
les  rayons  diffusés  par  les  plaques  métalliques  semblent  montrer  que 
ces  rayons  sont  assez  abondants.  Rapprochant  ce  résultat  de  l'ab- 
sence de  tout  effet  électrique  appréciable  produit  par  ces  rayons 
ayant  subi  la  réflexion  difluse,  nous  pensons  que  ces  rayons  n'ont  pas 
les  mêmes  caractères  que  les  rayons  incidents  (*  ). 

Nous  n'avons  pu  déceler  aucun  effet  produit  par  un  champ  magné- 
tique sur  la  vitesse  de  déperdition;  nous  avons  essayé  avec  les  lignes 
de  force  magnétique  parallèles  et  aussi  perpendiculaires  au  courant, 
et  aussi  bien  avec  des  courants  faibles  qu'avec  des  courants  saturés. 

La  vitesse  de  déperdition  par  l'air  desséché  en  restant  trois  jours 
en  présence  d'anhydride  phosphorique,  ne  diflere  pas  sensiblement  de 
celle  qui  est  produite  par  l'air  humide  de  la  salle. 

En  terminant,  faisons  remarquer  que  la  durée  de  rayonnement 
uniforme  d'un  tube  à  vide  n'est  pas  longue;  comme  la  plupart  de  nos 
expériences  exigeaient  une  vitesse  d'émission  constante,  nous  avons 
dû  en  employer  un  très  grand  nombre,  tous  fabriqués  par  M.  E.  Eve- 
rett,  que  nous  désirons  remercier  à  ce  sujet. 


(')  Les  premières  Notes  de  G.  Sagnac,  sur  la  transformation  des  rayons  de  Rôntgen 
par  la  matière,  ont  été  publiées  aux  Comptes  rendus,  en  juillet  1897  C^*  CXXV,  p.  168 
et  33o;.  {Note  du  traducteur.) 


RAYONS   CATHODIQUES, 

Par  J.-J.  THOMSON. 
Traduit  de  Tanglais  par  P.  LUGOL. 


Philosophical  Magazine,  5*  série,  t.  XLIV,  1897,  p.  agS-SiG. 


Les  expériences  discutées  dans  ce  Mémoire  ont  été  entreprises 
dans  Tespoir  d^acquérir  quelque  connaissance  de  la  nature  des  rayons 
cathodiques.  Les  opinions  les  plus  diverses  ont  été  soutenues  au  sujet 
(le  ces  rayons.  De  Tavis  presque  unanime  des  physiciens  allemands, 
ils  sont  dus  à  un  moavement  dans  l'éther  sans  analogue  dans  les 
phénomènes  observés  jusqu'à  présent,  puisque  leur  trajectoire  dans 
un  champ  magnétique  uniforme  est  circulaire  et  non  rectiligne  ;  sui- 
vant une  autre  opinion  ces  rayons,  bien  loin  d'être  tout  à  faitéthérés, 
sont  entièrement  matériels,  et  figurent  les  trajectoires  de  particules 
de  matière  électrisées  négativement.  Il  semblerait  à  première  vue  qu'il 
ne  doit  pas  être  difficile  de  décider  entre  des  opinions  aussi  différentes, 
mais  les  faits  montrent  qu'il  n'en  est  pas  ainsi,  puisque,  parmi  les 
physiciens  qui  ont  le  plus  approfondi  la  question,  on  peut  rencontrer 
des  défenseurs  des  deux  théories. 

Au  point  de  vue  de  la  recherche,  la  théorie  de  la  particule  élec- 
irisée  a  un  grand  avantage  sur  la  théorie  éthérée,  puisqu'elle  a  un 
»ens  précis,  et  que  l'on  en  peut  prédire  les  conséquences;  avec  la 
théorie  éthérée  il  est  impossible  de  prédire  ce  qui  arrivera  dans  des 
circonstances  données,  puisque  d'après  elle  on  a  afl'aire  à  des  phéno- 
mènes ayant  leur  siège  dans  l'éther,  encore  inobservés,  et  dont  nous 
ignorons  les  lois. 

Les  expériences  suivantes  ont  été  faites  pour  contrôler  quelques- 
unes  des  conséquences  de  la  théorie  de  la  particule  électrisée. 

Charge  transportée  par  les  rayons  cathodiques.  —  Si  ces  rayons 
sont  des  particules  électrisées,  ils   doivent,  en   pénétrant  dans  un 


78o 


J.-J.   THOMSON. 


espace  clos,  y  introduire  une  charge  d'éleclricité  négative.  C'est  ce 
qu'a  montré  Perrin  (*). 

Son  expérience  prouve  que  quelque  chose,  chargé  d'électricité  né- 
gative, est  projeté  par  la  cathode,  normalement  à  sa  surface,  et  que  ce 
quelque  chose  est  dévié  par  un  aimant;  mais,  pourrait-on  objecter, 
elle  ne  prouve  pas  que  la  cause  de  Télectrisation  de  l'électroscope  ait 
quelque  chose  à  voir  avec  les  rayons  cathodiques.  Les  partisans  de  la 
théorie  éthérée  ne  nient  pas  que  des  particules  électrisées  soient  pro- 
jetées par  la  cathode;  ils  nient  que  ces  particules  aient  plus  de  rap- 
port avec  les  rayons  cathodiques  qu'une  balle  de  fusil  n'en  a  avec 
l'éclair  du  coup.  J'ai  alors  répété  l'expérience  de  Perrin  sous  une 
forme  qui  ne  laisse  pas  prise  à  cette  objection.  La  disposition  est  indi- 
quée dans  la  fîgure  i.  Lorsque  les  rayons  cathodiques  (dont  la  tra- 

Fig.  I. 


® 


_C 


Terre 


Etectpométre 

T,  tampon  mélallique  muni  d'une  fenie  qui  laisse  passer  les  rayons  émis  par  la  ca- 
thode A;  il  est  relié  à  l'anode  B  et  à  la  terre. 

K,  cylindres  coaxiaux  munis  de  fentes;  le  cylindre  intérieur  esl  relié  à  l 'électromètre, 
le  cylindre  extérieur  au  sol.  Les  rayons  cathodiques  ne  peuvent  atteindre  les  cylin< 
dres  que  s'ils  sont  déviés  par  un  aimant. 

jectoire  est  définie  par  la  phosphorescence  du  verre)  ne  tombaient 
pas  sur  la  fente,  la  charge  reçue  par  i'électromètre  après  la  mise  en 
action  de  la  bobine  génératrice  des  rayons  était  faible  et  irrégulière; 
mais,  lorsque  les  rayons  étaient  déviés  par  un  aimant  de  manière  à 
tomber  sur  la  fente,  I'électromètre  recevait  une  forte  charge  négative. 


(•)  Journal  de  Phys.,  3»  série,  t,  V,  1896,  p.  35o;  Ann.  de  Chim.  et  de  Phys,, 
7*  série,  t.  XI,  1897,  P*  ^°^'  (  Voir  ce  Recueil.) 


RAYONS  CATHODIQUES.  78 1 

Je  fus  surpris  de  la  grandeur  de  cette  charge  ;  dans  certains  cas  il 
pénétra  dans  le  cylindre  intérieur,  à  travers  la  fente  étroite,  assez 
d^électricité  pour  faire  varier  de  20  volls  jen  1  seconde  le  potentiel 
d'une  capacilé  de  1 , 5  microfarad.  Si  les  rayons  étaient  suffisamment 
déviés  par  Taimant  pour   dépasser  la  fente  du  cylindre,  la  charge 
introduite  dans  le  cylindre  retombait  à  une  faible  fraction  de  la  valeur 
correspondant  à  une  visée  exacte.  Cette  expérience   montre   donc 
que,  pour  autant  que  Ton  contourne  et  dévie  les  rayons  cathodiques 
au  moyen  des  forces  magnétiques,    Félectrisation  négative   suit  le 
même  chemin,  et  que  cette  électrisation  leur  est  indissolublement  liée. 
Quand  les  rayons  sont  dirigés  par  Taimant  de  manière  à  pénétrer  à 
travers  la  fente  dans  le  cylindre  intérieur,  la  déviation  de  Félectro- 
mètre  augmente  jusqu'à  une  certaine  valeur  puis  reste  constante,  bien 
que  les  rayons  continuent  à  affluer  dans  le  cylindre.  C'est  que  le  gaz 
de  Tampoute  devient  conducteur   de  Télectricité  quand  les  rayons 
ie  traversent  ;  et  alors,  bien  que  le  cylindre  intérieur  soit  parfaitement 
isolé  quand  les  rayons  ne  passent  pas,  Fair  compris  entre  les  deux 
cylindres  devient  conducteur  dès  que  les  rayons  traversent  l'ampoule, 
Cl  l'électricité  s'écoule  du  cylindre  intérieur  vers  la  terre.  Sa  charge 
ne  va  donc  pas  en  croissant  continuellement;  il  atteint  un  état  d'équi- 
lilre  dans  lequel   la  vitesse  de  charge   par  les  rayons  est  égale  à  la 
vitesse  de  déperdition  de  l'électricité  par  conduction  à  travers  l'air. 
Si  le  cylindre  intérieur  possède  au  début  une  charge  positive,  il  la 
perd  rapidement  et  en  acquiert  une  négative;  lorsque,  au  contraire  sa 
charge  initiale  est  négative,  elle  diminue  si  ie  potentiel  initial  est  nu- 
mériquement supérieur  au  potentiel  d'équilibre. 

Déviation  des  rayons  cathodiques  par  un  champ  électrique.  —  On  a 
tiré  argument  contre  la  théorie  matérielle  de  l'insuccès  des  premières  expé- 
riences faites  pour  constater  une  déviation  des  rayons  par  un  champ  électrique 
faible, et  attribué  la  déviation  qu'ils  éprouvent  au  voisinage  d'électrodes  reliées 
à  des  sources  à  haut  potentiel  non  à  un  effet  primaire  du  champ,  mais  à  la 
décharge  entre  les  électrodes.  Cet  insuccès  est  dû  à  la  conductibilité  commu- 
lûquée  par  les  rayons  cathodiques  aux  gaz  qu'ils  traversent.  Comme  la  mesure 
<lc  cette  conductibilité  a  montré  qu'elle  diminue  rapidement  à  mesure  que  le 
vide  s'améliore,  on  a  pensé  qu'en  utilisant  un  vide  avancé,  on  aurait  des 
chances  de  constater  une  déviation.  L'expérience  a  été  faite  au  moyen  de 
'appareil  représenté  figure  2. 

Quand  on  reliait  les  électrodes  aux  pôles  d'une  batterie  de  petits  accumuîa- 
^urs  la  trace  lumineuse  du  faisceau  se  déplaçait  du  côlé  de  la  plaque  positive, 
*t  d'une  quantité  proportionnelle  à  la  différence  de  potentiel;  on  a  pu  observer 
^i>  déplacement  pour  une  différence  de  potentiel  de  2  volts. 


78i 


J.-J.    THOMSON. 


C'est  seulement  quand  le  vide  était  bon  que  la  déviation  se 
produisait;  mais  la  preuve  que  Tabsence  de  déviation  est  due  à  la 
conductibilité  du  milieu  est  fournie  par  les  phénomènes   observés 

Fig.  a. 


il 


u 

G,  cathode; 

A,  anode  formée  d'un  tampon  métallique   étroitement  ajusté,  muni  d'une  fente  et 
relié  au  sol; 

B,  autre  tampon  muni  d'une  fente  et  relié  au  sol; 

P,  E, 'plaques  d'aluminium  de  S'^x  a*",  distantes  de  i^'^S: 

F,  échelle  divisée  collée  extérieurement  sur  l'ampoule,  et  servant  à  mesurer  la  dé- 
viation de  la  trace  fluorescente  formée  par  les  rayons. 

<]uand  le  vide  atteint  juste  le  degré  nécessaire  pour  que  la  déviation 
'CommeAceà  se  produire.  Les  rayons  sont  déviés  dès  que  Ton  relie  les 
.électrodes  aux  pôles  de  la  batterie,  mais  si  Ton  maintient  les  con- 
nexions la  tache  phosphorescente  revient  graduellement  à  son  zéro. 
C'est  justement  ce  qui  arriverait  si  r<espace  compris  entre  les  plaques 
-était  conducteur,  mais  peu  conducteur,  car  alors  les  ions  positifs 
^t  les  ions  négatifs  qu'il  renferme  se  diffuseraient  lentement  jusqu'à 
'Ce  que  la  plaque  positive  fût  couverte  d'ions  négatifs  et  la   plaque 
négative  d'ions  positifs;  ainsi  le  champ  électrique  s'évanouirait,  et  les 
rayons  cathodiques  seraient  soustraits  à  toute  force  électrique.  On  en 
voit  une  autre  preuve  dans   ce  qui   se  passe  lorsque,   à  une  pres- 
sion assez  basse  pour  qu'il  y  ait  déviation,  l'on  établit  entre  les  pla- 
.ques  une  grande  différence  de  potentiel,  200  volts  par  exemple;  dans 
ces  conditions  on  observe  une  forte  déviation  des  rayons  cathodiques, 
mais  le  milieu,  sous  l'action  de  la  grande  force  électromotrice,  est 
assez  souvent  rompu  et  une  décharge  brillante  jaillit  entre  les  pla- 
ques; quand  cela  a  lieu,  la  trace  lumineuse  retourne  d'un  saut  à  sa 
position  de  zéro  ;  quand  les  rayons  sont  déviés  par  le  champ  électro- 
. statique,  la  tache  phosphorescente  se  décompose  en  plusieurs  bandes 
brillantes  séparées  par  des  intervalles  relativement  sombres;  le  phé- 
nomène est  entièrement   analogue  à  celui  qu'a  observé   Birkeland 
.quand  les  rayons  cathodiques  sont  déviés  par  un  aimant,  et  qu'il  a 
.appelé  spectre  magnétique 


HATO.XS   RATKOUIQLBS.  78} 

La  déviation  diminue  quant)  la  pression  baisse,  el  quand  par  consé- 
queoL  la  dilTérence  de  potentiel  dans  le  tube  augmente  au  voisinage 
de  la  cathode. 

Condaotibilité  d'un  gu  traversé  par  des  rayons  cathodiques.  — 
La  conductibilité  du  gaz  a  été  étudiée  au  moyen  de  l'appareil  repré- 
seaté  par  la  figure  z.  La  plaque  supérieure  D  était  reliée  à  l'un  des 
pAles  d'une  batterie  de  petits  accumulateurs,  dont  l'autre  pâle  était 
mis  au  sol;  la  seconde  plaque  E  était  réunie  à  l'une  des  armatures  d'un 
condensateur  d'une  capacité  de  i  microTarad  dont  l'autre  armature 
était  au  sol;  une  des  paires  de  quadrants  d'un  élecLromètre  était  éga- 
lement reliée  à  E,  l'autre  paire  au  sol.  Les  deu\  paires  de  quadrants, 
réunies  au  début  de  l'admission  des  rayons  cathodiques  entre  les 
plaques,  sont  ensuite  séparées.  Si  l'espace  compris  entre  les  plaques 
n'est  pas  conducteur,  le  potentiel  de  la  paire  de  quadrants  qui  n'est 
pis  reliée  au  sol  restera  nul,  et  l'aiguille  de  l'électromèire  ne  se  dé- 
placera pas;  dans  le  cas  contraire,  le  potentiel  de  la  plaque  inférieure 
se  rapprochera  de  celui  de  la  plaque  supérieure,  et  l'aiguille  sera  dé- 
liée. Or  il  se  produit  toujours  une  déviation  de  l'éleclromètre,  accu- 
sant l'existence  d'un  courant  entre  les  plaques.  L'intensité  de  ce 
courant  dépend  beaucoup  de  la  pression  du  gaz,  au  point  qu'il  est 
difficile  d'avoir  des  lectures  concordantes  à  cause  des  changements  de 
pression  qui  se  produisent  toujours  dans  le  tube  quand  la  décharge 
le  traverse. 

Prenons  d'abord  le  cas  où  la  pression  commence  juste  à  être  assez 
bible  pour  permettre  à  la  tache  phosphorescente  d'apparaitre  au  fond 
du  tube;  la  Bgure  3  montre  la  relation  entre  le  courant  et  la  dilTé- 

Fig.  3. 


est  reliée  au  p6le  — 
Mt  reliée  au  pOIe  + 


rence  de  potentiel  initiale  des  électrodes.  Les  abscisses  représentent 
la  différence  de  potentiel  initiale  entre  les  plaques,  et  les  ordonnées 
l'accroissement  de  potentiel  de  la  plaque  inférieure  par  minute.  Une 


784  J.-l.   THOMSON. 

division  représente  2  volts  sur  chacun  des  axes,  La  quantité  d'électri- 
cité qui  a  passé  entre  les  plaques  en  une  minute  est  celle  qui  peut 
charger  i  microfarad  à  la  difierence  de  potentiel  indiquée  sur  la 
courbe. 

Même  s'il  n'y  a  pas  de  différence  de  potentiel  initiale,  la  plaque 
inférieure  acquiert  une  charge  négative  grâce  au  choc  de  quelques- 
uns  des  rajons  cathodiques. 

La  courbe  montre  que  le  courant  entre  les  plaques  acquiert  bientôt 
une  valeur  qui  n'est  que  légèrement  affectée  par  l'augmentation  de  la 
différence  de  potentiel  initiale  ;  c'est  un  trait  commun  à  la  conduction 
des  gaz  traversés  par  les  rajons  de  Rontgen,  les  rayons  uraniques,  la 
lumière  ultra-violette,  et,  comme  on  le  voit,  les  rayons  cathodiques. 
La  vitesse  de  fuite  est  à  peu  près  la  même,  que  la  plaque  supérieure 
soit  positive  ou  négative  au  début. 

Le  courant  ne  dure  que  peu  de  temps  ;  il  cesse  bien  avant  que  le 
potentiel  de  la  plaque  inférieure  approche  de  celui  de  la  plaque  supé- 
rieure. Par  exemple,  quand  le  potentiel  de  la  plaque  supérieure  était 
H-  4oo  volts,  celui  de  la  plaque  inférieure  ne  s'éleya  jamais  au-dessus 
de  6  volts.  De  même  quand  la  plaque  supérieure  était  reliée  au  pôle 
négatif  de  la  batterie,  la  chute  de  potentiel  de  la  plaque  inférieure 
était  très  faible  comparativement  à  la  différence  de  potentiel  entre  la 
plaque  supérieure  et  le  sol. 

C'est  ce  que  l'on  pourrait  attendre  si  le  gaz  était  bien  meilleur 
conducteur  entre  les  plaques  et  le  tampon  h{fig.  2)  qu'entre  les 
plaques  elles-mêmes,  car  la  plaque  inférieure  doit  être  dans  un  état 
stationnaire  quand  le  courant  qui  lui  vient  de  la  plaque  supérieure  est 
égal  à  celui  qu'elle  envoie  vers  le  tampon  ;  une  faible  différence  de 
potentiel  entre  la  plaque  inférieure  et  le  tampon  sera  alors  compatible 
avec  une  forte  différence  entre  les  plaques. 

Considérons  maintenant  l'autre  cas  extrême,  celui  où  la  pression  a 
la  plus  faible  valeur  compatible  avec  le  passage  de  la  décharge  dans- 
l'ampoule.  Quand  les  plaques  ne  sont  pas  reliées  à  la  batterie  la 
plaque  inférieure  se  charge  négativement,  mais  avec  une  très  grande 
lenteur  en  comparaison  de  l'effet  observé  dans  le  cas  précédent. 
Lorsque  la  plaque  supérieure  est  négative,  ce  courant  qui  va  vers  la 
plaque  inférieure  n'augmente  que  très  peu,  même  si  la  différence  de 
potentiel  atteint  4oo  volts;  sous  une  petite  force  électromotrice, 
20  volts  environ,  la  vitesse  de  fuite  paraît  un  peu  diminuée.  On  ne 
peut  pas  employer  de  différences  de  potentiel  dépassant  beaucoup 
400    volts;    en   effet,   bien  que   le   diélectrique   compris   entre  les- 


RAYONS  CATHODIQUES.  7^5 

plaques  soit  capable  de  les  supporter  pendant  quelques  instants,  un 
arc  extrêmement  brillant  éclate  bientôt  entre  les  plaques  et  libère 
assez  de  gaz  pour  détruire  le  vide.  Les  raies  du  spectre  de  cette  lueur 
sont  principalement  les  raies  du  mercure;  son  passage  laisse  des 
traces  très  particulières  sur  les  plaques  d'aluminium. 

Lorsque  la  plaque  supérieure  était  positive,  la  charge  négative 
communiquée  à  la  plaque  inférieure  était  amoindrie,  et  devenait 
nulle  quand  la  différence  de  potentiel  entre  les  plaques  était  d'en- 
viron 20  volts;  mais  à  la  plus  basse  pression,  quelque  grande  que  fût 
la  différence  de  potentiel  (plus  de  4oo  volts),  la  déperdition  d'élec- 
tricité positive  vers  la  plaque  inférieure  n'était  aucunement  compa- 
rable à  la  déperdition  d'électricité  négative  (vers  la  même  plaque) 
observée  quand  les  deux  plaques  étaient  détachées  de  la  batterie.  De 
fait,  à  cette  très  basse  pression,  tout  justifie  l'opinion  que  les  elTets 
observés  sont  dus  à  des  particules  électrisées  cheminant  le  long  des 
rayons  cathodiques,  tandis  que  le  reste  du  gaz  possède  une  faible 
conductivité.  On  a  fait  quelques  expériences  avec  un  tube  semblable 
à  celui  de  la  figure  2,  sauf  que  l'absence  du  tampon  B  permettait  à 
un  beaucoup  plus  grand  nombre  de  rayons  cathodiques  de  passer  entre 
les  plaques.  Quand  la  plaque  supérieure  était  reliée  au  pôle  positif  de 
la  batterie  une  décharge  lumineuse  à  stratifications  bien  marquées 
jaillissait  entre  cette  plaque  et  le  tampon  relié  à  la  terre  à  travers 
lequel  s'écoulaient  les  rayons  cathodiques;  elle  se  produisait  même 
avec  une  diflerence  de  potentiel  (entre  la  plaque  et  le  tampon)  ne  dé- 
passant pas  20  volts.  Il  semble  donc  que  si  l'on  envoie  dans  un  gaz 
(les  rayons  cathodiques  provenant  d'une  source  extérieure  à  la  cathode, 
une  faible  diflerence  de  potentiel  suffit  à  produire  la  décharge  ca- 
ractéristique. 

Déviation  magnétique  des  rayons  cathodiques  dans  différents  gaz. 
—  Cette   déviation  a   été  étudiée   au  moyen  de   l'appareil   suivant 

Les  rayons  pénétrant  dans  la  cloche  F  à  travers  la  fente  passaient 
le  long  d'une  plaque  de  verre  verticale  divisée  en  petits  carrés.  La 
cloche  était  placée  entre  deux  grandes  bobines  parallèles  montées 
comme  un  galvanomètre  de  Helmholtz.  On  repérait  la  trajectoire  des 
rayons  en  photographiant  la  cloche  pendant  que  les  rayons  la  traver- 
saient; le  quadrillage  de  la  plaque  permettait  de  déterminer  cette 
trajectoire.  Sous  l'action  du  champ  magnétique  le  mince  faisceau  de 
rayons  cathodiques  s'étale  en  une  large  luminosité  en  forme  d'éven- 
S.  P.  5o 


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p;i9  r*tii^*r  ;•  1^  i:kiiif^i^  \^t  une  lueur  âpprécLkiî»*.  l--r:i  :^  _  : -Iîs* 
¥  atoîr  d;ffM  ^ï'^uin:^  \9Hrtic,t  'Ju  ^az  une  âl>*jaiiz.:r  \i:2l\i,  ->■  l^ 
poÎAl  Ir^'»  îfilére^^anL  rni*  en  lumi^-re  par  Ir-  phot- .jritLi-f'f.  -<  ^"^ 
daii.4  un  i:ï%'Hit%\9  rn;<;rn/:ti'|ue   donné,    entre  1rs  limitr:-'  'iu^ùe^  riiîl^ 
une  différence  Je  (>/#tentiel  moyenne  é;:alemenl  Jvnnrr-.u  trije^-tou* 
Je*  Tzyotïs  t'M  \ntU'.\t«'.w\iiuU'  de  \h  n;ilure  ilu  '^dz.  ^Jn  a  ph-;t  ,:raphié 
la  dëeliarjçe  dann  l''Uyfiro*,:i'm:,  V-Hir,  l'anhvdride  rarLoniqur.  Ik-Jure 
de  méllivle,  e'est-ifwliie  «Un?»  de^  g;jz  dont  les  densités  >«.»nl  cmprisej 
entre   1   et    170;   et  eep#'nd;int.   non   >eulenient   les  trajectoire?  J^ 
rajrons  h;i»  pluf»  dévié?*  ét;iient  le*»  mêmes  dans  tous  les  cas.  uiais  1^ 
détails  eui-ménien,  teU  que  la  distribution  des  espaces  SMUibre>  ^^ 
brillants,  éUjienl  les  mêmes  ;  de  fait,  les  photo^prapliies  se  distinguaient 
difficilement  Ich   unes   des   autres.   Il  faut  noter  que   les   pressions 
n^étaicnt  pas  les  mêmes;  elles  étaient  réglées,  dans  les  différents  gai* 
de  telle   sorte  que   les  diderences  de  potentiel  moyennes  cuire  la 
cathode  et  Tanode  fussent  les  mêmes  dans  tous.  Lorsque  la  pres>ion 
d'un  gaz  diminue,  la  difféninec;  de  potentiel  entre  les  électrodes  eroît 
et  la  déviation  des  rayons  par  un  aimant  diminue,  ou  en  tout  cas.  la 
déviation  des  rayons  cpiand  la  piio.spliorescence  est  maximum  diminue. 


RAYONS  CATHODIQUES.  787 

La  même  chose  a  Heu  si  l'on  dispose  une  interruption  sur  le  circuit. 

Dans  les  expériences  avec  les  divers  gaz,  la  pression  avait  la  valeur 
maximum  compatible  avec  l'apparition  de  la  phosphorescence  sur  le 
verre,  de  manière  à  assurer  la  présence  dans  le  tube  de  la  plus  grande 
masse  possible  du  gaz  étudié. 

Puisque  les  rayons  cathodiques  transportent  une  charge  électrique 
négative,  qu'ils  sont  déviés  par  une  force  électrostatique  comme  s'ils 
étaient  électrisés  négativement,  et  qu'ils  sont  traités  par  une  force 
magnétique  exactement  comme  le  serait  un  corps  électrisé  négative- 
ment et  cheminant  suivant  leur  trajectoire,  je  ne  vois  pas  comment  on 
peut  échapper  à  la  conclusion  que  ce  sont  des  charges  électriques 
négatives  transportées  par  des  particules  matérielles.  Une  question 
se  pose  maintenant  :  que  sont  ces  particules?  Des  atomes,  ou  des 
molécules,  ou  de  la  matière  dans  un  état  de  division  plus  grand 
encore?  Pour  jeter  quelque  lumière  sur  cette  question,  j'ai  fait  une 
série  de  mesures  du  rapport  de  la  masse  de  ces  particules  à  la  charge 
qu'elles  transportent.  J'ai  employé  deux  méthodes  indépendantes. 
Voici  la  première  :  considérons  un  faisceau  de  rayons  cathodiques 
homogènes;  soit  m  la  masse  de  chaque  particule,  e  la  charge  qu'elle 
transporte;  soit  N  le  nombre  de  particules  traversant  une  section 
quelconque  du  faisceau  dans  un  temps  donné;  la  quantité  d'élec- 
tricité Q  transportée  par  ces  particules  est  alors  donnée  par  l'équation 

Od  peut  mesurer  Q  en  recevant  les  rayons  cathodiques  dans  l'intérieur 
dune  enceinte  reliée  à  un  électromètre.  Si  ces  rayons  frappent  un 
corps  solide,  la  température  de  celui-ci  s'élève,  l'énergie  cinétique  des 
molécules  en  mouvement  se  transformant  en  chaleur;  si  nous  admet- 
Ions  que  la  transformation  est  intégrale,  nous  pourrons,  en  mesurant 
réiévation  déterminée  dans  la  température  d'un  corps  de  capacité  ca- 
lorifique connue  par  le  choc  de  ces  raj'ons,  connaître  l'énergie  ciné- 
tique Wdes  particules;  et,  si  nous  appelons  r  la  vitesse  de  ces  parti- 
cules, nous  aurons 

i  N  mt;»  =  W. 

Soit  p  le  rayon  de  courbure  de  la  trajectoire  de  ces  rayons  dans  un 
champ  magnétique  uniforme  H,  on  a 

U  ev  = , 

P 


788  J.-J.  THOMSON. 

OU 

—  =np  =  i, 

en  écrivant  I  à  la  place  de  Ho,  pour  abréger.  De  ces  équations  nous 

tirons 

I  /n  ,      \V 
a   tf  Q 

m  __  PQ 
e   "^  aW' 

Si  donc  nous  connaissons  les  valeurs  de  Q,  W  et  I,  nous  pourrons 

en  déduire  celles  de  r  et  de  —  • 

e 

Pour  mesurer  ces  quantités  j'ai  employé  des  tubes  de  trois  types 
différents.  Le  premier  que  j*aie  essayé  est  semblable  à  celui  qui  est 
représenté  par  la  figure  2,  sauf  que  les  plaques  D  et  E  sont  absentes, 
et  que  deux  cylindres  coaxiaux  sont  fixés  à  l'extrémité  du  tube.  Les 
rayons  émanés  de  la  cathode  C  tombent  sur  le  tampon  métallique  B 
relié  au  sol,  servant  d'anode,  et  percé  d'une  fente  horizontale  à  tra- 
vers laquelle  passent  les  rayons;  ceux-ci  frappent  ensuite  les  deux  cy- 
lindres, dans  lesquels  sont  pratiquées  des  fentes  qui  permettent  aux 
rayons  d'arriver  sur  la  paroi  interne  du  cylindre  intérieur.  Le  cylindre 
extérieur  est  relié  au  sol  ;  le  cylindre  intérieur,  isolé  du  premier,  est 
relié  à  un  électromètre  dont  la  déviation  mesure  la  quantité  d'électri- 
cité Q  apportée  dans  le  cylindre  par  les  rayons.  Derrière  la  fente,  dans 
ce  cylindre,  est  disposé  un  couple  thermo-électrique  fait  de  très  petites^ 
bandes  de  fer  et  de  cuivre  fixées  à  des  fils  très  fins  de  fer  et  de  cuivre^ 
ces  fils  passent  à  travers  les  cylindres,  dont  ils  sont  isolés,  sortent  dvm 
tube  en  traversant  le  verre,  et  vont  à  un  galvanomètre  de  faible  résis — 
tance  dont  la  déviation  fournit  les  données  nécessaires  au  calcul  dmi^ 
l'élévation  de  température  de  la  soudure  sous  les  chocs  des  rayoo.^ 
cathodiques.  Les  bandes  de  fer  et  de  cuivre  étaient  assez  larges  powf 
permettre  à  tous  les  rayons  cathodiques  pénétrant  dans  le  cylindre  de 
frapper  la  soudure.  Dans  quelques-uns  des  tubes  les  bandes  de  fer  et 
de  cuivre  étaient  placées  bout  à  bout,  de  sorte  que  certains  rayons 
frappaient  le  fer,  certains  autres  le  cuivre;  dans  d'autres  tubes,  les 
bandes   étaient  placées  l'une  contre  l'autre  ;  on  n'a  cependant  pu 
trouver  aucune  différence  entre  les  résultats  fournis  par  les  deux  dis- 


RAYONS  CATHODIQUES.  789 

positifs.  On  avait  pesé  les  bandes,  et  calculé  la  capacité  calorifique 
delà  soudure.  Dans  une  série  de  soudures  elle  était  de  5  x  io~',  dans 
une  autre  de  3  x  lo""^.  Si  Ton  admet  que  les  rayons  cathodiques  qui 
frappent  la  soudure  lui  cèdent  intégralement  leur  énergie,  la  dévia- 
lion  du  galvanomètre  donne  W  ou  -  Nmç'^. 

On  obtenait  de  la  manière  suivante  la  valeur  de  I,  ou  Hp  :  le  tube 
était  placé  entre  deux  grandes  bobines  circulaires  parallèles  Tune  à 
l'autre,  et  séparées  par  une  distance  égale  à  leur  rayon;  ces  bobines 
réalisent  un  champ  magnétique  uniforme  dont  on  a  l'intensité  en  mesu- 
rant au  moyen  d'un  ampèremètre  l'intensité  du  courant  qui  les  tra- 
verse. Les  rayons  cathodiques  sont  ainsi  dans  un  champ  uniforme,  de 
telle  sorte  que  leur  trajectoire  est  circulaire.  Supposons  que,  déviés 
par  un  aimant,  ils  frappent  le  verre  du  tube  en  E  {^fig*  5  )  ;  on  a  alors, 

Fig.  5. 


si  p  est  le  rayon  de  la  circonférence, 

^^      un 

on  a  donc,  en  mesurant  CE  et  AC,  le  moyen  de  déterminer  le  rayon 
de  courbure  de  la  trajectoire  des  rayons. 

La  détermination  de  p  est  rendue  quelque  peu  incertaine  par  la 
dispersion  du  pinceau  de  rayons  sous  l'action  du  champ  magnétique, 
dispersion  qui  donne  à  la  tache  phosphorescente  en  E  plusieurs  milli- 
mètres de  longueur;  on  aura  donc  des  valeurs  de  p  difi'érant  entre 
elles  d'une  manière  appréciable  suivant  la  position  attribuée  à  E  dans 
la  tache  phosphorescente.  Cependant,  il  y  avait  généralement  dans 
cette  tache  une  région  beaucoup  plus  brillante  que  les  autres;  on  pre- 
nait alors  pour  E  le  point  le  plus  brillant.  Quand  il  n'y  avait  pas  de 
maiimum  d'éclat  on  prenait  le  milieu  de  la  tache.  L'incertitude  qui 
enrésultait  pour  p  pouvait  atteindre  20  pour  100  environ  dans  certains 
cas;  j'entends  par  là  qu'en  prenant  pour  E  successivement  les  deux 
«trémités,  on  avait  pour  p  des  valeurs  différant  entre  Celles  de  cette 
quantité. 

La  mesure  de  la  quantité  Q  d'électricité  pénétrant  dans  le  cylindre 


790  J--'-   THOMSON. 

est  compliquée  par  le  fait  que  les  rayons  cathodiques  rendent  conduc- 
teurs les  gaz  qu'ils  traversent,  de  sorte  que  Fisolcinent,  parfait  en  leur 
absence,  ne  Fêtait  plus  quand  ils  passaient  dans  Tintervalle  compris 
entre  les  deux  cylindres;  il  en  résultait  qu'une  partie  de  la  charge 
communiquée  au  cylindre  intérieur  fuyait,  de  sorte  que  la  charge 
réellement  prise  par  ce  cylindre  était  supérieure  à  la  charge  indiquée 
par  Télectromètre.  Pour  rendre  aussi  faible  que  possible  Terreur 
ainsi  introduite,  on  avait  réuni  le  cylindre  intérieur  à  la  plus  grande 
capacité  disponible,  soit  i,5  microfarad,  et  Ton  n'admettait  les  rayons 
que  pendant  très  peu  de  temps,  i  ou  2  secondes  environ,  de  sorte 
que  la  variation  de  potentiel  du  cylindre  intérieur  ne  fût  pas  grande: 
elle  était  comprise  entre  o,5  et  v5  volts  dans  les  différentes  expériences. 
Une  autre  raison  qui  oblige  à  rendre  aussi  brève  que  possible  la  durée 
d'admission  des  rayons,  est  qu'il  faut  éviter  la  correction  relative  à  la 
perte  de  chaleur  de  la  soudure  thermo-électrique  par  conduction  le 
long  des  fils;  l'élévation  de  température  de  celte  soudure  était  de 
l'ordre  de  a®  C.  ;  une  série  d'expériences  a  montré  qu'avec  le  même 
tube  et  la  même  pression  de  gaz  Q  et  W  étaient  proportionnels  Tun 
à  l'autre  quand  les  rayons  n'agissaient  pas  pendant  trop  longtemps. 

Les  tubes  de  cette  espèce  ont  donné  des  résultats  satisfaisants;  leur 
seul  désavantage  consistait  en  ce  que,  le  verre  se  chargeant  d'électri- 
cité, une  décharge  secondaire  passait  quelquefois  entre  le  cylindre 
et  les  parois  du  tube,  et  les  cylindres  étaient  entourés  d'une  lueur; 
quand  cette  lueur  apparaissait  les  lectures  étaient  très  irrégulières;  on 
pouvait  cependant  la  faire  disparaître  en  raréfiant  le  gaz  et  laissant 
reposer  le  tube  quelque  temps.  Les  résultats  obtenus  avec  cet  ap- 
pareil sont  donnés  sous  la  rubrique  tube  1. 

Le  second  type  de  tube  était  semblable  à  celui  qu'on  employait 
pour  photographier  la  trajectoire  des  rayons  {Jig-  4)î  ^^  double 
cylindre  muni  d'un  élément  thermo-électrique  pareil  à  celui  qui  servait 
pour  le  tube  précédent  était  placé  dans  la  ligne  de  tir  des  rayons; 
l'intérieur  de  la  cloche  était  tapissé  d'une  toile  de  cuivre  reliée  au 
sol.  Ce  tube  donna  des  résultats  très  satisfaisants;  on  ne  fut  jamais 
troublé  par  l'apparition  d'une  lueur  autour  des  cylindres,  et  les  lec- 
tures furent  très  concordantes;  le  seul  désavantage  était  que,  certains 
des  joints  devant  être  faits  avec  de  la  cire  à  cacheter,  il  n'était  pas 
possible  d'obtenir  avec  ce  tube  les  plus  hauts  degrés  de  vide,  de  sorte 
que  les  limites  de  pression  sont  moins  étendues  avec  lui  qu'avec  le 
tube  i.  Les  résultats  qu'il  a  donnés  sont  inscrits  sous  la  rubrique 
tube  2. 


RAYONS  CATHODIQUES.  79 ff 

Le  troisième  type  de  tube  était  semblable  au  premier,  sauf  que  les 

ouvertures  pratiquées  dans  les  deux  cylindres  étaient  beaucoup  plus 

petites;  les  fentes  étaient  remplacées  par  de  petits  trous  de  i"",  5  de 

diamètre  environ.  A  cause  de  la  petitesse  des  ouvertures,  la  grandeur 

des  effets  était  de  beaucoup  diminuée  ;  pour  avoir  des  efTets  mesurables 

il  fallait  réduire  à  o,i5  microfarad  la  capacité  du  condensateur  relié 

aucylindre  intérieur  et  rendre  le  galvanomètre  extrêmement  sensible, 

car  Télévation  de  la  température    de   la   soudure  thermo-électrique 

n'était  en  moyenne,  dans  ces  expériences,  que  de  o",  5  C.  environ. 

Les  résultats  obtenus  avec  ce  tube  sont  donnés  sous  la  rubrique  tube  3. 

Le  Tableau  suivant  donne  une  série  de  mesures  faites  avec  ces 

appareils  : 

^  Valeur  de  -ir- .         _  — . 

Gaz.  Q  I.  e  v. 

Tube  1. 

Air 4,6  X  lo**  a3o  0,57x10-"^  4      x  lo^ 

Air 1,8  X 10**  35o  o,34xio-'  i      x  lo^o 

Air 6,1  X 10»»  23o  0,43x10-"^  5,4  xio' 

Air 2,5  X 10**  400  0,32X10-"^  1,2x10*0 

Air 5,5  X 10**  23o  0,48x10-^  4,8  x  lo' 

Air I  X 10**  285  0,4    X 10-"  7      X  10' 

Air I  X 10*'  285  0,4    X  10-7  -j      x  10» 

Hydrogène 6  X 10*'  2o5  o,35  x  10-"  6      x  io« 

Hydrogène 2,1  X 10**  460  o,5    x  10-^  9,2x10» 

Gaz  carbonique..  8,4  X  10"  260  0,4    x  10-"  7,5  x  10» 

Gaz  carbonique..  1,47x10**  340  0,4     x  10-^  8,5x109 

Gaz  carbonique..  3o  x  10*'  480  0,39x10-^  i,3xio*<> 

Tube  2. 

Air 2,8  X 10"  175  0,53  XIO--  3,3xio« 

Air 4,4  X  10**  193  0,47x10-"  4,ïXio9 

Air 3,5  X 10"  181  0,47x10-"  3,8x10» 

Hydrogène 2,8  x  10*»  175  o,53  x  lo-^  3,3  x  10» 

Air 2,5  X 10**  160  0,51X10-'^  3,1x10» 

Gaz  carbonique . .  2  X  10**  148  o,54  x  10-^  2,5  x  10» 

Air 1,8  xio*»  i5i  o,63xio-"  2,3xio» 

Hydrogène 2,8  x  lo^»  173  o,53  x  10-"  3,3  x  10» 

Hydrogène......  4,4  x  10*»  201  0,46  x  lo-'  4,4x10» 

Air 2,5  X 10**  17G  0,61x10-^  2,8x10» 

Air 4,2  X  10**  200  0,48x10-7  4,1x10» 

Tube  3. 

Air 2,5    X  10**         220        0,9    X  10-"^         2,4x10» 

Air 3,6    X  10**         225        0,7    x  lo-^         3,2  x  10» 

Hydrogène 3        x  10**         25o         1,0    x  10 -^        2,5  x  10» 


79^  J.-J.    THOMSON. 


On  remarquera  que  la  valeur  de  —  est  beaucoup  plus  grande  pour 

le  tube  3,  où  Touverlure  est  un  petit  trou,  que  pour  les  tubes  1  et 2, 
où  l'ouverture  estune  fente  de  surface  beaucoup  plus  considérable.  Je 

crois  que  les  valeurs  de  —  obtenues  avec  les  tubes  1  et  2  sont  trop 

faibles,  à  cause  de  la  déperdition  entre  le  cylindre  intérieur  et  le  cy- 
lindre extérieur,  due  à  la  conductibilité  donnée  au  gaz  par  le  passage 
des  rayons  cathodiques. 

On  voit  par  ces  tableaux  que  la  valeur  de  —  est  indépendante  de 

la  nature  du  gaz.  Ainsi,  avec  le  premier  tube  la  valeur  moyenne  est 
o,4  X  10"^  pour  l'air;  0,42  X  io~'  pour  Thydrogènc,  et  o,4  x  10"* 
pour  le  gaz  carbonique;  avec  le  second  tube  la  moyenne  pour  l'air 
est  0,62  X  10"^;  pour  l'hydrogène  o,5  x  10^,  et  pour  le  gaz  carbo- 
nique 0,54  X  lO^ 

Un  changement  dans  la  nature  des  électrodes  modifîe  l'aspect  de  la  décharge 
et  la  valeur  de  p  à  la  même  pression,  mais  n'altère  pas  celle  de  —  • 

Dans  toutes  les  expériences   qui  précèdent   on   commençait    par 
écarter  les  rayons  du  cylindre  au  moyen  d'un  aimant,  et  l'on  consta- 
tait alors  qu'il  n'y  avait  de  déviations  ni  à  l'électromètre  ni  au  galva- 
nomètre, de  telle  sorte  que  les  déviations  observées  étaient  entière- 
ment dues  aux  rayons  cathodiques;  quand  la  lueur  précédemment 
mentionnée    entourait   les    cylindres,  l'électromètre    déviait   même 
lorsque  les  rayons  cathodiques  étaient  rejetés  à  côté  du  cylindre. 

Avant  de  procéder  à  la  discussion  des  résultats  de  ces  mesures,  je 

décrirai  une  autre  méthode  de  détermination  des  quantités  —  et  <\ 

complètement  différente  de  la  précédente  par  son  principe  :  elle  est 
fondée  sur  la  déviation  des  rayons  cathodiques  par  un  champ  élec- 
trique. Si  Ton  mesure  d'une  part  la  déviation  éprouvée  par  les  rayons 
quand  ils  traversent  une  longueur  donnée  dans  un  champ  électrique 
uniforme  et  d'autre  part  leur  déviation  quand  ils  franchissent  une 
distance  donnée  dans  un   champ  magnétique  uniforme,  on  pourra 

trouver  de  la  manière  suivante  les  valeurs  de  —  et  de  v  : 

e 

Soit  /  la  distance  parcourue  par  les  rayons  dans  un  champ  élec- 
trique uniforme  d'intensité  F;  le  lemps  correspondant  est  ->  la   vi- 


RATONS  CATHODIQUES.  79^ 

lesse  dans  la  direction  de  F  est  donc 


Fe       l 

—  X  -1 
m        V 


de  sorte  que  l'angle  8  dont  les  rayons  sont  déviés  quand  ils  quittent 
le  champ  électrique  et  pénètrent  dans  une  région  où  il  n'y  a  pas  de 
force  électrique  est  donné  par  l'équation 


e  =  —  X  - 


Si,  au  lieu  d'une  force  électrique,  c'est  une  force  magnétique  H  qui 
agit  sur  les  rayons  perpendiculairement  à  leur  direction  sur  une  dis- 
tance /,  la  vitesse  normale  à  la  trajectoire  initiale  des  rayons  a  pour 
râleur 


Uev       l 

X  -> 

/n         V 


de  sorte  que  l'angle  ^  dont  les  rayons  sont  déviés  quand  ils  quittent 
le  champ  magnétique  est  donné  par  l'équation 


De  ces  équations  on  tire 


et 


*  = 

lie        l 
X  - 

V 

*  F 
""  6  H 

m 
e 

H«e/ 

Dans  les  expériences  faites,  H  était  réglé  de  façon  à  rendre  *  égal 
à  ^;  les  équations  deviennent  dans  ce  cas 


m        H«/ 

c  "~    FO 


L'appareil  employé  pour  mesurer  par  ce  procédé  ç^  et  —  est  repré- 

^nlé  figure  2.  On  produisait  le  champ  électrique  en  reliant  les  deux 
plaques  d'aluminium  aux  pôles  d'une  batterie  d'accumulateurs. 
Comme  il  était  nécessaire  de  faire  l'obscurité  dans  la  chambre  pour 
voir  la  tache  phosphorescente,  une  aiguille  recouverte  de  peinture 
lumineuse  était  disposée  de  manière  à  pouvoir  être  déplacée  le  long 
de  l'échelle  F  au  moyen  d'une  vis;  elle  était  visible  dans  l'obscurité, 


794  J--J-   THOMSON. 

et  on  la  déplaçait  jusqu^à  ce  qu'elle  coïncidât  avec  la  tache  phospho- 
rescente. La  déviation  pouvait  ainsi  être  mesurée  lorsqu'on  rendait 
la  lumière. 

On  produisait  le  champ  magnétique  en  plaçant  le  tube  enlre  deux 
bobines  dont  le  diamètre  était  égal  à  la  longueur  des  plaques  ;  elles  cou- 
vraient l'espace  occupé  par  ces  dernières,  et  leur  distance  était  égale 
à  leur  rayon.  On  déterminait  de  la  manière  suivante  la  valeur  moyenne 
de  la  force  magnétique  sur  la  longueur  /;  une  petite  bobine  C  de  lon- 
gueur /,  reliée  à  un  galvanomètre  balistique,  était  placée  entre  les 
bobines;  le  plan  des  spires  de  C  était  parallèle  à  celui  des  bobines,  el 
sa  section  était  un  rectangle  de  5*"*  sur  i*'".  On  envoyait  un  courant 
connu  dans  les  bobines  extérieures,  et  l'on  observait  l'impulsion  a 
du  galvanomètre  quand  le  courant  était  renversé.  La  bobine  C  était 
ensuite  placée  au  centre  de  deux  très  grandes  bobines,  de  manière 
qu'elle  fût  dans  un  champ  uniforme  :  on  renversait  le  courant  dans 
les  grandes  bobines  et  l'on  observait  l'impulsion  ^  du  galvanomètre; 
de  la  comparaison  de  a  et  ,3,  on  pouvait  déduire  la  valeur  moyenne 
de  la  force  magnétique  sur  la  longueur /;  on  a  trouvé  qu'elle  était 

6o  X  I, 

i  désignant  le  courant  dans  les  bobines. 

Une  série  d'expériences  a  montré  que  la  déviation  électrostatique 
est  proportionnelle  à  l'intensité  du  champ  entre  les  plaques;  le  cou- 
rant était  réglé  de  façon  que  les  déviations  électrostatique  et  magné- 
tique fussent  égales 

m 

Gaz.  e.         H.  F.  /.  7  V. 

g 
Air 5,5       i,5xio'o       5       i,3xio-'       2,8x10' 

0  5 

Air ^^^       5,4       1,5X10*0       5       i.ixio-'       '2,8x10» 

MO  '  ' 

Air — -       6,6       1,5  X  10*0      5       1,2x10-^       a,3xiu* 

110  ' 

Hydrogène — ^      6,3       i,5xioio      5       i,5xïo-"       2,5  x  10* 

Gaz  carbonique —       6,9       i,5xio*o      5       i,5xio-"      2,2x10* 

Air —      5  1,8x10*0      5       1,3  X 10-"       3,6  x  10» 

110  ' 

Air —      3.6       I       xio»o       5       i,3xio-7       2,8x10» 


RAYONS  CATHODIQUES.  79$ 

Dans  les  cinq  premières  expériences  la  cathode  était  en  aluminium, 

dans  les  deux  dernières  en  platine;  dans  la  dernière  expérience  on 

avait  inséré  entre  l'ampoule  et  la  trompe  des  tubes  garnis  de  soufre 

pulvérisé,  d'iodure  de  soufre  et  de  copeaux  de  cuivre  pour  éliminer 

les  vapeurs  de  mercure,  selon  la  méthode  de  Sir  William  Crookes. 

Dans  le  calcul  de  —  et  de  p,  on  n'a  pas  tenu  compte  de  la  force  ma- 
gnétique créée  par  les  bobines  dans  la  région  extérieure  aux  plaques; 
la  force  magnétique  a  des  directions  opposées  entre  les  plaques  et  dans 
cette  région,  où  son  effet  tend  à  rejeter  les  rayons  dans  la  direction 
opposée;  la  valeur  réelle  de  H  est  donc  plus  petite  que  celle  qui  a  été 

portée  dans  les  équations,  de  sorte  que  les  valeurs  de  —  sont  plus 

grandes,  et  celles  de  c  plus  petites  que  si  la  correction  avait  été  faite. 
Cette  méthode  est  beaucoup  moins  pénible  et  probablement  plus 
eiacte  que  la  première;  mais  on  ne  peut  pas  l'appliquer  dans  des 
limites  de  pression  aussi  étendues. 

On  voit  par  ces  déterminations  que  la  valeur  de  —  est  indépendante 

Je  la  nature  du  gaz,  et  que  sa  valeur,  lo"',  est  très  faible  en  comparai- 
son de  io~*,  la  plus  petite  valeur  jusqu'à  présent  connue  de  cette 
grandeur,  et  qui  correspond  à  l'ion  d'hydrogène  dans  l'électrolyse. 

Donc  la  grandeur  — »  pour  les  transporteurs  de  l'électricité  dans  les 

rayons  cathodiques,  est  beaucoup  plus  petite  que  pour  les  ions  de 

lélectrolyse. 

La  petitesse  de  —  peut  tenir  soit  à  la  petitesse  de  m,  soit  à  la  gran- 
deur de  e,  soit  aux  deux  causes  réunies.  Que  les  transporteurs  des 
charges  soient  petits  comparativement  aiîx  molécules  ordinaires,  c'est 
je  crois,  ce  qui  résulte  des  mesures  de  Lenard  sur  la  vitesse  de  la  di- 
ïninulion  d'intensité  de  la  phosphorescence  produite  par  ces  rayons, 
quand  la  longueur  du  chemin  franchi  par  eux  augmente.  Si  l'on  re- 
garde cette  phosphorescence  comme  due  au  choc  des  particules  char- 
gées, la  distance  que  doivent  parcourir  les  rayons  pour  que  l'intensité 
Je  la  phosphorescence  s'abaisse  à  une  fraction  donnée  de  sa  valeur 

initiale  (par  exemple-»  où  (?  =  2,- 1  ) ,  sera  un  multiple  faible  du  libre 

parcours  moyen.  Or  Lenard  a  trouvé  que  cette  distance  ne  dépend  que 
Je  la  densité  du  milieu,  et  nullement  de  sa  nature  chimique  ou  de  son 
eial  physique.  Dans  l'air  à  la  pression  ordinaire  la  distance  étaitd'en- 
viron  o*^'",5;  elle  doit  être  comparable  au  libre  parcours  moyen  des 


79^  J.'J.  THoasox. 

transporteurs  à  traders  l*air  à  la  pression  atmosphérique.  Mais  le  libre 
parcours  des  molécules  d'air  est  une  quantité  d'un  ordre  tout  à  fait 
différent.  Le  transporteur  doit  donc  être  très  petit,  comparé  aux  mo- 
lécules ordinaires. 

Les  deux  traits  essentiels  de  ces  transporteurs  me  paraissent  être: 
1^  qu'ils  sont  les  mêmes  quel  que  soit  le  gaz  à'travers  lequel  passe  la 
décharge;  2"  que  leur  libre  parcours  moyen  ne  dépend  de  rien  aulre 
que  de  la  densité  du  milieu  traversé  par  les  rayons. 

On  pourrait,  pour  expliquer  Tindépendance  de  la  masse  des  trans- 
porteurs vis-à-vis  du  gaz  traversé  par  la  décharge,  supposer  qu'il  s'agit 
en  quelque  sorte  de  la  quasi-masse  que  possède  un  corps  chargé  en 
vertu  du  champ  électrique  établi  dans  son  voisinage;  le  déplacement 
du  corps  entraîne  la  production  d'un  champ  électrique  variable,  et  par 
conséquent  d'une  certaine  quantité  d'énergie  qui  est  proportionnelle 
au  carré  de  la  vitesse.  Cela  fait  que  le  corps  chargé  se  comporte  comme 
si  sa  masse  avait  augmenté  d'une  certaine  quantité,  qui  pour  une  sphère 

chargée  est-  — *  où  e désigne  la  charge  et  a  le  rayon  de  la  sphère ('). 

Si  nous  admettons  qu'il  s'agit  de  cette  masse  dans  le  cas  des  rayons 
cathodiques,  nous  n'en  tirerons  aucun  secours  pour  l'explication  de 

l'une  ou  l'autre  des  propriétés  essentielles  de  ces  rayons,  puisque  — 

varierait  comme  —  •  Et  ce  n'est  pas  la  seule  objection  à  cette  hypo- 
thèse, que  je  mentionne  seulement  pour  montrer  qu'il  n'y  a  pas  à  s'y 
arrêter. 

L'explication  qui  me  paraît  rendre  compte  des  faits  de  la  manière 
la  plus  simple  et  la  phisjuste  s'appuie  sur  une  conception  de  la  cons- 
titution des  éléments  chimiques  qui  a  été  favorablement  accueillie  par 
un  grand  nombre  de  chimistes;  c'estque  les  atomes  des  différents  élé- 
ments chimiques  sont  des  agrégats  divers  d'atomes  d'une  même  espèce. 
Dans  la  forme  donnée  ))ar  Prout  à  cette  hypothèse,  les  atomes  consti- 
tutifs des  divers  éléments  seraient  les  atomes  de  l'hydrogène  ;  sous  celle 
forme  précise  elle  n'est  pas  défendable;  mais,  si  nous  substituons  à 
l'hydrogène  quelque  substance  primordiale  inconnue  X,  on  ne  connaît 
rien  d'incompatible  avec  cette  hypothèse,  qui  a  été  récemment  sou- 
tenue par  Sir  Norman  Lockyer  par  des  raisons  déduites  de  l'étude  de: 
spectres  stellaires. 

Si,  dans  le  champ  électrique  très  intense  qui  avoisine  la  cathode 

(*)  J.-J.  Thomson,  Récent  researches  in  Electricity  and  Magnetism, 


RAYONS  CATHODIQUES.  797 

les  molécules  du  gaz  sont  dissociées  et  rompues  non  pas  en  atomes 
chimiques  ordinaires,  mais  en  ces  atomes  primordiaux  que  j'appellerai 
pour  abréger  corpuscules;  et  si  ces  corpuscules  sont  chargés  d'élec- 
iricilé  et  projetés  loin  de  la  cathode  par  le  champ  électrique,  ils  se 
comporteront  exactement  comme  les  rayons  cathodiques.  Pour  eux,  la 

valeurde  —  est  évidemment  indépendante  de  la  nature  du  gaz;  car  ils 

sont  les  mêmes  quel  que  puisse  être  le  gaz  ;  de  plus,  les  libres  parcours 
moyens  de  ces  corpuscules  dépendront  seulement  de  la  densité  du 
milieu  quMls  traversent.  En  effet,  les  molécules  du  milieu  seront  com- 
posées d'un  certain  nombre  de  corpuscules  de  celte  espèce  séparés  par 
des  intervalles  considérables;  la  collision  entre  un  corpuscule  unique 
et  la  molécule  n'aura  pas  lieu  contre  la  molécule  entière  envisagée 
comme  un  tout,  mais  contre  les  corpuscules  individuels  qui  la  com- 
posent; ainsi,  le  nombre  des  collisions  subies  par  le  corpuscule  quand 
lise  meut  à  travers  une  foule  de  ces  molécules  sera  proportionnel,  non 
au  nombre  de  molécules,  mais  au  nombre  des  corpuscules  individuels. 
Le  libre  parcours  moyen  est  inversement  proportionnel  au  nombre 
des  collisions  par  unité  de  temps,  par  conséquent  au  nombre  de 
corpuscules  par  unité  de  volume;  comme  ces  corpuscules  ont  tous  la 
même  masse,  leur  nombre  dans  l'unité  de  volume  sera  proportionnel 
à  la  masse  de  l'unité  de  volume,  c'est-à-dire  que  le  libre  parcours 
mojen  sera  inversement  proportionnel  à  la  densité  du  gaz.  Donc, 
comme  on  le  voit,  tant  que  la  distance  entre  des  corpuscules  voisins 
est  grande  en  comparaison  des  dimensions  linéaires  d'un  corpuscule, 
le  libre  parcours  moyen  sera  indépendant  de  leur  mode  de  distribu- 
lion,  pourvu  que  leur  nombre  par  unité  de  volume  reste  constant, 
c'esl-à-dire  dépendra  seulement  de  la  densité  du  milieu  traversé  par 
les  corpuscules,  et  nullement  de  sa  nature  chimique  ou  de  son  état 
physique  :  cette  propriété,  établie  par  les  mesures  remarquables  de 
Lenard  sur  l'absorption  des  rayons  cathodiques  par  différents  milieux, 
doit  appartenir  aux  transporteurs  des  charges  dans  les  rayons  catho- 
diques. 

Ainsi,  d'après  cette  manière  de  voir,  les  rayons  cathodiques  sont 
constitués  par  de  la  matière  dans  un  nouvel  état,  où  sa  division  est 
poussée  beaucoup  plus  loin  que  dans  l'état  gazeux  ordinaire;  état 
dans  lequel  toute  matière,  c'est-à-dire  la  matière  tirée  de  sources  dif- 
férentes telles  qu'hydrogène,  oxygène,  etc.,  est  d'une  seule  et  même 
nature,  étant  la  substance  dont  sont  formés  tous  les  éléments  chi- 
miques. 


798  i.'i    rBik«it>9. 

Vver  «le-  ^pp^r#^iU  'i**-  'iimrn-iioa-*  •"jrilnaîr»î>  L*  •|-i.i:itité  «i»?  modère 
pro'iiiite  ati  mo^^n  'i#ï  U  di^v/-  u'ioa  :*  U  <Atii»>l*?  «î-st  si  ùibl^  qaoi 
peut  pr'^-itjiie  ni^r  l;i  p^*"?-»ihiiKr:  i  ua-^  la^^^tiz^ûoa  ohimit^ae  direclf 
«le  "^e-i  pr/pri^té-».  Ain-i.  j  ii  c-ilral'^  «pi^  U  lyrbiae  que  j'ai  t*mpl«>Têf, 
fonrtîoiin;ènt  miir  et  jour  «jin^  intrmiptitjQ  pentlant  un  ^a.  ne  pro- 
«iiiimit  qn'tin  tr^if  millionième  *lr  ;^r<<£Qine  environ  de  cette  ^iibiUnce. 

Je  croi-ï  que  U  fietite^-^e  du  r4p|i«>rt  —  est  dae  aa^i  bien  ià  la  grau- 

ileur  de  e  qu'à  U  biU\f.^^  de  m.  Il  me  semble  as^ez  évident  que  les 
rhar^e^  imn^poriéf.^  par  le?  corpu idéales  iJans  l'atome  ^mi  <Tande> 
vis-â-vî^  de  celle'*  que  tran'^^K^rtent  le^  îonâ  d'an  électrolvte. 

Dans  la  molécule  II  Cl.  par  exemple,  je  me  représente  les  compo- 
sants de  l'atome  d'bvdrogêne  comme  réunis  entre  eux  par  un  ^nd 
nombre  de  tubes  de  force  électrique:  les  compensants  de  l'atome  de 
chlore  sont  reliés  de  la  même  manière,  tandis  qu'un  seul  tube  égare 
lie  l'atome  d'bvdrogène  à  l'atome  de  chlore. 

On  trouve  dans  les  valeurs  du  [K>uvoir  inducteur  spécifique  des 
gaz    une   raison  d'attribuer  cette    charge   considérable    aux  consti- 
tuants de  l'atome  ;  on  peut  imaginer  que  le  pouvoir  inducteur  spéci- 
fique d'un  gaz  est  dû  à  la  présence  dans  le  champ  électrique  du  dou- 
blet électrique  formé  par  les  deux  atomes  chargés  d'électricité  contraire 
qui  constituent  la  mcdéculc  du  gaz.  Les  mesures  du  pouvoir  inducteur 
spécifique  montrent  que  c'est  très  approximativement  une  grandeur 
additive;  c'est-à-dire  que  Ton  peut  attribuer  une  certaine  valeur  à 
chaque  élément,  et  trouver  le  pouvoir  inducteur  de  HCI  en  ajoutanl 
à  celui  de  l'hydrogène  celui  du  chlore;  le  pouvoir  inducteur  de  H*0, 
en  ajoutant  deux  fois  celui  de  Thydrogène  à  celui  de  Toxygène,  elc. 
Le  moment  électrique  du  doublet  formé  par  une  charge  positive  sur 
l'un  des  atomes  d(;  la  molécule  et  une  charge  négative  sur  Taulrene 
serait  pas,  lui-niénie,  une  propriété  additive;  mais,  si  chaque  alorne 
avait  un  moment  électri([uc  défini  et  très  grand  par  rapport  au  moment 
électrique  des  deux  atomes  dans  la  molécule,  le  moment  électrique 
d'un  composé  quelconque,  et  par  conséquent  son  pouvoir  inducteui 
spécifique,  serait  une  propriété  additive.  Et  pour  que  le  moment  élec 
trique  de  l'atome  filt  grand  comparativement  à  celui  de  la  molécule 
il  faudrait  que  la  charge  des  corpuscules  fiU  très  grande  relativonnm 
à  celle  de  l'ion. 

Si  l'on  considère  Tatome  chimique  comme  une  agrégation  du 
certain  nombre  d'atomes  primordiaux,  il  y  a  un    grand   inlérét,  aJ 
point  de  vue  de  la  relation  entre  les  propriétés  d'un  élémenl  et  soi 


RAYONS  CATHODIQUES.  799 

poids  atomique,  à  trouver  les  figures  d'équilibre  stable  pour  un  cer- 
tain nombre  de  particules  égales  agissaut  les  unes  sur  les  autres  suivant 
une  certaine  loi  de  force,  soit  celle  de  Boscovich,  où  Faction  mutuelle 
est  une  répulsion  quand  les  particules  sont  séparées  par  une  distance 
inférieure  à  une  certaine  distance  critique  et  une  attraction  quand 
leur  dislance  est  plus  grande,  soit  même  le  cas  plus  simple  d'un  cer- 
tain nombre  de  particules  se  repoussant  mutuellement  et  maintenues 
cote  à  côte  par  une  force  centrale.  Malheureusement  les  équations 
qui  déterminent  la  stabilité  d'une  pareille  agglomération  de  particules  se 
compliquent  si  rapidement  quand  le  nombre  des  particules  augmente, 
(ju'une  investigation  mathématique  générale  est  à  peine  possible.  On 
peut,  cependant,  pénétrer  assez  avant  les  lois  générales  qui  régissent 
de  semblables  figures  en  employant  des  modèles  dont  le  plus  simple 
est  constitué  par  les  aimants  flottants  du  professeur  Mayer.  Dans  ce 
modèle  les  aimants  se  placent  d'eux-mêmes  en  équilibre  sous  l'action 
de  leurs  répulsions  mutuelles  et  de  l'attraction  centrale  émanant  du 
pôle  d'un  gros  aimant  placé  au-dessous  des  aimants  flottants. 

Une  élude  des  figures  formées  par  ces  aimants  me  parait  suggestive 
au  point  de  vue  de  la  loi  périodique.  Mayer  a  montré  que  si,  le  nombre 
des  aimants  flottants  ne  dépasse  pas  5,  ils  se  disposent  aux  sommets 
d  un  polygone  régulier  :  5  aux  sommets  d'un  pentagone,  4  aux  som- 
mets d'un  carré,  etc.  Mais,  quand  le  nombre  dépasse  5,  la  loi  ne  s'ap- 
plique plus;  ainsi,  6  aimants  ne  forment  pas  un  hexagone,  mais  se 
divisent  en  deux  systèmes  formés  de  i  au  centre,  et  5  aux  sommets 
d'un  pentagone.  Pour  8,  on  en  a  2  à  l'intérieur  et  6  à  Textérieur; 
cette  disposition  en  deux  systèmes,  l'un  intérieur  et  l'autre  extérieur, 
-«e  poursuit  jusqu'à  i8  aimants.  On  a  ensuite  trois  systèmes;  un  cen- 
Ipdl,  un  moyen,  un  extérieur;  pour  un  nombre  encore  plus  grand 
d  aimants  on  a  quatre  systèmes,  et  ainsi  de  suite.  Mayer  a  observé  les 
dispositions  suivantes  : 


1. 

0 

3. 

4. 

5. 

1.5 

i    2.6 

i  3.7 

)  4.8 

5.9 

1.6 

1  2.7 

{  3.8 

(  4.9 

1-7 

1.5.  9 

/  2.7.10 

/  3.7.10 

/  4-8.12 

J    5.9. 12 

1.6.  9 

1  2.8. 10 

l  3. 7. Il 

)  4.8.13 

1  5.9.13 

1.6. II 

l  2.7. II 

1  3.8. 10 
3.8. ir 
3.8.12 

.  3.8.13 

j  4-9-I2 

8oo 


J.-J.   THOMSON. 


2.7. 10. ID 
2.7. 12. l4 


3. 

3.7. 12. 13 

3.7. 12.14 
3.7. i3. 14 
3.7.13.15 


4. 

4.9.13. 14 
4 .9. i3.i5 
4.9.14-15 


1. 

.5.  9.12 
.5.  9.i3 
.6.  9.12 
.6.10.12 
.6.(o.i3 
.6.11.12 
.6.11.13 
.6. II. i4 
6.ii.i5 

.7.12.14 


où,  par  exemple,  1.6. 10. 12  représente  une  disposition  formée 
de  1  aimant  au  centre,  puis  un  anneau  de  6,  un  de  10,  et  à  Textérieur 
un  de  12. 

Supposons  maintenant  qu'une  certaine  propriété  soit  associée  à  la 
formation  d'un  groupe  de  deux  aimants;  nous  aurons  cette  propriété 
avec  deux  aimants,  puis  avec  8  et  9,  de  nouveau  avec  19  et  20,  encore 
avec  34,  33,  etc.  Si  nous  considérons  le  système  d'aimants  comme  un 
modèle  d'atome,  le  nombre  des  aimants  étant  proportionnel  au  poids 
atomique,  cette  propriété  se  présenterait  dans  les  éléments  de  poids 
atomique  2,  (8,  9),  (19,  20),  (34,  35).  Une  propriété  déterminée  par 
la  formation  d'un  groupe  de  trois  aimants  correspondrait  aux  poids 
atomiques  3;  10  et  1 1  ;  20,  21,  22,  23  et  24;  33,  36,  3^  et  39;  de  fait, 
on  aurait  quelque  chose  de  tout  à  fait  analogue  à  la  loi  périodique, 
la  première  série  correspondant  à  Tarrangement  des  aimants  en  un 
seul  groupe,  la  seconde  à  l'arrangement  en  deux  groupes,  la  troisième 
à  Irois  groupes,  et  ainsi  de  suite. 

Vitesse  des  rayons  cathodiques.  —  Elle  est  variable,  et  d'autant  plus 
grande  que  le  vide  est  plus  poussé.  Sa  valeur,  10*,  est  très  supérieure  à  celle 
(2  X  lo"')  qu*avait  obtenue  l'auteur  dans  des  expériences  antérieures  (*),  en 
mesurant  directement  le  temps  écoulé  entre  Tapparition  de  la  phosphorescence 
en  deux  points  du  verre  inégalement  éloignes  de  la  cathode.  Ces  expériences, 
faites  à  une  pression  plus  forte,  devaient  bien  fournir  une  valeur  plus  faible, 
mais  pas  dans  ces  proportions.  Il  est  vraisemblable  que  la  vitesse  paraissait 
plus  faible  qu'elle  ne  Test  en  réalité,  parce  que  la  phosphorescence  n'apparaît 
pas  dès  le  début  du  bombardement  par  les  projectiles  cathodiques,  mais  au 
bout  d'un  temps  fini,  variable  avec  l'intensité  de  ce  bombardement;  on  avait 
bien  essaye  d'éliminer  cette  cause  d'erreur  en  réglant  l'expérience  de  manière 


(*)  Phil»  Magaz.,  octobre  1894,  et  /.  de  Phys,,  3*  série,  t.  IV,  p.  87.  (  Voir  aussi 
ce  Recueil.) 


RAYONS  CATHODIQUES. 


80 1 


à  nbsener  des  phosphorescences  d'intensité  à  peu  près  égale  aux  deux  points 
eiaminés,  mais  la  nouvelle  valeur  trouvée  pour  la  vitesse  montre  que  sans 
doute  on  n  avait  pas  réussi. 

Expériences  avec  des  électrodes  de  diverses  matières.  —  La  valeur 

de  —  est  restée  la  même)  mais  Taspect  de  la  décharge  variait  avec  la  nature 

de  rélectrode,  ainsi  que  la  différence  de  potentiel  entre  la  cathode  et  Tanode, 
à  pression  égale  du  gaz.  Les  expériences  ont  été  faites  avec  des  tubes  sem- 
blables à  celui  de  la  figure  6. 


f 


Fig.  6. 


f 


/(. 


w~w~m^ 


/, anodes  formées  de  (ils  de  platine;  a,  b,  c,  cathodes  de  différentes  natures,  formées 
de  disques  d'iiiuiiiinium,  de  fer,  de  plomb,  d'élain,  de  cuivre,  de  mercure,  d'amal- 
game de  sodium  ou  de  chlorure  d'argent. 

Le  Tableau  suivant  montre  la  grandeur  de  la  variation  de  la  différence  de 
potentiel  entre  les  électrodes  : 


Cathode. 

Aluminium 

Plomb 

Etain 

Cuivre 

Fer 


Diirérence  de  potentiel 
moyenne. 

▼Oitf 

1 800 

....         2100 


2400 
2600 

2900 


Avec  l'amalgame  de  sodium  et  le  chlorure  d'argent,  elle  était  moindre  encore 
qu'avec  l'aluminium. 

On  a  obtenu  des  résultats  brusquement  et  trè«*  capricieusement  variables, 
»n5  doute  à  cause  de  l'influence  considérable  d'une  absorption  de  gaz  par 
l'électrode. 


S.  P. 


5i 


SUR  LA 

CHARGE  ÉLECTRIQUE  TRANSPORTÉE  PAR  LES  IONS 

PRODUITS  PAR  LES  RAYONS  RONTGEN, 

Par  J.-J.  THOMSON. 
Tradait  de  l'anglais  par  P.  LUGOL. 


Philosophical  Magazine,  t.  XLVI.  1898,  p.  5a8-545' 


Le  principe  de  la  méthode  employée  pour  mesurer  ces  charges  est 
le  suivant  :  en  mesurant  le  courant  (entretenu  par  une  force  électro- 
motrice constante)  qui  traverse  un  gaz  soumis  aux  rayons  Rontgen, 
on  détermine  le  produit  nev^  où  n  représente  le  nombre  d'ions  exis- 
tant dans  l'unité  de  volume  du  gaz,  e  la  charge  d'un  ion,  v  la  \itesse 
moyenne  des  ions  positifs  et  négatifs  sous  la  force  électromotrice 
à  laquelle  ils  sont  soumis. 

M.  Rutherford  (  *  )  a  déterminé  la  valeur  de  v  dans  un  grand  nombre 
de  gaz;  en  utilisant  ses  résultats  on  peut  tirer  de  la  mesure  du  courant 
le  produit  ne\  si  donc  on  peut  déterminer  /i,  on  aura  la  valeur  de  e, 

La  méthode  employée  pour  déterminer  n  est  fondée  sur  le  fait  sui- 
vant, découvert  par  M.  C.-T.-R.  Wilson  (^)  ;  dans  de  l'air  débarrassé 
de  poussières  et  traversé  par  des  rayons  Rontgen,  une  détente  qui 
en  l'absence  des  rayons  serait  incapable  de  provoquer  une  conden- 
sation, détermine  la  production  d'un  brouillard.  Quand  on  produit 
une  détente  déterminée  et  soudaine  dans  de  l'air  libre  de  pous- 
sières, il  se  dépose  une  quantité  de  vapeur  d'eau  définie  et  calcu- 
lable, grâce  à  l'abaissement  de  température  dû  à  la  détente  adiaba- 
tique.  Quand  le  gaz  est  exposé  aux  rayons  Rontgen,  les  ions  produits 


(•)  Phil.   Mag.,  t.  XLIV,  1897,  P-  k'ii;  Journ.  de  Phrs.,  3-  série,  t.  Vil,  1898, 
p.  io4;  ce  Volume. 
(')  Phil.  Trans.,  A.  1897,  P*  ^^^î  "^oyez  également  ce  Volume. 


SL'B   LA    CHARGE   ELECTRIQUE  TRANSPORTEE   PAR   LES   IONS.  8o3 

par  leur  action  semblent  agir  comme  des  noyaux  autour  desquels 
l'eau  se  condense. 

J'ai  fait  voir  (*  )  que,  sur  une  sphère  chargée  dont  le  rayon  est  infé- 
rieur à  une  certaine  limite,  l'effet  de  la  charge  tendant  à  amener  la 
condensation  doit  faire  plus  que  contrebalancer  Teffet  de  la  tension  su- 
perficielle tendant  à  l'empêcher;  de  sorte  que  chaque  ion  chargé  pro- 
duira une  très  petite  goutte  d'eau  qui  pourra  agir  comme  un  noyau  de 
condensation.  S'il  en  est  ainsi,  et  si  l'on  connaît  la  grandeur  d'une 
goutte  et  la  masse  d'eau  déposée  par  unité  de  volume,  on  pourra 
déterminer  le  nombre  des  gouttes  et  par  conséquent  le  nombre  des 
ions  par  unité  de  volume  du  gaz.  Une  partie  de  la  recherche  consiste 
donc  à  déterminer  la  grosseur  des  gouttes,  ce  qui  donne  n  ;  et,  comme 
l'on  connaît  ne  d'après  les  mesures  électriques,  nous  aurons  le  moyen 
de  déterminer  e. 

On  a  d'abord  essayé  de  déduire  le  diamètre  des  gouttes  de  l'observation  du 
diamètre  des  anneaux  colorés  produits  sur  un  écran  par  un  faisceau  lumineux 
étroit  ayant  traversé  le  nuage,  en  supposant  ces  anneaux  uniquement  dus  à  la 
diffraction.  Mais,  outre  que  Tinterférence  entre  les  rayons  qui  ont  traversé 
(les  gouttes  transparentes  et  ceux  qui  n'en  ont  pas  traversé  a  semblé  inter- 
venir dans  le  phénomène,  la  méthode  a  dû  être  abandonnée  pour  la  raison 
suivante.  La  mesure  exacte  du  diamètre  des  anneaux  n*est  possible  que  s'ils 
sont  assez  brillants,  c'est-à-dire  produits  par  un  brouillard  épais,  dû  à  la  pré- 
sence de  nombreux  ions;  or  Texpérience  a  montré  que  dans  ce  cas  les  ions 
ne  sont  pas  tous  précipités  par  le  nuaf^e.  Si  en  eiïet  on  supprime  les  rayons 
immédiatement  après  la  première  détente  et  si  on  laisse  tomber  le  brouillard, 
une  seconde  détente  produit  un  brouillard  moins  épais:  plusieurs  détentes 
successives  peuvent  être  nécessaires  pour  détruire  reflet  de  l'exposition  aux 
rayons  Rôntgen.  Quand  le  nuage  est  assez  léger  pour  que  l'on  puisse  admettre 
<]n*il  contient  tous  les  ions,  les  anneaux  sont  trop  pâles  pour  se  prêter  aux 
oiesurcs. 

La  méthode  finalement  utilisée  pour  mesurer  la  grandeur  des 
l^outtes  consistait  à  mesurer  la  vitesse  de  chute  du  brouillard,  et 
à  déduire  le  rayon  des  gouttes  de  la  formule 

9     K 

où  V  représente  la  vitesse  de  chute  des  gouttes,  a  leur  rayon,  (jl  le 
coefficient  de  viscosité  du  gaz  dans  lequel  elles  tombent,  et  g  Tinteu- 
silé  de  la  pesanteur. 


(')  Applications  of  Dynamicê  to  Physics  and  Chemistry,  p.  164. 


Ko4  j--*. 

On  (iéUrmïnàit  U  \iu»Hi  en  ob!ierv;ftax  le  fieBftî^  aûi>  par  la  couche 
supérieure  do  mu^e.  qui  éttit  «frlain^  par  am»^  laiBf<ie  a  arr.  à  tomber 
d'une  haot^or  doooé^:  de^  ofari«rvaûi>i»  £àÉc«:f  ssr  <dîfféreiiles  hau- 
teurs a% aient  okoatré  La  eooslanee  de  U  «itesâ«  «ie  càinte.  de  sorte  que 
le§  goutter  avaient  atteint  leur  %  itérée  limite. 

J'ai  commencé  par  faire  de»  empérienee»  p>û«r  «avoir  >i  les  gouttes 
du  nua^e  formé  par  détente  étaient  dépot^g.»  anioar  des  ions  qui 
donnaient  an  çaz  sa  eondortibîiité  éieetriic|ae:  ce  point  est  capitii, 
puisque  la  métfarwie  emplovée  dans  ce  Mémoire  poar  déterminer  h 
charge  transportée  par  un  ion  repose  sur  rhTpotliêse  que  la  produc- 
tion du  krr^uiliard  par  détente  est  due  à  Fioniçation  du  gaz.  et  que 
chaque  ion  peut  jouer  le  rôle  de  nojau  pour  one  goutte  d'eau. 

Tout  d'alM>rd«  il  eiiste  une  preu%e  directe  du  pouvoir  d'une  parti- 
cule électrisée  d'agir  comme  norau  pour  une  goutte  d'eau,  puisqu'il 
se  produit  une  condensation  dans  un  jet  de  vapeur  placé  à  côté  d'une 
électrode  d'où  s'échappe  de  l'électricité:  de  plus,  M.  Wilson  t 
montré  que  la  détente  détermine  un  brouillard  dans  de  l'air  débarrassé 
de  poussières  quand  une  électrode  r  décharge  de  l'électricité  ('). 
Une  preuve  plus  directe  du  fait  qui  nous  occupe  est  donnée  parFei- 
périence  suivante  :  si  les  ions  produits  par  les  rarons  Rontgen 
agissent  comme  des  novaux  de  gouttes,  aucun  nuage  ne  de\ra  se  for- 
mer quand  Tair  détendu  sera  exposé  à  un  champ  électrique  intense 
pendant  que  les  rajons  le  traversent,  puisque  ces  ions  peuvent  être 
éliminés  du  gaz  par  un  champ  électrique  intense.  C'est  ce  que  Ton  a 
constaté,  et  Texpérience  est  frappante.  Deux  plaques  parallèles  étaient 
placées  dans  un  récipient  contenant  de  l'air  débarrassé  de  poussières; 
CCS  plaques,  distantes  de  5*""  environ,  étaient  assez  grandes  pour 
comprendre  entre  elles  la  plus  grande  partie  de  l'air.  Elles  pouvaient 
être  reliées  aux  pôles  d'une  batterie  de  petits  accumulateurs  donnant 
une  difl'érence  de  potentiel  de  4oo  volts  environ.  Des  rayons  Ri'mtgen 
passant  entre  les  plaques  traversaient  le  gaz  qui  avait  été  préalable- 
ment débarrassé  de  poussières.  Quand  les  plaques  étaient  détachées 
de  Ih  batterie  la  détente  produisait  un  nuage  épais;  mais,  quand  elles 
lui  étaient  reliées,  la  détente  ne  produisait  qu'un  nuage  très  léger, 
dont  la  densité  était  presque  aussi  grande  en  l'absence  des  rayons 
qu'en  leur  présence. 

Il   fallait  encore  examiner   si  le  brouillard  formé   par  la  détente 
niptiiil  tous  les  ions.  \  ce  propos,  il  est  nécessaire  d'indiquer  que  le: 

('  )   I  oir  ce  Volume. 


SUR   LA  CHARGE  BLKCTRIQUS  TRANSPORTBK    PAR   LES   IONS.  8o5 

[  seules  détentes  utilisables  sont  comprises   entre  des   limites   assez 
voisines;  le  rapport  du  volume  final  au  volume  initial  du  gaz  doit 
être  compris  entre  i,25  et  i,40'  Car,  ainsi  que  Fa  montré  M.  Wil- 
8on('),  quand  la  détente  dépasse  la  plus  élevée  de  ces  limites  il  se 
produit,  même  dans  un  gaz  qui  n'est  pas  exposé  aux  rayons  R()ntgen, 
an  brouillard  si  épais  que  l'accroissement  de  condensation  dû  à  ces 
rajons  est  difficilement  perceptible,  tandis  qu'au-dessous  de  la  plus 
faible  il  ne  se  produit  pas  de  brouillard.  Avec  des  détentes  comprises 
dans  ces  limites,  on  a  trouvé  que,  si  les  rayons  Rtmtgen  étaient  in- 
icûses,  une  augmentation  d'intensité  de  ces  rayons  était  loin  d'accroître 
le  nombre  des  gouttes  (déterminé   par  la  vitesse  de  chute)  autant 
qu'elle  accroissait  le  nombre  des  ions  (déduit  de  la  conductibilité 
électrique  du  gaz).  Pour  ces  rayons  énergiques,  on  trouva  que  leur 
pouvoir  de  condensation  n'était  pas  épuisé  par  la  première  détente, 
même  quand  on  les  supprimait  immédiatement  après,  car  une  seconde 
détente  produisait  un  nouveau  nuage;  avec  de  puissants  rayons  il 
fallait  quelquefois  six  à  sept  détentes  réparties  peut-être  sur  5  à  6  mi- 
nutes, pour  faire  disparaître  leur  effet.  En  présence  de  ce  résultat, 
il  est  évident  que  lorsque  les  rayons  sont  intenses  on  n'est  pas  auto- 
risé à  admettre  que  tous  les  ions  soient  captés  par  le  brouillard  dû 
à  la  première   détente.  Cependant,  bien  que  la    première   détente 
ne  précipite  pas  tous  les  ions,  il  semble  qu'elle  augmente  la  grosseur 
de  ceux  qui  restent  et  les  rende  plus  durables,  car  les  ions  qu'elle 
laisse  après  elle  exercent  un  effet  de  condensation  appréciable  pendant 
plusieurs  minutes;  tandis  que  s'il  n'y  a  pas  eu  de  détente  cet  effet  des 
rayons  ne  persiste  que  pendant  quelques  secondes  après  leur  sup- 
pression. De  plus,  ces  ions  modifiés  sont  capables  de  provoquer  la 
formation    d'un    brouillard   avec   une    détente   inférieure   à    la    plus 
faible  qui  donne  un  nuage  avec  les  ions  primitifs,  soit  i,25.  Quand 
un  premier  brouillard  a  été  produit,  les  nuages  secondaires  dus  aux 
détentes  successives  ne  sont  que  peu  affectés  par  un  champ  électrique, 
ce  qui  montre  encore  que  les  ions  modifiés  sont  plus  gros  et  plus 
inertes  que  les  ions  originels;  leur  présence  ne  paraît  pas  donner  au 
gaz  de  conductibilité  appréciable.  M.  Wilson  a  trouvé  que,  si  on  laisse 
tomber  le  brouillard  produit  par  une  forte  détente  dans  un  gaz  libre  de 
poussières  et  non  exposé  aux  rayons  Rr)ntgen,  un  nouveau  brouillard 
est  provoqué  par  une  nouvelle  détente  plus  faible  (qui,  dans  les  condi- 
tions ordinaires,  n'amènerait  pas  de  condensation  à  moins  qu'il  n'y 


{^)  Loc  cit.   Voyez  également  ce  Volume. 


8o6  J.-J.   THOMSO?C. 

eiit  des  pous>iêre*»  )  el  qu'il  est  nécessaire  de  produire  plusieurs  broiiil* 
lards  el  de  les  lais»er  lomber,  pour  que  le  «xax  retienne  à  son  état 
normal.  Les  expériences  de  M.  Wilson  semblent  démontrer  que,  dans 
ce  ca*»,  les  premiers  novaux  étaient  des  gouttes  d'eau  excessi\ement 
petites,  et  la  formation  du  second  nuage  >emblerait  indiquer  que.  sur 
les  gouttes  qui  ne  de\enaient  pas  a>>ez  grosses  pour  être  précipitées 
par  le  premier  brouillard,  il  se  déposait  un  peu  d'humidité  qui  était 
garantie  contre  ré\aporation  par  quelque  modification  chimique 
superficielle  telle  que  la  formation  d'eau  oxv gênée. 

Quelle  que  puis>e  être  l'explication  de  ces  nuages  secondaires,  il 
est  évident  que,  si  les  rayons  sont  assez  énergiques  pour  les  produire, 
on  ne  peut  pas  déduire  le  nombre  des  ions  de  l'observation  du 
premier  nuage.  Dans  les  expériences  décrites  ci-dessous  on  a  afi'aibli 
l'intensité  des  rayons,  en  interposant  des  écrans  d'aluminium  entre 
l'ampoule  et  le  gaz  examiné,  jusqu'à  ce  que  la  seconde  détente 
n^amenàt  pas  plus  de  brouillard  qu'il  n'y  en  aurait  eu  si  le  gaz  n'a\ait 
jamais  été  exposé  aux  rayons. 

Il  fallait  encore  rechercher  si  la  détente  employée  était  suffisante 
pour  précipiter  tous  les  ions,  ou  si  le  nombre  des  ions  précipités 
augmentait  avec  le  degré  de  détente.  Dans  ce  but,  on  mesura  la 
vitesse  de  chute  des  nuages  formés  par  des  détentes  différentes,  pen- 
dant l'action  des  rayons.  Les  résultats  de  ces  expériences  sont  donnés 
dans  le  Tableau  suivant  : 

Pression  de  l'air,  768""", 08.   Température,  18"  G. 

Durée  de  chute  sur  aS"" 


l>étente. 

535,7a       ^'^ 
757,72 

La  masse  d'eau  déposée  par  centimètre  cube  par  une  détente  de  k4 
est  4î  94  X  I  <>""  grammes,  tandis  que  la  masse  déposée  par  une  détente 
de  1,35  est  4^74  x  i<^~'  grammes.  Si  pour  la  première  détente  on 
désigne  par  N  le  nombre  des  ions  par  centimètre  cube  et  par  a  le  rayon 
des  gouttes  (|uand  les  rayons  agissent,  par  M  et  6  les  mêmes  quantités 


avec 

sans 

les  rdyons. 

les 

rayons 

'9 

10 

18 

6 

14 

4 

SUR  LA  CHARGE  KLECTRIOUB  TRANSPORTÉ K  PAR  LES  IONS.         807 

quand  les  rajons  n'agissent  pas,  par  Q  la  masse  d^eau  déposée,  on  a 

b  vitesse  de  chute  varie  comme  le  carré  du  rayon  des  gouttes,  de 
sorte  que 


b     V  19 


La  dernière  détente  (lettres  accentuées)  donne 


de  sorte  que 


N'  -  M' 


«(.^-r.) 


_  4,94  (»9/'9—  loy/io) 
4,74    (i4v/T4-4/4) 
=  1,2  approximativement. 

Ainsi,  le  nombre  des  ions  produits  par  les  rayons  et  qui  sont  captés 
parla  plus  forte  détente  est  légèrement  supérieur  à  celui  des  ions 
faplés  par  Tautre.  Je  pense  que  la  vitesse  plus  grande  des  détentes 
plus  fortes,  conséquence  du  temps  plus  long  pendant  lequel  la  force 
molrice  agit  sur  le  piston  dont  le  mouvement  produit  la  détente,  est 
suffisante  pour  expliquer  ce  fait;  car,  lorsque  la  détente  est  lente,  les 
gouttes  formées  d'abord  peuvent  croître  avant  qu'elle  ne  soit  com- 
plète, et  priver  ainsi  les  autres  de  vapeur  d'eau,  de  sorte  qu'on  pour- 
rail  s'attendre  à  avoir  un  peu  plus  de  gouttes  si  l'on  augmentait  la 
vitesse  de  détente. 

^^ueiques  expériences,  faites  avec  des  détentes  plus  faibles,  ont 
semblé  plutôt  indiquer  un  accroissement  considérable  du  nombre  des 
*^n"i déposés  quand  la  détente  passe  d'une  valeur  inférieure  à  i  ,3  à 
•ïne  valeur  supérieure.  Cet  accroissement  a  paru  un  peu  trop  grand 
pour  être  entièrement  attribué  à  la  plus  grande  rapidité  de  la  délente, 
«U  suggéré  l'idée  que  les  ions  n'ont  pas  tous  un  égal  pouvoir  d'agir 
C"nim me  noyaux.  J'espère  faire  sur  ce  point  des  recherches  spéciales; 
<î ♦•si  évidemment  un  fait  qui  pourrait  avoir  une  importance  considé- 
•^"le  pour  les  problèmes  de  l'électricité  atmosphérique;  car  si  les 
'ons  négatifs,   par  exemple,  différaient  des  positifs  par  leur  pouvoir 


de  condenser  («au  autour  d'eux,  il  pourrait  se  former  un  nua^ 
auUfur  des  ioBs  d'une  espèce,  et  pas  autour  des  autres.  Les  ions  di 
nuage  lonil>eraîenl  sous  l'action  de  la  pesanteur  et  il  se  produinil 
une  séparation  des  ions  positifs  et  négatifs  et  un  rKamp  électriqur, 
le  travail  nécessaire  à  la  créaiioo  de  ce  champ  étant  fourni  p«r  b 
pesanteur. 


Lappareil  ifig. 
Od  réalise  la  détei 


<}  esi  égakateoi  celui  de  M.  Wilson,  à  peu  de  cho*«prêiii 
:e  CD  tirant  brusquement  sur  une  lige  M,  termiDée  par  u 


bouchon  de  caoutchouc,  ce  qui  démasque  l'ouverture  du  tube  H  relié  an  réci- 
pieni  vide  F;  le  piston  P  est  exactemeni  guidé  par  le  tube  C,  et  sa  biM 
plonge  dans  l'eau  au  lieu  de  plonger  dans  le  mercure.  R.  S,  C  sont  les  pièce) 
d'appareil  destinées  à  régler  la  détente. 

n  représentant  la  pression  barométrique  eti;  la  pression  masimun) 
de  la  vapeur  d'eau  à  la  température  de  l'expérience,  la  pression  de 
l'air  avant  la  détente  est 


La  pression  de  l'air  après  la  détente,  quand  la  lempéi 


(')   Voytz  cv  Volume. 


SUR   LA   CHARGE   BLBCTRIQUE   TRANSPORTEE   PAR    LES   IONS.  809 

sa  valeur  initiale,  est 

où  p  est  la  pression  due  à  la  différence  de  niveau  du  mercure  dans 
les  deux  branches  du  manomètre. 
Donc,  si  C|  et  v^  désignent  les  volumes  initial  et  final, 

1^,       Pi  n  —  ic 


Vi      pj      n  —  Tc  —  /> 

A  est  le  vase  dans  lequel  on  mesurait  la  vitesse  de  chute  du  brouil- 
lard et  la  conduclivité  du  gaz.  C'est  un  tube  de  verre  de  36"""  de 
diamètre  environ,  recouvert  d^une  plaque  d'aluminium;  un  morceau 
de  papier  buvard  humide  est  placé  contre  la  face  inférieure  de  la 
plaque  et  le  courant  électrique  passe  du  papier  buvard  à  la  surface 
horizontale  de  l'eau  dans  ce  récipient.  Le  papier  buvard  a  pour 
fonction  d'empêcher  l'ionisation  anormale  qui  se  produit  près  de  la 
surface  d'un  métal  frappé  normalement  par  des  rayons  Rontgen. 
M.  Langevin  a  montré  que  cette  ionisation  est  pratiquement  nulle 
quand  les  surfaces  sont  humides. 

La  bobine  et  le  tube  focus  produisant  les  rayons  étaient  placés 
dans  une  grande  caisse  en  fer  D  soutenue  par  des  supports;  un  trou 
percé  dans  le  fond  de  la  caisse  était  fermé  par  une  fenêtre  d'alumi- 
nium. Le  récipient  A  était  placé  au-dessous  de  cette  fenêtre  et  l'am- 
poule productrice  des  rayons  à  quelque  distance  derrière  elle,  de 
sorte  que  le  faisceau  de  rayons  qui  sortait  de  la  caisse  n'était  pas 
très  divergent.  On  réduisait  l'intensité  des  rayons  au  degré  voulu  en 
interposant  des  feuilles  de  papier  d'étain  ou  d'aluminium  en  nombre 
convenable  entre  l'ampoule  et  le  récipient.  La  caisse  D  et  la  plaque 
d'aluminium  qui  fermait  A  étaient  reliées  au  sol  et  à  l'une  des 
paires  de  quadrants  d'un  électromètre.  L'autre  paire  était  reliée  à  la 
surface  de  l'eau,  qui  était  chargée  par  l'un  des  pôles  d'une  pile 
formée  généralement  de  deux  éléments  Leclanché  dont  l'autre  pôle 
était  à  la  terre.  Après  avoir  chargé  la  surface  on  l'isolait  et  l'on  véri- 
fiait l'isolement  de  l'appareil  en  observant  s'il  n'y  avait  pas  de  fuite 
quand  les  rayons  ne  passaient  pas  :  si  l'isolement  était  reconnu  bon, 
on  faisait  passer  les  rayons,  et  la  charge  commençait  à  fuir;  en  mesu- 
rant la  vitesse  de  fuite  on  pouvait  déterminer  la  quantité  d'électri- 
cité qui  traversait  en  i  seconde  le  gaz  exposé  aux  rayons,  à  condition 
de  connaître  la  capacité  du  système.  La  capacité  réelle  du  système 
formé  par  le  récipient  qui  se  décharge,  les  fils  de  connexion  et  les 


8 10  J.-J.   THOMSON. 

quadrants  de  rëlectromèlre,  dépend  dans  une  large  mesure  de  la 
charge  de  ce  dernier  et  croit  si  rapidement  avec  elle,  que  la  vitesse 
de  déplacement  de  l'image  lumineuse  réfléchie  n'augmente  plus  que 
très  lentement  quand  la  charge  de  Télectromètre  a  dépassé  une  cer- 
taine valeur.  Le  calcul  suivant  en  donne  la  raison. 

Soient  Qi  la  charge  du  système  formé  par  l'une  des  paires  de 
quadrants  et  l'appareil  qui  lui  est  relié,  V|  le  potentiel  de  cette  paire 
de  quadrants,  V2  celui  de  la  seconde  et  V,  celui  de  l'aiguille;  on  a 

où  9,1,  y, a,  <jr,,  sont  les  coefficients  de  capacité.  Soit  8  l'azimut  de 
l'aiguille;  quand  les  deux  paires  de  quadrants  et  l'aiguille  ont  le 
même  potentiel,  Q,  ne  dépend  pas  de  ^  si  les  quadrants  sont  symé- 
triques par  rapport  à  l'axe  de  l'aiguille.  On  a  donc 

^yii       dçit       dqii  _ 

rfe  ^  rf6  "^  </e  "" 

Si  l'aiguille  est  d'abord  placée  symétriquement  par  rapport  aux 
quadrants,  on  a  approximativement 

dH 
quand  0  est  petit. 

Si  doncc|ii,  «^is  désignent  les  valeurs  de  q^yÇa  quand  8  =  0,  on 
a  approximativement,  en  posant  p  =  -^> 

et 

Qi  =  ^iiiV,-4-^„v,H-.i„Vs-hpe(V,-v,). 

Si  V2=o  on  a,  puisque  la  déviation  de  l'aiguille  est  à  peu  près 
proportionnelle  au  produit  de  la  diH'érence  de  potentiel  entre  les 
quadrants  par  le  potentiel  de  l'aiguille, 

0  =  A:V,V3, 
d'où 

Q.  =  qiiV,^.l„V3-^^pV,V|-A:pVîVa; 

le  quatrième  terme  du  second  membre  est  petit  vis-à-vis  du  troisième; 
on  a  donc 


SIR  LA  CHARGE  ÉLECTRIOI^E  TRANSPORTÉE  PAR  LKS  IONS.         8ll 

La  capacité  effective  est  donc 

On  mesurait  la  capacité  efl'ective  en  reliant  aux  quadrants  un  con- 
densateur à  plateaux  parallèles  et  observant,  pendant  que  le  système 
était  isolé,  le  changement  amené  dans  la  déviation  par  une  augmen- 
tation connue  de  la  distance  des  plateaux.  Soient  C  et  C  les  valeurs 
delà  capacité  du  condensateur  dans  la  première  et  la  seconde  posi- 
tion, V|  et  V'^  les  potentiels  correspondants,  on  a 

Q,  =  (.InH-  C  )Vt  -u  .1,3 V,H-  pk\,  Vf 
=  (^11+  C')V;  +  .i„ V3-^  pk\\  Vî  ; 
d'où 

V|el  \\  sont  proportionnels  à  la  déviation  dans  les  deux  cas,  C  et  C 
connus;  Téquation  permet  donc  de  calculer  ^^n-H^A'VJ,  capacité 
effective  du  système. 

Si,  pendant  l'action  des  rayons,  le  mouvement  de  Tindex  lumineux 
indique  une  variation  de  potentiel  de  V  volts  par  seconde,  la  quantité 
d'éleclricité  qui  traverse  pendant  ce  temps  la  section  droite  du  réci- 
pient exposé  aux  rayons  est  CV.  Mais,  si  n  est  le  nombre  des  ions, 
positifs  et  négatifs,  par  centimètre  cube  de  gaz,  Uq  leur  vitesse 
moyenne  pour  un  champ  de  i  volt  par  centimètre,  A  la  surface  des 
plaques,  E  Tintensité  du  champ,  cette  quantité  d'électricité  est  égale 

à/iewoEA,  et  Ton  a 

CV  =  neuoX  ; 

desorle  que,  si  Ton  connaît  n  et  Uqj  on  peut  tirer  de  celte  équation  la 
Valeur  de  e. 
Les  expériences  étaient  faites  de  la  manière  suivante  : 
Od  reliait  la  plaque  d'aluminium  et  la  surface  de  l'eau  aux  pôles  de 
deux  éléments  Leclanché,  et  Ton  mesurait  la  vitesse  de  chute  r^  des 
gouttes  produites  par  la  délente  en  Tabsence  des  rayons;  on  faisait 
passer  les  rayons,  et  l'on  mesurait  la  vitesse  de  chute  /*a  du  brouillard 
produit  par  la  détente;  on  supprimait  les  rayons,  on  faisait  une  troi- 
sième détente,  et  l'on  mesurait  la  vitesse  de  chute  r^  du  brouillard; 
si  /'j  était  inférieur  à  ri  d'une  quantité  appréciable,  on  en  concluait 
que  les  ions  produits  par  les  rayons  étaient  trop  nombreux  pour  avoir 
été    captés    par  une  seule  détente,  et  l'on  diminuait  Tintensité  des 
rayons  en  interposant  une  feuille  d'aluminium  entre  l'ampoule  et  le 


8ia  J.-J.   THOMSON. 

récipient;  on  recommençait  les  opérations  jusqu'à  ce  que  rj  fût  égal 
à  Ti,  et  Ton  admettait  alors  que  tous  les  ions  étaient  captés  parle 
brouillard  dû  à  la  détente.  On  déduisait  la  grosseur  des  gouttes  de 
leur  vitesse  de  chute  d'après  la  formule 

^^  "  9     P-  * 
Si  q  est  la  masse  d'eau  déposée  par  centimètre  cube  de  gaz,  on  a 

q  —  71 -ira». 

La  méthode  employée  pour  déterminer  q  est  celle  qu'a  donnée 
Wilson  (/oc.  cii,^  p.  299).  On  a 

où  L  désigne  la  chaleur  latente  d'évaporation  de  l'eau,  G  la  chaleur 
spécifique  du  gaz  à  volume  constant,  M  la  masse  spécifique  du  gaz, 
^2  la  plus  basse  température  atteinte  pendant  la  détente,  t  la  tempé- 
rature au  moment  où  les  gouttes  sont  complètement  formées. 
Puisque 

où  Pi  est  la  densité  de  la  vapeur  d'eau  avant  que  la  condensation 
commence  et  p  la  densité  à  la  température  /,  on  a 

CM, 

p  =  p! — ï7^         *^* 

p  étant  une  fonction  de  t^  cette  équation  nous  permet  de  calculer /. 
Si  X  est  le  rapport  du  volume  final  au  volume  initial  et  ^o  la  tempéra- 
ture avant  la  détente,  on  a,  en  prenant  comme  pression  initiale  hôo"*", 

j^^  0,00129      ^7^ 

De  plus, 

où  po  est  la  densité  de  la  vapeur  d'eau  à  la  température  ^o* 

Le  refroidissement  dû  à  la  détente  est  déterminé  par  Téquation 

,       273  -h  ^0  ^    , 

C  =  0,167;        L  =  606. 


SUR  LA   CHARGB  ÉLEGTRIOUB  TRANSPORTEE   PAR  LES  IONS.  8l3 

Donc 

po       0,167       o,oori9  ^7^      /,      .. 

Appliquons  ces  équations  à  un  cas  particulier.  Dans  une  des  expé- 
riences, on  avait  /©^  i6"C.,  et 

_       760—13,5 
760  —-  ii,5 —  197 

,      '273-1-16  ,    , 

=  logi,i34, 
273H-f,=      254,8. 
f,  =  —    18,2, 
po=         o,ooooi34i 

606  X  i,3o  X  289  ' 

P  =  98,4  X  io~^—  2,46  X  10-^(^-4-182). 

Si  nous  posons  /  =  1,2,  nous  tirons  de  cette  équation 

p=  5o,7  X  10-", 

<]ui  est  très  sensiblement  la  valeur  de  0  à  i",2C.  ;  nous  en  déduisons 
(|ue  <=i,2,  et  que  la  quantité  d'eau  ^  déposée  par  unité  de  volume 
<iu  gaz  détendu  est  47^7  X  io~'  grammes. 

On  a  trouvé  que,  pendant  l'action  des  rayons,  la  vitesse  des  gouttes 
élâito,  i4cm  :  sec,  et  sans  les  rayons  o,  4'  cm  :  sec. 

Relation  entre  la  vitesse  et  la  grandeur  de  la  goutte.  —  La  vitesse 
de  chute  r  d'une  goutte  d'eau  de  rayon  a  dans  un  gaz  dont  le  coeffi- 
cicnt  de  viscosité  est  [x,  est  donnée,  en  négligeant  la  densité  du  gaz 
devant  celle  de  la  goutte,  par  la  formule  (  *  ) 


et 


d'où 


3^ r-^'  .         3jj^ 


(-© 


(')  yw"  IjkMB,  Hydrodynamics,  p.  23o. 


1 


8l4  '•-!•   THOMSON. 

OÙ  ^  est  le  coefficient  de  glissement.  S'il  n'y  a  pas  de  glissement  entre 
le  gaz  et  la  sphère,  ^  est  infini  et  Ton  a 

(0  y^li^; 

9    K 
tandis  que,  si  J—  est  grand,  on  a 

V-  •  ^'^^ 

Puisque  a  figure  en  dénominateur  dans  les  termes  qui  contiennent  71 

l'influence  du  glissement  sur  le  mouvement  de  sphères  très  petites, 
comme  celles  que  nous  considérons,  sera  beaucoup  plus  grande 
qu'avec  les  sphères  de  la  dimension  de  celles  que  l'on  emploie 
comme  boules  de  pendules,  pour  lesquelles  on  a  montré  que  l'in- 
fluence du  glissement  est  trop  faible  pour  être  aperçue.  On  ne  peut 

donc  pas  négliger  de  prime  abord,  dans  notre  cas,  les  termes  en  ^ — 

La  théorie  cinétique  des  gaz  éclaire  un  peu  la  question,  car,  d'après 

cette  théorie  (  '),  -^  est  de  l'ordre  du  libre  parcours  moyen  d'une  mo- 

r' 

lécule,  c'est-à-dire  pour  l'air  à  la  pression  atmosphérique  de  l'ordre 
de  io~*  centimètres;  donc,  si  a  est  grand  en  comparaison  du  libre 
parcours  moyen,  on  peut  admettre  que  la  relation  entre  la  vitesse  et 
la  grandeur  des  gouttes  est  donnée  par  l'équation  (i). 
Si  l'on  y  fait  t^  =  o,i4,  ^=  981,  [x  =  1,8  x  io~%  on  a 

a*  =11,5    X  io-«, 
a  =   3,39  X  10-*, 

|ita»=    i,63x£o-»o. 

Comme  le  rayon  de  la  goutte  est  considérable  en  comparaison  du 
libre  parcours  moyen  dans  l'air  à  la  pression  atmosphérique,  on  peut 
avec  quelque  confiance  accepter  cette  équation  (i)  comme  vraie  pour 
des  gouttes  de  cette  grandeur. 

On  en  tire 

#1=    .  ^      =-^,94x  10*. 

C'est  le  nombre  des  ions  contenus  dans  1*"*  du  gaz  détendu;  leur 
(  *  )  Voy.  Maxwell,  Stresses  in  rarefied  gcues  (  Œuvres  complètes,  vol.  Il,  p.  709). 


SUR  LA   CHARGE   ÉLECTRIQUE   TRANSPORTÉE    PAR    LE8   IONS.  8l5 

nombre  dans  i*^"*  de  gaz  avant  la  détente  était 

2,94  X  1 ,36  X  10*=  4  X  10*. 

Considérons  maintenant  la  partie  électrique  de  Texpérience.  L'élec- 
Iromètre  a  donné  une  déviation  de  90  divisions  de  l'échelle  pour  deux 
éléments  Leclanché,  la  capacité  du  système  formé  par  le  récipient  con- 
tenant le  gaz  exposé  aux  rayons,  les  fils  de  connexion  et  les  quadrants 
étant  de  38  U.E.S.  Le  diamètre  des  électrodes  circulaires  entre  les- 
quelles se  produisait  le  courant  était  3*^"',(),  leur  distance  2*^™.  En 
présence  des  rayons,  et  pour  la  différence  de  potentiel  entre  électrodes 
fournie  par  les  deux  Leclanché,  la  déperdition  déplaçait  l'index  de 
^divisions  par  minute;  si  donc  E  désigne  la  force  électromotrice  d'un 
Leclanché,  la  quantité  d'électricité  traversant  en  une  seconde  la  sec- 
lion  droite  du  tube  à  décharges  est 


io  X  60  3oo 

Maisceci  estégalà  A/ie^oE',  où  A,  aire  des  électrodes,  estirx  (1,8)''; 
n,  nombre  des  ions  par  centimètre  cube,  4  x  *o*j  ^  est  la  charge 
d'union;  Uo  la  vitesse  moyenne  des  ions  positifs  et  négatifs  pour  un 
champ  de  i  volt  par  centimètre,  que  M.  Rutherford  a  trouvée  égale  à 
i,6x  3  X  10*;  E',  le  champ,  que  nous  supposons  uniforme,  est  égal 
iEdans  notre  cas.  Substituant  ces  valeurs,  on  a,  pour  déterminer  la 
charge  e  d'un  ion ,  l'équation 

38 

E  =  it(i,8)'x  4  Xio^x  e  x4,8  xio*x  E, 


3oo 
d'où 

e  =  6,3  X  io-»o. 

Dans  le  calcul  précédent,  nous  avous  supposé  que  les  noyaux  pro- 
ducteurs du  nuage  sont  ceux  qui  déterminent  la  conductibilité;  il  se 
condense  cependant  un  léger  brouillard  même  en  l'absence  des  rayons; 
^  nous  admettons  que  les  noyaux  qui  le  produisent  sont  encore  actifs 
en  présence  des  rayons,  il  s'ensuit  que  l'évaluation  précédente  du 
nombre  des  ions  qui  propagent  le  courant  est  trop  élevée  de  la  quan- 
tité correspondant  aux  noyaux  présents  dans  le  gaz  quand  les  rayons 
ne  le  traversaient  pas.  Comme  en  l'absence  des  rayons  le  brouillard 
tombait  trois  fois  plus  vite  qu'en  leur  présence,  le  nombre  des  noyaux 
dans  le  second  cas  est  au  nombre  des  noyaux  dans  le  premier  comme  i 

esta  3^,  ou  5,2;  donc  r —  des  noyaux  ne  prennent  pas  part  à  la  pro- 


8r6 


J.-J.   THOMSON. 


pagation  du  courant,  de  sorte  que  pour  avoir  la  charge  des  Ions  il  faut 


augmenter  la  valeur  trouvée  dans  le  rapport  de  i  +  7 —  a  1 ,  ce  qui 

donne 

e=  7,4  X  io-«o. 

Le  Tableau  suivant  donne  les  résultats  d'autres  expériences  rela- 
tives à  Tair  : 


Viiesse 

sans  la  correction 

Courant 

de 

relative  aux  noyaux 

à  travers 

cbaie 

existant  avant 

e 

Détenle. 

Tcn] 

ipérature. 

le  gaz. 

du  nuage. 

le  passage  des  rayons. 

corrigé 

1,36 

16 

0,243  E 

0,09 

6,7  X  lo-»»» 

7.6 

1,36 

16 

o,i33Ë 

0,147 

6,4 

7,2 

1,38 

16 

o,i43E 

o,i56 

7,3 

«.4 

1,36 

16 

o,i96E 

0,104 

6,3 

7.4 

1,36 

16 

o,ii5E 

0, 125 

5,0 

6,0 

La  moyenne  de  ces  valeurs  et  de  la  précédente  est 

i?  =  7,3  X  lo-ïo    U.  E.  S. 

Il  fallait  faire  une  autre  correction  pour  tenir  compte  de  la  conduc- 
tibilité donnée  aux  parois  du  vase  par  la  couche  d'humidité  adhérente. 
Bien  que  ces  parois  fussent  isolées  de  la  plaque  d'aluminium  placée  à 
la  partie  supérieure  et  qu'il  n'y  eût  pas  de  fuite  quand  les  rayons  ne 
passaient  pas,  la  conductibilité  du  verre  obligeait  une  partie  du 
courant  à  cheminer  le  long  des  parois  quand  les  rayons  agissaient, 
tandis  qu'on  a  supposé  dans  le  calcul  que  ce  courant  passait  tout 
entier  à  travers  l'air. 

Pour  évaluer  la  correction,  on  construisit  deux  récipients  de  même 
forme  et  de  même  grandeur,  dont  l'un  était  exactement  semblable  à 
celui  qui  a  été  décrit  plus  haut,  tandis  que  les  parois  de  Tautre  étaient 
vernies  à  la  gomme  laque,  et  que  l'eau  y  était  remplacée  par  une 
feuille  d'aluminium  de  même  surface,  placée  à  la  même  distance  de 
la  feuille  supérieure.  Les  couvercles  d'aluminium  des  deux  vases 
étaient  découpés  dans  la  même  feuille  de  métal.  Quand  ils  étaient  ex- 
posés aux  rayons  Rontgen,  le  courant  du  récipient  contenant  defeau 
était  au  courant  de  l'autre  comme  9  est  à  8.  Le  courant  passant  direc- 
tement entre  les  électrodes  était  donc  les  |  du  courant  observé. 
Cette  correction  donne,  pour  valeur  moyenne  de  e, 

g 

-  X  7,3  X  io~*o  =  6,5  X  io-*o. 

9 


80E  LA  CHARGE  ÉLECTRIQUE  TRANSPORTÉE  PAR  LES  IONS.  817 

On  a  fait  avec  l'hydrogène  une  série  d'expériences  analogues.  Le 
nombre  des  ions  était  moins  grand  dans  ce  gaz  que  dans  l'air,  et  la 
viscosité  plus  faible  donnait  aux  gouttes  une  vitesse  bien  plus  grande; 
en  l'absence  des  rayons  elles  tombaient  si  vite  (en  une  seconde  ou 
deux  seulement),  qu'on  ne  pouvait  déterminer  exactement  la  vitesse; 
il  n'était  même  pas  certain  qu'elles  eussent  acquis  un  état  stable.  La 
vitesse  de  l'ion  d'hydrogène  à  travers  Thydrogène,  sous  un  champ 
égalàTunité,  est  prise  égale  à  3  fois  celle  de  l'air,  et  le  coefficient  de 
viscosité  égal  à  9,3  X  io~*. 

Le  Tableau  suivant  donne  les  résultats  des  expériences  : 


e 
(sans  la  correction 

Courant 

Vitesse 

pour  les  noyaux 

à  travers 

de  chute 

existant  en  l'absence 

>étente. 

Température. 

le  gaz. 

du  brouillard, 
cm  :  »ec 

des  rayons). 

1,36 

i6 

0,'2I 

0,41^ 

6,3  X  io-»o 

1,38 

i6 

0,127 

0,5 

5,5 

1,3; 

17 

o,o83 

G, 83 

6,9 

1,35 

»7 

0,19 

M 

0,5 
ovenne 

8,0 
...     6.7  X  io-*o 

Les  expériences  paraissant  prouver  que  la  charge  de  l'ion  est  la 
Qtéme  dans  l'hydrogène  et  dans  l'air,  la  valeur  de  e  n'a  pas  été  cor- 
rigée de  l'influence  des  noyaux  préexistant  au  passage  des  rayons 
comme  elle  l'a  été  pour  l'air.  Ce  résultat  est  évidemment  d'une  grande 
importance  pour  la  théorie  de  l'ionisation  des  gaz  par  les  rayons 
Rôntgeu. 

Dans  la  détermination  des  nombres  qui  précèdent  on  a  fait  des  hy- 
pothèses qui  auraient  pour  résultat,  si  elles  étaient  incorrectes,  de 
tinsser  la  valeur  de  e.  Par  exemple,  nous  avons  supposé  uniforme  le 
dump  entre  les  plaques.  Le  professeur  Zeleny  a  montré  que  ce  n'est 
pas  strictement  vrai  (*);  la  chute  de  potentiel  près  des  électrodes 
est  supérieure  à  la  valeur  moyenne,  tandis  que  dans  la  masse  du 
px  elle  lui  est  inférieure.  Le  gradient  de  potentiel  dans  le  gaz  est 
Jonc  moindre  que  le  quotient  de  la  différence  de  potentiel  par  la 
<li5lance  des  plaques,'  valeur  que  nous  lui  avons  attribuée  dans  les 
^culs.  Pour  les  rayons  très  affaiblis  employés  dans  ces  expériences, 
«différence  entre  la  valeur  exacte  et  la   valeur  admise  est  si  faible 


[^ ) Philos.  Mag.f  juillet  1898; /oar/z.  dePhys.,  3'  série,  t.  VII,  p.  120,  (  Voir  aussi 
<«  Recueil.) 

S.  P.  5a 


8l8      J.-J.   THOMSON.  —  SUR  LA  CHARGE   ÉLECTRIQUE  TRANSPORTÉE   PAR   LES  IONS. 

qu'il  n'a  pas  paru  nécessaire  dans  les  expériences  définitives  de  cal- 
culer une  correction,  d'autant  plus  que  les  variations  de  la  bobine,  etc. 
amenaient  des  perturbations  beaucoup  plus  graves.  Nous  avons  sup- 
posé de  plus  que  le  brouillard  entraîne  tous  les  ions  dans  sa  chute  ;  s'il 
en  restait,  la  valeur  obtenue  pour  la  charge  serait  supérieure  à  la  valeur 
réelle.  Celle  que  nous  avons  trouvée  pour  la  charge  de  l'ion  produit  par 
les  rayons  Rontgen  est  supérieure  à  celle  que  l'on  attribue  ordinairement 
à  l'atome  d'hydrogène  dans  l'électrolyse.  Il  ne  semble  pas  cependant 
qu'il  y  ait  de  raison  valable  de  rejeter  la  valeur  élevée  que  nous  avons 
trouvée.  On  déduit  des  Jois  de  l'électrolyse,  en  désignant  par  ^  la 
charge  de  l'ion  en  unités  électrostatiques,  et  par  N  le  nombre  de  mo- 
lécules par  centimètre  cube  à  la  température  et  à  la  pression  normales 
{voir  RiCHARz,  Bonn  Sitzungsberichten,  1891,  p.  23), 

Ne  =  119  X  10^; 

si  l'on  fait  e  :=  6,5  x  io~*®,  il  vient 

N  =  20  X  10**; 

tandis  que  N  déduit  des  expériences  sur  la  viscosité  de  l'air  est  égal 
à  21  X  10**.  Bien  que  les  mesures  des  coefficients  de  viscosité  des 
autres  gaz  donnent  en  général  pourN  des  valeurs  plus  fortes,  l'accord 
entre  la  valeur  déduite  de  nos  expériences  et  celle  que  la  théorie  ciné- 
tique des  gaz  tire  des  expériences  de  viscosité  suffit  à  montrer  que 
cette  théorie  est  compatible  avec  la  valeur  que  nous  avons  trouvée 
pour  e,  et  qui  est  la  même,  ou  tout  au  moins  du  même  ordre  de 
grandeur  que  la  charge  transportée  par  l'ion  d'hydrogène  dans  l'élec- 
trolyse. 

Il  est  intéressant  de  remarquer,  à  propos  de  ce  résultat,  que  le 
professeur  H. -A.  Lorentz  (*  )  a  montré  que  la  charge  des  ions  dont  le 
mouvement  produit  les  raies  spectrales  qui  sont  aflcclécs  par  le  phé- 
nomène de  Zeemann  est  du  même  ordre  de  grandeur  que  la  charge  de 
l'ion  d'hydrogène  dans  l'électrolyse. 

(*)  Koninkligke  Akademie  van  Welenschappen  te  Amsterdam,  6  avril  1898. 


^•M' 


THEOWE  DE  LA  RELATION  ENTRE  LES  RAYONS  CATHODIQUES 

ET  LES  RAYONS  RONTGEN, 

Par  J.-J.  THOMSON. 
Traduit  de  Fanglais  par  M.  MOULIN. 


Philosophical  Magazine,  t.  XLV,  189S,  p.  17a. 


Lne  particule  électrisée  en  mouvement  est  entourée  d'un  champ 
Baagnélique,  dont  les  lignes  de  force  sont  des  cercles  qui  ont  pour  axe 
la  trajectoire  de  la  particule.  Si  la  particule  est  brusquement  arrêtée, 
par  suite  de  Tinduction  électromagnétique,  la  variation  du  champ  ma- 
gnétique ne  sera  pas  instantanée  ;  Tinduction  donne  naissance  à  un 
champ  magnétique  qui,  pour  un  instant,  compense  celui  qu'  est  dé- 
truit par  Tarrét  de  la  particule.  Le  nouveau  champ,  ainsi  introduit, 
n'est  cependant  pas  en  équililire,  mais  il  s'éloigne  à  travers  le  diélec- 
trique comme  une  pulsation  électrique.  Dans  cette  Note,  nous  allons 
calculer  le  champ  magnétique  et  le  champ  électrique  transportés  par 
celle  pulsation  en  un  point  du  diélectrique. 

La  distribution  des  champs  magnétique  et  électrique  autour  de  la 
particule  en  mouvement,  dépend  surtout  de  la  vitesse  de  la  particule. 
Si  sa  vitesse  est  assez  petite  pour  que  Ton  puisse  négliger  le  carré  de 
son  rapport  à  la  vitesse  de  la  lumière,  le  champ  électrique  est  distri- 
bué symétriquement  autour  de  la  particule  et,  à  une  distance  r  de 

celle-ci,  il  est  égal  à  —>  e  étant  la  charge  de  la  particule;  les  lignes 

<le  force  magnétique  sont  des  cercles  qui  ont  pour  axe  la  trajectoire 
^le  la  particule;  l'intensité  du  champ  magnétique  en  un  point  P  est 

•""jip-*  tr  étant  la  vitesse  de  la  particule  et  9  l'angle  que  fait  le  rayon 

joignant  la  particule  à  P  avec  la  direction  du  mouvement. 

Cependant,  lorsque  la  vitesse  de  la  particule  est  trop  grande  pour 
l'ie  nous  puissions  négliger  le  carré  de  son  rapport  à  la  vitesse  de  la 


820  J.-J.   THOMSON. 

lumière,  la  distribution  du  champ  électrique  n'est  plus  uniforme;  le 
champ  électrique,  ainsi  que  le  champ  magnétique,  tend  à  se  concen- 
trer dans  le  plan  équatorial,  c'est-à-dire  le  plan  passant  par  le  centre 
de  la  particule  et  normal  à  la  direction  de  son  mouvement;  cette 
tendance  croît  avec  la  vitesse  de  la  particule  jusqu'à  ce  que,  lors- 
qu'elle est  égale  à  la  vitesse  de  la  lumière,  les  champs  magnétique  et 
électrique  s'annulent  en  tout  point  non  situé  dans  le  plan  équatorial 
et,  dans  ce  plan,  deviennent  infinis. 

Les  pulsations  émises  par  l'arrêt  de  la  particule  chargée  sont, 
comme  on  pouvait  s'y  attendre,  difTérentes  quand  le  rapport  de  la 
vitesse  de  la  particule  à  celle  de  la  lumière  est  petit  ou  quand  il  est 
voisin  de  l'unité.  Mais,  même  quand  la  vitesse  est  faible,  la  pulsation 
émise  par  l'arrêt  de  la  particule  transporte  en  un  point  extérieur 
une  perturbation  dans  laquelle  le  champ  magnétique  est  énormé- 
ment plus  grand  qu'il  ne  l'était  au  même  point  avant  que  la  parti- 
cule soit  arrêtée.  Le  temps  que  met  la  pulsation  pour  passer  en  un 
point  P  est,  si  la  particule  chargée  est  sphérique,  égal  au  temps  que 
met  la  lumière  pour  parcourir  une  distance  égale  au  diamètre  de  cette 
sphère;  l'épaisseur  de  cette  pulsation  est  excessivement  petite  par 
rapport  à  la  longueur  d'onde  de  la  lumière  visible.  Quand  la  vitesse 
de  la  particule  approche  de  celle  de  la  lumière,  deux  pulsations  sont 
émises  au  moment  où  elle  est  arrêtée.  L'une  de  ces  pulsations  est 
plane  et  son  épaisseur  est  égale  au  diamètre  de  la  particule  chargée  : 
cette  onde  se  propage  dans  la  direction  du  mouvement  que  possédait 
la  particule;  il  n'y  a  aucune  onde  se  propageant  en  arrière;  l'autre 
est  une  pulsation  sphérique  s'étendant  dans  toutes  les  directions,  dont 
l'épaisseur  est  encore  égale  au  diamètre  de  la  particule  chargée,  et 
très  petite  par  rapport  à  la  longueur  d'onde  de  la  lumière  ordinaire,  si 
cette  particule  est  de  dimensions  moléculaires  ou  plus  petite.  La  théo- 
rie que  je  désire  mettre  en  avant  est  que  les  rayons  Ronlgen  sont 
constitués  par  ces  minces  pulsations  de  perturbation  électrique  et  ma- 
gnétique qui  sont  émises  au  moment  de  l'arrêt  des  petites  particules 
chargées  négativement  qui  constituent  les  rayons  cathodiques. 

Nous  allons  maintenant  calculer  la  perturbation  magnétique  qui  se 
propage  à  travers  les  diélectriques  quand  une  particule  chargée  se 
trouve  brusquement  arrêtée. 

Les  composantes  du  champ  magnétique  et  du  champ  électrique 
satisfont  à  l'équation  de  Poisson 


IBUTION  BNTRB  LES  RAYONS  CATHODIQUES  ET  LES  RATONS  RÔNTGBN.   82 1 

dont  la  solution  est,  comme  l'a  montré  Poisson, 

d 

tétant  la  valeur  que  prend  la  fonction  au  point  P  et  au  temps  t\ 

U|  la  valeur  moyenne  de  ^,  quand  /  =  o,  sur  la  surface  d'une  sphère 

d^ 
de  centre  P  et  de  rayon  V^;  0)2  la  valeur  moyenne  de  -^>  quand 

/=o,  sur  la  surface  de  la  même  sphère. 

SoIt/=  o  le  moment  où  la  particule  est  brusquement  amenée  au 
repos.  Prenons  le  centre  de  la  particule  amenée  au  repos  comme  ori- 
gine des  coordonnées  et  la  trajectoire  de  son  centre  comme  axe  des  z. 

Les  trois  composantes  a,  p,  y  ^"  champ  magnétique  au  moment  où 
la  particule  est  arrêtée  sont  alors,  pour  tous  les  points  extérieurs  à  la 
particule,  données  par  les  équations  (*) 

a  =  —  -. ^ _  ,  — -  =  —  w 


(V»— wï)« 


dt  dz 


VI)  (  0               e\w                            X  d%  rf3 

^=      L V         dt=-'''Tz' 

Pour  tous  les  points  intérieurs  à  la  particule  que  nous  pouvons 
considérer  comme  une  sphère  de  rayon  a, 

a  =  p  =  Y  =  o. 

Dans  ces  équations,  V  est  la  vitesse  de  la  lumière  dans  le  diélec- 
^que,  w  la  vitesse  que  possédait  la  sphère  chargée  avant  son  arrêt, 
*la charge  de  la  sphère.  Pour  obtenir  les  valeurs  de  a,  p,  y,  un  temps 
quelconque  après  l'arrêt  de  la  particule,  nous  avons  à  intégrer  par  la 
'nélhode  de  Poisson  les  valeurs  données  précisément  sur  la  surface 
de  certaines  sphères;  dans  le  cas  général,  cette  intégration  conduit  à 
<lcs  intégrales  elliptiques  compliquées.  Nous  pouvons  nous  faire  une 
'dée  plus  claire  sur  la  nature  physique  de  la  perturbation  si  nous 
considérons  deux  cas  particuliers  :   1°  quand  nous  pouvons  négliger 

le  carré  et  les  puissances  plus  élevées  de  ^r»  et  2"  quand  -y  est  très 
voisin  de  l'unité. 

{')  Heàswide,  Phil.  Mag.f  avril  1899,  —  J.-J.  Thomson,  Récent  researches,  p.  19. 


.MAm 


^•,.-L- 


^?--X.        - 


.   --WI,  _ 


''  "     .-. 


-  t 


T*m.        ^i       ^-..  -A.  -Al 


«"," 


•   —-7     1    . 


'.•fc 


* .« 


-:vr:r.  -:-?  i^oas  pour  c 


T    T^Z     i—    r,. 


i 

■ 


IBUTION  ENTRE  LES  RATONS  CATHODIQUES  ET  LES  RAYONS  RÔNTGEN.       8'i3 

«I,  ^1  étant  les  valeurs  données  par  les  équations  (2)  que  Ton  peut 
maintenant  supposer  être   vraies  de   /  =  o  à   /  =  ^.  et    s'annuler 

'  toutes  les  deux  quand  /  >  y?  «2»  p2  étant  le  champ  magnétique  pro- 

lenant  de  la  perturbation  donnée  initialement  par  (3).  Cette  pertur- 
F  ktion  commencera  à  se  faire  sentir  au  point  P  au  bout  d'un  temps 

— r — et  cessera  à  l'instant  — ^ — »  O  étant  le  centre  de  la  sphère 

chargée.  Ainsi,  l'épaisseur  de  la  pulsation  due  à  cette  distribution 
[.est  égale  au  diamètre  de  la  sphère, 
f      Nous  pouvons  facilement  montrer  que 


/ 


prise  sur  la  portion  d'une  sphère  de  centre  P  et  de  rayon  V^  qui 
est  à  l'intérieur  de  la  sphère  de  rayon  a  est  égale  à 

0P«        V  -^M.u         /OP' 

X  étant  la  coordonnée  du  point  P. 
Donc,  (1)4,  valeur  moyenne  de  ^-;j->  est  égal  à 

0P«— a«— Vï/«\   T 


iOP«V  iM.a  /OP 


Alors, 


D'où 


d  ,        .        V    ew   /         \ t\    X 


\    ew   [         yt\   y 


"C/=  k  t=  — — .  Si  la  sphère  est  petite,  —  est  grand  par 

f^pportà  Funité  et  V^  est  approximativement  égal  à  OP;  d'où 

I   e  yw 
**""       ïâÔPJ' 

ft  —        I    c   xw 

h  et  ^2  sont,  quand  a  est  très  petit,  très  grands  par  rapport  à  ai  et  à  ^1  • 


824  J.-J.   THOMSON. 

Nous  avons  maintenant  la  solution  complète  du  problème  et  nous 
voyons  que,  après  Tarrét  de  la  sphère,  le  champ  magnétique  reste  le 

même  en  P,  jusqu'à  Tinstant  /  =  — r^  où  une  pulsation  très  mince 
de  champ  magnétique  intense  y  arrive,  champ  dont  l'intensité  est 
™-  9  6  étant  l'angle  que  fait  OP  avec  l'axe  des  z  ;  le  champ  magné- 
tique primitivement  en  P  était  de  direction  opposée  et  égal  à  — ttôï— 

Cette  pulsation  très  intense  ne  dure  qu'un  temps  très  court;  et  l'idée 

que  je  veux  avancer  est  que  cette  pulsation  constitue  une  sorte  de 

radiation  Runtgen.  La  raison  en  sera  donnée  lorsque  nous  aurons 

considéré   le   cas   d'une   sphère   se   mouvant  avec   la  vitesse  de  la 

lumière.  Nous  pouvons  cependant  indiquer  que,  puisque  l'état  repré- 

». 
sente  par  a,  ^i  dure  un  temps  y>  alors  que  l'état  0L2P2  dure  seulement 

2a 
un  temps  -^, 


f(idt=  j^dt  =  o. 


Ce  doit  être  évidemment  le  cas  pour  l'intégrale  curviligne  du  champ 
magnétique  le  long  d'un  circuit  qui  est  égal  k  ^iz  fois  le  courant  à  tra- 
vers le  circuit;  dans  le  cas  présent,  les  courants  sont  des  courants 
diélectriques  et  sont  égaux  au  taux  d'accroissement  du  déplacement 
électrique  à  travers  le  circuit,  de  sorte  que  l'intégrale  par  rapport  au 
temps  de  l'intégrale  curviligne  est  égale  à  la  variation  du  déplace- 
ment; mais,  quand  nous  négligeons  ^9  la  distribution  du  déplace- 
ment est  la  même  quand  la  sphère  est  en  mouvement  que  lorsqu'elle 
est  au  repos  à  l'état  permanent  :  alors  l'intégrale  par  rapport  au 
temps  doit  s'annuler. 

Considérons  maintenant  le  cas  où  la  vitesse  des  particules  est  voi- 
sine de  celle  de  la  lumière.  Dans  le  cas  limite  où  fv  =  V,  nous  voyons, 
d'après  les  expressions  données,  que  a  et  ^  s'annulent,  sauf  pour 
z  =0,  valeur  pour  laquelle  ils  deviennent  infinis  ;  dans  ce  cas,  le  champ 
magnétique  primitif  est  ramassé  dans  un  plan  passant  par  le  centre 
de  la  sphère  et  normal  à  la  direction  de  son  mouvement.  Quand 
w  est  presque,  mais  pas  tout  à  fait,  égal  à  V,  la  perturbation  est 
pratiquement    renfermée    entre   deux  cônes    dont  les    demi-angies 

verticaux  sont 8  et  — r  8,  0  étant  un  petit  angle.  Pour  simpli- 

iîer  l'analyse  et  conserver  cependant  les  caractères  essentiels  de  ce 


lEUTION  BNTRB  LES  RATONS  CATHODIQUES  ET  LES  RATONS  RÔNTGEN.       8^5 

cas,  nous  supposerons  que  la  perturbation  initiale,  au  lieu  d'être 
ramassée  entre  ces  deux  cônes,  est  ramassée  entre  les  plans  z  =-{-  d 
et 5=—  rf,  d  étant  une  quantité  petite,  et  que  les  champs  magné- 
tique et  électrique  sont  parallèles  aux  plans,  les  lignes  de  force  élec- 
trique étant  radiales  et  à  angle  droit  de  l'axe  des  z^  et  les  lignes  de 
force  magnétique  des  cercles  dont  le  centre  est  sur  l'axe  des  z.  Soit 
E le  champ  électrique  en  un  point  situé  à  la  distance  p  de  l'axe;  le 
flux  d'induction  total  à  travers  la  surface  d'un  cylindre  passant  par 
ce  point  et  ayant  pour  axe  l'axe  des  z  est  alors  égal  à 

il  doit  être  égal  à  ^Tze,  d'où 

Donc,  si  a  et  [3  sont  les  composantes  du  champ  magnétique  au  mo- 
ment de  l'arrêt  de  la  particule, 

I 

a-  ^^^ 

de  '^        dz*        dt  "        dz' 

j  et  ^  sont  nuls  tous  les  deux,  sauf  quand  z  =  ±d^  valeurs  pour 

lesquelles  ils  sont  infinis. 

Ces  équations  donnent  l'état  initial  du  champ  autour  de  la  parti- 
cule chargée;  à  l'intérieur  de  cette  particule,  que  nous  considérerons 
comme  une  sphère  de  rayon  rf,  nous  supposerons  que  les  champs 
électrique  et  magnétique  s'annulent  tous  les  deux. 

Ainsi,  la  distribution  primitive  du  champ  est  ramassée  entre  deux 
pkns  parallèles  et,  de  cet  espace,  nous  devons  exclure  ce  qui  est  à 
I intérieur  de  la  sphère  puisqu'il  n'y  a  pas  de  champ  magnétique. 

Voyons  maintenant  comment  cette  distribution  se  propagera  dans 
I  espace.  Cherchons  ce  qui  arrivera  au  point  P.  11  ne  se  produira 
aucun  effet  en  P  jusqu'à  ce  qu'une  sphère  de  rayon  V^  et  de  centre  P 
coupe  l'espace  compris  entre  les  plans.  Ceci  n'arrivera  pas  jusqu'à 

ce  que  t=     ^     »  c  étant  la  distance  du  point  P  au  plan  passant  par 

k  centre  de  la  sphère  et  perpendiculaire  à  la  direction  du  mouve- 
ment qu'elle  possédait  avant  l'arrêt.  Quand  /  est  plus  grand  que  cette 


826  J.-J.  THOMSON. 

valeur,  la  sphère  coupera  l'espace  compris  entre  les  plateaux,  et,  pour 
appliquer  la  loi  de  Poisson,  nous  avons  à  trouver  la  valeur  moyenne 
du  champ  magnétique  sur  la  surface  de  cette  sphère.  Prenons  pour 
plan  des  xz  celui  qui  passe  par  P.  Soient  Q  un  point  de  la  surface  de 
la  sphère,  dS  un  élément  de  cette  surface,  ^  l'angle  que  fait  le  plan 
qui  passe  par  Q  et  Taxe  des  z  avec  le  plan  des  xz^  p  la  distance  du 
point  Q  à  l'axe  des  2,  et  Q  l'angle  compris  entre  p  et  la  normale  à  la 
sphère  en  Q;  l'élément  de  surface  compris  entre  z  et  z-i-dz,  O  et 
^  -h  rf^, 

aS  =  p 


Initialement 


de  sorte  que 


M 


cosO 
e\  cos4> 


p  d 


^  d    cos6 


Maintenant,  si  l'on  appelle  a  le  rayon  VT  de  la  sphère,  et  si  r, 
coordonnée  de  P,  est  6,  nous  pouvons  aisément  montrer  que 

cos6  =  —  /a* — {»  —  c)« —  6*sin*4>; 
a 

donc 

o  jo       ^^V  co%  ^  d^  dz 

p  ao  =  —j , 

Les  limites  de  ^  sont 

=t  sm-* 1 —  =±  sin-»  j. 

o 

Pour  trouver  la  valeur  moyenne  de  ^  sur  la  sphère,  nous  devons 
doubler  cette  valeur,  car  à  chaque  valeur  de  ^  et  de  2  correspondent 
deux  éléments  de  la  surface  de  la  sphère  qui  sont  compris  de  la 
même  façon  dans  l'intégrale;  d'où 

J  ^  ^    J  Jn  6/sin«&--sin>* 


=  •itzeV -r  I  dz. 


Pour  les  limites  de  z^  il  faut  tenir  compte  de  ce  que  la  sphère  ne 
coupe  pas  ou  coupe  complètement  l'espace  compris  entre  les  deux 


msEJkTiox  c^mx  us  eatoks  ckTmommcES  et  les  eatoxs 


«i? 


plans  parallèles.  Dans  le  premier  cas,  V/  est  plus  petit  que  c 
les  limites  de  z  sont  c  —  V/  el  c/:  alors 


—  rfet 


/ 


dans  le  dernier  cas,  V/  est  plus  grand  que  c  -7-  d  el  les  limites  de  z 
sont  —  ^  et  +  ^;  donc,  dans  ce  cas. 


/ 


Donc  (0|,  valeur  moyenne   initiale  de  ^  sur  la  surface  de  cette 
sphère,  est 


dans  le  premier  cas,  et 


l  bd  \t 

V 


dans  le  second  ;  d'où 


b\t 


suivant  que 


\t<cd. 


ou 


La  valeur  de  ^(^^1)  ^st  la  même  quand  le  point  P  est  en  avant 

ou  en  arrière  du  plan. 
Nous  pouvons  maintenant  trouver  la  valeur  de 

J-dS^-VjJ-^.—^^ — 

2^  est  nul,  sauf  à  la  surface  du  plan;  donc,  quand  la  sphère  coupe  le 
plan  5=  rf  et  ne  coupe  pas  le  plan  z=  —  rf,  nous  avons 


/^^-v/<?,.,2^ 


=  ie 


Va 
bd 


Quand  la  sphère  coupe  les  deux  plans  z=^d  tl  z  =  —  t/, 

Alors,  (1)2, valeur  moyenne  initiale  de  -^  sur  la  surface  de  la  sphère, 


828  J.-J.   THOMSON. 

est  donnée  par  l'équation 

1  e\ 
e(i>i=  -  r-j9       quand  la  sphère  coupe  s  =  d  et  ne  coupe  pas  z  =^  —  d, 

I  e\ 
/(Oj  = r-T  9  quand  la  sphère  coupe  z  =  —  d  et  ne  coupe  pas  z  =d, 

tvùi=  o,  quand  la  sphère  coupe  les  deux. 

D'où,  par  la  formule  de  Poisson, 

eV 
P  =  j-jy  quand  la  sphère  coupe  z  =  d  et  pas  z  =  —  d^ 

P  =  o,       quand  la  sphère  coupe  z  =  —  d  et  pas  z  =  d^ 
P  =  o,       quand  la  sphère  coupe  z  =  d  et  aussi  z  =  —  d. 

I 

Ainsi,  la  distribution  du  champ  magnétique  entre  les  plans 
z  =  ±d  se  propage  en  avant,  sans  modification,  avec  la  \dtesse  V,  et 
il  n'y  a  aucune  pulsation  correspondante  se  propageant  dans  le  sens 
négatif. 

En  plus  de  la  pulsation  plane,  il  y  aura  aussi,  comme  dans  le  cas 
précédent,  une  pulsation  sphérique  dont  l'épaisseur  est  2d;  nous 
pouvons  calculer  le  champ  magnétique  en  un  point  de  cette  pulsa- 
tion comme  il  suit  :  soit  H  le  champ  magnétique  en  un  point  de  celle 
pulsation  à  la  distance  b  de  l'axe  des  z,  l'intégrale  curviligne  de  la 
force  magnétique  le  long  du  cercle  de  rayon  b  qui  a  pour  axe  Taxe 

nd 
des  z,  est  2TCiH;  le  champ  magnétique  dure  un  temps  -^j  de  sorte 

que  l'intégrale  prise  par  rapport  au  temps  de  l'intégrale  curviligne 
.  ^Tzbdll 

est  y  ' 

En  un  point  situé  en  avant  de  la  particule,  l'intégrale  par  rapport 

au  temps  du  champ  magnétique  dû  à  la  pulsation  plane  le  long  du 

même  circuit  est 

^e\       id       , 
oa         V 

Donc  l'intégrale  par  rapport  au  temps  de  tout  le  champ  magné- 
tique le  long  de  ce  circuit  est  égale  à 

411^11  r^  H-  4^^' 

Ceci  est  égal  à  4  "^^  fois  la  variation  de  la  polarisation  à  travers  le 
même  circuit  :  au  moment  où  la  particule  a  été  arrêtée,  cette  polarisa- 
tion était  nulle  et,  quand  le  champ  a  atteint  un  état  permanent,  le 


RELATION  BNTMB  LES  HATONS  CATHODIQUES  ET  LES  RAYONS  RÔNT6EN.   829 

lamp  électrique  est  distribué  uniformément,  de  sorte  que  la  polari- 
ition  à  travers  ce  cercle  est 

-^(i  — cosO), 

élanl  Tangle  aigu  que  font  OP  et  Taxe  des  Zj  P  étant  un  point  de  la 
irconférence  du  cercle  ;  d'où 

4'KÔHy  -{- iize  =  'nze(i  —  cos6), 

Vtf  cet- 
2        ra 

"  étant  la  distance  OP.  Le  signe  moins  indiquant  que  le  champ  ma- 
|;iiétique  de  la  pulsation  sphcrique  est  opposé  au  champ  de  la  puisa- 
ion  plane. 

En  un  point  situé  derrière  la  particule  chargée,  il  n'y  a  pas  de  pul- 
^tion  plane,  de  sorte  que 

^-KblV  ^  =  27rtf(i  — cos6'), 

Vêtant  l'angle  aigu  que  fait  OP  avec  l'axe  des  z  ;  ainsi 

\e  lanc — 

1  1 
H'  =  —  -  -  • 

2  rd        ' 

doù,  si  6  est  l'angle  que  fait  OP  avec  la  direction  positive  de  l'axe 
fe-,  le  champ  magnétique  en  un  point  quelconque  de  l'onde  sphé- 
rique  est  donné  par 

Vécût- 

n=-i— ^. 

2        rd 

Ainsi,  nous  voyons  que  l'arrêt  d'une  particule  chargée  donnera 
^ïssance  à  une  pulsation  très  mince  de  champs  magnétique  et  élec- 
^''ique  intenses  ;  quand  la  vitesse  de  la  particule  sera  petite,  il  y  aura 
''De  pulsation  sphérique;  quand  la  vitesse  sera  voisine  de  celle  de  la 
'Umière,  il  y  aura,  en  plus  de  la  pulsation  sphérique,  une  pulsation 
plane  se  propageant  seulement  dans  la  direction  du  mouvement.  Ce 
ont  ces  pulsations  que  je  suppose  constituer  les  rayons  Rôntgen. 
)omme  elles  consistent  en  perturbations  électriques  et  magnétiques, 
1  peut  s'attendre  à  ce  qu'elles  produisent  quelques  effets  analogues 
ceux  que  produit  la  lumière.  Si  elles  sont  tellement  minces  que  le 


83o  J.<J.   TI101I80N. 

temps  qu'elles  inetlent  pour  passer  à  travers  une  molécule  d'une  sub- 
stance est  petit  par  rapport  à  la  durée  de  vibration  de  la  molécule,  il 
n'y  aura  pas  de  réfraction  et  la  minceur  de  la  pulsation  expliquerait 
aussi  l'absence  de  diffraction. 

Dans  l'étude  qui  précède,  nous  avons  supposé  que  l'arrêt  de  la  par- 
ticule est  instantané  ;  si  le  choc  dure  un  temps  fini  T,  la  pulsation  né- 
gative s'éloigne,  de  sorte  que  son  épaisseur,  au  lieu  d'être  2a,  sera 
2rt  -h  VT,  V  étant  la  vitesse  de  la  lumière.  L'intensité  du  champ  ma- 
gnétique dans  la  pulsation  variera  en  raison  inverse  de  Tépaisseur  de 
la  pulsation,  de  sorte  que,  lorsque  la  collision  dure  un  temps  T,  le 

champ  magnétique,  dans  la  pulsation  négative,  sera  la  fraction ^ 

du  champ  donné  ci-dessus.  Plus  brusque  sera  le  choc,  plus  mince 
sera  la  pulsation  et  plus  grand  sera  le  champ  magnétique  et  l'énergie 
contenue  dans  cette  pulsation  ;  la  pulsation  possédera  cependant  les 
propriétés  des  rajons  Rontgen  jusqu'à  ce  que  T  soit  comparable  à 
l'une  des  périodes  de  vibration  de  la  substance  à  travers  laquelle  elle 
a  à  passer.  Dans  le  cas  des  rayons  cathodiques,  toutes  les  conditions 
paraissent  favorables  à  un  arrêt  très  brusque,  car  la  masse  des  parti- 
cules en  mouvement  est  très  petite  et  leur  vitesse  excessivenienl 
grande.  Dans  quelques  expériences  que  j'ai  décrites  dans  le  Philo- 
sophical  Magazine  d'octobre  189-  sur  les  rayons  cathodiques,  la  vi- 
tesse des  particules  négatives  était  d'environ  un  tiers  de  celle  de  la 
lumière,  et  dans  quelques  expériences  plus  récentes  sur  les  rayons 
Lenard,  avec  les  appareils  décrits  par  Des  Coudres,  des  vitesses  con- 
sidérables ont  été  trouvées.  Une  variation  dans  la  durée  du  choc 
changera  l'épaisseur  de  la  pulsation  et  changera  ainsi  la  nature  des 
rayons. 

Si  nous  supposons  qu'une  partie  de  l'absorption  des  rayons  est  due 
à  ce  qu'ils  communiquent  de  l'énergie  à  des  ions  chargés  pendant 
leur  parcours,  nous  trouvons  que,  plus  la  pulsation  sera  épaisse,  plus 
l'absorption  sera  grande.  Supposons  que  E  soit  le  champ  électrique 
de  la  pulsation,  m  la  masse  et  e  la  charge  d'un  ion;  si  alors  u  est  la 
vitesse  communiquée  à  l'ion  quand  la  pulsation  le  rencontre,  t  le 
temps  mis  par  la  pulsation  pour  passer  au  point  où  il  se  trouve, 

mu  =  Eef, 
ou,  si  d  est  l'épaisseur  de  la  pulsation, 

mu  =  E  tf  ^^  • 


REUTION   ENTRE   LES   RAYONS  CATHODIQUES  ET   LES  RAYONS   RÔNTGEN.       83 1 

Ainsi,  Ténergie  ^mu^  communiquée  à  l'ion  est  égale  à 

£  E«  d^  g» 
2       V« 

D'un  autre  côté,  l'énergie  dans  la  pulsation  est  proportionnelle 

à-yj->  de  sorte  que  le  rapport  de  l'énergie  communiquée  à  l'ion  à 

l'énergie  de  la  pulsation  est  proportionnel  à  d.  Ainsi,  plus  large  est  la 
pulsation,  plus  grande  sera  l'absorption  et  plus  petit  sera  le  pouvoir 
pénétrant.  L'énergie  transportée  par  la  pulsation  est  inversement 
proportionnelle  à  son  épaisseur. 

Si  nous   reprenons  l'expression  qui  donne  l'intensité  du  champ 
magnétique  dans  le  cas  (i),  nous  voyons  qu'elle  est  proportionnelle  à 
sin8,  de  sorte  que  la  perturbation  est  plus  grande  normalement  aux 
njons  cathodiques  :  ainsi,  si  les  particules  cathodiques  sont  arrêtées 
dès  le  premier  choc,  les  rayons  Rontgen  seront  plus  intenses  norma- 
lement aux  rayons  cathodiques;  si,  toutefois,  comme  cela  paraît  pro- 
bable, les   particules  cathodiques  subissent   plusieurs  chocs  avant 
d'être  amenées  au  repos,  en  changeant  de  direction  entre  chaque  choc, 
la  distribution  des  rayons  cathodiques  sera  plus  uniforme.  Les  expé- 
riences sur  la  distribution  des  rayons  lliintgen  produits  par  le  choc 
direct  des  particules  cathodiques  contre  les  parois  du  tube  à  décharge 
sont,  comme  Sir  George  Stokes  l'a  indiqué,  affectées  par  l'absorption 
beaucoup  plus  grande  du  verre  qu'ils  traversent.  Les  expériences  sur 
lesrajons  produits  parles  tubes  focus  donneraient  des  résultats  d'in- 
terprétation plus  facile. 

Le  résultat  auquel  nous  avons  été  conduit  en  considérant  les  effets 
pwduits  par  l'arrêt  brusque  d'une  particule  électrisée,  qui  conduit  à 
penser  que  les  effets  produits  par  les  rayons  Rontgen  sont  dus  à  une 
pulsation  très  mince  de  perturbation  électromagnétique  intense,  est 
en  accord  avec  l'idée  émise  par  Sir  George  Stokes  dans  la  Wilde 
Lecture  (Proceedings  of  Manchester  literary  and  pliilosophical 
Society,  1897),  ^"^  '^^  rayons  Rontgen  ne  sont  pas  des  ondes  de  très 
courte  longueur  d'onde,  mais  des  pulsations. 


■»»•« 


SUR  LA  REIATION 

ENTRE 

LA  COMPOSITION  CHIMIQUE  D'UN  GAZ  ET  L'IONISATION 

QU*Y  DÉTERMINENT  LES  RAYONS  RÔNTGEN, 

Par  J.^.  THOMSON. 
Traduit  de  Tanglait  par  P.  LU60L. 


Proceedings  of  the  Cambridge  Philosophical  Society,  t.  X,  i8g8,  p.  lo  à  i). 


Ce  Mémoire  rend  compte  des  expériences  faites  en  vue  de  déter- 
miner rionisation  produite  dans  un  certain  nombre  de  gaz  quand  ils 
sont  traversés  par  des  rayons  Rontgen.  La  méthode  employée  pour 
mesurer  l'ionisation  est  la  suivante. 

C'est  un  fait  bien  connu,  que  le  courant  électrique  qui  traverse  un 
gaz  soumis  aux  rayons  Rontgen  ne  croît  pas  proportionnellement  à 
la  force  électromotrice  ;  il  tend  vers  une  limite  finie  au  delà  de  laquelle 
il  n'augmente  plus,  aussi  grande  que  puisse  être  la  force  électromo- 
trice. Ce  courant  maximum,  que  nous  pouvons  appeler  courant  de 
saturation,  est  déterminé  par  la  condition  que  le  nombre  des  ions 
détruits  par  le  courant  en  i  seconde  soit  égal  au  nombre  des  ions 
produits  dans  le  même  temps  par  les  rayons.  La  valeur  du  courant 
de  saturation  est  donc  proportionnelle  au  nombre  d'ions  produits 
par  les  rayons  en  i  seconde,  de  sorte  que,  pour  comparer  l'ionisation 
dans  deux  gaz,  il  n'y  aura  qu'à  comparer  leurs  courants  de  saturation 
en  les  exposant  à  des  rayons  de  même  intensité.  La  mesure  du  cou- 
rant de  saturation  est  relativement  facile;  la  principale  difficulté  con- 
siste à  assurer  la  même  intensité  aux  rayons  qui  traversent  les  deux 
gaz.  La  radiation  des  ampoules  utilisées  dans  ces  expériences  n'était  pas 
assez  constante  pour  nous  autoriser  à  admettre  qu'elle  restait  inaltérée 
entre  les  expériences  faites  successivement  sur  différents  gaz;  il  était 
donc  nécessaire  de  disposer  les  choses  de  manière  à  éliminer  autant 


RKLATION   ENTRE   LA   COMPOSITION   CllIMlQt'E   D'I'N  GAZ   ET   L*I0N1SATI0N.      833 

i|iie  possible  les  effets   des    variations  de  fonctionnement  de  Tarn- 
poule . 

On  y  pourvut  en  exposant  simultanément  aux  rayons  deux  réci- 
pients A  cl  B;  B  servait  d'étalon  et  contenait  toujours  de  Tair,  tandis 
que  V.  était  rempli  alternativement  d'air  et  de  gaz  a  examiner.  V  et  B 
roiuenaient  tous  deux  des  électrodes,  et  Ton  mesurait  le  courant  entre 
Cfs  électrodes. 

A  et  B  étant  d'abord  tous  deux  remplis  d'air,  on  faisait  alternali\c- 
ment  une  série  de  lectures  de  la  déperdition  à  tra\ers  A  et  B,  jusqu'à 
ce  que  la  constance  des  résultats  montrât  que  la  radiation  de  l'am- 
poule était  à  peu  près  stationnaire.  Ces  lectures  donnèrent  le  rapport 
des  courants  de  saturation  dans  A  et  B,  remplis  tous  deux  d'air.  On 
remplissait  alors  A  du  gaz  à  examiner,  et  l'on  mesurait  de  nouveau 
les  courants  de  saturation  dans  A  et  B.  Ces  déterminations  faisaient 
connaître  le  rapport  du  courant  de  saturation  dans  A  plein  de  gaz, 
au  courant  de  saturation  dans  B  plein  d'air.  Mais  la  première  obser- 
\ation  donnait  le  rapport  des  courants  de  saturation  en  A  et  en  B, 
tous  deux  pleins  d'air.  En  combinant  les  résultats  on  avait  le  rap- 
port des  courants  de  saturation  en  A  quand  il  était  rempli  de  gaz  et 
quand  il  était  rempli  d'air.  Ce  rapport  est  celui  de  l'ionisation  du  gaz 
à  rionisation  de  l'air. 

Le  courant  en  A  et  B  passait  entre  deux  plaques  parallèles  munies 
«l'un  anneau   de  garde  (Jlg'  i).  Elles  étaient  disposées  de  manière 

Fig.  1. 


que  la  direction  des  rayons  dans  le  gaz  leur  fût  parallèle.  Cet  arran- 
ijenient  avait  pour  but  d'éviter  les  ellets  secondaires  dont  Perrin  a 
montré  la  production  lorsque  des  rayons  Rontgen  frappent  une  sur- 
face métallique.  Le  récipient  B  qui  était  toujours  rempli  d'air  était 
laissé  ouvert,  et  les  rayons  arrivaient  directement  au  gaz  compris 
enlre  les  plaques;  l'autre  récipient  A  qui  devait  recevoir  les  autres 
?az  était  pourvu  d'une  fenêtre  d'aluminium  à  travers  laquelle  péné- 
traient les  rayons.  Tous  les  supports  isolants  employés  pour  main- 
tenir les  plaques  étaient  protégés  contre  les  rayons  Rontgen  par  des 
écrans  métalliques  ;  tous  les  corps  solides  que  frappaient  les  rayons 
étaient  métalliques,  car  on  avait  obtenu,  quand  cette  précaution 
n'était  pas  prise,  des  effets  très  irréguliers.  La  bobine  et  l'ampoule 
S.  P.  53 


«34 


J.-J.   TilOMSON. 


productrice  des  rayons  étaient  dans  une  grande  caisse  en  fer  munie 
de  deux  fenêtres  d'aluminium  en  face  desquelles  étaient  disposés  les 
récipients  A  et  B. 

Pour  mesurer  le  courant  de  saturation  on  reliait  la  plaque  a  à  Tune 
des  paires  de  quadrants  d'un  électromèlre,  la  seconde  paire  et  les 
pièces  de  garde  ^  et  y  étaient  à  la  terre;  au  début  de  l'expérience  les 
deux  paires  de  quadrants  étaient  reliées  ensemble.  La  plaque  o  étail 
réunie  à  l'un  des  pôles  d'une  batterie  de  petits  accumulateurs  dont 
l'autre  extrémité  était  mise  au  sol;  avec  les  gaz  dont  l'ionisation  ne 
dépassait  pas  beaucoup  celle  de  l'air,  il  suffisait  de  200  éléments 
donnant  une  différence  de  potentiel  de  4oo  volts  entre  les  plaques 
placées  à  1*^™  de  distance,  pour  produire  le  courant  de  saturation; 
mais  avec  les  gaz  tels  que  CP,  H^S,  SO^,  H  Cl,  dans  lesquels  l'ioni- 
sation est  beaucoup  plus  forte  que  dans  l'air,  on  dut  employer 
600  éléments  pour  être  sûr  d'avoir  atteint  le  courant  de  saturation. 

La  communication  entre  les  deux  paires  de  quadrants  était  alors 
supprimée;  quand  les  rayons  ne  passaient  pas  à  travers  le  gaz  et  que 
l'on  avait  donné  tous  les  soins  nécessaires  à  l'isolement  des  plaques, 
l'aiguille  de  l'électromètre  restait  au  repos;  cette  fixité  servait  de 
contrôle  pour  l'isolement.  Mais,  quand  les  rayons  traversaient  le  gaz, 
l'aiguille  était  déviée,  car  des  charges  électriques  passaient  à  travers 
le  gaz  de  la  plaque  S  à  la  plaque  a;  la  quantité  d'électricité  qui  passe 
dans  un  temps  donné  (3o  secondes  dans  ces  expériences)  est  propor- 
tionnelle au  courant  de  saturation.  On  fit  des  expériences  en  reliant  0 
au  pôle  positif  de  la  batterie,  puis  en  renversant  les  communications; 
quand  le  fonctionnement  du  tube  à  vide  était  régulier,  les  déviations 
de  l'aiguille  de  part  et  d'autre  de  sa  position  de  zéro  étaient  les  mêmes 
dans  les  deux  cas. 

Les  tubes  utilisés  donnaient  des  rayons  doux,  les  tubes  à  rayons 
très  pénétrants  ayant  été  reconnus  comme  trop  variables  pour  ces 
expériences. 

Le  Tableau  suivant  donne  les  résultats;  les  nombres  représentent 
les  courants  de  saturation  dans  les  divers  gaz,  le  courant  de  satura- 
tion dans  l'air  étant  pris  pour  unité  : 


Az2. 

C02. 

co., 

AaO 


0,33 
0,89 

',4 
0,86 

1,08 


Az^O 1,4/ 


G«Az« 
G«H«. 
H»S.. 
SO*.. 
H  CI.. 
CI*.  . 
Az  H» . 


l,OD 
I 

6 

6,4 
8,9 
'7,4 
1     ? 


BELATION   ENTRE   LA   COMPOSITION   CHIMIQUE   d'iN   GAZ   KT   l/lONISATION.      83J 

Les  expériences  sur  AzH^  n'ont  pas  pu  être  faites  avec  autant 
d'exactitude  que  sur  les  autres  gaz,  parce  qu'on  n'a  pu  arriver  à  le 
dessécher.  Bien  qu'il  passât  à  travers  des  tubes  de  plusieurs  pieds  de 
long  remplis  de  chaux,  il  restait  assez  humide  pour  déterminer  sur 
les  supports  isolants  un  dépôt  qui,  en  quelques  minutes,  détruisait 
l'isolement. 

Les  nombres  donnés  ci-dessus  montrent  qu'à  l'exception  du  cyano- 
gène, le  courant  de  saturation  dans  les  gaz  et,  par  conséquent,  leur 
ionisation  suit  une  loi  additive;  c'est-à-dire  que  si  ^[A],  ^[B]  repré- 
sentent les  ionisations  des  éléments  A^  et  B^,  rionisalion  d'un  gaz 
composé,  de  formule  ApB^,  sera  égale  ày9[A]-f-  ^[B]. 

Si  nous  acceptons  cette  loi  comme  vraie  et  si,  au  inojen  des  cou- 
rants de  saturation  pour  H-,  Az-,  O^,  CO^,  SO^  etCl^,  nous  calculons 
les  constantes  d'ionisation  pour  II-,  Az-,  O-,  C^,  S-,  Cl-,  constantes 
que  nous  désignerons  par  2  [H],  2[Az],  2[0],  2[C],  2[S],  '^[Cl] 
nous  trouverons  : 

[H] o,iG> 

[Az] 0,445 

[O] 0,55 

[C] 0,3 

[S] 5,3 

[CI] 8,7 

et,  si  nous  nous  servons  de  ces  nombres  pour  calculer  l'ionisation  dans 
les  autres  gaz,  nous  trouvons  : 

lonisalion  Coefficienl 

Gaz.  observée.  calculé. 

CO 0,86  o,85 

Az  O 1 ,  08  o ,  99  j 

Az^O 1,47  1,14 

C*  Az* I ,  o5  1,49 

C*H» I  0,93 

H«S 0  3,63 

i  HGI 8,9  8,865 

I  AzH' I  0,94 

Ainsi,  le  seul  cas  qui  montre  un  désaccord  sérieux  entre  les  résultats 
<le l'observation  et  du  calcul  est  celui  du  cyanogène;  il  y  a  d'autres 
«temples  de  lois  additives  mises  en  défaut  par  le  cyanogène,  comme 
par  exemple  la  loi  des  volumes  de  Kopp;  le  volume  moléculaire  de 
<^egaz  ne  peut  pas  être  déduit  des  volumes  atomiques  du  carbone  et 
<ie  l'azote. 


836      J.-J.  THOMSON.   —    RELATION  KNTRE  LA  COMPOSITION  CIIISIIQUE  D*IN  GAZ,  ETC. 

Les  ionisations  de  H^,  AzH',  COS  Az-^O,  SO-*  et  HQ  ont  été 
inesurrcs  par  Perrin  (*);  ses  résultats,  sauf  pour  H*  et  AzH',  ue 
diffèrent  pas  beaucoup  des  précédents;  pour  ces  deux  gaz  cependant, 
le  désaccord  est  très  grand,  puisque  les  valeurs  données  par  Perrin 
sont  seulement  le  -j^  à  peu  près  des  valeurs  trouvées  ci-dessus. 

L'existence  d'une  loi  additi>e  pour  l'ionisation  produite  par  les 
rayons  indique  que  celle  ionisation  n^est  probablement  pjas  une 
séparation  d'atomes  dans  la  molécule,  mais  un  phénomène  ayant  son 
siège  dans  l'atome  lui-même. 


(')  Thèse,  iH()7,  p.  \C}.  —  Ann,  de  Chirn.  et  de  Phjs,  y  série,  l.  XI,  1897,  P-  ^^' 
Voyez  aussi  ce  \oluine. 


SM  U  THÉORIE  DE  LÀ  CONDUCTIBILITÉ  ÉLECTRIQUE 

PRODUITE  DANS  LES  GAZ  PAR  LES  IONS  CHARGÉS, 

Par  J.-J.  THOMSON. 
Traduit  de  l'anglais  par  H.  BÉNARD. 


Philosophical  Magasine,  .>•  série,  t.  XLVII,  mars  1899,  p.  2J3-i68. 


lia  conductihililé  électrique  que  possèdent  les  gaz  dans  certaines 
tirronslances,  par  exemple  quand  des  rayons  de  Riintgen  ou  de  Tura- 
ûium  traversent  le  gaz,  ou  quand  il  est  raréfié  à  Tintérieur  d'un  tube 
avide,  (m  bien  situé  dans  le  voisinage  d'un  morceau  de  métal  chauffé 
an  rouge,  ou  bien  au  voisinage  d'une  flamme,  d'un  arc  électrique  ou 
rfélinrelles  éclatant  entre  deux  conducteurs,  ou  encore  d'un  morceau 
de  métal  éclairé  par  de  la  lumière  ultra-violette,  peut  être  regardée 
coiniue  due  à  la  présence  dans  le  gaz  d'ions  chargés  dont  les  mouve- 
Dienls  dans  le  champ  électrique  constituent  le  couiMnl. 

Pour  étudier  la  distribution  de  la  force  électrique  à  travers  le  gaz, 
il  faut  tenir  compte  : 

1"  De  la  production  des  ions;  elle  peut  avoir  lieu  dans  toute  la 
«lasso  (lu  gaz,  ou  bien  être  restreinte  à  des  régions  particulières; 

V  De  la  recombinaison  des  ions,  les  ions  chargés  positivement  se 
roinhinant  avec  les  ions  chargés  négativement  pour  former  un  svs- 
itMHp  électriquement  neutre; 

•»"  Du  mouvement  des  ions  sous  l'action  des  forces  électriques. 
^ous  supposerons  dans  ce  qui  suit  que  la  vitesse  d'un  ion  est  propor- 
tionnelle à  l'intensité  du  champ  électrique  qui  agit  sur  lui.  La  vitesse 
acquise  par  un  ion  dans  un  champ  unité  (mobilité  de  l'ion)  a  été 
mesurée  au  Cavendish  Laboratory  par  plusieurs  observateurs,  par 
Rulherford  et  par  Zelenj  dans  le  cas  des  gaz  Wintgenisés;  par  Ru- 
iherford  pour  les  gaz  exposés  aux  rayons  de  l'uranium  ou  à  la  lumière 
ultra-violette  ;  par  Mac  Clelland  et  H. -A.  Wilson  pour  les  ions  des 


838  J.-J.    THOMSON. 

flammes;  et  par  Mac  Clelland  pour  les  ions  des  gaz  situés  près  de  mé- 
taux incandescents  ou  d'un  arc.  Les  mobilités  varient  beaucoup  dans 
les  différents  cas  ;  la  mobilité  d'un  ion  dans  le  même  gaz  est  à  peu  près 
la  même,  que  la  conductibilité  soit  due  aux  rayons  de  Rcintgen,  aux 
rayons  de  Turanium  ou  à  la  lumière  ultra-violette;  elle  est  beaucoup 
plus  petite  quand  la  conductibilité  est  produite  par  un  arc  ou  par  un 
métal  incandescent.  Ainsi  la  vitesse  moyenne  des  ions  positifs  et  né- 
gatifs sous  l'action  d'un  champ  de  i  volt  par  centimètre  dans  l'air 
rcHilgenisé  a  été  trouvée  par  Rutherford  égale  à  environ  i*^™,6  par 
seconde,  tandis  que  Mac  Clelland  a  trouvé  seulement  o*^'",oo35  par  se- 
conde dans  le  gaz  extrait  du  voisinage  d'un  arc  éclatant  dans  l'acide 
carbonique. 

Cette  différence  est  due  à  ce   que   les  ions  agissent  comme  des 
noyaux  sur  lesquels  se  condense  le  gaz  qui  les  entoure  ou  la  vapeur 
(l'eau  qui  existe  dans  le  gaz.  La  faculté  qu'ont  ces  ions  d'agir  comme 
des  noyaux  pour  la  condensation  de  la  vapeur  d'eau  résulte  d'une 
façon  frappante  des  expériences  de  C.-T.-R.  Wilson  (*)  sur  les  effets 
des  rayons  de  Rcmtgen  et  de  l'uranium  sur  la  formation  des  nuages, 
et  aussi  de  celles  de  R.  von  Helnihollz  (^)  relatives  aux  effets  produits 
par  les  ions  sur  un  jet  de  vapeur.  Si  les  dimensions  de  Tamas  formé 
autour  de  l'ion  dépendent  des  circonstances  dans  lesquelles  Tion  a  été 
mis  en  liberté  et  des  substances  qui  l'entourent,  la  vitesse  acquise 
|>ar  l'ion  dans  un  champ  donné  dépendra  aussi  de  ces  circonstances  : 
cette  \itesse  sera  d'autant  plus  petite  (|ue  la  masse  de  l'agrégat  sera 
plus  grande.  La  détermination  des  vitesses  acquises  par  les  ions  dans 
le  champ  électrique  fournit   ce  résultat  remanjuable  que,   dans  un 
champ  donné,  la  vitesse  acquise  par  Tion  négatif  est  plus  grande  que 
celle  acquise   par  Tion  positif  (sauf  dans  un  petit  nombre  de  cas 
excej)tionnels  où  elles  sont  égales).   Bien  qu'ayant  des  valeurs  très 
différentes  suivant  leur  mode  de  production,  les  mobilités  des  ions 
présentent  toutes  cette  particularité.  Les  mobilités  relatives  des  ions 
de  signes  contraires  diffèrent  beaucoup  dans  les  divers  cas  de  conduc- 
tion à  travers  les  gaz  ;  ainsi,  dans  le  cas  de  l'hydrogène  imparfaitement 
desséché  traversé  par  les  rayons  de  Rontgen,  Zeleny  a  trouvé  le  rap- 
port de  la  mobilité  des  ions  négatifs  à  celle  des  ions  positifs  é^al  > 
environ   i,9,j,  tandis  que,  dans   le  cas   de  conduction  à   travers  le 
llammes  chaudes,  IL-V.  Wilson  a  trouvé  pour  le  même  rap])orl  lava 


(>)  P/iil.  Trans.,  A.  1897;  Proc.  0/  Cambr.  PhiL  Soc,  t.  I\,  p.  333. 
{')   Wied.  Ann.,  t.  XXVII,  i88(i,  p.  509. 


THÉORIE    DE   LA   CONDUC.TIBIUTÉ    ÉLECTRIQUE   DANS   LES   GAZ.  SSfJ 

Jeur  iT  ou  i8.  Dans  le  cas  de  la  décharge  à  travers  les  tubes  à  vide, 
mes  propres  mesures  relatives  au  rapport  de  la  charge  à  la  masse 
pour  les  particules  chargées  constituant  les  rayons  cathodiques  et 
celles  de  W.  Wien  (  *)  sur  les  ions  qui  emportent  la  charge  positive, 
indi(|uenl  que  le  rapport  de' la  vitesse  de  l'ion  négatif  à  celle  de  l'ion 
positif  dans  des  champs  électriques  identiques  serait  très  grand.  Ce 
fait  suffit,  à  mon  avis,  à  expliquer  la  plupart  des  difl'érences  d'aspect 
qiieprésentent  les  deux  électrodes  d'un  tube  à  gaz  raréfié.  Schuster  (2), 
d'après  des  observations  sur  les  vitesses  avec  lesquelles  des  corps  char- 
i!;é> positivement  ou  négativement  perdent  leur  charge  dans  un  tube  à 
\ide,  est  arrivé  à  la  conclusion  que  les  ions  négatifs  se  difluscnt  plus 
rapidement  que  les  positifs;  d'autres  phénomènes  en  relation  avec  la 
(h'-charge  m'ont  conduit  plus  tard  (•''),  et  d'une  façon  indépendante, 
aii\  mêmes  résultats. 

Nous  allons  maintenant  établir  les  équations  auxquelles  satisfait  le 
«hamp  électrique  dans  un  gaz  contenant  des  ions  chargés.  Pour  sim- 
plifier le  calcul,  nous  supposerons  que  le  champ  électrique  est  par- 
tout parallèle  à  l'axe  des  x^  et  que,  si  X  désigne  sa  valeur  en  un 
point,  la  vitesse  de  l'ion  positif  en  ce  point  est  k\  X,  et  celle  de  l'ion 
négatif  dans  la  direction  opposée  A^aX;  ks  et  k,,  étant  les  mobilités. 
Soient  n,  le  nombre  des  ions  positifs  par  unité  de  volume  en  ce  point, 
/Î2  le  nombre  des  ions  négatifs  ;  soit  q  le  nombre  des  ions  positifs  ou 
nt'^alifs  produits  en  ce  point  dans  l'unité  de  volume  et  j)ar  unité  de 
temps  :  le  nombre  de  collisions  par  unité  de  temps  entre  les  ions  po- 
sitifs et  négatifs  est  proportionnel  à  /i,«2.  Supposons  que,  dans 
un  certain  nombre  de  ces  collisions,  il  y  ait  recombinaison  entre  les 
ions  positifs  et  négatifs,  de  sorte  que,  par  suite  de  cette  recombinaison, 
UQ  nombre  T.n^n^  d'ions  positifs  et  d'ions  négatifs  disparaissent  par 
unité  de  temps  de  l'unité  de  volume.  Si  e  désigne  la  charge  portée 
[wr  chaque  ion,  la  densité  cubique  des  charges  électriques  est 
(«1  — /Î2)<?  et,  par  suite,  l'on  a  : 

•1)  ^  =  4Tr(/i,  — /i2)e; 

Si  /désigne  le  courant  qui  traverse  l'unité  de  section  du  gaz,  et  si 
i  on  néglige  toute  diffusion  autre  que  celle  produite  par  le  champ 


(')  VerhandL  der  phys,  Ge$ellsch.  zu  Berlin^  t.  XVI,  p.  i65. 
(')  Proc.  Roy.  Soc,  t.  XLVII,  1890,  p.  5î(i. 
(')  Phil.  Afag.y  t.  XL,  189.5,  p.  3ii. 


84o  J.-J.    THOMSON. 

rlrclrique,  od  a 

('*.  )  Ai/iieX  -^  Ain^eX  =  i; 

et,  si  Télat  permanent  s'est  établi,  /est  constant  dans  toute  la  i^ 
tlii  gaz;  on  tire  de  ces  équations 

Dans  un  état  permanent,  le  nombre  d'ions  positifs  par  unité  de  volii 
en  un  point  déterminé  reste  constant;  par  suite 

(5)  ^U|/i,X;  =  ^  — x/i,n,, 


et 


-f—  (Ai  ni  A)  =iq  — a/ii  /ij. 


Substiluantdans  Tune  ou  l'autre  de  ces  équations  les  valeurs  de  /î  i , 

dx 


précédemment  trouvées,  il  vient,  puisque  -j-  =  o, 


î  Tze  À I  -i-  k2  dx  \      dx/ 

i-hAi)^\         4tî       dx/\         iTT       dvj 


"^      X^e^ik 


Si  nous  posons 


dx 


=  P 


cette  équation  devient 


i        kxkt       ^ ^ /  •       ^     \  /  •        ^  « 

Je  n'ai  pu  intégrer  cette  équation  dans  le  cas  géuéral  quand  ^ 
fini  et  A*,  dillérent  de/10.  Nous  pouvons  cependant  l'intégrer  quai 
est  constant  et  que  Ton  a  ki=z  /{.2  =  k.  Dansée  cas,  l'équation  | 


s'<'*crire 


'^  ;^  (tIt. '"-'■')  =  8^  Mt^^'" '0  " '''"''' 


THÉORIE   DE    LV   CONDUCTIBILITÉ   KLKCTRIQL'E    DANS   LES   GAZ.  S.j  I 

Aonlla  solution  est 


OÙ  C  csl  une  constante  d'int(5gratJon. 

Si  le  courant  à  travers  le  {;az  passe  entre  deux  plateaux  parallèles 
dont  on  maintient  la  diflerence  de  potentiel  constante,  on  a 


'à  uii-cheniin  entre  les  deux  plateaux  ;  /i|  est  nul  sur  le  plateau  positif, 
tandis  que  n^  est  nul  sur  le  plateau  négatif;  par  suite,  si  Xq,  X|  dc- 
\  sif^nent  ^especti^enîent  les  \aleurs  de  \  à  ini-clieinin  entre  les  pla- 
teaux et  sur  Pun  ou  l'autre  des  plateaux,  on  a  en  posant />  =  o,  pour 
obtenir  X,,, 

qek 

~ —  » 


I  — 


8ireA- 


Mai 


ais 


i  =  '2/i/'.'\„, 


puisque  /?,  =  «,,,  quand  ^  =  o. 

^^^  mesures  de  \  pour  les  gaz  riintgenisés  montrent  qu'à  moins 
<|"e  le  courant  ne  soit  près  de  sa  valeur  limite,  X  est  praticpiement 
constant  dans  \\\\  certain  intervalle  au  voisinage  du  milieu  d(î  la  dis- 
^^^^  Sf'parant  les  plateaux;  par  suite,  dans  ce  cas,  on  a 

77^  =  ^ 


>     • 


**  '"'^chemin  entre  les  plateaux  et,  par  suite,  en  tenant  compte  des 

'■■'l"«»ioMs(;î)eI  (.•)), 

^"^^d)siituant  cette  valeur  à  //,  il  \ient  : 


) 


qek 

\l\  îJ^pi.+  —^-  l^f'^i"'*; 


84a  J.-J.   THOMSON. 

ou 

(  6  )  -  X« î— -  =  CXi«" 

'^8îrê7 

Sur  l'un  ou  l'autre  des  plateaux^  on  a 

/iini  =  o; 


(le  sorte  que 


par  suite 


qek 


7.7: 


(7)  Xf ^^^  =  CX}^"*  ; 


I  — 


%T.ek 
et,  d'après  (G)  et  (7), 


8?:/^        /Xo\*^''* 


= m 


«  -1 


nen  en  posant  =  ^y, 


(8)  ^  =  P       P. 

11  résulte  de  cette  équation  que  :^  est  supérieur  à  l'unité,  et  que  la 

valeur  de  ce  rapport  croit  de  i  à  00,  quand  ^  croît  de  o  à  x>.  On  volt 
que  ^  ne  contient  ni  q  ni  i.  De  sorte  que,  pour  prendre  un  cas  parti- 
culier, quand  le  gaz  entre  les  deux  plateaux  est  exposé  aux  rayons  de 
Rontgen,  le  rapport  des  valeurs  du  champ  électrique  au  voisinage  im- 
médiat des  plateaux  et  à  mi-chemin  de  la  distance  qui  les  sépare  est 
indépendant  de  l'intensité  de  la  radiation  et  du  courant  qui  traverse 
le  gaz.  Les  courbes  donnant  la  relation  entre  le  champ  électrique  et 
la  distance  qui  sépare  les  plateaux  sont  données  par  l'expérience  dans 
le  genre  de  celle  que  représente  la  figure  i.  X  varie  seulement  à  l'in- 
térieur de  deux  couches  voisines  des  plateaux  et  est  approximativement 
constant  dans  le  reste  du  champ.  Quand  le  courant  qui  traverse  le  gaz 
croit,  les  deux  couches  pour  lesquelles  X  est  variable  s'élargissent  jus- 
qu'à venir  se  réunir,  de  sorte  qu'il  n'y  a  plus  de  région  pour  laquelle  X 


THEORIE   DE   LA   CONDUCTIBILITE    ELECTRIQUE   DANS   LES  GAZ. 


843 


soil  constant.  On  peut  facilement  trouver  une  limite  inférieure  pour 
la  valeur  de  X,  épaisseur  de  chacune  de  ces  couches,  quand  on  connaît 
rinlensité  du  courant.  En  effet,  supposons  que  le  point  P(yZg^.  i)  soit 

Fig.   I. 


àla  limite  de  la  couche  contiguë  à  Télectrode  positive  :  au  point  P, 
puisque  X  y  devient  constant,  la  moitié  du  courant  doit  être  due  aux 
ions  positifs  et  la  moitié  aux  ions  négatifs  ;  si  l  désigne  le  courant 

elela  charge  portée  par  un  ion,  un  nombre  —  d'ions  positifs  doit  Ira- 

^e^se^  Tunilé  de  section  d'un  plan  mené  par  P  pendant  l'unité  de 
temps,  de  sorte  que  ce  nombre  au  moins  d'ions  doit  être  produit 
pendant  l'unité  de  temps  dans  la  région  comprise  entre  Pet  le  plateau 
positif.  Si  maintenant  X  désigne  l'épaisseur  de  la  couche^  qh  est  le 
nombre  d'ions  positifs  produits  pendant  l'unité  de  temps;  le  nond)re 
(le  ceux  qui  traversent  le  plan  pendant  Tunité  de  temps  ne  peut  donc 
pas  dépasser  r/ A  et  atteindra  seulement  cette  valeur  s'il  n'y  a  pas  de 
recombi liaison  des  ions;  par  suite 


2  6 


ou 


X> 


if/e 


Ainsi, est  une  limite  inférieure  de  A.  Toutefois  elle  ne  sera  pas, 

J6  pense,  très  loin  de  la  valeur  véritable,  car  nous  pouvons  montrer 

qu  une  très  faible  recombinaison  seulement  peut  se  produire  pendant 

1^  temps  que  les  ions  positifs  mettent  à  traverser  une  couche  de  cette 

^P^isseur. 

En  eflet,  la  vitesse  de  recombinaison  des  ions  positifs  est  donnée 
par 

dnt 


dt 


=  —  aiiiiii. 


Si  Nj  désigne  la  valeur  maximum  de  /z^,  — ^  mesure  le  temps  qui 


844  '•-'•   TIIOMSON. 

s'écoule  avant  que  la  recoinbinaison  n'ait  diminué  le  nombre  des 

ions  dans  une  proportion  très  appréciable. 

Pendant  ce  temps,   les  ions  positifs  parcourraient  une  distance  o 

donnée  par  Téqualion 

.      XX, 

où  X,  désigne  la  valeur  de  \  tout  contre  le  plateau^ 
On  a 


par  suite 


Posons 


/i  N2X,e  =  i; 


0  = ^ 


Xi  =  yX„, 


Y  étant  donné  par 


I 


ï  =  ? 


il  \ient 


7.1  .\(je        '1 


Ainsi,  si  y  est  passablement  grand,  les  ions  positifs  parcourront 
une  disliuice  beaucoup  plus  grande  que  \  avant  de  se  recombiner. 

Le  courant  le  plus  intense  qui  puisse  passer  entre  les  plateaux 
s'obtient  quand  tous  les  ions  sont  employés  à  transporterie  courant: 
si  /désigne  la  distance  qui  sépare  les  plateaux,  Iq  ions  positifs  et  Iq 
ions  négatifs  sont  produits  pendant  l'unité  de  temps  ;  si  donc  1  désigne 
le  courant  maximum  qui  puisse  passer  entre  les  plateaux,  on  a 


par  suite,  on  peut  écrire 


Les  équations 


-^  =  47:{/i,  — /i,)e, 
(  kl  /Il  -h  A t  /ij  )  X  e  =  i, 


THÉORIE    DE   LA   CONDrCTlBIMTK    KLECTHIQt'E  DANS   LEâ   GAZ.  84 S 

ont  satisfaites  par 


A> 


Xj  W  j  X  €"  =    -7 ^-7-    '  . 


Al   -T-   /l'î 


-© 


.  * / 


I  Jé^i|4nanl  le  courant  (jui  traverse  le  gaz.  Dans  ce  cas,  les  portions 
(lu  courant  (lues  respecti\einent  aurions  positifs  et  aux  ions  néga- 
tifs sont  proportionnelles  aux  mobilités  de  ces  ions.  Toutefois,  quand 
le  courant  passe  entre  deux  plateaux  parallèles,  celte  solution  ne  peut 
pas  rester  exacte  juscpraux  plateaux  eux-mêmes.  En  effet,  considérons. 
lélatde  clioses  en  un  point  P,  entre  les  plateaux  AB  et  CD,  AB  dé- 
signant le  plateau  positif  et  CD  le  plateau  négatif.  Alors  au  point  P,. 
à  travers  l'unité  de  section, 

Ai       l 
A| -r  /i  1  e 

ions  positifs  passent  pendant  l'unité  de  temps  et  ces  ions  doi\ent 
provenir  de  la  région  comprise  entre  P  et  VB;  toutefois,  celte  région 
ne  peut  pas  en  fournir  plus  que  y).,  elellc  ne  peut  fournir  ce  nombre? 
«ions  que  dans  le  cas  où  il  n'y  a  pas  de  recombinaison  ;  par  suite,  la 
solution  précédente  ne  peut  être  acceptiible  quand  la  distance  à 
partir  du  plateau  positif  est  inférieure  à 


«e  même,  elle  ne  peut  être  valable  à  une  distance  du  plateau  négatif 

inférieure  à 

A'i         i 

m  ■■■         -  ■    1-^    • 

/il -i-  Ai  qe 

•^ous  supposerons  que  la  solution  donnée  ci-dessus  est  valable  dans. 
^'^  parties  du  champ  dont  les  distances  aux  plateaux  sont  plus  grandes 
4'^^  celles  qui  viennent  d'être  indiquées;  et  en  outre,  qu'il  n'y  a  pas 
"^  recombinaison  des  ions  dans  les  couches  où  la  solution  n'est  pas 
applicable.  Considérons  maintenant  ce  qui  se  passe  près  du  plateau 


846  J.>J.   THOMSON. 

positif,  par  exemple  entre 

kx        i        * 

X  =  o         et  a?  =  •; r-  —  =  '^* 

Ai  H-  A-,  qe 

Puisque,  dans  cette   région,  il  n'y  a   pas  de  recombinaison,  nos 
équations  sont 

Si  q  est  constant,  nous  avons 

Aj/ii  \  ^^  qx^ 

A:,/ijX=  -  --qx, 
e 


la  constante  a  été  déterminée  de  façon  à  annuler  /i|  pour  j:  =  o;  si  ron 

dx 


remplace  /i|,  Ai2  par  ces  valeurs  dans  Péquation  qui    donne  ~>  on 


obtient 
ou  bien 

la  constante  peut  être  déterminée  par  la  condition  que,  pour 

X  =  Xi, 


on  ait 


X*=  - 


de  là  on  déduit 

Puisque  C  est  la  valeur  de  X.^  quand  x  est  nul,  c'est  la  valeur  de  X^ 
contre  le  plateau  positif;  si  nous  désignons  par  X,   la  valeur  de  \ 
.contre  le  plateau  positif  et  par  Xo  la  valeur  de  X  entre  les  couches, 
.on  a 


X.=  X.[.+  i^|i(A,  +  A-.)]^ 


THEORIE   DE  LA   CONDL'CTIBILITK   KLECTRIQL'E  DANS   LES  GAZ. 


847 


ainsi  X|  est  toujours  supérieur  à  Xq,  valeur  de  X  dans  Tintervallc 
compris  entrQ  les  couches. 
Si  Xj  désigne  la  valeur  de  X  contre  le  plateau  négatif,  on  a 


X, 


=  Xo[ 


^Tze  k^ 


|-;(x.-.x.)] 


Ainsi,  si  la  niobililé  A*2  de  l'ion  négatif  est  très  grande  comparée  à 
la  mobililé  A|  de  Tion  positif,  la  valeur  de  X  contre  le  plateau  néga- 
tif est  grande  en  comparaison  de  sa  valeur  contre  le  plateau  positif. 

La  ii«5'ure  2  représente  la  distribution  de  la  force  électrique  entre 

1. 
les  plateaux.  Dans  ce  cas  7-*  a  une  valeur  élevée. 

Fig.  2. 


V. 


^-•^  chute  de  potentiel  à  travers  la  couche  d'épaisseur  À|  est  égale  à 


^^  ^^ci  est  égal  à 


où  l' 


ei 


On  a  posé 


1x.x.+  :^lok(v/?+a 


p=A4£*i(A,-^x-,) 


~^), 


7.       Ai 


X,  =  Xo(i-f-P)ï; 


P^. Suite,  si  P  est  grand,  la  chute  de  potentiel  à  travers   la  couche 
épaisseur  X|,  contiguëau  plateau  positif,  est  approximativement 

ix,X,=  -Xo(I-^P)^V^— • 
2         '       2     ^        ^^    A-,  H- A-,  qe 


84B  J.-J.   THOMSOX. 

De  inrine,  si  Ton  pose 

i»\  =  — -—   T-  (Ai-H  Aj  », 

et  si   'ïi  est  j^rand,  la  rliule  de  polenlîel  à  travers  la  couche  d'épais- 
seur Aj  est  approximativement 


•^        Ai-j-  Aj  ytf 


l^'îiitervalle  dans  lequel  la  force  éleclrique  est  conslanle  et  éj^alr 
à  Xo  est 

où  /  désij^ne  la  dislance  qui  sépare  les  plateaux.  Puisque 

qe 

la  eliute  de  potentiel  dans  cet  intervalle  est  éj;ale  à 

par  suite,  si  V  est  la  dilîerence  de  potentiel  entre  les  plateaux, 

\  =  \o     -(l-h3)*-j î-^ r  -d-f-  ix)^-, — —, ^  / , 

[a  *^     Ai-rAjye        2  ^       X, -hAjye  yej 

et 

\q)    e  k^-^k^) 
de  sorte  que 

\qj    e(AiH-Aj)|2^        *^     ki-hk^qe       i^        ^'    A:,-h/jye       yc        J 

Ceci  donne  la  relation  entre  le  courant  et  la  dilîerence  de  potentiel 
entre  les  plateaux.  Elle  est  de  la  forme 

Dans  un  Mémoire  publié  par  E.  Rutherford  et  moi-même  dans  Ir 
P/iil.  Mag,  en  octobre  1896,  on  donnait  une  relation  entre  V  el  / 
calculée  dans  l'hypothèse  d'un  champ  constant  entre  les  plateaux. 
Dans  le  Mémoire  actuel,  j'ai  cherché  à  tenir  compte  de  la  variation  du 


THEORIE    DE   LA  CONl>Ut:TlBILITË    ELECTRIQUE   DANS   LES  GAZ.  849 

champ  électrique.  Le  calcul  qui  précède  cesse  d'être  approximative- 
ment eiact  quand  les  deux  couches  se  rejoignent.  Dans  ce  cas,  le  cou- 
rant a  sa  valeur  limite  Iqe  et  il  n'y  a  pas  de  perte  d'ions  par  recombi- 
oaison;  nous  pouvons  donc  négliger  la  recombiuaison  et  procéder 
comme  suit. 
Les  équations  (5)  deviennent  dans  ce  cas 

—  {k,n,\)  =  q, 
^(A:|/i,X)  =  -ç. 

Si  q  est  constant,  les  solutions  de  ces  équations  sont 

19)  X:i /Il  X  =  «7 r, 

110)  A:j/iiX  =  9(/  —  j7), 

X  désignant  la  distance  comptée  à  partir  du  plateau  positif,  car  ces 

solutions  satisfont  aux  équations  ditrérenli elles  et  aux  conditions  aux 

limites 

/ij  =  o,         pour        a?  =  o 

et 

/ii=  o,         pour        a?  =  /. 

De  l'équation 

^  =  47r(/i,— /i,)e, 

on  déduit 


ou 
III) 


^-^'^'Viik-T-y'ih'^' 


C  désignant  la  constante  d'intégration. 

Quand  X  a  sa  valeur  minimum,  on  voit,  d'après  l'équation  (1) 
que  n%  =  «2'?  P^r  suite,  en  un  tel  point,  d'après  (9)  et  (10),  on  a 


iri) 


par  suite,  si  nous  déterminons  le  point  Q  où  X  présente  un  minimum, 
cette  équation  nous  donnera  le  rapport  des  mobilités  des  deux  espèces 
d'ions. 
On  voit  qu'un  ion  positif  partant  du  plateau  positif  et  un   ion 

S.  p.  54 


8So  J.-J.   THOMSON. 

négatif  partant  du   plateau   négatif  atteignent  ce   point  en  même 
temps. 

Si  Xo  désigne  la  valeur  minimum  de  X,  et  Ç  la  distance  d'un  point 
compris  entre  les  plateaux,  comptée  à  partir  de  Q,  on  peut  écrire 
l'équation  (i  i)  sous  la  forme 

Si  I  désigne  le  courant  maximum,  ceci  peut  s'écrire 

03)  x.=  xs^4t.i5.5(3lH-i). 

On  voit,  d'après  cette  équation,  que  si  Ton  mesure  les  valeurs  de  X 
en  deux  points  et  1,  courant  maximum,  on  peut  calculer  la  valeur  de 

I         I 

et,  puisque  (12)  donne  la  valeur  de  -779  on  peut  calculer  les  valeurs 

de  A*!  et  ^2  séparément. 

Si  l'ion  positif  se  déplace  plus  lentement  que  l'ion  négatif  pour 
une  valeur  donnée  du  champ  électrique,  l'équation  (12)  montre 
que  Q  est  plus  près  du  plateau  positif  que  du  négatif.  Par  suite,  il 
résulte  de  (i3)  que  la  force  électrique  est  plus  grande  au  voisinage 
immédiat  du  plateau  négatif  que  contre  le  plateau  positif. 

Une  excellente  méthode  pour  déterminer  les  mobilités  des  ions, 
méthode  qui  peut  être  employée  dans  presque  tous  les  cas  de  conduc- 
tion à  travers  les  gaz.  consiste  à  produire  les  ions  dans  une  région, 
et  à  mesurer  l'intensité  du  champ  électrique  en  deux  points  d'une 
autre  région  où  il  n'y  a  pas  production  d'ions,  mais  dans  laquelle 
seuls  les  ions  d'un  certain  signe  peuvent  pénétrer  sous  l'action  du 
champ.  Ainsi,  désignons  par  A,  B  deux  plateaux  parallèles  plongés 
dans  un  gaz,  et  supposons  qu'on  produise,  dans  la  couche  comprise 
entre  A  et  un  plan  que  nous  désignerons  par  M,  une  certaine  quantité 
d'ions,  soit  par  les  rayons  de  Rontgen,  soit  par  des  métaux  incandes- 
cents, soit  par  la  lumière  ultra- violette,  soit  autrement  ;  enfin  suppo- 
sons que  le  gaz  compris  entre  IVf  et  B  soit  protégé  contre  l'ionisation 
directe.  Si  alors  A  et  B  sont  reliés  aux  pôles  d'une  pile,  un  courant 
passera  à  travers  le  gaz,  et  ce  courant  sera  constitué,  dans  la  région 
comprise  entre  M  et  B,  uniquement  par  les  ions  d'un  seul  signe, 
positifs  si  A  est  l'anode,  négatifs  si  c'est  la  cathode.  Etudions  la  dis- 


THéORIB   DE   LA   CONDUCTIBILITÉ   ÉLECTRIQUE   DANS   LES  GAZ. 


«i 


driboûon  de  la  force  électrique  dans  la  région  comprise  entre  M  et  B. 
Sipposonsque  A  soit  le  plateau  positif,  tous  les  ions  de  cette  région 
seront  chargés  positivement,  et  nous  aurons,  en  employant  la  même 
nolalion  que  précédemment, 


d\ 


=  4  tzhxC^ 


dx 
X  j  /Il  X  e  =  i\ 

où /désigne  le  courant  à  travers  T  unité  de  section;  de  ces  équations 

l'on  lire 


dx  ~~    kl 


ou  bien 


kl 


G. 


Par  suite,  si  l'on  mesure  les  valeurs  de  X  en  deux  points  de  la  région 
comprise  entre  M  et  B,  et  aussi  la  valeur  de  <,  on  peut,  d'après  cette 
équation,  calculer  la  valeur  de  k^.  Pour  déterminer  la  mobilité  Ats  de 
l'ion  négatif,  il  n'y  a  qu'à  faire  une  expérience  analogue  en  prenant 
cette  fois  A  comme  plateau  négatif. 

Quand  l'ionisation  est  limitée  à  une  couche  CD  comprise  entre  les 
plateaux  A  et  B,  la  distribution  de  la  force  électrique  est  représentée 
parla  figure  3,  A  désignant  le  plateau  positif  et  B  le  plateau  négatif, 

Fig.  3. 


I 


C     D 


^Ua  vitesse  de  l'ion  négatif  étant  supposée  beaucoup  plus  grande  que 
^rfle  de  l'ion  positif. 

L'étude  de  la  distribution  de  la  force  électrique  faite  page  847 
Contre  que,  si  la  mobilité  de  l'ion  négatif  est  beaucoup  plus  grande 
^e  celle  de  l'ion  positif,  la  distribution  du  champ  a  beaucoup  de 
c^cières  communs  avec  celle  qui  se  produit  dans  le  passage  de  l'élec- 
^cité  à  travers  un  tube  à  gaz  raréfié,  en  particulier  la  grande  aug- 


85'i  J.-J.   THOMSON. 

men talion  du  champ  électrique  tout  près  de  la  cathode.  Ainsi  ce 
caractère  de  la  décharge  à  travers  les  gaz  raréfiés  peut  s'eicpiiquer  en 
attribuant  une  plus  grande  vitesse  à  Tion  négatif  qu^à  Tion  positif; 
c'est  une  propriété  qui  semble  applicable  à  tous  les  cas  de  décharge 
électrique  à  travers  les  gaz,  et  comme  les  plus  importantes  des  diffé- 
rences entre  les  phénomènes  qui  se  passent  aux  deux  pôles  d'un  tube 
à  vide  s'expliquent  directement  par  ce  fait  que  la  force  électrique  à 
la  cathode  dépasse  beaucoup  celle  qui  existe  à  Tanode,  je  pense  que 
les  caractères  les  plus  frappants  de  la  décharge  à  travers  les  gaz  raré- 
fiés résultent  de  la  difierence  des  mobilités  des  ions  positifs  et  des  ions 
négatifs.  Dans  le  cas  discuté  page  849  nous  avons  supposé  </  constant, 
c'est-à-dire  l'ionisation  constante  sur  tout  le  trajet  de  la  décharge: 
dans  le  cas  de  la  décharge  à  travers  les  gaz  raréfiés,  où  Tionisation 
est  due  principalement  au  champ  électrique  lui-même,  il  est  invrai- 
semblable que  rionisation  soii  constante  quand  le  champ  est  si  va- 
riable. Nous  pouvons  être  renseignés  sur  la  disiribution  de  l'ionisa- 
tion en  étudiant  les  très  remarquables  courbes  dues  aux  recherches 
de  Graham  (*)  qui  donnent  la  distribution  du  champ  électrique  dans 
un  tube  à  vide. 


Des  équations 


nous  déduisons,  si  ki  et  k^  sont  indépendants  de  x, 


dx^ 


=  STZ€{q  —  oLnini')(j^-^j-\' 


Ainsi,  y  —  oLfii  912  aie  même  signe  que    ,  ^  ■  Donc,  quand  q  —  nni/i^ 

est  positif,  c'est-à-dire  si  l'ionisation  surpasse  la  recombinaison,  la 
courbe  donnant  les  valeurs  de  X'-*  est  convexe  du  côté  de  l'axe  des  x, 
et  cette  coui'be  est  concave  du  côté  du  même  axe  si  la  recombinaison 
surp  isse  l'ionisation.  Les  endroits  où  la  courbe  présente  des  cour- 
bures brusques  seront  des  régions  soit  d'ionisation  intense,  soit  de 
recombinaison  intense. 

(')   Wied.  Ann,,  t.  L\IV,  1898,  p.  49. 


THËOniB   DE   LA  CONUUIITIRILITK  ELBCTHigte   DANS  LKS  GAZ.  Si3 

U  figure  4  est  une  coiirhe  doniiaat  les  vjileurs  de  X^  calcult-es 
d'iprès  les  résultats  de  Oraham.  On  voit  qu'il  y  a  deux  régions  à 
courbure  particulièrement  rapide,  la  direction  de  ta  courbure  indi" 
ijuiiDl qu'il  s'agit  d'ionisalioQS,  l'une,  la  plus  intense,  juste  à  l'estérieur 
de  l'espace  obscur  négatif,  l'autre  près  de  l'anode,  tandis  que  dans  la 


lumière  positive  le  sens  de  la  courbure 


indi 


lique  I 


laison.  Tout 


se  passe  comme  si  les  ions  positifs  formés  au  centre  d'ionisation  voisin 
de lanode,  en  se  déplaçant  vers  la  cathode,  rencontraient  les  ions  né- 
gatifs provenant  du  centre  d'ionisation  voisin  de  la  cathode,  comme  si 
ees  ioDS  positifs  se  combinaient  aux  négatifs  jusqu'à  les  détruire  tous, 
ïi  produisaient  de  la  lumière  en  se  reconibinanl,  la  région  de  recombi- 
Diison  constituant  la  lueur  positive-  Dans  l'espace  obscur  compris 
«tre  la  lumière  positive  et  l'auréole  négative,  ces  ions  positifs  pro- 
^eDant  du  centre  d'ionisation  voisin  de  l'anode  sont  tous  épuisés,  de 
sorte  qu'il  n'en  reste  plus  pour  se  recombiner  avec  les  ions  négatifs 
<|i<i  viennent  du  centre  voisin  de  la  cathode. 

L'encoche  brusque  de  la  courbe,  qui  indique  le  centre  d'ionisation 
Voisin  de  la  cathode,  existe  dans  toutes  les  courbes  données  par 
Grahara;  le  centre  voisin  de  l'anode  est  loin  d'être  aussi  constant. 
Dans  plusieurs  des  courbes  données  par  Graham,  il  n'y  a  pas  de 
Coude  brusque  auprès  de  l'anode,  bien  que  celui  qui  est  près  de  la 
Cathode  soit  bien  marqué,  et,  dans  ces  tubes,  la  lumière  positive  n'est 
P<is  bien  développée.  La  distribution  de  potentiel  qui  accompagne  la 
<lécbarge  lumineuse  exige  une  distribution  déterminée  de  l'électrisa- 


^5^    TM—ioy.  —  TiFf—y  ac  la  cwnccmiUTÉ  slbctriqub  dans  lbs  gaz. 


■>»■ 


tioa  «  .  -merrf^ir  in  oiih».  ceile^i  exige  une  ionisation  et  un  mouve- 
mmi  te^   oos-  lan^  je  Gai>«  «vaat  que  la  décharge  lumineuse  se  pro- 
iiiii^«^.  Q  uia  tftjiie  j  é^oir  oae  iorte  de  qnasi-décharge  pour  préparer 
Le  >*aff2iun  te  ja  terrsiar^e  laflÛBenâe.  Warburg  (  *  )  a  mis  en  évidence, 
•tansr  'fiieiifiu»  ':as^.  l'^^sisLeac^  d'âne  décharge  obscure  qui  précède  la 
•teenarze  Liunimsiiâi».  Il  semlile  probable  qu'une  telle  décharge  n^exist^ 
pa^  ?€UAi*nn*nt  'iaos*  hf^  «ra»  oà  elle  a  déjà  été  découverte,  mais  qu'elle 
prcf!t^tte  inv^uîabieiiient  la  «Jtfcharp?  lumineuse. 

<]Nurc  U»  emàMcàea  br%ÊàâfÊit^  om  rcgioAs  d«  courbure  particulier^^ 
ment  rapûfe«  b  iyt  |  aMMatre  Bue  iaible  courbure  dans  la  direction 
uuiiquaai  iik  csm»  JTmmiaaÊiùm  sur  la  reeombinaison  dans  tout  Tin- 
cervalltf  eoocHilérahk  compris  cslpt  h  eolonne  lumineuse  positive  et 
la  ^aîne  c-iifainhif>:  ruMir  c«lte  tégion  est  éloignée  des  endroits  où 
b  force  êleetrif|ii«  eât  cfiftiâflérable.  il  fMlble  probable  que  des  méca- 
nisme:>  autre»  q«e  la  lavce  ékctnMt  TaulMil  à  produire  rionîsation  en 
un  poÎAt  dêiermûaé.  Le  cas  des  rajpns  cathodiques  monUre  que  le 
mott^caaemt  iir»   ÎMk»  ckarçés  tend  i   Umiser  le   gax  environoant. 
E.  WîcdeMau  assâî  a  aao^lvé  Mi#  la  déchaîne  produit  une  radiation     - 
particalîèfe  q«ll  a  appelée  emilBÊdungsiraklen;  il  est  possible  que 
ces  rajotts  pussèdcml  le  posYoir  d'ioniser  un  gaz  traversé  par  eux  (^).       | 


{ '  >  Cette  tk«orîe  Je  là  déck^nre  dans  les  tul>es  à  gaz  raréfiés  est  complétée  dans 
le  Mefliotie  svimatde  J.-J.  Tkowsoa  {Pkil.  Mag.,  5*  série,  t.  L,  igoo,  p.  38t). 

{Note  du  traducteur,) 


\ 


lA  PRODUCTION  DES  IONS  DANS  LA  DÉCHARGE  DE  L'ÉLECTRICITÉ 

A  TRAVERS  LES  GAZ, 

Par   J.-J.    THOMSON. 
Traduit  de  Fanglais  par  M.  MOULIN. 


Philosophical  Afagazine,  t.  L,  1900,  p.  278  à  283. 


Dans  beaucoup  de  cas  de  décharges  à  travers  les  gaz,  le  champ  n'a 
pas  à  fournir  lui-même  les  ions,  mais  ces  ions  sont  produits  par  des 
agents  extérieurs,  tels  que  les  rayons  de  Rimtgen,  la  radiation  de 
Turanium  et  des  autres  substances  radioactives,  Taction  de  la  lumière 
ultra- violette  sur  les  métaux,  les  filaments  incandescents,  etc.  Cepen* 
dant,  en  plus  de  ces  cas,  nous  avons  une  série  très  importante  de 
phéaomènes  qui  comprend  la  décharge  par  étincelle  et  la  décharge 
ordinaire  dans  les  tubes  à  vide,  pour  lesquelles  il  n'y  a  aucune  source 
extérieure  efficace  qui  puisse  produire  des  ions,  de  sorte  que  ceux-ci 
doivent,  d'une  manière  ou  d'une  autre,  provenir  de  l'action  du  champ 
lui-même.  Il  est  très  difficile  de  supposer  que  de  simples  molécules 
sont  dissociées  par  la  force  électrique  dans  le  champ,  qui  entraîne 
l'ion  positif  d'un  côté  et  l'ion  négatif  du  côté  opposé.  Pour  ne  men- 
tionner qu'une  de  ces  difficultés,  la  force  électrique  nécessaire  pour 
produire  la  décharge  est  toujours  excessivement  faible  par  rapport  à 
Id  force  due  à  une  charge  atomique  agissant  à  la  distance  atomique. 
*^ans  mes  Récent  Researches,  j'ai  indiqué  que,  sous  l'action  du 
'harap  électrique,  quelques  molécules  formeraient  des  agglomérations 
^ngues  et  étroites,  comme  le  feraient  la  fumée  et  la  poussière  dans 
^s  mêmes  conditions  :  ces  agglomérations,  étant  des  corps  de  pouvoir 
^ducteur  spécifique  plus  élevé  que  le  milieu  qui  les  entoure,  agi- 
"^ient  sur  les  lignes  de  force  comme  des  conducteurs  longs  et  pointus 
'(  produiraient,  par  conséquent,  une  grande  concentration  des  lignes 
*e  force  sur  l'extrémité  de  l'agglomération.  De  la  sorte,  le  champ  élec- 
^ique  maximum  serait  énormément  plus  grand  que  le  champ  élec- 
^que  moyen  qui  est  tout  ce   que  nous  pouvons  mesurer.  Depuis 


856  J.-J.   THOMSON. 

que  ceci  a  été  publié,  de  nombreuses  recherches  ont  été  faites,  qui  ont 
prouvé  que,  lorsque  des  particules  électrisées  se  meuvent  à  tra\ers 
un  gaz,  des  ions  sont  produits  dans  certaines  conditions,  tout  au 
moins  si  la  particule  est  électrisée  négativement.  Ainsi  Lenard  montra 
que  ses  rayons  rendent  un  gaz,  au  travers  duquel  ils  passent,  con- 
ducteur de  Télectricité.  Les  rayons  Lenard  sont  des  particules  élec- 
trisées négativement  el,  d'après  notre  théorie,  la  conductibilité  du  gaz 
est  due  à  la  production  d'ions.  J'ai  montré  encore  (PhiL  Mag,, 
oct.  1897)  que  le  passage  des  rayons  cathodiques  à  travers  un  gaz 
!'ionisait.  Ainsi  nous  avons  la  preuve  que,  au  moins  dans  certains  cas. 
le  mouvement  des  corpuscules  à  travers  un  gaz  peut  l'ioniser.  Cette 
hypothèse  que  le  mouvement  des  ions  à  travers  un  gaz  peut  l'ioniser 
est  confirmée  par  les  expériences  de  Stoletow  {Journal  de  Phy- 
sique^ t.  IX,  p.  4^8).  Elles  montrent  que,  pour  un  même  champ 
électrique,  le  courant  entre  les  deux  plateaux,  dont  l'un  est  éclairé 
par  la  lumière  ultra- violette,  croit  avec  la  distance  des  plateaux,  cet 
accroissement  étant  plus  marqué  quand  la  pression  est  faible.  C'est  à 
quoi  l'on  s'attendrait  si  les  ions  négatifs  partant  du  plateau  éclairé 
produisaient  de  nouveaux  ions  pendant  leur  passage  à  travers  le  gaz. 
L'idée  que  je  désire  avancer  dans  cette  Note  est  que  l'ionisation  dans 
les  cas  ordinaires  de  décharge  à  travers  les  gaz  est  produite  par  le 
mouvement  à  travers  le  gaz  d'ions  ou  de  corpuscules  toujours  pré- 
sents dans  le  gaz.  Ces  ions  ou  corpuscules  sous  l'action  du  champ 
électrique  acquièrent  de  la  vitesse  et  de  l'énergie  cinétique;  et,  quand 
cette  vitesse  ou  cette  énergie  atteint  une  certaine  valeur,  qui  peut  ne 
pas  être  la  même  pour  l'ion  positif  que  pour  l'ion  négatif,  ces  ions  ou 
corpuscules  sont  aptes,  par  collision  avec  les  molécules  voisines,  à 
produire  d'autres  ions  et  d'autres  corpuscules.  Cette  dissociation  peut 
être  due  directement  au  choc  ou,  indirectement,  à  des  rayons  ana- 
logues aux  rayons  Rfintgen  produits  par  le  choc.  Prenons  le  cas  d'un 
gaz  dans  lequel  sont  disséminés  quelques  ions;  si  l'énergie  ou  la 
vitesse  communiquée  par  le  champ  électrique  à  ces  ions  dépasse  alors 
une  certaine  valeur  critique,  chacun  des  ions  primitifs  produira 
d'autres  ions,  et  ces  nouveaux  ions  donneront  naissance  à  d'autres, 
de  sorte  que  le  nombre  d'ions  et  la  conductibilité  du  gaz  augmenteront 
rapidement;  ils  iront  en  augmentant  jusqu'à  ce  que  la  conductibilité 
du  gaz  atteigne  une  valeur  telle  que  l'intensité  du  champ  électrique 
soit  réduite  de  façon  à  ce  que  le  travail  effectué  sur  un  ion  prenne  la 
valeur  critique;  quand  ce  régime  est  atteint,  chaque  ion  en  produit 
un  et  seulement  un  autre,  de  sorte  que  le  nombre  des  ions  reste 


LA   PRODrCTION    DES    IONS    DANS    LA    DÉCHARGB    DE    l'rLECTRICITÉ.  857 

constant,  et  le  gaz  atteint  un  état  permanent  quand  il  est  traversé  par 
la  décharge. 

Si  rintensité  du  champ  avait  été  assez  petite  pour  que  le  travail 
effectué  sur  un  ion  ne  fût  pas  égal  à  la  valeur  critique,  le  nombre 
d'ions  n^auraît  pas  augmenté  et  il  n'y  aurait  eu  aucune  décharge  à 
travers  le  gaz,  à  part  la  très  faible  fuite  due  aux  ions  primitivement 
présents  dans  le  gaz.  Ainsi,  cette  hypothèse  explique  comment  un 
champ  d^une  intensité  déterminée  est  nécessaire  pour  produire  la  dé- 
chaîne à  travers  un  gaz. 

LVnergie  cinétique  maxima  fournie  par  le  champ  sur  un  ion  sera 
mesurée  par  le  travail  eflectué  sur  l'ion  pendant  son  chemin  libre,  et, 
après  le  choc,  la  perturbation  apportée  dans  l'énergie  et  dans  la  direc- 
tion du  mouvement  est  si  grande,  que  le  travail  sera  le  même  que  si 
le  champ  recommençait  à  agir  et,  si  la  direction  du  mouvement  est 
renversée,  le  champ  qui  accroissait  l'énergie  cinétique  de  l'ion  avant 
le  choc  la  diminuera  après.  Ainsi,  si  A  est  le  chemin  libre  moyen, 
rënei^ie  cinétique,  fournie  par  le  champ  à  l'ion,  sera  mesurée 
par  FeÀ,  e  étant  la  charge  de  l'ion  et  F  le  champ  électrique.  La  con- 
dition nécessaire  pour  que  la  décharge  se  produise  est  que  l'énergie 
cinétique  maxima  soit  égale  k  q^  q  étant  une  quantité  dépendant  de 
la  nature  du  gaz.  Alors,  la  condition  pour  que  la  décharge  ait  lieu 
est  Ye\  =  y,  de  sorte  que  le  champ  électrique  F',  nécessaire  pour 
produire  la  décharge,  varie  en  raison  inverse  du  chemin  libre  moyen 
des  ions  ou  des  corpuscules. 

D'autre  part,  Â  est  inversement  proportionnel  à  la  densité  du  gaz, 
de  sorte  que,  d'après  cette  théorie,  le  champ  électrique  nécessaire  pour 
produire  la  décharge  serait,  dans  un  même  gaz,  directement  propor- 
tionnel à  la  densité  du  gaz,  résultat  qui  est  approximativement  exact 
dans  une  grande  étendue  de  pression.  Ainsi,  la  théorie  que  nous 
avons  donnée  fournit  une  explication  très  simple  de  ce  fait  qu'il  est 
plus  facile  de  produire  une  décharge  dans  un  gaz  à  basse  pression  que 

(îr^  n  gaz  à  pression  élevée. 

La  théorie  explique  facilement  pourquoi  il  faut  un  champ  plus 
mtense  pour  faire  passer  une  étincelle  à  travers  une  mince  couche  de 
gaz  qu'à  travers  une  couche  plus  épaisse,  pourvu  que  l'épaisseur  de 
la  couche  mince  soit  plus  petite  qu'une  certaine  valeur  qui  est  inver- 
sement proportionnelle  à  la  pression.  Pour  que  les  ions  produisent  la 
dissociation,  il  est  nécessaire  qu'ils  puissent  rencontrer  les  molécules 
du  gaz,  ou,  si  la  dissociation  est  due  à  des  rayons  produits  par  le 
<^hoc,.que  la  couche  soit  assez  épaisse  pour,  absorber  la  radiation; 


858  J.-J.    THOMSON. 

mais,  dès  que  l^épaisseur  de  la  couche  devient  comparable  au  chemiB 
libre  moyen  d^un  ion,  la  probabilité  d'un  choc  contre  une  molécule, 
avant  que  les  ions  aient  atteint  Tëlectrode,  diminuera  rapidement,  de  ] 
sorte  que  Faptiludedes  ions  en  mouvement  à  produire  la  dissociatioft 
diminuera  rapidement  quand  Tëpaisseur  de  la  couche  tombe  au- 
dessous  d'une  certaine  valeur.  Bien  que  l'épaisseur  de  la  couche, 
quand  le  champ  nécessaire  pour  produire  la  décharge  commence  i 
augmenter,  soit  encore  grande  par  rapport  au  chemin  libre  d'une  mo- 
lécule se  mouvant  dans  le  gaz,  elle  ne  l'est  pas  par  rapport  au  che- 
min libre  d'un  corpuscule,  c'est-à-dire  d'un  des  petits  ions  qui  ont  été 
trouvés  dans  les  rayons  cathodiques  et  que  nous  supposons,  avec  rai- 
son, devoir  jouer  un  rôle  important  dans  tous  les  cas  de  décharge 
électrique. 

D'après  cet  exposé  de  la  décharge  électrique,  la  présence  d'un  petit 
nombre  d'ions  est  nécessaire  pour  amorcer  la  décharge.  Les  expé- 
riences de  Linss  (  *  )  et  celles,  plus  récentes,  d'Elster  et  Geitel  (*), 
semblent  montrer  que  de  tels  ions  sont  présents  dans  les  gaz  dans 
les  conditions  ordinaires;  de  plus,  la  première  étincelle  est  d'allure 
beaucoup  plus  irrégulière  que  les  suivantes,  et  ceci  est  d'accord  avec 
l'idée  que  les  conditions  qui  entraînent  sa  formation  sont  capricieuses 
et  toujours  accidentelles. 

Considérons  maintenant  les  phénomènes  plus  complexes  qui  accom- 
pagnent le  passage  de  la  décharge  dans  un  gaz  à  basse  pression.  La 
production  d'ions  peut  avoir  lieu  dans  tout  le  tube  ou  être  localisée 
dans  certaines  parties.  Toutefois,  il  doit  y  avoir  au  moins  deux  en- 
droits où  l'ionisation  se  produit.  En  effet,  dans  cette  théorie,  l'ionisa- 
tion en  un  endroit  A  est  produite  par  des  ions  amenés  en  A  parle 
champ  électrique,  de  sorte  qu'il  doit  y  avoir  quelque  autre  centre  ou 
quelques  autres  centres  d'ionisation  qui  produisent  les  ions  qui  sont 
amenés  en  A  par  le  champ.  Dans  le  Philosophical  Ma^srazinef  àe 
1899,  j'^'  montré  comment,  de  l'étude  de  la  distribution  du  champ 
électrique  dans  un  tube  à  décharge,  nous  pouvons  déduire  les  posi- 
tions des  maximums  d'ionisation;  le  résultat  d'une  telle  étude  conduit 
à  cette  conclusion  qu'il  y  a  un  centre  d'ionisation  très  près  de  la  ca- 
thode et  un  autre  dans  la  gaine  cathodique. 

Suivant  les  idées  émises  dans  cette  Note,  ces  centres  forment,  pour 
ainsi  dire,  des  systèmes  de  reproduction  d'ions  dépendant  mutuelle- 


(  '  )  W.   Linss,  Meteor.  Zeits.,  t.  IV,  1887,  p.  352. 

(')  Terrestrial  MagnetUm  and  Atmaspheric  Electricity,  t.  IV,  1899,  P*  ^*^- 


LA   PRODUCTION   DBS  10N8   DANS   LA   DÉCHARGE   DB   L* ÉLECTRICITÉ.  869 

ment  l'un  de  l'autre,  rionisalion  dans  la  gaine  négative  étant  due  aux 
corpuscules  venant  du  centre  situe  tout  près  de  la  cathode,  alors  que 
rionisation  près  de  la  cathode  est  due  aux  ions  positifs  qui  viennent 
du  centre  situé  dans  la  gaine.  Cette  hypothèse  paratt  en  accord  avec 
les  expériences  de  Villard  (*),  dans  lesquelles  un  écran  placé  entre 
la  lueur  négative  et  la  cathode  empêcherait  l'émission  de  rayons  ca* 
ihodiques  par  la  partie  de  la  cathode  protégée  par  l'écran. 

Les  corpuscules  négatifs,  partant  de  la  cathode,  ionisent  le  gaz  au 
voisinage  de  la  lueur  négative,  en  produisant  dans  cette  région  un 
grand  nombre  d'ions;  ceci  donne  à  cette  région  une  grande  conducti- 
bilité électrique,  et  le  champ  électrique  tombe  conséquemment  à  une 
très  petite  valeur.  Cherchons  ce  qui  arriverait  s'il  n'y  avait  aucun 
centre  d'ionisation  entre  la  gaine  cathodique  et  l'anode  :  le  courant 
dans  cette  partie  du  tube  serait  transporté  par  les  ions  négatifs  pro- 
duits dans  la  gaine;  une  telle  distribution  d'ions  dans  le  tube  ferait 
croître  le  champ  électrique  quand  nous  approchons  de  l'anode,  et,  si 
celte  augmentation  du  champ  n'accroît  pas  l'énergie  cinétique  des 
ions  au  delà  de  la  valeur  à  laquelle  ils  commencent  à  produire  d'autres 
ions,  le  champ  électrique  angmentera  constamment  juscpi'à  l'anode. 
Toutefois,  si  le  champ  électrique  augmente  d'une  façon  telle  que 
lénergie  qu'il  communique  aux  ions  soit  plus  grande  que  l'énergie 
nécessaire  pour  produire  d'autres  ions  par  dissociation,  des  molé- 
cules qui  l'entourent,  de  nouveaux  ions  seront  alors  produits  dans  la 
ré^on  où  le  champ  électrique  atteint  cette  valeur.  Ceci  augmentera 
la  conductibilité  du  gaz  et  fera,  par  conséquent,  diminuer  le  champ. 
\insi,  après  avoir  atteint  une  certaine  valeur,  le  champ  diminuera  et 
recommencera  à  augmenter  après  être  tombé  au-dessous  dé  la  valeur 
pour  laquelle  l'ionisation  se  produit.  Si  cela  se  répétait  plusieurs  fois 
avant  que  l'on  atteigne  l'anode,  nous  obtiendrions  un  champ  élec- 
trique croissant  et  décroissant  comme  cela  se  produit  dans  la  décharge 
striée.  L'hypothèse  que  les  stries  consistent  en  une  succession  de 
couches  de  haute  conductibilité  due  à  l'ionisation  du  gaz  par  un 
champ  électrique  dépassant  une  certaine  valeur,  alternant  avec  des 
cr)uches  de  gaz  dans  lesqMclIes  le  champ  est  trop  faible  pour  produire 
I  ionisation,  rend  compte  du  fait  que  la  distance  entre  les  stries 
diminue  quand  la  densité  du  gaz  augmente  et  que  la  distance  entre 
les  stries,  dans  un  tube  de  section  variable,  est  plus  petite  dans  les 
parties  étroites  du  tube  que  dans  les  parties  larges.  Le  champ  élec- 

(*)  Villard,  Journal  de  Physique,  }^ny\tv  1900. 


j^VBC^^^m  li 


m 


-         Ti  :  ^mH 


ïWr. 

j 
ina-  -si 


SUR 

m  SORTE  DE  K4DIAT10N   FACILEMENT  ABSORBABLE 

PRODUITE  PAR  LE  CHOC  DES  RAYONS  CATHODIQUES  LENTS 

ET   SUR 

UNE   THÉORIE   DE    LA   GAllNE   CATHODIQUE 

DE  L'ESPACE  OBSCUR  ET  DE  LA  COLONNE  POSITIVE, 

Par  J.-J,  THOMSON. 
Traduit  de  l'anglais  par  M.  MOULIN. 


Philosophical  Magazine,  t.  1,  1901,  p.  36 1  à  877. 


M.  J.-J.  Thomson  expose  d'abord  dans  cette  Note  des  recherches  qu41  avait 
primitivemeut  entreprises  pour  essayer  de  voir  si  quelque  radiation  analogue 
aux  rayons  Runtgen  prend  naissance  à  la  surface  de  la  cathode  ou  de  l'anode, 
ccsi-à-dire  aux  endroits  où  la  décharge  passe  du  gaz  au  métal. 

lise  servait  à  cel  effet  d'un  tube  contenant  d'un  côté  une  électrode  (disque 
<1  aluminium)  et  fermé  à  l'extrémité  opposée  par  une  plaque  de  laiton  percée 
<I ouvertures  obturées  par  une  feuille  d'aluminium  très  mince  (o''"',ooo43). 
Derrière  ces  ouvertures  se  trouvait  un  disque  métallique  relié  à  l'électromètre. 
l^ns  certaines  circonstances,  ce  disque,  préalablement  chargé,  se  décharge 
conjme  il  Taurait  fait  sous  l'influence  de  rayons  Ronlgen;  de  plus,  une  plaque 
phoioj^aphique  placée  derrière  les  fenêtres  est  impressionnée. 

Même  quand  la  pression  dans  le  tube  est  plus  grande  que  dans  les  tubes  à 
•^vons  Huntgcn,  il  sort,  dans  certains  cas,  par  les  fenêtres  une  radiation  très 
*^sorbable  et  qui  possède  des  propriétés  analogues  à  celle  des  précédents.  La 
'^diaiion  prend  naissance  à  l'endroit  où  la  gaine  cathodique  atteint  une  surface 
''^^tallique  :  quand  les  fenêtres  étaient  employées  comme  cathode  et  que  la 
«*ine  sV'tendait  jusqu'à  l'anode,  la  source  de  ces  rayons  était  l'anode. 

Ln  deuxième  tube  a  été  construit  de  façon  que  la  fenêtre,  qui  n'était  plus 
'ïiployée  comme  électrode,  puisse  se  déplacer  dans  la  lueur  négative,  la  seconde 
Itrctrode  (anode)  étant  placée  dans  un  tube  latéral.  Cet  appareil  a  montré  que 
*  radiation  qui  produit  la  décharge  du  disque  relié  à  l'électromètre  n'est  pas 
ue  à  la  luminosité  de  la  gaine,  mais  au  choc  contre  les  fenêtres  des  particules 
lectrisées  négativement  qui  viennent  de  la  cathode.  De  plu<,  la  décharge 
t'Oit  d'abord  quand  on  approche  la  fenêtre  de  la  cathode,  puis  diminue  rapi- 


^An  i.-i.  TVOSSOK 


^ii:bri  4  !>»  en  -filfî  irm-*  4»s«  r<*f>ac«  sombre  où  cette  déckarsc  est 
^f:HiuTvtmw^:Lr  nui»»  >>  &K^>^r  »<w?»:*fliène  a  été  étudié  d'une  aaii^fv  pin 
^rr'ti'**?  4  .'4iftf(  t  1.1  4(ic7»  txj>f  MM  &e<)iiel  U  fenêtre  était  pnti<pMe  da»  n 
r..ii>t  ia^'^r^  a^a^^tnair  ÊèOïf  bf  taJbiif  a  décharge  et  était  placée  entre  nne  aao^ 
^  ikmtt  <aca«>i*t  ifi(:iia&  ««r  é%  mtttmrt.  cathode  dont  on  pouvait  faire  \wna 
U  di-^LtoK^  a  'a  f'm^cr*^  <?«  a,£Ê«saBt  «vr  le  niveau  du  mercure. 

L»  r^iûcivMi  pr'ri^fALftac  (>«$  le!§  caractères  de  rayons  Rônt^n  extraoràaai- 
r^^m^nt  p««  p«?afftraat».  il  parait  Wsitime  de  supposer  qu^ils  sont  prodaiis  pi 
k  ch«x  T  >«cre  La  i^iwètrt  ^kt*  c*>rp«scfiles  de  la  gaine  qui  se  meuvent  rehtife- 
m^nt  kotent^nt.  Llnt«m«îte  de  b  d<-char^e  mesure  donc  Ténergie  de  ces  cor- 
paçcuJe*  et  le^  rémliats  «>bte*«5  soatrent  que  cette  énergie,  petite  dans  l'e^pare 
obscur  catK««iN|ue.or:*ît  rapidement  jusqu'à  un  maximum  qui  a  lies  à  la  Unité 
de  la  zaine  né^tive.  dèen^H  plus  lentement  et  s'annule  pratiquement  à  h  li- 
mite p«r»itjve  de  cette  saine. 

On  peut  e\pliq«eT  ces  phênouièBes  en  se  basant  sur  le  fait  que  de  aoaveni 
ion^  peuvent  être  produits  dans  le  gaz  par  le  choc,  contre  les  molécaks  <h 
gaz.  d'ions  mis  en  mouvement  par  le  champ.  L*auteur  avait  d*aillears  éna 
précédemment  celte  hvpothèse  i  Phii.  Mag.y  t.  I,  p.  278)  qui  fut  ensuite ONh 
firmée  par  les  expériences  du  professeur  Townsend  (Phii.  Maf^.^  fév.  1901^ 
Ces  expériences  ont  montré  que  le  corpuscule  négatif  est,  dans  un  chaai^n 
agent  ilionisation  plus  efficace  que  Tion  positif. 

Ces  faits  étant  établis,  le  professeur  J.-J.  Thomson  donne  une  théorie  des 
phénomènes  qui  se  présentent  dans  les  tubes  à  vide. 

Considérons  d*abord  le  nombre  d'ions  produits  par  seconde  et  par 
unité  de  volume  du  gai.  Ces  ions  sont  produits  par  le  choc  des  cor- 
puscules contre  les  molécules  du  gaz  et,  comme  l'ionisation  d*iiii€ 
molécule  demande  une  quantité  d'ënergie  finie,  si  l'énergie  des  co^ 
puscules  n'excède  pas  une  certaine  valeur,  il  n'y  aura  pas  ionisation. 
Si,  au  contraire,  Ténergie  surpasse  cette  valeur  critique,  Tionisatioû 
aura  Heu  pour  une  certaine  fraction  du  nombre  total  des  collisions, 
celte  fraction  augmentant  avec  l'énergie  cinétique  que  possèdent  les 
particules. 

L'énergie  cinétique  moyenne  des  corpuscules,  quand  il  n'eiislc 
aucun  champ,  est,  en  supposant  que  les  corpuscules  se  comportent 
comme  un  gaz,  la  même  que  l'énergie  cinétique  moyenne  des  molé- 
cules d'un  gaz  quelconque  à  la  même  température.  Toutefois,  dans 
un  champ  électrique,  les  corpuscules,  sous  l'action  de  forces  de 
l'ordre  de  celles  qui  se  présentent  dans  les  tubes  à  vide,  acquièrent 
des  vitesses  qui  sont  grandes  par  rapport  à  leur  \itesse  moyenne  en 
l'absence  de  champ  électrique.  De  la  sorte,  dans  ces  tubes,  l'énergie 
du  corpuscule  est  pratiquement  égale  à  celle  qui  lui  a  été  communi- 
quée par  le  champ.  Si,  maintenant.  X  est  le  champ  électrique,  a  le 
chemin  libre  moyen  d'un  corpuscule,   l'énergie  cinétique  movenne 


SUR    L'NB   SORTE   DB   RADIATION   FACILEMENT   AB80RBABLE.  863 

acquise  par  le  corpuscule  dans  le  champ  électrique  sera  proportion- 
nelle à  X^A,  travail  qui  lui  a  été  communiqué  par  le  champ  élec- 
trique pendant  son  libre  parcours,  e  étant  la  charge  électrique  du 
corpuscule.  Une  certaine  fraction  du  nombre  total  de  collisions  con- 
duira à  une  ionisation,  la  valeur  de  cette  fraction  dépendant  de 
Ténergie  cinétique  des  corpuscules;  nous  pouvons  représenter  la 
valeur  de  cette  fraction  par /*(XeX),  et  tout  ce  que  nous  savons  dès 
maintenant  sur  f  est  que  cette  fonction  ne  peut  excéder  l'unité, 
quelque  grand  que  soitX<?Xet  qu'elle  s'annule  quand  X^X  tombe  au- 
dessous  d'une  certaine  valeur  limite. 

Si  II  est  la  vitesse  moyenne  d'un  corpuscule,  -  sera  l'intervalle  de 

temps  compris  entre  deux  collisions;  chaque  corpuscule  fait  donc 

^  collisions  par  unité  de  temps,  de  sorte  que,  si  n  est  le  nombre  de 

corpuscules  présents  par  unité  de  volume,  -r-  sera  le  nombre  total  de 

collisions  par  unité  de  volume  et  par  unité  de  temps.  Le  nombre 
d^ions  produits  par  unité  de  volume  et  par  seconde  sera,  par  consé- 
quent, égal  à  -r-/(X^X). 

Les  corpuscules  viennent  finalement  se  fixer  sur  les  molécules,  et 
perdent  ainsi  leur  mobilité  et,  au  moins  en  grande  partie,  leur  pouvoir 
ionisant.  Nous  supposerons  que,  pour  une  certaine  fraction  du  nombre 
total  de  collisions,  l'effet  du  choc  est  de  laisser  le  corpuscule  fixé  sur 
la  molécule  avec  laquelle  il  est  entré  en  collision  et  de  mettre  ainsi 
fin  à  sa  fonction  d'agent  ionisant. 

Soit  ^  la  fraction  du  nombre  total  de  collisions  pour  lesquelles  ceci 
a  lieu  :  la  proportion  suivant  laquelle  les  corpuscules  disparaissent 

est,  par  unité  de  volume,  égale  à^v— •   La  quantité  dont   s'accroît 

le  nombre  des  ions  par  unité  de  volume  est,  par  conséquent, 


na 


Si  nous  considérons  le  cas  d'un  tube  dans  lequel  les  ions  se 
meuvent  parallèlement  à  l'axe  des  x,  nous  avons  alors,  en  écrivant 
l'équation  de  continuité  : 


864  i'-i'    THOMSON. 

OÙ  X  est  complé  de  la  cathode  à  l'anode.  ()uand  la  décharge  est  en  ré- 
ginie  permanent,  -3-  =  o  et  l'équation  devient 

(I)  ^(/iu)  =  ^l/(xa)-p]. 

Intégrant  cette  équation,  nous  trouvons 

lognii  =  C -h  r~  [/(  XeX)  —  3  Jdlr, 

« 

011  C  est  la  constante  d'intégration.  De  cette  équation,  nous  pouvons 
tirer  nu  quand  /*.,  p  et  la  distribution  du  champ  électrique  le  long  du 
tube  sont  connus. 

Dans  une  région   du    tube    où    les    conditions    ne   changent  pas 

quand  on  suit  la  ligne  de  décharge,  — ^ — '■  ^  o;    et,   d'après  Téqua- 

tion  (i),  nous  avons  dans  celte  région,  /{\e\)  —  ^  ^  o,  c'est-à-dire 
que  A  a  une  valeur  définie,  déterminée  par  cette  équation;  comiiif  Ji 
et  y  ne  varient  pas  avec  le  courant  ou  la  pression  du  gaz  dans  le  tube, 
X  A  ne  dépend  ni  du  courant  ni  de  la  pression  :  X  sera  donc  in\cr- 
senient  proportionnel  à  A.  Comme  A,  le  chemin  libre  moyen  du 
corpuscule,  est  inversement  proportionnel  à  la  pression  du  gaz,  il 
s'ensuit  que,  dans  une  région  de  décharge  uniforme,  X  doit  être  pro- 
portionnel à  la  pression.  Mous  avons  cette  uniformité  le  long  de  la 
ligne  de  décharge  dans  le  cas  de  la  colonne  positive  uniforme  daus  la 
décharge  à  basse  pression  et  aussi  dans  le  cas  de  longues  étincelles 
aux  pressions  élevées.  Les  résultats  suivants  ont  été  donnés  par  Skin- 
ner  (PhiL  Mag,,  déc.  1900)  pour  le  champ  le  long  de  la  colonne 
positive  dans  le  cas  de  la  décharge  à  travers  Tazote  sous  différentes 
pressions  p 


p- 

X. 

\ 

mm 
0,6 

27  volts: cm 

45 

1,0 

4o  volts: cm 

40 

1,5 

56  volts: cm 

38 

alors  que,  pour  Tétincelle  dans  l'air,  Liebig  trouve  : 

760  3iooovolls:cm  40,8 

Ainsi,  dans  une  grande  étendue  de  pression,  il  n'y  a  qu'une  faible 

X 

variation  de  la  valeur  de  —-La  valeur  de  X  dans  la  colonne  positive 


SUR   UNE   SORTE   DE  R.iDIATION    FACILEilENT  AB80RBABLE.  80 5 

uniforme  est  l'intensité  mininia  du  champ  qui  peut  augmenter  le 
nombre  des  ions  dans  un  gaz  à  la  même  pression  par  la  mise  en  mou- 
vement des  ions  préexistants.  Si  nous  produisons  des  ions  dans  un 
gaz  par  les  rayons  RiJntgen,  le  courant  à  travers  le  gaz  ne  dépassera 
pas  sa  valeur  de  saturation  jusqu'à  ce  que  le  champ  électrique  atteigne 
cette  intensité. 

Cette  condition,  y(Xe).)  —  ^  ==  o  exprime  que  chaque  corpuscule 
produit  un  autre  (et  seulement  un  autre)  corpuscule  avant  de  dispa- 
raître. La  condition,  Xa  =  const.,  implique  que,  chaque  fois  qu'une 
décharge  uniforme  se  produit,  l'énergie  cinétique  que  possèdent  les 
corpuscules  a  une  valeur  définie,  indépendante  de  la  pression  du  gaz 
ou  du  courant  qui  le  traverse. 

L'équation  difterentielle  donnant  la  distribution  du  champ  électrique 

dans  le  tube  à  décharge,  quand  la  décharge  ne  varie  pas  avec  le  temps, 

peut  se  trouver  comme  il  suit.  Si  /  est  le  courant  à  travers  le  tube, 

mie  nombre  d'ions  positifs  par  unité  de  volume,  v^  la  vitesse  de  ces 

ions,  on  a 

nu  -h  mv  =  i. 

Comme  l'énergie  cinétique  des  ions  est  proportionnelle  à  Xa,  nous 
pouvons  poser 

A|  et  A'2  étant  des  constantes  dépendant  de  la  densité  du  gaz.  Sub- 
stituant ces  valeurs,  nous  obtenons 

<  2  )  nkx  -f-  mk^  =  — =  y 

/X 

or, 

5J="'»^P' 

:  étant  la  densité  des  charges  électriques,  c'est-à-dire  o  =  (m  —  z')^? 
le  signe  moins  se  trouve  dans  cette  équation  parce  que  nous  avons 
pris  comme  sens  positif  des  x^  celui  de  la  cathode  à  l'anode,  alors 
que  X  est  compté  dans  la  direction  opposée  ;  on  a  alors 

<  >;  n  —  m  =  - —  -j—- 

Des  équations  (2)  et  (3),  nous  tirons 

S.  p.  55 


866  I.-I.   THOMSON. 

OU 


(4)  nu  = 


kt  X-,  /X        d\ 


kl  -t-  Af  ^i:e{kt-h  kt )  djr 


D'où,  d'après  l'équation  (  i  ), 

^\ki-^kt\^S.\T:e\i,ki-hk,)    dxj^-^^^       '^J' 

équation  difl'érentielle  qui  détermine  X. 

Nous  voyons  d'aprrs  cette  équation  que,  lorsque  [y(XeX)  —  ,3]  est 
positif,  c'est-à-dire  quand  X  est  plus  grand  que  Xo,  valeur  qu'il  pos- 

sède  dans  la  colonne  positive  uniforme,     ,'  ^  est  positif,  c'est-à-dire 

,^ 
que  la  courbe  de  X^  est  convexe  vers  l'axe  des  a;,  tandis  que,  lorsque 

X  est  plus  petit  que  Xq,  elle  est  concave  vers  cet  axe. 

Bien  que  Téquation  diflerentielle  qui  donne  X  soit  quelque  peu 
compliquée,  nous  pouvons  cependant,  sans  grande  difficulté,  voir 
quel  doit  être  le  caractère  général  de  la  distribution  du  champ  élec- 
trique le  long  du  tube.  Nous  pouvons  le  faire  en  nous  basant  sur  le 

fait  que  la  courbe  de  X"  doit  être  convexe  ou  conca\e  vers  Taxe  sui- 
vant que  X  est  plus  grand  ou  plus  petit  que  Xq  et  que  le  champ 
électrique  croît  ou  diminue  lorsque  nous  allons  ^ers  Tanode,  sui\ant 
qu'il  y  a  un  excès  de  charges  positives  ou  négatives  à  l'endroit  con- 
sidéré. Supposons  alors  que  nous  ayons  au  début  quelques  corpu>cule> 
électrisés  négativement  prés  de  la  cathode;  sous  Faction  du  chani|> 
intense  qui  existe  au  voisinage  de  la  cathode,  ils  acquerront  une  énerjijie 
suffisante  pour  ioniser  le  gaz  et  de  nouveaux  ions  seront  produits:  les 
ions  négatifs  étant  alors  entraînés  par  le  champ  électrique,  il  y  ai"'*' 
un  excès  d'ions  positifs  près  de  la  cathode  et  le  champ  électrique  di- 
minuera lorsque  nous  nous  éloignerons  de  la  cathode,  l^a  courbe 

de  X"*  {Jig*  i)  sera  convexe  vers  l'axe  des  x  jusqu'à  ce  que  noii> 
arrivions  en  P,  où  X  satisfait  à  l'équation  /(XeX)  —  p=  o,  c'esl-ii- 
dire  jusqu'à  ce  que  X  =Xo;  en  P,  la  courbure  change  et  deux  cas 
sont  à  considérer.  Dans  le  premier  cas,  la  tangente  à  la  courbe  est  ho- 
rizontale et  le  reste  de  la  courbe  sera  la  ligne  horizontale  passant  par 


SUR   UNE   SORTE   DE    RADIATION  FACILEMENT  ABSORBABLE. 


867 


P;  celle  portion  rectilîgne  de  la  courbe  correspond  à  la  colonne  posi- 
tive uniforme  et  ce  cas  est  celui  d'une  colonne  positive  uniforme 
s'élendant   directement  jusqu'à    la    gaine    cathodique    sans    espace 

Fig.   I. 


obscur  de  Faraday.  Le    second  cas  {fig-  2)  est  celui  011  la  tangente 
en  P  n'cï^t  pas  horizontale  :  ici  la  courbe  doit  couper  la  tangente  en  P, 


Fig.  2. 


devenant  concave  vers  Taxe  des  x  et,  finalement,  atteignant  cet  axe. 
Toutefois,  nos  équations  ne  sont  plus  vraies  (|uand  X  est  très  petit, 
car  nous  avons  supposé  que  le  champ  est  assez  intense  pour  que  l'é- 
nergie cinétique  communiquée  aux  corpuscules  par  le  champ  soit 
grande  par  rapport  à  l'énergie  qu'ils  posséderaient  à  la  même  tempé- 
ralure  s'ils  n'étaient  soumis  à  aucune  force  électrique  ;  nous  ne  sommes 
donc  pas  libres  de  prolonger  la  courbe  dans  la  région  des  champs 
électriques  très  petits. 

Les  phénomènes  au  voisinage  de  la  cathode,  sont  probablement  c;)m- 
pliqués  en  pratique  par  l'action  des  <(  Knlladuugstrahlen  »,  décou- 
verts par  K.Wiedemann,  qui  sont  émis  par  la  gaine  cathodique  et,  en 
r«'aliié,  par  toutes  les  parties  lumineuses  de  la  décharge.  J'ai  montré 
que  res  ravons  ont  le  pouvoir  d'ioniser  le  gaz  qu'ils  traversent.  Ces 
rayons  augmenteraient  par  conséquent  l'ioiiisalion  du  gaz  et  maintien- 


868 


J.-I.   THOMSON. 


3 

(Iraient  la  courbe  de  \'  con\exe  vers  l'axe  même  si  le  champ  tombaii 
au-dessous  de  la  valeur  de  X©  :  nous  pourrions  alors,  par  suite  de 
l'influence  de  ces  rayons,  obtenir  une  courbe  telle  que  celle  de  la 
figure  3,  et  elle  parait  ressembler  plus  exactement  que  celle  de  la 


Fig.  3. 


figure  2  à  la  distribution  du  champ  électrique  observée  par  Graham 
{Hied,  A  un, y  t.  L\1V,  p.  4())  au  voisinage  de  la  cathode.  L'intensité 
de  ces  rayons  diminuera  quand  nous  nous  éloignerons  de  la  cathode 
€t  nous  atteindrons  tôt  ou  tard  un  endroit  Q  {fig-  3),  où  la  produc- 
tion surpasse  la  recombinaison;  en  ce  point,  la  courbe  devient  con- 
cave vers  Taxe  et  continue  ainsi  jusqu'à  ce  que  X  atteigne  de  nou- 
veau la  valeur  Xa  en  II.  Ici  encore  il  y  a  deux  cas  à  considérer  :  i"  La 
tangente  en  R  est  horizontale  et,  dans  ce  cas,  le  reste  de  la  courbe  est 
la  droite  horizontale  passant  par  R  :  c'est  le  cas  d'une  colonne  posi- 
tive uniforme  séparée  de  la  gaine  par  l'espace  obscur  de  Faraday. 
L'autre  cas  se  présente  quand  la  tangente  en  R  n'est  pas  horizontale; 
la  courbe  coupe  alors  la  tangente,  devient  convexe  vers  Taxe  et  X 
continue  à  augmenter  quand  nous  approchons  de  l'anode.  Après  pas- 
sage en  R,  f{\e\)  —  ^  est  toujours  positif  et,  d'après  l'équation  n  ). 
nu  croît  continuellement,  plus  rapidement  qu'en  progression  géomé- 
trique quand  nous  allons  vers  l'anode.  D'autre  part,  quand  la  décharj:e 
est  en  régime  permanent,  nu  -h  niv  =  /,  et  nu  ne  peut  excéder  i.  Dts 
lors,  dans  le  cas  où  la  courbe  s'élève  à  partir  de  R,  il  doit  y  avoir  fina- 
lement instabilité,  ou  au  moins  variation  du  régime  ;  ceci  arrivera 
quand  le  champ  atteindra  une  valeur  telle  que  nu  =  t,  ou,  d'après 
l'équation  (4)?  quand 

4 ire  ._  2  d\^ 
l^i  3    dx 


SUR   UNE   SORTE   DE    BADIATION   FACILEMENT  ABSOHDABLE. 

3 


869 


ce  qui  arrive  quand  la  tangente  à  la  courbe  X^  fait  un  certain  angle 
avec  Taxe  des  x.  Pour  les  valeurs  de  X  plus  grandes  que  celle-ci, 
nu  serait  plus  grand  que  i  et  le  courant  ne  resterait  pas  longtemps 
en  régime  permanent.  Soit  S  {Jig»  4)  le  point  où  nu  =  i\  puisque 
alors  Télectricité  négative  est  entraînée  hors  de  la  région  comprise 
enlre  S  et  la  cathode  plus  vite  qu'il  n'en  arrive,  il  y  aura  bientôt  un 


Fig.  4. 


excès  d'électricité  positive  derrière  S,  ce  qui  fera  diminuer  le  champ 

entre  S  et  l'anode,  de  sorte   que  la  courbe  de  X  au  delà  de  S  sera 

analogue  à  celle  de  la  figure  4  (elle  représente  le  champ  moyen,  car, 

d  après  le  raisonnement  précédent,  il  doit  varier  quelque  peu  avec 

le  temps);  cette  branche  de  courbe  ne  peut  s'étendre  que  jusqu'en  S' 

où,  de  nouveau, 

3 

t  =  ^ 


k. 


3    dx 


et  sera  suivie  d^autres  branches  semblables.  De  la  sorte,  le  champ 
éleririque  moyen  dans  la  colonne  positive  sera  représenté  par  une 
courbe  qui  présente  des  fluctuations;  ceci  se  produit,  comme  Graham 
et  Wilson  l'ont  montré,   dans  le  cas  où  la  colonne  est  striée. 

Espace  obscur  catliodi(/ue,  —  L'énergie  communiquée  par  les 
corpuscules  au  gaza  travers  lequel  ils  se  meuvent,  sera  proportionnelle 
au  produit  du  nombre  des  collisions  entre  les  corpuscules  et  les  molé- 
cules par  l'énergie  cinétique  d'un  corpuscule.  Nous  avons  vu  que  le 

norabre  des  collisons  est  -r-  >  de  sorte  que  l'énergie  fournie  aux  molé- 
cules par  les  corpuscules  est  proportionnelle  à  /iwX.  D'après  nos  con- 


870  I.-J.   THOMSON. 

sidératîons,  n  est  très  petit  au  voisinage  de  la  cathode  alors  que  u\ 
est  très  petit  dans  la  région  Q  {Jig-  4)-  Ce  produit  serait  donc  petit 
au  voisinage  de  la  cathode  ainsi  que  de  Fautre  côté  de  la  gaine.  Si 
donc  nous  prenons  la  luminosité  de  la  gaine  comme  mesure  de  l'énergie 
communiquée  par  les  corpuscules  aux  molécules  du  gaz,  la  lumino- 
sité sera  faible  près  de  la  cathode  (d'où  l'espace  obscur),  atteindra  un 
maximum  (à  la  limite  lumineuse  de  l'espace  obscur),  et  diminuera  en- 
suite à  travers  la  gaine.  L'obscurité  au  voisinage  de  la  cathode  s'exa- 
gérerait si  la  pression  autour  de  la  cathode  était  plus  faible  que  dans 
le  reste  du  tube.  Je  pense  qu'il  semble  assez  évident  que  c'est  le  cas 
et  j'espère  revenir  sur  ce  point  à  la  prochaine  occasion. 

Chute  de  potentiel  à  Vanode,  —  Quand  nous  avons  une  colonne 
positive  uniforme,  le  champ  électrique  est  constant  tout  le  long  de 
cette  colonne  et  il  y  a  par  conséquent  autant  d'ions  positifs  que  de 
négatifs  dans  cette  région;  donc,  le  nombre  des  ions  positifs  qui  tra- 
versent le  tube,  allant  de  l'anode  à  la  cathode  par  unité  de  temps, 
est 


kx  H-  Al 


i. 


Les  ions  qui  traversent  une  section  P  ont  été  produits  entre  P  et 
l'anode.  Si  ces  ions  ont  été  produits  par  les  chocs  des  corpuscules,  le 
nombre  des  ions  produits  par  unité  de  temps  est 


/ 


^/(XeX)rfx, 


*v .-. 


l'intégration  s'étendant  à  l'espace  compris  entre  l'anode  et  P,  de  sorte 
que 

nu  n'est  pas  plus  grand  que  /,  d'où 

t 

Supposons  par  exemple  /(XeX)  =  AXeX,  A  étant  une  constante, 
l'équation  devient  alors 


Xe\> 


k^ 


kx  -h  Atj 

V  étant  la  différence  de  potentiel  entre  l'anode  et  P. 


SUR   UNE   SORTE   DE   RADIATION   FACILEMENT   ABSORBABLE.  87 1 

D'après  cela,  nous  voyons  qu'il  doit  y  avoir  une  différence  de 
potentiel  finie  entre  l'anode  et  le  point  le  plus  voisin  de  la  colonne 
positive  pour  lequel  le  champ  électrique  est  constant.  Une  telle  chute 
de  potentiel  a  été  observée  par  Skinner  et  nous  espérons  revenir,  dans 
une  prochaine  Note,  sur  la  comparaison  des  résultats  de  cette  théorie 
avec  ceux  des  expériences  de  Skinner,  ainsi  que  sur  l'explication,  par 
une  méthode  analogue,  de  la  chute  de  potentiel  à  la  cathode. 


SUR  LA  CHARGE  ÉLECTRIQUE  TRANSPORTÉE 

PAR  UN  ION  GAZEUX, 

Par  J.-J.  THOMSOX. 
Traduit  de  l'anglais  par  P.  LU60L. 


Philosophical  Magazine,  6*  série,  t.  V,  ignS,  p.  346-335, 


Rappel  d'expériences  anciennes  (*).  La  méthode,  qui  consiste  à  mesurer  le 
nombre  des  ions  captés  par  une  détente  dans  un  ^az  humide  et  le  courant  qui 
traverse  le  j;az  soumis  à  un  champ  électrique,  a  été  reprise  avec  des  perfrc- 
tionncmenls  importants;  on  a  substitué  aux  rayons  Runtgen,  comme  moven 
(rionisation,  le  radium,  beaucoup  plus  constant;  on  a  employé  l'électromèlre 
de  Dolezalek,  dont  la  sensibilité  est  telle  (20000  divisions  par  volt  au  lieu  de  5(> 
avec  l'appareil  précédemment  utilisé)  qu'il  permet  une  mesure  beaucoup  plus 
exacte  (les  courants  d'ionisation,  malgré  le  désavantage  que  lui  donne  sa  grande 
capacité. 

Le  désir  d'accroître  notre  connaissance  des  lois  qui  régissent  le 
dépôt  du  nuage  autour  des  ions  chargés  est  la  principale  raison  qui 
m'a  poussé  à  répéter  ces  expériences.  La  condensation  est  obtenue 
en  refroidissant  l'air  par  une  détente  soudaine.  J'avais  remarqué,  dans 
mes  anciennes  expériences,  que,  si  l'on  augmentait  la  détente  de  ma- 
nière à  rendre   -^   supérieur  à  i,3,  le  nombre  des  gouttes  du  nuage 

augmentait  notablement.  M.  C.-T.-R.  W  ilson,  qui  a  fait  une  étude 
systématique  de  l'efficacité  relative  des  ions  positifs  et  négatifs  comme 
noyaux  de  condensation  ('),  a  obtenu  les  résultats  suivants  :  tandis 
(ju'un  nuage  commence  à  se  déposer  autour  des  ions  négatifs  avec  une 
détente  égale  à  i,25,  c'est  seulement  lorsqu'elle  atteint  i,3i  que  les 


(*)  Ce  volume,  p.  803. 

(  '  )  Phil.  Trans.,  t.  CXCIII,  p.  289.  Voir  aussi  ce  Volume. 


SIR   I.V   CHARGE   ÉLKCTRIQVE   TRANSPORTÉE   PAR   UN    ION   GAZEUX.  87$ 

ions  positifs  sont  captés  par  le  nuage:  le  nombre  des  parlîcules  d'eau 
correspondant  aux  détentes  les  plus  fortes,  qui  captent  à  la  fois  les 
ions  des  deux  signes,  devrait  alors  être  deux  fois  plus  grand  qu'avec 
le>  détentes  les  plus  faibles,  qui  captent  seulement  les  ions  négatifs. 
Dans  mes  premières  expériences  l'augmentation  du  nombre  des  par- 
ticules avec  les  fortes  détentes,  bien  que  marqué,  n'était  pas  aussi 
iirand,  ce  qui  porte  à  conclure  que  tous  les  ions  positifs  ne  sont  pas 
captés  par  les  détentes  plus  fortes. 

Puisque  l'humidité  commence  à  se  déposer  d'abord  sur  les  ions 
nciratifs,  il  est  évident  que,  sauf  dans  le  cas  d'une  détente  très  rapide, 
les  gouttes  formées  au  début  autour  des  ions  négatifs  auront  le  temps 
lie  croître  et  de  former  des  nojaux  aptes  à  provoquer  une  condensa- 
tion ultérieure;  de  sorte  que,  quand  la  détente  augmentera,  Fliumi- 
dité  tendra  à  se  déposer  sur  les  gouttes  déjà  présentes,  plutôt  qu'à  en 
former  de  nouvelles  autour  des  ions  positifs.  Donc,  avec  des  détentes 
lentes,  nous  devons  nous  attendre  à  avoir  un  nombre  de  gouttes  plus 
\oisin  de  celui  des  ions  négatifs  que  du  nombre  total  des  ions  des 
deux  >iî'nes. 

Les  résultats  des  expériences  actuelles  montrent  qu'il  en  était  bien 
ainsi  avec  les  détentes  employées  dans  les  premières  expériences.  La 
Aaleur  de  n  obtenue  dans  ces  expériences  n'était  que  peu  supérieure 
au  nombre  des  ions  négatifs;  comme  ne  est  la  quantité  déterminée  par 
les  expériences  électriques,  il  en  résultait  pour  e  une  valeur  à  peu 
près  double  de  sa  valeur  réelle. 

Les  résultats  des  expériences  faites  par  M.  C.-T.-R.  W  ilson  donnent 
le  moyen  de  reconnaître  si  la  détente  est  assez  rapide  pour  capter 
aussi  bien  les  ions  positifs  (jue  les  ions  négatifs;  car,  si  nous  détermi- 
nons d'abord  le  nombre  de  gouttes  du  nuage  quand  la  détente  est 
inférieure  à  i,3i,  puis  de  nouveau  pour  des  détentes  beaucoup  plus 
fortes,  et  si  nous  trouvons  que  le  dernier  est  double  du  premier,  nous 
pourrons  être  surs  que  la  détente  la  plus  forte  a  été  assez  rapide  pour 
capter  tous  les  ions.  Ce  moyen  de  contrôle  a  été  appliqué  aux  expé- 
riences décrites  dans  le  présent  Mémoire. 

L'appareil  producteurdu  nuage  était  du  type  employé  par  M.  Wilson 
(.//>.  i,p.  808). 

Pour  rendre  la  détente  suffisamment  rapide  on  avait  fait  le  piston  P 
en  verre  très  léger.  On  vidait  le  flacon  H  jusqu'à  ce  que  la  pression  y 
fut  seulement  un  peu  supérieure  à  la  pression  de  la  vapeur  d'eau,  et  l'on 
avait  spécialement  pris  soin  que  tous  les  tubes  à  travers  lesquels  l'air 
avait  à  se  précipiter  pendant  la  détente  fussent  d'un  diamètre  aussi 


«74 


J.-J.   THOMSON. 


grand  que  possible  et  sans  étranglement;  on  a  trouvé  qu'avec  I 
ces  précautions  la  détente  était  assez  rapide  pour  capter  tous  le 

Fig.  I. 


P,  tube  piston  dont  la  base  reste  toujours  dans  la  couche  d'eau  recouvrant  le  f( 

tube; 
Q,  obturateur  de  caoutchouc  fermant  rextrémilé  du  tube  G,  et  pouvant  être 

dément  tiré  au  moyen  de  la  tige  K. 

positifs.  C'est  ce  que  montrent  les   résultats  suivants,  pris  C( 
exemples  de  ceux  qu'ont  donnés  un  grand  nombre  d'expérience» 


Ionisation  produite  par  un  échantillon  de  radium  A  placé  à  lo*^' 
dessus  du  plafond  du  récipient  dans  lequel  se  forme  le  nuaf^e.  —  Pri 
barométrique  768™";  température  19",  5. 


Détente. 
,333 

,32 

,3i 

/^9 

,>8 


/^7 


Nombre  de  gouttes 

du 

nuage  par  cm'. 

Temps 

rapporté 

mis  par  les  gouttes 

au 

volume  du  gaz 

du  nuage 

avant 

à  tomber  de  i"". 

la  détente. 

s 

9,7 

6,6    X  lo^ 

9,8 

6,7    X  10^ 

9,' 

5,7    X  10^ 

8,2.5 

4,8    X  10* 

7:1 

3,6    X  10^ 

7,12 

3,6    xio* 

/ 

3,55  X  10^ 

6,5 

2,9    X  10* 

On  voit  donc  que,  si  la  délente  est  supérieure  à  i,33,  sa  grai 


SUR  LA  CHARGE  ÉLECTRIQUE  TRANSPORTEE   PAR   UN    ION   GAZEUX.  876 

n'Influe  pas  sur  le  nombre  des  noyaux  saisis  par  le  nuage.  Quand  elle 
est  comprise  entre  i,33  et  1,29  ce  nombre  diminue,  jusqu'à  ce  que 
pour  une  détente  de  1,29  il  devienne  seulement  la  moitié  de  celui  qui 
correspond  aux  détentes  supérieures.  Il  reste  alors  indépendant  de  la 
grandeur  de  la  détente  jusqu'à  ce  que  celle-ci  tombe  à  1,2-;  pour  les 
détentes  inférieures  le  nombre  des  noyaux  saisis  diminue  rapidement 
avec  la  grandeur  de  la  détente.  Nous  en  concluons  que,  si  la  délente 
est  supérieure  à  i,33,  le  nuage  saisit  aussi  bien  les  ions  positifs 
que  les  ions  négatifs  ;  si  elle  est  comprise  entre  i ,  33  et  1 .  29,  il  saisit 
quelques-uns  des  ions  positifs  et  tous  les  ions  négatifs;  de  1.29 
^  i,2j,  il  capte  tous  les  ions  négatifs  et  pas  un  seul  ion  positif,  et 
au-dessous  de  1,2-  une  partie  seulement  des  ions  négatifs. 

On  a  calculé  de  la  manière  suivante  les  nombres  de  la  troisième  co- 
lonne du  Tableau  précédent  :  soient  q  le  volume  d'eau  condensé  par 
la  détente  par  unité  de  volume  du  gaz  détendu  (calculé  par  la  méthode 
donnée  dans  le  Mémoire  antérieur)  (*);  /l' le  nombre  de  gouttes  par 
unité  de  volume  du  gaz  détendu;  a  le  rayon  de  ces  gouttes;  on  a 

<7  =  n'  |ira3; 
V désignant  la  vitesse  de  chute  des  gouttes,  on  a 

où  a  représente  le  coefficient  de  viscosité  du  gaz.  Dans  le  cas  de  l'air 
f  est  égal  à  1,8  X  io~*;  v  est  alors  égal  à  121  x  10*  x  a-,  d'où 

/i'=  — ^  X  i33i  X  lo'^x  t'    '• 
4?: 

Le  nombre  de  gouttes  par  unité  de  volume  du  gaz  avant  la  détente 
<^sl  égal  au  produit  de  /i'  par  la  détente.  On  mesurait  la  vitesse  de 
fhute  en  déterminant  les  temps  mis  par  la  face  supérieure  du  nuage 
^  descendre  successivement  de  2*^"*.  Avec  les  gouttes  que  j'utilisais  ces 
^enips  étaient  très  approximativement  égaux  l'un  à  l'autre;  avec  des 
Nuages  formés  de  gouttelettes  très  fines  tombant  lentement,  le  temps 
^\%  à  parcourir  le  second  centimètre  est  souvent  beaucoup  plus  grand 
<lue  pour  le  premier,  à  cause  de  la  diminution  de  grosseur  des  gouttes 
par  évapora tion. 


(')  Ce  Volame,  p.  812. 


8t0  J.-J.    THOIISON. 


/ 


Pour  faciliter  la  inesurr'  de  la  vitesse,  on  avait  tendu  de  soie  noire 
humide  rintérienr  de  l:i  chambre  à  condensation,  ne  laissant  qu^une 
fente  étroite  pour  observer  le  nuage.  Le  fond   de  la  chambre  élai! 
formé  d'une  plaque  de  verre,  et  le  brouillard  était  éclairé  par  un  fais- 
ceau lumineux  vertical  réfléchi  par  un  miroir.  Le  plafond  de  la  chambre  ^ 
était  fait  d'une  feuille  d'aluminium  de  <»""".  3  d'épaisseur,  que  pou- 
vaient traverser  les  rayons  du  radium.  On  a  emploré  deux  échaotil- 
Ions  de  radium  :  l'un,  désigné  par  B.  était  placé  à  i5*^"  au-dessus  do  : 
toit  de  la  chambre,  l'autre  A  (plus  faible),  à  lo*^*".  Le  radium  était 
ré|)andu  sur  des   surfaces  de  -*""  x  5*^"',   et  tenu  en  place  par  une 
mince  feuille  de  mica. 

f^a  partie  électrique  de  l'appareil  comprenait  un  condensateur 
à  anneau  de  garde,  dont  la  partie  supérieure  était  un  disque  d'alumi- 
nium de  même  épaisseur  que  celui  qui  formait  le  toit  de  la  chambre 
à  condensatifin,  et  découpé  dans  la  même  feuille;  la  partie  inférieure 
était  un  discpie  d'aluminium  de  2'^'",  47  de  rayon  dans  une  pièce  d'ap- 
pareil, de  4""y'>'>  dans  une  autre,  entouré  d'un  anneau  de  garde  éga- 
liMiicnt  (m  aluminiuui;  la  distance  entre  les  plaques  du  condensateur 
était  de  i""".  Le  radium  était  placé  au-dessus  de  la  plaque  supérieure 
et  à  la  méuH!  distance  que  dans  les  expériences  de  condensation  de 
brouillards,  c'est-à-dire  A  à  lo*""*,  et  B  à  lo*""*  au-dessus.  Le  disque 
inférieur  était  relié  à  l'une  des  paires  de  quadrants  d'un  électromèlre 
de  Uolezalek,  le  fil  de  communication  passant  à  tiavers  un  tube  mé- 
talli(|ue  relié  au  sol.  Le  radium  était  entouré  de  protecteurs  en  plomb 
destinés  à  limiter  sa  radiation  au  voisinage  du  condensateur.  Le  ra- 
dium, le  condensateur  à  anneau  de  garde  el  un  second  condensateur  j 
destiné  à  mesurer  la  capacité  du  système  étaient  placés  à  l'intérieur 
d'une  boîte  à  rcvétemenl  métallique.  La  plaque  supérieure  du  conden-  ' 
sateur  était  maintenue  à  un  potentiel  constant;  la  plaque  inférieure, 
reliée  à  l'électromètre,  était  d'abord  mise  au  sol.  Quand  on  isolait 
la  phupie,  un  courant  électrique  passait  entre  les  plaques  à  travers 
l'air  ionisé  par  le  radium;  le  courant  chargeait  l'électromètre.  et  lai- 
guille  déviait.  Connaissant  la  déviation  produite  dans  un  temps  donné, 
on  pouvait  calculer  la  quantité  d'électricité  reçue  par  la  plaque  infé- 
rieure pendant  ce  temps,  à  la  condition  de  connaître  la  capacité  de 
l'électromètre  et  des  connexions. 

Si  l'on  appelle  //  la  vitesse  moyenne  des  ions  positifs  et  négatifs 
dans  le  champ  électri(pie  appliqué  à  l'air  entre  les  plaques,  n  le 
nond)re  des  ions  (positifs  et  négatifs)  par  centimètre  cube  dans  cet 
air,  c  la  charge  d'un  ion,  A  l'aire  de  la  plaque  inférieure,  la  quantité 


SUR    LA   CHARGE   ÉLECTRIQUE   TRANSPORTÉE    PAR    UN   ION   GAZEUX.  8;7 

l'électricité  reçue  par  la  plaque  inférieure  dans  l'unité  de  temps 
est  neuX.  Si  C  désigne  la  capacité  de  Télectromètre  et  des  con- 
nexions, cette  quantité  d'électricité  produira  entre  les  quadrants  une 

différence  de  potentiel  de  — tt^>  à  laquelle  la  déviation  de  l'électro- 

mètre  sera  proportionnelle;  pour  déduire  de  la  lecture  de  l'électro- 
mètre  la  valeur  de  ne^  il  faut  connaître  la  valeur  de  C.  On  la  détenni- 
Bait  en  reliant  à  la  plaque  inférieure  du  condensateur  un  autre 
condensateur  de  capacité  C  et  mesurant  de  nouveau  la  différence  de 
>otentiel  entre  les  plaques  après  avoir  laissé  passer  le  courant  pen- 

lant  1   seconde.  Elle  est  égale  à  -; ^;   si  donc  o,   et  62  sont  les 

iéviations  de  Télectromètre  avant  et  après  l'adjonction  de  C,  on  a 

Oy             C  -4-  (V 
N-    =   T^ > 

0*  Lé 

ié  =    -^ ^  • 

Oi— Oî 

La  capacité  effective  de  l'électroniùtre  de  Dolezalek  dépend  princi- 
palement de  la  charge  de  Taiguille,  et  peut  par  conséquent  beaucoup 
varier  d'un  moment  à  l'autre;  ainsi,  dans  ces  expériences,  C  a  varié 
de  200*""  à  900*"";  il  est  donc  très  nécessaire  de  mesurer  sa  valeur 
pour  chaque  observation.  Dans  ce  but,  on  faisait  [)ar  exemple  six  lec- 
tures consécutives  sans   le  condensateur  C,   dont  la  capacité  était 

0,001  microfarad  (dans  trois  de  ces  lectures  la  plaque  supérieure  avait 

un  potentiel  plus  élevé  que  la  plaque  inférieure;  dans  les  trois  autres 

lesen>de  la  différence  de  potentiel  était  renversé);  on  faisait  ensuite 

5ix lectures  avec  le  condensateur,  puis  six  sans  lui. 
La  grande  capacité  effective  de  l'électromètre  de  Dolezalek  le  rend 

^lïoins  sensible  pour  la  mesure  des  faibles  quantités  d'électricité  que 

pour  celle  des  différences  de  potentiel. 

La  valeur  de  /?,  dans  les  expériences  électriques,  représente  le 
Nombre  d'ions  par  centimètre  cube  de  gaz  quand  il  est  soumis  au 
champ  électrique;  dans  les  expériences  de  condensalion  la  valeur 
-^ouvée  pour  n  correspond  à  Tabsencc  de  cliamp  électrique.  Le  cham|) 
^ndà  chasser  les  ions  hors  du  gaz,  de  sorte  que  leur  nombre  dans  un 
•hamp  électrique  doit  être  moindre;  quand  le  champ  est  très  intense 
^  différence  est  très  marquée,  mais  avec  le  faible  champ  employé  dans 
es  expériences  (en\iron  ^  de  volt  par  centimètre),  elle  est  inappré- 
iable;  on  peut  s'assurer  que  le  champ  est  assez  faible  pour  réaliser 

coup  sûr  cette  condition  en  mesurant  le  courant  pour  des  valeurs 


8-8 


J.-J.    THOMSON. 


différentes  de  la  différence  de  potentiel  ;  puisque  la  vitesse  u  de  Tioa 
est  proportiijDnelle  à  la  force  électrique,  la  proportionnalité  de  b 
déviation  de  rélectromèlre  à  cette  force  montrera  que  n  est  constant^ 
c'est-à-dire  n'est  pas  modifié  par  la  force.  On  réduisait  cette  dernièii^ 
à  la  moitié  de  sa  valeur,  soit  ^  de  volt  par  cenlimètre,  et  Ton  détermî-; 
nait  de  nouveau  les  déviations  de  Télectromètre;  comme  on  trouv 
qu'elles  avaient  également  diminué  de  moitié,  on  concluait  qu*av 
les  faibles  champs  employés  dans  ces  expériences  la  valeur  de  n  élail 
sensiblement  la  même  que  sans  champ. 

Pour  savoir  si  l'ionisation  secondaire  due  à  Faction  de  la  radiation J 
sur  l'aluminium  était  appréciable,  on  répéta  Texpérience  en  cou\Taitt 
la  plaque  inférieure  de  papier  de  soie  humide.  Les  résultats  trouvés 
furent  les  mêmes. 

Les  Tableaux  suivants  se  rapportent  à  des  expériences  faites  pour 
déterminer  le  nombre  d'ions  par  centimètre  cube  produits  :  i**  parm 
échantillon  de  radium  A  placé  à  lo*^™  au-dessus  du  toit  de  la  chambre 
à  condensation,  et  2®  par  un  autre  échantillon  B  placé  à  1 5*^"*  au-dessus. 
Le  premier  Tableau  contient  les  nombres  d'ions  positifs  et  négatifs 
captés  par  des  détentes  supérieures  à  i,33;  le  deuxième,  le  nombre  1 
des  ions  négatifs  captés  par  des  détentes  inférieures  à  i,33. 

Si  Ton  prend  la  moyenne  des  résultats,  on  voit  que  le  radium  A 
produit  à  lo*^"*  de  distance  6,2,5  X  10*  ions  par  centimètre  cube,  tan- 
dis que  le  radium  B  en  produit  1 6,-^5  x  10*. 


Détentes  supérieures  à   i^33. 


Pre»sloii 

almo- 

sphérique. 

mm 

749,5 
761 

77'^ 
768 


Tempé- 
rature. 

Il 
19,5 

»9 
«9 
19 
19 
197^ 


Diirérenco 

de  pression 

avant 

et  aprt'S 

détente. 

19^ 

i85 
184 
185 
193 
193 


Détente. 
1,343 

1,335 

1,336 

1,33 

1,343 

1,344 


Temps  mi»  par  le  nuage 
à  tomber  de  ica. 


Radium  A. 
s 

9,G5 
10 

io,*;ij 
10 

9>^ 
9,75 


Radium  R. 

18*6 

rr 

ff 
18,7.5 
17, '25 
18,5 


Ions  par  ceotimèire  t 


iMovcnnc 


Radium  A. 

6,3    X  10^ 

6.65  X  lo* 
6,8    X  10* 

6.66  X  10^ 

6.3  X  10* 

6.4  X  lo» 

6.5  X  lo* 


RAdii 


SUR    LA   CUARGE   ELECTIIIQUK    TllANSPOhTKE    PAU    LX    ION    (iAZElX. 


879 


Détentes  inférieures  à  i,33. 


Différence 

de  presftfon 

avant 

T«Mipê- 

et  aprè* 

niare. 

détente. 

Détente. 

19,^ 

i63 

1/^77 

iy,5 

i63 

1 , 9.76 

«9 

167 

1,28 

Temps  mis  par  le  nua^o 
à  tomber  de  icm. 

Radium  A.        Radium  B. 


Ion»  nciratirs  par  centimètre  cube. 
Radium  A.  Radium  B. 


7 

i3 

3,3 

X  10* 

8, G 

X  10*^ 

G 

i3,5 

2,5 

X  10* 

«,9 

X  10^ 

7,125 

12,5 

3,3 

X  10^ 

8,2 

X  lO^ 

Moveniie 

3,0 

X  10^ 

8,5 

X  10* 

Le  Tableau  suivant  donne  les  résultats  de  la  détermination  du  pro- 
lait ne  du  nombre  n  des  ions  par  centimètre  cube  par  la  charge  élec- 
jique  e  d'un  ion  en  U.E.S.  :  D  est  la  dé\iation  de  l'électromètre  en 
livisions  de  l'échelle  pour  une  dillérence  de  polentiel  de  1  volt,  C  la 
i^apacité  de  rélectromètre  et  des  connexions;  0|  est  la  moyenne  des 
It'viations  positives  et  né<;atives  observées  en  i  minute  quand  il 
jT  avait  entre  les  plaques  du  condensateur  une  dillerence  de  potentiel 
de|de  volt,  le  gaz  étant  exposé  au  rayonnement  du  radium  A  à  lo*^"*; 
62  est  la  même  quantité  relative  au  radium  B  à  i5*^'".  f^es  valeurs 
de  ne  sont  obtenues  comme  il  suit  :  soient  A  la  surface  de  la  plaque 
reliée  à  l'électromètre,  u  la  vitesse  moyenne  des  ions  positifs  et 
négatifs  sous  un  champ  de  i  volt  par  centimètre;  la  quantité  d'élec- 
Irlcilé  communiquée  à  cette  pla(|ue  dans  l'unité  de  temps  sous  -j  de 
volt  par  centimètre  est  égale  à  J/u'mA,  et  détermine  entre  les  plaques 

I      t\.(*lL  A 

une  différence  de  potentiel  de  -  — p^-  unités  E.S.  ;  la  dillerence  de 

•s 

polentiel  en  volts  est  donc  -r^t  d'où 


I   neu\ 

3  ""TT" 


0,  I 

- —  ^ 

()o  D        3<><) 


1) après  les  expériences  de  Zelenv,  u  est  égal  à  i*^'",.^  pour  l'air 
humide,  la  surface  A  étant  ig*"™*,!  ;  on  a  les  données  nécessaires  à  la 
détermination  de  ne. 


I). 

C. 

ûr 

^r 

7400 

483 

63 

170 

(û  )o 

G40 

3o 

// 

7600 

900 

25,5 

7»»^ 

Uoo 

9^0 

28 

Mo 

7« 
venue 

ne  ne 

puur  le  radium  A.  pour  k*  rucliuin  B. 

23,2  X  10   •*  08       X  io-<* 

20.7  X  I ()"-♦'•  // 
19      X  10-'^  53      X  10-6 
18,5  X  lo-''  52      X  10  <i 

20.8  X  10-^  57, G  X  lo-*»^ 


88o     TIIO]tfSO.\.  —  SUR   LA  CHARGE   KLECTRIQUE  TRANSPORTÉE   PAR   UN  ION  GAZE» 

Donc,  puisque  pour  le  radium  A  on  a  /le  =  20,8  x  lo'*  e 
n  =  (),25  X  10*,  la  valeur  de  e  esl  3,3  X  io~***. 

Pour  le  radium  B,  ne  =^  •^7?^^  X  ><^>~*  et  n  =  16,75  x  10*,  don 
e=:  3,5  X  io~*®. 

La  moyenne  de  ces  valeurs  donne  comme  charge  de  l'ion  «ja 
zeux  3,4x10"*"  U.E.S.  Ce  n'est  que  la  moilié  environ  de  lava 
leur  6,5  X  10'"  Irouvée  dans  les  expériences  anciennes.  La  dill'ê 
rence,  comme  je  Tai  déjà  expliqué,  esl  due  à  ce  que  dans  ces  demiiTe 
les  délentes  ne  saisissaient  pratiquement  que  les  ions  négatifs:  ccl 
donnait  pour  n  une  valeur  un  peu  supérieure  à  la  moitié  de  sa  \aleii 
réelle,  et  pour  e  une  valeur  deux  fois  trop  grande. 

Connaissant  r,  on  en  peut  déduire  de  suite  le  nombre  des  inolê 

cules  par  centimètre  cube  de  gaz  à  o"  et  760'"'".  Si,  enelFel,  N  désigm 

ce  nombre,  on  a,  e  étant  égal  à  la  charge  de  l'ion  hydrogène  dan; 

l'électrolyse. 

Ne  =  1 ,22  X  lo^o, 

et,  puisque  e  =  3,4  x  io~'",  N  =  3,()  x  io'°. 

Ce  nombre  est  bien  compris  entre  les  limites  des  diverses  délcmii- 
nations  failes  par  les  méthotlcs  de  la  théorie  cinétique.  La  méthode 
précédente  a  l'avantage  de  ne  |)as  exiger  la  connaissance  de  la  forme 
des  molécules,  et  de  n'im|)liquer  aucune  hypothèse  sur  la  nature  des 
edets  |)roduits  par  la  collision  de  deux  molécules. 


—  —  »«»« 


CONDUCTIBILITÉ  PRODUITE  DANS  LES  G4Z 

PAR  LES  CHOCS  DES  IONS  CHARGÉS  NÉGATIVEMENT, 

Par  John-S.  TOWNSEM). 
Traduit  de  l'anglais  par  H.  MOULIN. 


Philosophical  Magazine,  i.  I,  1901,  p.  198  à  227. 


I.  Dans  une  Note  publiée  dans  Nature  (Vol.  LXU,  9  août  1900) 
j'ai  décrit  brièvement  quelques  expériences  qui  montrent  que  les  ions 
chargés  négativement  peuvent  produire  d^autres  ions  en  se  déplaçant 
à  travers  un  gaz,  bien  que  le  champ  qui  agit  sur  eux  soit  très  petit  par 
rapport  au  champ  nécessaire  pour  produire  les  décharges  qu^on 
observe  d'ordinaire  dans  les  tubes  à  vide  ou  les  étincelles.  La  présente 
Noie  contient  un  exposé  plus  complet  des  principales  expériences, 
et  de  quelques  recherches  basées  sur  la  théorie  à  laquelle  m'ont  con- 
duit les  résultats  expérimentaux. 

Dans  toutes  les  expériences  que  nous  allons  décrire  ici,  un  certain 
nombre  d'ions  sont  produits  dans  le  gaz  par  quelque  source  exté- 
rieure, telle  que  rayons  Rnntgen  ou  Becquerel.  La  conductibilité 
produite  par  ces  rayons  a  été  étudiée  par  divers  physiciens,  qui  ont 
trouvé  qu'elle  tend  vers  un  maximum  quand  le  champ  électrique 
augmente.  Ainsi,  dans  la  Note  qu'ils  ont  publiée  sur  ce  sujet,  les 
professeurs  J.-J.  Thomson  et  E.  Rutherfôrd  (  *  )  ont  établi  que,  «  pour 
une  intensité  donnée  de  la  radiation,  le  courant  à  travers  le  gaz  ne 
<iépasse  pas  une  certaine  valeur  maxima,  quelle  que  soit  la  force  élec- 
Iroraotrice  ». 

De  nombreuses  expériences  ont  été  faites  également  avec  des  élec- 
irodes  de  différentes  formes,  et  ont  montré  que  la  conductibilité  ne 
change  pas  quand  on  renverse  le  champ. 


(')  Professeurs  J.-J.  Thomson  et  Ruthsrford,  Pkil.  Mag„  novembre  1896. 
S.  P.  56 


88'2  J.-S.    T0WN8END. 

D'après  les  expériences  décrites  dans  la  présente  Noie,  on  verra 
que  la  relation  entre  le  courant  et  la  force  électromotrice  né  pré- 
sente plus  ces  propriétés  quand  la  conductibilité  est  produite  dans  un 
gaz  à  basse  pression.  Il  n'existe  ni  pression  ni  force  électromotrice 
critiques  pour  lesquelles  une  discontinuité  se  présente,  et,  quand 
on  réduit  la  pression,  la  relation  entre  le  courant  et  la  force  électro- 
motrice  perd  graduellemeiit  les  caractères  simples  qu'elle  possédait 
aux  pressions  élevées. 

Aux  basses  pressions,  on  peut  considérer  le  courant  comme  passant 
par  trois  phases  quand  on  augmente  la  force  électromotrice.  Dans  la 
première  phase,  le  courant  croît  avec  la  force  électromotrice;  dans  la 
deuxième,  le  courant  reste  pratiquement  constant  et  présente  seule- 
ment de  petites  variations  pour  des  variations  relativement  grandes 
delà  force  électromotrice;  dans  la  troisième,  le  courant  croît  rapi- 
dement avec  la  force  électromotrice.  De  plus,  avec  des  électrodes  de 
certaines  formes,  on  peut  avoir  une  grande  difl'érence  de  conducti- 
bilité en  renversant  la  force  électromotrice.  Ceci  est  particulièrement 
notable  quand  le  courant  passe  entre  deux  électrodes  dont  l'une  en- 
toure l'autre;  mais,  quand  on  emploie  des  plateaux  parallèles,  la  con- 
ductibilité présente  seulement  de  faibles  changements  lorsqu'on  in- 
verse le  champ.  Dans  ce  dernier  cas,  il  n'y  aurait  aucun  changement 
si  les  plateaux  étaient  de  même  métal.  Nous  commencerons  donc  par 
décrire  la  nature  de  la  conductibilité  entre  deux  plateaux  parallèles 
dans  un  gaz  à  basse  pression. 

2.  L'appareil  employé  pour  ces  recherches  est  représenté  par  la 
figure  1 .  Il  consistait  en  deux  plateaux  parallèles  placés  à  l'intérieur 
d'un  récipient  étanche  en  relation  avec  une  pompe  de  Topler.  Le 
plateau  inférieur  était  une  épaisse  plaque  de  zinc  percée  d'une  fe- 
nêtre circulaire  W  couverte  d'un  disque  d'aluminium  mince,  le  joint 
entre  le  zinc  et^ l'aluminium  étant  mastiqué  avec  de  la  glu  élastique 
pour  en  assurer  l'étanchéité. 

Une  feuille  d'aluminium  fut  étendue  sur  la  surface  du  plateau  de 
zinc  pour  que  la  surface  en  regard  du  plateau  de  laiton  mobile  B  soit 
plane.  Le  tube  T,  par  lequel  on  faisait  le  vide  dans  l'appareil,  était 
soudé  au  dos  du  plateau  de  laiton. 

Le  plateau  B  avait  lo*^"  de  diamètre  et  l'ouverture  circulaire  avait  4^° 
de  diamètre. 

La  tubulure  de  la  cloche  de  verre  C  couvrant  l'appareil  était  fermée 
par  un  bouchon  d'ébonite  traversé  par  un  tube  de  laiton  U  et  Ton 


CONDUCTIBILITE    PRODUITE   DANS   LES  GAZ    PAR   LES   CHOCS   DES   IONS. 


883 


rendit  étanche  le  joint  enlre  le  tube  et  Tébonite.  Le  tube  T  rentrait 
exactement  dans  le  tube  U  et  pouvait  y  glisser  verticalement,  ce  qui 
permettait  de  faire  varier  la  distance  entre  les  plateaux;  une  échelle  S, 


gravée  sur  le  tube  T,  permettait  de  déterminer  la  distance  entre  les 
plateaui.  Un  morceau  de  tube  de  caoutchouc  était  disposé  en  haut 
du  tube  U  et  empêchait  l'air  de  rentrer  dans  Tappareil  en  passant 
^ntre  les  deux  tubes. 

La  pression  du  gaz  à  Tinlérieur  de  l'appareil  était  mesurée  avec 
«ne  jauge  de  Mac  Leod. 

Les  connexions  électriques  étaient  faites  à  la  manière  habituelle. 
Le  plateau  de  zinc  A,  supporté  par  des  cales  d'ébonite,  était  relié  à 
lune  des  extrémités  d'une  batterie  d'accumulateurs  dont  l'autre 
^itrémité  était  au  sol.  Le  plateau  supérieur  B  était  relié  par  Tinter- 
*ïiédiaire  du  tube  T  à  l'une  des  paires  de  quadrants  d'un  électromètre 
dont  l'autre  paire  de  quadrants  et  la  cage  étaient  au  sol.  Le  fil  reliant 
•ctubeT  aux  quadrants  passait  au  centre  d'un  tube  de  laiton  relié  au 
solformant  écran  pour  le  fil. 

Des  bandes  de  papier  d'étain,  collées  autour  de  la  cloche  de 
^c*te  C,  intérieurement  et  extérieurement,  étaient  maintenues  au 
potentiel  zéro  par  des  connexions  avec  le  sol.  Le  bord  inférieur  des 


884  J--^-    TOWNSEND. 

bandes  était  à  2^"^  du  plateau  de  zinc,  de  telle  sorte  qu^aucune  charge 
ne  pouvait  fuir  du  plateau  A  sur  la  surface  du  verre  et  par  suite  iii« 
fluencer  le  potentiel  du  plateau  supérieur  et  du  tube  T. 

Les  cales  d'ébonite  supportant  l'appareil  reposaient  sur  une  boîte 
recouverte  de  plomb,  contenant  un  tube  focus  à  rayons  de  Rontgen 
et  une  bobine  de  Ruhinkorff.  Une  ouverture  circulaire  était  percée 
dans  le  plomb  et  le  tube  placé  de  façon  que  Tanode  de  platine  soit  sur 
la  verticale  du  centre  de  l'ouverture. 

Les  rayons  traversaient  Tespace  compris  entre  les  deux  plateaux 
au-dessus  de  la  fenêtre  d'aluminium,  et  le  disque  isolé  B,  en  laiton 
épais,  empêchait  la  radiation  de  pénétrer  dans  la  partie  supérieure 
de  l'appareil.  En  même  temps  le  plateau  de  laiton  donnait  une  radia- 
tion secondaire  qui  augmentait  considérablement  l'ionisatio  n  entre 
les  plateaux. 

3.  Les  expériences  furent  conduites  de  la  manière  suivante  :  le  fil 
reliant  le  plateau  supérieur  aux  quadrants  était  mis  au  sol  et  le  pla- 
teau  inférieur  était  porté  au  potentiel  voulu;  le  plateau  supérieur 
était  alors  isolé.  On  observait  la  déviation  produite  par  les  rayon^ 
agissant  pendant  10  secondes.  L'électro mètre  ne  présentait  aucun^^ 
fuite  avant  le  fonctionnement  du  tube  et,  après  l'arrêt  des  rayons,  1^ 
déviation  de  l'électromèlre  restait  parfaitement  fixe,  ce  qui  indiqu»»^ 
que  le  courant  ne  continuait  pas  à  passer  lorsque  les  rayons   avaies:»^ 
cessé  d'agir. 

La  relation  entre  le  courant  et  le  champ  électrique  fut  alors  déte«"' 
minée  pour  différentes  pressions  et  les  nombres  obtenus  sont  repré- 
sentés graphiquement  dans  les  figures  2  et  3  (* ).  Le  courant  varie  Lé- 
gèrement quand  on  renverse  le  champ  :  c'est  la  moyenne  des  de^-*^ 
courants  obtenus  qui  est  représentée  sur  les  courbes.  La  différeiB.ce 
de  conductibilité,  généralement  faible,  aurait  pu  être  supprimée  f>^^ 
remploi  de  deux  plateaux  d'aluminium,  mais  l'avantage  qu'on  en  atti- 
rait alors  tiré  n'aurait  pas  compensé  la  diminution  de  conductibilité 
provenant  du  grand  effet  secondaire  dû  au  laiton 

Trois  séries  d'observations  ont  été  faites  à  chaque  pression  pour  des 
distances  de  o'"*,  5,  1*^"  et  2*^'"  entre  les  plateaux.  Les  courbes  corres- 
pondant à  ces  distances  sont  marquées  respectivement  o,5,  i  et  a. 
Les  champs  X  sont  donnés  en  volts  par  centimètre  [(potentiel  de  A)  : 
(distance  des  plateaux)].  L'unité  de  courant  est  de  i  ,4  X  lo""*'  am- 

(')  Figures  a  et  6  du  Mémoire. 


CONODCTtBILITB    fHODUITK  DANS  LES  GAZ  I 


t   LKS  CHOCS  DKS  lONS- 


père.  Les  courbes  n'ont  pas  été  tracées  à  partir  de  l'origine,  car  nous 
Déconsidérons,  pour  le  moment,  que  la  relation  entre  le  courant  et 
le  champ  électrique  quand  la  différence  de  potentiel  entre  les  élec- 
trodes dépasse  lo  à  20  volts.  Les  courbes  montrent  que  le  courant 


Klg.  I. 
firvssioti  4,13'"-" 

\ 

' 

1 

1 

2 

1 

/ 

T 

1 

/ 

/ 

/ 

y 

^ 

>f 

^ 

■^ 

'^'"oit,  quelquefois  très  rapidement,  lorsqu'on  a  dépassé  la  seconde  pé- 
''lode  (au  sujet  de  laquelle  j'ai  donné  des  références). 

Ces  résultais  expérimentaux  s'expliquent  complètement  si  nous 
'"emarquons  que  tous  les  ions  produits  par  les  rayons,  y  compris  les 
Savons  secondaires,  sont  recueillis  par  les  électrodes  quand  le  cliamp 
Cst  petit  (et  le  courant  ne  dépend  pas  pratiquement  du  champ),  et 
^ue  les  ions  négatifs  en  produisent  d'autres,  par  collision  avec  les 
>tiol<'-cules  du  gaz,  quand  le  champ  augmente  :  les  nouveaux  ions  néga- 
tifs ainsi  produits  ayant  la  même  propriété  que  les  ions  négatifs  ini- 
tialement produits  parle  rayonnement. 

Si  les  deux  espèces  d'ions,  positifs  et  négatifs,  en  produisaient 
d'autres  à  la  suite  de  leurs  chocs  avec  les  molécules,  il  est  évident 


886 


J.-8.   TOWNSEND. 


que  le  courant  ne  cesserait  pas  quand  on  supprime  les  rayons.  Nous 
devons  donc  attribuer  l'augmentation  de  conductibilité  aux  ions  d'une 
seule  espèce;  et  l'on  peut  montrer  clairement  par  des  expériences, 
faites  en  plaçant  l'une  des  électrodes  à  l'intérieur  de  l'autre,  que  ce 

Fig.  3. 


mm 


220 


200 


lao 


160 


140 

$  120 
^  100 


80 

60 
40 
20 


Pression  OJ/r- 


n 

t 

V 

J 

-T 

-- 

d^ 

^""^ 

—45 

^r\ 

4t^ 

'    ' 

': 

^J 

80      160      240    320     400    480    560     640    720 

Vo/ts  par  centimètre. 


sont  les  ions  négatifs  qui  produisent  la  grande  augmentation  de  con- 
ductibilité observée  (  '  ). 

4.  Le  premier  pas  à  faire  vers  une  explication  de  ces  résultats  est 
de  chercher,  d'après  les  courbes,  le  nombre  a  d'ions  d'une  seule 
espèce  qu'un  ion  négatif  produit  en  se  déplaçant  sous  l'influence 
d'un  champ  électrique  à  travers  i*^'"  de  gaz.  Le  nombre  d'ions  positifs 
qui  sont  produits  est  égal  au  nombre  d'ions  négatifs,  de  sorte  que, 
dans  ce  qui  va  suivre,  nous  n'aurons  besoin  de  considérer  que  le 
nombre  d'ions  négatifs^  sous-entendant  que  lorsqu'un  ion  négatif 
est  produit  un  ion  positif  est  aussi  produit. 

Supposons  qu'un  champ  X  agisse  sur  Nq  ions  négatifs  dans  un 
gaz  à  la  pression  />  et  à  la  température  /.  Soit  N  le  nombre  total 


(')  Voir  le  Mémoire  ullérieur  de  P.-J.  Kirkby. 


CODICTIBILITÉ   t*RODLITE    DANS   LES  GAZ   PAR   LES   CHOCS   DES   IONS.         887 

(fions  négatifs  lorsque  les  No  ions  ont  parcouru  une  distance  x.  Les 
nouveaui  ions  se  déplacent  avec  la  même  vitesse  que  les  No  primitifs, 
de  sorte  que  tous  les  ions  négatifs  se  trouveront  ensemble  pendant 
leur  déplacement.  Le  nombre  d'ions  négatifs  produits  par  N  ions  se 
(léplaranl  d'une  distance  dx  sera  aN  dx^  %  étant  une  constante 
ilépendant  de  X,  p  et  l. 
Nous  aurons  alors 

d'où 


:  I 


N  =Nûe*-^. 


Soient  n^l  ions  négatifs  distribués  uniformément  entre  deux  pla- 
teaux distants  de  /,  et  soit  X  le  champ  qui  leur  est  appliqué. 
Le  nombre  d'ions,  C,  qui  arrivent  au  plateau  positif  est 

G=   r  n^z'^dx^  ^^(6»/—!), 
et  le  rapport  de  ce  nombre  au  nombre  d'ions  primitif  est 

Si  Cfl  est  le  nombre  d'ions  produits  par  les  rayons  primaires  et 
secondaires,  le  courant  total  dans  le  gaz  est 

■^)  C=^J(£«'-.); 

C4,  courant  lorsque  aucun  ion  n'est  produit  par  chocs,  est  représenté 
pour  chaque  courbe  par  l'ordonnée  (^y)  du  point  pour  lequel  la  tan- 
i?ente  à  la  courbe  devient  pratiquement  parallèle  à  l'axe  des  X. 

G 
Le  rapport  -^  est  donc  fonction  de  /  et,  par  un  calcul  simple,  on 

peut  montrer  que  Téquation  (2)  rend  tout  à  fait  compte  de  la  forme 
dci»  trois  courbes  dans  chaque  diagramme.  La  valeur  de  a  peut  se  dé- 

G 
terminer  en  substituant  le  rapport  p-  trouvé  expérimentalement  et  la 

dislance  des  plateaux  /  dans  l'équation  (2). 

Les  petites  valeurs  de  a  sont  déterminées  avec  une  grande  exacti- 
tude d'après  les  courbes  correspondant  à  /=  »  ;  mais,  dans  les  Tableaux 
suivants,  quelques-unes  de  ces  valeurs  ont  été  obtenues  d'après  deux 
courbes  et  l'accord  entre  ces  nombres  montre  que  l'elFet  de  l'écar- 
tement  des  plateaux  est  complètement  expliqué  par  la   théorie.  Les 


888 


J.-S.    TOWNSEND. 


Tableaux  donnent  les  valeurs  de  a  pour  les  différentes  valeurs  du 
champ  X;  les  déterminations  faites  d'après  les  courhes  correspondant 
à  des  distances  entre  les  plateaux  de  a*^",  i  et  o'^*°,5  sont  données  res- 
pectivement dans  la  deuxième,  la  troisième  et  la  quatrième  colonne. 
Vn  Tableau  spécial  est  donné  pour  chaque  pression. 


Tableau 

I. 

Pression  :  4""", 

,i3. 

X. 

/  =  2. 

/=  1. 

/  =  0,5. 

Calculé 

lao 

o,i3 

» 

» 

0,1 35 

160 

0,28 

o,3o 

n 

o,3i 

200 

o,5o 

o,5i 

» 

u 

240 

» 

0,99 

» 

0,95 

3-20 

» 

2,1 

2,2 

«,95 

400 

» 

3,6 

3,6 

0 

480 

» 

» 

5,3 

5,0 

56o 

» 

» 

7>» 

» 

640 

i» 

» 

8,9 

8,7 

Tableau  V. 

Pression  :  o""",  171. 


X. 

1  =  1. 

/=  l. 

/  =  0,5. 

CalcuN 

20 

0,24 

» 

» 

V 

40 

o,65 

» 

If 

0,66 

80 

1 ,33 

1,36 

» 

1,37 

120 

1,8 

» 

u 

» 

160 

Jt ,  2  3 

.2,1 

2,1 

2,1 

240 

» 

2,45 

» 

'2,4 

3*20 

u 

2,63 

•^-77 

2,6 

480 

u 

» 

3,  r:3 

2,8 

640 

» 

)» 

3,25 

3,0 

Les  nombres  de  la  cinquième  colonne  de  ces  Tableaux  ont  été 
calculés  par  la  méthode  indiquée  dans  le  paragraphe  7. 

5.  Nous  pouvons  maintenant  chercher  la  relation  qui  existe  entre  a, 
p  et  X,  la  température  étant  constante. 

Soit  f  la  vitesse  acquise  par  un  ion  en  se  déplaçant  librement 
entre  deux  points  entre  lesquels  la  dillérence  de  potentiel  est  P(  volts). 
Soient  e  la  charge  d'un  ion  et  m  sa  masse. 


On  a  alors 


(3) 


•À 


e  xP 
3  00 


CONDt'CTlBlLlTK    PRODUITR  DANS   LKS   GAZ    PAR   LES   CHOCS    DES   IONS.  H89 

Soient  n  le  nombre  de  molécules  par  centimètre  cube  d'un  gaz  à  la 
pression  atmospbérique  (lo*  en  unités  C.G.S.)  et  à  la  température 
de20"C.  (qui  était  à  peu  près  la  température  moyenne  à  laquelle  les 
expériences  ont  été  faites),  et  //  la  vitesse  moyenne  d'agitation  d'une 
particule  de  masse  m  dans  un  gaz  à  la  température  de  p.o". 

La  vitesse  u  est  donnée  par  l'équation 

(4)  -/n/iM*  =  io*. 

D'après  les  équations  (3)  et  (4),  nous  obtenons 

V*        in  X  e  X  P       .        ^  _. 

— -  =    IO-*  =  A'J  P, 

a«  9 

puisque 

n  X  e  =  i  ^i  X  lo'o    ('). 

Donc  la  vitesse  acquise  par  un  ion,  en  se  déplaçant  librement  entre 
deux  points  dont  la  différence  de  potentiel  est  de  4  volts,  est  dix  fois 
plus  grande  que  la  vitesse  d'agitation  à  la  température  ordinaire.  Ce 
i*ésultat  est  indépendant  de  la  masse  de  l'ion. 

Dans  les  conditions  où  nous  avons  opéré  il  y  a  une  différence  re- 
marquable entre  les  ions  positifs  et  négatifs.  Ces  derniers  produisent 
de  nouveaux  ions  quand  ils  se. déplacent  dans  un  cbamp  qui  est  trop 
faible  pour  maintenir  une  décharge  continue.  11  est  donc  raisonnable 
de  supposer  que  les  ions  négatifs  sur  lesquels  nous  avons  opéré  sont 
les  mêmes  que  les  particules  négativement  chargées  qui  sont  émises 
quand  de  la  lumière  ultra-violette  tombe  sur  une  plaque  de  zinc.  Le 
professeur  Thomson  a  montré  que  la  masse  de  ces  particules  est  j^ 
delà  masse  d'une  molécule  d'hydrogène  (-).  Becquerel  et  Curie  ont 
^ussi  montré  que  la  radiation  du  radium  se  compose  de  semblables 
corpuscules. 

U  parait  probable,  dans  le  cas  présent,  que  les  ions  négatifs  sont 
^tissi  très  petits  et  que  les  ions  positifs  diffèrent  peu  des  molécules 
^l'dinaires  au  point  de  vue  de  leur  masse.  Si  nous  adoptons  cette 
'ïianière  de  voir,  il  est  facile  de  montrer  que  la  vitesse  d'agitation  des 
^ons  négatifs  est  8o  fois  la  vitesse  d'agitation  des  molécules  d'air  :  la 
^  itesse  acquise  par  un  ion  en  se  déplaçant  entre  deux  points  dont  la  dif- 
férence de  potentiel  est  de  4  volts  serait  alors  8oo  fois  la  vitesse  d'agi- 


(')  JoHN-S.  TowNSEND,  f'hU.   Trotis  ,  vol.  CXCIII,  1899. 
(')  J.-J.  THOMSONf  PhiL  Mag.f  vol.  XL VIII,  décembre  1899. 


890  J.-8.    TOWNSBND. 

tation  des  molécules  d'air.  Cette  dernière  vitesse  est  donc  si  petite 
par  rapport  à  la  vitesse  des  ions  négatifs  qu'on  peut  la  négliger  et 
considérer  les  molécules  d'air  comme  étant  au  repos. 

Voyons  maintenant  ce  qui  arrive  quand  un  ion  se  meut  avec  une 
vitesse  déterminée  (plus  grande  que  sa  vitesse  d'agitation)  à  travers 
un  gaz  à  la  pression  y[>.  Le  nombre  de  collisions  que  fait  un  ion  avec 
les  molécules  du  gaz  en  se  déplaçant  de  i*^"'  est  indépendant  de  sa 
vitesse  et  est  proportionnel  à  la  pression.  Soit  P/>  ce  nomhre  de  col- 
lisions; iT-  sera  alors  la  longueur  du  libre  parcours  moyen,  exprimée 

en  centimètres.  Suivant  notre  théorie,  les  nouveaux  ions  sont  produits 
parle  choc,  et,  si  la  vitesse  de  Tion  est  suffisamment  grande,  il  se  pro- 
duit pp  nouveaux  ions  négatifs  et  un  nombre  égal  d'ions  positifs  en 
traversant  i*^"'  de  gaz. 

Puisque  les  chocs  ne  sont  pas  tous  de  même  nature,  um*  vitesse 
quelconque  de  l'ion  peut  être  suffisante  pour  produire  des  ions  pour 
certains  chocs,  sans  en  produire  le  nombre  maximum  {^p}» 

Nous  nous  attendrions  donc  à  ce  qu'il  n'y  ait  pas  une  vitesse  minima 
au  moment  du  choc,  nécessaire  pour  produire  des  ions;  mais,  plus  la 
vitesse  sera  grande,  plus  le  nombre  des  ions  produits  s'approchierade 
la  valeur  pp. 

Utilisant  ces  principes  comme  base  de  notre  théorie,  nous  pouvons 
procéder  de  la  manière  suivante  pour  trouver  l'expression  de  a  en 
fonction  de  X  et  de  p. 

(>.  Les  libres  parcours  d'un  ion  qui  se  meut  dans  un  gaz  ne  sont 
pas  tous  de  même  longueur.  Sur  j^  chemins,  le  nombre  de  ceux  qui 
dépassent  la  longueur  x  est 

.»• 

c  étant  le  libre  parcours  moyen. 

Kn  se  déplaçant  de  i'",  un  ion  fait  ,3/?  libres  parcours,  de  sorte  que 
le  nombre  de  ces  parcours  qui  excèdent  la  longueur  w  est 

Le  nombre,  de  parcours  compris  entre  x,  et  x^  est 

Soit  Ip  la  vitesse  acquise  par  un  ion  en  se  déplaçant  librement  entre 


CONDUCTIBILITÉ    PRODUITE    DANS   LES  GAZ    PAR   LES   CHOCS   DES   IONS.         89 1 

deux  points  dont  la  différence  de  potentiel  est  F^  volts.  Posons 

jr,  X  X  =  P,        et       J72  X  X  =  Q, 

X  étant  le  champ  agissant  sur  le  gaz. 

Le  nombre  de  collisions  effectuées  par  un  ion,  avec  des  vitesses 
comprises  entre  Ip  et  1^^  en  se  déplaçant  de  i*^"*,  est  alors 

en  supposant  que,  après  le  choc,  la  vitesse  de  Tion  est  petite  par  rap- 
port à  la  vitesse  qu'il  possédait  avant.  (Cette  supposition  ne  serait 
plus  légitime  pour  de  très  grandes  vitesses  de  choc,  mais  cette  hypo- 
ihèse  peut  être  appliquée  aux  vitesses  auxquelles  nous  avons  affaire 
el  conduisent  à  une  analyse  simple.) 

Si  le  potentiel  P  est  grand,  suivant  notre  théorie,  une  paire  de  nou- 
veaux ions  sera  formée  à  chacun  de  ces  chocs,  mais  quand  P  est  petit 
(environ  10  à  20  volts)  de  nouveaux  ions  ne  seront  produits  que  dans 
certains  cas  favorables.  Soit  |5p  le  nombre  d'ions  négatifs  formés  dans 
^  collisions  quand  la  vitesse  au  moment  du  choc  est  comprise  entre 
Ip  et  Ip^ , . 

On  a  alors 

(7)  a  =  p'^^p[r    ^    -z  ~'), 

P  =  o 

La  valeur  maxima  que  peuvent  prendre  chacun  des  coefficients  ^p 

est  Jj. 

L équation  (-)  peut  se  mettre  sous  la  forme  générale 

^l  SI  Ion  ne  fait  aucune  restriction  sur  la  forme  de  la  fonction  y,  il 
^est  pas  nécessaire  de  supposer  que  la  vitesse  de  l'ion  est  faible  après 

le  choc. 

^^ous  pouvons  essayer  de  voir  si  les  valeurs  |de  a  que  nous  avons 
^^terminées  peuvent  s'exprimer  pas  une  équation  de  cette  forme. 

^j  nous    traçons  une  courbe   pour  chaque   pression,   en  prenant 

at       X  . 

comme  coordonnées  —  et  —  1  les  cinq  courbes  doivent  coïncider  puis- 

P       P  ^  ^ 

Quelles  ont  chacune  la  même  équation. 

Les  points  portés  sur  les  courbes,  points  qui  sont  marqués  1,  2,  3, 


I.-S.  TOWKSBND. 


4  Cl  5,  ont  comme  coordonnées  les  valeurs  de  —  et  de  -  déduites  wi- 

P  P 

pectiteiiient  des  Tableaux  I,  II,  III,  IV  et  V, 

l-'ig.  4- 


i 

S 

-< 

A 

4 

/ 

1 

y 

%.l 

4" 

' 

i 

2 

' 

/ 

} 

i' 

/ 

0.5 

1 

^ 

V 

'i 

fft 

40    60   80  100  m  W  160  190  200  ZEO  240  260  ZSO  JOO  ÎW 
X 

p 


Comme  le»  variables  varient  dans  une  assez  grande  étendue,  la 
points  sont  portés  sur  deux  diagrammes  (,/îj?-  4  et  5);  l'un  pouriM 


4 

,1 

-ij 

— 

y 

5, 

«K° 

/ 

f^ 

"î 

S 

^ 

n 

/, 

S 

<' 

£^' 

/ 

^' 

m 

0  2 

M  J 

04 

0  5 

506 

07 

0  6 

DO  9 

30  n^ 

11 

10  1 

OOl 

IMl 

IWI 

wx 

MT 

DOU 

valeurs  de  —  plus  pntites  que  33o,  et  les  autres,  â  une  <''clielle  diflé- 
rente,  pour  les  \aleurs  plus  grandes  des  variables.   La  position  de: 


CONDUCTIBILITÉ   PRODUITE   DANS   LES   GAZ   PAR  LES  CHOCS   DBS   IONS.  89$ 

points  montre  clairement  qu'ils  se  placent  tous  sur  la  même  courbe, 
de  sorte  que  les  résultats  expérimentaux  confirment  celui  auquel  nous 
â\ons  été  conduits  par  des  considérations  théoriques. 

Le  problème  de  la  détermination  de  x  en  fonction  de  /o  et  de  X  est, 
par  conséquent,  considérablement  simplifié;  et  les  trois  variables  a, 
p  et  \  ont  été  réduites  à  deux  : 

a  X 

-     et      -• 

P  P 

Avant  de  procéder  à  la  détermination  des  coefficients  de  Téqua- 
lion  (7),  nous  pouvons  mentionner  ici  une  propriété  géométrique 
intéressante  de  la  courbe  {fig*  5). 

Quand  X  est  constant,  il  existe  évidemment  une  certaine  pression 
pour  laquelle  a  est  maximum  :  si  /?  est  grand,  de  nouveaux  ions  ne 
seront  pas  formés,  puisque  les  ions  primitifs  n'acquerront  jamais 
une  grande  vitesse  et,  si  p  est  très  petit,  il  y  aura  trop  peu  de  colli- 
sions pour  que  a  puisse  prendre  une  grande  valeur. 

1^  valeur  de/?  pour  laquelle  a  est  maximum  s'obtient  par  dilféren- 
tiation  de  l'équation 


-/(-) 


par  rapport  k  p. 

Nous  obtenons  alors  l'équation  suivante,   pour  déterminer  p   en 
fonction  de  X  : 


<l» 


/0)-?^G)=°- 


X 

Puisque  l'équation  suivante  contient  X  et/?  sous  la  forme  -  nous 

en  concluons  que,  pour  une  valeur  donnée  de  X,  la  valeur  de  p  qui 

donne  la  valeur  maxiina  de  a  est  proportionnelle  a  X. 

X       .       .      . 

La  valeur  de  —  qui  satisfait  à  l'équation  (9  )  peut  s'obtenir  immé- 
diatement d'après  la  courbe  de  la  figure  5  : 
Substituant 

X  .  ■  ^/X\  rfa,      ,      ^,/X\ 


X.     a    -,        a,     a    /(-j.         -^^-^     a    /  (- j 


> 


dans  l'équation  (9),  nous  obtenons 


«1  _  dai 

x;  "*  ^ 


Cette  relation   entre   les    coordonnées  d'un  point  situé    sur  une 


894  J*-S.   TOWN8KND. 

courbe 

montre  que  la  tangente  en  ce  point  passe  par  Torigine. 

Donc,   pour  trouver  la   valeur  de  —  qui  satisfait  à  réquation  (9), 

il  suffît  simplement  de  tracer  la  tangente  passant  par  l'origine,  et  de 

prendre  l'abscisse  du  point  de  contact. 

X 

La  valeur  de  —  ainsi  obtenue  est  de  38o.  Donc  la  valeur  de  p  en 

P 

X        - 

millimètres,  pour  laquelle  a  est  maximum,  esl^^»  X  étant  exprimé 

en  volts  par  centimètre. 

La  valeur  correspondante  de  a  est 

6,6  X  X  ,  _. 

7.  L'auteur  donne  dans  ce   paragraphe   une   formule   [du  même  type  que 
l'équation  (7)]  représentant  la  courbe  obtenue  expérimentalement. 

Quand  la  vitesse  de  l'ion  est  plus  petite  que  I5,  la  probabilité  pour  qu'.un  ion 

soit  produit  est  très  petite  et,  d'autre  part,  on  peut  négliger  ce  qui  est  pro- 

m» 

duit  pour  des  vitesses  plus  petites  que  If.  Si  Ton  remplace  --  et  —  par  «t  et  X| 

(valeurs  de  3  et  de  X  quand  p  =  i™"*),  et  si  l'on  distingue  par  h\  Je  nombre 
d'ions  produits  par  un  ion  qui  se  déplace  de  1*""  avec  une  vitesse  comprise 
entre  Ii  et  I^;  par  h\  le  nombre  moyen  d'ions  produits  pour  une  vitesse  com- 
prise entre  I5  et  Iio,  etc.,  1  peut  s'exprimei-  par  la  somme  de  termes  : 


( 


/-P      _i^\        /_tË     ^1^\       /_îiÊ      -"^\ 


analogue  à  l'équation  (7).  Sept  termes  suffisent  et  il  y  a  sept  coefficients  à 
déterminer.  La  courbe  montre  que  «i  tend  vers  un  maximum  et  la  plus  grande 
valeur  de  ai  obtenue  dans  les  expériences  est  19,  mais  pour  que  tous  les  coef- 
ficients h  soient  plus  petits  que  p,  il  faut  prendre  p  =  -21.  Les  coefficients  h 
prennent  les  valeurs  suivantes  : 

61=   o,o3    quand  la  vitesse  au  moment  du  choc  est  comprise  entre    Ii    et  \% 
6,=   0,75 
6j=    2,7 

*4=  9,0 
6|=  i3,o 

^6=  16,0 

67  =  9.0,0 

Ce  sont    les  valeurs   de  a   ainsi   calculées  qui   ont  été   reportées  dans  les 
Tableaux  du  paragraphe  4. 


» 

I5     »  lio 

0 

Iio   »'  ïiï 

» 

lis     »    U'J 

» 

Ijo    *   '» 

u 

lis    »  l$o 

» 

supérieure  à 

!.. 

CONDtCTlBlLITÉ    PRODUITE   DANS   LES  GAZ    PAR   LKS   CHOCS   DES   IONS.  SqS 

Ces  résultats  indiquent  comment  varie  le  nombre  d'ions  qui  serait  produit 
par  centimètre  par  un  seul  ion  pour  diiTérentes  vitesses,  le  maximum  étant 
21  X  p  pour  de  grandes  vitesses. 

8.  On  peut  montrer  que  le  libre  parcours  moyen  que  nous  avons 
déduit  de  ces  expériences  est  conforme  à  ce  que  nous  pouvions 
prévoir,  d'après  des  considérations  physiques  plus  familières. 

Le  libre  parcours  moyen  d'une  molécule  d'air  à  la  pression  de  nfio*"" 
et  à  la  température  de  o"C.  est  0,96  x  io~^  cm.  (*). 

Nous  pouvons  donc  prendre  le  chemin  libre  moyen  dans  l'air  à 
20° C.  égal  à  i,o3  X  io~^. 

Le  libre  parcours  n'a  pas  ici  tout  à  fait  la  même  signification  que  le 
libre  parcours  que  nous  avons  considéré  (celui  d'un  ion  passant  à  tra- 
vers im  gaz  supposé  au  repos).  La  formule  employée  pour  trouver  le 
libre  parcours  moyen,  d'après  les  coefficients  de  viscosité,  suppose 
que  toutes  les  molécules  sont  en  mouvement.  Les  chocs  qu'une  molé- 
cule donnée  effectuera  avec  d'autres  molécules  seraient  moins  fré- 
quents si  ces  dernières  étaient  au  repos.  Le  libre  parcours  moyen 
d'une  molécule  traversant  une  atmosphère  dans  laquelle  les  molécules 

sont  au  repos  serait  plus  grand,  dans  le  rapport  y/2  =  i  ,4  <  j  que  le  libre 
parcours  lorsque  toutes  les  molécules  se  meuvent  avec  leur  vitesse 
moyenne  d'agitation  (^).  Nous  conclurons  donc  qu'une  molécule 
d'air  se  déplaçant  avec  une  grande  vitesse  à  travers  i^'"  d'air,  sous  la 
pression  de  i™",  ferait  90,7  collisions. 

Un  ion  dans  des  circonstances  analogues  fait  21  collisions.  Donc, 
le  rapport  des  chemins  libres  est  ^^'6li.  Ceci  justifie  la  conclusion 
à  laquelle  nous  sommes  conduits  par  d'autres  considérations,  que 
l'ion  négatif  est  petit  par  rapport  à  une  molécule.  Si  nous  négligeons 
la  charge  de  l'ion  et  si  nous  le  considérons  comme  une  particule  ma- 
térielle dont  les  dimensions  sont  petites  par  rapport  à  celles  d'une 
molécule,  son  libre  parcours  serait  quatre  fois  le  libre  parcours  d'une 
molécule.  Le  rapport  que  nous  avons  obtenu,  ^^3',  i,  montre  que  le 
nombre  de  chocs  efl'ectués  par  un  ion,  estimé  d'après  la  théorie  de 
la  viscosité  des  gaz,  serait  de  7  pour  100  plus  grand  que  le  nombre 
àe  collisions  pour  lesquelles  de  nouveaux  ions  peuvent  être  produits. 

Soit  2  S  la  distance  entre  les  centres  de  deux  molécules  d'air 
quand  une  collision  se  produit,  et  soit  d  la  distance  entre  le  centre 


{*)  Meykr,  Kinetic  theory  of  gcises. 
(-)  Maxwell,  PhiL  Mag,,  t.  XIX,  1860. 


896  J.-S.    T0WN8END. 

d'une  molécule  et  le  centre  d'un  ion  quand  de  nouveaux  ions  sont 
produits. 

Alors 

4S»       4,3 

d'où 

d  =  0,96s. 

D'habitude,  on  suppose  que  S  est  le  rayon  de  la  sphère  d'action 
qui  entoure  une  molécule  et  que  le  rayon  de  la  molécule  est  beau- 
coup plus  petit.  Si  nous  adoptons  cette  manière  de  voir,  il  nous  sera 
difficile  d'expliquer  les  résultats  auxquels  nous  sommes  arrivés.  Il 
semblerait,  d'après  la  valeur  de  d  ci-dessus,  que  de  nouveaux  ions 
sont  produits  quand  l'ion  primitif  pénètre  dans  la  sphère  d'action 
d'une  molécule  pourvu  que  la  vitesse  de  l'ion  soit  suffisamment 
grande.  Dans  ces  circonstances,  l'effet  d'une  collision  doit  diminuer 
quand  la  vitesse  augmente;  les  expériences  montrent,  au  contraire, 
que  la  production  des  ions  croit  quand  la  vitesse  augmente. 

11  ressort  donc  des  résultats  des  expériences  présentes  qu'une 
partie  de  la  molécule  elle-même  doit  s'étendre  à  une  distance  S  du 
centre,  de  façon  qu'un  ion  puisse  produire  deux  nouveaux  ions 
quand  d  =  0,96  S. 

Nous  pouvons  trouver  S  d'après  les  expériences  puisque  cette  dis- 
tance est  pratiquement  la  même  que  d. 

Le  nombre  de  collisions  effectué  par  un  ion  en  traversant  i*^"  d'air 

à   i"*™  de   pression  est -^r —  =  21,  n  étant  le  nombre  de  molécules 

par  centimètre  cube  à  la  pression  atmosphérique.  Prenant  pour  n  la 
valeur  2  x  lo***,  nous  obtenons  S  =  1,6  x  io~*  {*  ). 

J'ajouterai  que  le  libre  parcours  moyen  d'un  ion  dans  l'air  est  plus 
court  que  son  libre  parcours  moyen  dans  l'hydrogène;  mais,  comme 
les  expériences  avec  ce  gaz  ne  sont  pas  encore  terminées,  je  résene 
leur  exposé  pour  une  prochaine  Note. 

Le  nombre  d'ions  produits  dans  un  gaz  par  un  ion  qui  s'y  déplace 
rapidement  peut  facilement  se  trouver  par  une  autre  méthode.  On  a 
montré  que  la  charge  des  corpuscules  émis  par  le  radium  peut  être 
mesurée  (^)  quand  on  emploie  un  échantillon  très  actif  de  cette  sub- 
stance. Le  rapport  de  l'ionisation  produite  par  centimètre  d'un  gaza 


(')  JoHN-S.  TowNSF.M),  Phîl.  Tians.,  l.  CACIII,  i8(jy. 

(')  M.  P.  Curie  et  M"*  Curie,   Comptes  rendus,  t.  CX\X,  5  mars  u^oo. 


CONDUCTIBILITÉ    PRODUITE   DANS   LES   GAZ   PAR    LES   CHOCS   DES    IONS.  897 

la  charge  transportée  par  les  corpuscules  donnerait  le  nombre  (liions 
produits  par  chaque  corpuscule  en  traversant  i*^"  de  ^az. 

J'ai  fait  des  expériences  en  vue  de  trouver  ce  rapport,  mais  Féchan- 
tillon  de  substance  radioactive  qui  riait  à  ma  disposition  était  si 
faible  qu'il  était  impossible  de  déceler  sa  charge  sans  employer  un 
dispositif  très  sensible.  Toutefois,  les  expériences  montrent  claire- 
ment que  chaque  corpuscule,  en  passant  à  travers  i*""  d'air  à  la  pres- 
sion atmosphérique,  produit  au  moins  loooo  ions.  Suivant  la  théorie 
que  j'ai  donnée,  ce  nombre  serait  -^60  x  ai  si  Ton  néglige  l'absorp- 
tion du  gaz.  J'espère  être  à  même  de  reprendre  cette  recherche  avec 
du  radium  très  actif  et  obtenir  un  résultat  plus  précis. 


10.  L'estimation  de  Ténergie  nécessaire  pour  ioniser  une  molécule 
peut  se  déduire  des  résultats  obtenus  dans  le  paragraphe  7. 

Quand  un  ion  choque  une  molécule,  deux  nouveaux  ions  sont 
produits  si  la  vitesse  avant  le  choc  est  suffisamment  grande.  On  a  vu 
que  de  nouveaux  ions  sont  formés  quand  la  vitesse  est  égale  à  I5. 
L'énergie   cinétique   d'un   ion  se    déplaçant  avec   cette    vitesse  est 

-r— =  io~**  erg,  et  nous  conclurons  que  l'énergie   requise    pour 

produire    deux   nouveaux    ions    n'est    pas    plus    grande    que    cette 
Naleur. 

L'estimation  de  Ténergie  nécessaire  pour  ioniser  une  molécule  a 
été  faite,  également,  par  le  professeur  Ruthcrford  (  '  ),  et  il  tn)uva  que 
cette  énergie  est  égale  au  travail  eifectué  par  une  charge  ionique  tom- 
l)ant  de  i-jo  volts.  Si  ce  nombre  était  correct,  nous  ne  devrions  avoir 
obtenu  aucun  accroissement  de  la  conductibilité  entre  les  plateaux 
en  augmentant  le  champ  jusqu'à  ce  que  la  dilférence  de  potentiel 
entre  les  plateaux  soit  considérablement  plus  grande  que  i-o  volts. 
11  semblerait  donc,  d'après  les  expériences  présentes,  que  cette  esti- 
mation de  l'énergie  soit  beaucoup  trop  grande. 

11.  Dans  le  court  exposé  de  la  présente  tfiéorie,  qui  fut  publié  dans 
Nature j  je  mentionnais  que  les  résultats  obtenus  par  Stoletow  (  *'*)  sur 
a  conductibilité  produite  |)ar  la  lumière  ultra-violette  peuvent  s'in- 
erpréler  par  la  théorie  des  chocs.  Nous  allons  examiner  ces  résul- 


(')  E.  RUTHERPORD,  Proc.  Roy .  Soc,  vol.  LXVII,  i4  nov.  1900. 
(-)   Stoletow,  Journal  de  Physique,  a»  série,  vol.  IX. 

S.  P.  57 


898  J.-8.    TOl^-NSEND. 

tais  en  détail  et  montrer  qu'ils  sont  tous  en  accord  avec  nos  conclu- 
sions. Stoletow  étudiait  la  conductihililé  entre  deux  plateaux  paral- 
lèles et  cfierchait  comment  elle  variait  avec  la  pression  de  Tair,  la 
distance  des  plateaux  et  la  force  électromolrice. 

Stoletow  obtint  les  résultats  suivants  : 

i"  Quand  la  pression  et  le  champ  étaient  constants,  la  conductibi- 
lité augmentait  avec  la  distance  des  plateaux; 

2"  (^uand  la  pression  et  la  distance  des  plateaux  étaient  constantes, 
le  courant  augmentait  avec  le  champ  électrique;  aux  très  basses 
pressions,  le  courant  atteint  un  maximum  et  reste  constant  pour  des 
champs  intenses  (*); 

3"  Quand  le  champ  électrique  était  constant,  la  condiictibiHié 
atteignait  une  valeur  maxima  pour  une  certaine  pression  critique 
qui  était  exactement  proportionnelle  au  champ  et  indépendante  delà 
distance  des  plateaux. 

Si  nous  supposons  qu'un  certain  nombre  d'ions  négatifs  sont 
produits  initialement  par  Faction  de  la  lumière  sur  la  surface  métal- 
lique, nous  pouvons  expliquer  tous  ces  résultats  par  la  théorie  que 
nous  avons  développée.  Les  expériences  de  Stoletow,  aux  basses  pres- 
sions, montrent  que  le  nombre  d'ions  initialement  produits  ne  peut 
varier  beaucoup  avec  la  pression.  Pour  un  champ  donné,  la  conduc- 
tibilité serait,  par  conséquent,  maxima  pour  la  valeur  de  />  qui  rend  1 
maximum. 

Nous  voyons,  par  conséquent,  que  le  troisième  résultat,  relatif  à  la 
pression  critique,  est  d'accord  avec  la  conclusion  à  laquelle  nous 
sommes  arrivés  dans  le  paragraphe  6,  relative  à  la  valeur  maxima 
de  a;  et,  de  plus,  une  coïncidence  numérique  remarquable  existe  entre 

X  X     • 

la  valeur  de  —  >  pour  laquelle  a  est  maximum,  et  la  valeur  de^  qu' 

donne  le  courant  maximum  avec  la  lumière  ultra-violette. 
Stoletow  donne  le  Tableau  suivant  : 

E,  différence  de  potentiel  entre  les  deux  plateaux,  la  force  électromo- 

trice  de  la  pile  de  Clark  étant  prise  pour  unité; 
/,  distance  des  plateaux  en  millimètres  ; 
y?,  pression  pour  laquelle  le  courant  est  maximum. 


(')    Ceci  correspond  aux  résultats  obtenus  à  o"",  171  de  pression,   comme  on  [xul 
le  voir  d'après  les  courbes  {fig.  3). 


CONDUCTIBILITÉ    PRODUITE   DANS   LES   GAZ   PAR   LES    CHOCS   DES   IONS.  899 

La  valeur  de  ^  lo*,  pour  les  dilTérentes  expériences,  est  donnée 
dans  la  quatrième  colonne. 


Pl 


E(Cl). 

i65 
iG5 
65 
100 
65 
60 
65 
65 
40 


/  (millim.  ) 

P 

(millim.). 

0,95 

25,3 

0,47 

13,5 

0,47 

5,3 

o,83 

4,7 

o,83 

3,0 

0,83 

2,8 

1,91 

1,3 

3,71 

0,67 

3,60 

0,43 

I0« 


383 
384 
383 
389 
383 
386 
382 
382 
38? 


Quand  E  est  exprimé  en  volts  et  /  en  centimètres,  je  trouve,  d'après 
les  chiffres  ci-dessus,  que  la  valeur  moyenne  de  .  est  872.  Il  en  ré- 
sulte que,  si  X  est  le  champ  en  volts  par  centimètre,  la  valeur  de  yo 
pour  laquelle  la  conductibilité  est  maxima  est/?=  -^- 

Dans  le  paragraphe  6  nous  trouvons  que  la  valeur  de />,  pour  laquelle 
2  est  maximum  quand  X  est   constant,   est  donnée  par  la  relation 

X 

/>=  r^,  de  sorte  que  la  loi  empirique  découverte  par  Stoletow  est 

complètement  interprétée  par  la  théorie  des  chocs. 

Les  autres  résultats  obtenus  par  Stoletow  peuvent  aussi  s'inter- 
préter, mais  la  coïncidence  numérique  n'est  pas  aussi  exacte.  Ues  di- 
vergences apparaissent  quand  la  condut^tibilité  entre  les  plateaux  est 
très  petite,  et  il  est  possible  que  les  résultats  expérimentaux  ne  soient 
pas  aussi  exacts  dans  ce  cas;  mais,  dans  l'ensemble,  il  y  a  une  très 
bonne  concordance  entre  la  théorie  et  l'expérience. 

Voyons  comment  le  courant  dépend  de  la  distance  des  plateaux 
quand  la  conductibilité  est  produite  par  la  lumière  ultra-violette.  Le 
Tableau  suivant  donne  quelques  résultats  obtenus  par  Stoletow  quand 
la  différence  de  potentiel  entre  les  plateaux  est  proportionnelle  à 
leur  distance  /.  Pour  la  plus  grande  distance  (1'""', 08),  le  potentiel 
était  i65  x  i,43  volts. 


P- 

/  =  1,08. 

0,655. 

o,3<)3. 

0,26a 

750 

»•=     7,6-2 

7,41 

7,39 

7,33 

«9 

18,37 

ï7,9« 

17,82 

16,76 

7,7 

491 

112,7 

48,  a 

3a, 7 

900  J.-S.    TOWNSEND. 

Pour  les  pressions  les  plus  grandes,  un  accroissement  de  la  distance 
des  plateaux  agit  peu  sur  le  courant;  mais  pour  la  pression  de  7*"", 7 
le  courant  devient  très  grand  quand  la  distance  entre  les  plateaui 
augmente.  Si  nous  supposons,  comme  précédemment,  que  les  ions 
libérés  sous  Faction  de  la  lumière  partent  des  plateaux,  le  courant 
devrait  satisfaire  à  Téquation  (i)  (§  4), 

* 

/  étant  la  distance  des  plateaux  et  a  une  constante. 

r^renant  a  =  34»  1 ,  on  trouvera  que  les  nombres  suivants  sont  pro- 
portionnels à  N  quand  les  distances  /  données  dans  le  Tableau  ci- 
dessus  sont  exprimées  en  centimètres  : 

491         117        48, î»        3i,9 

qui  concordent  avec  les  valeurs  du  courant  trouvées  par  Sloletow 
quand  la  pression  est  de  7""',  7. 

Le  champ  électrique  /X  =  -j  )  employé  dans  ces  expériences  était 

de  2186  volts  par  centimètre;  et,  bien  qu'aucun  champ  dépassant 
800  volts  par  centimètre  n'ait  été  utilisé  dans  mes  expériences,  la 
valeur  de  a,  calculée  d'après  la  courbe  donnée  dans  le  paragraphe  6, 
concorde  assez  bien  avec  le  nombre  ci-dessus. 

Ainsi,  pour  X,  =  ^^-^  =  284,  la  valeur  correspondante  de  a,  dé- 


/  î  / 


duite  de  la  courbe  est  4^8,  de  sorte  que  a  =:  36,9. 

Par  conséquent,  pour  expliquer  les  variations  du  courant  qui  se 
produisent  pour  difl'érentes  distances  entre  les  plateaux  quand  X  est 
constant,  il  suffit  de  supposer  que  le  nombre  d'ions  émis  sous  l'action 
de  la  lumière  est  indépendant  de  la  distance  des  plateaux  et  que 
d'autres  ions  sont  produits  par  chocs  ('V 

Pour  des  pressions  plus  basses  que  70'"",  les  expériences  de 
Stoletow  montrent  que  le  nombre  d'itms  produits  par  l'action  de  la 
lumière  est  pratiqueuient  constant,  mais  qu'à  des  pressions  plus  éle- 
vées le  nombre  d'ions  émis  par  les  phiteuux  semble  diminuer.  Ainsi, 
la  conductibilité  à  750""'  est  environ  moitié  de  la  conductibilité  à  69"'" 
quand   le   champ   est   de    2186    volts   par    centimètre;    et,    puisque 


(')  Ces  expériences  ne  peuvent  s'interpréter  par  la  théorie  des  couches  superficielles, 
puisque  la  densité  d'ionisation  est  la  plus  grande  aux  points  les  plus  éloignés  du 
plateau. 


CONDrCTIBILlTE    PRODUITE    DANS   LES  GAZ    PAR    LES   CHOCS   DES    IONS.  9OI 

e  courant  est  pratiquement  indépendant  de  la  distance  des  plateaux, 
:el  effet  ne  peut  être  expliqué  par  la  théorie  du  choc. 

Les  considérations  suivantes  montrent  cependant  qu'à  la  pression 
ie  ^5o""°  le  champ  de  2186  volts  par  centimètre  est  insuffisant  pour 
faire  passer  du  plateau  dans  le  ^az  tous  les  ions  qui  sont  produits  à  sa 
iurface.  Quand  les  ions  sont  libérés  par  la  lumière  à  la  surface  du 
plateau,  ils  tendent  à  se  déplacer  dans  toutes  les  directions  avec  leur 
iilesse  d'agitation;  et,  à  moins  que  le  champ  qui  agit  sur  eux  ne  soit 
issez  grand  pour  leur  communiquer  une  vitesse  qui  tend  à  les  éloi- 
gner du  plateau  plus  grande  que  la  vitesse  d'agitation,  quelques-uns 
peuvent,  après  collision  avec  des  molécules,  revenir  en  contact  avec 
le  plateau  et  s'y  décharger. 

Le  libre  parcours  moyen  d'un  ion  dans  l'air  à  la  pression  atmosphé- 
rique est,  suivant  celle  théorie,  4v^  X  lo"*  centimètre.  En  parcourant 
celle  distance,  les  ions  acquièrent  seulement  une  vitesse,  correspon- 
dant à  une  chute  de  potentiel  de  2186  x  4^3 X  *^^~*  (  ==  o?*)  volt,  qui 
est  environ  i,5  fois  la  vitesse  d'agitation  [§  o,  équation  (5)].  Quand 
la  vitesse  d'un  ion  avant  le  choc  est  à  peu  près  la  même  que  la  vitesse 
d'agitation,  le  choc  peut  avoir  pour  efl'et  de  renverser  la  direction  du 
mouvement  de  l'ion  sans  diminuer  sa  vitesse.  Dans  les  circonstances 
actuelles,  on  peut  s'attendre  à  ce  que  quelques-uns  des  ions  reviennent 
vers  le  plateau  après  collision  avec  une  molécule  du  gaz  et  perdent 
leur  charge  en  venant  au  contact  de  la  surface  qui  leur  a  donné  nais- 
sance. 

Pour  être  certain  que  presque  tous  les  ions  produits  par  la  lumière 
viennent  dans  le  gaz,  il  serait  nécessaire  d'avoir  un  champ  électrique 
plus  grand  qu'une  certaine  valeur.  11  ressort  de  ces  expériences  qu'un 
^hâinp  de  2186  volts  par  centimètre  serait  suffisant  quand  la  pression 
isl  de  69"*™.  La  chute  de  potentiel  sur  une  longueur  égale  au  libre  par- 
cours moyen  est,  dans  ce  cas,  d'environ  i  volt  et  la  vitesse  acquise  est 
nnq  fois  la  vitesse  d'agitation.  Des  champs  plus  faibles  seraient  néces- 
saires avec  de  basses  pressions  pour  que  la  chute  de  potentiel  sur  une 
longueur  égale  au  chemin  libre  moyen  soit  de  l'ordre  du  volt  ;  ainsi  nous 

XX 

ivons  — '- — Q  =  I  ou  —  =:  î<4 1 .  On  verra,  d'aprrs  la  courbe  {^/ig-  3),  que 

U  valeur  de  a  correspondant  à  la  valeur  —  =  '21  est  très  petite. 

On  voit,  d'après  cela,  que,  si  le  champ  est  constant  et  que  l'on 
abaisse  graduellement  la  pression,  la  conductibilité  croit  lentement 

jusqu'à  ce  que  -  =  7.0  :  les  ions  produits  parla  lumière  traversent  alors 


902  J  -s.   TOWNSKND. 

pratiquement  tous  Tair  compris  entre  les  plateaux.  Ensuite,  une  di- 
minution de  p  produit  un  accroissement  de  la  conductibilité,  prove- 
nant de  la  formation  de  nouveaux  ions  par  cliocs,  cet  accroissement 
devenant  très  grand  pour  de  grandes  distances  entre  les  plateaux. 

Quand  —  est  égal  à  environ  3^2,  la  valeur  de  a  est  maxima  el  p  est  la 

pression   critique;    pour  des  valeurs   de  p  plus  petites  que  ^'^>  le 

nombre  d'ions  formés  parchocs  commence  à  diminuer,  et,  finalement, 
quand  la  pression  est  très  petite,  la  conductibilité  tend  vers  la  valeur 

correspondant  à  —  =  20. 
^  P 

12.  Nous  pouvons  comparer  ici  quelques-unes  des  conclusions 
auiquelles  nous  sommes  arrivés  avec  les  résultats  obtenus  pour  les 
coefficients  de  diffusion  des  ions. 

Les  expériences  présentes  ont  conduit  à  cette  conclusion  qu'il  y  a 
une  grande  différence  entre  les  ions  positifs  et  négatifs  aux  basses 
pressions  et  que  les  ions  négttifs  sont  beaucoup  plus  petits  que  les 
molécules. 

A  la  pression  atmosphérique,  les  ions  diilusent  plus  lentement  que 
les  molécules  du  gaz  dans  lequel  ils  sont  produits,  de  sorte  que 
chaque  ion  est  accompagné  d  une  masse  plus  grande  que  la  masse  d'une 
molécule  de  gaz.  11  n'y  a  pas  ainsi  de  grande  différence  entre  les  coef- 
ficients de  diffusion  des  ions  positifs  et  négatifs.  La  faible  valeur  de  la 
diffusion  des  ions  peut  s'expliquer  en  supposant  qu'un  certain  nom- 
bre de  molécules  sont  groupées  autour  des  ions  et  que  l'agglomération 
tout  entière  se  meut  dans  le  gaz  avec  le  véhicule  de  la  charge  :  les 
valeurs  de  la  diffusion  des  ions  positifs  et  négatifs  dépendraient  de  la 
grosseur  de  l'agglomération  qui  accompagne  l'ion.  Les  particules 
matérielles  sur  lesquelles  sont  fixées  les  charges  négatives  peuvent  être 
beaucoup  plus  petites  que  les  particules  qui  transportent  les  charges 
positives  et,  en  même  temps,  leur  coefficient  de  diffusion  peut  être  à 
peu  près  le  même. 

Quand  la  pression  est  réduite,  et  que  les  ions  sont  soumis  à  l'action 
de  forces  qui  les  font  se  déplacer  rapidement  à  travers  le  gaz,  les  agglo- 
mérations de  molécules  qui  entourent  les  ions  disparaissent  probable- 
ment, et  les  ions  négatifs  se  meuvent  dans  le  gaz  comme  s'ils  étaient 
accompagnés  d'une  masse  qui  est  petite  par  rapport  à  la  masse  d'une 
molécule.  11  est  possible  que  cet  effet  se  produise  à  une  pression 
quelconque  si  le  champ  électrique  était  assez  grand  pour  commu- 


CONDUCTIBILITÉ   IMiODLITE    DANS   LES   GAZ    PAR    LES   CHOCS   DES   IONS.  9o3 

niquerà  Tion  une  vitesse  plus  grande  que  sa  vitesse  d'agitation.  Il  est 
difficile,  cependant,  d'arriver  à  quelque  conclusion  certaine  sur  ce 
point,  car  nos  connaissances  sur  la  manière  dont  se  comportent  les 
ions  dans  des  conditions  variées  sont  très  limitées 


SUR  LES  PROPRIÉTÉS  ÉLECTRIQUES  DES  GAZ 

RÉCEMMENT  PRÉPARÉS. 

Par  John  S.  TOWNSEND. 
Traduit  de  l'anglais  par  Edouard  SALLES. 


Philosophical  Magazine,  5*  série,  t.  XLV,  1898,  p.  laS. 


1.  Les  expériences    décriles  dans    ce  Mémoire  forment   la  suite 
de  celles  déjà   publiées   dans  les  Proceedings  of  the  Cambrids[e 
Philosophical  Society,  vol.  IX,  part  V.  Ces  expériences  ont  montré 
que  les  gAz  mis  en  liberté  dans  Télectrolyse  de  l'acide  sulfurique  ou 
de  la  potasse  caustique  transportent  avec  eux  une  charge  électrique, 
dont  il    reste  une  proportion  notable  dans  le  gaz  après   barbotage 
dans  un  liquide  et  passage  à  travers  du  coton  de  verre  pour  le  dé- 
barrasser de  rhumidité  qu'il  peut  contenir.  Une  autre  propriété  de 
ces  gaz  est  de  pouvoir  condenser  l'humidité  de  façon  à  former  un 
nuage.  Aucun  nuage  n'a  été  observé  dans  les  gaz  nouvellement  prépa- 
rés, à  moins  qu'ils  ne  soient  chargés,  et  le  poids  du  nuage  même  a  été 
trouvé  proportionnel  à  la  charge  portée  par  le  gaz.  Ces  résultats  con- 
duisent à  montrer  que  la  condensation  de  l'humidité  est  reliée  à  la 
charge,  et  les  expériences  décrites  dans  la  section  16  du  Mémoire 
cité  plus  haut  et  dans  la  section  19  de  celui-ci  prouvent  que,  lorsque 
le  nuage  est  formé  dans  un  gaz  chargé,  l'électrisation  se  trouve  fixée 
sur  les  gouttes  qui  composent  le  nuage;  de  telle  sorte  que  nous  avons 
une  preuve  décisive  de  ce  fait  que  les  gouttes  sont  formées  autour 
des  véhicules  de  la  charge  électrique. 

2.  Ces  résultats  ont  été  utilisés  pour  trouver  la  charge  sur  chaque 
véhicule,  et  il  a  été  trouvé  qu'elle  coïncidait  avec  celle  que  Ton  peut 
calculer  comme  étant  la  charge  atomique,  en  supposant  qu'à  la  tem- 
pérature et  la  pression  ordinaire,  il  y  a  10-*^  molécules  dans  chaque 
centimètre  cube  de  gaz.  Les  expériences  donnant  le  poids  du  nuage 


SUR  LES   PROPRIETES   ELECTRIQUES    DES  GAZ    RECEMMENT    PREPARES. 


9o5 


correspondant  à  la  charge  élant  importantes,  ont  été  réptHées  à  l'aide 
de  la  mélliode  suivante,  qui  donne  les  mêmes  proportionnalités  que 
dans  les  expériences  précédentes,  entre  la  charge  par  centimètre  cube 
et  le  poids  du  nuage  par  centimètre  cube  pour  les  différents  gaz. 

3.  La  figure  i  représente  l'appareil  employé,  [^'hydrogène  et 
l'oiYgène  positivement  chargés,  libérés  d'une  solution  d'acide  slil- 
furique dilué,  barbotaient  d'abord  dans  une  solution  d'iodure  de  potas- 

Fig.  I. 


^lum  dans  le  petit  flacon  A,  ensuite  dans  B  qui  contenait  de  l'eau  dis- 
tillée; A  et  B  étaient  immergés  dans  un  bain  d'eau  C,  de  façon  à  être 
Maintenus  à  une  température  fixe  pendant  l'expérience.  Le  gaz  chargé 
formait  alors  un  nuage  et  l'entraînait  le  long  du  tube  D,  qui  le  con- 
duisait dans  le  bloc  de  paraffine  P  à  l'intérieur  d'un  grand  écran  mé- 
.    tallique  S.  Le  bloc  P  était  disposé,  comme  le  montre  la  figure,  afin 
<iue  l'humidité  n'endommage   pas  l'isolement  en  se  répandant  sur  la 
paraffine;  de  cette  façon,  le  gaz  entrait  dans  le  tube  T,  plus  grand, 
relié,  à  un  tube  à  absorption  E  contenant  de  l'acide  sulfurique,  placé 
«Dire  les  deux  tubes  en  paraffine  P  et  Q.    Vprès   avoir  barboté  dans 
l'acide  sulfurique,  le  gaz  n'était  pas  seulement  débarrassé  de  l'humi- 
dité entraînée  de  B  dans  les  conditions  ordinaires,  mais  le  nuage  avait 
complètement  disparu.  L'accroissement  du  poids  du  tube  à  absorption 
provient  ainsi  de  deux  causes;  et  lorscpie  le  poids  de  Thumidité  n«*- 
cessaire  pour  saturer  le  volume  de  gaz  qui  passe  à  travers  F  est  sous- 
trait du   total,  on  obtient  le  poids  du  nuage.    Ln  quittant  F,  le  gaz 
pénétrait  dans  un  des  inducteurs  isolés,  le  plus  petit  G  servant  pour 
J'oxygène,  et  le  plus  grand  I  pour  l'hydrogène.  L'inducteur  et  le  tube 
à  absorption  étaient  tous  deux  couverts  de  papier  d'étain,  et  reliés  à 
des  godets  à  mercure  placés  dans  le  bloc  de  paraffine,  de  telle  façon 


906  J.-S.    T0WN8RND. 

que  Tun  ou  Tautre  pouvait  être  relié  rapidement  aux  quadrants  isolé 
de  réleclromètre. 

Les  expériences  étaient  conduites  de  la  façon  suivante  :  le  luhe  à 
absorption  F  était  pesé  avec  soin  et  relié,  par  un  tube  de  caoutchiiuc, 
aux  tubes  de  verre,  noyés  dans  la  paraffine,  comme  la  figure  l'in- 
di(|ue;  le  courant  était  lancé  pendant  quelques  minutes  dans  le  vol- 
tamètre pour  chasser  l'air  de  A  et  de  Bavant  d'établir  les  conneclions. 
Aussitôt  que  le  gaz  commençait  à  barboter  dans  F,  le  niouveraenl 
d'un  chronomètre  était  déclancfié.  F  et  G  étant  alternativement  reliés 
aux  quadrants  de  l'électroraètre,  on  trouvait  ainsi  la  façon  dont 
chacun  d'eux  acquérait  une  charge.  La  somme  des  charges  de  F  et 
de  G  donne  la  charge  totale  entraînée  de  B,  et  celle  de  F,  divisée  par 
la  charge  totale,  le  pouvoir  de  décharge  du  tube  à  absorption.  Aprèsque 
le  courant  gazeux  venant  du  voltamètre  avait  traversé  l'appareil  pendant 
un  temps  suffisant,  le  tube  à  absorption  était  enlevé,  de  l'air  sec  était 
ensuite  envoyé  avant  de  le  peser  une  seconde  fois.  Dans  chaque 
expérience,  on  employait  pour  IVlectrolyse  un  courant  de  î4  «dï- 
pères,  dont  la  constance  indiquée  par  l'ampèremètre  était  maintenue 
par  une  résistance  convenable  placée  dans  le  circuit. 

Afin  de  réduire  les  lectures  de  l'échelle  de  l'électromètre  en  valeur 
absolue,  il  a  été  trouvé  que,  lorsque  F  était  relié  aux  quadranb,  et  les 
autres  conducteurs  au  sol,  chaque  division  de  l'échelle  correspondait 
à  o,oo4o  unité  électrostatique  de  quantité,  et  à  o,oo36  unité  électro- 
statique lorsque  c'était  G.  L'inducteur  l,  employé  avec  l'hydrogène, 
avait  une  capacité  plus  forte  que  l'un  ou  l'autre  des  inducteurs,  et 
quand  il  était  relié  aux  quadrants  il  fallait  o,oo4'2  unité  électrosta- 
tique pour  produire  un  déplacement  d'une  division  sur  l'échelle  de 
l'électromètre. 

Les  Tables  suivantes  donnent  les  résultats  des  expériences  effec- 
tuées dans  dllFérenls  gaz.  9  est  la  température  en  degrés  centigrades 
de  l'eau  en  B;  W  l'accroissement  de  poids  du  tube  à  absorption  F, 
fit  et  /ij  le  nombre  de  divisions  parcourues  en  i  minute  sur  l'échelle 
de  l'électromètre,  quand  F  et  G  ou  1  sont  reliés  aux  quadrants  isolés; 
IV  est  le  poids   calculé  d'eau  nécessaire  pour  saturer  le  volume  r  du 

gaz  ç  k  h  qui  traverse   F  pendant  l'expérience,  le  poids  du 

nuage  par  centimètre  cube  et  p  la  charge  par  centimètre  cube  du  gaii 
quant  à  i^,  il  est  facile  de  le  calculer,  le  gaz  étant  libéré  de  l'éleciro- 
lyte  par  un  courant  connu. 


SUR  LES  PROPRIETES  ELECTRIQUES  DES  GAZ  RECEMMENT  PREPARES. 


9*>7 


Tableau   I.  —  Oxygène  -r-  produit  par  électrolyse  d*une  solution 

diacide  sulfurique. 


W 


«V 


W 


(V 


K 

«,. 

«2- 

W. 

CV. 

V 

p- 

ov 

l 

1% 

3i 

0,0270 

o,oo5o 

22,3  X  IO-« 

4,04  XIO-* 

5,5X10-» 

I 

i3 

io 

0,0187 

o,oo5o 

i4ti  X  io-« 

2,58  X  IO-» 

5,4  X  10-» 

13 

21 

3o 

o,o33o 

0,0118 

20,8  X  IO-* 

3,8  X  10-* 

5,5  X  lo-' 

u 

9 

«9 

0,0240 

0,OI25 

11,5  X  IO-* 

2,o5  X  10-' 

5,6  X  10-» 

Tableau   II.  —  Hydrogène  -f-  produit  par  électrolyse  d'une  solution 

d'emide  sulfurique. 


W-<v 


W  — IV 


\- 

«I 

» 

«V 

W. 

<v. 

V 

P- 

i^p 

0 

ïi. 

5 

28,5 

0,0264 

0,0092 

8,8  X  io-« 

»,ï 

X  10 -» 

4,2  X  IO-» 

0 

^7 

34 

0,0296 

0,0092 

10,5  X IO-* 

2.57 

X  IO-» 

1,  1  X  IO-' 

i5 

32 

3; 

0,04 86 

0 . 0264 

10,8  X  IO-* 

2,8 

X  I0-» 

3,8  X  10-» 

i5,i 

26 

3i 

0,0445 

0,0271 

8,5xio-« 

2,2 

X  IO-' 

3,9  X  10-* 

Tablk\u   III.  —  Oxygène  —  produit  par  électrolyse  d'une  solution 

de  potasse  caustique. 


W  —  (V 


W-w 


»,• 

«i- 

/ij. 

W. 

w. 

V 

P- 

pi» 

0 

i3 

26 

0,0188 

o,oo35 

21  X  10-* 

3,1  X  10» 

6,8  X  lu-» 

u 

22 

32 

0,0217 

o,oo35 

23  X  IO-« 

4,1  X  10-' 

6,1  X 10-» 

li 

•4,5 

24,5 

0,023o 

0,0081 

20  X  I0-* 

2,86  X  10-' 

7,0  X  10-' 

11,5 

12,5 

22,5 

0 , 0206 

1 ,oo;6 

17  X  io-« 

2,5l  X  IO-» 

6,8x10-» 

Le  Tableau  1  donne  les  résultats  obtenus  avec  Toxygène  positif. 
Dans  chaque  expérience  un  courant  de  i4  ampères  était  employé,  et 
le  courant  gazeux  traversait  F  pendant  20  minutes. 

Le  Tableau  II  donne  de  semblables  résultats  pour  l'hydrogène 
chargé  négativement. 

Le  Tableau  III  a  trait  à  l'oxygène  négatif  provenant  de  Télectrolyse 
d'une  solution  de  potasse  caustique,  le  courant  gazeux  traversant  F 
pendant  i5  minutes  dans  chaque  expérience. 

Les  expériences  ont  été  elfectuées  avec  des  dillérences  de  densité 
d'électrisation  p  très  accentuées,  afin  de  trouver  la  façon  dont  le  nuage 

variait  avec   Félectrisation;   le   rapport  de  — — —  est  donné  par  la 

dernière  colonne  pour  chaque  expérience.  Les  variations  de  p  étaient 
obtenues  en  faisant  varier  la  température  du  voltamètre  d'où  le  gaz  se 
dégageait  quand  Télectrolyte  est  Tacide  sulfurique  dilué,  ou  une  solu- 


9o8  J.-S.   TOWNSEND. 

lion  de  potasse  caustique;  la  charge  du  gaz  libéré  par  un  couraat 
donné  augmente  lorsque  la   température  de  Félectrolyte  est  élevée. 

4.  Les  nombres  des  Tableaux  montrent,  dans  tous  les  cas,  la  pro- 
portionnalité du  poids  du  nuage  à  la  charge,  et  qu'entre  o"  et  î4"C. 
cette  proportionnalité  ne  varie  pas  avec  la  température  de  Teau  qui 
forme  le  nuage.  Dans  le  cas  de  l'oxygène  négatif,  la  relation  n'est  pas 
aussi  exacte  que  pour  les  autres  gaz;  la  seule  différence  chimique 
constatée  était  que  le  premier  présentait  un  caractère  alcalin  et  le 
second  un  caractère  faiblement  acide.  Comme  la  vapeur  s'élevant  d'une 
solution  de  potasse  caustique  chaude  ne  change  pas  en  bleu  le  tourne- 
sol rouge,  l'alcalinité  du  gaz  doit  être  due  à  des  petites  particules  Je 
potasse  caustique  entraînées  de  l'électrolyte  par  le  gaz,  et  qui  lui 
donnent  un  caractère  alcalin  même  après  avoir  barboté  à  travers  l'acide 
sulfurique  ;  ceci  pourrait,  d'ailleurs,  être  recherché  à  toute  température 
du  voltamètre,  en  faisant  traverser  à  l'oxygène  ou  à  l'hydrogène  un 
tube  rempli  de  tournesol  rouge. 

L'oxygène  préparé  par  électrolyse  de  la  potasse  caustique  n'a  pas 
de  charge  appréciable  jusqu'à  ce  que  la  température  du  voltamètre 
soit  d'environ  20" C,  et  le  nuage  commence  à  apparaître  en  même 
temps  que  la  charge  du  gaz,  de  façon  que  la  présence  de  l'humidité 
alcaline  peut  avoir  seulement  un  effet  très  faible,  aucun  nuage  n'étant 
observé  dans  l'oxygène  venant  du  voltamètre  à  une  température  de 
io"C.,  quoique  la  présence  de  potasse  caustique  dans  l'humidité  qui 
charge  le  gaz  peut  être  facilement  mise  en  évidence. 

o.  Les  expériences  suivantes,  très  simples,  montrent  comment 
sont  reliées  d'une  façon  intime  l'une  avec  l'autre  la  charge  du  gaz  et 
la  formation  du  nuage  : 

L'appareil  employé  est  représenté  {Jig*  2).  L'oxygène  mis  en 
liberté  par  un  courant  de  10  ampères,  traversant  un  voltamètre  rempli 
de  potasse  caustique  de  densité  i,3,  barbotait  dans  une  solution 
d'iodure  de  potassium  contenue  dans  le  flacon  A,  pour  enlever  toute 
trace  d'ozone.  Avant  d'entrer  dans  l'inducteur  I,  le  gaz  traversait  une 
couche  d'eau  B;  I  était  relié  aux  quadrants  d'un  électromètre  de  façon 
à  ce  que  la  déviation  lue  sur  l'échelle  de  cet  appareil  mesurât  la 
charge  du  gaz.  Comme  le  gaz,  avant  d'entrer  en  I,  ne  traversait  aucun 
tampon  de  coton  de  verre,  une  quantité  aussi  grande  que  possible 
d'humidité  était  entraînée  du  voltamètre. 

Le  voltamètre  était  à  basse  température  (11**)  pour  commencer,  et 


SUR  LES  PROPRIETES  ELBCTRIQtES  DES  GAZ  RECEMMENT  PREPARES. 


909 


un  courant  de  10  ampères  y  était  lancé,  qui  graduellement  chauiTait 
rélectrolyte.  Durant  les  premières  9  minutes  que  le  courant  passait 
et  que  le  gaz  entrait  dans  l'inducteur,  on  n'observait  aucune  électri- 
salion  et  aucun  nuage  ne  se  voyait  au-dessus  de  l'eau  en  B;  pendant 
ces  9  minutes  la  température  s'élevait  de  1 1"  à  18**.  Pendant  les 
5  minutes  suivantes,  avait  lieu  une  déviation  de  neuf  divisions  dans 
le  sens  négatif,  la  température  du  voltamètre  s'était  élevée  à  21",  5. 
A  une  température  comprise  entre  22"  et  aS"  un  nuage  fin  commençait 
à  se  montrer  au-dessus  de  l'eau  en  B,  et  l'on  observait  sur  l'échelle 
(le  Télectromètre  une  déviation  de  quatre  divisions  par  minute,  de 

Fig.  a. 


^orte  qu'une  faible  électrisation  d'environ  2  x  10"*  unités  électrosta- 
tiques est  nécessaire  avant  que  le  nuage  devienne  distinctement  visible. 
(^)uand  le  courant  continue  à  passer,  que  le  voltamètre  devient  plus 
chaud,  Téleclrisation  du  gaz  augmente  et  le  nuage  devient  plus  dense. 


6.  Afin  de  montrer  que  le  nuage  disparait  quand  la  charge  du  gaz 
est  enlevée,  la  température  du  voltamètre  était  élevée  à  48",  et,  à 
laide  du  même  appareil  que  celui  employé  pour  les  dernières  expé- 
riences, les  trois  résultats  suivants  ont  été  obtenus  : 

a.  Quand  le  gaz  passe  du  voltamètre  à  l'inducteur  sans  filtrer  à 
travers  du  coton  de  verre,  un  nuage  dense  est  observé  dans  B  au- 
dessus  de  Teau,  et  une  déviation  de  vingt-neuf  divisions  par  minute 
>e  produit  dans  le  sens  négatif  quand  le  gaz  entre  dans  1. 

b.  Le  tube  reliant  A  à  B  est  enlevé  et  un  tube  contenant  du  coton 
de  verre  y  est  substitué.  Avec  le  même  courant  traversant  le  volta- 
mètre,  un  léger  nuage  a  été  vu  au-dessus  de  l'eau  en  B,  et  la  dévia- 
tion réduite  à  six  divisions  par  minute.  L'électrisation  du  gaz  a  été 
réduite  ainsi   d'un  cinquième  de   sa  valeur  primitive  en   passant  à 


9IO  J.-8.    TOWNSEND. 

travers  15*^"  de  coton  de  verre.  Celte  longueur  de  coton  de  verre  n'a 
pu  laisser  passer  qu'une  faible  proportion  de  particules  alcalines 
{voir  Section  4);  mais  le  nuage  était  distinctement  visible. 

c.  Le  tube  contenant  le  coton  de  verre  était  chauffé  avec  un  bec 
Bunsen  et  son  pouvoir  de  décharge  était  considérablement  accru,  ce 
qui  était  mis  en  évidence  par  le  fait  que  la  déviation  n'était  plus 
que  de  deux  divisions  par  minute  et  qu'aucun  nuage  ne  se  voyait  au- 
dessus  de  Teau  en  B.  Il  est  ainsi  évident  que  la  formation  du  nuage 
et  la  présence  de  la  charge  sont  des  phénomènes  qui  s'accompagnent 
l'un  l'autre. 

7.  Les  nuages  formés  sont  à  peine  différents  en  apparence  et,  pour 
des  électrisations  égales,  ceux  formés  dans  l'oxygène  sont  plus  blancs 
que  ceux  formés  dans  l'hydrogène;  il  faut  aussi  signaler  une  difl'é- 
rence  entre  les  nuages  formés  dans  l'oxygène  positif  ou  négatif,  celui 
formé  dans  le  second  étant  plus  blanc.  Ceci  montrerait  que  dan^ 
l'oxygène  négatif  les  gouttes  sont  plus  grandes  que  dans  l'oxygène 
positif  et,  dans  les  deux  cas,  plus  grosses  que  dans  l'hydrogène.  Lne 
valeur  très  approchée  du  rayon  de  la  goutte  peut  s'obtenir  en  obser- 
vant la  vitesse  avec  laquelle  le  nuage  tombe  dans  le  récipient.  La 
vitesse  de  la  goutte  dans  le  gaz  s'obtenait  en  prenant  deux  photogra- 
phies du  nuage  à  des  moments  séparés  de  quelques  minutes.  La 
figure  3  représente  deux  photographies  prises  d'un  nuage  formé  par 
de  l'oxygène  préparé  par  électrolyse  d'une  solution  d'acide  sulfurique 
qui  a  barboté  dans  de  l'eau.  Entre  les  deux  photographies,  3  minutes 
se  sont  écoulées,  et  l'échelle  montre  que  pendant  ce  temps  le  nuage 
«st  tombé  entre  9™"  et  10'""'.  Des  expériences  semblables  ont  été 
faites  avec  les  autres  gaz,  mais  dans  le  cas  de  l'hydrogène  la  limite 
du  nuage  n'était  jamais  aussi  distincte  que  dans  l'oxygène. 

Les  dimensions  des  gouttes  ont  été  obtenues  à  l'aide  de  la  formule 

6ir;jLaV  =  \  Tza^ g  (L4mb,  Motion  of  fluids^  p.  2-29). 

Ceci  donne  pour  le  rayon  de  la  goutte  dans  l'oxygène  positif 
6,8  X  io~',  la  vitesse  de  chute  étant  10™"'  en  3  minutes,  et  le  rayon 
de  la  goutte  dans  l'oxygène  négatif  7^9  x  io~*,  la  vitesse  de  chute 
^lant  de  18™*"  en  4  minutes. 

Nous  connaissons  le  poids  de  chaque  goutte,  et,  divisant  par  ce 
nombre  le  poids  du  nuage  correspondant,  nous  avons  le  nombre  de 
gouttes  par  centimètre  cube.  En  divisant  par  le  nombre  de  gouttes 
la  charge  par  centimètre  cube,  on  obtient  la  charge  portée  par 
'Chaque  goutte. 


ÉLErTHiglihS  0KB  GAZ   RErEUHEFiT  PREPARES.  gil 

La  charge  portée  par  le  véhicule  positif  était  ainsi  trouvée  égale  à 
3,4  X  iO~"*  et  celle  portée  par  le  négatif  a.g  X  io~'».  En  tenant 
compte    des     erreurs   eipériiiienlales,    ces    deux     charges     peuvent 

Fis.  3. 


être  considérées  égales  et  ayant  approiimativenient  comme  valeur 
3  X  10  "'".  La  charge  portée  par  l'hvdrogéne  a  été  trouvée  n'être  qu'un 
liersou  les  deux  tiers  de  cette  valeur,  mais  elle  n'a  pu  être  mesurée  avec 
beaucoup  de  précision,  étant  donnée  la  difficulté  de  déterminer  le  dia- 
mèire  de  la  goutte.  Pour  le  cas  présent,  on  prendra  pour  cette 
chaîne  -  X  lo"'*. 


Tit«su  dn  Tshicolo  sonmis  à  une  force  électromotrice. 

8.  On  a  montré  que  le  rayon  de  la  goutte  formant  le  nuage  est  de 
8x  lo"'  dans  le  cas  de  l'oxygène  chargé  négalivement,  de  telle  façon 
que  son  poids  est  de  2  X  io~"  grammes,  et  que,  lorsqu'il  est  soumis 
à  l'inRuence  de  la  pesanteur,  il  tombe  avec  une  vitesse  de  rS"""  eu 
i  secondes,  La  force  qui  agitsur  la  goutte  est  pratiquement  a  x  lo', 
de  façon  qu'il  faudrait,  pour  produire  une  vitesse  équivalente,  une 

force  électrique  de ^^ï  unités  absolues,  c'est-à-dire  3ooo  volts 

par  centimètre.  Quand  le  gaz  a  harhoté  à  travers  l'acide  sulfurique. 
le  rayon  du  véhicule  est  tellement  réduit  qu'il  est  facile  de  voir  l'etl'et 
de  mutuelle  répulsion  des  particules  portant  la  charge. 


912  J.-S.    TOWNSENU. 

9.  La  méthode  suivante  est  générale  pour  la  recherche  du  mouve- 
ment d'un  gaz  dans  un  récipient  de  forme  quelconque,  la  distribu- 
tion étant  uniforme.  Si  p  est  la  densité  d'électrisation  en  un  point 
quelconque  du  gaz,  si  «,  v  et  w  sont  les  vitesses  des  véhicules  le  long 
des  axes  des  x^y  et  z,  l'équation  de  continuité  est 

I  ôp       du       dv       dw 

p  8<        djr       dy        dz  ~    '^ 

la  notation  étant  la  même  que  celle  employée  par  l^amb  dans  son 

ouvrage  Moiuemenl  des  fluides.   Si  ^  est  le   potentiel  électrique, 

/T<i>           d^           d^ 
—  -j-i  —  -j- » ji  sont   les  forces  qui  agissent  sur  les  véhicules 

chargés,  et  leurs  vitesses  «/,  i^  et  w  sont  données  par  les  équations 

,  é/4>  ,  é/4>  -  d^ 

dx  dy  dz 

où  e  est  la  charge  du  véhicule  et  k  une  constante  qui  doit  être  déter- 
minée expérimentalement.  Substituant  ces  valeurs  pour  w,  ç  et  «'dans 
Téquation  de  continuité,  nous  avons 


-  V-,  —  cA**  =o. 

p  tt 


mais  comme  A^<ï>  =  —  4''^? 


k  8o 

—    :r-    = ^TZe. 


En  intégrant  nous  avons 


(2)  p  = 


Po 


I  -T-  i 


OÙ  p,i  est  la  densité  initiale,  uniforme  à  travers  l'espace  considéré. 

L'équation  (2)  montre  que  le  mouvement  a  lieu  de  telle  façon  que 
la  densité  p  est  une  fonction  du  temps  seul,  et  ne  varie  pas  en  diffé- 
rents points  du    gaz;    par  suite,   aucune   variation   n'a  lieu   dans  la 

pression  du  gaz  chargé,  et  les  termes  ^  »  -7^  »  ^  dont  il  faut  tenir 

compte  quand  on  considère  le  mouvement  des  gaz,  peuvent  être  sup- 
primés dans  les  équations  (1).  puisque y>  ne  varie  pas  d'un  point  à  un 
autre. 

Quand  le  gaz  est  dans  un  récipient  clos,  la  répulsion  mutuelle  des 
véhicules  de  l'électricité  les  amène  aux  parois  contre    lesquelles  ils 


SCR  LES   PROPBIÉTBS  ÉLECTRIQUES   IlES  GAZ   RÉCEMMENT   PRÉPARÉS.  Ql^ 

peuvent  se  décharger  ou  contre  lesquelles  ils  restent  si  près  qu'ils  ne 
peuvent  en  être  chassés  par  le  courant  gazeux.  L'équation  (2)  donne 
lîi  densité  du  gaz  chargé  restant  dans  le  récipient,  et,  si  ce  dernier  est 
ronslitué  par  un  conducteur  isolé  relié  à  une  paire  de  quadrants 
«l'un  électromètre,  la  déviation  de  Taiguille  sera  proportionnelle  à  p 
ijuand  le  gaz  chargé  sera  chassé  du  récipient. 


10.  Afin  de  chercher  expérimentalement  avec  quelle  vitesse  le  gaz 
perd  sa  charge  contre  les  parois  d'un  inducteur  ou,  en  d'autres  termes, 
afin  de  trouver  comment  varie  la  densité  p  avec  le  temps,  un  cjlindre 
<le  métal  c  {fig.  4)  long  de  30*^",  2  et  de  i*^",6  de  diamètre  a  été  em- 

Fig.  4. 


^,. 


ployé,  les  deux  extrémités  du  cylindre  étant  fixées  dans  les  blocs  de 
paraffine  P|  et  P2  ^-^  même  temps  que  les  tubes  de  verre  T|  et  Tj.  Le 
lube  T|  qui  servait  à  remplir  le  cylindre  avait  plusieurs  couches  de 
loile  métallique  de  cuivre  fine  au  travers  de  l'extrémité  large,  qui 
tendait  à  distribuer  le  gaz  uniformément.  Tout  l'appareil  était  contenu 
dans  un  écran,  les  extrémités  A  et  B  des  tubes  conduisant  au  cylindre 
^e  projetant  en  dehors  de  l'écran  ;  de  cette  façon  le  gaz  chargé  pou- 
vait être  introduit  dans  l'appareil  sans  déplacer  un  assemblage  de 
tubes  à  l'intérieur  de  l'écran;  de  sorte  que  la  déviation  lue  sur 
1  échelle  de  l'électromètre,  quand  c  était  relié  aux  quadrants  isolés^ 
S.  P.  58 


9l4  J--S.   TOWNSEND. 

était  seulement  due  à  Fenlèvement  de  la  charge  à  l'intérieur  de  c. 
Tout  effet  dû  à  la  gravitation  sur  le  mouvement  des  véhicules  >ers 
les  parois  du  tube  était  supprimé  en  plaçant  le  tube  verticalement. 

H.  Les  gaz  examinés  étaient  l'oxygène  et  l'hydrogène  dégagés  par 
l'électrolyse  d'une  solution  d'acide  sulfurique  dilué.  Le  voltamètre 
était  porté  à  une  température  d'environ  20"  au-dessus  de  celle  de  la 
salle,  il  pouvait  être  maintenu  ù  cette  température  en  faisant  passer 
le  courant.  Au  moyen  d'un  ampèremètre  et  d'une  résistance  variable 
dans  le  circuit,  le  courant  pouvait  être  maintenu  constant. 

On  possède  de  cette  façon  une  méthode  permettant  de  remplir  le 
cylindre  plusieurs  fois  d'un  gaz  ayant  une  électrisation  constante  par 
centimètre  cube;  quand  on  remplit  le  cylindre  d'hydrogène  il  vaut 
mieux  amener  le  gaz  par  le  haut  et,  quand  on  fait  cette  opération 
avec  l'oxygène,  amener  le  gaz  par  le  bas,  afin  de  chasser  l'air  dans  le 
moins  de  temps  possible,  car  il  vaut  mieux  ne  pas  faire  passer  le  cou- 
rant plus  de  5  minutes  chaque  fois,  quand  un  certain  nombre  d'opé- 
rations réclamant  la  même  électrisation  doivent  être  faites. 

Les  gaz  barbotaient  d'abord  dans  de  l'iodure  de  potassium,  puis 
dans  de  l'acide  sulfurique  concentré  de  façon  à  entrer  dans  D  parfai- 
tement secs.  Le  cylindre  et  le  tube  qui  lui  étaient  reliés  étaient  séchés 
en  les  chauffant  avec  un  bec  Bunsen  et  en  les  faisant  traverser  par  de 
l'air  sec.  Cette  précaution  est  absolument  nécessaire,  car  il  faut  une 
très  faible  quantité  d'humidité  pour  former  un  nuage,  ce  qui  entra- 
verait la  marche  des  véhicules. 

12.  Une  série  d'expériences  du  genre  suivant  ont  été  faites.  Le 
cylindre  était  relié  à  une  paire  de  quadrants  d'un  électromètre,  celle 
dernière  était  mise  au  sol  pendant  que  le  cylindre  était  rempli  et  iso- 
lée avant  qu'on  ne  chassât  le  gaz  afin  de  faire  les  lectures  dans  la 
même  parlie  de  l'échelle.  Le  tube  A  fermé,  D  relié  au  tube  d'arri\ée 
du  laveur  à  acide  sulfurique,  un  courant  de  i4  ampères  était  lancé 
dans  le  voltamètre.  11  fallait  seulement  5  minutes  pour  remplir  c  com- 
plètement avec  le  gaz  chargé,  le  circuit  était  alors  ouvert  et  B  fermé, 
en  même  temps  un  chronomètre  était  mis  en  mouvement.  Après 
t  minutes  les  extrémités  A  et  B  étaient  ouvertes,  et  de  l'air  sec  non 
électrisé  envoyé  dans  c  pour  expulser  le  gaz  chargé;  on  observait  alors 
une  déviation  de  n  divisions  sur  l'échelle  de  l'électromètre,  cette  dé- 
viation était  proportionnelle  à  p,  p  étant  la  densité  d'électrisalion 
après  que  le  gaz  a  séjourné  un  temps  t  du  gaz  dans  le  cylindre. 


SUR  LES  PROPRIETKS  ELECTRIQUES  DES  GAZ  RECEMMENT  PREPARES. 


9»5 


Les  Tableaux  IV  et  V  donnent  ainsi  les  nombres  n  et  /,  le  premier 
pour  l'hydrogène  chargé,  le  second  pour  Toxygc^nc  également  chargé. 
On  peut  se  rendre  compte  que  ces  nombres  sont  presque  exacte- 
ment les  mêmes  que  ceux  donnés  par  la  formule 


n  = 


si  nous  posons  /ïo=32  et  6  =  o,oo4'^  dans  le  cas  de  l'hydrogt'ne  el 
/î,=  4{)  et  8=^o,oo'>-55  dans  le  cas  de  l'oxygène.  Les  nombres  cal- 
culés par  celte  formule  sont  ceux  donnés  par  les  Tableaux  VI  et  VII, 
ce  qui  montre  c|ue 

P  = 


Po 


i-hO/ 


Nous  avons  ainsi  de  l'équation  (2) 


e  =  ll^. 


Tableau  IV 

n. 

t. 

32 

0 

25,5. . . 

1 

20,5. . . 

2 

17,5... 

.     3 

i5,5. . . 

►     4 

14 

.     5 

Tableau  V. 


Tableau  VI. 


Tableau  VII. 


n. 


49... 
37,5. 

29,5. 

24)^* 
22.  .  . 


t, 

O 
'2 

4 

6 
8 


n. 

32.... 

25 , 4 • . 
21 ,1 . . 
18.... 

I  > 

■  4 


jy 


t, 
o 
1 

2 


I 


n. 

49 

•^7,5... 

3o,3. . . 

•^%/  ■  J  •   •   • 

22 


t. 

o 
2 

4 

8 


s  à  l'action  d'une  force 


13.  La  vitesse  du  véhicule  chargé  sou  mi 
'électrique  peut  s'obtenir  à  l'aide  de  ces  nombres.  L'étalonnage  de 
léleclromètre  montre  qu'une  division  correspondait  à  o,oo3^  unité 
électrostatique  de  quantité,  de  façon  que 


et 


32  X  o,oo37  ,  ,,,     •        . 

Po=  -, — TTTi T, =  2  X  10-3  pour  1  hydrogène 

^        ir  X  (  u ,  8  )-  X  io ,  2  ^  ^       ^ 


po  = 


49  X  o,oo37 


7:  X  (o,8)*x  3o,2 


-  =  3  X  10-*  pour  l'oxygène. 


Si  k^  et  ^H  sont  les  valeurs  de  k  et  de  c  pour  l'hydrogène,  A*o  et  6',, 
<^clles  pour  l'oxygène,  nous  aurons 


et 


— 7- —  =0,0043         avec        po=2Xio 


-3 


4  irpo^ 

— ~ —  =  0,00255        avec        po=  3  x  io~', 


9i6 

J.-S. 

TOWXSKND. 

cron  Ton  lire 

eu 

et         ^ 
eo 

I J. 


De  rcqiialion  A'V  =  Fe,  semblable  à  Téquation  (i)  (§9),  V  étant 

la  vilcsse   due  au   champ  électrique  F,   nous   avons  pour  le  dépla- 

p 
cément  du  véhicule  chargé  dans  l'hydrogène  V  =  7-^  et  pour  celui 

de  l'oxygène   \=  — r*  Par  suite,  sous   une  force  électromotrice  de 

I  volt  par  cenlimètre,  le  véhicule  de  Thydrogène  se  déplace  a\ecune 

\ilesse  de  z :r-r  centimètre  par  seconde  et  le  véhicule  de  roïvgènr 

3oo  X  D,6  '  '^ 

à  la  vitesse  de  - —  x  -r  centimètre  par  seconde.  Ces  résultats  ne  né- 

cessitent  pas  la  connaissance  de  e. 

Les  conclusions  auxquelles  nous  arrivons  par  les  recherches  ci- 
dessus  reposent  sur  Thypothèse  que  dans  chaque  cas  nous  opérons 
avec  un  gaz  contenant  des  véhicules  tous  chargés  du  même  signe 
positif  ou  négatif.  Des  expériences  sur  la  conductibilité  ont  été  eié- 
cutées  afin  de  vérifier  ce  point,  et  le  résultat  a  été  qu'en  réalité  nous 
opércms  avec  des  mélanges.  Ainsi,  dans  le  cas  de  l'hydrogène  ou  de 
l'oxygène  préparés  par  électrolysc  d'une  solution  d'acide  sulfurique, 
ayant  une  charge  positive  égale  à  3  e,  il  est  possible  d'obtenir  une 
charge  positive  de  4^'  et  une  charge  négative  de  e.  Si  nous  supposons 
le  [)ositif  et  le  négatif  agissant  séparément,  la  charge  portée  par  IcM'hi- 
cule  de  Toxygène  sera  de  5  x  io~'®  au  lieu  de  3  x  1  o"**^,  et  les  vitesses 
dans  un  champ  de  i  volt  par  centimètre  seraient  plus  petites  dans  le 
rapport  de  3  à  /\  que  celles  données  ci-dessus. 

Nous  pouvons  obtenir  une  valeur  approximative  de  la  dimension 
du  véhicule  si  nous  supposons  que  la  viscosité  d'un  gaz  modifie  le 
mouvement  d'une  petite  sphère  et  d'une  grande  suivant  la  même  loi, 
i\TZ'j.a\  =  P  (Lamb,,  loc.  cit.):  substituant 


V  =   »  U  =  lO"* 

3oo  X  5,6  ' 


pour  l'hydrogène  et 


V  =  — !—  X  -  lo-ïo—  -  lo-*^ 
3oo        2  'À 


nous  obtenons  pour  le  rayon  a  du  véhicule  d'hydrogène  4?^  X  '^  '' 
Une    substitution    semblable    donne    pour    le    véhicule    d'oxy^^^ène 


SUR  LES  PROPRIKTES  ELECTRIQUES  DES  GAZ  RECEMMENT  PREPARES.     917 

12 X  10"^.  Ainsi  les  véhicules  sont  de  grandes  dimensions  comparées 

aux  dimensions  moléculaires. 
Les  vitesses  des  véhicules,  dans  le  cas  de  la  conductibilité  produite 

par  les  rajons  de  Rontgen,  sont  bien  plus  considérables  que  les  pré- 
cédentes. Ainsi,  pour  l'hydrogène  et  l'oxygène,  M.  Rutherford  ii 
oblenii  des  vitesses  de  5,2  et  de  1,2  centimètre  par  seconde  dans  un 
champ  de  i  volt  par  centimètre  {PhiL  Mag,y  novembre  189^).  En 
supposant  que  les  charges  portées  par  les  véhicules  sont  du  même 
ordre  que  celles  obtenues  au  paragraphe  7,  nous  voyons  que  les  dimen- 
sions (les  véhicules  sont  plus  faibles  que  celles  dont  nous  parlons  ici. 


PouYoir  de  décharge  des  tubes. 

U,  13,  IG,  17,  18.  L'auteur,  précédemment,  a  montré  que,  si  un  j;a/.  possc- 
(ianl  une  charge  uniforme  po  par  centimètre  cube  était  laissé  pendant  un 
temps  t  dans  un  tube,  la  densité   de   Tclectrisation  tombait  à  une  valeur  p 

donnée  par  p  = où  a  est  une   constante.  Quand  le  gaz  est  produit 

I  -f-  apo  ^ 

par  électrolyse,  on  connaît  le  volume  q  de  gaz.  entrant  par  seconde  dans  Tappa- 

eil    et  M  Y  est  le  volume  du  tube  t  =  — >  par  conséquent =  —^ — > 

Ç  ?  U 

î  T  f 

l'où  l'on  peut  tirer  a;  la  valeur  de  celte  constante  est  plus  grande  que     ' 
rouvre  précédemment.  En  faisant  passer  le  gaz  à  sa  sortie  du  tube  dans  nn 

Pn  ^^  0 

nductcur  isolé,  ~ ^-  est  le  rapport  de  la  charge  gagnée  par  le  tube  en  1  mi- 

P 
îuie  à  la  charge  gagnée  par  minute  par  l'inducteur.  L'auteur  a  détermine  la 

valeur  de  ^-- pour  l'hydrogène  et  l'oxygène  dégagés  par  électrolyse  d'une 

p 

solution   d'acide  sulfurique,  '-^ est  proportionnel   aux  densités  d'électri- 

P 
-î»lion.  La  valeur  de  ce  rapport  augmente  quand  le  courant  qui  passe  dans 

I  électrolyie  diminue,  montrant  qu'il  dépend  de  la  vitesse  à  laquelle  le  gaz  est 

fourni  au  tube.  D'autre  part,  plus  le  diamètre  du  tube  est  petit,  plus  petite 

PSI  la  perte  de  la  charge. 

l-a  (li'pcndance  de  — ^  à  po  ^îî>t  importante,  car,  en  partant  de  la  formule 

? 

^?  4-^    _    poV  .  ,  .  «.      ,  I.  '.  I' 

—  — ; —  X  • j  on  peut  voir  que  lorsqu  on  chauue  le  voltameire  I  ac- 

P  A-  7  '  1  T 

■''^^issenient  de  charge  est  du  à  l'accroissement  du  nombre  de  véhicules  et  mm 

'  Celui  de  la  charge  des  véhicules.  Car  dans  ce  dernier  cas  — serait  pro- 

^^Mionnel  au  carré  d.^  po.  W  était  presque  impossible  de  faire  passi^r  un  gaz  <'e 
*çon  que  le  pouvoir  de  décharge  fût  aussi  petit  que  lu  valeur  théorique  cal- 
''iléecn  parlant  des  nombres  donnés  piiur /%•  (§  1.1).  Des  causes  comme  une  dif- 


9» 8  J.-S.    TOWXSEXD. 

ft^rence  faible  de  température  entre  le  gaz  et  la  paroi  donDant  naissance  à  des 
courants  dans  le  gaz  augmentent  considérablement  le  pouvoir  de  décharge, 
mais  produisent  ici  un  eflfet  relativement  petit  quand  le  gaz  est  au  repo>  dans 
le  tube.  La  vites«e  du  véhicule  vers  les  parois  du  tube,  vitesse  due  à  une  force 
électromotrice,  sera  ainsi  trop  forte  lorsqu'elle  sera  calculée  par  la  formule 

?o—  ?  _  47^  ^  ?oV ^ 
0  A'  a 


Causes  inflaençant  le  pouvoir  de  décharge. 

iiX  'HK  21.  En  remplaçant  l'acide  sulfurîquc  du  barboteur  par  de  Teau,  le 
pouvoir  de  décharge  du  tube  est  différent  si  le  tube  est  vertical  ou  horizontal, 
ce  qui  est  dû  à  l'iiclion  de  la  gravitation  sur  les  gouttes  formant  lenuase;  la 
charge  réside  donc  bien  sur  les  gouttes.  Cette  modification  du  pouvoir  de 
décharge  se  fait  même  sentir  avec  les  gaz  desséchés  comme  précédemment  En 
plaçant  à  la  suite  du  barboteur  à  acide  sulfurique  un  tube  contenant  de  l'an- 
ii\dride  phosphorique,  long  de  8*™  avec  des  tampons  de  coton  de  verre  à  chaque 
extrémité,  on  ne  perd  pas  plus  de  la  moitié  de  la  charge  portée  par  le  gaz 
ï/hydrogène  ainsi  desséché  perd  plus  de  sa  charge  en  passant  dan«  le  tube  c 
que  s'il  avait  été  desséché  sur  l'acide  sulfurique  seul,  mais  le  fait  de  placer  le 
Uibe  c  verticalement  ou  horizontalement  n'a  aucun  effet.  I^  pouvoir  de  dé- 
charge d'un  tube  vertical  est  diminué  si  le  gaz  est  humide,  la  perte  de  charge 
<lu  gaz  en  passant  dans  un  tube  vertical  est  ducaux  irrégularités  du  mouve- 
ment du  gaz  et  au  contact  accidentel  du  nuage  avec  les  côtés. 


Diffusion. 

22,  23.  Lorsqu'on  fait  traverser  un  récipient  en  terre  poreuse  à  de  l'hydpv 
gène  portant  une  charge,  on  constate  qu'après  avoir  traversé  le  récipient  h 
gaz  n'a  conservé  qu'une  faible  partie  de  sa  charge;  l'auteur  a  ensuite  vcriw' 
que  les  véhicules  de  rélectricilé  dans  l'hydrogène  chargé  peuvent  être  Iran? 
(érés  à  un  autre  gaz  par  diffusion. 


Expériences  avec  l'acide  chlorhydriqne . 

24,  25,  26,  27,  28,  29,  30,  31,  32.  Dans  le  cas  des  gaz  produits  par  êlecH 
lyse,  certaines  causes  influencent  à  la  fois  le  signe  et  la  quantité  d'électrî^ 
transportée;  l'auteur  a  étudié  ces  causes  en  examinant  les  gaz  produits  ] 
Télectrolyse  d'une  solution  à  20  pour  100  d'acide  chlorhydrique.  Avec  * 
électrodes  en  charbon,  on  remarque  que  l'hyiliogène  possède  une  charge  |^^ 
tive  qui  diminue  graduellement  pour  devenir  négative. 

Le  chlore  a  été  trouvé  possr*der  une  «'Iiarge  négative  ne  changeant  pa? 
signe  comme  pour  rhydrogènc. 

Si  les  éleclrodes  en  charbon  sont  remplacées  par  des  électrodes  en  plai»'' 


SUR  LES  PROPRIETKS  ELECTRIQUES  DES  GAZ  RECEMMENT  PREPARES.     919 

n  ne  remarque  pas  de  changement  de  signe  pour  riiydrogène,  mais  le  chlore 
evieat  positif  au  bout  d'un  certain  temps. 

Il  est  probable  qu'en  ce  qui  concerne  l'hydrogène  provenant  d'un  volta- 
ictre  à  électrodes  de  charbon  le  changement  de  signe  peut  s'expliquer  par  le 
it  qu'il  s'est  formé  à  l'électrode  négative  une  petite  quantité  d'acide  chlor- 
vdrique  due  à  l'action  de  l'hydrogène  naissant  sur  le  chlore  et  que,  de  plus, 
uome  d'hydrogène  positif  est  plus  actif  à  former  un  composé  avec  le  chlore 
je  le  négatif. 

M.  Townsend  a  vérifié  également  que  l'hydrogène  dégagé  de  l'électrolyse 
:  l'acide  chlorhydrique,  dans  un  voltamètre  à  électrodes  de  platine,  formait  un 
ouillard  de  la  même  façon  que  l'hydrogène  préparé  par  électrolyse  d'une 
lution  d'acide  sulfurique. 


LA  DIFFUSION  DES  IONS  DANS  LES  GAZ, 

Par  Jonx-S.  TOWNSEND. 
Traduit  de  TangUis  par  H.  BÉNARD. 


Phil.  Trans.  of  the  Boyal  Society,  t.  CXCIII,  A,  1900,  p.  129-158. 


Introduction. 

Plusieurs  résultais  inléressanls  en  relation  avec  la  Physique  iiiolé- 
culaire  peuvent  s'obtenir  à  l'aide  des  coefficients  de  diffusion  de> 
ions  dans  les  gaz.  Les  déterminations  de  ces  coefficients  nous  per- 
mettent de  trouver  le  nombre  de  molécules  contenues  dans  un 
volume  donné  d'un  gaz,  et  de  comparer  la  charge  portée  par  un  ion 
dans  un  gaz  conducteur  à  la  charge  d'un  atome  d'hydrogène  dans  un 
électrolyte.  Dans  ce  mémoire,  on  a  appliqué  les  principes  sur  les- 
quels repose  la  théorie  de  la  diffusion  mutuelle  des  gaz  à  la  dilbision 
des  ions  produits  dans  un  gaz  par  l'action  des  rayons  de  Riintgeii. 

Pour  simplifier,  considérons  d'abord  la  théorie  générale  de  la  con- 
ductibilité des  gaz.  J.-J.  Thomson  a  montré  que  tous  les  phénomènes 
peuvent  s'expliquer  en  supposant  que  h's  rayons  produisent  dans  le 
gaz  (les  ions  qui,  en  se  déplaçant  sous  l'action  d'une  force  électrique, 
donnent  naissance  à  la  conductibilité  observée,  (^uand  le  gaz  a  été 
soustrait  à  rinllurnce  des  rayons,  la  conductibilité  diminue  graduel- 
lement, et  la  dis|)arilion  des  ions  peut  être  due  à  trois  causes,  donl 
l'une  quelconque  |)eut  d'ailleurs  être  prédominante. 

1°  S'il  y  a  une  force  électrique,  les  ions  se  déplacent  à  travers  le 
-gaz  le  long  des  lignes  de  force  et  sont  déchargés  quand  ils  allcijjneni 
les  extrémités  de  celles-ci. 

'^°  La  recombinaison  détruit  la  conductibilité  :  les  ions  positifs 
•et  les  ions  négatifs,  en  se  déplaçant  dans  le  gaz,  viennent  en  conla»! 
et  se  neutralisent  ainsi  mutuellement. 

3'*  Les  ions  se  diffusent  et  viennent  au  contact  des  parois  du  va^e 
qui  contient  le  gaz;  c'est  ce  que  nous  appellerons  V  effet  des  parois- 


LA    DIFFUSION   DES    IONS   DANS   LRS   GAZ.  921 

Comme  la  recombinaison,  cet  effet  se  produit  en  l'absence  de  toute 
force  électrique  et  est  dû  au  mouvement  d'agitation  des  ions. 

A(in  d'illustrer  d'une  façon  simple  les  principes  qu'impliquent  les 
eipériences  décrites  dans  ce  mémoire,  supposons  qu'un  gaz  renfermé 
ilans  une  sphère  métallique  ait  été  rendu  conducteur  par  l'action  des 
ravons  de  Runtgen.  Considérons  ce  qui  se  passe  quand  le  gaz  a  été 
soustrait  à  l'action  des  rayons,  en  faisant  abstraction  pour  le  moment 
de  l'effet  de  recombinaison.  On  peut  considérer  les  ions  comme 
constituant  un  gaz  séparé,  les  molécules  de  ce  gaz  pouvant  être  soit 
plus  grosses,  soit  plus  petites  que  celles  du  gaz  dans  lequel  elles  sont 
plongées.  Quand  un  ion  vient  au  contact  de  la  surface  de  la  sphère, 
11  perd  sa  charge,  de  sorte  qu'on  peut  regarder  le  métal  comme  un 
corps  absorbant  complètement  les  ions.  La  diminution  de  la  conduc- 
tibilité produite  par  la  diffusion  des  ions  vers  les  parois  est  exacte- 
ment analogue  à  l'enlèvement  de  l'humidité  d'un  gaz  qu'on  force  à 
traverser  de  l'acide  sulfurique  bulle  à  bulle.  Plus  la  vapeur  d'eau  se 
didiise  rapidement  à  travers  le  gaz,  plus  grand  sera  le  nombre  des 
molécules  d'eau  qui  viendront  au  contact  de  l'acide  entourant  la 
bulle.  Si  l'on  détermine  expérimentalement  la  quantité  d'humidité 
enlevée,  on  pourra  en  déduire  le  coefficient  de  diffusion  de  la  vapeur 
dVau  dans  le  gaz(*).  Il  serait  impraticable  d'employer  cette  méthode 
pour  déterminer  le  coefficient  de  diffusion  des  ions  dans  un  gaz  ren- 
fermé dans  un  grand  récipient,  car,  dans  ce  cas,  la  perte  de  conducti- 
bilité due  aux  parois  serait  faible  en  comparaison  de  celle  qui  serait 
(lue  à  la  recombinaison. 

La  méthode  adoptée  consiste  à  faire  passer  un  courant  uniforme 
(le  gaz  dans  un  tube  métallique  fin,  et  à  faire  tomber  les  rayons  sur 
le  gaz  immédiatement  avant  son  entrée  dans  le  tube.  Le  diamètre  du 
liibe  peut  être  déterminé  de  façon  que  le  nombre  des  ions  cjui 
viennent  au  contact  des  parois  soit  grand  en  comparaison  du  nombre 
tie  ceux  qui  se  recombinent. 

11  est  (!ommode  d'employer  un  tube  d'une  longueur  telle  que  la 
conductibilité  soit  réduite  à  environ  la  moitié  de  sa  valeur  initiale. 

Pour  obtemr  le  coefficient  de  diffusion,  quand  on  connaît  la  perle 
relative  de  conductibilité,  le  problème  suivant  se  présente  :  si  une 
petite  quantité  d'un  gaz  A  est  mélangée  à  un  autre  gaz  B,  et  que  le 
mélange  ait  circulé  dans  un  tube  dont  les  parois  absorbent  complè- 
tement A,  trouver  quelle  quantité  de  A  sort  du  tube  avec  B. 

(')  JOHN-S.  TOWNSKND,  PIlU.  Mog.y   t.  \LV,    1898. 


<)?/?.  J.-S.   TOWXSEND. 

On  \erra  immédiatement  que,  si  les  gaz  se  diffusent  rapidement  l'un 
dans  Taiilre,  une  grande  partie  des  molécules  du  gaz  A  viendront  au 
contact  de  la  paroi  du  tube  et  y  seront  absorbi^es.  Si,  d'un  autre  rùir, 
la  vitesse  de  diffusion  mutuelle  est  très  faible,  les  molécules  dv  \ 
parcourront  le  tube  suivant  des  lignes  droites  parallèles  à  son  axe  et 
il  n'en  viendra  qu'un  nombre  négligeable  au  contact  de  la  paroi. 

La  solution  complète  de  ce  problème,  en  tenant  compte  de  h 
vitesse  aux  dilTérents  points  d'un  rajon  du  tube,  est  donnée  dans  la 
première  Partie.  Les  résultats  des  expériences  et  les  conclusions  aiii- 
quelles  elles  conduisent  font  l'objet  de  la  seconde  Partie. 


PREMIERK  PARTIE. 

THÉORIE   MATIIÉMATIQUR   DE   LA   DIFFUSION. 

1.  Dans  un  gaz  conducteur,  nous  avons  à  considérer  deui 
séries  distinctes  de  corps  ;  lésions,  qui  sont  chargés,  et  dont  le  mou- 
vement sous  l'action  d'une  force  électromotrice  constitue  la  conduc- 
tion, et  les  molécules  neutres,  en  nombre  beaucoup  plus  grand  que 
les  ions  (l'ordre  de  grandeur  du  nombre  des  molécules  est  lo'-  loi^ 
celui  des  ions).  Nous  regarderons  pour  le  moment  les  ions  comiin* 
comprenant  nombres  égaux  de  particules  chargées  positivement  et 
de  particules  chargées  négativement;  on  peut  les  considérer  comme 
constituant  un  gaz  distinct  A,  le  reste  des  molécules  comme  consti- 
tuant un  autre  gaz  B,  et  Tensemble  un  gaz  conducteur.  Quand  le^ 
ions  viennent  au  contact  d'une  surface  métallique,  ils  lui  cèdent  leur 
charge,  ou  restent  au  contact  de  la  surface,  de  sorte  que  le  métal  sr 
comporte  comme  un  absorbant  parfait  pour  les  ions. 

Dans  un  mémoire  sur  la  théorie  dynamique  des  gaz  (  '  ),  J.-C.  Maxwell 
a  donné  les  équations  générales  du  mouvement  de  deux  gaz  qui  >e 
diffusent  l'un  dans  l'autre. 

Ces  équations  sont  de  la  forme 

pi  et  pa  désignant  les  densités  des  deux  gaz;  p^  et  /?2  leurs  pressions 


(M  P/iit.  Trans.,  t.  CLVII,  186G. 

(')   Voir  L.  BoLTZMANN,  Leçons  sur  ta   théorie  des  ffaz,  Première  Partie  lic  U 
traduclion  française,  p.  186.  {Note  du  traducteur.) 


LA    DIFFUSION   DES    IONS   DANS    LES   GAZ.  g^'i 

^arlielles;  W|  et  Wo  leurs  vitesses  moyennes  dans  la  direction  de  Taxe 
des  x;  A* A  une  constante  pour  rcnsenihle  des  deux  gaz,  qui  dépend 
de  la  température;  et  X  la  force  (|ui  agit  sur  Tunité  de  masse. 

Le  premier  et  le  dernier  terme  de  l'écpiation  ci-dessus  peuvent 
être  négligés,  car  ils  sont  petits  en  comparaison  des  deux  autres; 
mais,  s'il  s'agit  d'un  gaz  constitué  par  de  petites  parti(!ules  chargées, 
il  faut  introduire  un  nouveau  terme  quand  il  y  a  des  forces  élec- 
triques qui  agissent. 

Aiusi,  le  terme  piX,  du  aux  forces  de  gravité,  est  égal,  par 
exemple,  à  ()8i  x  mi/ï|,  en  désignant  [)ar  //?,  la  masse  d'une  molé- 
cule du  premier  gaz  (/Wi  est  de  Tordre  de  io~-'*  gramme),  et  par /ii 
le  nombre  des  molécules  de  ce  gaz  par  centimètre  cube. 

Pour  évaluer  -~  grossièrement,   supposons  les  gaz  contenus  dans 

un  tube  de  o*^"*,i5  de  rayon  et />i  =  o  à  la    surface.    Dans  ce  cas, 

-p-  sera  de  Tordre  de  -^,>  p\  dési};nant  la  valeur  de  Pt  au  centre. 
dx  o,i'j   '^'  ^  ^ 

Si  ;i,  T||,  !^|  désignent  respectivement  les  vitesses  moyennes  d'agi- 
tation moléculaire  dans  les  directions  des  x,  des  y  et  des  z^  on  a 

et  l'on  obtient 

/''i         '"t/''i;î 


o ,  IJ  o , IJ 


àp\ 


Comme  ?•  est  de  Tordre  de  lo*.  cette  valeur  de  -^  est  de  Tordre 

de :-!-,  c'est-à-dire  grande  en  comparaison  de  981  x  ni^n\^  qui 

est  de  Tordre  de  i  o~-*^  n\ . 

Le  premier  terme  m^n^-—  est  petit,  compare  a  -^— >  puisque  la 

résistance  au  mouvement  est  si  considérable;  l'accélération,  dans  les 
^as  qui  nous  occupent,  est  moindre  (|ue  celle  d'un  corps  tombant 
"^ous  l'action  de    la  gravité  et,   par  suite,  est  d'un   ordre  beaucoup 

plus  faible  que  —• 
'  *       ox 

Si  chacune  des  fit   molécules  du   premier  gaz   porte   une  charge 

Jlomique  (().io~'®    unité  électrostatique),  les  forces  entrant  enjeu 

courront  être  d'un  ordre  quelconque  de  grandeur,  comparé  à  -—• 

)ans  un  champ  électrique  de  i  volt  par  centimètre,  la  force  agissant 

ir  n\   ions  serait- —  x  ()  X  io~*°  x /j' =  2  X  io~*-X /?'i    qui   est 


9'?4  '--S-    TOWNSEND. 

grand  comparé  à  la  valeur  ci-dessus  trouvée  pour  -^  >  savoir 

En  général,  il  faul  six  équations  de  la  forme  donnée  par  Maxwell: 
mais  quand,  comme  dans  le  cas  présent,  l'un  des  gaz  existe  en  lir^ 
faihle  quantité,  le  système  se  réduit  à  trois  équations,  et  le  mécanisnir 
de  la  diflusion  des  ions  peut  être  considéré  comme  aj^ant  un  effet  nu' 
sur  les  vitesses  moyennes  du  gaz  dans  lequel  ils  se  diffusent.  Le 
second  gaz  B  n'a  pratiquement  aucun  mouvement  en  circulant  clan> 
un  tube,  sauf  le  long  de  l'axe,  que  nous  prenons  comme  axe  des  :. 
La  notation  peut  donc  être  simplifiée  et,  dans  ce  qui  suit,  nous  dési- 
gnerons par  : 

n  le  nombre  des  ions  par  cenlimètre  cube; 

p  leur  pression  partielle  : 

e  la  charge  d'un  ion; 

X,  Y,  Z   les  composantes  de  la  force  électrique  en  un  point  : 

w,  c,  iv  les  composantes  de  la  vitesse  des  ions; 

W  la  >itesse  du  gaz  B  circulant  dans  le  tube; 

a  le  rayon  du  tube; 

K  le  coefficient  de  diffusion  de  A  dans  B. 

Les  équations  différentielles  du  mou>ement  sont  : 

I  Op 

K  '^  Or 

i  dp  \ 

Quand  l'étal  permanent  est  atteint,  p  est  constant  par  rapport  an 
temps  en  tous  les  points  du  tube,  et  Téquatlon  de  continuité  de\ieni 

r>    .  ô  0 

-p  peut  être  négligé  dans  la  troisième  équation,  car  c'est  une  quantil»' 

petite  en   comparaison  des  autres  termes  :  ainsi,  dans  la  pratique- 

— (-  est  de  Tordre  de  -'7,  W  =  lou  et  K  =  o,o3  ;  de  sorte  que  -^  ^'^^ 
p  Oz  -"'  '      '  ^       ôz 

seulement  de  l'ordre  de  ,„' .    de  t  /AV. 


LA   DIFFUSION    DES    IONS   DANS    LKS  GAZ.  925 

Dans  le  cas  actuel,  on  a  ' 

a* 

\  étant  la  \itesse  moyenne,  définie  par  la  condition  que  le  volume 
total  de  gaz  B,  qui  tra\erse  une  section  quelconque  du  tube  pendant 
le  temps  t,  soit  égal  à  Tza-Y t.  Si  Ton  se  borne  au  cas  où  les  ions 
posilifs  et  les  ions  négatifs  sont  en  nombre  égal,  les  forces  X,  ^  ,  Z 
•^annulent,  et  Téquation  à  laquelle  satisfait  p  devient 

ou  bien,  en  l'exprimant  en  coordonnées  cylindriques, 

^à^p  dp       i\ r-      .        .   t)p 

ôr^  Or         «*  K  Oz 

Nous  de\ons  trouver  une  solution  de  cette  équation  qui  satisfasse 
aux  conditions  suivantes  : 

p  =  p^^  quand  5  =  0,  pour  toutes  les  valeurs  de  /',  puisque  A  est 
di>lribué  uniformément  dans  le  gaz  B,  à  l'entrée  du  tube. 

p  =z  o  quand  r  =  a,  pour  toutes  les  valeurs  de  ;;,  puisque  A  est 
al>M)rbé  en  arrivant  au  contact  des  parois. 

Posons 

p  =  ^e       «V    ", 

z  étant  une  fonction  de  r,  et  6-  une  constante  à  déterminer  ultérieu- 
rement. 
En  substituant  à  p  cette  >aleur  dans  l'équation  (i),  il  vient 

d^  o  ào 

dr>  Or  ^  ^^ 

On  peut  trouver  une  solution,  M,  développée  en  série. 
Soient 

trois  termes  consécutifs  du  développement  de  M  suivant  les  puis- 
sances de  r. 
La  substitution  dans  (i;i)  nous  donne,  en  égalant  à  zéro  le  coefficient 

de  r^"^* , 

(  /TU-  4  )»  A„,^_4  -^  0«  a>  A,„^.,  —  0»  A;„  =  o. 

SiA;„^4r'"+*  est  le  premier  terme  de  M,  (m -h  4)^  doit  être  nuK 


'ijlS  J.-S.    TOW.NSEXD. 

Par  suite,  le  premier  terme  doit  élre  une  constante  que  nous  pren- 
drons égale  à  i.  Ainsi 

eij  par  suite,  B{,  B^,  Bj,  . . .  sont  donnés  par  les  équations 

4Bi-H0«a«  =o, 

i6B,-+-eîa2Bt  — 0«      =o, 
3GB3-hO*a2Bi— 0*B,  =  o, 


2.  Si  l'équation  (3)  est  mise  sous  la  forme 


»'  — K:)'-n(s)'-^(;) 


la  relation  entre  trois  coefficients  consécutifs  quelconques  devient 

et  il  est  facile  d'en  déduire  que  la  série  trouvée  pour  M  est  conver- 
gente . 

En  effet,  supposons 

et  soit 

Alors  on  a 

S  S 

?/*< —  el  ?«-Hi< 

'in  ^  in 

De  même, 

S  S 

En  procédant  de  cette  façon,  nous  voyons  que 

a  ^  1^ 

^"■^*"*       ^n{n  -r-  'A)  {n  ^  ^). .  .{n  -h  :3Lm)' 

d'où  résulte  que  la  série  (3)  est  convergente. 

3.  L'équation  (2)  a  une  seconde  solution  indépendante  N  que 
l'on  peut  trouver  à  l'aide  de  la  solution  o  =:  M,  car  la  solution  com- 
plète est  de  la  forme  aM  -1-  ^N. 

On  verra,  d'après  ce  qui  suit,  que  la  solution  N  devient  infinie 


LA   DIFFUSION   Dli:S   IONS   DANS   LES   GAZ.  927 

i|uand  /•  s'annule;  de  sorte  que  l'on  doit  la  négliger  quand  le  gaz  A, 
comme  c'est  le  cas,  s'étend  jusqu'au  centre  du  tube. 
En  substituant  à  cp,  dans  l'équation  (2), 


on  obtient 


ou  bien 


N  =  M  a, 

m«  .  <^*w  .  ^M  au         _,  du 

Mr*  -T-;  -f-  'i.r^  -T-\ ^  '*M  -—  =  o, 

d/-*  or    dr  or 


i      d^u        2   c^M        I 


-^— :   -+-  in   —. 1 =  0 


du     dr'         M    dr        r 
57 


dont  rintégration  donne 


el,  par  suite, 


rM*—-  =  c 
dr 

r  dr 

En  développant  -^^  en  fractions  partielles  et  en  intégrant,  on  voit 

que  u  contient  un  terme  clogr,  de  sorte  que  N  devient  infini  quand 
r  =  o. 

Donc,  p  ne  peut  contenir  N  dans  son  développement,  el  nous 
obtenons 

\\)  p  =2coMoc       *^'   ". 

La  condition  aux  limites  jo  =  o,  quand  /'  =  a,  exige  que  l'on  choi- 
sisse des  valeurs  de  9*  annulant  Mo  quand  r=  a. 

Si  l'on  remplace  /•  par  a  dans  la  fonction  M,  on  obtient  une  fonc- 
tion de  6^a*  avec  des  coefficients  numériques.  Soient  Xt^  Xa?  ^^a?  •  •  • 
les  valeurs  de  6*  a*  qui  satisfont  à  l'équation 

M(r=a)  =  O, 

et  soient  6|,  62?  63,  ...  les  valeurs  correspondantes  de  8.  L'équation  (4) 
devient 


4.  Avant    de   procéder  à   la    détermination   des    coefficients   C|, 
Ci,  ...,  il  est  nécessaire  de  démontrer  quelques  propriétés  générales 


928  J.-9.    TOWXSKND. 

de  la  solution  de  Téquation 

/(x,j%  z)  étant  une  fonction  quelconque  de  J?,.r,  «  (*)• 

Soient  o,i  et  »„'  des  solutions  correspondant  aux  valeurs  6„  et  &«•  du 

paramètre  6. 

D'après  le  théorème  de  Green,  on  a 

f  /   ,/   l?"'^?"'""  9n'^?n]àx  dy  dz  =jj{^^n  '-^  —  ?'^;  j  ^S. 

Supposons  que  H„  et  ft;,-  soient  des  ^aleu^s  de  6  annulant  o„  et  Zp- 
sur  la  surface  S  qui  limite  l'espace  auquel  est  étendue  Tintégrale 
triple  précédente.  Dans  ces  conditions,  l'intégrale  de  surface  s'annule 
et  Ton  obtient,  en  substituant  à  As»  et  A(^«'  leurs  valeurs 

(6a)  W  —  K')  f  j  j  9n<^n'f{T,y,z)dxdydz=.o, 

d'où  résulte  que  l'intégrale  triple  s'annule  quand  6„  et  6,/  sont  diflV- 
rents  l'un  de  l'autre. 

Supposons  que  ©„'  soit  obtenu  à  l'aide  de  o,,  en  changeant  6J  en 
6jJ  4-  ^6'^,  le  théorème  de  Green  donne 

de  sorte  que 

((v.)  Jff^lAx,y,z)dxdydz=JJp^'^  ^rfS. 

Nous  avons  aussi 

d'où  l'on  dcdiiil 

(fie)  nfJJ<>nAx,y,  z)  dx  dy  dz  =_ /Y^rfS. 


(')  El  A  (notation  française  ordinaire  au  lieu  de  V')  désignant 

^        È^       EL. 
dx"^       dy^       dz^ 

{Note  du  traducteur.) 


i 


LA   DIFFUSION   DES  IONS  DANS  LES  GAZ.  gJtQ 

o.  Prenons  pour  f(x^y^z)   la    fonction   a- — /•-   et   pour  '^  une 
fonction  de  la  coordonnée  cylindrique  r. 
L'équation 

se  réduit  alors  à 


?  Tr  ("S)  -<»■ 


r»)o  =  o, 


de  sorte  que  l'on  peut  remplacer  o  par  M  dans  les  trois  équa- 
tions (6rt),  (db)  et  (T)^).  Si  les  intégrales  doubles  sont  étendues  à  la 
surface  du  cylindre  de  rayon  a,  on  obtient 


«7a)  /      M«M«'(a«— /•*)r«^r  =  o, 

De  ces  trois  équations,  on  peut  tirer  les  coefficients  C|,  c^,  .... 
Puisque  />  =  /7o,  quand  -3  =  o,  on  a 

/?o  ^  C|  Ml  -+-  Ci  M  j  -i- . . . . 

Multiplions  cette  identité  par  M,i(a'^ — r-)/'rfr,  et  intégrons  de 
r=z  ok  r  =  a^  nous  obtenons 

et,  par  suite, 


a 


0 
cl 


A  rentrée  du  tube,  la  quantité  du  gaz  A,  par  centimètre  cube,  est 
proportionnelle  à  />o?  de  sorte  que  po^^a'^V  est  proportionnel  à  la 
quantité  du  gaz  A  qui  entre  dans  le  tube  par  seconde  (quantité  déter- 
minée par  la  valeur  de  la  conductibilité  quand  A  est  constitué  par 
'les  ions). 

La  quantité  de  A  qui  traverse  par  seconde  une  section  située  à  la 


ySo 


J.-S.   T0WXSE3C». 


di^itance  z  de  Torigine  esl  proporlionneik-  » 


uan- 


/  «'-^«lu*  iij  valeur  donnée  par  réquatlon    *  _  IL*  r.mjMirî  lî  ciflaq 
ne  Cil  ^vz   \  traversant  une  section  >ilo^  à  Ai   dh^umuf  i;.  àcellequi 
-rain*   ucL--  .*■  tuti«,  est 


4       / 


r  ■£,-.. 


-::ii    ^*fnnf^*anf   p  p;»r  ta  %  ri  leur  et   en   tea;*x.*.   (îomptf   df  léqua- 
(1    —    .    i     .eat 


_-     •.l'-'ir*'    le  ^t  idmiMble^  ^int  leî»  racine^  de  Féquiilion 

■—^LT-'-r-      •inmr-    lae  étpiatiiia  en  h, 

a    ««-^ii    -nniiirrpier  ici  «pi^f  ri  [♦?  jpiz  A.  ^  Fenlrée  du  tube,  éuil 
r-^r-i  :r-  -.  mvcTV  la  -pjftttiiia  '«li'v.iat  la  loi  />  =  y  (r  .  y  désiirnaalune 
■  LL». ':   a    nirîriiupie.   lei-  «:  leriine^at^^  du  développement  de /y  dans 
•.•i^w-n    '    -^raitîiit  d**terniin;»f>Leî' ^u  niuven  de  lidenlité 

t  ^f   =  •:   n  —  ♦I.M*-- 

-,    -ft    — >  .  on  v«>it  tpie  I  •>n  a 


.'•.•       V      vl'l 


1l->->*. 


^  » 


'^  '    -ZT^  I 


Pir  -;iii»-.  lae  rbactioa  quelconque  y  peut  être  développée  en  une 

•-*ti  peuc  \-'ir.  l'^àilieurs.  d'uprês  les  équations  ((]„)  et  (f)^),  queyi/) 
peat  étr^  Je\ei«>pptf^  en  une  >**rie  de  fonctions  o^  o  étant  une  solu- 
tîrm  d** 

-   —  t  r —  \  —h*f{  r)z>  =  o, 
r  'T         jr 

r:e4  \;ilenr-  ije  h  étant  rh«M">ies  de  façon  à  annuler  'jj  sur  la  paroi  du 
cjlindre  auquel  s  applique  la  distribution  y. 


LA   DIFFUSION    DES   IONS   DANS  LES  GAZ.  98 1 

6.  Avant  de  déterminer  les  racines  de  l'équation 

M,.=a  =  o, 

il  esl  utile  d'établir  les  deux  propositions  suivantes  : 
j'*  Tous  les  coefficients  de 


L  C^O»    Jr=a 


dans  le  développement  de  R  donné  par  (9),  sont  positifs  et  ont  pour 


somme  j  ; 


2°  Toutes  les  racines  de  l'équation 

Mr=a  =  o 
sont  positives. 

Quand  3  =  o,  on  doit  avoir  R  =  i ,  de  sorte  que 

àMn 


\^      '      I      ^'^      I      —  ' 

L    06Î    Jr=a 


On  a  aussi,  par  suite  de  (7*), 


dr 

I 

\  àr  ) 

1 

(?)■ 

dMi 

r=^a 


Cette  dernière  expression  est  essentiellement  positive,  puisque  r 
esl<a;  donc,  dans  la  série  (9),  aucun  des  coefficients  ne  peut  être 
plus  ^rand  que  {  diminué  de  la  somme  des  coefficients  précédents. 

La  seconde  proposition  se  démontre  facilement  par  une  méthode 
géométrique  qui  montre  que,  si  6'*  est  négatif,  M^-»  est  une  quantité 
positive  plus  grande  que  l'unité. 

Les  premiers  termes  de  M  sont 

M  =  I 7-r»-f-  -r  (Ô«H 7-  )r^-+- 

4  16  \  4     / 

Supposons  6^<;o,  et  traçons  une  courbe  en  prenant  r  pour  ab- 
scisse j:  et  M  pour  ordonnée  y. 


9^2 


J.-S.    TOWNSEND. 


^1  X  =  o  : jK  =  I  î  ^  ==  o  et  ^-^  >  o  ;  par  suite,  la  courbe  coupe 

l'axe  des  y  à  l'unité  de  distance  de  l'origine,  la  tangente  à  la  courbe 
en  ce  point  est  parallèle  à  Taxe  des  x,  et,  quand  x  croît,  la  conveiilê 
est  tournée  vers  l'axe  des  x. 

De  l'équation  difl'érentielle  de  la  courbe, 


ar»-T-^  -^  oc-f-  =— 0*(a>— ir*)a:'*^', 


dx^ 


dx 


on  peut  facilement  déduire  qualitativement  la  forme  que  prend  la 
courbe  quand  r  croît  de  o  à  a. 

On  a  vu  que,  au  début,  quand  x  est  petit,  Xt  -^  ^^  j  V  ^^^^^^^ 
quantités  positives.  Supposons  que  ~-  puisse  être  négatif  pour  des  va- 
leurs de  r  inférieures  à  a,  la  courbe  prenant  la  forme  de  la  ligne poin- 
tillée  de  la  figure  i;  ^>  d'abord  positif,  puis  négatif,  doit  s'annuler 
dans  l'intervalle  pour  une  valeur  x^=.  b. 

Fig.  I. 


L'équation  différentielle  donnerait  alors 


b^ 


dx^ 


=  -.9t(aî_^,î)6îY. 


Par  suite,  -%— 7  est  >  o;  par  suite,  en  se  déplaçant  le  long  de  Taiedes 

x  dans  la  direction  des  x  positifs,  la  rourbe  recommence  à  tourner  sa 
convexité  vers  l'axe  des  a*,  de  sorte  que  j)' va  en  croissant  :  ceci  nionlri' 

que  -j-  ne  peut  être  négatif  pour  aucune  valeur  de  x  comprise  entre 

o  et  a.  Par  suite,  la  courbe  doit  avoir  une  forme  analogue  à  celle  de 


LA   DIFFUSION   DES  IONS  DANS   LKS  GAZ.  qSS 

la  courbe  tracée  en  traits  continus,  la  valeur  de  y  pour  x=:  a  étant 
plus  grande  que  la  valeur  Ae  y  k  Toriglnc.  Donc,  la  fonction  Mr=«  ne 
peut  s'annuler  pour  aucune  valeur  négative  de  Ô'-*. 

7.  Si  l'on  fait  r  =  a  dans  M| ,  l'expression  devient  une  fonction 
deOV/^  avec  des  coefficients  numériques.  Les  deux  plus  petites  ra- 
cines de  Téqualion  Mr=rt=  o  sont  , 

eîa^=7,3i3 
et 

0|a^=  44,56, 

que  l'on  trouve  en  développant  M  suivant  les  puissances  croissantes 
de6^a*.  Pour  la  détermination  de  ces  racines,  huit  termes  du  déve- 
loppement ont  été  trouvés;  les  racines  plus  grandes  ne  peuvent  pas 
être  déterminées  commodément  par  cette  méthode;  mais,  pour  le  but 
que  nous  nous  proposons  ici,  il  n'est  pas  nécessaire  de  les  calculer, 
car  les  termes  qu'elles  introduiraient  dans  R  sont  inférieurs  aux  er- 
reurs d'expérience. 
Les  autres  valeurs  numériques  nécessaires  sont 

ftr~î  (  ~r~  )        =o,i3.;.i,  rrî~7     "7~"J        =o,o3o2, 

'W  suite, 

i.         f»        ,/  o.ii'îi  —- — Y^r  o,o3o2  Tî^  \ 

\7,3i3  X  0,09-20  44, ^<5  X  0,07.79  / 

Celte  formule  est  valable  pour  les  gaz  en  général  quand  le  gaz  ab- 
ï^orljc  existe  en  faible  quantité.  Cette  restriction  est  nécessaire,  car 
'effet  (le  la  gravité  troublerait  la  distribution  de  pressions  donnée  par 
'♦'qualion  (8),  en  particulier  quand  les  gaz  A  et  B  ont  des  densités 
très  différentes. 

Nous  conclurons  donc  de  ce  qui  précède  que  :  lorsque  deux  gaz  A 
't  B  sont  mélangés  et  circulent  dans  un  tube  dont  la  paroi  absorbe  A, 
e  rapport  de  la  quantité  du  gaz  A  qui  sort  du  tube  à  celle  qui  y  entre 
st  égal  à 

4\o, 1952e    »"*v  -HO, 0243c    »«'v  -+-...y, 
désignant  le  rayon  du  tube;  5,  sa  longueur;  K,  le  coefficient  de  dif- 


934  J.-S.   TOWNSEXD. 

fusion  mutuelle  des  deux  gaz,  et  V,  leur  vitesse  moyenne  dans  le 
tube. 

La  vitesse  est  plus  grande  au  centre  qu'à  la  surface  du  tube,  ce  qui 
a  pour  elïet  d'accroître  la  quantité  de  A  qui  sort  du  tube  avec  B.  On 
peut  le  voir  (*),  en  comparant  la  formule  (lo)  à  la  fonction 


«»V  fi         rt«V 


e       "  '  e 


qui  donne  la  valeur  du  rapport  de  la  quantité  du  gaz  A  sortant  du  luhe 
à  celle  qui  y  entre,  dans  l'hypothèse  où  les  gaz  auraient  la  même  vitesse 
en  tous  les  points  de  la  section. 

Si  un  gaz  contenant  des  Ions  distribués  uniformément  possède  une 
conductibilité  Ci,  après  avoir  circulé  dans  un  tube  de  longueur/,,  et 
une  conductibilité  Cj,  après  avoir  circulé  dans  un  tube  de  longueur /i- 
Téquation  (lo)  montre  que  l'on  a 

7,3»  K/t  44,5  K/t 


C,    _   0,195e       '^'V    -|-0,024g       '*''^ 

8.  Quand  l'ionisation  est  produite  par  les  rayons  de  Rontgen, 
rapport  —  peut  être  déterminé  pour  la  plupart  des  gaz  en  prenant 

/,  =  10'''",         /j  =!«'",         a  —  o^'^^x^        et         V  =  100*"  par  seconde  cnvin 


En  posant 


c,  7,3iK/i 

~  =7        et        ''    ^-,     =x, 


on  a  déterminé  les  valeurs  de  y  correspondant  à  une  série  de  valcun' 
de  X  et  tracé  la  courbe  représentant  la  relation  entre  x  cl  y.  La  figure  2 
donne  la  partie  de  la  courbe  comprenant  les  valeurs  trouvées  expéri- 
mentalement pour  j^  (le  rapport  j-  ayant  la  valeur  10  j,  et  Ton  peut 

en  déduire  immédiatement  les  valeurs  de        .,,  ^  » 


(•)  John  S.  Townsknd,  Phil.  Mag.,  l.  XLV,  juin  1898. 


LA   DIFFUSION    DES   IONS    DANS   LES  G\Z. 


935 


Après  avoir  rircuir  dans  un  liibc  loiij;  de  lo*^™,  riiydrogône  av«iit 
ne  conduclihililé  lellement  n'Mliiile  qu'elle  ne  pouvait  plus  èlre  déter- 


"•«^^avee  préeision.  Il  a  donc  fallu  employer  un  autre  appareil  dans 
'e|  on  avait 


rig.  3. 


07 
0.6 

y 

\^ 

0.4 
0.3 
0.2 


v^ 

1 

•1 

^^ 

Col 

tre  Kei 

orésen 
'  y  quai 

tant  lai 

7<ftf'4 

relatioi 
h- 

' 

^ 

> 

0. 

5           0. 

•lftï|,o 

7 

0. 

B         0 

.9         t. 

0        1 

1         1. 

2         1. 

3        1,4 

ourbe  de  la  figure  3  se  rapporte  à  ce  cas  (le  rapport  ,^  avant  la 


936 


J  -s.   TOWXSEXD. 


DELXFKMK  PARTIE. 

DKSCRIPTION    DK   l'aPPAREIL. 

La  fi«;;ure  4  rcprésenle  Tappareil  employé  dans  les  expériences 
faites  avec  Tair.  11  consislait  en  un  tube  de  laiton  A,  ayant  5o'^"de 
longueur  et  3*''",  2  de  diamètre,  muni  d'une  fenêtre  W  que  pou- 
vaient traverser  les  rayons  provenant  d'un  tube  de  Crookes,  B.  Un 
second  tube  de  laiton  C,  long  de  17*^",  s'adaplait  hermétiquement  au 
premier  et  pouvait  être  placé  dans  toute  position  voulue.  La  lige  F, 
fixée  àTéleclrode  E,  traversait  le  bouchon  d'ébonile  D  qui  l'isolail 

Fi  g.  4. 


f 


.^ 


*    » 


du  lube  C.  L'électrode,  n'ayant  pas  d'autre  support  que  D,  pouvail 
ainsi  être  placée  dans  n'importe  quelle  position  à  l'intérieur  du  tube  A, 
quand  on  faisait  glisser  le  tube  C.  On  avait  soudé  à  rexlréiniu*  du 
tube  C,  en  travers  de  sa  section,  une  série  de  fds  métalliques  très  fins 
(diamètre,  o™'",i),  parallèles  entre  eux  et  à  des  intervalles  de  a""". 
Nous  verrons  le  but  de  ce  réseau  en  parlant  de  la  recombinaison. 

Le  gaz  pénétrait  dans  l'appareil  par  le  tube  de  verre  G  et,  avant 
d'atteindre  l'électrode,  circulait  dans  les  tubes  T|.  Ces  tubes  étaient 
soudés   dans   des    trous    percés    dans    deux  disques  de   laiton  a,  3; 
ceux-ci  s'adaptaient  exactement  à  Tinlérieur  du  tube  A,  de  sorte  que 
le  gaz  ne  pouvait  passer  entre  les  disques  et  le  tube.  Les  trous,  au 
nombre  de  douze,  étaient  situés  sur  un  même  cercle  concentrique  au 
disque  et  équidistants.  Deux  de  ces  douze  tubes  parallèles,  ayant  10'" 


L\  niFPlSlON  DHS  IONS  DANS  LKS  GAZ.  937 

de  longueur  et  o'"",3  de  diamètre,  sont  visibles  sur  la  figure.  Grâce  à 
la  symélrie  de  ce  dispositif,  on  était  sûr  d'avoir  des  vitesses  iden- 
tiques dans  chacun  des  petits  tubes.  Douze  autres  petits  tubes,  de 
même  diamètre,  mais  longs  de  i*^'"  seulement,  étaient  soudés  dans  le 
disque  y. 

Uampoule  B  et  la  bobine  de  Ruhmkorff  étaient  renfermées  à  Tin- 
lérieur  d'une  boîte  L  couverte  de  plomb.  Une  ouverture  rectangu- 
laire ménagée  dans  la  boîte  et  dans  le  plomb  laissait  passer  les 
rayons.  Le  revêtement  de  plomb  empêchait  les  rayons  de  tomber  sur 
d'autres  parties  de  l'appareil  que  sur  la  fenêtre  d'aluminium  W  et 
protégeait  aussi  le  fd  reliant  F  à  Télectromètre  contre  toute  influence 
électrostatique. 

Le  tube  A  était  soutenu  par  deux  anneaux  d'ébonite,  R  et  R', 
reposant  sur  le  plomb  L  et  servant  aussi  à  isoler  le  tube.  On  portait 
le  potentiel  du  tube  à  80  volts  en  le  reliant  à  l'un  des  pôles  d'une 
batterie  de  ^o  accumulateurs  dont  l'autre  pôle  était  relié  au  sol. 
L'électrode  E  était  reliée  à  l'une  des  paires  de  quadrants  d'un  élec- 
troiTîètre,  l'autre  paire  et  la  cage  étant  reliées  au  sol. 

Pour  obtenir  un  courant  d'air  uniforme,  le  tube  G  était  relié  à  un 
gazomètre,  et  l'on  pouvait  calculer  la  vitesse  du  gaz  dans  les  tubes  T 
en  observant  la  vitesse  avec  laquelle  le  cylindre  du  gazomètre  descen- 
dait. Quand  Tampoule  de  Crookes  fonctionne,  le  gaz  de\ient  conduc- 
teur en  passant  devant  la  fenêtre  d'aluminium,  et  les  ions  sont 
entraînés  avec  le  courant  d'air  à  Tintérieur  des  tubes  Ti.  En  circidant 
dans  ces  tubes,  quelques-uns  des  ions  sont  déchargés  par  les  parois; 
les  autres  sont  enlevés  en  pénétrant  dans  le  champ  de  force  créé 
par  la  différence  de  potentiel  de  80  volts  entre  l'électrode  et  le 
tube  C.  On  \oit  qu'aucune  force  extérieure  n'agit  sur  les  ions  avant 
«ju'ils  ne  sortent  des  tubes  T|,  car  toutes  les  parties  de  l'appareil, 
sauf  E,  sont  reliées  métalliquement  au  grand  tube  A. 

Quand  le  potentiel  de  A  e^t  positif,  les  ions  chargés  positivement 
sont  recueillis  par  l'électrode,  et  la  déviation  de  l'aiguille  de  l'électro- 
mètre  est  proportionnelle  au  nombre  de  ces  ions  qui  ont  pu  sortir  des 
petits  tubes.  Les  ions  négatifs  sont  recueillis  par  Télec'trode,  si  le 
potentiel  de  A  est  négatif. 

Si  le  mouvement  du  gaz  le  long  de  l'électrode  était  permanent, 
une  différence  de  potentiel  de  quelques  volts  entre  l'électrode  et  le 
tube  suffirait  pour  enlever  tous  les  ions  du  gaz.  Cependant  tel  n'est 
pas  le  cas,  à  cause  des  remous  violents  qui  se  produisent  dans  le  mou- 
vement du  gaz  à  sa  sortie  des  tubes  T|,  de  sorte  qu'il  est  nécessaire 


038 


J.-S.    TOWNSEXD. 


(l'employer  une  grande  force  élcctroniolrice  pour  obtenir  le  maximum 
(le  déviation  sur  réchelle  de  réleclromètre;  en  employant  une  diffé- 
rence de  potentiel  de  ,{o  volts  au  lieu  de  80  volts,  les  dt^viations 
n'étaient  pas  sensiblement  changées;  par  suite,  tout  voltage  compris 
entre  /\o  et  80  serait  suffisant  pour  enlever  tous  les  ions. 

()uand  on  voulait  trou\er  la  conductibilité  de  l'air  ayant  circuit' 
dans  les  tubes  courts  Ï2j  on  enle\ait  les  tubes  ï|,  on  remplaçait  le 
disque  a  par  le  disque  y  <>t  l'on  approchait  l'électrode  du  disque  afm 
que  la  force  électrique  agît  sur  l'air  immédiatement  après  sa  sortie 
des  tubes  Ï2. 

La  figure  5  représente  la  section  horizontale  de  l'appareil  qui  a 
servi  pour  les  expériences  faites  avec  roxy^(*ne,  l'hydrogène  et  le 
gaz  carbonique.  Il  consistait  en  deux  longs  tubes  A<  et  Ao,  tous  les 


Fis.  3. 


deux  exactement  pareils  au  tube  A  de  la  figure  4«  L'un  d'eux  conte- 
nait les  tubes  longs  T^  et  l'autre  les  tubes  courts  To.  Les  tul)es  G 
et  H  étaient  reliés  à  deux  gazomètres,  de  sorte  que  le  gaz  pouvait 
passer  de  l'un  à  l'autre  soit  par  le  tube  \|,  soit  par  le  tube  A2.  Les 
deux  tubes  étaient  fixés  solidement  dans  deux  morceaux  rectangu- 
laires d'ébonite  R  et  R'  reposant  sur  la  boîte  contenant  l'ampoule. 
Deux  glissières  en  bois  vissées  sur  cette  boîte  guidaient  exactement 
les  supports  d'ébonite,  de  sorte  qu'un  déplacement  latéral  de  l'appa- 
reil permettait  d'amener  exactement  au-dessus  de  l'ampoule,  soit 
l'une,  soit  l'autre  des  deux  fenêtres  Wi,  W2. 

Il  a  été  nécessaire  de  placer  à  l'intérieur  de  chacun  des  tubes,  qui 


LA   DIFFUSION   DRS   IONS   DANS  LF.S   GAZ.  qSq 

élaienl  en  laiton,  un  cylindre  daluminium  sélcndanl  de  P  à  P'  pour 
empèclier  les  rayons  de  tomber  sur  les  surfaces  intérieures  de  ces 
tubes.  Avant  Tintroduction  de  ces  cylindres,  des  expériences  avaient 
t'ié  faites  pour  chercher  si  Tionisalion  produite  dans  un  courant  d'air 
rirculaul  dans  A|  était  égale  à  l'ionisation  produite  dans  un  courant 
<rair  Identique  circulant  dans  A 2,  et  Ton  avait  trouvé  une  dillcrence 
considérable  entre  les  deux  conductibilités  dans  les  deux  cas.  Cette 
iné^aHté  n'était  pas  due  aux  différences  d'épaisseur  des  feuilles  d'alu- 
minium couvrant  les  deux  fenêtres,  mais  devait  être  attribuée  à  des 
«liflerences  dans  l'état  des  surfaces  des  tubes  de  laiton  en  face  des 
fenélres. 

J.  Perrin  (*)  a  montré  que  l'ionisation  produite  par  les  rayons  de 
Runlgen  dans  un  gaz  au  contact  d'un  métal  augmente  considérable- 
ment quand  on  fait  tomber  les  rayons  normalement  sur  la  surface 
mélallique.  Cet  effet  est  différent  pour  les  divers  métaux  et  dépend 
aii>si  de  Tétat  de  la  surface.  D'après  I^errin,  il  ne  se  produit  qu'un 
très  faible  accroissement  de  la  conductibilité  quand  les  rayons  tombent 
jur  une  surface  d'aluminium.  Or,  on  a  trouvé  que  la  différence  des 
ronductibilités  primitivement  observée  disparaissait  entièrement 
quand  on  plaçait  les  deux  cylindres  d'aluminium  à  l'intérieur  des 
luhes  A,  et  Aj. 

Marche  des  expériences. 

A\ec  le  premier  type  d'appareil,  on  procède  comme  il  suit  :  le 
luhe  A  est  porté  à  un  potentiel  de  -f-  80  volts,  et  la  paire  de  quadrants 
reliée  à  l'électrode  est  isolée.  On  fait  alors  passer  le  courant  d'air 
provenant  du  gazomètre,  et,  quand  il  a  atteint  une  vitesse  permanente, 
on  fait  fonctionner  la  bobine  et  l'ampoule  pendant  un  temps  déter- 
miné (généralement  20  secondes)  et  l'on  obtient  une  déviation  de  rit 
divisions  sur  l'échelle  de  l'électromètre. 

En  chargeant  A  au  potentiel  de  —  80  volts,  et  en  répétant  la  même 
^•xpérience,  on  obtient  une  déviation  n\  en  sens  contraire. 

On  enlève  alors  les  tubes  T|,  et  on  les  remplace  par  les  tubej? 
courts  Ta  ainsi  qu'il  a  été  dit.  On  effectue  deux  expériences  sem- 
Mables,  avec  un  courant  d'air  identique,  et  une  même  durée  de  pro- 
duction des  rayons  de  Riintgen  ;  on  obtient  des  déviations  plus  con- 
>idérables  n^  et  z?!,. 

(')  Comptes  rendus  de  r Académie  des  Sciences,  t.  C\XIV,  p.  453. 


{)io  j.-S.   T0WN8END. 

On  répète  alors  ces  quatre  expériences  plusieurs  fois,  et  Ton  prend 
la  valeur  inovenne  des  observations,  afin  d'éliminer  les  erreurs  pro- 
venant de  la  variation  d'intensité  des  rayons.  On  a  trouvé  la  constance 
de  l'ampoule  améliorée  en  laissant  s'écouler  un  temps  déterminé  (3  mi- 
nutes )  entre  deux  expériences  consécutives.  En  prenant  cette  précau- 
tion, on  pouvait  obtenir  des  rayons  constants  à  —^  près  pendant  lïn- 
tervalle  d'une  heure.  Quand  on  emploie  le  second  appareil,  onoblienl 
les  nombres  /i,  et  n\  en  envovant  le  gaz  dans  le  tube  A|,  et  en  déter- 
minant les  déviations  produites  quand  les  rayons  tombent  sur  la  fenêtre 
\\  ,  pendant  ao  secondes.  Pour  obtenir  n^  et  /i!,,  il  faut  seuleinenl 
faire  glisser  l'appareil  jusqu'à  ce  que  la  fenêtre  W-j  vienne  au-dessus 
de  l'ampoule,  et  répéter  les  expériences  a\ec  l'électrode  Ea  reliée  à 
l'une  des  paires  de  quadrants  de  l'électromètre,  le  courant  gazeux 
circulant  dans  le  tube  X^. 

Correclion  nécessitée  par  la  recombinaison  des  ions. 

I.esi  déviations  de  rélectromètre  sont  proportionnelles  au  nombre  des  ion? 
reouoillis  par  réiectrode.  Soit  —  le  facteur  de  proportionnalité  :  c/ij  ions  fran- 
chissent la  section  d'abscisse  i^^^et  c/ii  ions  la  section  terminale  d'abscisse  lo* 
du  tube  T|  ;  les  c(/ii — /ii  )  autres  ions  sont  perdus  dans  l'intervalle,  la  plupart 
recueillis  par  la  paroi  le  long  des  9  derniers  centimètres,  les  autres  recombi- 
nés. Soit  cM  le  nombre  des  ions  positifs  recombinés.  Le  rapport  yj  au  lieu 

d'être  pris  égal  à  —  doit  être  corrigé  et  pris  égal  à —'  (On  peut  négliger 

la  recombinaison  produite  dans  le  tube  Tj,  long  de  i''".) 

Pour  déterminer  cette  correclion,  on  enlève  de  l'appareil  de  la  figure  S  les 
petits  tubes  Ti  et  Tj;  on  place  les  réseaux  métalliques  en  avant  des  élec- 
trodes K|  et  Es,  à  des  distances  respectives  dy  et  di  (12''"'  et  3*")  dos  fenêtres  W|, 
Wj,  devant  lesquelles  le  gaz  est  ronlgénisé.  Ces  réseaux  étant  reliés  niélalli- 
qucment  aux  tubes  Ai  et  A,,  le  champ  est  nul  tant  que  le  gaz  n'a  pas  franchi 
le  réseau.  On  lit  les  déviations  \|  et  N*  produites  dans  les  deux  cas;  le  gaz  cir- 
culant et  étant  ionisé  d'abord  dans  le  tube  Ai,  puis  dans  le  tube  A*.  Comme 
le  tube  est  très  large,  la  perle  de  conductibilité  peut  cire  considérée  comme 
due  uniquement  à  la  reconibinaison  des  ions.  On  détermine  le  temps  T  t-coule 
entre  le  passage  aux  sections  d'abscisses  di  et  d^^  d'après  la  vitesse  du  gaz.  qm 
reçoit  la  même  valeur  que  dans  l'expérience  principale.  Connaissant  .NV  ^i 
et  T  on  tire  a  de  l'équation 

l  I  rp 

>  i         '^  î 
obtenue  en  intégrant 

dt  ~  ' 


LA   DIFFUSION'    DKS    IONS   DANS   LES   GAZ.  94 1 

qui  donne  la  vitesse  de  recombinaison  c--j-  des  ions  (*).  D*autre  part,  si  la 

recombinaison  est  négligeable,  on  a  approximativement,  d'après  la  formule  (lo) 
de  la  première  Partie, 

6  étant  le  temps  écoulé  entre  les  pa^^sages  du  gaz  aux  deux  sections  d'abs- 
cisses If  (i'")  et  II  (lo""). 

Le  nombre  des  ions  recombinés  pendant  le  temps  dt,  en  une  section  où  la 
conductibilité  est  n,  est  uti^dt. 

Parmi  eux,  il  y  en  aurait  seulement  une  fraction  -^y  qui  ne  seraient  pas 

recueillis   par  la   paroi  avant  d*arriver  à  l'extrémité  du  tube,  où  la  conducti- 
bilité e«t  n. 
On  a  donc  : 

^M  =  — ^  X  a  /l'c//  =  a  /Il  n  dt. 
n 

D'ailleur«, 

n  =  «t^-P', 

Il  • 
ou 

d\\  =  %nxnt€-^^  dt^ 
et 

M=   /     a/i,n,«?-?'rf/=  j- =  X  =, 

•^0  ?  ^^^^  T  /M 

Charge  acquise  par  le  gaz. 

Los  déviations  n\  obtenues  en  recueillant  les  ions  positifs  sont  supérieures 
aux  déviations  correspondantes  n\,  obtenues  en  recueillant  les  ions  négatifs. 
Le  gaz,  à  la  sortie  des  tubes  Tj,  a  donc  une  faible  charge  positive,  propor- 
tionnelle à  /Il —  n\.  Les  déviations  /it  sont  aussi  légèrement  supérieures  à  n\, 

,,  t.  /ii-l-M  ^    /l'i -»- M'     j         ,      .  ,       .-         ,._  , 

tnfin  on  trouve >  — • — ; :  donc  les  ions  négatifs  «e  dittusent  plus 

/ij  /ij 

vile  que  les  ions  positifs  (*). 

rési;ltats  numériques. 
!•  Coefficients  de  diffusion  des  ions  dans  les  gaz  secs. 

/-  /•  •./ X     /•  '    ,'f\  — ' '-'  Rapport  rr2. 

Gaz.  (loiis positifs),  (ions  ncgalifs).  i  '^'^        K, 

Air o,oa8  o,oi3  o,o3î7  i»54 

Oxygène o,025  0,0396  o,o323  i,58 

Gaz  carbonique.  o,o23  o,o'i()  o,0'i45  i,i3 

Hydrogène o,i-23  0,190  0,1  "iC  1,54 

(')  J. -J.  Thomson  et  E.  RuTHEni'oao,  P/iil.  Mag.,  novembre  1896,  Mémoire  traduit 
dans  ce  Recueil. 
r)  Cf.  J.  Zklkxv,  Pkil.  Mag.,  t.  XLV,  juillet  iSj^H. 


*+' 


J.-5.    TOW>-*:eXD. 


î'  Co4fJicienis  de  diffusion  des  ions  dans  les  ::az  humides. 


V.r 


(ioos  positif»).  C  ioo$  oégalifs). 

o,o32  o.o35 

o,oa88  o.o3>8 


K, 


< ^;«2  •!arb«>aiqiie.         o,<r24"î 
Hv.ipoîî»înt; o,  128 


0.02JJ 

0,142 


1 

Rapport  -i 

o.o333 

ï,09 

o,o323 

iM 

o,o-25 

\M 

o,i35 

1,11 

Li*>  Tibieaax  namériques  du  Mémoire  inontrent  que,  pour  Tair,  trois  séries 
r-xj>f  nciiiTtî^.  fîfffîctaée*  avec  des  intensités  diflTérentes  des  rayons  de  Rônlgco, 
•ne  'i*>nn»;  «ie^  valeurs  variant  : 

Pour  Kt de  0,028  à  0,0296 


^t 


Pour  K2 de  o,o43  à  o,o38 


<  H 


r.    a  «hanie  allant  en  croissant  de  '),6  à  24,  le  sens  des  variations  de  K| 
'*'    ir  li»  e*?t  bien  le  sens  prévu  :  augmentation  de  Ki  et  diminution  de  K*. 

Li  '••jacorrian«!e  e^t  trè»  bonne  entre  les  résultats  obtenus  avec  des  vitesses 
iilTérenle**-  'lu  «rourant  d'air. 
•Jii  \ait   (ue  la  vitesse  moyenne  de  diffusion  n'est  modifiée  que  très  légèrc- 

lueat  p^r  rhumiiJité.  mais  que  le  rapport  ^r-  des  coefficients  de  diffusion  des 

iou>  les  Jeux.  S4^ae<  est  beaucoup  plus  modillé.  Remarquer  aussi  que  les  deux 
or»ci'ticiout>  -le  «iitrus^ou  Ki  et  Kj  diffèrent  beaucoup  moins  dans  le  gaz  carbo- 
ttique  x;c  que  dan:»  les  trois  autres  gaz  également  secs. 

L'»\>:ièueet  le  ;:az  carbonique  contenaient  un  peu  d'air  :  il  n'y  avait  pas  à 
^<'»i  pi-r-ortMiper.  etjut  donné  que  les  valeurs  «le  K  diffèrent  peu  pour  ces  trois 
^.i/. :  ni  «:»»«trjire,  poar  l'hydrogène,  dans  lequel  les  vitesses  de  diffusion  sont 
i,  i  lois  plu<  :iruude'4  que  dans  fair,  on  a  tenu  compte  de  la  petite  quantité 
U  .lu  .  ,,^..  environ  •  contenue  dans  Tliydrogènc  employé  :  on  l'a  déduite  d'une 
•  ii*icriiiiiiati«>a  précise  de  la  densité  du  gaz. 

Kuliu,  p*jur  l'hydrogène,  au  lieu  des  tubes  T]  longs  de  lo*^™,  on  a  dii  em- 
pl»»\cr  vie>  tubes  lou^^s.  de  4*""  seulement;  on  a  alors  utilisé,  pour  déterminer  h. 

Kl  couibe   de   la  ligure  3  qui  a  été  tracée  en  prenant   pour  le  rapport  y  la 

xjlcur  i.   l*our   les  autres  gaz,  on  s'est  servi  des  tubes  T|  et,  par  suite,  de  la 

courbe  do  la  ti:;ure  2,  tracée  en  prenant  pour  le  rapport  -j-  la  valeur  10. 


Remarques  sur  les  expériences. 

Les  %uleurs  do  y  trouvées  dans  ces  expériences  sont  probablement  exactes 
à  -r-*^  près.  Les  courbes  des  figures  1  et  3  montrent  que  l'erreur  commise 
sur  K  est  plus  grande  que  l'erreur  commise  sur  y  :  ou  peut  regarder  les 
valeurs  de  K  comme  exactes  à  ,^7  près. 


LA    DIKKLSIO.N    DKS    IONS    DANS    LKS   GAZ.  943 

On  a  supposé  la  vilesse  du  gaz  donnée,  à  une  distance  r  de  l'axe, 
))ar  la  formule 

\V=  il  («2— ,.2), 

Je  mou  veulent  ayant  lieu  suivant  des  lignes  droites  parallèles  à  Taxe. 
Or,  d'après  ().  Reynolds,  le  mouvement  d'un  iluide  dans  un  tube 
n  a  |)as  lieu  sui\ant  des  lignes  droites  quand  la  vitesse  dépasse  une 
certaine  \aleur  criti([ue,  et  des  tourbillons  se  produisent  même  si  les 
filels  liquides  étaient  primitivement  des  lignes  parallèles  à  Taxe.  Au 
conlnnre,  quand  la  >ilesse  esl  inférieure  à  une  autre  vitesse  critique, 
tout  mouvement  irrégulier  tend  à  revenir  au  mouvement  rectiligne 
seul  stable. 

Or,  dans  les  expériences  décrites,  les  vitesses  employées  étaient  de  l'ordre 
de  y  de  cette  seconde  vilesse  critique,  ce  qui  assurait  la  stabilité  du  mouve- 
ment rectiligne  [régime  de  Poiseuille], 


La  charge  atomique. 

Les  résultats  les  plus  intéressants  que  Ton  puisse  déduire  des  coef- 
iîcients  de  d illusion  s'obtiennent  en  comparant  la  vilesse  produite  par 
une  force  électromotrice  donnée  et  le  coefficient  de  diffusion. 

Considérons  une  des  équations  du  mouvement 

I  dp 

Çn  désignant  par  e  la  cbarge  d'un   ion  en  unités   électrostatiques^ 
par  n  le  nombre  d'ions  contenus  dans  i*^'"',  et  par/?  leur  pression 

partielle;  on  voit  que,  si  -p  est  nul,  la  vilesse  u  due  à  la  force  éle(!- 

trique  X  est  ^ Si  le  gradient  de  jiotentiel  est  de  i  volt  parcenti- 

nièlre,  la  valeur  de  X  est  j~  d'unité  électrostatique,  et  la  \aleur  cor- 
respondante de  u  est 

K  e  n 

.îoo  p 

Sc>it  N  le  nombre  des  molécules  contenues  dans  i*^"'*  du  gaz  à  la 
pression  P,  égale  à  la  pression  atmospliérique,  et  à  la  température 
de  I  5"C.,  température  à  laquelle  Ui  et  K  sont  déterminés. 

Le  quotient  —  dans  l'équation  précédente  peut  être  remplacé  par  ~  ». 


9J4  '«-S'   TOWNSE.ND. 

Cl,  comiiio  la  pression  atmosphérique  P  vaut  lo*  unités  C.G.S..  oa 
obtient 

^,  3.iO«M| 

^*=— K 

Si  Ton  prend  les  valeurs  des  mobilités  tit  déterminées  par  Riillier- 
lord  (*  )  et  les  valeurs  moyennes  des  coefficients  de  diffusion  K  obte- 
nues par  moi-même  pour  les  gaz  secs,  on  en  déduit  les  valeurs  sui- 
vantes du  produit  Ne  : 

Air ( N <î)a  =  1 , 3 >  X  lo" 

Oxygène (N<;)o  =  i,25  X  lo»* 

Gaz  carbonique (Ntf)c=  i  ,3o  X  lo»» 

Hydrogène (Ntf)u=  i,oo  x  fo*o 

Les  expériences  d'électrolyse  montrent  qu'une  unité  électroma- 
gnétique d'électricité,  en  traversant  un  électrolyte,  libère  i*""*,i» 
d'hydrogène  à  la  température  de  -f- 1 5"*  et  sous  la  pression  de  i  <•«  dyne 
par  centimètre  carré.  Le  nombre  d'atomes  correspondant  est  2,4<)N. 
de  sorte  que,  si  E  désigne  la  charge  d'un  atome  d'hydrogène  dans 
Téleclrolyte,  on  a 

'2,4^>^l^=  '  unité  électromagnétique 

=  3  x  lo*®  unités  électrostatiques, 
d'où 

NE  =  I,'22  X  io»o, 

la  charge  atomique  Ë  étant  exprimée  en  unités  électrostatiques. 

Puisque  N  est  une  constante,  nous  en  concluons  que  les  charjre 
portées  par  les  ions  produits  par  les  rayons  de  Riintgen  dans  lalr, 
dans  Toxygène,  dans  l'anhydride  carbonique  et  dans  l'hydrogène, 
sont  identiques  et  sont  égales  à  la  charge  portée  par  un  atome  d'hy- 
drogène dans  un  électrolyte. 


^ 


^ 


H 


J.-J.  ïhomson(^)  a  montré  que  la  charge  portée  par  les  ions  dan 
riiydrogène  et  Toxygènc  rîintgenisés  est  la  même  pour  les  deux  gaz 
et  égale,  en  unités  électrostatiques,  à 

En  adoptant  cette  valeur  pour  la  charge  <?,  on  obtient 

N  =  2  X  lO»». 


(')  Phil.  Afag.,  nov.  189-;,  Mémoire  traduit  dans  ce  Recueil, 
(')  PhiL  Mag.,  t.  \LVI,  décembre  1898. 


LA   DIFFUSION  DES   IONS   DANS   LES  GAZ.  945 

On  en  conclut  que  la  masse  d'une  molécule  d'hydro»;ène  est 

4,5  X  10-*^  gramme. 

Chaque  pas  de  la  théorie  qui  donne  ces  nombres  a  été  vérifié  par 
des  expériences  directes  concordantes. 

Puisqqe  la  charge  d'un  ion  produit  par  les  rayons  de  Rtintgen  est, 
ainsi  que  nous  venons  de  le  montrer,  égale  à  la  charge  d'un  ion 
hydrogène  dans  un  électrolyte,  cette  dernière  est  aussi  égale  à 
6x  io~*<^  unité  électrostatique. 

Bien  que  la  valeur  de  Ne  pour  l'hydrogène  diffère  de  -^  de  sa 
valeur  pour  les  autres  gaz,  nous  pouvons  comprendre  l'hydrogène 
dans  la  conclusion  générale  précédente,  en  considérant  la  valeur 
de  W|  pour  l'hydrogène  comme  trop  faible.  Rutherford  ne  mentionne 
ni  correction  relative  à  la  présence  de  l'air  dans  son  appareil  ni  pré- 
cautions pour  obtenir  de  l'hydrogène  parfaitement  sec.  Si  l'on  prend 
la  valeur  moyenne  de  K  pour  l'hydrogène  humide,  on  obtient 

IMcH  =  i,i5  X  10*^. 

Pour  démontrer  que  les  charges  portées  par  les  ions  des  deux 
sio^nes  sont  égales,  il  faut  montrer  que  le  rapport  des  coefficients  de 
diffusion  est  égal  au  rapport  des  mobilités.  J.  Zeleny(*)  a  montré 
que  la  mobilité  des  ions  négatifs  est  plus  grande  que  celle  des  ions 
positifs,  le  rapport  étant  égal  à 

1 ,24  pour  l'air  et  l'oxygène, 

1 ,  1 5  pour  l'hydrogène, 

1,0    pour  l'acide  carbonique. 

Les  expériences  de  diffusion  montrent  que  le  rapport  des  mobilités 
serait  plus  grand  dans  les  gaz  secs  que  dans  les  gaz  humides,  mais, 
comme  ce  point  n'a  pas  été  examiné  encore  par  Zeleny,  on  ne  peut 
pas  espérer  une  concordance  parfaite  entre  les  valeurs  qu'il  donne 
pour  les  rapports  des  mobilités  et  les  valeurs  du  rapport  des  coef- 
ficients de  diffusion. 

On  arrive  à  cette  conclusion  de  l'égalité  des  charges  portées  par 
les  ions  positifs  et  par  les  ions  négatifs  en  se  plaçant  à  un  autre  point 
de  vue.  On  a  prouvé  que  leur  charge  moyenne  est  la  même  que  celh^ 
d  un  ion  d'hydrogène  dans  un  électrolyte.  Si  les  charges  différaient, 


{')  PhiL  Mag,,  t.  XLVI,  juillet  1898. 

S.  P.  60 


946  J.-S.   TOWNSRND. 

l'une  d'elles  sérail  inférieure  à  la  charge  de  l'ion  hydrogène,  tandis 
que  les  expériences  d'électroljse  montrent  que  toutes  les  charges 
ioniques  sont  égales  soit  à  la  charge  de  l'atome  d'hydrogène,  soilà  un 
multiple  exact  de  celle-ci. 

Gomparaiàon  des  vitesses  de  diffasion  des  ions  et  des  vitesses  de  diffusion 

matuelle  des  gaz  et  des  vapeurs. 

Les  coefficients  de  diffusion  des  ions  dans  un  gaz  sont  beaucoup 
plus  petits  que  les  coefficients  de  diffusion  des  gaz  l'un  dans  l'autre, 
mais  ne  diffèrent  pas  beaucoup  des  coefficients  de  diffusion  des 
vapeurs  dans  les  gaz. 

Nous  donnons  ci-dessous  un  Tableau  de  ces  derniers,  qu'on  pourra 
comparer  aux  nombres  trouvés  pour  les  ions. 

Coefficients  de  diffusion  de  quelques  gaz  et  de  quelques  vapeurs  doLMi 

l'air,  le  gaz  carbonique  et  l'hydrogène. 

Gaz 

Gaz  ou  vapeur.  Air.  carbonique.    Hydrogène.  Observateurs. 

Oxygène »  o,i8  o,7"2i   )  .        i     -. 

^  ,      .  ,  C  f  Loschmidt. 

uaz  carbonique...       0,142  »  o,j3d 

» 

Ether "jOjy  o,o55  0^29 

Alcool 0,101  0,068  0,378  [  Winkelmann. 

Eau 0,198  o,i3'2  0,687 

Les  résultats  expérimentaux  montrent  que,  si  K  désigne  le  coeffi- 
cient de  diffusion  mutuelle  de  deux  gaz  de  densités  pi  et  p2,  le  pro- 
duit K  X  y/pi  P2  est  à  peu  près  constant;  les  vitesses  de  diffusion  des 
ions  sont  à  peu  près  inversement  proportionnelles  aux  racines  carrées 
des  densités  des  gaz. 

Deux  théories  ont  été  proposées  pour  expliquer  les  faibles  valeurs 
trouvées  pour  les  vitesses  de  diffusion  des  ions  dans  un  gaz. 

On  peut  d'abord  supposer  qu'un  certain  nombre  de  molécules 
sont  groupées  autour  de  Tion  :  les  particules  chargées  se  diffuseraient 
lentement,  à  la  façon  d'un  gaz  constitué  par  de  grosses  molécules. 
La  masse  de  l'amas  pourrait  être  déterminée  en  comparant  les  vitesses 
de  diffusion  des  ions  aux  vitesses  de  diffusion  mutuelle  des  jraz.  tn 
calcul  grossier  montre  que  la  masse  d'un  amas  serait  environ  3o  fois 
la  masse  d'une  molécule  d'oxygène. 

On  peut  aussi  expliquer  les  faibles  valeurs  des  coefficients  de  dif- 
fusion en  supposant  la  particule  chargée  d'aussi  petites  dimensions 


LA   DIFFUSION   DES    IONS   DANS    LKS   GAZ.  947 

qu'une  molécule  du  gaz,  mais  en  admetlant  que  la  force  électrique 
exercée  sur  les  molécules  qui  arrivent  dans  son  voisinage  donne  nais- 
sance à  des  collisions  qui  n'auraient  pas  eu  lieu  si  la  particule  n'était 
pas  chargée. 

Si  Ton  adopte  la  théorie  d'après  laquelle  les  ions  sont  entourés  de 
molécules  formant  des  amas  sphériques  qui  se  déplacent  avec  eux, 
on  peut  calculer  le  rayon  de  la  sphère  en  appliquant  la  formule 
donnée  par  Maxwell  (')  pour  le  coefficient  de  diffusion  mutuelle  de 
deux  gaz. 

Ce  coefficient,  d'après  la  théorie  basée  sur  les  chocs  de  sphères 
élastiques,  est  donné  par 


où  rt'i  et  W2  désignent  les  poids  moléculaires  des  deux  gaz,  celui  de 
1  hydrogène  étant  pris  comme  unité; 

S, 2,  la  distance  en  centimètres  entre  les  centres  des  molécule^  <]ui 
se  choquent; 

^  U  racine  carrée  du  carré  moyen  de  la  vitesse  d'une  molécule 
d  hydrogène  à  o**C.,  c'est-à-dire 


=v/?= 


186000'^'"  par  seconde: 


M  le  nombre  de  molécules  contenues  dans  i*^*"'  à  o**  et  sous  la  pres- 
sion de  760™". 

En  prenant  pour  N  la  valeur  que  nous  avons  trouvée,  2  x  10*",  on 
voit  que 

D„  =  1 ,  i  X  io-»*i /   -  -H  —  ëT"  • 

Si  la  particule  chargée  est  grande  en  comparaison  de  la  molécule, 

Si2  sera  le  rayon  de  la  particule,  et  —  sera  petit  comparé  à  — 

En  prenant  D|2=o,i56,  valeur  du  coefficient  de  diffusion  des 
ions  dans  l'hydrogène,  et  (V|  =  i,  on  obtient,  pour  le  rayon  de  l'ion 
dans  l'hydrogène, 

/l,l  X  lo-»s 
s  =  4/  -î — =  8, '2  X  10-*. 

V  0,I3() 

(>)  Nature,  i.  VIII. 


:::  -u^-zi  -#9uiisdue  munira  me  I*  niTon  d'un  ion  dans  Toxygène 


■  >*^  t.U    >  t  —      .^ 


'iiiii*  iittîirê'  proposée  pour  expliquer  la  lenteur 
tt    ^    ^:l?î..x   ira-    uns-,   -t*:  -Kt  appliquant  les  mêmes  formules,  les 

1111='  rrkj»:-^  :  il  faudrait  multiplier  les  valeurs 


fcArri-:- 


ar  ^rari^îirvj  i^  ^nis>jm^  les  termes  —  et  —  seraient  du 


Vi^^lJ 


iizLsi  «uieaiierr  coar  Si*  indiqueraient  la  distance  s 
.»u^e^a^  .ni:  ai.tc-'Utr  tu.  xi^  ^:•t£  •«'approcher  d'un  ion  pour  que  lî 
.-rr-r    z!^:'jr='iUi:  iiL'âiie  r*jsL  3i«ja^«*  nient  d'une  façon  appréciable. 


ue 


L«^  ':Torr:«ii:«»î?  taite<  pour  déterminer  la  vitesse    de 

— v.-aniinsus^it  -^m   tonntf*'  -ians  le  Tableau  suivant.  T   désigne     le 

.liziv;^     €L  -<t:t.*nuje^-.    lutî  ia  ounJiiotibilité  met  à  tomber  de  Nj  à  Ki,, 

ï        *    ijtmMMUc.    IL  rçatimetpe^  «obes.  du  gaz  employé  dans  chac| 

Correclioo 
à 
.,ia»  "^v  -\-  T.  V.      î.jouicr  à  .\. 


■*«»     M.iMair«a«.  -ri.  >  ^9  0,90  ^^9^  ^ 

i\.^c»*^vtKr.  ::~.'>  8S  0,275  i36o  5 

>fc,     ^  N-5  >^UK  t;>^  w^iatàunstle  félectromètre  obtenues  de  la  façon 

,yw        A.    .ti^îtu!.  *:^»ar  t'S  tniis  premiers  gaz,  l'électrode  E,  était  à  la 

,^5.^jo^^'     .e      '  *   it*    A  feuêlre  W,  et  l'électrode  E^  à  la  distance  de 

^^  .15    ^    «uftfirv  W^«  Li  cuaductibiiité  tombait  donc  de  Nj  à  ^0 

■%utaiâM%  t-ii  .«y»|#^^  ^u<  I*  ptc  mettait  à  parcourir  9*^"  du  tube  A|. 

/••fc  i    ;ià    i***i|iîtfr  la  p^witiou  des  électrodes  pour  Thydrogène,  car 

,t>    *•*    «A  HavMiuutti  à  "•  'lu  large  tube,  aurait  perdu  environ  /J'^  de 

v4  . \.*v%^uv* touii^   utiM«A«?*weut  par  suite  de  la  diffusion  vers  les  parois. 

•4       .1-..^^     nji'T    t^    ifcirtnifs  à  Je>  dislances  respectives  do  3*""  el 

*   x>^  •  K.îrt'^    t      lU  ^  iu^uieaté  l  intensité  de  rionisation. 

L'*.^   t^ii  -ivuiive  •iun>  la  dernière  colonne  est  destinée  à  com- 
•vu^'    >i    '^  •t    ;t    Muàucubilit'-*  provenant  de  la  diffusion. 

..^.•:-  auitx  -Uut  jlaîouuf  ot  Ton  a  trouvé  que  cbaquc  di\ision 


LA  DIFFUSION  DES  IONS   DANS   LES  GAZ.  949 

correspondail  à  une  cliarge  de  0,0042  unité  électrostatique.  Si  e  dé- 
signe la  charge  de  l'ion,  le  nombre  v  des  ions  par  centimètre  cube 

^  .    ,  ,  N  X  o,oo4a 
f st  ésaJ  a ^, — ^-  • 

On  a  vu  qu'on  a,  par  la  théorie  de  la  recombinaison, 

— ,-  =  apî         ou  =  ST. 

Les  valeurs  numériques  ci-dessus  permettent  de  calculer  ^  pour  les 
différents  gaz.  On  trouve  ainsi  : 

Gaz.  ^. 

Air 3420  X  e 

Oxygène 338o  x  e 

Gaz  carbonique 35oo  x  e 

HvdroKone 3o20  x  e 

Les  vitesses  de  recombinaison  dans  les  trois  premiers  gaz  sont 
pratiquement  identiques  et  supérieures  d'environ  -^  à  la  vitesse  de 
fecombinaison  dans  l'hydrogène. 

En  remplaçant  e  par  sa  valeur,  on  obtient  pour  les  trois  premiers 

gaz 

P  =  2  X  io~*  environ. 

On  peut  maintenant  calculer  à  quelle  distance  deux  ions  de  signes 
Contraires  doivent  s'approcher  l'un  de  l'autre  pour  se  recombiner. 
S'il  y  a  V  ions  positifs  et  ^'  ions  négatifs  dans  i*^™',  le  nombre  de  ceux 
^ui  se  recombinent  pendant  le  temps  dt  est  vv^^dt. 

Le  nombre  des  ions  négatifs  qui  s'approchent  à  une  distance  infé- 
rieure à  S  d'ions  positifs  pendant  le  même  temps  peut  être  calculé 
parla  théorie  cinétique  des  gaz. 

Maxwell  a  montré  (*)  comment  calculer  combien  de  fois  par 
Seconde  une  molécule  d'un  gaz  viendra  à  une  distance  inférieure 
à  R  de  molécules  d'un  autre  gaz. 

Ce  nombre  est 

où  n  désigne  le  nombre  de  molécules  du  second  gaz  par  centimètre 
cube;  v\  et  v\  sont  les  carrés  moyens  des  vitesses  d'agitation  des 
deux  gaz. 

(*)  Phil.  J/rt^.,  janvier  et  juillet  1860. 


<)DO  3. -S.    TOWNSEND.    —   LA   DIFFUSION   DES   ÏONS   DANS    LES  «JAZ. 

Nous  supposerons  qu'un  ion  a  la  inéine  niasse  qu'une  molécule  du 

f;az  dans  le(juel  il  est  produit.  Le  carré  moyen  de  la  vitesse  d'agitation 

(les  ions  sera,  dans  celte  hypothèse,  égal  au  carré  moyen  de  la  vitesse 

(l'agitation  des  molécules  du  gaz.   On  aura  alors   pour  les  ions  de 

l'oxygène 

r}  =  p|  =  4,7X  lo^. 

Le  nombre  des  ions  négatifs  qui  s'approchent  d'ions  positifs  pen- 
dant le  temps  dt  à  une  distance  inférieure  à  R  sera 


Vi^/Î(^ 


En  égalant  ce  nombre  au  nombre  de  ceux  qui  se  recombiaent 
pendant  le  même  temps,  on  obtient 

R  =  -  io~*  centimètre. 

A  cette  distance,  la  charge  d'un  ion  produirait  un  champ  de 
i(>2()o  volts  par  centimètre.  Cette  force  ferait  mouvoir  l'un  vers 
l'autre  deux  ions  de  signes  contraires  avec  une  vitesse  de  2  X  10' 
centi mètres  par  seconde. 

Il  serait  prématuré  de  pousser  plus  loin  cette  discussion  :  des 
expériences  non  encore  terminées  pourront  nous  éclairer  davantage 
sur  ce  sujet. 

Rcniercîmenls  au  Professeur  J.-J.  Thomson. 


»•••' 


L4  DIFFUSION  DES  IONS  PRODUITS  DANS  L'AIR 

PAR  l'action  d'une    SUBSTANCE    RADIOACTIVE,  DE    LA   LUMIÈRE  ULTRA-VIOLETTE, 

et  a  l*aidb  de  la  décharge  far  les  pointes, 

Par  John-S.  TOWNSEND. 
Traduit  de  l'anglais  par  H.  BËNARD. 


Phil.  Trans.,  A^  t.  CXCV,  1901,  p.  259-278. 


PREMIÈRE  PARTIE. 

IMPORTANCE   RELATIVE   DES    TROIS  CAUSES   DE    DIHINUTION  DE    LA    CONDUCTlBILITÉr 
DIFFUSION,    RECOHBINAISON  ET   RÉPULSION   MUTUELLE. 

L'auteur  rappelle  le  principe  de  la  méthode  qu'il  a  appliquée  dans  le  Mé- 
moire précédent  aux  ions  des  gaz  rontgenisés,  et  étendue  dans  celui-ci  à  trois 
autres  modes  d'ionisation. 

Cl  , 

Le  rapport  ^  =  — j  défini  par  la  formule  (11)  du  Mémoire  précédent,  est 

égal  au  rapport  des  nombres  d'ions  qui  peuvent  sortir  de  tubes  de  longueurs 
respectives  /i  et  /s,  ayant  pour  rayon  a,  la  vitesse  moyenne  du  gaz  étant  V, 
si  la  diffusion  est  la  seule  cause  de  diminution  de  la  conductibilité. 

Ce  rapport  est  indépendant  de  la  valeur  absolue  du  nombre  des  ions  :  il 
n'en  est  pas  de  même  de  la  perte  par  recombinaison  ou  par  répulsion  mutuelle, 
causes  d'erreur  poportionnelles  toutes  les  deux  au  carré  du  nombre  des  ions, 
donc  d'autant  plus  faibles  que  l'ionisation  est  moins  intense. 

Ces  deux  corrections  ont  aussi  une  importance  relative  d'autant  plus  faible 
que  les  tubes  ont  un  plus  petit  diamètre,  ainsi  qu'on  le  voit  facilement. 

i*^  Parmi  les  trois  nouveaux  cas  d'ionisation  étudiés,  le  premier  seul  (subs- 
tance radioactive)  produit  des  ions  des  deux  signes  :  la  recombinaison  n'in- 
tervient donc  que  pour  celui-là.  Dans  les  expériences  effectuées  avec  les  rayons 

de  Rôntgen,  on  avait  pris  a  =  o",i5  et  ~  =  o',i.  Dans  le  nouvel  appareil,  les 

tubes  sont  plus  petits  :  a  est  3  fois  plus  petit  et  -^  9  fois  plus  petit,  de  sorte 

que  —^  conserve  la  même  valeur,  mais  que  le  nombre  des  ions  recombinés 
est  aussi  9  fois  plus  petit.  L'ionisation  était  d'ailleurs  plus  faible;  pour  ces 


9^2 


J.-8.   TOWNSEND. 


deux   raisons,  la  correction   due   à   la  recombinaison   était  réduite  à  moins 

de  j-Jô  (^"  ^'^"  ^^  TW  ^ans  les  expériences  avec  les  gatt  rôntgénisés). 

2°  La  répulsion  mutuelle  intervient  dans  les  deux  autres  modes  d'ionisation 
où  le  gaz  contient  des  ions  d'un  seul  signe. 

On  peut  calculer  une  limite  supérieure  de  la  correction  correspondante  à 
Taide  d'une  formule  indiquée  par  Tauteur  entre  la  densité  électrique  initiale  p^ 
(supposée  uniforme),  la  densité  p  au  bout  du  temps  t  et  la  vitesse  u  d'un  ion 
dans  un  champ  égal  à  l'unité  électrostatique.  Cette  formule  donne  pour  la 

proportion  ^ — °  des  ions  perdus»  quand  la  perte  est  faible,  ,\TZjQUt.  Dans 

P 
les  conditions  des  expérienceSi  où  p©/  ne  dépasse  pas  iq-*,  celte  correction 

n'atteint  pas  7^. 


DEUXIEME  PARTIE. 

IONS   PRODUITS   P4R    UNR   SUBSTANCE   RADIOACTIVE. 

La  fig;ure  1  représente  l'appareil  employé  pour  les  expériences 
eiFectuées  avec  une  substance  radioactive.  Il  consiste  en  un  grand 
tube  de  laiton  A  (longueur  60*^",  diamètre  3*^'",  5)  et  en  deux  tubes 


A    J"''^ 


^13 


•-"î/ï 


<n.— y 


Fig.  I 


£â 


n^  i:^c_^ 


^> 


-;i 


.4J1I 


•    '^-'  ■-■-'' •"■-7:.,^^y..^AJ>'      U\'^     _      BOL,  "t       V        . 


V — ..W/.//«l 


A    y^'Wm 


~7 


plus  courts  B,  et  B2  (longueur  16*^'")  pouvant  s'ajuster  à  frotlemenl 
doux  à  l'intérieur  de  A.  Les  tubes  B  portaient  des  électrodes  de 
laiton  E  maintenues  à  l'aide  des  liges  de  laiton  F;  celles-ci  tra>er- 
saient  la  paroi  des  tiil)es  B  à  l'aide  des  bouchons  d'ébonltc  G. 

Les  tubes  étroits  dans  ]cs([uels  la  diirusion  se  produit  consislaioul 
en  deux  faisceaux  de  if\  tubes  chacun.  Les  tubes  les  plus  lon<;s  1| 


LA   DIFFUSION  DES   IONS  PRODUITS   DANS   l'aIR.  qSS 

(longueur  4*^"*»  diamètre  intérieur  o*^",  i)  traversaient  des  trous  ménagés 
dans  deux  disques  de  laiton  ai  et  a'j,  s'adaptant  exactement  à  Tinlé- 
rieur  du  tube  A,  et  dépassaient  les  disques  de  o*^™,  2  à  chaque  extré- 
mité :  la  figure  en  représente  deux.  Les  tubes  courts  To  (lon- 
^eur  o*^"',o)  passaient  dans  les  trous  d'un  disque  unique  a^,  le 
dépassant  de  o*^",2  de  chaque  côté;  de  cette  façon,  Tair  ionisé  péné- 
trait dans  les  deux  séries  de  tubes  dans  des  conditions  absolument 
identiques.  Les  24  trous  de  chacun  des  disques  étaient  disposés  sur 
une  circonférence  de  2*^"*  de  diamètre,  concentrique  au  disque.  En 
traversant  l'un  ou  l'autre  des  deux  faisceaux,  le  courant  d'air  prove- 
nant du  large  tube  se  divise  également  entre  les  24  canaux  formés  par 
les  tubes.  Le  disque  ai  était  soudé  à  l'extrémité  du  tube  B|,  et  le 
disque  ol^  à  l'extrémité  du  tube  Bj. 

Pour  les  expériences  avec  l'air  sous  la  pression  atmosphérique,  on 
obtenait  le  courant  d'air  en  surchargeant  de  poids  la  cloche  mobile 
d'un  gazomètre.  Pour  opérer  avec  de  l'air  sec,  l'air  sortant  du  gazo- 
mètre traversait  de  larges  tubes  contenant  du  chlorure  de  calcium;  il 
lra>ersail  ensuite  un  tube  contenant  un  tampon  serré  de  coton  de 
verre,  destiné  à  arrêter  les  poussières  avant  l'entrée  de  l'appareil  à 
diffusion.  Quand  on  voulait  opérer  avec  de  l'air  saturé  d'humidité,  on 
remplaçait  les  tubes  à  chlorure  de  calcium  par  de  longs  tubes  à  moitié 
remplis  d'eau.  On  pouvait  varier  la  vitesse  du  courant  d'air  en  modi- 
fiant les  poids  surchargeant  le  gazomètre. 

La  substance  radioactive  était  fournie  par  E.  de  Haën  (Chemische 
Fabrik,  List  vor  /Jannover)]  on  s'est  servi  de  la  substance  étiquetée  : 
•t  substance  radioactive  A  ».  Un  tube  C  en  verre  mince,  renfermant 
un  peu  de  la  substance  radioactive,  était  soutenu  à  l'intérieur  du 
tube  A  à  l'aide  de  supports  en  fil  métallique  ainsi  que  l'indique  la 
iigtire.  La  radiation  émise  par  cette  substance  était  beaucoup  plus 
intense  que  celle  de  l'uranium;  elle  était  encore  capable  d'ioniser 
I  air  après  avoir  traversé  le  tube  de  verre.  Ce  tube  C  était  scellé  pour 
empêcher  l'arrivée  de  l'humidité,  la  substance  radioactive  étant  déli- 
quescente. Le  tube  A  était  fixé  solidement  à  l'aide  de  supports  d'ébo- 
nile  S  au-dessus  d'une  lourde  boîte,  ce  qui  assurait  l'immobilité  du 
tube  G  quand  on  mettait  les  tubes  B^  ou  Bj  en  position. 

Le  tube  A  était  relié  a  l'un  des  pôles  d'une  batterie  de  4o  accumu- 
lateurs, l'autre  pôle  étant  au  sol.  La  tige  F  était  reliée  à  l'une  des 
paires  de  quadrants  d'un  électromètre,  l'autre  paire  de  quadrants  et 
la  cage  de  Télectromètre  étant  reliées  au  sol.  La  tige  F  et  le  fil  qui 
la  reliait  à  l'éleclromètre  étaient  protégés  par  des  écrans  métalliques, 


9^4  J.-S.   T0WN8KND. 

de  sorte  qu'aucune  charge  extérieure  ne  pouvait  donner  de  déviation 
à  l'échelle  de  l'électromètre. 

Comme  le  tube  A  est  relié  métalliquement  à  toutes  les  parties  de 
l'appareil  de  diffusion  sauf  E,  aucune  force  électrique  n'agit  sur  le 
courant  gazeux  avant  qu'il  n'ait  pénétré,  en  sortant  des  tubes  T,  dans 
l'espace  annulaire  compris  entre  E  et  B.  L'air  met  environ  i  seconde 
ù  passer  le  long  de  l'électrode,  et  une  différence  de  potentiel  de 
quelques  volts  entre  E  et  B  suffirait,  dans  les  conditions  ordinaires, 
pour  que  l'électrode  E  recueille  tous  les  ions  d'un  signe  déterminé: 
mais,  par  suite  du  mouvement  tourbillonnaire  du  gaz  à  sa  sortie  des 
tubes  T,  on  a  employé  une  différence  de  potentiel  beaucoup  plus 
grande  (80  volts).  Le  potentiel  de  Télectrode  pendant  une  expérience 
n'a  jamais  dépassé  i  ou  2  volts.  En  laissant  l'ionisation  et  la  vitess»' 
de  l'air  identiques,  mais  en  chargeant  A.  à  4o  volts  au  lieu  de  80  volts, 
on  a  trouvé  que  la  déviation  de  l'électromètre  n'était  pas  changée. 
On  en  conclut  que  E  recueille  tous  les  ions  d'un  signe  déterminé,  de 
sorte  que  la  déviation  de  l'électromètre  est  proportionnelle  au  nombre 
des  ions  qui  ont  pu  sortir  des  tubes  T. 

Marche  des  expériences  avec  l'air  à  la  pression  atmosphérique. 

On  enfonçait  le  tube  B|  à  l'intérieur  de  A,  jusqu'à  ce  que  le 
dis(|ue  a',  soit  venu  buter  contre  une  petite  vis  faisant  saillie  à  l'inté- 
rieur de  A,  et  la  tige  F|  était  reliée  à  la  paire  de  quadrants  isolée.  Le 
tube  B2  était  relié  à  l'extrémité  de  B|,  à  l'aide  d'un  bout  de  tube  de 
même  diamètre  que  A.  Avant  toute  observation,  on  faisait  passer  le 
courant  d'air  pendant  une  minute  dans  tout  l'appareil,  afin  d'entraîner 
les  ions  accumulés  à  l'intérieur  du  tube  A.  La  paire  de  quadrants 
reliée  à  Ft  était  alors  isolée,  et  l'air  ionisé  en  passant  le  long  du 
tube  G  emportait  avec  lui  quelques-uns  des  ions  à  travers  les  tubes  T|. 
On  lisait  la  déviation  de  l'électromètre,  /ît|  divisions  par  minute. 

On  interchangeait  alors  les  positions  des  deux  tubes  B|  et  Bj.  Les 
résistances  au  passage  de  l'air  à  travers  l'appareil  étant  les  mêmes,  le 
courant  gazeux  avait  la  même  valeur  que  précédemment.  La  tige  Fj 
était  reliée  à  l'électromètre  et  l'on  déterminait  la  nouvelle  déviation, 
/?:j  divisions  par  minute.  Ces  expériences  étant  répétées  plusieurs 
fois,  on  constatait  que  les  nombres  n^  et  112  étaient  constants  :  il  en 
résulte  que  les  rayons  émis  par  le  tube  G  ont  une  intensité  ne  variant 
pas  sensiblement  avec  le  temps. 

Les  quadrants  étant  isolés  et  l'air  contenu  à  l'intérieur  de  A  au 


LA   DIFFUSION   l>KS    IONS   PRODUITS   DANS   i/AIR.  955 

•epos,  on  observait  une  faible  déviation  (habituellement  une  division 
par  minute)  due  à  l'imparfait  isolement  du  bouchon  G.  Il  faut  sous- 
traire cette  déviation  de  celles  que  Ton  obtient  quand  le  courant 
d'air  passe  le  long  de  A.  Il  n'en  résulte  aucune  inexactitude,  car  cette 
déperdition  est  parfaitement  constante  et  facile  à  déterminer.  Les  Ta- 
bleaux numériques  contiennent  les  valeurs  corrigées  de  n^  et  n^' 

Quand  le  tube  A  est  chargé  positivement,  les  déviations  rix  et  /î2 
se  rapportent  aux  ions  positifs;  les  valeurs  correspondantes  pour  les 
ions  négatifs  s'obtiennent  en  changeant  le  signe  du  potentiel  de  A. 

Expériences  aux  pressions  inférieures. 

Pour  les  expériences  eflectuées  sous  des  pressions  inférieures  à  la 
Pression  atmosphérique,  l'appareil  de  diffusion  a  dil  être  modifié  lé- 
çèrement.  On  a  employé  les  ions  produits  par  la  substance  radio- 
iclive,  car  c'est  là  une  source  très  constante  de  radiations.  Un  anneau 
>lat  fut  soudé  à  l'extrémité  du  tube  A,  et  des  anneaux  identiques  à 
'extérieur  des  tubes  B,  et  Bj.  Celui  du  tube  B,  était  à  8'"'" du  disque  a',, 
"elui  du  tube  Bj  à  8*^°*  du  disque  aj.  On  rendait  l'appareil  à  diffu- 
>ion  suffisamment  étanche  engraissant  l'anneau  de  A  et  en  pressant 
Tanneau  de  B  contre  le  précédent. 

\jà  figure  2  indique  cette  modification  de  l'appareil,  destinée  à 
permettre  l'emploi  d'un  courant  d'air  à  basse  pression.  Des  bouchons 
de  caoutchouc,  traversés  par  des  tubes  de  verre,  étaient  placés  aux 
eiirémités  ouvertes  des  tubes  B,  et  B^.  Un  tube  court  L,  en  laiton, 
était  soudé  près  de  l'extrémité  du  tube  A  :  il  communiquait  avec  le 
manomètre  M,  qui  servait  à  déterminer  la  pression  de  l'air  dans  A. 
LW  de  la  chambre,  filtré  à  travers  un  tampon  de  coton  de  verre  G, 
destiné  à  retenir  toutes  les  poussières,  circulait  dans  les  tubes  capil- 
laires K,  traversait  encore  des  tubes  desséchants  et  pénétrait  enfin 
dans  l'appareil  par  des  tubes  larges.  Le  tube  w,  d'autre  part,  à  l'ex- 
l^milé  de  B,  était  relié  aux  deux  grîinds  vases  W|,  Wj,  dans  les- 
quels une  trompe  à  eau  faisait  le  vide. 

Pour  obtenir  un  courant  d'air  circulant  dans  A  à  une  pression  dé- 
enninée  P,  et  avec  une  vitesse  variant  entre  des  limites  convenables, 
•n  fermait  le  robinet  S|  et  l'on  faisait  le  vide  dans  tout  Tappareil 
isqu'à  obtenir  une  pression  inférieure  de  quelques  millimètres  a  P. 
e  tube  G  était  relié  au  tube  de  sortie  d'un  gazomètre,  dont  le  cy- 
ndre  mobile  était  réglé  de  façon  à  être  sur  le  point  de  descendre, 
land  le  gazomètre  était  ouvert  à  Tair.  On  reliait  alors  le  vase  W^  à 


J,-S-  TOWXSEXD. 


1  r^nnr-*  l  -1*1  f.  7  ta.  coiiTut  le  robinet  S|  pendant  quelques  mi- 
ni:?-!'-  _r-  ~tr-^-,*^  ^    ni»*  r*>ii  voulait  obtenir  dans  les  tubes  T  néces- 
'«lai'tîK  ^»-îifni»^îiir«ic  xa  i^ît  plus  ^rand  que  celui  de  la  trompe  à 
-lu.    i*T  ^^r***    lue  .a  pn?*«î»>n  indiquée  par  le  manomètre  s'ëlevaû 
'r»».ir»?trHvr*iiieîii:    ie  î'""  en%înj«  par  minute).  On  fermait  le  robinelSi 


quand  la  pression  dépassait  P  de  la  même  quantité  que  P  la  dépassait 
au  début  de  l'expérience  ;  on  pouvait  déterminer  la  vitesse  V  a>ec 
pivcision  ne  mesurant  le  volume  d'air  chassé  du  gazomètre  et  le  temps 
^>endant  lequel  le  robinet  S|  était  ouvert.  Si  la  vitesse  ainsi  trouvée 
était  trop  forte  ou  trop  faible,  on  changeait  la  longueur  du  Uibe  capil- 
laire de  façon  à  amener  la  vitesse  V  entre  les  limites  requises.  Touie 
modification  dans  les  tubes  conduisant  à  l'appareil  de  diOTusion  eiige 
une  nouvelle  détermination  de  V  avant  les  expériences  de  conducti- 
bilité. 

Le  tube  G  n'est  relié  au  gazomètre  que  pour  permettre  de  déier- 
miner  V.  Comme  la  pression  deTairdans  le  gazomètre  est  identique  à 
la  pression  atmosphérique,  on  peut  faire  entrer  directement  dans  G 
Tuir  d<»  la  salle  pendant  les  expériences  de  conductibilité. 

I^a  disposition  de  l'appareil,  au  point  de  vue  éleclri(|ue,  élail  U 
même  que  celle  qui  a  été  décrite. 


L\   DIFFUSION   DES   IONS  PHODUITS   DANS   l'aIR.  9^7 

Marche  des  expériences  effectuée^  avec  l'air  à  basse  pression. 

L'appareil  est  disposé  comme  l'indique  la  figure  2  et  la  pression  est 
réduite  jusqu'à  être  un  peu  inférieure  à  la  pression  P  à  laquelle  l'ex- 
périence doit  être  faite.  On  ouvre  le  robinet  S|  et  on  laisse  Tair  cir- 
culer dans  l'appareil  pendant  1  jninute  environ  avant  d'isoler  la 
paire  de  quadrants  à  laquelle  F|  est  relié.  Quand  le  manomètre  in- 
dique une  pression  de  2'"°*  environ  au-dessous  de  P,  on  isole  les  qua- 
drants et  l'on  détermine  la  déviation  rit  de  l'électromètre  en  divisions 
par  minute.  On  continue  les  observations  jusqu'à  ce  que  la  pression 
soit  supérieure  à  P  d'environ  2™"*,  et  l'on  prend  la  moyenne.  La  dif- 
férence entre  les  déviations  pendant  la  première  demi-minute  et 
pendant  la  dernière  était  à  peine  sensible. 

Après  avoir  déterminé  /i|,  on  ferme  le  robinet  Sa,  et  l'on  fait 
entrer  l'air  dans  l'appareil  de  diffusion  par  S|  ;  le  tube  B|  est  alors 
enlevé  et  remplacé  par  Bj.  Avant  de  faire  des  observations  avec  F2 
relié  àrélectromètre,  il  faut  vérifier  si  le  joint  entre  les  deux  disques 
est  hermétique  ;  dans  ce  but,  on  ferme  S|  et  l'on  ouvre  Sa,  de  façon  à 
laisser  pénétrer  dans  W|  un  peu  de  l'air  venant  de  l'appareil  de 
diffusion.  On  ferme  alors  Sa  et  l'on  observe  le  manomètre  :  on  a 
trouvé  que  l'air  pénétrait  dans  l'appareil  avec  une  vitesse  inférieure 
H  htôô  ^^  celle  avec  laquelle  il  rentre  quand  S|  est  ouvert. 

On  détermine  alors  n^  de  la  même  façon  que  /ii.  On  prend  soin, 
dans  tous  les  cas,  de  se  servir  pour  les  observations  de  la  même  por- 
tion de  l'échelle  de  l'électromètre. 

Généralement,  on  déduit  n^  d'observations  faites  toutes  les  demi- 
minute.  Ck>mme  /i|  est  beaucoup  plus  petit  que  /ta,  on  a  pris  pour 
sa  valeur  la  moyenne  d'un  certain  nombre  de  déterminations  faites 
pendant  que  l'image  de  la  fente  éclairée  parcourait  toute  la  portion 
de  l'échelle  utilisée  pour  la  détermination  de  /?o. 

Les  Tableaux  suivants  donnent  les  résultats  d'expériences  effectuées 
sous  différentes  pressions,  avec  de  l'air  sec  et  de  l'air  humide.  P  dé- 
signe la  pression  en  millimètres  de  mercure,  V  la  vitesse  moyenne  de 
l'air  dans  les  tubes  T|,  S  la  température  de  l'air  pendant  l'expérience» 


958 


J.-S.  TOWNSEND. 

Air  sec. 

Ions 

positifs. 

Ions  négalifs. 

w,. 

/i,. 

n,.             /I3. 

V. 

cenUmètr«t 
par  teconde. 

P. 

mm 

e. 

88, :i 

i53 

63,4         i38,6 

344 

772 

«9 

56,1 

io5 

,3 

43,0          93,8 

387 

55o 

i3 

33,9 

73, 

9 

u4,8          68,0 

420 

400 

16 

i4,8 

4i, 

3 

10,6          39,9 

410 

3oo 

i3 

11,5 

34, 

5 

7,6          3i,5 

58 1 

•200 

12 

Ions  positifs. 


81,3 

•-*4,7 

9,5 


/I3. 


145,8 
58,5 
3i,a 


Air  saturé  de  vapeur  d*eau. 


Ions  négalifs. 


/i,. 


71,1 


/i,. 


i35 

21,0  56,3 

7,6  27,1 


V. 

centimètres 
par  «econde. 

368 
43o 
609 


P. 


772 
400 
200 


e. 

18 
II 

9,5 


La  relation  entre  le  rapport  j^  =:  — î-  et  le  coefficient  de  diffusion 
(le  rapport  j  ayant  la  valeur  8  j  peut  être  représentée  par  une  courbe 


Fig.  3. 

Courbe  représentant  la  relation  entre  K 
et  y  quand  f  «  rr  8  /,. 


0.7 


0.€ 


0.6 


0.4^ 


as 


o.i 


V 

X 

^.^ 

^^ 

.^ 

5      0.' 

k.      0.2 

k     a( 

1       0.3 

r      ai 

1       O.I 

»       >, 

0         1. 

1      1. 

M         l, 

S        ». 

♦         1, 

fi 

7,3i  K  /, 
'2a'\ 


{Jig.  3)  ayant  pour  ordonnées^  et  pour  abscisses  ^ — Tv^'^^  ^  '  ^*^^ 


de  cette  courbe  on  peut  déterminer  les  valeurs  de  K  correspondant 


LA  DIFFUSION   DES  IONS   PRODUITS   DANS   L  AIR.  gSg 

à  diiTérentes  pressions.  Ces  valeurs  sont  données  dans  les  Tableaux 
suivants  : 

Air  sec. 


P.  e. 


772 

«9 

55o 

i3 

400 

16 

3oo 

i3 

200 

12 

Ions 

positifs. 

Ions  ncgalifs. 

'kT' 

Px  K^. 

K,.          P  X  K 

o,o3i7 

•24,5 

0,0429         33 

0,04*20 

23,  r 

0,0542         29,8 

0,0578 

23,1 

0,078           3 1,2 

0,078 

'23,4 

0,1 o3           3o,9 

0,118 

23,0 

o,i55           3i,o 

Air  saturé  de  vapeur  d'eau. 


Ions 

positifs. 

Ions  négatifs. 

P. 

e. 

K,. 

PxKj. 

K,.          P  X  K, 

772 

n 
18 

o,o364 

28,0 

0,0409         3 1,5 

400 

11 

0,0668 

26,7 

0,0771         3o,8 

200 

9,5 

o,i34 

26,8 

«,«47          29,4 

Il  résulte  de  ces  Tableaux  que,  dans  chaque  cas,  la  vitesse  de  diffu- 
sion des  ions  dans  un  gaz  est  inversement  proportionnelle  à  la  pres- 
sion du  gaz. 

Les  coefficients  de  diffusion  sous  la  pression  de  n«j2™™  montrent, 
par  rapport  à  cette  loi,  un  écart  qui  semble  un  peu  supérieur  à  Terreur 
probable  des  expériences,  mais  on  ne  pouvait  espérer  un  meilleur 
accord  entre  les  valeurs  des  produits  P  X  K,  à  moins  que  la  tempéra- 
ture de  Tair  n'eût  été  la  même  dans  tous  les  cas.  On  remarquera  que 
les  expériences  effectuées  sous  la  pression  de  ^n2"""  l'ont  été  avec  une 
température  de  l'air  plus  élevée  que  dans  les  autres  expériences. 


TROISIÈME  PARTIE. 

lOXS   PRODUITS   PAR  l' ACTION   DE  LA   LUMIÈRE   ULTRA-VIOLETTE 

SUR    UNE    SURFACE    MÉTALLIQUE. 

L'appareil  décrit  dans  la  deuxième  Partie  peut  servir,  avec  de  légères 
modifications,  pour  les  ions  produits  par  des  méthodes  variées.  Pour 
amener  dans  le  courant  d'air  qui  circule  dans  le  tube  A  les  ions  pro- 
duits par  la  lumière  ultra-violette,  on  a  effectué  les  changements 
représentés  {/ig»  4)-  Les  fenêtres  W,  et  W2  étaient  pratiquées  dans 
le  tube  long,  et  deux  tubes  courts  S,  et  S2  de  même  diamètre  étaient 


9^0 


J.-S.    TOWNSEND. 


soudés  perpendiculairement  au  premier,  dans  le  prolongement  Tun  de 
l'autre,  chacun  d'eux  entourant  une  des  fenêtres.  Une  lame  de  quartz, 
Q,  était  fixée  hermétiquement,  au  moyen  de  cire  à  cacheter,  à  Texlré- 
mité  de  S|  ;  un  morceau  de  toile  métallique,  ayant  la  même  courbure 
que  la  paroi  de  A,  remplissait  complètement  la  fenêtre  W|.  Une  lame 
de  zinc  Z,  ayant  même  forme  et  mêmes  dimensions  que  le  morceau 
de  laiton  détaché  en  pratiquant  rouvcrturc  W.j,  était  fixée  à  une  tige 

Fig.  4. 


/^t--\,. 


de  laiton  R  traversant  le  disque  d'ébonite  D.  Le  disque  fermait  exac- 
tement le  tube  Sa  et  l'on  rendait  le  joint  hermétique.  Le  zinc  ne  tou- 
chant pas  le  tube  A,  on  pouvait  lui  donner  un  potentiel  quelconque. 
Quand  des  rayons  ultra- violets  traversant  le  quartz  et  la  toile  métal- 
lique arrivent  sur  le  zinc,  des  ions  négatifs  sont  produits  à  la  surface 
du  métal.  Quelques-uns  peuvent  être  entraînés  par  un  courant  d'air 
circulant  dans  le  tube  A,  en  abaissant  le  potentiel  du  zinc  au-dessous 
de  celui  de  A.  Dans  ce  but,  une  petite  batterie  isolée  H  avait  son 
pôle  positif  relié  à  A  et  son  pôle  négatif  relié  à  R. 

La  source  de  rayons  ultra-violets  employée  était  une  étincelle  jail- 
lissant entre  deux  fils  d'aluminium.  L'appareil  destiné  à  produire 
cette  étincelle  était  renfermé  à  l'intérieur  d'une  boîte  couverte  de 
plomb  présentant  une  petite  ouverture  en  Pqui  permettait  aux  rayons 
provenant?  de  l'étincelle  de  tomber  sur  la  plaque  de  quartz  Q.  L'un 
des  pôles  du  secondaire  d'une  bobine  de  Ruhmkorff  était  relié  à  Tar- 


LA  DIFFUSION  DES  IONS  PRODUITS  DANS  l'aIR.  961 

mature  externe  d'une  bouteille  de  Leyde,  et  l'autre  pôle  à  Tarmature 
interne.  La  bouteille  était  chargée  par  la  bobine  et  se  déchargeait 
par  le  micromètre  à  étincelles,  formé  par  les  deux  fils  d'aluminium. 
L'air  se  chargeant  positivement  au  voisinage  de  l'étincelle,  il  a  été 
nécessaire  d'empaqueter  le  tube  S|  avec  de  la  laine,  afin  d'empêcher 
l'air  électrisé  d'arriver  dans  le  voisinage  de  la  tige  F  et  du  fil  qui  la 
relie  à  l'électromètre.  Quand  on  a  pris  cette  précaution,  on  constate 
que  le  fonctionnement  de  la  bobine,  prolongé  pendant  plusieurs 
minutes,  ne  produit  aucune  déviation  de  l'électromètre. 

Marche  des  expériences  avec  la  lumière  ultra-violette. 

La  petite  batterie  H  d'éléments  Clark  était  isolée  et  ses  deux  pôles 
reliés  à  R  et  A,  de  façon  à  donner  à  R  un  potentiel  inférieur  d'en- 
viron 6  volts  à  celui  de  A.  Le  tube  A  était  relié  au  pôle  négatif  d'une 
batterie  de  4^  accumulateurs,  dont  l'autre  pôle  était  au  sol.  Les 
tubes  B  et  les  connexions  de  l'électromètre  étaient  disposés  de  la 
même  façon  que  pour  les  expériences  effectuées  avec  la  substance 
radioactive.  On  faisait  les  observations  d'une  façon  un  peu  différente. 

On  isolait  la  paire  de  quadrants  reliée  à  F  et  l'on  faisait  passer  le 
courant  d'air  dans  l'appareil.  Il  fallait  environ  i5  secondes  pour  que 
le  courant  d'air  devienne  constant;  on  mettait  alors  la  bobine  en 
marche  pendant  un  temps  déterminé  (20  secondes  généralement). 
On  peut  lire  la  déviation  de  l'électromètre  quand  l'image  de  la  fente 
devient  fixe,  ce  qui  est  un  avantage  de  cette  méthode.  Quand  la 
bobine  ne  fonctionnait  pas,  la  lecture  à  l'électromètre  ne  variait  pas 
de  plus  de  o**'^,  5  par  minute  et  n'était  pas  modifiée  quand  le  courant 
d'air  circulait  dans  l'appareil. 

Les  déviations  /î2  (obtenues  d'une  façon  analogue  quand  l'air  ionisé 
circule  dans  les  tubes  courts  T2)  étaient  à  peu  près  le  double  des 
déviations  /i|,  de  sorte  qu'on  faisait  deux  fois  les  observations  de  /ii 
afin  d'avoir  des  lectures  couvrant  la  même  partie  de  l'échelle. 

Les  déviations  obtenues  quand  la  tige  R  était  reliée  directement 
à  A  étaient  d'environ  ~  de  la  déviation  obtenue  quand  la  plaque  de 
zinc  avait  un  potentiel  inférieur  de  6  volts  à  celui  de  A. 

En  chargeant  ensuite  A  au  potentiel  de  -I-80  volts  et  en  donnant  à 
la  lame  de  zinc  un  potentiel  supérieur  à  celui  de  A,  la  bobine  mar- 
chant pendant  2  minutes  ne  produisait  aucune  déviation. 

Les  Tableaux  suivants  donnent  les  déviations  obtenues  avec  diffé- 
rentes vitesses  V  à  l'intérieur  des  tubes  T;  /i|  et  /i2  sont  les  dévîa- 
s.  p.  61 


J.-S.   TOWNSEXO. 


'iifO^  3;èr  aûwxhit.  el  les  coefficienls  de  diflusion  K  sont  obtenus  i 
ufie  le  la  «rooiiie  de  la  figure  3.  L'air  était  à  la  pression  atmosphé- 
-Tinie  H.    L-»    tf^mpérature   n'a  varié  que  de   16®  à   18°  pendant  les 
*^o#;cr*ai!e?f.  *ut  ^ywte  que  les  vitesses  de  diffusion  peuvent  être  regardées 
numit*  !«icr*^?p«/fuiiiKt  à  une  température  de  1 7®  C.    : 


1. 


^<r 


'^  t 


♦il.  £ 


Air  humide. 


0,0417 
o,o438 


K. 


H.  /i,.  /!•.  V. 

762       45,0      81,1       368 

772       47,0      90,0       337      o,o38o 


o,o368 


Là  ieii2=4tif  •rîoiu:?alîon  dépend  beaucoup  de  l'état  de  la  surface  du 
^xnc.  lui  •kilt  être  polie  de  temps  en  temps  pour  que  l'ionisation  ne 
-*«»ii  3^!!-  onp  taible.  Cesi  dans  la  troisième  expérience  effectuée  avec 
*ur  -^et-  fu'tia  a  oblena  la  plus  grande  densité  d'électrisation.  La 
turr^  -nt>Yeiiiie  C  da  passage  d'une  portion  quelconque  du  gaz  dans 
îe^  *ufat?ïï'  Ti  e>t  «y, 0106.  Le  volume  total  du  gaz  circulant  dans  l'ap- 
rjsu-tfU  *tiiÊÀt  «le  4jf>o"^  par  minute. 

tu  c>laioiuiiiiit  réiectromètre,  on  a  trouvé  que  chaque  division  de 
"V^aeile  corre^poacfcût  à  une  charge  de  o,oo44  unité  électrostatique. 
l.a>  4etfc4te  électrique  moyenne  p  était  donc  8,5  x  io~*  unité  élec- 
(rt>>4aiique  par  cealimètre  cube.  On  a  vu  dans  la  première  Partie  que 
f  »i>Kiuit  î  ^  ^  doit  être  inférieur  à  io~**  pour  que  la  perte  d'ions 
nu  t  A-Mr  répulsion  mutuelle  soit  inférieure  à  j^  de  la  perte  due  à  la 
.iiiiiiMou  >er^  les  parois.  Dans  le  cas  présent,  le  produit  p  x  /  est  égal 
1  •».  I  \  îo"^.  Je  >orte  qu*iln\  a  lieu  de  faire  aucune  correction  pour 
lu  iK'Ke  ûue  à  la  répulsion  mutuelle  des  ions. 

QUATRIÈME  PARTIE. 

lO^S   PRODUITS   PAR   l'aIGRETTE. 

tvi  %uire  5  représente  l'appareil  spécialement  modifié  en  vue  des 
^^jK-^rtcuceîs  MAr  la  décharçe  par  les  pointes.  Deux  trous  circulaires 
\jt.*  r**.o  de  diamètre  étaient  faits  dans  le  tube  A,  et  deux  tubes  QelR. 
du  tuvtuo  diamètre  que  les  trous,  étaient  soudés  à  A  dans  les  posilions 
UH{tv(ucvx  jKir  lu  ligure.  Des  bouchons  d'ébonite,  s'adaptant  exaclenienl 
duu^  V^*  ot  K»  emjH*chuient  toute  fuite  d'air  j)ar  ces  tubes  latéraux.  Les 
li^v*>  ilc  luitou  K  et  G.  passant  à  frotlement  doux  à  travers  les  bou- 
chv»u>^  jKuixuioul  ètiv  montées  ou  descendues  de  façon  à  amener  les 


LA   DIFFUSION   DES   IONS   PRODUITS   DANS  L  AIR. 


963 


pointes  métalliques  soudées  à  leurs  exlrémités  à  un  niveau  voulu 
quelconque.  La  pointe  S,  à  Fextrémité  de  F,  était  une  aiguille  d'acier 
et  la  pointe />,  un  court  fil  de  platine. 

On  élevait  le  potentiel  de  la  pointe  à  l'aide  d'une  machine  Wims- 
hurst  mue  à  vitesse  constante  par  un  moteur  électrique.  L'un  des 
conducteurs  de  la  machine  était  relié  au  sol,  et  l'autre  au  fil  V  terminé 


Fig.  5. 


-Hl i=f 


V 

AJLjL-ft 


'v:^ 


^^^ 


par  une  pointe  P  à  environ  o*^",  5  de  distance  du  disque  métallique  D. 
Ce  dernier  était  relié  à  l'une  des  tiges  F  ou  G  par  le  fil  isolé  W.  La 
ïnachine  de  Wimshurst  étant  en  activité,  aucune  décharge  n'avait 
lieu  à  la  pointe  située  à  l'intérieur  de  l'appareil  de  diffusion,  tant  que 
le  fil  X  relié  au  sol  et  le  fil  W  étaient  en  contact.  Quand  on  les  sépa- 
'^ail,  la  décharge  en  aigrette  se  produisait  aussitôt  à  la  pointe  termi- 
nant la  tige  F.  On  pouvait  donc  obtenir  une  décharge  constante  à 
1  inlérieur  du  tube,  pendant  un  temps  voulu  quelconque,  indépen- 
dante des  variations  initiales  et  finales  de  la  machine. 

La  plus  grande  partie  delà  charge  perdue  par  la  pointe  à  l'intérieur 
«Je  A  s'en  va  au  sol  par  l'intermédiaire  de  la  batterie  :  une  faible  frac- 
lion  seulement  est  entraînée  par  le  courant  d'air  circulant  dans  le 
tube  A. 

A  cause  des  charges  en  suspension  dans  l'air  de  la  salle  (émanées 
•n  partie  de  P  et  en  partie  des  pointes  de  la  machine),  on  a  trouvé 
jue  des  écrans  en  toile  métallique  n'étaient  pas  suffisants  pour  proté- 
ger le  fil  réunissant  F  aux  quadrants  isolés  ;  il  a  fallu  couvrir  les  écrans 
le  feuilles  d'étain.  Cette  précaution  prise,  et  la  machine  Wimshurst 


964  '--s.   T0WN6END. 

ayant  marché  pendant  plusieurs  minutes,  Télectromètre  ne  présentait 
aucune  déviation. 

La  marche  des  expériences  était  pratiquement  la  même  que  celle  des 
expériences  effectuées  avec  les  rayons  ultra-violets. 

Ions  positifs  dans  l'air  sec. 

Expériences.  H.  fi,.  />,.  V.  K. 

i 766  162  t6a  3'24  0,0263 

2 760          81  129  334  o,o25i 

3 761  loi  i5o  378  0,0245 

4 754          89,4  142  329  0,0247 

5 753  180,6  299  324  0,0257 

6 767  52,4  77,4  34*^  0,0216 

Expérience  1.  —  Pointe  d'acier  dans  le  tube  Q,  la  pointe  élanl  au 
niveau  de  la  paroi  du  tube  A. 

Expériences  2  et  3.  —  Mêmes  conditions,  si  ce  n'est  qu'on  em- 
ployait le  tube  R  pour  que  le  gaz  eût  une  charge  plus  faible  en  attei- 
gnant le  tube  T. 

Expérience  4.  —  Comme  2  et  3,  avec  une  pointe  de  platine  sub- 
stituée à  la  pointe  d'acier. 

Expérience  o.  —  La  pointe  placée  dans  la  position  indiquée  par 
la  figure  6. 

Expérience  6.  —  Comme  1 ,  si  ce  n'est  que  la  pointe  était  soulevée 
dans  le  tube  Q  à  5**"  au-dessus  de  l'ouverture  du  tube  A. 

Fig.  6. 


^ 


22 


W 


^       s 


Les  expériences  1  et  5  sont  les  seules  pour  lesquelles  Feffel  de 
répulsion  mutuelle  puisse  contribuer  d'une  façon  sensible  à  la  perle 
des  ions  dans  le  tube  T|,  de  sorte  que  les  valeurs  de  K  déduites  de 
ces  expériences  peuvent  être  un  peu  trop  fortes.  La  différence  d'envi- 
ron —^  entre  les  valeurs  obtenues  dans  les  expériences  1  et  o,  d'une 
part,  et  dans  les  expériences  2,  3  et  4,  d'autre  part,  est  due  probable- 


LA   DIFFUSION  DES   IONS   PRODUITS   DANS   L*AIR.  QÔS 

ment  à  cet  effet,  et  non  à  une  différence  quelconque  présentée  par  les 
ions. 

Les  ions  qui  se  mêlent  au  courant  d'air  circulant  dans  A  en  prove- 
nant d'une  pointe  située  à  quelque  distance  du  tube  A,  sont  plus  gros 
que  les  autres,  car  l'expérience  0  montre  qu'ils  se  diffusent  plus  Icn- 
lemenl. 

Ions  négatifs  dans  rair  sec. 

Expériences.  II.  //,.  /i,.  V.  K. 

i 768  77.  i38  337  o.o38/ 

2 766  m,i  iG5  3-26  o,o3()7 

3 758  78,5  i5o  323  o,o368 

-4 767  91,2  160  342  0, 039.4 

Expérience  1.  —  Pointe  d'acier  dans  le  tube  Q,  la  pointe  au 
niveau  de  la  paroi  du  tube  A. 

Expérience  2.  —  Idem,  pointe  de  platine  au  lieu  de  pointe 
d'acier. 

Expérience  3.  —  La  pointe  dans  le  tube  A  dans  la  position  indi- 
<iuée  par  la  figure  6. 

Expérience  4.  —  Comme  1,  mais  la  pointe  étant  soulevée  dans  le 
tube  Q  à  2*""*  au-dessus  de  l'ouverture  pratiquée  dans  le  tube  A. 

Les  trois  premières  expériences  donnent  pratiquement  la  même 
valeur  pour  le  coefficient  de  diffusion,  mais  l'expérience  4  montre 
1"  U  se  produit  des  ions  plus  gros  quand  la  décharge  a  lieu  dans  le 
^"be  étroit  Q. 

Ions  positifs  dans  Vair  humide. 

Expériences.  H.  /i,.  /i,.  V.  K. 

1 763         44,1  74,7         3i8         0,0277 

2 750        71,0         112  396        0,0291 

3 750        60  100  323        0,0271 

Expérience  1.  —  Pointe  d'acier  dans  le  tube  R,  la  pointe  au 
Niveau  de  la  paroi  du  tube  A. 

Expérience  2.  —  Pointe  de  platine  dans  le  tube  Q  (pour  obtenir 
des  déviations  plus  grandes). 

Expérience  3.  —  Pointe  d'acier  dans  le  tube  Q,  à  3*"°*  au-dessus 
de  Fouverture  pratiquée  dans  le  tube  A. 

Le  soulèvement  de  la  pointe  n'a  pas  eu  autant  d'effet  dans  ce  cas 
que  lorsque  l'air  est  sec. 


^66  J.-8.  T0WN8END. 

Ions  négatifs  dans  Vair  humide. 

EipéricDces.  H.  /i,.  n,.  V.  K. 

1 774         56,4         Ii3,6        321         0,0395 

2 750        66,7         121,5        396        00399 

3 774        45,8  97,4        321         0,0376 

Dans  ces  Irois  expériences,  la  décharge  par  l'aigretle  avait  lieu  dans 
le  tube  latéral  Q.  Dans  Texpérience  1,  faite  avec  une  pointe  d'acier, 
et  rexpërience  !2,  faite  avec  une  pointe  de  platine,  la  pointe  était  au 
centre  de  l'ouverture  pratiquée  dans  A.  Dans  l'expérience  3,  la  pointe 
d'acier  était  soulevée  dans  Q  à  2*^™  au-dessus  de  Tou^erture. 

Si  l'on  considère  les  expériences  effectuées  avec  la  pointe  au  niveau 

de   lu   soudure  des  deux  tubes,   on  voit  que  Télectrisation  (y 

unités  arbitraires  j  la  plus  grande  correspond  aux  ions  qui  se  meuvent 

avec  la  plus  grande  vitesse.  Ceci  provient  en  partie  de  la  perle  de 
chaire  prtKluite  dans  le  tube  A  avant  que  le  gaz  n'atteigne  les  tubes  T. 
S'il  se  produisait  des  électrisations  égales  à  la  source,  on  s'attendrait 
à  trouver  que  les  ions  de  faible  masse,  entraînés  par  les  gaz,  attei- 
gnent les  tubes  T  en  plus  petit  nombre  que  les  gros  ions. 


en 


CINQUIÈME   PARTIE. 

EFFET   DE   LA   PRESSION. 

La  théorie  de  la  diffusion  mutuelle  des  gaz  montre  que  le  coeffi- 
cient de  diffusion  est  inversement  proportionnel  à  la  pression  totale 
des  deux  gaz  qui  se  diffusent.  Cette  loi  a  été  confirmée  par  les  expé- 
riences de  Loschmidt  et  autres  (  *  ). 

Les  résultats  donnés  dans  la  seconde  Partie  montrent  que  la  loi  peut 
s'étendre  au  cas  011  Tun  des  gaz  consiste  en  ions.  La  pression  exercée 
par  les  ions  est  tellement  faible  qu'elle  ne  peut  contribuer  à  la  pres- 
sion totale  que  pour  une  fraction  infime,  non  mesurable.  La  pression 
totale  est  donc,  dans  ce  cas,  la  pression  du  gaz  dans  lequel  les  ions 
se  diffusent,  et  nous  voyons  que,  entre  les  pressions  <j-2"»™  et  200""' 


(* )   Voir  O.-E.  Mkyer,  Die  kinetische  Théorie  der  Gase,  Cliapitre  VIII  ou  L.  Bolti- 
MANN,  Leçons  sur  la  théorie  des  gaz,  i'*  Partie. 


LA  DIFFUSION  DBS  IONS  PRODUITS  DANS  l'AIR  967 

de  mercure,  la  vitesse  de  diflTusion  est  inversement  proportionnelle  à 
la  pression. 

On  en  conclut  que  les  dimensions  d'un  ion  ne  changent  pas  quand 
la  pression  varie  entre  ces  limites. 

Ions  produits  par  des  méthodes  variées. 

Les  expériences  de  diffusion  montrent  que  les  ions  produits  parles 
rayons  de  Rtintgen,  par  les  substances  radioactives  et  par  les  rayons 
ultra-violets  ont  à  peu  près  les  mêmes  dimensions  et  sont  soumis  aux 
mêmes  changements  sous  Faction  de  l'humidité.  Le  Tableau  suivant 
des  coeflicients  de  diffusion  des  ions  dans  l'air  montre  qu'il  y  a  des 
différences,  dans  les  différents  cas,  plus  grandes  que  celles  que  des 
erreurs  expérimentales  pourraient  expliquer. 

Coefficients  de  diffusion  des  ions  produits  dans  l 'air 

par  différentes  méthodes. 

Air  sec.  Air  humide. 

Ions  Ions 

Méthode.  positifs.       négatif:».  positifs,     négatifs. 

Rayons  (le  Rônlgen 0,028  o,o43  o,o32        o,oi5 

Substance  radioactive o,o32  o,o43  o,o36        0,041 

Rayons  ultra-violets »  o,o43  »  0,037 


Déchar<^e  par  l'ai  tirette )     '      *1 

/  0,0216 


0,037  0,028        0,039 

6        o,o32  0,027        o,o37 


Nous  examinerons  d'abord  les  valeurs  relatives  des  charges  des  ions 
dans  les  différents  cas. 

On  a  vu  {voir  Mémoire  précédent)  que  si  la  mobilité  u  de  l'ion  et  le  cocf- 
ricieot  de  diiïusion  K  sont  déterminés,  on  peut  comparer  la  charge  e  d'un  ion 
et  la  charge  E  d'un  ion  hydrogène  dans  l'élcctrolyse,  car  on  a 

-.         3  X  iqI^u 

Ne  = T7 

K 

^l,  d'autre  part, 

NE  =  1,22  X  io»o. 

On  a  déjà  vu  de  cette  façon,  dans  le  cas  des  rayons  de  Rr»ntgen, 
que  la  charge  portée  par  les  ions  des  deux  signes  est,  dans  tous  les 
cas,  à  très  peu  près  identique  à  la  charge  E,  les  différences  n'étant 
pas  supérieures  aux  erreurs  expérimentales  possibles.  Pour  étendre 


gfyS  J.-8.   TOWNSEND. 

une  telle  comparaison  aux  ions  produits  par  d'autres  méthodes,  il 
faudrait  connaître  complètement  les  mobilités  u,  et  c'est  seulement 
dans  un  petit  nombre  de  cas  qu'elles  ont  été  déterminées. 

E.  Rutherford  (*)  a  donné  pour  la  valeur  de  la  mobilité  dans  Tair 
à  la  pression  atmosphérique  des  ions  produits  par  les  rayons  ultra- 
violets, la  valeur  l'-'^'yS  par  seconde.  Si  nous  prenons  la  moyenne  cle> 
valeurs  de  K  trouvées  dans  ce  cas  pour  Tair  sec  et  l'air  humide,  on  a 

Ne  =1,12  X  io*o. 

L'effet  de  l'humidité  de  l'air  sur  la  mobilité  n'a  pas  été  étudié,  de  sorle 
que  nous  ne  pouvons  espérer  une  concordance  meilleure  avec  la 
valeur  de  NE  dans  l'électroljse. 

A. -P.  Chattock  (-)  a  mesuré  la  mobilité  des  ions  produits  par 
l'aigrette.  Les  valeurs  données  sont  respectivement  i*^™,3^  par  seconde 
et  i*^"',Po  par  seconde  pour  les  ions  positifs  et  les  ions  négatifs. 
D'autres  valeurs,  inférieures  à  celles-là,  ont  aussi  été  obtenues  et 
s'accorderaient  mieux  avec  les  valeurs  trouvées  pour  les  coefficients 
de  diffusion,  mais  l'auteur  les  considère  comme  moins  dignes  de  con- 
fiance, par  suite  d'erreurs  expérimentales. 

La  disposition  de  l'appareil  employé  pour  la  mesure  des  mobilités 
était  tel  que  la  pointe  n'était  pas  entourée  d'un  tube  étroit,  de  sorte 
qu'on  peut  prendre  les  valeurs  les  plus  élevées  trouvées  par  nous  pour 
le  coefficient  de  diffusion  pour  correspondre  aux  valeurs  des  mobilités 
données  ci-dessus  ;  on  obtient  ainsi 

Ne  =  1,66  X  io*o        pour  les  ions  positifs. 
Ne  =  i,4<>  X  lo**»         pour  les  ions  négatifs. 

Ces  résultats  sembleraient  indiquer  que  quelques-uns  des  ions  ont 
une  charge  double,  mais  on  ne  peut  pas  attacher  une  grande  impor- 
tance à  ces  nombres,  puisque  les  coefficients  de  diffusion  montrent 
de  façon  évidente  que  les  ions  produits  par  l'aigrette  ont  des  dimen- 
sions différentes  suivant  le  dispositif  de  l'appareil  au  voisinage  de  la 
pointe.  Pour  arriver  à  une  conclusion  définie  en  ce  qui  concerne  les 
charges,  il  faut  nécessairement  mesurer  u  et  K  pour  des  ions  pro- 
duits dans  des  circonstances  identiques.  C'est  ce  que  l'on  pourrait 
faire  avec  l'appareil  que  j'ai  employé  pour  la  détermination  des  coef- 

(^)  Proceed.  Cambr,  phil.  Soc.,  t.  I\,  1898.  Mémoire  traduit  dans  ce  Recaeil. 
<•)  Phil,  Ma^,,  t.  3CLVIII,  1899,  p.  407, 


LA  DIFFUSION  DBS   IONS   PRODUITS  DANS  L*AIR.  969 

ficienls  de  diffusion,  et  j'espère  pouvoir  mesurer  les  mobilités  de  fa- 
çon à  obtenir  une  détermination  exacte  de  Ne. 

Cette  méthode  de  comparaison  entre  la  charge  d'un  ion  dans  un 
gaz  et  celle  d'un  ion  dans  un  électrolyte  présente  une  grande  impor- 
tance, puisqu'elle  nous  démontre  de  façon  évidente  la  nature  ato- 
mique de  l'électricité. 

Les  résultats  indiquent  qu'il  j  a  identité  entre  le  minimum  de  divi- 
sibilité de  la  charge  électrique  dans  les  liquides  et  dans  les  gaz. 

Les  méthodes  employées  jusqu'à  présent  pour  la  détermination  de 
la  charge  en  unités  absolues  s'appliquent  à  des  ions  produits  dans  des 
gaz  humides,  et,  comme  toutes  les  mesures  sont  basées  sur  la  vitesse 
de  chute  d'un  nuage,  on  ne  peut  guère  en  attendre  une  grande  pré- 
cision. Les  résultats  montrent  que  la  charge  est  du  même  ordre  pour 
lésions  obtenus  par  différentes  méthodes.  J.-J.  Thomson  a  mesuré  les 
charges  portées  par  les  ions  que  produisent  les  rayons  de  Rontgen  (  '  ) 
et  la  lumière  ultra-violette  (^).  Ces  valeurs  sont  à  peu  près  les  mêmes, 
comprises  entre  6  X  io~*®  et  7  X  io~*"  unité  électrostatique.  Elles 
ne  diffèrent  pas  beaucoup  de  celle,  5  x  lo"*®,  que  j'ai  obtenue  (') 
pour  la  charge  des  ions  dans  les  gaz  chargés  produits  par  l'électrolyse. 

Si  l'on  admet  l'identité  de  la  charge  dans  tous  les  cas,  on  doit  sup- 
poser que  ce  sont  les  variations  de  la  masse  de  l'ion  qui  produisent 
les  différences  observées  pour  les  coefficients  de  diffusion.  Mac  Clel- 
land  (*),  en  mesurant  les  mobilités  des  ions  produits  par  l'arc  ou  par 
des  fds  métalliques  incandescents,  a  trouvé  que  la  masse  de  l'ion  dé- 
pend dans  une  large  mesure  des  circonstances  dans  lesquelles  s'effec- 
tue Tionisation.  Les  mobilités  subissent  de  grandes  variations  pour 
de  faibles  différences  de  température,  ce  qui  prouve  que  la  masse 
de  Tainas  qui  se  forme  autour  d'un  ion  est  très  variable.  Non  pas  que 
les  rayons  de  Rontgen  ou  les  substances  radioactives  aient  une  ac- 
tion sur  l'air,  qui  modifie  sa  tendance  à  se  réunir  autour  d'un  ion 
chargé,  mais  il  se  peut  que  Fionisation  soit  produite  de  diverses  façons 
par  les  différentes  espèces  de  rayons,  de  sorte  que  les  masses  ne 
soient  pas  identiques.  Dans  les  décharges  par  l'aigrette  dans  l'air,  il 
se  produirait  des  actions  tendant  à  grossir  les  dimensions  de  l'amas. 
Par  exemple,  les  composés  oxygénés  de  l'azote  produits  pourraient. 


(')  Phil.  Mag.,  t.  XLVI,  1898. 
(')  PhiL  Mag.,  t.  XLVIII,  1899. 
(')  Phil.  Mag.,  t.  XLV,  1898. 
(*)  Proc.  Camb.  phil.  Soc.,  t.  X. 


970         J.~8.   T0WN8BND.   —   LA  DIFFUSION   DES  IONS   PRODUITS   DANS  L 

par  leur  condensation  sur  le  noyau  chargé,  accroître  sa  ma 
minuer  sa  vitesse  de  diiîusion. 

On  ignore  si  les  rayons  ultra-violets  ont  un  effet  quelcc 
l'air  sec,  mais  C.-T.-K.  Wilson  (  *  )  a  montré  que,  si  la  lui 
pendant  quelques  minutes  sur  de  l'air  humide,  un  nuage  s< 
Cet  effet  doit  être  très  faible  dans  les  expériences  actuelle 
peut  expliquer  la  différence  entre  les  vitesses  de  diffusior 
produits  par  les  rayons  de  Rontgen  et  les  rayons  ultra-viol 

Remerciments  au  Professeur  J.>J.  Thomson. 


(»)  Phil.  Trans.,  A,  t.  CXCII,  1899. 


»—* 


^ 


CONDUCTIBILITÉ  PRODUITE 

DANS  l'hTDIOGÈNB   KT   LE  GAZ  CAIBOIIIQIIE 

PAR  LES  CHOCS  DES  IONS  CHARGÉS  NÉGATIVEMENT, 

Pai  John-S.  TOWNSEND   bt   P.J.   KIUKBY. 
EztraiU  tradniU  de  l'anglais  par  M.  MOULIN. 


Philosophieal  Magazine,  t.  I,  igoi,  p.  63o  à  64^. 


Après  avoir  donné  une  série  de  résultats  d'expériences  faites  sur  Thydro- 
g^ne  et  Tacide  carbonique  par  la  méthode  précédemment  employée  pour  Tair, 
résultats  dont  les  Tableaux  suivants  donnent  un  aperçu,  les  auteurs  indiquent 
UD  raisonnement  simple  qui  permet  d'établir  la  formule  qui  relie  x  à  /?  et  à  X  : 

Hydrogène  {disiance  des  plateaux  :  5"",  5). 

Pressions. 


X 

en  volts-cm. 

4,7. 

1,77. 

0,84. 

0,356. 

69 

7 

5,43 

V 

n 

i38 

8,a 

9»! 

9,'i 

6,4 

0.76 

18 

25,5 

17,2 

n 

4i5 

68 

66,5 

9.5,5 

11,2 

484 

i53 

H9 

3i,6 

I  1,2 

553 

490 

n 

40 

I  1  ,2 

Acide  carbonique  {distance  des  plateaux  :  5"""). 

Pressions. 


X 

en  volts-cm. 

18,3. 

8.8. 

3,95. 

1,4. 

0.68. 

0,25. 

76 

i4o 

35 

19,6 

7,6 

5,25 

5,3 

l52 

141 

35,5 

// 

10,8 

8,1 

7,8 

53i 

i53 

64 

126 

162 

52,9 

ff 

760 

198 

«95 

778 

660 

161 

19 

9»^ 

286 

53o 

283o 

tf 

// 

// 

io32 

395 

lago 

83oo 

it 

tf 

tt 

En  traversant  le  gaz  âous  Tinfluence  d'un  champ  électrique,  un  ion  fait  un 
certain  nombre  de  collisions  avec  les  molécules,  les  vitesses  au  moment  du 


97^  J.-S.  TOWNSBiND  ET  P.-J.    KIRKBT. 

choc  dépendant  des  libres  parcours.  Les  conditions  du  choc  varieront  ât 
diiïércntes  manières  et  ces  chocs  pourront  être  considérés  comme  étant  de 
diiïérents  types.  Dans  quelques  cas,  le  choc  aura  pour  eiTet  de  produire  deu\ 
nouveaux  ions  :  un  positif  et  un  négatif.  Cherchons  TefTet  d'un  accrois«emen(, 
dans  ia  même  proportion,  de  la  pression  et  du  champ  sur  la  valeur  de  2,  quo 
nous  considérerons  comme  étant  une  fonction  inconnue  de  p  et  de  X. 

Quand />  augmente  et  prend  la  valeur  zxp,  le  nombre  total  de  collisJAn* 
par  centimètre  sera  accru  dans  le  rapport  s  et  tous  les  libres  parcours  dimi- 
nueront dans  le  même  rapport;  un  champ  ^  x  \  agissant  le  long  des  libn^^ 
parcours  ainsi  diminués,  produira  le  même  elTet  que  le  champ  \  agissant  !<' 
long  des  libres  parcours  initiaux.  Le  type  de  la  collision  ne  sera  donc  pas  ahcrè 
et  le  seul  eiïet  de  Taugmentation  de />  et  de  X  sera  d'augmenter,  dans  le  rap- 
port s,  le  nombre  de  collisions  par  centimètre  d'un  type  déterminé.  En  particu- 
lier, les  chocs  qui  produisent  de  nouveaux  ions  seront  accrus  dans  le  rapport  z. 

La  relation  entre  les  trois  variables  a,  />  et  X  doit  donc  être  telle  que, 
lorsque />  et  X  varient  dans  le  même  rapport,  une  variation  semblable  se  pro- 
duise pour  a.  En  général,  si  a  =  4>(X, />),  on  aura 

z%  =  ^(zK^zp)        et        w*(X, /?)  =  4>(5X,  s/?), 
4>  est  donc  de  la  forme 


et  Ton  a 


Cette  équation  ne  fait  intervenir  aucune  hypothèse  sur  les  vitesses  des  ion* 
avant  ou  après  le  choc.  Si  nous  prenons  les  valeurs  de  a  pour  une  pression 

X        a 

donnée  et  si  nous  traçons  une  courbe  de  coordonnées  —  et  —  >  son  équation 

sera^=/(a7),  la  môme  pour  toutes  les  pressions. 

Les  figures  1  et  2  représentent  ces  courbes  pour  l'hydrogène  et  le  gai 
carbonique  à  deux  échelles  diiïérenles.  La  constante  n^  qui  représente  le 
nombre  d  ions  produits  par  la  radiation  a  été  déterminée,  pour  les  pressions 
élevées,  au   moyen  des  courbes.  F^our  les  pressions  faibles,  les  auteurs  pré- 

fèrent  tirer  /Iq  de   Téquation  n  =  /i© ; — >  connaissant  d'après  les  expe- 

riences  précédentes  le  rapport  —  qui  correspond  à  un  champ  X  et  en  déier- 

minant  n  pour  ce  champ  (80  volts  par  centimètre),  la  détermination  directe 
de  fiq  conduisant  à  employer  des   champs  trop  faibles.  Les  valeurs  maxima 

obtenues  pour  -  sont  11, 5  pour  l'hydrogène  et  29  pour  CO*  (*). 

(*)  Des  déterminations  plus  précises  des   valeurs  de  —  correspondant  aux  plu 

X  ^ 

grandes  valeurs  de  »  ont  été  obtenues  plus  tard  par  des  observations  sur  la  coodac 

tibilité  produite  par  la  lumière  ultra-violette.  {Note  de  Vautew.) 


KDtCTlBtLlTÊ  PRODUITE  PAR  LES  CHOCS  DES  IONS  CHAICÉS  NÉGATIVE  VENT.      g;3 

.es  résultais,  auxquels  nous  sommes  arrivés,  nous  permeltenl  de 
oparer  les  chemins  libres  moyens  des  ions  avec  ceux  des  mole- 


^ 

s 

/ 

-ff' 

S/f.. 

'/ 

/ 

/ 

A 

,> 

y 

.} 

V 

y 

> 

y 

i 

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,; 

A 

^ 

' 

f^ 

o 

> 

t. 

20  ->    30        40         50         60         70 


90     100    ,  m 


le».  Nous  avons  trouvé  qu'un  ion  négatif  fait  i  i,5  collisions  par 
iitimètre  dans  l'hydrogène  à  la  pression  de  i"""  el  29  collisions  par 


ig- 

^ 

!i- 

-% 

>(«. 

4 

>- 

r 

*. 

>' 

f 

-T 

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-^tL 

J- 

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^ 

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.* 

■f^ 

20 

o- 

J 

o 

4< 

0 

G 

0 

M 

« 

0 

8  0 

T 

eniimùlre  dans  l'acide  carbonique  à  la  même  pression.  Les  chemins 
Ires  moyens  à  celle  pression  sont  donc  les  inverses  de  ces  nombres. 


LA  CONDUCTIBILITÉ  PRODUITE  DANS  LES  GAZ 

A  L'AIDE  DE  LA  LUMIÈRE  ULTRA-VIOLETTE, 


Pai  John-S.  TOWNSEND. 
EztraiU  tradniU  de  l'anglais  par  M.  MOULIN. 


Philosophical  Magazine,  t.  III,  igo?,  p.  557  ^  ^7^- 


2.  L'appareil  emplojé  dans  ces  expériences  est  représenté  figures  i 
et  2. 

La  conductibilité  avait  lieu  entre  les  deux  plateaux  parallèles  A 
et  B  {fig*  i).  Le  plateau  A  était  en  quartz  argenté  sur  sa  face  inlé- 

l'ig.  I. 


rieure  pour  avoir  une  surface  conductrice.  Sur  l'argenture  était  tracée 
une  série  de  lignes  parallèles  fines  pour  permettre  à  une  partie  de  la 
lumière  de  passer  à  travers  la  plaque  et  de  tomber  sur  la  surface  du 
plateau  inférieur  B  qui  était  en  zinc.  La  plaque  A  reposait  sur  un 
chapeau  de  laiton  C,  et  le  joint  était  rendu  étanche.  Un  tube  courl 
d'ébonite  E  était  vissé, sur  la  partie  plate  du  chapeau  sur  lequel  repo- 
sait la  plaque  de  quartz,  et  un  disque  de  métal  F  était  fixé  à  l'exlré- 


LA  CONDUCTIBILITE  PRODUITE  DANS  LES  GAZ. 


975 


mité  inférieure  du  tube  d'ébonite.  Ce  disque  était  ainsi  relié  rigide- 
ment au  plateau  de  quartz  et  lui  était  parallèle.  La  distance  entre  les 
plateaux  A  et  B  se  réglait  au  moyen  de  la  vis  S  qui  tournait  dans  un 
(ilet  de  pas  d'un  demi-millimètre,  taraudé  dans  la  plaque  F.  Le  large 
lube  de  verre  D  qui  contenait  l'appareil  était  rodé  à  l'une  de  ses 
extrémités  et  le  chapeau  de  laiton  y  fut  mastiqué.  L'autre  extrémité 
était  réunie  à  un  tube  plus  étroit  d'environ  33  inches  (89*^"*)  de  lon- 
j^ueur  qui  plongeait  dans  un  récipient  contenant  du  mercure. 

Fig.  2. 


Le  tube  d'ébonite  E  était  percé  d'une  ouverture  pour  laisser  passer 
librement  le  gaz  de  l'espace  compris  entre  les  plateaux  vers  les  autres 
parties  de  Tappareil.  Une  pièce  d'ébonite  courte  était  fixée  à  la  vis  S, 
et  la  tige  R,  passant  à  travers  la  colonne  de  mercure  placée  au-des- 
sous de  D,  s'adaptait  dans  une  entaille  de  l'ébonite.  On  pouvait  faire 
varier  la  dislance  entre  les  plateaux  sans  changer  la  pression  en  tour- 
nant 1  extrémité  de  la  tige  R,  qui  était  recourbée  comme  l'indique  la 

ligure  134. 

L'appareil  était  relié  à  une  pompe  de  Tœpler  et  à  une  jauge  de 
Mac  Leod.  Une  petite  variation  de  pression  pouvait  être  décelée  au 
moyen  de  la  jauge  et  l'on  trouva  que  la  pression  ne  variait  que  de 
cinq  centièmes  de  millimètre  pendant  une  série  d'observations. 


976  J.-8.  TOWNSEND. 

Quand  on  expérimentait  avec  Thydrogène  ou  Tacide  carbonique, 
une  certaine  quantité  de  gaz  frais  était  introduite  dans  l*appareil  avant 
chaque  série  d'expériences  pour  que  la  petite  fuite  ne  puisse  avoir 
aucun  effet  appréciable  sur  les  résultats. 

La  connexion  métallique  avec  le  plateau  de  zinc  était  obtenue  à 
Faide  d'une  lige  passant  à  travers  le  tube  latéral  T.  La  tige  entrdil 
dans  l'appareil  à  travers  un  bouchon  d'ébonite  placé  à  Textrémité  du 
tube  latéral  et  était  ainsi  isolée  du  tube  de  verre. 

Le  plateau  de  zinc  était  relié  à  Tune  des  paires  de  quadrants  d'un 
électromètre,  l'autre  paire  étant  au  sol.  Le  (il  reliant  Tappareil  aui 
quadrants  isolés  passait  au  centre  d'un  tube  de  laiton  mis  au  sol  pour 
éviter  d'avoir  des  effets  d'induction.  Le  plateau  argenté  A  était  relié 
au  pôle  positif  d'une  batterie  de  petits  éléments  Leclanché  dont  l'autre 
pôle  était  au  sol.  Pour  faire  des  expériences  à  champ  constant,  le 
nombre  d'éléments  employés  était  proportionnel  à  la  distance  entre 
les  plateaux. 

....  Des  bandes  de  papier  d'étain  entouraient  le  tube  d'ébonile  (ii 
peu  près  à  égale  dislance  du  chapeau  de  laiton  et  du  disque  E)  el 
étaient  reliées  au  sol  à  travers  un  second  tube  latéral  (non  représenté 
sur  la  figure).  Ce  dispositif  empêchait  les  fuites,  par  la  surface  de 
l'ébonite  de  la  plaque  A  vers  le  plateau  relié  à  l'électromètre. 

La  lumière  ultra-violette  était  produite  par  l'étincelle  de  décharge 
d'une  bouteille  de  Leyde,  éclatant  entre  deux  pointes  d'aluminium. 
Lne  bobine  d'induction  servait  à  charger  la  bouteille  de  Leyde. 
L'appareil  producteur  de  la  lumière  était  entièrement  entouré  d'un 
écran  métallique  relié  au  sol,  de  sorte  que  l'étincelle  ne  pouvait  avoir 
aucun  effet  direct  sur  l'électromètre. 

L'étincelle  était  au  foyer  d'une  lentille  de  quartz  placée  dans  une 
ouverture  de  l'écran  au-dessus  des  plateaux  parallèles  A  el  B.  In 
écran  de  plomb  percé  d'une  ouverture  circulaire  de  i*^™  de  diamètre 
était  placé  entre  la  lentille  et  le  plateau  de  quartz,  pour  limiter  la  lu- 
mière sur  la  portion  centrale  du  plateau  de  zinc.  Ce  dernier  avait 
2'"",  4  Je  diamètre,  de  sorte  que,  lorsque  la  lumière  tombait  sur  lui, 
la  conductibilité  n'avait  Heu  que  dans  la  région  de  champ  uniforme. 

3  à  7.  Les  observations  étaient  faites  comme  précédemment  en  laissant 
passer  la  lumière  pendant  un  temps  connu  et  notant  la  déviation  de  1  electro- 
mètre.  Pour  comparer  les  courants  obtenus  avec  différentes  distances  des  pla- 
teaux, une  petite  correction  a  été  faite  pour  tenir  compte  de  la  variation  de 
capacité  due  à  leur  rapprochement  (2,5  pour  loopour  le  déplacement  de  5 
à  i"").  Les  conductibilités  /i|,  /i»  et  /I3  ont  été  déterminées  pour  trois  di? 


rinBi 


LA  <:0NDVCTIB1LITÉ    PRODllTE   DANS   LES   GAZ.  977 

tances  rf|,  d^  et  d^  telles  que 

dt—  dx=^  d^—  dt, 

le  cliamp  et  la  pression  restant  constants. 

D'après  la  formule 

n  =  /loE*'', 

les  conductibilités  doivent  satisfaire  à  la  condition 

rit        /I3 
n,        /i, 

En  opérant  ainsi,  ii  n'est  pas  nécessaire  d'employer  des  potentiels  trop  élevés 
qui  donnent  des  conductibilités  si  grandes  qu'elles  ne  peuvent  être  attribuées 
à  cette  seule  cause  d*ioni«ation.  La  seule  production  dos  ions  par  choc  des  ions 
négatifs  ne  peut  expliquer  le  phénomène  de  la  décharge  continue,  une  autre 
cause  est  en  jeu  et  ces  expériences  montrent  qu'elle  commence  à  se  faire 
sentir  pour  des  potentiels  beauco*ip  plus  bas  que  le  potentiel  disruptif. 

Celte  deuxième  cause  d'ionisation  n'a  été  que  très  incomplètement  étudiée; 
les  Tableaux  suivants  n'en  donnent  que  quelques  exemples. 

Dans  ces  Tableaux,  X  est  le  champ  en  volts  par  centimètre,  n  le  courant 
(déviation  de  l'électromètre)  corrigé,  l'indice  indiquant  la  distance  des  pla- 
teaux en  millimètres.  R  est  le  rapport  de  chaque  courant  au  suivant. 


i.  —  Air  :  Pression  6 


m  III 


R. 


\. 

/!,. 

la- 

"s- 

"— *^^^^^^^»— -  *■ 

>^-— ^ — -. 

35o 

»6,9 

»9>2 

•2'1 ,  JL 

1,14 

1,14 

5i5 

20,7 

37,  > 

<"'9 

1,81 

1,84 

700 

28, -2 

97.^ 

345 

3,47 

3,53 

IV.  —  Air  :  Pression  o'"'",375. 


R. 


X. 

fi,. 

1^3- 

n,. 

— ^^^ 

i6'À 

34 

63 

126 

1,83 

2,00 

3'>o 

35,3 

74 

168 

2,1 

2 ,  26 

438 

4a 

99 

'23  I 

2,35 

•2,34 

5'2'> 

44,5 

ii3 

280 

2,53 

2,48 

VU.  —  Hydrogène  :  Pression  3o 


mm 


R. 


x. 

/i,. 

/i,. 

n,. 

0^~  "^^^^^^^^gmA 

'  -^  - 

lOÎO 

70,2 

101 ,5 

«  '  ' 
144 

1,44 

1,43 

i4oo 

Il  1 

275 

1) 

•2,48 

t 

1750 

208 

990 

•) 

4,75 

» 

S.  P. 

6a 

^^  J.-S.   TOWNSEND. 


\-  —  Bvdrri^cHius  :  PresÂoa  i"".*i. 


1,- 

1,. 

1,. 

^— *-N 

rt. ." 

\\é 

V^ 

a.o5 

i.i6 

♦ 

«M- 

:^ 

2.6-î 

l.»0 

»7  ^"^  3*         ^^'  i.^   1.93  2,4^ 


.5. 

R. 


r.li  1,33 


K. 


i    4  "2  » 


R. 


?j  5.JJ  2,07 

41»  1  ?5  i,d6 


»,\*  -  •»««  ,     '~~  v 


LA  CONDUCTIBILITE   PRODUITE   DANS  LES  GAZ. 


979 


L'égalité  des  rapports  —  et  —  montre  que  la  conductibilité  est  proportion- 

Ail  /Ij 

nelle  à  e*'',  d  étant  la  distance  des  plateaux  et  a  une  constante  dépendant  de 
la  pression  et  du  champ.  Dans  certains  cas,  ces  rapports  ne  sont  pas  égaux, 
le  second  étant  de  beaucoup  le  plus  grand.  Ceci  se  produit  dans  l'hydrogène 
pour  des  champs  plus  faibles  que  dans  Pair  (X  et  XI).  L'auteur  réserve 
l'examen  de  ces  faits  et  se  borne  à  discuter  les  effets  produits  par  le  choc  des 
ioDs  négatifs. 
Il  lire  a  de  la  formule  précédente,  d'après  les  valeurs  trouvées  pour  les 

rapports  —  et  —  (en  ne  tenant  pas  compte  des  valeurs  de  —  plus  grandes 


/Il        n. 


n% 


que   -^Y    Les  figures  3  et  4    représentent  à  deux   échelles    différentes  les' 
ni/ 

Fig.  3. 


<L  /X* 

courbes  —  =/( —  )*  ^n  traçant  la  tangente  qui  passe  par  l'origine,  on  obtient 

-(comme  on  Ta  vu  dans  un  Mémoire  précédent)  la  valeur  maxima  de  a  qui 
correspond  à  un  champ  donné  X  lorsqu'on  fait  varier  la  pression.  Les  coor- 
données des  points  de  contact  pour  l'air,  l'hydrogène  et  l'acide  carbonique 
sont  respectivement 

6,1, 


-  =  5,2, 

P 

—  =  35o, 
P 


2,35, 
i6o, 


38o. 


Si  X  est  constant,  et  si  l'on  fait  varier  la  pression  pour  obtenir  le  maximum 
•de  conductibilité,  la  valeur  de  a  sera 


5,2X 


2,35X 
[6o 


et 


6,iX 
38o 


On  peut  remarquer  que  ces  trois  nombres  sont  sensiblement  égaux. 


gSo 


J.-S.   TOWNSEND. 


Si  les  ions  négatifs  auxquels  nous  avons  affaire  sont  les  mêmes  que  ceux 
qui  sont  produits  dans  un  gaz  par  les  rayons  Rôntgen,  les  valeurs  de  2  doivent 
être  les  mêmes  dans  les  mêmes  conditions  de  champ  et  de  pression.  Si  Ton 
compare  les  résultats,  on  voit  qu'il  en  est  ainsi.  La  comparaison  des  courbes 


Fig.  4. 


*^ 


15 
14 

13 

12 

11 

10 

9 

8 

7 

6 

5 

4 

3 

2 

1 


^ 

- 

^ 

-^ 

<- 

*^ 

^îd( 

t^ 

6 

1 

t 

c-'*'' 

s: 

1^ 

i 

it 

- 

*r 

-- 

'^ 

i 

v~ 

i 

h 

h 

5 

^ 

^ 

' 

5; 

>• 

-- 

- 

r 

• 

i 

b 

^ 

y 

- 

r 

Hvdrbaènè 

^ 

1 

_,  j 

y^ 

i^ 

? 

^ 

T 

7 

'^ 

7 

C 

5 

ÇfT 

-M. 

f 

r— 

3 

A 

^ 

1 

^r 

M 

« 

2( 

M 

3(1 

10 

40 

« 

Sd 

« 

6( 

10 

A) 

0 

8C 

fO 

9C 

0 

KX 

DO 

1100 

mo 

1300 

1400 

-f 


montre   que,  toutefois,    il   existe  des   différences,  surtout   pour  les   grandes 

X 

valeurs  de— •  Cela  tient  à  ce  que,  dans  les  premières  expériences,  les  diffé- 
rences de  potentiel  employées  étant  trop  grandes,  d'autres  sources  d'innisa- 
tion  intervenaient  comme  nous  venons  de  le  voir  pour  l'ultra-violt'l.  La  valeur 
de  %  obtenue  pour  les  rayons  de  Honlgen  était  alors  trop  élevée.  De  plu», 
dans  ce  cas,  Tionisation  initiale  n'est  pas  uniforme  par  suite  de  la  présence 
de  rayons  secondaires. 

Les  courbes  correspondantes  aux  rayons  Rontgen  sont  tracées  en  trait 
ponctué  pour  Thydrogéne  et  Tacide  carbonique.  Dans  le  cas  de  Tacide  carbo- 
nique, les  deux  courbes  coïncident  pratiquement  dans  une  grande  étendue. 
Pour  ne  pas  compliquer  la  figure,  on  n*a  pas  tracé  la  courbe  de  Tair  pour  les 
rayons  Rontgen;  elle  se  placerait  entre  les  deux  courbes  air  et  acide  carbo- 
nique. 


8.   Les  résultats  obteaus  avec  les  plus  petites  valeurs  de  ~  sont 

suffisants  pour  amener  à  conclure  que  les  ions  nég:atifs  produits  par 
les  chocs  des  ions  négatifs  et  ceux  émis  par  le  zinc  sous  l'influeiice 
de  r  ultra-violet,  sont  identiques  aux  ions  produits  par  les  rayons 
Rontgen  dans  le  même  gaz.  Les  expériences  faites  avec  Tultra-violel 
montrent  que  les  ions  négatifs  produits  dans  un  gaz  quelconque  par 


LA   CONDUCTIBILITÉ    PRODUITE    DANS   LKS   GAZ.  98 1 

le  choc  des  ions  émis  par  le  plateau  de  zinc  sont  identiques  à  ces 
ions  émis  par  le  zinc.  Par  conséquent,  les  ions  négatifs  produits  par 
les  rayons  Rontgen  dans  un  gaz  quelconque  sont  identiquement  les 
mêmes  que  les  ions  libérés  par  Faction  de  Tultra-violet  sur  le  zinc. 

Nous  sommes  aussi  conduits  à  conclure  de  ces  expériences  que 
ces  ions  négatifs  sont  petits  par  rapport  aux  molécules  des  gaz. 
Une  molécule  de  gaz  fait  quatre  fois  plus  de  collisions  qu'un  ion  né- 
gatif en  traversant  la  même  épaisseur  de  gaz  sous  la  même  pression. 
De  plus,  la  propriété  qu'ils  possèdent  de  produire  de  nouveaux  ions 
ne  doit  pas  appartenir  aux  ions  positifs  dans  les  mêmes  conditions  de 
champ  et  de  pression.  Ces  propriétés  de  l'ion  négatif  montrent  qu'il 
doit  être  petit  par  rapport  à  la  molécule  d'hydrogène,  à  la  fois  au  point 
de  vue  de  la  masse  et  des  dimensions  linéaires. 

9.  La  dimension  de  l'ion  négatif,  soumis  à  l'action  de  champs  faibles, 
peut  s'estimer  d'après  les  mesures  de  diffusion  ou  de  la  vitesse  qu'il 
prend  sous  l'influence  d'une  force  électromotrice.  En  déterminant 
cette  dernière  dans  l'air,  Rutherford  (  *  )  fit  des  expériences  sous  des 
pressions  variant  de  la  pression  atmosphérique  à  34"™.  Aux  plus 
basses  pressions,  un  champ  d'environ  5o  volts  par  centimètre  était 

employé,  de  sorte  que  la  valeur  de  —  était  plus  petite  que  2.  Les 

résultats  des  recherches  de  Rutherford  montrèrent  que  les  ions  néga- 
tifs sont  tous  de  même  grosseur,  dans  cette  étendue  de  pressions,  et 
sont  gros  par  rapport  aux  molécules. 

D'un  autre  côté,  on  peut  voir,  d'après  les  expériences  décrites 
dans  cette  Note,  que  les  ions  dans  Thydrogène  à  67"*'"  de  pression 
ont  une  masse  petite  tant  qu'ils  sont  soumis  à  un  champ  de  1760  volts 
par  centimètre,  puisqu'ils  en  produisent  d'autres  par  chocs.  D'après 

—  1>  il  est  à 

supposer  que  les  ions  négatifs  resteraient  de  faible  masse  à  toute 
pression  et  en  produiraient  d'autres  par  collision,  si  le  champ  élec- 
trique était  suffisamment  grand.  Ceci  découle  immédiatement  du  fait 

X 

que  la  vitesse  au  moment  du  choc  dépend  de  la  valeur  de  —  • 

Il  résulte  de  ces  recherches  que,  lorsque  des  ions  sont  produits 
dans  un  gaz,  les  ions  négatifs  sont  d'une  grosseur  déterminée,  indé- 
pendante du  gaz  et  petite  par  rapport  à  celle  des  molécules  d'hydro- 


(»)  E,  Rutherford,  Cambridge  Phil.  Soc,,  Vol.  IX,  1898,  part  VIII. 


982  J.-S.   TOWN8BND. 

X 

gène.   Quand   le  rapport  —  est  petit,   les  ions   positifs  et  négatifs 

acquièrent  rapidement  les  propriétés  de  masses  grandes  par  rapport 
aux  molécules,  effet  que  Ton  attribue  ordinairement  à  la  formation 

d^un  cortège  de  molécules  autour  des   ions.  Si  le  champ  agissant 

X 

sur  le  gaz  croît,  et  que  le  rapport  '—  dépasse  une  certaine  limite, 

quelques-unes  des  collisions  entre  les  ions  et  les  molécules  seront 
suffisamment  violentes  pour  empêcher  la  formation  d'un  cortège  de 
molécules  autour  des  ions.  Sous  Tinfluence  d'un  accroissement  ulté- 
rieur du  champ,  les  ions  négatifs  choqueront  les  molécules  avec  une 
vitesse  suffisante  pour  les  dissocier  en  ions  positifs  et  négatifs.  La 
masse  apparente  des  ions  dépend  donc  du  rapport  du  champ  élec- 
trique à  la  pression. 

10.  Les  résultats  de  ces  expériences  jettent  quelque  lumière  sur  la 
constitution  de  la  molécule.  Nous  sommes  conduits  à  conclure  qu'il 
est  possible  de  détacher  de  la  molécule  d'un  gaz  une  particule  qui 
est  petite,  au  point  de  vue  de  la  masse  et  des  dimensions  linéaires, 
par  rapport  à  la  molécule  d'hydrogène,  et  que  les  particules  détachées 
des  molécules  de  différents  gaz  sont  identiquement  les  mêmes. 

Le  professeur  Thomson  a  montré  précédemment  (  *  )  que  la  masse 
d'un  ion  négatif  provenant  d'un  plateau  de  zinc  est  petite  par  rapport 
à  celle  de  la  molécule  d'hydrogène.  La  méthode  qu'il  a  employée 
n'invoque  aucune  des  hypothèses  admises  dans  les  présentes  re- 
cherches. 

Un  nombre  considérable  de  phénomènes,  liés  à  la  décharge  élec- 
trique dans  les  gaz,  peuvent  être  expliqués,  d'une  manière  générale, 
en  prenant  en  considération  les  propriétés  physiques  de  ces  ions 
négatifs.  Ainsi,  on  peut  rendre  compte  de  certains  effets  de  variation 
de  pression,  du  champ  électrique  et  de  la  distance  des  plateaux.  De 
même,  la  haute  conductibilité  des  gaz  sous  l'action  de  champs  alter- 
natifs rapides  doit  être  due  à  ce  que  les*  ions  traversent  de  grandes 
distances  avant  de  se  décharger  sur  les  électrodes.  Il  y  a,  toutefois, 
bien  des  phénomènes  pour  lesquels  ces  propriétés  physiques  ne  four- 
nissent aucune  explication  :  telle  l'apparition  aux  électrodes  des 
constituants  des  gaz  composés. 

Les  expériences  faites  avec  la  lumière  ultra-violette  montrent  que, 


(*)  J.-J.  Thomson,  Phil.  Mag  ,  décembre  1900. 


LA    CONDUCTIBILITÉ    PRODUITE    DANS   LES   GAZ.  983 

lans  Taride  carbonique,  la  condurtibililé  doit  provenir  de  la  produc- 
ion  d'ions  négatifs  pelils.  Je  continue  en  ce  moment  les  recherches 
ivec  d'autres  gaz  et  vapeurs  pour  en  obtenir  quelque  preuve  supplé- 
nenlaire,  et  l'on  peut  s'attendre  à  ce  que  de  semblables  phénomènes 
»e  montrent  avec  d'autres  gaz  composés. 


SUR  LA  CONDUCTIBILITÉ  PRODUITE  DANS  LES  GAZ 

A  L'AIDE  DE  LA  LUMIÈRE  ULTRA-VIOLETTE, 

Par  John-S.  TOWNSENI). 
Traduit  de  l'anglais  par  M.  MOULIN. 


Philosophical  Magazine,  t.  V,  igoS,  p.  889  à  398. 


Dans  cette  Note  l'auteur  donne  d'abord  les  résultats  de  quelques  expériences 
faites,  par  la  méthode  précédemment  indiquée,  sur  l'acide  chlorhydrique  et  la 
vapeur  d'eau,  résultats  qui  lui  permettent  de  conclure  que  les  ions  négatif 
produits  par  les  chocs  dans  l'air,  l'acide  carbonique,  Thydrogéne,  la  vapeur 
d'eau  et  l'acide  chlorhydrique,  sont  identiques  aux  ions  émis  par  le  zinc  «ous 
l'influence  de  la  lumiérr  ultra-violette  (dans  le  cas  de  la  vapeur  d'eau,  l'appa- 
reil n'était  pas  relié  directement  à  la  trompe  pour  éviter  i'introductioa  de 
vapeur  d'eau  dans  cette  dernière;  un  dispositif  spécial  permettait  d'en  déter- 
miner la  pression  :  se  reporter  au  Mémoire,  PhiL  Mag.y  t.  V,  1908,  p.  890  )• 

Nous  extrairons  des  Tableaux  donnés  par  M.  Townsend  les  quelques  résul- 
tats suivants  : 

H  Cl. 

R. 


Pression. 

X. 

/i,. 

n,. 

/*3. 

/I4. 

/ij. 

-    ■^-  -    -^^ 

l5,2 

io5o 

32,5 

56,5 

98 

tf 

ff 

1,74           ij3 

5,1 

35o 

32 

// 

48,5 

tf 

-4 

1,57.            1,53 

5,1 

875 

5i,5 

268 

1600 

ff 

ff 

5,2              5,o5 

0,98 

525 

20,5 

59 

176 

53 1 

ff 

2,9     3,0   3,0 

o,ç)8 

700 

26,6 

98 

36 1 

1570 

ff 

3,7     3,7  4,4 

0,595 

35o 

29 

// 

117 

ff 

495 

4,04           4,14 

0,595 

700 

4G.5 

122 

35o 

ff 

ff 

2,6a           2,86 

H«0. 


R. 


Pression. 

X. 

11- 

71,. 

n,. 

n,. 

n,. 

'  ^  ■      > 

6,5 

35o 

53,5 

ff 

79 

» 

114 

'.47 

1,44 

6,5 

700 

ii5 

3i3 

870 

ff 

ff 

2,r3 

2,78 

2,l4 

35o 

54,5 

ff 

i85 

ff 

601 

3,39 

3,25 

2,37 

525 

72 

187 

194 

ff 

ff 

2,62 

2,64 

SUR    LA   CONDUCTIBILITE    PRODUITE    DANS   LES   G4Z. 


985 


Pour  la   vapeur  d>au.  il  était  dilficile  de  maintenir  la  pression  constante 
par  suite  de  condensations. 

Fig.  I, 
4 


*^ 


4 

À 

Ù 

/ 

r 

> 

2A 

( 

J 

¥ 

4 

9j 

4 

^ 

■^ 

100 


^ 


200 


Dans  un  grand  nombre  de  cas,  les  rapports  -^  et  — ^  sont  égaux;  mais,  pour 

/Il       /ij 


Fig.  a. 


<v 

— 

^^^ 

i 

HCI 

; 

A- 

"^ 

«»K 

^ 

«^ 

St 

y 

•< 

10 

y 

^ 

H'n- 

IV 

/ 

% 

5^ 

n  y^ 

r 

} 

r 

& 

çc 

rn 

L 

r 

Ç 

5 

( 

4 

500 


X 

7" 


1000 


1500 


des  champs  suffisamment  grands,  le  rapport  augmente  avec  la  dislance  des 
plateaux,  ce  qui  montre  qu'une  autre  cause  d'ionisation  entre  en  jeu. 
Les  courbes  des   figures  i    et  a   représentent,  comme   précédemment,  les 


986  J.-S.   TÙWSSKSB. 

CE  X 

valeurs  de  -  en  fonction  de  —  •  On  peut  voir,  ici  encore.  qa'aaecoBrbeoiiiqQe 
P  P 


passe  par  tous  les  points,  ce  qui  apporte  ane  nouvelle  coBfinaatioB  a  ia  théorie. 

J^ai  déjà  montré  comment  on  peut  déduire  de  ces  résaluii>  quelques 
propriétés  physiques  des  gaz  et  des  ions,  telles  que  le  chemin  libre 
moyen  d'un  ion  et  la  valeur  approximative  de  la  dîmension  d'une 
molécule.  La  première  de  ces  quantités  peut  se  trouver  en  détermi- 
nant le  nombre  de  molécules  qu'un  seul  ion  rencontre  en  traversant 
|Cin  J^  g^2;  ce  sera  la  valeur  maxima  vers  laquelle  tend  z  quand  le 
champ  électrique  augmente.  Dans  ce  but,  une  simple  étude  des 
courbes  obtenues  dans  le  cas  de  la  lumière  ultra-violette  e<t  suffisante. 

Soit  un  ion  qui  se  déplace  dans  un  gaz  sous  Faction  d*un  champ 
électrique  X.  La  vitesse  avec  laquelle  il  rencontre  une  molécule 
dépend  de  son  libre  parcours  avant  la  collision.  Supposons  que  deux 
nouveaux  ions  prennent  naissance  chaque  fois  que  la  vitesse  as 
moment  du  choc  excède  une  certaine  valeur,  de  sorte  quun  ion 
acquerra  la  Mtesse  nécessaire  sous  l'action  d'un  champ  X  s'il  par- 
court un  chemin  x  tel  que  Xx^V,  V  étant  une  différence  de  poten- 
tiel constante.  Supposons  que  le  gaz  soit  sous  la  pression  de  i**et 
soit  N  le  nombre  de  rencontres  d'un  ion  avec  les  molécules  du  gax 

quand  il  parcourt  une  distance  de  i*"'".  Le  chemin  libre  mojenseraj^ 

et  le  nombre  des  libres  parcours  qui  excèdent  la  distance  t 
sera  Ne"'^'.  (^uand  Xx=V,  de  nouveaux  ions  seront  produits,  de 
sorte  que  le  nombre  d'ions  que  produit  un  seul  ion,  en  traversant 

,«ni  jg  g32,  sera  Ne  ^  .  C'est  la  valeur  a  correspondant  à  X  quand 
y»  =  1 .    Les    équations    des    courbes    seraient    donc    de    la   forme 

_  ?iV 

a  =  Ne  ^  ,  où  N  et  V  sont  des  constantes  à  déterminer  à  l'aide  de 
points  quelconques  de  la  courbe.  Cette  formule  simple  donne  les 
valeurs  de  a  avec  une  réelle  exactitude  pour  les  champs  intenses  et 
les  Tableaux  suivants  montrent  comment  elle  s'applique  aux  gai  qui 
ont  été  examinés. 

^i>  ;  N  =  l5,2,     V  =  25, o. 

X  =     1400.       800.       600.       400.       200.       100.        ÎO- 
a  d'après  la  courbe 12  9,4       7,9       5,8       2,5       0,73      o/iS 

_  1^ 
a  =  N£      ^ 11,6       9,4       8  3,8       2,2       o,>3      0,07 

a  d'après  la  2"  formule 11, 3       9,5       8  5,9       2,6       o,G6      0,16 


SUR   LA   CONDUCTIBILITE   PRODUITE   DANS   LES  GAZ.  O87 

Hydrogène  :  ^  =  S^b y     V  =  !25,i. 

X  =  1-200.     400.      300.      200.        100.  50.  30. 

a  diaprés  la  courbe 5,i       4,1       3,6      2,8       1,37      o,36      0,08 

«  =  Ne      ^ 5,0      4,0      3,5      a, 8       1,37      o,35      o,o5 

Acide  carbonique  ;  N  =  18,9,     V  =  23,9. 

X=    1200.      800.     600.      400.       300.      200.  100.  50.    • 

2  d'après  la  courbe .. .     i3,8       11       9  6,4       4,8       '>i,8        0,82      o,i5 

a=N6      ^ i3,-2       II       9,2      6,4       4»^      a, 18      o,25      o,oo3 

Acide  chlorhydrique  ;  N  =  22,2,     V  =  i6,5. 

X=    1500.        1000.     700.         400.       300.      200.        100.         70. 
a  d'après  la  courbe. .      17,6       i5,4       i3  8,9       6,8       4,i        1,21       o,4o 

31=  Ne     ^ 17,5       i5,4       i3,i      8.9      6,5      3,5      0,57      o,ia 

Vapeur  d'eau  .*  N  =  12,7,     V  =  20. 

X  =    900.        500.        300.        200.  100.  60. 

s  d'après  la  courbe ....     9,4         7,3         5,i         3,6         i,3i         o,44 

(i=Ne      ^ 9,4        7,3         5,1         3,2        0,85         1,19 

Ainsi,  pour  Tair,  quand  N  =  i5,2  et  V=:  25  nous  obtenons  les 
valeurs  de  a  données  par  le  Tableau  III.  Les  valeurs  de  a  données 
d'après  les  courbes  (dans  la  première  Note)  sont  données  dans  le  même 
Tableau,  la  pression/?  étant  de  i*"*". 

Les  valeurs  de  a  correspondant  aux  champs  les  plus  intenses  con- 
cordent,   comme  on  peut  le  voir,  avec  les  nombres  obtenus  par  la 


NV 


formule  simple  a  =  Ne  '  ,  de  sorte  que  N  représente  la  valeur 
maxima  de  a,  ou  le  nombre  de  chocs  que  subit  un  ion  en  traversant 
r^de  gaz  sous  la  pression  de  i'"'". 

Puisque  la  formule  ne  concorde  pas  avec  les  résultats  expérimentaux 
pour  les  plus  petites  valeurs  du  champ,  il  est  nécessaire  de  modifier 
I  hypothèse  primitive  pour  obtenir  l'explication  des  résultats  dans 
toute  l'étendue  de  variation  du  champ. 

On  a  supposé  que  deux  nouveaux  ions,  un  positif  et  un  négatif, 
sont  produits  par  un  choc  dans  tous  les  cas  où  la  vitesse  dépasse  une 
certaine  valeur.  Il  est  probable  qu'il  y  a,  à  côté  de  la  vitesse  de  l'ion 


9**8  J.-S.   TOWNSKND. 

néf;at if,  d'autres  causes  qui  déterniiiienl  ce  qui  se  passe  au  moment  di 

clioc,  de  sorte  que  des  ions  pourront  être  produits  dans  certains  cas 

quand  l'ion  négatif  rencontre  la  molécule  avec  une  vitesse  relativemeol 

faible.  La  comparaison  entre  les  nombres  obtenus  expérimentalemot 

_xv 

et  ceux  qui  sont  donnés  par  la  formule  a  =  Ne  •*"  montre  que  ceci 
fournit  Texplication  la  plus  correcte,  \insi,  pour  Tair,  ce  sont  seut 
ment  les  plus  grandes  valeurs  de  a  que  l'on  retrouve  en  supposant 
que  l'ion  négatif  doit  avoir  une  vitesse  correspondant  à  une  chute  de 
potentiel  de  25  volts.  Il  est  évident,  d'après  les  valeurs  de  aobtenaef- 
pour  les  champs  les  plus  faibles,  que  de  nouveaux  ions  sont  produits 
quand  la  vitesse  est  plus  petite  que  celle-ci.  Prenant  la  valeur  i5,i 
déjà  obtenue  pour  X,  nous  pouvons  arriver  à  une  formule  plus  con 
recte  si  nous  prenons  en  considération  quelques  collisions  pour  les- 
quelles la  vitesse  est  aussi  petite  que  celle  qui  correspond  à  une  chute 
de  potentiel  d'environ  lo  volts.  SoitCi  le  nombre  moyen  de  nouveaux 
ioas  provenant  de  C  collisions  pour  lesquelles  la  vitesse  est  compiise 
entre  les  vitesses  correspondant  à  lo  et  à  20  volts.  Soit  Cj  le  nombre 
prx^veiuQt  de  C  collisions  quand  les  vitesses  sont  comprises  entre 
celles  «|uî  ci.>iTespondent  à  20  et  à  3o  volts.  On  peut  supposer  que, 
pour  des  voltages  supérieurs  à  3o  volts,  la  vitesse  acquise  sera  suffi- 
sante ^K>ur  produire  de  nouveaux  ions  à  chaque  collision. 

l.e  nombre  de  collisions  qui  se  produisent  par  centimètre  quand  la 
\Ues^e  est  comprise  entre  celles  qui  correspondent  à  10^*****  et  à  20^*", 
est 

l.e  uv»mbrt»  moven  d'ions  provenant  de  ces  collisions  sera 


^  X  oxprtmeru  vlv^uc  j^r  lu  somme  de  trois  termes 

ÎOX  30  .\\  30N 


WX  1M\  ^      /        ÎOX  30  .\\  30X 


C       C 
l.t*  uoiuliv  N  a  vloià  elt*  déterminé  et  il  reste  à  déduire  -^  el  -r^^^ 

experieiues.  Ou  ti\>u\ora  que  les  formules  donnent  des  résultai?  e» 
acc«ud  a\ec  reux  qui  tmt  été  obtenus  pour  Tair,  quand 

-.-— v».iiS,  --:^o,i4<j  et  N  =  ij,2. 


SUR    LA   CONDUCTIBILITÉ   PRODUITE   DANS   LES   GAZ.  989 

Les  nombres  correspondant  aux  diflérentes  valeurs  du  champ  sont 
donnés  dans  la  dernière  ligne  du  Tableau  précédent  pour  Tair. 

Dans  le  cas  de  Thydrogène,  les  résultats  expérimentaux  sont  très 
bien  représentés  en  supposant  que  des  ions  sont  produits  dans  quel- 
ques cas  quand  la  vitesse  correspond  à  environ  20^"*^.  Pour  les  autres 
^az.  il  semble  que  les  chocs  pour  lesquels  les  vitesses  correspondent 
à  environ  S"'^*'*  ou  lo******  donnent  lieu  à  une  production  de  nouveaux 
ions  dans  certains  cas. 

D'après  cette  théorie,  il  n*est  possible  de  trouver  qu'une  limite 
supérieure  de  l'énergie  nécessaire  pour  ioniser  une  molécule.  Une  va- 
leur précise  de  cette  dernière  quantité  ne  peut  être  tirée  des  expé- 
riences. Il  n*y  a  qu'une  très  faible  probabilité  pour  qu'un  ion  positif  en 
produise  d'autres  par  choc  quand  il  possède  l'énergie  cinétique  qu'il 
acquiert  en  se  déplaçant  entre  deux  points  dont  la  diflerence  de  po- 
tentiel est  de  lo"""''*  à  20*""*.  Les  ions  positifs  ne  sont  pas,  par  consé- 
(|uent,  aussi  efficaces  pour  produire  des  ions  que  les  ions  négatifs,  de 
*orle  qu'il  est  permis  de  supposer  que  des  ions  peuvent  être  produits 
par  d'autres  causes  plus  efficaces  que  les  ions  négatifs. 

Depuis  que  j'ai  mis  en  évidence  que  des  ions  sont  produits  par  des 
ions  négatifs  dont  la  vitesse,  au  moment  du  choc  avec  la  molécule, 
e>t  relativement  faible,  un  certain  nombre  de  Notes  ont  été  publiées, 
dans  lesquelles  ce  principe  a  été  appliqué  à  la  décharge  continue  ordi- 
naire dans  un  tube  contenant  des  gaz  à  basse  pression.  Dans  l'une  de 
ses  Noies,  sur  ce  sujet,  J.  Stark  (*)  renvoie  à  mon  travail  et  déclare 
que  les  vitesses  que  j'ai  données  dans  ma  première  Note  sont  trop 
faibles.  Suivant  Stark,  un  ion  négatif  doit  se  déplacer  entre  deux 
puints  dont  la  différence  de  potentiel  est  de  5o^"***  pour  acquérir  une 
\itesse  suffisante  pour  produire  de  nouveaux  ions  par  choc,  parce 
qu'il  y  a  une  chute  de  potentiel  de  So''***'*  au  voisinage  de  Tanode 
quand  une  décharge  continue  se  produit  dans  l'air.  Même  si  l'on 
admettait  que  la  chute  de  potentiel  à  cette  électrode  puisse  s'expliquer 
par  cette  propriété  de  Tion  négatif  en  mouvement,  le  phénomène  ne 
d(»nne  aucune  jraison  de  supposer  que  de  nouveaux  ions  ne  sont  pas 
produits  par  chocs  quand  la  vitesse  de  l'ion  négatif  est  plus  petite  que 
celle  qui  correspond  à  So'"'''**. 

La  longueur  des  chemins  libres  moyens  d'un  ion  négatif  qui  se 
déplace  dans  un  gaza  i'"'"  de  pression  est  donnée  en  centimètres  dans 


(')  J.  Stark,  Annalen  der  Physik,  190a,  Band  Vil,  p.  437. 


99^     ^«-S.   TOWNSBND.   —  SUR   LA   CONDUCTIBILITE   PRODUITE   DANS  LES   GAZ. 

le  Tableau  suivant.  Les  chemins  libres  moyens  sont  les  inverses  de> 
valeurs  ci-dessus  de  N. 

Si  nous  supposons  que  le  choc  entre  un  ion  négatif  et  une  molécule 
se  produit  quand  Tion  arrive  à  une  distance  R  du  centre  de  la  molé- 
cule, R  est  alors  déterminé  par  l'équation  icR*^/i  =  N,  où  n  est  Iç 
nombre  de  molécules  par  centimètre  cube  d'un  gaz  à  i""  de  pression. 
Les  valeurs  suivantes  de  lo'xR  en  centimètres  ont  été  déterminée> 

en  prenant  n  égal  a  — r- — • 

Le  rayon  S  de  la  sphère  d'action  déduit  des  expériences  de  visco- 
sité est  donné  dans  la  troisième  ligne  du  Tableau.  Ces  valeurs  ont  été 
tirées  des  valeurs  données  pour  irS^No  par  Meyer  (Mkyer,  Kinetic 
theory  of  gases,  p.  3oo),  Nq,  nombre  de  molécules  par  centimètre 
cube  de  gaz  à  760"*"  de  pression,  étant  pris  égal  à  2  x  lo**  comme 
dans  le  calcul  fait  précédemment  pour  R. 

Air.  H«.  C0«.         H  CI.         H^O. 

Chemin  libre  moyen  ??••  •     0,066      0,182      o,o53      o,o45       0,079 

io»x  R 1,36        0,82        1,52         1,64         1,24 

io»xS 1,72        1,26        2,07        2,00         1,99 

La  quantité  2  S  est  la  plus  petite  distance  entre  les  centres  dedeui 
molécules  pendant  une  collision  et  n'est  pas  la  même  que  2R.  Cette 
dernière  quantité  est  déduite  de  la  valeur  maxima  de  a,  de  sorte  que, 
dans  ce  cas,  nous  ne  considérons  que  les  collisions  qui  donneraient 
naissance  à  de  nouveaux  ions  si  l'ion  négatif  se  déplaçait  avec  une 
certaine  vitesse. 

Il  ressort  des  nombres  ci-dessus,  qu'un  ion  négatif  peut  passer  à 
l'intérieur  de  la  sphère  d'action  de  la  molécule  avec  une  grande  vi- 
tesse sans  produire  de  nouveaux  ions. 


»•••« 


PRODUCTION  DES  IONS 

PAR  LES  CHOCS  DES  IONS  POSITIFS  DANS  UN  GAZ 


KT 

THÉORIE  DU  POTENTIEL  DISRUPTJF, 

Par  John-S.  TOWNSEND. 
Traduit  de  l'anglais  par  M.  MOULIN. 


Philosophical  Magazine,  t.  VI,  1903,  p.  698  à  618. 


1.  Dans  une  Note  publiée  dans  UElectrician^  3  avril  1 908,  j'ai 
donné  un  aperçu  d 'une  méthode  à  l'aide  de  laquelle  on  peut  étudier 
<|iielques  propriétés  des  ions  positifs.  La  présente  Note  contient  un 
ciposéplus  complet  de  la  théorie  de  la  production  des  ions  parles  ions 
positifs  et  de  son  application  aux  expériences  qui  ont  été  faites  avec 
l'air  et  l'hydrogène. 

La  théorie  est  basée  sur  la  détermination  de  la  conductibilité 
qui  se  produit  entre  deux  plateaux  parallèles  quand  de  la  lumière 
ultra-violette  tombe  sur  le  plateau  négatif. 

Sous  l'action  de  la  lumière,  un  certain  nombre  n^  d'ions  négatifs 
sont  libérés  et  ces  ions  en  produisent  d'autres  pendant  leur  passage 
^  travers  le  gaz.  Si  la  pression  p  et  le  champ  électrique  X  sont  con- 
stants, pour  les  petites  valeurs  de  —  et  de  la  distance  a  entre  les  pla- 
teaux, le  nombre  d'ions  négatifs  qui  atteignent  l'électrode  positive 
-st  /loC**'.  La  quantité  a  dépend  de  la  pression  et  du  champ  électrique 
•t  représente  le  nombre  d'ions  que  produit  un  ion  négatif  en  traver- 
sât i*""de  gaz. 

Pour  de  grandes  valeurs  de  —  et  de  a,  le  nombre  d'ions  négatifs 
tteignant  l'électrode  positive  est  plus  grand  que  /loS***?  ce  qui  montre 


-"*-    -""'**    '-     ti't:^--  ar-au-    im.iiii    ii  titTèr^iUM-î   it*  pi  cefctKl  entre 
,     -— ?        Lr^   —  '^-îrrr-Tit—  nii  -^uvr^m    ^le  nnis^   •*> ..'ira c Itères 

•;r  r"»»Tîi"*  m?  l?^raàL•z*^  tiuuii-  leul  -?*?  ietenuin^^r  csir  cette 
-,-«, —  .»  -^mn»— vOL  m*-  'Ht-  •>izi*Àii«m  »t>t  |jni«lujir^  \,..ir  [^^  chocj! 
—      -1*    t'TTîir-r-f  ^ftnsss-- •  Tir^  r-*  n«.»itffule>.    ian^  rta  ••  iiiim  uni- 

'^--      -  JL    * •'"    ^^*-^  '^^■'  -îUTH  :e-  poreatit-is-  àia-i  c^ilculés 


"»    .  •« 


I.  .  "Ui*?  O-  *nrTin:  attias**-  -fiiTP'ieî"  |)iateuii.\  pair* Ll«-Ie5  quand 
—  j_r  .^—îii-i.»  'jïtscxÎT;  X  i  :'>ià-. '^n  jjrrMiuÎM*!!!  i  Hitir»f>  par  colli- 
^.  ^     uiiiar*-r  .netti*^  -i******  «t^  -riHTienff^î?'  ippr»»pn*tt?^  ^  la  vérifi- 

—    n   i«^imir^     ..    _  -nfc-  Hîtauê-  LSirt   lu  piateuu  arftiJitif.  c*e>  ions 

»     -       -M.fcitux     r        '«^  -f    «Aie-.ui  [jMHtif ''o  pnniiiironl  d  autres 

iiL=-    •  -JA    *    -û-  a»aMir^  -  -'^  t*î"  àiTn**ra  -nir  le  pUteau  poîiilif. 

-*•  —        iiiï"    ••— sEDr    r-'i!iil5  laIl^  le  :z}u:  •?♦*  'l«:fpL*<*en.>nt  dans 

-^  .^ii-.  •;    .u*ia-  ~m»i»i^f  <:&   imr  «'fîi-  luiiir  '»iil:  .iii>si  la  propriété 

.,  .*     •..ix*,a=- -ui»N^'^   :-.  jiir  4lIllCIpaUt»Q•ie•^l•»?»^llut^de^e\pé- 
••..M  -       .ir    "-    MIS"  lif^aE- -■  irtaiii*-  pHnluiti-  par  Ir»  rhv»c  d'un  ion 
<  «.i.-      -ur^   M!r    ■i»**r'î»r  araiT^  T*»!!!  rdeatit{uifîs>aiL\  i».in5  positifs  et 
r-    1.41-    r»'*«ui--    a*r   T   -afc*   f  m  ua  aiîtoitif-  En  ippli'iuant  la  théo- 
-^îTrt    •  'ir    «^  !»    -«5**j«^r  lu  me  -reuJe  »?>pei'r»  dioii  positif 

^  ^ "  wfe   «nam    hi  ulateau  ae:iatif  el  soit  /île 

jj    ;   "CL-     -u.   xrT'»raâ  7«ir  le  plateau  positif  :  ft—no'\ons 
ir-    •••M'i*-  -^iif^  "  *      --«fc**-  a«s- -•*  -2ii.  Sjieat  /?  le  aombre  d'ions 


.«    'c-ïi*.  ^    ^   ^    iioirr»*   iitra-vuMHtt"  -ur  un  pl.itcati  rnétal- 

''  "  -     »  .:     ,  !-•■    u'iur   j*r  >•*     a»»!-?.  Sf'iU.   Ir<  lons   positifs 


PRODL'CTION   DES   IONS   PAR   LES   CHOCS   DES    IONS   POSITIFS   DANS   LES   GAZ.      99J 

produits  clans  la  couche  comprise  entre  le  plateau  négatif  et  un  plan 
parallèle  à  la  distance  .r,  et  q  le  nombre  produit  entre  ce  plan  et  l'é- 
lectrode positive,  on  a  alors 

Soit  a  le  nombre  d'ions  de  chaque  espèce  produits  par  un  ion 
négatif  en  se  déplaçant  à  travers  i*^"*  de  gaz  et  soit  p  le  nombre 
correspondant  pour  un  ion  positif. 

Cherchons  le  nombre  d'ions  dp  produits  entre  deux  plans  distants 


ig.  I. 


X 


de  j  et  X  -f-  dx  de  l'électrode  négative.  Nous  avons   a  (/lo  -l-/>)  à,x 
nouveaux  ions  de  chaque  espèce  produits  par  les  ai© +  ;o  ions  négatifs 
en  se  déplaçant  de  dx^  et  ^qdx^  produits  par  les  q  ions  positifs  se 
déplaçant  en  sens  opposé. 
Delà, 

dp  =  a(/io -+-/?)  dx  -\-  ^q  dx 


uu 


%  =(a-?)(/io-f-/>)-f-/iji. 


Dot 


et,  puisque  p  =^  n  —  n^  quand  x  =:  a^  nous  avons 


ni  71  = 


a—^s.a-pu 


Les  quantités  a  et  ^dépendent  du  cliamp  électrique  et  de  la  pression, 
de  sorte  que,  si  un  certain  nombre  d'expériences  sont  faites  avec  dif- 
férentes distances  des  plateaux,  le  champ  électrique  et  la  pression  ne 
variant  pas,  les  charges  acquises  par  l'un  des  plateaux  seront  données 
par  la  formule  (  i  ),  dans  laquelle  a  et  [5  sont  constants. 

.'{,  4,  3,  6.  Le  Tableau  suivant  donne  quelques  expériences  faites  sur  l'air 
sous  la  pression  de  [""  avec  un  champ  de  35o  volts  par  cenliinctre.  [q  est  la 

S.  r.  G3 


994 


J.-S.    TOWXSEXD. 


charge'    que    prcn^l    l'un    des   plateaux,  déterminée  expérimentalemeoi  (').] 
Ca  =  5,25,  3  =  o.oi  îi.  ) 


a  en   cenlimélres  : 


0 

0,2 

0,4 

0,6 

o,8 

I 

i.i 

u 

•2,86 

8,3 

24, a 

8[ 

373 

-jaSo 

I 

2,86 

8,2 

^3,4 

66,5 

190 

iM 

1 

2,8; 

8,3 

a4,6 

8o 

38o 

21S0 

Pour  de  grandes  distances  des  plateaux,  les  ions  positifs  donnent  donc  lieu 
à  un  grand  accroissement  de  la  conductibilité,  bien  que  le  nombre  réel  d'ions 
qu'ils  produisent  soit  très  petit. 

I/appareil  employé  diffère  peu  de  celui  qui  avait  servi  antérieurement.  U 

tube  d'ébonite  est  remplacé  par  4   colonnes  d'ébonile  fixées   à  un  disque  A 

(Jlff.  2)  qui  soutient  le  plateau  de  quartz.  Ce  disque  est  fixé  par  4  colonnes  de 

laiton  D  au  plateau  de  laiton  E,  au  centre  duquel  est  mastiquée  une  leotillede 

quartz  L. 

Fig.  a. 


J=sX 


Les  quantités  d'électricité  reçues  par  le  plateau  B  variant  dans  une  grande 
étendue,  ces  quantités  ont  été  mesurées  par  une  méthode  de  compensation. 
Le  système  isolé  était  relié  à  l'une  des  armatures  d'un  condensateur.  En  por- 
tant l'autre  armature  à  un  potentiel  convenable  V  à  l'aide  d'un  potentiomètre, 
on  induit  sur  ce  système  une  charge  c  V  égale  et  de  signe  contraire  à  la  charge 
reçue  par  B  de  manière  à  ramener  l'appareil  au  zéro,  on  peut  ainsi  mesurer 
des  quantités  d'électricité  très  différentes  puisque  l'on  peut  faire  varier  à  vo- 
lonté la  capacité  de  compensation  et  le  potentiel  (Voir  le  Mémoire,  PhiL  Ma§; 
1903,  t.  Il,  p.  6o3). 

Une  partie  des  résuliats  obtenus  sont  résumés  dans  les  Tableaux  suivants  • 
X  étant  le  champ  en  volts  :  cm,  q  la  quantité  d'électricité  reçue  par  B  quand 
la  lumière  ultra-vioIctte  agit  pendant  10  secondes  (  on  peut  avoir  approximali- 
\enient   (j  en  unités  électro-statiques  en  multipliant   les  nombres  «lonno  pjr 


(')  Les  valeurs  de  y  ont  été  multipliées  par  un  facteur  pour  que  les  valeur>  relatives 
ti»'s  charités  prises  puissent  être  comparées  aux  nombres  donnés  par  les  formule». 


PRODUCTION   DES  IONS   PAR   LES  CHOCS   DES  IONS   POSITIFS  DANS  LES  GAZ.      QqS 

>3  ).  Les  valeurs  de  n  ont  été  calculées  par  la  formule 

ins  laquelle  no=  i ,  et  a  et  p  sont  choisis  de  façon  que  les  valeurs  de  n  soient, 
jtant  que  possible,  égales  aux  valeurs  de  q. 


I.  —  Air,  pression  :  ,4™'". 

a.  0,1  0,2  0,3  0,4  0,5 

X=7oo  q 9., 9  8,3  a3,8  80  374 

l^^^'^a    U 2,87  8,3  24,6  8o3  80 

P  =  0,0282  \ 

H.  —  Air,  pression  :  1°"". 

a.  0,2  0,4      0,6  0,8      0,9  l        1,1 

X=  35o  q 2,87         8,4       25  80         »         372     225o 

a=j,25       )     g  ^     g         g^  ^         ^g^     ^^^^ 

8=0,0141    \ 

X=393  q 3,2         10, 4       3^  i65       588         »  >. 

^  ~~    '  in 3,21       10,5       36  i63       533        »  »> 

p  =  o , 022    ) 

IV.  —  Hydrogène,  pression  :  8""". 

a.  0,2  0,3  0,4  0,5 

X=  700  q 6,05  i5,2  44,4  17I 

\~    '   l     [n 6,o5  i5,3  44,2  17G 

P=  0,059    \ 

VI.  —  Hydrogène,  pression  :  7^^"*, 

a.  0,2  0,4  0,6  0,7  0,  18 

X=35o  q 2,65         7,32        24,6         68         822  » 

l"^^'^        \n 2,65         7,5  26  65         870 

?  =0,107    \ 

X=262  q ')  4j6  10,0  »  22,7  65 

û  "     '^,      \n »  4/35  9,9         »  22,7  67 

p  =  0,041    ) 

L'auteur  montre  ensuite  que  le  coefficient  p  est  lié  au  champ  et  à  la  pression 
•ar  la  relation 

P  \PJ 


996 


J.-S.   TOWNSEND. 


par  un  raisonnement  analogue  à  celui  qu'il  a  donné  dans  un  Mémoire  précè- 
dent pour  la  formule 

3  , 

En  portant  en  ordonnées  les  valeurs  trouvées  pour  —  »  ei  en  abscisses  les  valeurs 

X 

de  —j  les  points  obtenus  se  trouvent  bien  sur  une  même  courbe  comme  ie 

Fig.  3. 


i 


"•T    - 

1, 

"1 

f 

J 

~]lt/droiéné 

i 

^'                       7          QM^ 

/                    ^    2 

"7                                       957 

f                            asyAîr 

L                      Z 

/                  9f^/ 

4  y               J* 

'/              ^ 

002     Su                 «iJ-^ 

'•   ,ir\ 

100 


^500 
P 


1000 


montre  la  figure  3.  (Le  chifTie  placé  à  côté  de  chaque  point  indique  la  pres- 
sion du  gaz  à  laquelle  rcxpéricnce  a  élé  faite.) 

7.  Un  certain  nombre  de  propriétés  générales  de  la  conductibilité 
sont  mises  en  évidence  par  les  expériences  qui  ont  été  décrites.  Ces  ex- 
périences montrent  que,  lorsqu'un  nombre  donné  d'ions  négatifs  par- 
tent du  plateau  négatif,  le  nombre  d'ions  qui  arrivent  sur  le  plateau  po- 
sitif dépend  seulement  de  la  différence  de  potentiel  X  x  «  entre  les 
plateaux  et  de  la  quantité  de  gaz  p  x  a  comprise  entre  ces  plateaux. 
Ainsi,  dans  les  Tableaux  I  et  II,  les  courants  obtenus  dans  l'air  à  la 
pression  de  2™™  avec  un  champ  électrique  de  700  volts  par  cenlimèlrc 
et  pour  des  dislances  de  i™"',  2"*"',  3'"'",  4™'"  et  5™"*  eulre  les  plateaux, 
sont  les  mêmes  que  les  courants  dans  l'air  à  i™™  de  pression,  avec  un 
champ  de  35o  volts  par  centimètre,  pour  des  distances  de  2"*'",  4'"°, 
6'""\  8"""  et  10'""  entre  les  plateaux.  On  peut  trouver  des  exemples 
semblables  d'égalité  des  courants  dans  l'hydrogène  à  8"™,  4'""  cl  2 
de  pression  dans  les  Tableaux  IV,  V  et  VI. 


mci 


PRODUCTION   DES   IONS   PAR   LRS   CHOCS   DES   IONS   POSITIFS   DANS  LES  GAZ.      997 

...  X 

Ce  résultat  peut  aussi  s'établir  par  la  théorie.  Le  rapport  -  est  égal 


à  —y  V  étant  la  différence  de  potentiel  entre  les  plateaux  et  m  étant 

la  masse  du  gaz  contenu  dans  l'espace  compris  entre  les  plateaux. 
Delà, 

a  X  n=z  m/(  —  j  et         a  x  ^  =  m^  (—), 

de  sorte  que  le  rapport 

_n  _  a(g— 3)£>«-P>« 

qui  est  fonction  de  a  x  a  et  de  a  X  P,  peut  s'exprimer  en  fonction  de 
r  et  de  m.  La  même  conclusion  découle  de  considérations  élémen- 
taires. Quand  un  ion  passe  d'un  plateau  à  l'autre,  le  nombre  des 
rollisions  dépend  de  la  quantité  m  de  gaz  compris  entre  les  plateaux; 
cl,  si  cette  quantité  et  la  différence  de  potentiel  v  sont  constantes,  la 
rhute  de  potentiel  le  long  du  parcours  effectué  entre  deux  collisions 
sera  aussi  constante.  Dans  ces  conditions,  les  vitesses  des  ions  au  mo- 
ment du  choc  et  le  nombre  total  de  collisions  ne  changeront  pas  quand 
la  distance  des  plateaux  changera.  Donc,  pour  chaque  ion  partant  du 
plateau  négatif,  le  nombre  de  nouveaux  ions  produits  dans  le  gaz  sera 
déterminé  quand  i^  et  m  seront  donnés. 

8.  La  comparaison  des  courbes  montre  qu'il  faut  des  champs 
beaucoup  plus  intenses  pour  produire  de  nouveaux  ions  par  chocs  des 
ions  positifs  dans  l'air  que  dans  l'hydrogène.  Si  l'on  regarde  l'ion 
positif  comme  étant  à  peu  près  de  la  même  dimension  que  la  molécule 
(lu  gaz  dans  lequel  il  est  produit,  les  libres  parcours  d'un  ion  positif 
clans  l'hydrogène  seront  i  ,85  fois  plus  longs  que  les  libres  parcours 
d'un  ion  positif  dans  Tair  à  la  même  pression,  ce  nombre  étant  le 
rapport  des  chemins  libres  moyens  des  molécules  dans  l'hydrogène  et 
ïlans  l'air  (Mkyer,  Klnetic  theoryof  gases).  Il  est  intéressant  de  com- 
parer le  nombre  d'ions  qui  seraient  produits  par  centimètre  par  un 
ion  positif  dans  l'hydrogène  à  i'"'",85  de  pression  et  le  nombre  qui 
serait  produit  dans  l'air  à  i'""*  de  pression,  pour  le  même  champ  élec- 
trique. Les  longueurs  des  libres  parcours  et  le  nombre  de  collisions 
par  centimètre  sont  les  mêmes  pour  les  deux  gaz;  les  chutes  de  poten- 
tiel le  long  des  libres  parcours  seraient  aussi  les  mêmes  pour  le  même 
champ. 


998  J.-S.    TOWNSEND. 

Comme  exemple,  on  peut  prendre  le  cas  du  champ  de  3^0  volts  par 

centimctrc.  Pour  Tair  à  i™"*  de  pression,  ^  =  0,018  quand  X  =  3-o 

3  X 

eip  =  I .  Pour  rhydrogène,  -  =:  0,09  quand  —  ==  200  ;  de  sorte  que, 

si  X  =  3-0  et /)  =:  1,85,3  ^=  0,166.  Le  rapport  des  valeurs  de  ^  donne 
le  rapport  des  nombres  d'ions  produits  par  centimètre  dans  les  deui 
gaz;  pour  ce  champ  particulier,  il  y  a  donc  environ  neuf  fois  plus 
d'ions  produits  dans  Thydrogène  que  dans  Tair,  pour  le  même  nombre 
de  collisions  et  la  même  chute  de  potentiel  entre  les  collisions.  Ce 
résultat  justifie  l'hypothèse  que  l'ion  positif  dans  l'hydrogène  a  une 
masse  plus  petite  que  l'ion  positif  dans  l'air,  de  sorte  que  le  premier 
acquiert  une  vitesse  plus  grande  en  parcourant  une  distance  donnée 
sous  riniluence  d  un  champ  donné.  Ce  résultat  peut  aussi  s'interpréter 
en  supposant  que  les  ions  positifs  sont  de  même  masse  dans  l'air  et 
dans  l'hydrogène  et  que  la  vitesse  nécessaire  pour  produire  des  ions 
à  partir  des  molécules  d'air  est  plus  grande  que  celle  qui  est  néces- 
saire pour  produire  un  semblable  effet  sur  les  molécules  d'hydrogène. 
Cette  explication  n'est  pas  en  accord  avec  ce  que  faction  de  l'Ion 
négatif  dans  les  deux  gaz  nous  aurait  fait  attendre. 

On  peut  voir,  d'après  les  recherches  précédentes  (  '  ),  que  les  molé- 
cules dair  sont  ionisées  par  les  ions  négatifs  pour  des  vitesses,  au 
moment  du  choc,  un  peu  plus  petites  que  les  vitesses  nécessaires 
pour  ioniser  en  quantité  égale  les  molécules  d'hydrogène. 

9.  La  chute  de  potentiel  nécessaire  pour  communiquer  à  l'ion  po- 
sitif une  vitesse  suffisante  pour  produire  de  nouveaux  ions  par  chocs, 
est  plus  petite  que  la  différence  de  potentiel  entre  les  électrodes,  né- 
cessaire pour  produire  un  effet,  du  à  cette  cause,  facilement  décelable 
expérimenlalemeul.  Nous  pou>ons  trouver  l'ordre  de  grandeur  de  celle 
différence  de  potentiel  si  nous  supposons  que  le  chemin  libre  moyen 
d'un  ion  positif  est  le  (juart  de  celui  d'un  ion  négatif;  delà  sorte,  en 
traversant  i'"'  dair  à  la  pression  de  i"*'",  un  ion  positif  ferait  60  col- 
lisions. Prenant,  par  exemple,  le  cas  où  le  champ  est  de  yoo  volts  par 
cenlinirtre,  la  valeur  de  3  est  0,1  4  quand  la  pression  est  de  i"'"';el 
ainsi,  i^  nouveaux  ions  seulement  sont  produits  en  moyenne  pour 
cnvirou  ()ooo  collisions.  Sup|>osons  que  les  nouveaux  ions  soionl  pro- 
(luils  par  les  rliocs  qui  lernuuenl  les  \\  plus  longs  parcours.  En 
licnérai,  sur  \  parcours  de  longueur  uiovenne  /.  le  nombre  )'  de  ceui 


(')   J.-S.    'l'ow.NSl.NO,    lyo3. 


PRODUCTION    DES   IONS   PAR   LES  CHOCS    DES    IONS   POSITIFS   DANS   LES   GAZ.      999 

[ui  surpassent  la  lonj^ueur  x  est  donné  par  la  formule 

D  après  cela,  quand  N  =  6000  et  /=  -g',y,  les  \f\  plus  longs  eliemins 
dépassent  donc  o*^'",  lovi,  de  sorte  que  de  nouveaux  ions  sont  pro- 
duits quand  la  vitesse  correspond  à  une  chute  de  potenliel  d'environ 
■0  volls. 

In  raisonnement  analo^i-ue  montre  que  de  noineaux  ions  peuvent 
être  produits  dans  riiydrogène  quand  la  chute  de  potentiel  est  d'en- 
viron 30  à  3o  volts.  Les  voltaj^es  obtenus  par  celte  méthode  seraient 
UQ  peu  plus  petits  si  le  nombre  de  collisions  par  centimèlre  était 
évalué  d'après  les  Tables  données  par  Meyer  (/or.  c/V. ),  puisque  la 
longueur  du  chemin  libre  mojen  (Tune  molécule  dans  Tair  à  1""" 
de  pression,  déduite  des  expériences  de  viscosité,  est  plus  petite 
qut^  de  centimètre. 

10.  Les  Tableaux  montrent  <jue  le  courant  dans  le  gaz  croît  très 
rapidement  pour  de  faibles  accroissements  de  la  dislance  quand  les 
plateaux  sont  plus  écartés.  Quand  les  distances  des  plateaux  sont 
plus  ;i;randes  de  i"'"'  que  les  plus  grandes  distances  données  dans  les 
Tableaux,  le  champ  X,  conservant  la  même  valeur,  on  obtenait,  en 
général,  un  courant  qui  continuait  à  passer  après  (|ue  la  lumière  de 
la  source  extérieure  avait  cessé  d'agir,  et  l'on  voyait  une  lueur  dans 
1  espace  compris  entre  les  électrodes.  D'après  les  \aleurs  de  a  et  de  ^ 
qui  ont  été  trouvées,  il  est  facile  de  calculer  la  distance  t/'  pour 
laquelle,  le  champ  et  la  pression  étant  donnés,  on  doit  s'attendre  à 
avoir  une  décharge  continue,  c'est-à-dire  })our  laquelle  la  valeur 
de  n  devient  infinie.  Cette  condition  est  remplie  (piand  la  quantité 
ï— jïs^"?''',  dénominateur  de  Texpression  (|ui  donne  /?,  s'annule,  de 
sorte  que  la  distance  nécessaire  a^  est  égale  à 

i      ^ 

^^ 
a  — 3' 

On  peut  voir,  d'après  ce  n'sultat,  que  le  potentiel  disruptif 
*'(=:/^/'X)  <iépend  seulement  de  la  quantité  de  gaz  a' x  p  qui  se 
lrou\e  entre  les  électrodes. 

Substituant,  dans  Texpression  ci-dessus,  les  équations  générales 
fui  donnent  a  et  [j  en  fonction  du  champ  et  de  la  pression,  on  obtient 


'"J*"^'  J.-S     TOWXSEXD. 

1 1  *.  il^nr  ^ai\  dtatr^  «Je  a 


a  = 


•  »u 


'1 


'KJ)-*(^)] 


'•[•''  37  ■-* 'i^)]  " '"■'•^(y?)  -  "'•'*féi 


ijiii  m«»nîre  que  i  '  e>l  fonction  du  produit  a' p, 

i^Ue  [►n»priêlé  du  potentiel  disruplif  dans  le  cas  d'un  gaz  compris 
entre  d»*ux.  plateauv  parallèles  a  été  bien  établie  expérimentalement. 
Les  rei^hen:he>  faites  par  W.-R.  Carr  (Phil.  Trans.,  vol.  CCI,  190^) 
dans  une  grande  étendue  de  pressions  et  de  potentiels  confirment  ce 
Tc^sultat  qui  a\ait  été  obtenu  antérieurement  par  De  la  Rue  et  Muller 
\  Phil.  Trans..  \ol.  CLWI,  i8"9)  et  d'autres,  dans  une  plus  pcllte 
étendue  de  pressions  et  de  potentiels. 

Les  fonctions  y  et  4>  n'ayant  pas  encore  été  mises  sous  une  forme 
alirébrique  simple,  nous  allons  mettre  la  relation  entre  r'  et  a' p  pro- 
\enant  des  considérations  théoriques  sous  forme  de  courbe. 

Vinsi,  dans  le  Tableau  II,  pour  l'air  à  i""*  de  pression,  quand 
\  =  35o,  a  =  5.>..j  et  ,3  =  o,oi4i,  la  distance  explosive  est  donnée 

|>ar  la  formule 

,  _  log  3,9.5  — logo, oi4i  _  ^ 
Cl    —  :       -  —  I  ,  I J, 

de  sorte  i|ue 

r' =  35o  X  I ,  i3  = '^Qj         et        /?a'  =  i,i3. 

Les  Nuleurs  de  i*' el  de  pa',  déduites  par  une  méthode  analogue  de? 
aulres  expérienres  fuites  avec  l'air,   sont  indiquées  sur  la  figure  i 
par    les  peliles  croix.  Les  valeurs  de  i^  et  de  pa'^  calculées  d'après 
les  valeurs  de   a  cl  de  jj  pour  l'hydrogène,   sont  représentées  dans 
la  li«:ure    k  Les  rourl)es  qui   passent  par  ces  points  correspondent 
très  exactement  au\  courbes  trouvées  expérimenlalement.  Quelques 
valeurs  des   potentiels  disruplifs   ont  été  déterminées  expérimenta- 
l(Mn(»nl   a\ec    le    même  appareil  qui  avait  été  employé   pour  déter 
ininei'  la  (jujiiilil(''  q.  Au  cours  des  expériences,  ou  trouva  nécessaire 
«lemelln*  en  circuit  une  grande  lésislance  (  5oooo  ohms)  pour  que  le 
coui'aiil  ne  puisse  li'op  s'élever  jjeudanl  la  décharge.  Avant  <^ue  cette 
prt'cautiou  n'ait  cAr  prise,  il    en  est   rc'sullé  de   graves   inconvéneiils 
(  la  couche  mince  (rargenl  du  plateau  A  hrùla). 


PRODt'CTION   DES   IONS  PAR   LES   CMOCS  DES   IONS   POSITIFS  DANS   LES  GAZ.       lOOI 


VIII.        Air, 

P' 

\. 

a'. 

^. 

b,. 

f 

35o 

i,i3 

i,i5 

1,16 

l 

437 

o,832 

0,82 

o,84 

0,66 

35o 

0,965 

0,9^ 

0,975 

0,66 

437 

0,766 

0,76 

0,78 

Les  expériences  sur  Tair  ont  été  faites  en  augmentant  la  distance 
des  plateaux  de  petites  quantités,  jusqu'à  ce  qu'une  lueur  apparaisse 

Fig.  4. 


^DU 


350 


300 


1-             "                 "  T 

<• 

^z 

^t 

z 

z 

X                               / 

/ 

T 

V* 

^^ 

X-       z 

t      ^ 

A      X 

it                   -t^* 

1           :   

0,5 


^xp 


1       1.1       12 


dans  le  gaz,  un  accroissement  correspondant  étant  donné  au  potentiel 
pour  maintenir  le  champ  électrique  à  la  valeur  pour  laquelle  d  a  été 
déterminé. 

Les  résultats  donnés  dans  le  Tableau  VIII  ont  été  ainsi  obtenus.  Pour 
la  dislance  62,  une  décharge  se  produisait,  et,  pour  la  distance  plus 
petite  b^,  aucune  décharge  n'avait  lieu  quand  la  lumière  ultra-violette 
agissait,  a!  est  la  distance  explosive  pour  le  champ  X  et  la  pression^, 
calculée  d'après  les  valeurs  de  a  et  de  p.  Les  quantités  a',  6|  et  b^ 
sont  données  en  centimètres. 


Les  potentiels  disruptifs  X  X 


bx  -^  />2 


1 


déterminés  expérimentale- 


ment ont  été  portés  sur  la  courbe  (/ig'  4)  et  indiqués  par  un  petit 
cercle,  pour  les  distinguer  des  points  calculés. 


looa 


J.-S.   TOWNSEND. 


Les  expériences  avec  l'hjdrogrne  ont  été  faites  un  peu  diflTrrera- 
nient.  Les  valeurs  de  a  ont  élé  d'abord  calculées  pour  les  diflerenh 
champs  et  pressions  d'après  les  nombres  obtenus  pour  a  et  jS-  Les 
plateaux  furent  alors  placés  à  cette  distance  et  l'on  chercha  expéri- 
mentalement le  potentiel  pour  lequel  l'étincelle  passait.  La  conipa- 


1^*  r 


4ca 


30D 


20D 


i 

.— 

1 

/ 

^ 

1 

1 

' 

y 

G 

i 

/" 

u 

X 

^ 

^ 

A 

> 

/ 

0 

r 

- 

/ 

F"" 

L 

/. 

T 

7 

J 

9 

4 

lt 

<: 

}- 

r 

1 

_ 

axp 


raison  entre  les  potentiels  ainsi  trou>és  et  les  potentiels  i''=  \fl 
fournit  une  méthode  qui  permet  de  vérifier  la  théorie.  Les  poten- 
tiels V  trouvés  expérimentalement  sont  donnés  dans  le  Tableau  IX  et 
sont  aussi  portés  sur  la  courlic  de  la  figure  5. 

IX.  —  Hydroi^ène, 


p- 

X. 

a. 

v\ 

V. 

8 

'n'y 

0,90 

4  7-^^ 

40)5 

8 

700 

0,57 

598 

38Î 

4 

3")<) 

I,i4 

398 

385 

« 

10')!) 

o,3o6 

Vil 

322 

.1 

yx'i 

0 ,  G  i) 

'\'X'X 

323 

4 

700 

o,i()3 

283 

282 

•A 

!>:>o 

«,810 

•283 

287 

'X 

')•>.') 

o,5oi 

'?69 

273 

t 

•i)0 

o,8oG 

9.82 

289 

On  verra,  d'a[)rès  les  courbes,  que  les  potentiels  disruptifs  donnés 
par  la  théorie  concordent  d'une  manière  précise  avec  les  potentiels 


PRODt'CTION  DES   IONS  PAR   LES  CHOCS  DES  IONS   POSITIFS  DANS   LES  GAZ.       IOo3 

déterminés  expérimentalement.  Les  dernières  déterminations  ont  été 
faites  pendant  que  la  lumière  fournie  par  la  source  extérieure  agissait 
sur  l'électrode  négative,  ce  qui  fait  que  les  potentiels  sont  un  peu 
plus  faibles  que  ceux  qui  auraient  été  obtenus  en  l'absence  de  radia- 
tion. 

Cet  effet  de  la  lumière  ullra-violetle  fut  observé  pour  la  première 
fois  par  Hertz  dans  Tair  à  la  pression  atmosphérique.  Pour  des  pres- 
sions de  quelques  mllliraèlres,  l'effet  de  la  lumière  ultra-violetie  sur 
la  décharge  n'est  pas  aussi  grand  que  l'effet  qu'elle  produit  aux  pres- 
sions élevées. 

Pour  la  détermination  expérimentale  des  potentiels,  la  lumière  pro- 
venant de  la  source  extérieure  doit  être  de  faible  intensité,  puisque 
4les  courants  intenses  donneraient  naissance  à  des  effets  que  nous 
n'avons  pas  introduits.  In  courant  intense  dans  un  gaz  tend  à  ré- 
<luire  sa  résistance  et  détruit  l'uniformité  du  champ  électrique  entre 
les  électrodes.  Ainsi,  la  différence  de  potentiel  nécessaire  pour  main- 
tenir une  décharge  dans  un  gaz  est  beaucoup  plus  petite  que  celle 
<(ui  est  nécessaire  pour  pro\oquer  une  décharge  dans  un  gaz  qui  agis- 
'^ait  d'abord  comme  isolant.  Si  rinlensilé  de  la  lumière  est  très  grande, 
le  courant  doit  être  suffisant  pour  détruire  l'isolement  quand  la  quan- 
tité a  —  [ie^^-^^^  est  faible  sans  toutefois  s'annuler.  Les  courants  em- 
ployés dans  les  expériences  ne  furent  pas  assez  grands  ])Our  produire 
<*es  effets,  puisque  le  rapport  des  courants  pour  les  différentes  dis- 
tances des  plateaux  ne  changeait  pas  avec  l'intensité  de  la  lumière. 

L'étincelle  qui  prend  naissance  quand  aucune  radiation  ne  tombe 
sur  les  électrodes  peut  être  attribuée  au  petit  nombre  d'ions  qui  sont 
toujours  présents  dans  le  gaz  comme  l'ont  montré  KIster  et  Geitel  (*) 
et  C.-T.-R.  Wilson  (-).  Ces  ions  produiraient  alors  des  courants 
intenses  quand  le  potentiel  est  suffisamment  grand  pour  que  de 
nouveaux  ions  soient  produits  en  nombre  suffisant  par  les  chocs. 
Dans  ce  cas,  la  décharge  disruptive  ne  peut  se  produire  sans  que  la 
quantité  a —  p£t«-P  «  s'annule,  et  il  est  possible  qu'il  soit  nécessaire 
d'emplojer  des  potentiels  légèrement  plus  élevés  que  ceux  qui  cor- 
respondent à  cette  condition  pour  amorcer  une  décharge  continue  à 
partir  d'un  si  petit  nombre  d'ions.  Il  y  a  un  certain  nombre  de  points 
qui  se  rattachent  à  ce  sujet  et  qui  demandent  une  élude  plus  éten- 
due; j'espère  faire  quelques  autres  expériences  dans  cette  direction. 


(*)  Physikalische  Zeitschrift,  11,  Jahr^ang,  »•  8,  l'y  novembre  190 1. 
{')  Proc.  Roy.  Soc,  vol.  LWIII,  i()oi. 


Ioo4  !•-#•    TOW?î»E>D.  —  PftOOCCTIOX   DES   IONS  PAR   LES   CHOCS.   ETC. 

Le>  ♦^Tpt'rienres  que  juî  décrites  ont  été  faites  avec  une  s*mrrt»  'f»* 
liiiiiir TP  ultr;i-\h.»lette  «le  faible  intensité,  qui  ne  réduit  le  pitea^jel 
disruptif  que  d'une  quantité  très  faible  au-dessous  de  celai  «jrj'oa 
aurait  obtenu  en  l'absence  de  radiation  extérieure  agissant  sur  l'^ler- 
irode  ué|zati\e,  et  l  accord  entre  ces  potentiels  et  les  potentiel?  <al- 
nde^  montre  «ju'on  peut  tirer  de  la  théorie  de  Tionisation  pr  !•?> 
i'Iioc'i  une  représentation  satisfaisante  des  phénomènes  de  décharge 
di'irupti^e  dans  les  ^az. 


1i  • 


LA  PRODUCTION  DES  IONS 

PAR  LE   CHOC   DES   IONS  POSITIFS 

ET 

THÉORIE  DU  POTENTIEL  DISRUPTIF, 

Par    John-S.    TOWNSEND    et    H.-E.    HURST. 
Analysé  et  traduit  de  l'anglais  par  M.  MOULIN. 


Philosophical  Magazine,  Vol.  VIII,  1904,  p.  738  à  753. 


Les  auteurs  apportent  de  nouveaux  résultats  sur  l'ionisation  par  les  chocs 
dans  Tair  et  dans  Thydrogéne  à  des  pressions  plus  élevées  que  précédemment. 
Les  valeurs  de  a  et  de  ^  correspondant  à  un  champ  X  permettent  de  trouver, 
comme  on  l'a  vu,  la  distance  a  des  plateaux  pour  laquelle  la  décharge  disrup- 
tive  se  produit  sous  l'action  de  ce  champ.  La  différence  de  potentiel  a  x\ 
peut  être  comparée  à  la  différence  de  potentiel  disruptive  V  déterminée  expé- 
rimentalement. 

Voici  quelques-uns  des  résultats  donnés  dans  le  Mémoire  : 

Air.  —  Pression  :  2""". 

d 0,-2.  0,4.  0,6.  0,8. 

X  =  525  (/ 4*67  22,2  110  800 

a  =  "  7  ) 

o      '  '  >  n i  ,67  22 , 1  110  820 

p  =  0,0070  )  ' 

a  =  0,91,        a  X  X  =  481,         V  ~  |88. 

Air.  —  Pression  :  4""". 

d 0,2.        0,3.        0,4.      0,5.     0,0.      0,7.        0,8. 

X  =  700  q...     5,12       11,4       26,7       61       148       /\(H       i5oo 

qZç/     a^[^"-      *ï*^       "ï^      ^^>^      ^^       'I9       399       i544 
0  =  0,871,         a  X  X  =  609,         V  =  6i5. 


I006  1.-9.   TOWNSEND  ET  H— B.   HDB8T. 

Air.  —  Pression  :  S™. 

d fl.l.  0,2.  0,3.  0,4. 

X=iioo  q i,i  17.'  i58  mo 

'^  '^'*',  1  rt i,T!  a;,G  i58  i8m 

P=    "'"'^  I 

a  =  o,iîi,         axX=6o3,         V=6oJ. 

Hydrofiine.  —  Pression  :  8"'°. 

rf 0.3.  0.3.  0,T.  0,». 

X=525         9 ,i.87  i4,i  5i,5  m 

'"'^'^.,  (  " 4,8i  14,0  53  n4 

a  =  0,917,        «  X  X  =  486,        V  =  487. 
/lydroffène.  —  Pression  :  16"*. 

d 0,"..  0.3.  0,4.  0.5.  0,6. 

\  =  875  7 i,j  9,(  11,4  5o,3  i5î 

lZ'ofi8i\"'---     *'^  9'"  ^'■'*  '^^  '^» 

.1  =  0,710,        flx  X  =  6-ii,        V  =  6io. 

Hydrogène.  —  Pression  :  ■10""'. 

d 0,3.                 0,4.  0.5.                0.6. 

X  =  io5o       7 [«.7                 1[,8  91,3                  49' 

a  =  8, lit     i 

[l  =  ","î"i      "                     "  *  ■'                "'®' 

«  =  ..,(1-11.  "XX  =  67J,  V  =  675. 

Le>i  courbes    ili'  la  ti^ui'c   i   r<.-i)ri!' sentent  —  en  fonction  de  —  pour  Icj 

■  -   ,.  ''  P 

petites  valeurs  des  \aria[iies. 


0  0!5 


i  ■ 

1 

Ifflm, 

h' 

/ 

1 

/ 

/ 

_ 

^^ 

■ont  plus  actifs  que  cfU\  do  liiii',  ce  qui  cri   <lù  il  i-e  que,  leur  libre  jiai 


PRODUCTION   l)i:S    IONS    PAU    U:    IMIOC    DKS    IONS    POSITIFS. 


1007 


moyen  étant  plus  grand  et  leur  masse  plus  faible,  ils  acquièrent  une  vitesse  plus 
grande  pendant  leur  parcours  et  sous  Faction  du  même  champ.  En  mélan- 
g:eant  à  de  Tair  une  faible  proportion  d'hydrogène,  bien  qu'il  y  ait  peu 
d'ions  positifs  provenant  de  l'hydrogène,  si  ceux-ci  sont  plus  efficaces  que  ceux 
de  Pair  pour  en  produire  de  nouveaux,  ils  devront  augmenter  la  valeur  du 
coefficient  3  de  l'air;  c'est  ce  qu'a  vérifié  l'expérience  (à  4'"'"  et  pour  700 
volts  :  cm.,  ^  passe  de  0,0067  ^  0,011  quand  il  y  a  5  pour  100  d'hydrogène  dans 
l'air). 

L'appareil  employé  était  identique  à  celui  qui  avait  été  précédemment  uti- 
lÎ5é,  mais  aux  potentiels  élevés  (  400  à  5oo  volts)  qu'il  était  nécessaire  d'employer, 
les  auteurs  ont  constaté  des  perturbations  dues  aux  colonnes  isolantes.  Ces 
perturbations  ont  été  supprimées  en  entourant  chacune  de  ces  colonnes  d'un 
anneau  de  papier  d'étain  porté  à  potentiel  intermédiaire  (9.00  volts).  (  Voir  le 
Mémoire,  Phil.  Mag,,  t.  II,  1904,  p.  74^.) 

Pour  la  détermination  du  potentiel  disruptif,  les  plateaux  étaient  reliés  à 
à  une  batterie  de  petites  piles  à  travers  un  voltmètre  de  38ooo  ohms  de  résistance 
et  une  résistance  supplémentaire  réglable.  On  en\oyait  sur  le  plateau  négatif 
un  faisceau  de  lumière  ultra-violette  d'intensité  excessivement  faible,  on  aug- 
mentait progressivement  le  nombre  d'éléments  de  la  pile  jusqu'à  ce  qu'on 
observe  une  lueur  dans  le  gaz  et  une  déviation  du  voltmètre. 

Les  Tableaux  suivants  résument  les  résultats  obtenus  dans  ces  recherches  et 
dans  les  précédentes  (ax  X,  potentiels  calculés;  V,  potentiels  mesurés). 

Air,  —  Potentiels  disruptifs. 


X. 

P' 

a. 

ax\. 

V. 

io5o 

8 

0,765 

8o3 

8o3 

1400 

8 

o,43i 

601 

6o3 

io5o 

6 

0,572 

601 

604 

700 

4 

0,871 

610 

6i5 

io5o 

4 

0,454 

477 

480 

525 

2 

«,9» 

481 

488 

700 

a 

0,575 

4o3 

407 

35o 

I 

I ,  i3 

395 

398 

437 

I 

o,832 

364 

365 

35o 

0,66 

0,905 

338 

340 

437 

0,66 

0,766 

335 

336 

Hydrogène. 

—  Potentiels 

disruptifs. 

X. 

P- 

a. 

a  X  X. 

V. 

io5o 

20 

0,643 

675 

675 

875 

16 

0,710 

621 

619 

io5o 

16 

o,463 

485 

490 

700 

12 

o,79ï 

555 

56 1 

io5o 

12 

0,353 

370 

389 

525 

8 

0,9^7 

486 

487 

700 

8 

0,57 

399 

395 

ioo8 


J.-S.    TOWNSENO  ET   U.-E.    niRRT. 


X. 

P- 

a. 

a  X  X. 

V. 

lOÎO 

8 

o,3o6 

322 

322 

{3o 

4 

1,14 

^99 

393 

>i5 

4 

o,6i3 

322 

323 

700 

4 

o,4o5 

283 

282 

33o 

1 

0,810 

283 

287 

T?.^ 

2 

o,5oi 

269 

273 

35o 

I 

0,806 

282 

289 

Les  courbes  des  figures  2  et  3  représentent  le  potentiel  disruptif  en  foac- 


Pig.  2. 


^  700 
S  600 

-^  500 

I 

^  400 

I 

I 

-%  300 


y 

^ 

p — 

X 

y 

/ 

/^ 

/ 

y 

t 

Air 

axp    a  en  centimètres 

p  en  millimétrés  de  mercure. 


Fig.  3. 


C: 

«o 
c: 


700 


60C 


500 


40C  »■ 


300 


20c 


2     A     6     ô     10     12 

d^p      a  en  centimètres 

p  en  millimètres  de  mercure. 


lion  tlu  produit  p  'y.  a  pour  l'air  et  riiydrogènc,  les  points  déterminés  ex|»é- 
rimentalcincnt  étant  indiques  i)ar  uii  petit  cercle  et  les  points  théoriques  par 
une  croix. 


NOTE  SUR  LE  POTENTIEL  NÉCESSAIRE 

POUR  MAINTENIR  UN  COURANT  DANS    UN  GAZ, 


Par  le  Profbsskur  TOWNSEND. 


Il  est  intéressant  d'étudier  les  phénomènes  qui  se  présentent  quand 
on  atteint  le  moment  où  la  décharge  se  produit  et  d'expliquer  pour- 
quoi le  potentiel  nécessaire  pour  maintenir  un  courant  dans  le  gaz  est 
beaucoup  plus  petit  que  le  potentiel  disruptif.  Nous  allons  examiner 
rapideuient  ce  point  dans  ce  qui  suit,  en  réservant  pour  une  autre 
Note  une  discussion  plus  complète  de  cette  application  de  la  théorie 
de  l'ionisation  par  les  chocs,  les  recherches  expérimentales  néces- 
saires n'étant  pas  encore  très  avancées. 

Sui\ant  la  théorie  qui  a  été  donnée,  une  décharge  continue  passera 
à  travers  le  gaz  quand  les  valeurs  de  a  et  de  P,  correspondant  à  la 
pression  et  au  champ  employés,  satisferont  à  la  condition 

logg-  iogp 
Cl  =  j > 

^  étant  la  distance  des  électrodes.  La  théorie  nécessite  que  le  champ 
^<>it  uniforme,  c'est-à-dire  que  le  courant  soit  faible.  Quand  le  cou- 
''^nt  est  intense,  la  charge  transportée  par  les  ions  modifie  le  champ 
^'lectrique  dans  un  sens  tel  qu'il  facilite  le  passage  du  courant.  Cet 
^flet  entre  graduellement  en  action  et  donne  lieu  à  la  forte  chute  de 
potentiel  que  l'on  observe  au  voisinage  de  l'électrode  négative  quand 
le  courant  est  suffisamment  grand.  Comme  la  mobilité  des  ions  posi- 
tifs est  plus  petite  que  celle  des  ions  négatifs,  une  charge  positive  s'ac- 
;uraule  dans  le  gaz.  Cette  charge  (*)  est  plus  grande  au  voisinage  de 
électrode  négative  que  partout  ailleurs,  puisque  tous  les  ions  positifs 


(M  C'est  le  professeur  Schusler  {Bakerian  Lecture,  Proc.  Roy.  Soc,  t.  XLVII, 
kp,  p.  541)  qui  a  indii|iié  le  premier  que  la  variation  du  champ  électrique  au  voi- 
nage  de  Télectrode  négative  est  due  à  la  diiïérence  de  mobilité  des  ions  positifs  et 
:gatifs. 

S.  P.  64 


lOIO  I.-9.   T0WN8END. 


passent  dans  celte  n^gion,  de  sorte  que,  lorsque  le  courant  croît,  le 
champ  cie\ient  plus  intense  au  voisinage  de  IVlectrode  négative  qu'en 
tout  autre  endroit  du  gaz.  Le  pouvoir  ionisant  des  ions  positifs,  donné 
par  la  valeur  de  ,3,  s'accroît  beaucoup  en  passant  dans  cette  région 
de  champ  intense,  et  les  ions  nécessaires  pour  maintenir  le  courant 
continuent  à  être  produits  quand  la  chute  de  potentiel  entre  les  élec- 
trodes est  plus  petite  que  le  potentiel  disruptif. 

Comme  exemple  d'expériences  mettant  en  évidence  cette  différence 
entre  le  potentiel  nécessaire  pour  maintenir  un  courant  et  le  potentiel 
disruptif,  nous  pouvons  prendre  celles  qui  ont  été  faites  sur  l'air  à  la 
pression  de  8™°'  et  avec  une  distance  de  4'""%»^  »  entre  les  plateaux.  Le 
potentiel  disruptif  donné  dans  le  Tableau  ci-dessus  était  de  6o3  volts. 
La  batterie  était  reliée  aux  électrodes  par  l'intermédiaire  d'une  résis- 
tance de  loooo  ohms  et  d'un  voltmètre  de  38oooohms  de  résistance. 
Avec  cette  résistance  extérieure  ( 48000  ohms),  le  \oltmètre  donnait 
une  déviation  constante,  légèrement  supérieure  à  celle  qui  correspond 
à  200  volts,  quand  le  potentiel  de  la  batterie  était  de  6o3  volts.  La 
chute  de  potentiel  entre  les  extrémités  de  la  résistance  de  looooohms 
était  supérieure  à  5^,5  volts;  de  sorte  que  la  différence  de  potentiel 
entre  les  électrodes  était  plus  petite  que  35 1  volts  quand  le  courant 
(79Ô  d'ampère  env.)  passait.  Si  l'on  coupait  le  circuit  un  instant  et 
si  l'on  employait  ensuite  une  différence  de  potentiel  de  601  volts, 
aucun  effet  ne  se  produisait  :  de  fait,  le  gaz  isolait;  mais,  quand  le  po- 
tentiel de  la  batterie  était  ramené  à  6o3  volts,  la  décharge  se  produi- 
saitde  nouveau  et  le  même  courant  (-^d'ampère)  passaità  travers  le 
gaz.  Il  fut  possible  d'amener  le  courant  à  une  valeur  plus  petite  en 
augmentant  la  résistance  extérieure.  La  différence  de  potentiel  néces- 
saire pour  maintenir  les  courants  plus  petits  était  plus  grande  que 
35 1  volts  et,  pour  les  courants  très  faibles,  il  fallait  une  différence  de 
potentiel  de  6o3  volts  entre  les  électrodes. 

Quand  la  pression  est  réduite  à  celle  qui  correspond  au  potentiel 
disruptif  minimum,  le  potentiel  nécessaire  pour  maintenir  une  dé- 
charge ne  diffère  pas  beaucoup  de  ce  potentiel  disruptif  minimum. 

Suivant  la  théorie,  le  potentiel  de  6o3  volts  est  nécessaire  pour 
maintenir  un  courant  dans  un  champ  uniforme.  Lorsque  le  courant 
croit,  une  charge  s'accumule,  comme  on  l'a  vu,  au  voisinage  de  l'élec- 
trode négative  et,  quand  la  chute  de  potentiel  cathodique  s'est  complè- 
tement établie,  le  potentiel  nécessaire  pour  maintenir  le  courant  est 
d'environ  34o  volts.  La  théorie  conduit  à  cette  conclusion  que  le 
champ  se  modifie  graduellement  quand  le  courant  augmente,  depuis 


SUR  LE  POTENTIEL  NECESSAIRE  POUR  MAINTENIR  UN  COURANT  DANS  UN  GAZ.       lOl  I 

la  distrihulion  uniforme  jusqu'à  une  réparlilion  pour  laquelle  il  se  pré- 
sente à  réleclrode  négative  une  polarisation  considérable  qui  ap- 
proche de  la  valeur  du  potentiel  disruptif  minimum. 

Quelques  expériences  préliminaires  sur  la  répartition  du  champ 
entre  deux  plateaux  parallèles  servant  d'électrodes  ont  confirmé  ces 
conclusions. 

Dans  des  limites  assez  étendues,  une  variation  de  la  différence  de 
potentiel  et  du  champ  correspondant  aux  variations  de  l'intensité  de 
ce  courant.  Lorsque  le  courant  croît,  la  chute  totale  de  potentiel  entre 
les  électrodes  diminue  et  l'intensité  du  champ  croît,  d'abord  au  voi- 
sinage de  l'électrode  négative  ;  ensuite,  un  effet  analogue  mais  plus 
petit  apparaît  à  l'électrode  positive.  La  polarisation  dans  les  couches 
de  gaz  voisines  des  électrodes  croit  graduellement  et  les  chutes  de 
potentiel  cathodique  et  anodique  normales  s'établissent  définitive- 
ment. 

Dans  d'autres  cas,  les  expériences  montrent  que  l'on  peut  mainte- 
nir dans  le  gaz  un  courant  accompagné  d'une  lueur  quand  la  chute  de 
potentiel  au  voisinage  de  la  cathode  est  une  faible  fraction  de  la  chute 
de  potentiel  cathodique  normale. 

Ces  résultats  montrent  que  quelques-unes  des  récentes  théories  qui 
ont  été  proposées  pour  expliquer  le  maintien  d'un  courant  sont  com- 
plètement en  défaut. 

Les  phénomènes  qui  accompagnent  la  décharge  de  l'électricité  dans 
les  tubes  à  vide  ont  été  généralement  étudiés  avec  de  petites  élec- 
trodes et  des  courants  intenses,  de  sorte  que  les  expérimentateurs  ont 
conclu  que  la  chute  de  potentiel  cathodique  est  constante  et  indépen- 
dante du  courant. 

On  a  indiqué  que  la  chute  de  potentiel  cathodique  normale  est  le 
potentiel  nécessaire  pour  communiquer  aux  ions  positifs  une  vitesse 
suffisante  pour  qu'ils  puissent  produire  de  nouveaux  ions  par  choc 
sur  la  cathode.  Si  un  tel  potentiel  était  nécessaire,  il  serait  difficile 
d'expliquer  le  maintien  du  courant  dans  les  cas  où  la  chute  de  poten- 
tiel dans  la  couche  voisine  de  la  cathode  est  plus  petite  que  la  chute 
de  potentiel  cathodique. 

Une  méthode  de  calcul  du  potentiel  disruptif  a  été  donnée  par  le 
professeur  Thomson  (J.-J.  Thomson,  Conduction  of  Electricity 
through  gases,  p.  38 1).  Elle  consiste  à  évaluer  la  chute  de  potentiel 
le  long  des  différentes  portions  de  la  décharge  quand  un  courant  tra- 
verse le  gaz  et  que  la  chute  de  potentiel  cathodique  normale  est  éta- 
blie. Il  est  difficile  de  voir  comment  le  potentiel  ainsi  calculé  pourrait 


loi  a      T0WN8BND.   —  SUR   LE   POTENTIKL  NKCE8SAIRE   POUE  HAINTENIE,   ETC. 

être  le  potentiel  disruptif,  puisqu'il  représente  le  potentiel  nécessaire 
pour  maintenir  un  courant,  potentiel  qui  peut  être  inférieur,  de  plu- 
sieurs centaines  de  volts,  au  potentiel  disruptif.  De  plus,  le  potentiel 
ainsi  calculé  est  indépendant  du  courant,  alors  que  les  expériences  onl 
montré  que  le  potentiel  nécessaire  pour  maintenir  un  courant  dépend 
de  rintensité  de  ce  courant  aussi  bien  que  de  la  pression  du  gaz  et  de 
la  distance  des  électrodes. 

Cette  théorie  ne  donne  donc  pas  une  interprétation  satisfaisante  de 
ces  potentiels,  car  elle  ne  fait  aucune  distinction  entre  le  potentiel 
disruptif  et  le  potentiel  nécessaire  pour  maintenir  une  décharge  con- 
tinue. 


fm^tm 


LA  FORMATION  DES  RAYONS  CATHODIQUES, 


Par  p.  VILLARD. 


I.  —  Les  particularités  de  rémission  cathodique. 

On  a  pendant  longtemps  admis  que  l'émission  cathodique  avait 
lieu  par  toute  la  surface  de  la  cathode  normalement  à  celle-ci  :  en  réa- 
lité les  choses  ne  se  passent  pas  tout  à  fait  ainsi. 

Considérons  par  exemple  Fampoule  représentée  figure  i  (*),  dans 

Fig.  I. 


v-y 


K^roduclion  du  faisceau  cathodique  et  de  Tespace  obscur  dans  une  ampoule  de  Crookes. 
Déformation  de  l'espace  obscur  dans  un  champ  magnétique. 

laquelle  nous  suivrons  les  changements  d'aspect  de  la  décharge  quand 
on  fera  le  vide  progressivement. 

Aux  pressions  relativement  élevées  (i"»"  à  2""  de  mercure  par 
exemple)  la  cathode  est  simplement  entourée  d'une  gaine  lumineuse 
qui  ne  la  touche  pas,  et  dont  la  teinte  dépend  de  la  nature  du  gaz 
(violette  dans  l'air,  blanche  dans  l'oxygène);  au  contact  même  de  la 
cathode  on  aperçoit  une  couche  luminescente  rose  violacé  (spectre 
de  l'hydrogène). 


(  '  )  Le  degré   de    vide  qui   convient   à  tel   ou  tel  phénomène  est  essentiellement 
variable  avec  la  forme  et  les  dimensions  du  tube  et  des  électrodes. 


ioi4 


p.    VILLARD. 


La  pression  s'abaissant  au-dessous  de  i  """  la  gaine  extérieure  s'éleod 
de  plus  en  plus  el  en  même  temps  s'écarte  de  la  cathode  laissant 
entre  elle  et  celle-ci  l'espace  obscur  de  HittorlF  qui  est  d'autant  plus 
étendu  que  la  pression  est  plus  basse.  Bientôt  la  luminosité  du  gai 
présente  un  renforcement  de  plus  en  plus  marqué  suivant  un  cône 
creux  dont  la  base  est  facilement  visible  sur  la  cathode  sous  l'aspect 
d'un  anneau  rosé.  Ce  cône,  qui  n'est  autre  chose  que  le  faisceau  catho- 
dique principal,  est  à  peine  visible  dans  l'espace  obscur,  mais  prend 
brusquement  un  assez  vif  éclat  en  franchissant  la  limite  de  cet 
espace  :  sa  teinte  devient  alors  celle  de  la  gaine  négative  externe:  elle 
%arte  d'ailleurs  un  peu  avec  la  pression;  ainsi  dans  l'oxygène,  qui  e§t 
te  pàM  le  plus  favorable  à  l'observation  de  ces  phénomènes,  la  couleur 
du  faisceau  cathodique  (hors  de  l'espace  obscur  où  il  est  toujours 
rose  »  est  blanchâtre  aux  pression  élevées,  et  d'un  beau  jaune  d'or 
paie  au  vide  de  Crookes. 

Améliorons  maintenant  le  vide,  nous  verrons  le  faisceau  se  resser- 
rer de  plus  en  plus  jusqu'à  n'être  plus  qu'un  mince  filet  partant  du 
centre  de  la  cathode.  En  même  temps,  les  rayons  cathodiques,  au  lieu 
de  rester  constamment  normaux  à  la  cathode  et  de  se  croiser  en  son 
centre  de  courbure,  se  courbent  de  telle  sorte  que  leur  point  de  con- 
\ergence  s'éloigne  de  plus  en  plus,  et  le  cône  qu'ils  forment  s'allonge 
indétîniment. 

Ces  aspects  sont  également  représentés  Pi.  III^  fi  g.  i .  a.  3.  La 
catfioile,  à  peine  visible,  est  en  haut  à  gauche.  En  bas  est  l'antica- 
thi)ile  ^en  aluminium)  qui,  frappée  par  les  rayons,  émet  des  radiations 

trt's  act iniques. 

Fig.  2  . 


f1^rfi4^ 


Dispositifs  montrant  la  tendance  du  point  d'émission  à  se  maint<-Bir  ««r  W\t 

du  lube. 

y.]\ie  étude  détaillée  de  ces  phénomènes,  signalés  pardi  \  ers  auteurs. 
(conduit  aux  résultats  suivants  : 

La  région  d'émission  cathodique  est  toujours  centrée,  non  sur  U 
cathode,  mais  sur  le  tube  qui  entoure  celle-ci  {fig-  2  <     *    . 


(  '  )  Si   la  catliode  est  très  éloignée  de  toute  paroi,  et  dans  ce  c^>  î-eu.totT 
Uii'^t  se  fait  sur  la  cathode  même. 


i   DES  HAVONS  <:ATHODiqtKS. 


ioi5 


Coiiiiiie  on  le\oil  figures  a  tri  3.!-ir<in  pince  IUl-de^aIll  de  la  cuthode 
un  didplira^ine  L)  percé  triine  iHroile  iimei'lure.  c'est  en  Jace  du 
centre  iJe  ci-Ue  omertuie  (\ue.  prend  nnissiinc'e  le  l'aisieaii  cathodique, 
el  son  diamètre,  beaiuniip  plus  pelil  cpie  eelui  de  l'omerture,  csl  le 
même  que  si  le  tube  entier  avail  le  diamètre  de  celle-ci. 

Si  riimpoule,  au  lieu  d'être  de  n-volution.  présente  une  déformation 


Influenct 


\ct  exercée  lui-  le  diamètre  du  faitceau  cathodique  par  le  iioisinage  des 
II.  —  Dans  les  trois  tubes  de  gauche,  la  distance  du  faisceau  aut  paruis  est  la 
C.  D«ns  le  cinquième  tube,  pciurvu  H'un  diaphragme,  ledianictre  du  faisccdU 
:  même  que  li  le  tube  avait  le  diïniétre  du  trou.  —  A,  anode. 


(juelconque,  la  région  radiante  subit  une  déformation  correspondante 
et  présente  toujours  la  même  symétrie  que  le  tube  (  '  ). 

L'action  des  parois  oti  diapliru^mcs  tient  à  leur  électrisation  posi- 
tive déjà  signalée  par  Crookes  et  facile  à  constater.  Dans  une  ampoule 
telle  que  celle  représentée  figure  i  c'est  entre  la  cathode  et  l'élec- 
trode a  que  se  fait  la  presque  totalité  de  ta  chute  de  potentiel  totale. 

D'autre  part,  en  accroissant  cette  électrisation,  on  détermine  un  res- 
.serrement  du  faisceau  ;  par  exemple,  en  prenant  pour  anode  V  ou  A» 
i^fig-  3),  on  réduit  le  diamètre  du  faisceau  correspondant  :  mieux, 
encore  en  reliant  à  l'anude  un  large  anneau  métallique  placé  en  avant 
«le  la  cathode.  On  fait  ainsi  varier  à  volonté  la  résistance  de  l'ampoule 
en  modifiant  la  section  du  faisceau  qui  transporte  le  courant. 

Si  Ton  relie   l'électrode  a^{Jig.  4)  à  une  source  d'électricité,  on 


(ML 

nilue 

obsen 

paitic 

ation  de:, 

uliéremei 

formes 
i  facile 

di 

erse. 

élal  ;> 
ri  Haut 

iOn  specli 

e  â  celu 

d 

Ihyd 

Dune  mauiére  générale,  si  1 
specire  de  ce  métal  apparal 
nalosue  a  «té  étudié  et  décril 

cathode 
partout 
par  W.  K 

>l   volatil  (Me,  l.i. 
c  rayons.  Un  phên 


w 


IO16  p.    VILLABD. 

constate  facilement  qu'une  charge  positive  repousse  la  région  radiante 
et  la  déplace  sur  la  cathode  :  une  charge  négative  l'attire,  au  contraire. 
Donnante  cette  électrode  la  forme  d'un  anneau,  on  peut,  à  volonté, 
resserrer  ou  élargir  le  faisceau  cathodique  et  faire  varier  en  consé- 
quence la  résistance  du  tube,  laquelle  ne  dépend  que  du  diamètre  de 
ce  faisceau. 

Fig.  4. 


Action  répulsive  exercée  sur  la  région  radiante  par  une  électrode 
chargée  positivement. —  C,  caihodc;  a,  électrode  auxiliaire. 

Il  est  assez  singulier  de  voir  le  faisceau  cathodique  repoussé  à  son 
origine  par  une  charge  positive,  alors  qu'il  est  formé  de  particules 
négatives,  et  que,  surtout  le  reste  de  son  trajet,  il  est  manifestement 
attiré  par  les  corps  chargés  positivement. 

II.  —  Laiflaz  cathodique. 

Cette  contradiction  disparaît  si  l'on  admet  que  l'émission  catho- 
dique est  alimentée,  non  aux  dépens  de  la  cathode,  mais  par  un  cou- 
rant de  matière  électrisée  positivement,  provenant  des  diverses  par- 
ties du  tube  et  arrivant  à  la  cathode  avec  une  grande  vitesse.   Cet 
afflux  cathodique,  nécessairement  repoussé  par  la  charge  positive 
des  parois,  se  centrera  sur  le  tube  et  en  reflétera  évidemment  la  sy- 
métrie. Une  électrode  l'attirera  ou  le  repoussera  suivant  le  signe  de 
son  électrisation  et  déplacera  par  suite  son  point  d'arrivée,  c'esl- 
à-dire  le  point  de  départ  des  rayons  cathodiques;  un  diaphragme  à 
trou  placé  un  peu  en  avant  de  la  cathode  ne  laissera  l'afflux  arriver  à 
celle-ci  qu'en  face  du  trou;  et,  en  ce  point  seulement,  il  y  aura  for- 
mation de  rayons  cathodiques.  Sur  tout  le  reste  de  la  cathode,  l'émis- 
sion, alimentée  seulement  par  le  gaz  compris  entre  celle-ci  et  le  dia- 
phragme, sera  insignifiante.  C'est,  en  efl'et,  ce  que  l'expérience  va 
nous  permettre  de  vérifier.  Cet  afflux  cathodique  est  d'ailleurs  aisé- 
ment visible  sous  l'aspect  d'une  gerbe  rose  violacé  qui  semble  im- 
plantée sur  la  cathode  et  présente  une  forme  manifestement  en  rap- 
port avec  celle  du  tube. 


LA    FORMATION    DK8    RAYONS   CATIIODIQCRS. 


1017 


L'existence  de  ce  courant  matériel  est  facile  à  mettre  en  évidence 
au  moyen  de  l'appareil  que  représente  la  figure  5.  Dès  que  le  vide  est 
assez  avancé  pour  que  le  dia[>hragme  D  soit  à  Tintérieur  de  l'espace 
obscur,  l'émission  catliodique  se  fait  à  peu  près  en  totalité  par  les 
points  a* y  situés  en  face  des  centres  des  trous  ab  (Tintluence  des 
parois   est  ici  presque  nulle  en   raison  du   grand  diamètre  donné  à 

Fig.  0. 


I    é 


II 


KLlj:. 


^JcpérUnces  sur  l'afflux  cathodique.  —  I.  Appareil  servant  à  montrer  que  les 
rayons  Ciithodiques  se  forment  seulement  sur  les  points  delà  cathode  {a\b')  qui 
peuvent  recevoir  l'afflux  cathodique.  Ce  dernier  ne  peut  passer  que  par  les  trous  ab 
du  diaphragme  D.  Les  rayons  cathodiques  rencontrent  le  verre  en  /'  et  /';  s'il 
n'y  avait  pas  de  diaphragme,  il  n'y  aurait  qu'un  seul  faisceau  rencontrant  la  paroi 
en  /.  —  II.  Répulsion  de  l'afflux  cathodique  en  aa'  par  une  électrode  E  chargée 
positivement. 

l'appareil).  En  l'absence  du  diaphragme,  on  aurait  un  faisceau  unique 
\enant  frapper  le  verre  en  /,  et  pouvant  le  fondre  en  ce  point  seule- 
ment .  Si  le  diaphragme  n'agissait  pas  sur  l'émission  même  des  rayons, 
ce  faisceau  central  continuerait  à  se  produire,  et  serait  simplement 
arrêté  par  le  diaphragme,  tandis  qu'il  est  ici  supprimé  et  remplacé 
par  autant  de  faisceaux  qu'il  y  a  de  trous. 

L'électrode  E,  mobile  à  coulisse,  permet  de  vérifier  aisément  qu'une 
charge  positive  repousse  le  courant  d'afllux  qui  arrive  par  le  trou  «r, 
tandis  qu'elle  attire,  au  contraire,  le  faisceau  cathodique  correspon- 
dant (Jig.  5,  II). 

Si  l'électrode  E  passe  exactement  au-dessus  du  centre  de  l'ouver- 
ture a,  l'afflux  se  divise  en  deux  courants  divergents,  qui  s'écartent 
ou  se  rapprochent  l'un  de  l'autre  suivant  que  l'électrode  est  chargée 
positivement  ou  négativement,  et  le  point  radiant  a'  est  alors  dé- 
doublé. 

Si  l'on  éloigne  peu  à  peu  le  diaphragme,  l'espace  compris  entre  la 


loi 8  p.   VILLARD. 

cathode  et  lui  fournit  un  aftlux  de  plus  en  plus  important,  et,  quand 
la  distance  CD  atteint  quelques  centimètres,  il  n'y  a  plus  qu'un  seul 
faisceau  cathodique  comme  à  l'ordinaire  :  le  rôle  du  diaphragme  se 
réduit  alors  à  découper  dans  l'émission  totale  deux  faisceaux  ayant 
cette  fois  le  diamètre  et  la  forme  exacte  des  ouvertures.  Le  verre  est 
encore  fluorescent  en  f  et  /",  mais  sa  température  s'élève  à  peine, 
et  c'est,  au  contraire,  le  diaphragme  qui  s'échauffe,  surtout  dans  >a 
partie  centrale.  La  figure  \  {PL  1/1)  est  la  photographie  d'un  appa- 
reil analogue  au  précédent,  mais  muni  d'une  cathode  concave.  On 
\oit  les  deux  faisceaux  définis,  dès  la  cathode,  par  le  diaphragme 
placé  en  avant  de  celle-ci.  La  tache  noire  située  au  tiers  inférieur  du 
tube  représente  la  lumière  positive  confinée  dans  le  tube  anodique. 

L'hypothèse  de  l'afflux  cathodique  conduit  à  des  conséquences 
faciles  à  vérifier  : 

Si  l'on  remplace  par  une  lame  de  \erre  la  partie  centrale  de  la  ca- 
thode, on  ne  change  rien  à  la  symétrie  du  tube  ni  à  la  distribution 
des  potentiels  :  la  marche  du  courant  gazeux  positif  ne  doit  donc  pas 
être  modifiée  ;  elle  ne  l'est  pas,  en  efVet  :  à  mesure  que  la  raréfaction 
augmente,  le  faisceau  cathodique  se  resserre  de  plus  en  plus,  comme 
à  l'ordinaire,  puis  abandonne  le  pourtour  métallique  de  la  cathode 
et  finalement /^r/r^  du  centre  de  la  lame  de  verre  (plus  exactement 
du  point  situé  sur  l'axe  du  tube),  comme  si  toute  la  cathode  était  en 
métal.  L'expérience  faite,  il  est  facile  de  voir  que  la  partie  centrale 
(le  la  lame  de  verre  est  remplie  de  fines  bulles  gazeuses  qui  deviennent 
très  visibles  si  on  les  chauffe  légèrement;  la  présence  de  ces  bulles 
indique  évidemment  que  des  particules  gazeuses  sont  arrivées  avec 
une  grande  vitesse  sur  le  verre. 

En  arrivant  à  la  cathode,  l'afflux  est  brusquement  arrêté  et  sa  force 
vive  doit  nécessairement  se  transformer  en  chaleur.  Une  cathode  dont 
le  centre  est  fait  d'une  lame  mince  de  métal  ou  de  verre  est,  en  effet, 
rapidement  portée  au  rouge  sur  les  points  d'émission  des  faisceaux 
cathodiques,  là  précisément  où  l'afflux  est  supposé  arriver  (*).  L'ex- 
plication de  ce  phénomène  est  donc  tout  à  fait  semblable  à  celle  que 
Ton  donne  du  dégagement  de  chaleur  produit  par  le  choc  des  rayons 
cathodiques;  dans  les  deux  cas,  l'effet  calorifique  est  le  résultat  du 


(  *  )  On  réalise  une  brillante  expérience  à  ce  sujet  en  prenant  pour  cathode  un  filament 
d<>  lampe  à  incandescence,  et  pour  anode  un  filament  semblable.  Dès  que  le  courant 
passe,  cette  cathode  de  faible  masse  est  portée  au  rouge  blanc,  Tanode  restant  au  con- 
traire obscure  ei  tout  à  fait  froide. 


LA    FORMATION    DES   RAYONS  CATHODIQUKS. 


1019 


choc  des  particules  gazeuses  contre  un  obstacle.   Cette  vérification 
laisse  subsister  peu  de  doutes  sur  l'existence  de  Tafflux  cathodique. 

Supposons  maintenant  que  la  partie  centrale  de  la  cathode  soit 
formée  par  une  toile  métallique  ou  même  simplement  percée  d'une 
ouverture  {fig-  6),  et  que  la  région  située  en  arrière  soit  entourée 


Fi  g.  6. 


Formation  des  rayons  de  Goldstein  aux  dépens  de  V afflux  cathodique  arrivant  sur 
une  cathode  en  toile  métallique.  —  Le  faisceau  vient  frapper  le  verre  en  b.  Si,  au 
moyen  d'une  électrode  E  chargée  positivement,  on  imprime  une  déviation  à  l'afflux 
cathodique,  le  faisceau  de  rayons  subit  une  déviation  correspondante  et  vient  frapper 
le  verre  en  b'. 


|>ar  un  tube  métallique  qui  la  protège  contre  toute  action  électrique. 
Si  l'afflux  cathodique  existe  réellement,  il  doit  évidemment  traverser 
la  toile  en  vertu  de  sa  vitesse,  et  manifester  sa  présence  au  delà,  en 
tflevant  la  température  d'un  obstacle  par  exemple.  C'est  précisément 
ce  qui  arrive  :  un  faisceau,  assez  semblable  d'aspect  à  celui  des  rayons 
cathodiques,  mais  de  teinte  différente,  part  de  la  toile  métallique  et 
\a  frapper  le  verre  en  b.  En  ce  point,  la  température  s'élève  et  une 
lumière  jaune  apparaît,  qui  n'est  autre  que   celle  du  sodium.  Une 
lame  de  verre  mince  placée  sur  le  trajet  ab  peut  être  rapidement  fon- 
due et  percée. 

Si  l'on  dévie  l'afflux  au  moyen  d'une  électrode  E  chargée  par 
exemple  positivement,  le  faisceau  prend  la  position  a' b' ^  prolonge- 
ment exact  de  la  direction  nouvelle  de  l'afflux. 

Ces  rayons  ab  ou  a' b'  ne  sont  autre  chose  que  les  Kanalslrahlen 
découverts  par  M.  Goldslein.  Leur  existence  se  présente  ainsi  comme 
une  conséquence  nécessaire  de  l'émission  cathodique  par  une  cathode 
perforée  et  leur  formation  est  en  même  temps  expliquée. 


lOaO  p.    VILLARD. 


III.  —  Émission  et  propagation  des  rayons. 

Les  propriétés  de  Tafflux  cathodique  permettent  de  prévoir  dans 
presque  tous  les  cas  la  position  et  la  forme  de  la  région  d'émission 
cathodique.  Soit  le  cas,  par  exemple,  d'une  cathode  plane  centrée 
dans  un  tube  cylindrique  :  au  début  de  l'apparition  des  phénomènes 
cathodiques,  l'espace  obscur  n'a  que  quelques  millimètres  d'épaisseur 
et  l'afflux  est  uniforme  ainsi  que  l'émission.  Le  vide  progressant, 
l'espace  obscur  s'agrandit,  le  trajet  parcouru  par  l'afflux  augmente  et 
les  (ilets  gazeux  voisins  des  parois  qui  les  repoussent  se  rapprochent 
de  l'axe  et  accroissent  la  densité  périphérique  du  courant  d'afflui. 
L'émission  cathodique  est  par  suite  prépondérante  suivant  un  anneau 
qui  correspond  à  cette  condensation;  à  une  pression  plus  faible, les 
bords  de  l'anneau  se  rejoignent  et  l'uniformité  se  rétablit. 

Si  la  cathode  est  concave,  l'afflux  positif  est  attiré  par  les  bords 
saillants  de  celle-ci  et  le  phénomène  de  l'anneau  est  extrêmement 
marqué,  l'émission  devenant  presque  nulle  dans  la  partie  centrale  de 
l'électrode.  Le  faisceau  cathodique  présente  la  forme  de  cône  creux 
observée  par  M.  Swinton  {fig-  7). 

Fig.  7. 


Coupe  du  faisceau  cathodique  émis  par  une  cathode  concave,  —  Il  a  la  forme  d'un 
cànc  creux.  Lorsque  l'électrode  E  est  cliargée  posilivement,  la  base  du  cône  catho- 
dique s'élargii.  En  niéine  temps  le  sommet  du  cône  se  rapproche  de  la  cathode. 

Si  la  cathode  est  sphérique,  l'émission  est  toujours  normale  à  sa 
surface.  Mais  la  convergence  des  rayons  n'a  lieu  au  centre  de  cour- 
bure qu'au  début  de  leur  apparition,  alors  que  le  vide  est  peu  avancé 
et  que  les  difl'érences  de  potentiel  sont  faibles.  Dès  que  la  raréfaction 
au<;inente,  les  rayons  se  recourbent  et  leur  point  de  rencontre 
s'éloi*^ne  {/i^-  8). 

A  une  certaine  dislance  de  la  cathode,  le   potentiel   devient  uni- 


LA  FORMATION  DES  RATONS  CATHODIQUES. 


I02I 


forme,  le   tube   fait  ca^e   de   Faraday,   et  la  propagation  est  recti- 
ij;ne  (  *  j. 

Kig.  «. 


Explication  de  la  courbure  des  génératrices  du  cône  cathodique.  —  Un  rayon 
parlant  de  A  est  plus  fortement  repoussé  par  la  partie  AM  que  par  la  partie  AN 
de  la  rathode;  il  se  recourbe  donc  du  côté  de  AN. 

L^actioii  réciproque  de  deux  faisceaux  est  nulle  ou  au  moins  tout  à 
fait  inappréciable  ainsi;  dans  Tappareil  de  la  figure  4  (^'«  ^^I)  les 
deux  faisceaux  concourants  se  croisent  sans  s'influencer. 

dette  proposition  se  vérifie  sans  difficulté  si  Ton  a  soin  d'éviter 


•• 


\ 


rw 


\  \   YiTo//e 


C 

D 


'action  que  peut  exercer  sur  les  rayons  le  voisinage  d'un  objet  élec- 
ïrisé,  en  particulier  d'une  cathode  ifig,  9). 

IV.  —  Réflezion  et  réfraction  apparentes  des  rayons  cathodiques. 

Quand  un  faisceau  cathodique  rencontre  une  lame  isolante  ou  con- 
luctrice  non  reliée  à  l'anode,  un  faisceau  secondaire  (avec  espace 
obscur)  se  forme  sur  la  région  frappée  et  sur  celle-là  seulement, 
[uelle  que  soit  la  position  qu'elle  occupe  sur  la  lame.  Cette  émission 
louvelle  est  toujours  normale  à  la  lame;  en  dirigeant,  par  exemple, 


(' )  En  dehors  de  l'espace  obscur  le  champ  est  presque  nul. 


io»2  r    TnxAm». 


OD  i^-i^r^Jtu  ïkrzfr  ^UT  on  plaleia  conca^f  on  oblient  des  rajons  con- 

>î  :-ii  r^ÛiC^dé:  p»riDcîf4kl^  ê-^  in-w  rapprochée  de  robsUcIe,  les  rajons 
i^r*  "tidëirf^  ?»>iit  -ieiiés  ç:**r  le  champ  électrique  de  la  calhode.  ce  qui 
a**>ntre  qa  ils  s->nt  bien  ele^trîsês    fi^.  i«>  . 


>  A- 


\ 


/ 


/ 


Ce  phénomène  peut  être  électriquement  précisé  au  moyen  d'une 
ampoule  à  trois  électrode^,  calhode.  anode,  lame  réfléchissante  ;  entre 
l'anode  et  la  lame  on  établit.  a\ec  des  accumulateurs,  une  différence 
de  potentiel  connue,  réglable  à  volonté.  On  constate  alors  que  le 
point  de  la  lame  frappé  par  le  faisceau  principal,  et  celui-là  seul,  émet 
des  ravons  cathodiques,  d'autant  plus  facilement  d'ailleurs  que  la  fais- 
ceau incident  est  plus  intense.  L  ne  différence  de  potentiel  de  120  volts 
peut  ainsi  suflire  dans  une  ampoule  où  5ooo  \olts  au  moins  seraient 
nécessaires  sans  le  secour*  des  ravons  excitateurs. 

A\ec  un  obstacle  formé  d'une  lame  très  mince  d'aluminium  ou  de 
nia^^nésium.  on  obser\e  un  faisceau  diffus  émis  normalement  à  cette 
lame  par  sa  face  postérieure. 

Y.  —  Nature  de  la  matière  radiante. 

Lne  première  indication  nous  est  fournie  par  l'observation  des 
taches  brunes  ou  violacées,  qui  se  produisent  sur  le  verre  longtemps 
frappé  par  les  rayons  cathodiques,  et  beaucoup  plus  rapidement  sur  le 
rristal.  Crookes  a  reconnu  que  ces  taches  ne  sont  pas  dues  à  un  dépôt 
âr  particules  arrachées  aux  électrodes.  En  pareil  cas,  elles  seraient 
•  1  ailleurs  soluhies  dans  les  dissoKants  du  métal  de  Télectrode.  ne  se 
|»rr>riuiraiçnt  pa-i  thu'i  les  tuhes  sans  électrodes,  et  le  cristal  ne  hruni- 
nnl  pas  plus  tacilement  que  le  verre. 


LA   KORMATTON    DES   RAYONS    CATHODIQUES.  I023 

Ces  taches  sont  évidemment  le  résultat  d'une  action  chimique  des 
rayons  cathodiques  et  c'est  une  réduction  qui  se  produit  :  le  cristal 
noircit  parce  qu'il  est  formé,  en  grande  partie,  de  silicate  de  plomb 
facile  à  réduire.  Le  verre,  qui  renferme  sou>eut  un  peu  de  cristal, 
donne  le  même  résultat  mais  très  atténué.  Les  verres  qui  se  teintent 
le  plus  facilement  sous  l'action  des  rayons  sont  d'ailleurs  ceux  qui 
bnmissent  le  plus  rapidement  dans  une  flamme  réductrice. 

Ce  pouvoir  réducteur  des  rayons  cathodiques  est  facile  à  mettre  en 
évidence  :  on  peut,  par  exemple,  recevoir  le  faisceau  sur  une  lame  de 
cuivre  oxydé  superficiellement,  un  obstacle  quelconque  étant  inter- 
posé sur  le  trajet  des  rayons,  de  manière  à  porter  ombre  sur  la  lame. 
La  région  protégée  par  l'obstacle  reste  noire;  tout  le  reste  reprend 
peu  à  peu  la  couleur  rouge  du  cuivre  réduit. 

On  peut  substituer  à  la  lame  oxydée  du  verre  vert  à  l'oxyde  cui- 
vrique.  Sous  l'action  des  rayons  cathodiques,  ce  silicate  se  transforme 
bientôt  en  verre  rouge  cuivreux,  aisément  reconnaissable  à  son 
spectre  d'absorption.  De  même  un  fragment  de  cristal  noircit  rapide- 
ment dans  ces  conditions.  La  réduction  se  produit  ici  dans  la  masse, 
par  suite  du  pouvoir  de  pénétration  des  projectiles  cathodiques,  et  il 
est  dès  lors  évident  que  l'atmosphère  intérieure  du  tube  n'intervient 
pas.  D'ailleurs,  l'expérience  réussit  également  bien  si  le  vide  est  fail 
sur  de  l'oxygène  aussi  pur  que  possible,  et  dont  le  spectre  est  visible 
pendant  que  le  tube  est  en  activité,  et  que  la  réduction  se  produit. 

On  obtient  les  mêmes  effets  en  recevant  sur  le  silicate  réductible 
non  plus  les  rayons  cathodiques  directs,  mais  ceux  qui  sont  diffusés 
par  les  lames  anticathodiques  des  tubes  focus,  et  auxquels  est  due 
J'illumination  hémisphérique  de  ces  tubes. 

La  réduction  se  produit  de  même  si  les  électrodes  sont  extérieures 
au  tube.  Il  devient  alors  difficile  d'admettre  que  le  phénomène  résulte 
d'un  transport  des  gaz  réducteurs  occlus  dans  le  métal  des  électrodes. 
Il  est  naturel  de  supposer  que  les  corps  composés  sont  dissociés  par 
le  courant  électrique;  le  spectre  d'un  gaz  composé  montre  en  effet 
toujours  les  raies  caractéristiques  des  composants.  Or,  le  seul  gaz 
simple  réducteur  connu  est  l'hydrogène. 

C'est  précisément  l'hydrogène  que  le  spectroscope  nous  montre 
se  déplaçant  dans  les  tubes  de  Crookes  pendant  le  passage  du  courant. 
Eln  ménageant  un  étranglement  capillaire  près  d'une  électrode,  on 
vérifie  aisément,  si  le  tube  est  bien  sec,  que  les  raies  de  l'hydrogène 
disparaissent  en  quelques  secondes  si  l'électrode  est  anode,  et  réap- 
paraissent très  brillantes,  si  elle  devient  cathode,  blnfin,  près  de  la 


I024  P.    VILLAMD. 

cathode,  dans  la  gerbe  rose  formée  par  l'afflux,  les  raies  de  Thydro- 
gène  sont  toujours  et  souvent  seules  visibles. 

L'origine  de  cet  hydrogène  est  facile  à  trouver.  Les  alcalis  superfi- 
ciels du  verre,  le  verre  lui-même,  ne  peuvent  être  privés  d*eau  com- 
plètement. Un  tube  Plûcker,  par  exemple,  si  bien  desséché  qu'il  soit, 
donne  avec  éclat  le  spectre  de  l'hydrogène  si  on  le  chauflTe. 

On  est  donc  autorisé  à  admettre  que  les  projectiles  cathodiques  ne 
sont  autre  chose  que  des  particules  d'hydrogène  électrisé. 

Une  conséquence  immédiate  de  cette  hypothèse  est  que  Tafflui 
cathodique  et  les  rayons  de  Goldstein,  qui  sont  le  prolongement  de 
cet  afflux  au  delà  d'une  cathode  perforée,  sont  également  formés 
d'hydrogène  en  mouvement.  L'emploi  d'une  cathode,  dont  la  partie 
centrale  est  en  cristal,  permet  de  vérifier  sans  difficulté  que  Tafflux 
cathodique  possède  la  même  puissance  réductrice  que  les  rayons  ca- 
thodiques. 

Pour  s'assurer  que  les  rayons  de  Goldstein  possèdent  également  cette 
propriété,  il  suffit  de  reprendre  l'appareil  de  la  figure  6,  et  de  mettre 
une  lame  de  cristal  sur  le  trajet  des  rayons;  elle  prend  rapidement  la 
couleur  violacée,  à  reflets  métalliques,  du  silicate  de  plomb  partielle- 
ment réduit. 

11  devient  ainsi  tout  à  fait  évident  que  l'hydrogène  fait  à  lui  seul 
tous  les  frais  de  l'émission  cathodique.  Les  propriétés  physiques  et 
chimiques  de  ce  gaz  font  déjà  de  lui  un  corps  à  part  dans  la  série  des 
éléments  :  il  n'est  pas  surprenant  qu'il  se  distingue  encore  des  autres 
corps  simples  par  la  propriété,  qu'il  posséderait  exclusivement,  de 
pouvoir  prendre  l'état  radiant  et  constituer  les  projectiles  catho- 
diques. 

SIR   LES   RAYONS   DÊVIABLES    Dl    RADIUM. 

On  sait  que  les  rayons  cathodiques  des  ampoules  de  Grookes  peu- 
vent traverser  assez  facilement  de  très  minces  feuilles  de  métal  ou 
d'autres  substances. 

On  constate  dans  cette  expérience  que  les  rayons  émergents  con- 
stituent un  faisceau  diflus  dont  la  direction  moyenne  est  toujours 
sensiblement  normale  à  la  lame.  Mais  celle-ci  devant  être  extrême- 
ment mince  il  est  difficile  de  faire  varier  beaucoup  son  épaisseur  et 
de  modifier  les  conditions  de  la  transmission.  Cela  devient  au  con- 
traire facile  avec  les  rayons  ^3  du  radium  qui  impressionnent  assez 
bien  une  plaque  photographique  après  a\oir  traversé  plusieurs  milli- 
mètres d  aluminium.  Il  est  d'ailleurs  facile  avec  le  radium  de  prolonger 


LA    FORMATION    DES   RAYONS   CATHODIQUES 


ioa5 


uffisammcnt  le  leinps  de  pose.  On  constate  alors  les  phénomènes 

iiivanls  : 

Avec  des  lames  d'aluminium  très  minces  (moins  de  o'"",i  d'épais- 

.eur)  un  faisceau  de  rayons  3  passe  sans  déviation  ni   difVusion  nota- 

vil 

îles.  Avec  deux  feuilles  d'aluminium  battu  tout  se  passe  à  peu  près 
:omme  s'il  n'y  avait  rien. 

Mais  il  en  est  tout  autrement  quand  les  lames  d^aluminium  attei- 
[jnent  quelques  dixièmes  de  millimètre  d'épaisseur.  Dans  ce  cas  les 
rayons,  supposés  obliques  à  la  lame,  sont  déviés  par  cette  dernière  et 
se  rapprochent  de  la  normale.  La  déviation  est  d'autant  plus  considé-^ 
rable  que  l'épaisseur  est  plus  forte.  Avec  des  lames  dépassant  i™"*, 

le  faisceau  émergent,  d'ailleurs  assez  diffus,  est  sensiblement  normal 

à  la  lame. 
On  réalise  aisément  l'expérience  au  moyen  du  dispositif  représenté 

Fig.  II. 


fomh 


Aluminium 

-â. 


Pië^9  sênsiMû 


«  I 


Aluminium  bëHu 
(éêuM  feui/fes) 

A/,  épstss':  û'^Pû 

AI.  ép'  cr^o 

AI.  épr  âT95  ou 


T        0 

Séparalîoa  des  rayons  ^  et  y  du  radium  par  leur  passage  au  travers  de  lames 

de  diverses  épaisseurs. 


fi;i;:ure  1 1  ;  la  partie  supérieure  est  une  coupe  verticale  indiquant  la 
marche  des  rayons;  la  partie  inférieure  est  une  projection  horizontale 
sur  laquelle  le  résultat  photographique  a  été  seul  représenté,  calqué 
sur  un  des  clichés  ainsi  obtenus.  La  trace  des  rayons  v  non  déviables 
indique  la  région  de  la  plaque  que  devraient  atteindre  les  rayons  ^ 
s'ils  se  propageaient  en  ligne  droite  au  travers  de  l'obstacle.  On  voit 
que  pour  des  épaisseurs  croissantes  d'aluminium  les  rayons  sont  de 
plus  en  plus  déviés. 

La  figure  12  représente  le  résultat  d'une  expérience  analogue  :  sur 
S.  P.  65 


iv  |^U<^u«r  fAwlytfapiiJfju*--  *-ii>*-l(-p(.M-  dt  jniï>îer  noir,  est  poséf  o 


m 


kprturt  fih'itiifr afiliiqtie  fI  fiir-Hmile  monlrliil  la  srp*r»tioD  do  r«tna>  in 
par  lrin>(ini>«i'in  au  tn*Frs  d'une  limr  tpai»«.  —  Faàoean  Irc»  obliqK. 
Iliapliniiiiif  ciri^uliiire  (grandeur  oalurrllc). 


ruve  originale  au  majeo  de  laquelle  ■'•nlcir 
I  non  déviables  (rayons  f)  du  radiam.  —  l^> 
ii'tmlre  la  plaque  photographique  suivant  vot 
lel  liirn  en  évidence  la  propagatïoo  rectiligar 
iiirm  l'inipresiiion  produite  par  les  rayons  ^- 
i'  un   ofaanip  magnétique  produit  au  nio^m 


[ibratriiie  de  pUmili  iuMVi.runooiivciliii-* 


uLaire,  Les  rayons  ïeli' 
ileiiï  impression-;  ^ur 


LA    FORMATION   DES   RAYONS  CATHODIQUES.  lOIJ 

i  plaque,  Kune  très  nette  et  elliptique  correspond  aux  rayons  y  qui 
assent  en  ligne  droite,  l'autre  circulaire  est  donnée  par  les  rayons  ^ 
ui  ont  traversé  la  laine  d'aluminium  presque  normalement.  Cette 
race  circulaire  est  légèrement  diffuse. 

Il  y  aurait  donc  lieu  de  considérer  une  couche  de  passage,  assez 
'paisse  pour  les  rayons  ^  du  radium,  très  mince  probablement  pour 
es  rayons  des  ampoules  de  Crookes,  à  partir  de  laquelle  la  transmis- 
sion se  ferait  normalement  à  la  lame  traversée. 


Sur  la  décharge  électrique  dans  les  gai  raréfiés. 

Une  ampoule  de  Crookes  (tube  à  croix,  ou  mieux  tube  de  Braun 
pour  pouvoir  observer  facilement  la  déviation  magnétique  des  rayons) 
«st  excitée  par  une  bouteille  de  Leyde  qu'on  alimente  par  une 
machine  statique,  source  à  débit  régulier  et,  en  raison  de  son  vol- 
tage élevé,  à  peu  près  indépendant  de  la  charge  de  la  bouteille  (*). 
bans  ces  conditions  l'émission  cathodique  ordinaire  apparaît  dès  que 
la  différence  de  potentiel  aux  électrodes  dépasse  une  certaine  valeur  V 
C|ui  dépend  de  l'état  de  l'ampoule. 

Le  nombre  de  rayons  émis  par  seconde  (intensité)  augmente  avec 
l'excès  du  voltage  sur  la  valeur  V.  Si  l'on  arrête  la  machine  l'émission 
continue  pendant  un  certain  temps,  une  demi-minute  par  exemple,  et 
s'arrête  quand  on  est  redescendu  à  la  valeur  V  ou  à  peu  près,  la  bou- 
leille  restant  ainsi  chargée.  Il  s'est  produit  dans  le  diélectrique  une 
fuite  réparable  et  dont  le  débit  est  limité  par  Tampoule  elle-même, 
indépendamment  des  résistances  extérieures,  nulles  ici.  Mais  si,  au 
moyen  de  la  machine,  on  surmonte  cette  fuite,  et  qu'on  élève  le  vol- 
tage jusqu'à  une  nouvelle  valeur  particulière  V,  supérieure  à  V,  le 
condensateur  se  décharge  instantanément  et  complètement  dans  l'am- 
poule avec  un  bruit  sec;  en  même  temps  le  gaz  résiduel  s'illumine  en 
masse.  On  peut  cependant,  surtout  avec  de  faibles  capacités,  constater 
la  présence  de  rayons  en  majeure  partie  plus  déviables  que  dans  la 
première  partie  de  l'expérience,  ce  qui  est  aisé  à  prévoir,  le  voltage 
descendant  de  V  jusqu'à  zéro. 

Le  premier  mode  de  décharge  est  l'analogue  de  l'aigrette  bruissante 
qui,  à  la  pression  ordinaire,  s'échappe  des  armatures  d'une  bouteille 
de  Leyde  fortement  chargée. 


(')  Pour  une  simple  expérience  (ie  dénionstratioii  ii  est  plus  commode  de  charger 
la  bouteille  avec  une  bobine  de  Bulimkoriï  munie  d'une  soupape  électrique. 


IO-28  p.    VILLARD.    —   LA   FOBHATiœC   lES  WLATWOa 

Le  second  inode  constitue  une  ruplare  irréparable  da  diélectrique. 
il  rquivaut  à  un  court-circuit,  et  le  débit  n'est  limité  qoe  par  les  résis- 
tances extérieures.  Avec  le  condensatear.  des  ctscillation^  se  produi- 
sent et  le  voltage  tombe  à  zéro  en  an  temps  extrêmement  court.  Il 
est  évident  que  si  le  condensateur,  réservoir  à  faible  capacité,  était 
remplacé  par  des  accumulateurs.  c*est  an  arc  qui  s'établirait. 

Ou  réalise  cette  seconde  forme  de  l'expérience  avec  une  batterie 
capable  de  donner  Soo""'''"^  continus,  et  une  ampoule  peu  résistante. 
Kn  élevant  peu  à  peu  le  voltage  on  a  d'abord  des  rajons  cathodiques 
(|ui  rendent  le  verrre  fluorescent  [débit  -  j^  ^  ji  d'ampère  <  *  ;].  Si 
Ton  c!ontinue  à  élever  la  différence  de  potentiel,  brusquement  un  arc 
s^allunie,  faisant  sauter  les  plombs  fusibles  etpuhérisant  l'ampoule  si 
Ton  n'a  |)as  mis  en  série  un  rhéostat  sufBsant. 

Il  en  (;sl  encore  de  même  avec  une  lampe  â  mercure  dans  laquelle 
on  a,  à  volonté,  soit  la  fluorescence  cathodique  sous  Soooo^*****,  ou 
encon;,  en  cliauflant  fortement  le  mercure,  une  pâle  luminescence  de 
la  vapcîur  sous  .'^oo*"'^*  à  4^0****%  î^vec  un  débit  insignifiant,  puis,  en 
élevant  le  voltage,  l'allumage  de  Tare  qui  se  maintient  sous  i5^"''*à 
,^.yuiu  ^»|  débile  autant  d'ampères  que  Ton  veut. 

Dans  l'air  raréfié  à  5*^'"  ou  6*^"*  de  mercure  on  observe  également 
deux  formes  de  décharge  :  l'étincelle  non  oscillante  en  forme  de 
ruhan  de  feu  très  sensible  à  l'aimant,  ou  au  contraire  un  trait  de  feu, 
non  (léviable,  très  brillant  (dix  ou  quinze  fois  plus  long  qu'à  fair 
libr(*),  à  caractère  oscillant  et  à  débit  instantané  considérable;  en 
niéiiie  temps  la  gaine  négative  violette  disparait.  Il  suffit  pour  avoir  ce 
trait  d(*  feu  de  joindn;  à  la  source  (bobine  ou  machine  statique)  une 
iMMileilIr  de  Leyde  dont  on  laisse  le  voltage  s'élever  en  intercalant  un 
p(*lil  intervalle  explosif  entre  elle  et  le  tube  à  gaz  raréfié. 

l'in  abaissant  la  pression  on  voit  ce  trait  de  feu  se  transformer 
(Tahord  par  endroits,  puis  totalement,  en  une  nébulosité  de  plus  en 
pliiH  dil)'iis(*«  mais  toujours  très  p^u  sensible  à  l'aimant  et  à  caractère 
iieMenii*nl  os(*illant.  Sa  couleur  est  également  très  difl'érente  de  celle 
de  lu  (Milonut*  anoditjue  ordinaire.  Le  défaut  de  sensibilité  magnétique 
«le  celle  th^eliarge  hrustpie  s'explique  peut-être  par  son  peu  de  durée. 


(  '  )  (  ,0  (Irliii  «'imniH'  on  rôaliio  à  ((Mê  de  celui  des  bobines  explique  la  fluorescence 
tl«'>t  pdioit  MMit  un  iiussi  l);is  Noilagc. 


RFXHERCHES  EXPERIMENTALES 

SUR  LA  VITESSE  ET  SUR  LA  DÉVUTION  MACtNÉTIQUE 

DES  RAYONS  CATHODIQUES, 

Par  E.  WIECHEHT. 

Traduit  de  rallemand  par  Eugène  BLOGH. 


Annaien  der  Physik  und  C hernie,  t.  L\IX,  1899,  P-  7^9  ^  7^^- 

(Elirait  des  Nachrichten  de  la  Société  royale  des  Sciences  de  GôUingen,  Classe 
Mathéin.-Ph\s.,  Cahier  III,  1898,  p.  'j6o,  comiiiuniqué  avec  quelques  inodifications 
par  !*auleur.) 


§  1.  —  Introdnction. 

L'origine  des  expériences  décrites  ci-après  fut  la  découverte  par 
Rôntgen  des  rayons  qui  portent  son  nom.  De  leur  mode  de  formation 
et  de  leurs  propriétés,  je  crus  pouvoir  conclure  qu'ils  consistent  en 
ondes  électromagnétiques  de  très  courte  période,  ou,  plus  vraisem- 
blablement encore,  en  une  suite  d'impulsions  produites  par  le  choc 
des  particules  cathodiques  lancées  par  la  cathode  contre  les  particules 
matérielles  qu'elles  rencontrent.  Cette  conception,  que  j'ai  déve- 
loppée de  plus  près  dans  un  Mémoire  (')  publié  au  printemps  de 
1896,  présume  l'exactitude  de  l'hypothèse  de  l'émission  pour  les 
rayons  cathodiques,  et  elle  suppose  à  ceux-ci  des  vitesses  bien  supé- 
rieures à  celles  qui  existent  en  moyenne  dans  les  mouvements  d'agi- 
tation thermique,  même  aux  plus  hautes  températures  accessibles  à 
nos  expériences.  Il  me  fallait,  par  suite,  essayer  de  consolider  l'hypo- 
thèse de  l'émission,  encore  contestée  alors  à  maintes  reprises  et  par  des 
physiciens  éminents,  et  essayer  d'obtenir  un  résultat  décisif  sur  la  vi- 
tesse des  rayons.  En  combinant  dans  ce  but  des  observations  sur  la 
chute  de  potentiel  dans  le  tube  à  décharges  et  sur  la  déviation  magné- 
tique des  rayons  cathodiques  (^),  j'obtins,  pour  la  vitesse,  des  valeurs 


(')  E.  WiECHEUT,  Abh.  d. physikal.'Okonom.  Gesellsch.  à  Konigsbcrg,  t.  XXXVII, 
1896,  p.  I. 
(')   C/.  le  rapport  cité  plus  loin  du  7  janvier  1897. 


1030  E.    WIEGHERT. 

extraordinairement  élevées,  valeurs  qui  n'étaient  pas  très  éloignées 
de  la  vitesse  de  la  lumière.  Ceci  est  assurément  en  accord  parfait 
avec  l'hypothèse  initiale  sur  les  rayons  de  Rontgen  ;  mais  je  trouvai, 
de  plus,  que  la  déviation  des  rayons  cathodiques  est  beaucoup  plus 
grande  qu'il  ne  serait  possible,  s'ils  consistaient  en  traînées  d'atomes 
ou  de  groupes  d'atomes  chimiques  ordinaires.  Si  l'on  voulait  con- 
server l'hypothèse  de  l'émission,  il  ne  restait  plus  qu'à  conclure  que 
les  particules  lancées  par  la  cathode  possèdent  une  masse  beaucoup 
plus  faible  que  les  alomes  d'hydrogène.  Par  là  la  question  de  la 
nature  des  rayons  cathodiques  prenait  une  importance  fondamentale 
pour  la  théorie  de  l'électrodynamique  que  j'ai  développée  en  accord 
étroit  avec  H. -A.  Lorentz  :  il  devenait,  en  effet,  présumable  que, 
dans  les  rayons  cathodiques,  se  meuvent  librement  ces  mêmes  atomes- 
matériels  spéciaux  chargés  d'électricité,  dont  la  théorie  avait  besoin 
pour  classer  en  un  système  satisfaisant  la  conductibilité  métallique  et 
les  différences  dans  les  charges  moléculaires. 

Dans  ces  conditionsy  je  me  suis  proposé  de  mesurer  la  vitesse 
des  rayons  cathodiques  directement,  sans  utiliser  l* hypothèse  de 
rémission,  et  de  soumettre  ainsi  la  nouvelle  conception  à  une 
épreuve  décisive. 

Mes  travaux  à  l'Institut  malhématico-physique  de  l'Université  de 
Ronigsberg,  qui  durent  être  interrompus  au  début  de  i^yj,  ne  con- 
duisirent pas  de  suite  au  but.  Je  réussis  seulement  à  mettre  hors  de 
doute  que  la  vitesse  est  si  grande  que  l'hypothèse  d'ions  chimiques 
ordinaires  est  totalement  exclue.  Les  résultats  provisoires  et  les  con- 
séquences qui  s'y  rattachent  furent  exposés  dans  le  rapport  (*)  inti- 
tulé :  I.  Sur  la  nature  de  l'électricité;  II.  Recherches  expéri- 
mentales sur  les  rayons  cathodiques,  le  7  janvier  1897.  J'indiquai 
là  que  la  masse  des  particules  qui  composent  les  rayons  cathodiques 
était  de  2000  à  4ooo  fois  moindre  que  celle  des  atomes  d'hydrogène ► 

Grâce  à  l'aide  de  M.  le  conseiller  privé  Prof.  D'  Voigt  et  à  l'appui 
de  la  Société  royale  des  Sciences  de  Gottingen,  je  pus  reprendre  les 
expériences  pendant  l'été  de  1897,  et  j'arrivai  cette  fois  au  résultat 
désiré  :  Il  fut  possible  de  mesurer  la  vitesse,  et  les  valeurs  obte- 
nues se  placèrent  réellement  dans  ^intervalle  prévu  par  des 
considérations  théoriques. 

(  '  )  Imprimé  in  extenso  dans  les  Sitzungsber,  d.  physikal,-okonom,  Geseltsch., 
à  KônÎKsberg,  t.  XXXVIIÏ,  1897.  P-  «  à  16;  première  partie  imprimée  dans  la  Natur- 
wissenschaftL  Bundschau,  mai  1897.  Une  analyse  se  trouve  dans  les  BeibL,  t.  XXU 
1^97»  P-  W  (^  ^^  ^i"«  il  y  a  deux  fois  à  tort  300  au  lieu  de  2000). 


LA    VITESSE    ET   LA    DÉVIATION   MAGNÉTIQUE    DES    RAYONS    CATHODIQUES.      Io3l 

A  la  Réunion  des  IValurforscher  à  Braanschweig ,  en  sep- 
tembre 189^.  je  fis  une  communicalion  provisoire  (*).  Un  exposé 
plus  détaillé,  où  l'on  a  tenu  compte  d'observations  ultérieures,  occupe 
les  pages  qui  vont  suivre.  En  particulier,  on  a  refait  des  mesures 
plus  exactes  sur  la  dé\iation  magnétique  afin  d'obtenir  sur  la  masse 
des  particules  en  mouvement  un  résultat  plus  silr  que  dans  la  pre- 
mière publication  du  ^janvier  189^. 

Le  résultat  positif  de  ces  recherches  (si  on  les  rapproche  des  nou- 
velles découvertes  et  mesures  connexes  faites  d'autre  part)  fournit 
une  base  expérimentale  solide  aux  conceptions  suivantes,  que  je 
n'osais  exprimer  dans  des  travaux  antérieurs  (=*)  qu'avec  la  plus 
grande  réserve  : 

La  charge  électrique  de  toute  particule  matérielle  ri  est  autre 
chose  i/u'une  liaison  électrodynamique  avec  l\Hlier  j  qui  dépend 
essentiellement  de  la  nature  spéciale  de  la  particule  et  qui  ne 
varie  jamais. 

Tout  changement  de  charge  d'un  corps  matériel  est  en  même 
temps  un  changement  de  sa  composition  matérielle,  et  tout  courant 
électrique  est  une  convection  d'électricité  par  des  particules  maté- 
rielles. Dans  la  conductibilité  métallique,  il  y  a  mouvement  de  cer- 
taias  atomes  électriques,  qui  existent  à  côté  des  atomes  de  la  chimie, 
et  ce  sont  ces  atomes  qui  s'échangent  quand,  dans  les  phénomènes 
d'électrolyse,  les  charges  moléculaires  varient.  fJ électricité  devient 
ainsi,  dans  une  certaine  mesure,  elle-même  de  la  matière^  ou  tout 
au  moins  une  forme  des  manifestations  de  la  mat  ière. 

Les  rayons  cathodiques  prouvent  l'existence  d'atomes  négatifs 
spéciaux.  Nous  ne  possédons,  autant  que  je  puis  voir,  aucune  indi- 
cation précise  qui  nous  porte  à  admettre  aussi  l'existence  d'atomes 
positifs  correspondants.  Même  le  phénomène  de  Hall  dans  les  métiux 
n'exige  pas  cette  hypothèse,  car  il  n'est  pas  nécessaire,  pour  son 
explication,  d'admettre  un  mouvement  des  particules  positives  dans 
un  sens  invariable,  mais  il  suffit  d'un  mouvement  de  va-et-vient.  Il 


(' )  E.  WiEcHERT,   Verhandl.  d.  Gesellsch.   Deutscher  .Xalur/orscher  u.  Aerzte  9 
éuriiun  de  Braunschweig,  II'  Parlie,  première  inoilié,  iHij^,  p.  5o  à  5'i. 

{- )   E.  WiKCHERT,   Sitzungsber,    d.  physiknl.-ôAonom,    Gesettsch.,    Kônigsbcrg, 
.  WXV,    1894,   p.  4;  Abh.  de  la  même  GeseUych.,  t.  VXWll,  1896,  p.  i;   Natur- 
vissenschafU.  /tundschau,   l.  VI,  1896,  n»  47.    Cf.  aussi  les  travaux  plus  récents   : 
\^achrichten  d.  kgl.  Gesellsch.  d.  Wiasensch.,  à   Gôttinj;cn,   \faik -phys.    Ktasse 
898,  p.  ly  et  Festschrift  pour  la  féie  de  linausuraLioa  du  monument  de  Gauss  et 
^Veber  à  Gôttingen,  il*  Partie.  Leipzig,  chez  Teuboer,   1899. 


I«32  E.    WIECHERT. 

est  néanmoins  naturel  de  faire  l'hypothèse  beaucoup  plus  large  que 
la  matière  peut  se  résoudre  entièrement  en  deux  sortes  d^atomes 
électrisés,  les  uns  négatifs,  les  autres  positifs. 

C'est  pour  moi  une  grande  joie  que  de  pouvoir  exprimer  à  celtt* 
place  aux  directeurs  des  Instituts  physiques  de  Kcinigsberg  et  de 
GiHtingen,  MM.  les  Professeurs  Volkmann,  Voigt  et  Riecke,  ainsi 
qu'à  la  Société  royale  des  Sciences  de  Gôltingen^  ma  profonde 
reconnaissance  pour  le  bienveillant  concours  qu'ils  ont  prêté  à  mon 
tra\ail. 

M-  —  Méthode  de  mesure  de  la  Titesse. 

Des  évaluations  et  des  mesures  antérieures  de  la  vitesse  des  rayons 
cathodiques  sans  l'emploi  de  l'hypothèse  de  l'émission  ont  été  faile> 
parGoldstein  (*),  Spottiswoode  etFletscher  Moulton  (^),  J.-J.  Thom- 
son (')  et  Th.  Des  Coudres  (^).  Les  méthodes  de  Goldstein  et  de 
Spottiswoode  et  Fletscher  Moulton,  qui  utilisaient  les  déviations  des 
rayons  cathodiques  par  une  seconde  cathode,  ne  peuvent  pas  être  con- 
sidérées comme  rigoureuses  d'après  nos  connaissances  actuelles  (-*); 
il  en  est  donc  de  même  de  leurs  résultats.  D'après  Goldstein,  la 
vitesse  serait  plus  grande  que  800  000'"  par  seconde  ;  d'après  Spottis- 
woode et  Fletscher  Moulton,  elle  serait  notablement  plus  petite  que  la 
vitesse  de  la  lumière.  J.-J.  Thomson  s'est  servi  du  miroir  tournant 
pour  mesurer  la  différence  entre  les  époques  d'illumination  de  deux 
surfaces  phosphorescentes  situées  à  des  distances  différentes  de  la 
cathode.  11  trouva  une  vitesse  de  200000™  par  seconde,  mais  il  a 
renoncé  de  lui-même  récemment  à  ce  résultat  qu'il  considère  comme 
beaucoup  trop  faible.  Th.  Des  Coudres  a  employé  pour  la  mesure  du 
temps  les  oscillations  électriques  et  a  établi  que  la  vitesse  était  cer- 
tainement supérieure  à  2000000"  par  seconde;  on  donnera  plus  loin 
des  détails  plus  complets  sur  la  méthode. 


(*)  E.  GoLDSTEi^ff  Monatsber.  d.  k.  Akad.  d.  Wissensch,  de  Berlin,  année  i^'^-î, 
p.  122;  Wied.  Ann.,  l.  \1I,  i«8o,  p.  loi. 

(')  W.  Spottiswoode  et  PLFiscHEn  Moulton,  Phil.  Trans,  Roy.  Soc.,  t.  CLXXI. 
1880,  p   627. 

(3)  J.-J.  Thomson,  Phii.  3fag.,  l.  XXXVIII,  189^,  p.  358. 

{*)  Th.  Des  Coron i;s,  Verhandl.  d.  phrsikal.  Geselhch.  de  Berlin,  t.  XÏV,  i8o5, 
p.  86:  I.  XVI.  1897.  P*  '^7î  Verhandl.  d.  Gexellsch.  Deutscher  Aatur/orscher  u. 
AeF'zte,  réunion  de  Francforts. -Af.,  2*  Partie,  i"  moitié,  1896,  p.  6»». 

f*)  Cf.  la  discussion  pins  approfondie  dans  le  Mémoire  original,  Golt.  /Vachrich- 
ten  :  Math.-phys.  Klasse,  Cahier  1,  1898. 


LA    VITKSSE    KT   L\    DÉVIATION    IIAGNKTIQL'K   DES    HAYONS   CATHODIQUES.      lo33 

Pour  inos  propres  mesures,  il  m'a  semblé  (|ue  le  miroir  tournant 
n'oflVait  que  peu  d'espoir  de  succès  pour  les  vitesses  extraorainaire- 
inent  grandes  auxquelles  il  fallait  s'attendre;  et  je  me  suis  décidé  par 
suite  à  employer,  en  conformité  avec  Des  Coudres,  les  oscillations 
électriqu^'s. 

La  mesure  de  la  vitesse  e\\^e  que  l'on  évalue  l'intervalle  de  temps 
pendant  lequel  les  rayons  parcourent  un  chemin  déterminé.  Dans 
notre  cas  il  faut  donc  ra|)porter  le  début  et  la  fin  du  parcours  aux 
phases  de  la  vibration  du  système  électrique  qui  sert  à  la  mesure. 
Pour  ce  qui  est  du  début,  le  proc^édé  le  plus  naturel  est  de  simplifier 
la  méthode  d'observation,  comme  l'a  du  reste  fait  Des  Coudres  dans 
ses  mesures,  en  chargeant  le  système  même  qui  sert  à  la  mesure  de 
rémission  des  rayons  cathodiques.  On  peut  alors  placer  l'origine  de  la 
distance  à  mesurer  à  Télectrode  elle-même,  et  le  début  du  parcours  du 
rayon  est  déterminé  par  ce  fait,  qu'il  se  produit  pendant  que  le  système 
en\oie  de  l'électricité  négative  à  l'électrode.  Pour  situer  dans  le  temps 
l'arrivée  des  rayons,  on  peut  utiliser  soit,  avec  Des  Coudres,  la  modi- 
fication subie  par  le  rayon  sous  l'influence  magnétique  d'une  portion 
du  système  de  mesure  qui  transporte  le  courant,  soit  la  modification 
sous  rinlluence  électrique  d'une  seconde  électrode. 

Des  expériences  de  ce  genre  dans  l'automne  de  1 896  me  montrèrent 
qu'il  y  avait  peu  d'espoir  d'atteindre  ainsi  le  but,  car  il  n'était  pas 
possible  d'obtenir  des  rayons  cathodiques  de  longueur  même  approxi- 
mativement suffisante.  Dans  l'intérêt  de  ce  qui  va  suivre  il  est  néces- 
saire de  développer  ceci  d'un  peu  plus  près. 

Soil  T  la  durée  d'une  oscillation  complète  du  système  de  mesure, 

L  la  longueur  de  l'onde  électrodynamique  correspondante,  de  sorte 

que 

L  =  TV, 

en  désignant  par  V  la  vitesse  de  la  lumière.  Soil,  d'autre  part,  /la 

longueur  du  chemin  parcouru  par  les  rayons  cathodiques  et  utilisée 

dans  la  mesure  de  la  vitesse,  /  Tintervalhî  de  temps  correspondant; 

on  a  alors 

/  =  tv, 

en  désignant  par  i^  la  vitesse  des  rayons  cathodiques,  et  l'on  obtient 

i'        /    T 
V        L    t 


Il  est  facile  de  connaître  /et  L;  pour  déterminer  le  quotient  cherchéTj 


> 


Io34  E.    WIECHBRT. 

il  est  donc  nécessaire  de  mesurer  =  >  c'esl-à-dire  de  trouver  la  valeur 

de  la  durée  du  parcours  t  en  prenant  pour  unité  la  période  T. 

II  ne  faut  pas  que  /  soit  trop  petit  par  rapport  à  T;  car  l'expérience 
ne  peut  conduire  à  un  résultat  positif,  que  si  Faction  du  système  de 
mesure  à  l'extrémité  du  parcours  dillere  notablement  de  ce  qu'elle 
est  à  l'origine,  si  par  conséquent  au  bout  du  temps  t  la  phase  des 
oscillations  a  varié  d'une  manière  appréciable.  On  peut  espérer  abou- 
tir avec  un  quart  de  période.  D'après  cela,  si  nous  voulons  que  /^J-ï, 
il  faudra,  pour  qu'on  puisse  utiliser  l'arrangement  expérimental,  réa- 
liser la  condition 

Si  Ion  produit  les  rayons  cathodiques  au  moyen  de  décharges  de 
bouteilles  de  Levde  et  en  se  servant  du  transformateur  de  Tesla,  on 
peut  abijîsser  commodément  la  longueur  d'onde  Ldu  système  électrique 
k  rH.»"*.  Si  Ton  pose  de  plus,  conformément  à  mes  expériences  préli- 
niîoaires*  %"  =  -^\  .  il  faudrait  donner  au  parcours  des  rayons  catho- 
diqurs  one  longueur  d'au  moins  /=  i"*,5.  Pour  i' =  ^  V  il  faudrait 
df  jà  /  =  i". 

L>ua>  le  ni4^e  ordinaire  de  production  des  rayons  cathodiques  au 
uiovea  vl  une  bobine  d'induction,  il  n'est  à  vrai  dire  pas  difficile  de 
sui>re  les  ra^oas  cathodiques  sur  des  mètres  de  longueur,  pourvu  que 
Ton  preuue  la  précaution  de  compenser  par  des  aimants  convenable- 
lueul  places  l  elfel  de  déviation  du  champ  magnétique  terrestre.  Mais 
les  clu>se>  st»  présentent  tout  difleremment  pour  les  oscillations  rapides 
du  transformateur  de  Tesla.  D'abord  il  est  nécessaire  d'emplover  des 
deusilcs  galeuses  plus  élevées  clans  le  tube  à  décharges,  ce  qui  entraine 
une  augmentation  de  l'absorption;  ensuite,  et  c'est  là  la  chose  essrn- 
lielU\  a\ei*  les  oscillations  rapides  la  marche  des  rayons  cathodiques 
deviout  déjà  irrt*gulière  à  des  distances  relativement  faibles  de  la 
calhiule,  de  sorte  qu'ils  échappent  à  l'observation.  A  ce  qu'il  semble, 
la  distribution  régulière  des  forces  électriques  qui  est  nécessaire  pour 
une  marche  rectiligne  ou  à  faible  courbure  des  rayons  cathodiques, 
ne  sétablit  que  progressivement  à  l'intérieur  du  tube  à  décharges,  à 
partir  des  cleclrodcs,  de  sorte  que,  si  les  oscillations  deviennont 
rapides,  le  domaine  de  la  propagation  régulière  diminue  de  plus  en 
plus  vers  la  cathode. 

iJaus  mes  expériences  de  laulomue  iS^f)  je  n'ai  pas  réussi  à  obtenir 


LA    VITBSSK   ET   LA    DÉVIATION   MAGNÉTIQUE   DES    RAYONS   CATHODIQUES.      1035 

(les  rayons  cathodiques  de  raideur  (*  )  moyenne  (Hr  =  200  à  4^o)  pl"s 
loin  que  So*^"  ou  4o*^"'  avec  une  intensité  suffisante;  le  parcours  indis- 
pensable n'était  donc  pas  atteint  à  beaucoup  près. 

Dans  ces  conditions  il  paraissait  désirable  de  revenir  à  une  méthode 
plus  générale  et  de  renoncera  confier  au  système  de  mesure  l'émission 
même  des  rayons  cathodiques.  Jl  résulte  de  là  une  complication  :  il 
faut  en  effet  se  préoccuper,  en  plus,  d'établir  une  relation  entre  l'entrée 
des  rayons  cathodiques  dans  le  domaine  de  mesure  et  les  oscillations 
(lu  système  de  mesure.  Dans  ce  but  il  est  nécessaire  de  soumettre  le 
point  pris  pour  origine,  au  moyen  d'une  électrode  auxiliaire  ou  d'un 
(il  traversé  par  un  courant,  à  des  forces  électriques  ou  magnétiques 
dérivées  du  système  de  mesure;  on  crée  ainsi  artificiellement  la 
périodicité  dans  le  parcours  ultérieur  des  rayons,  qui  est  nécessaire  à 
la  mesure  de  la  vitesse,  et  qui  s'établissait  d'elle-même  dans  le  cas 
le  plus  simple  examiné  auparavant,  011  le  système  de  mesure  provo- 
quait lui-même  l'émission  des  rayons. 

La  véritable  difficulté  du  dispositif  réside  dans  le  rapide  amortisse- 
ment des  systèmes  électriques  à  ondes  suffisamment  courtes  pour 
être  employés  à  la  mesure  de  la  vitesse.  Ceci  a  pour  conséquence, 
que  seuls  peuvent  entrer  en  ligne  de  compte  pour  la  mesure  les  rayons 
cathodiques  qui  sont  émis  pendant  un  intervalle  de  temps  exlraor- 
dinairement  petit.  Pour  une  longueur  d'onde  de  10'"  par  exemple, 
qui  correspond  à  une  période  de  —  de  microseconde,  les  dix  premières 
oscillations  complètes,  qui  peuvent  encore  fort  bien  être  toutes 
employées  si  l'arrangement  est  bon,  ne  fournissent  pour  la  mesure 
qu'un  intervalle  de  j  de  microseconde.  Pour  arriver  néanmoins  au 
but,  on  peut,  ou  bien  songer  à  déclancher  le  système  de  mesure  un 
nombre  extrêmement  grand  de  fois  par  seconde,  ou  bien  essayer  de  con- 
denser l'émission  principale  des  rayons  cathodiques  dans  le  petit 
intervalle  de  temps  où  les  oscillations  du  système  de  mesure  sont  suf- 
fisamment fortes.  Comme  la  première  voie  paraissait  offrir  de  trop 
grandes  difficultés  expérimentales,  j'ai  suivi  la  seconde.  J'ai  pu 
employer  dans  ce  sens  les  décharges  directes  d'une  batterie  de  bou- 
teilles de  Leyde  à  travers  un  circuit  court,  et  les  courants  de  Tesla 
produits  par  les  décharges  de  la   batterie.  On    pouvait  au  premier 


(')  Par  raideur  il  faut  entendre  le  produit  Hr  caractéristique  comme  on  sait  de 
cha4|ue  espèce  de  rayons  cathodiques;  r  représente  le  rayon  de  courbure  de  la  tra- 
jectoire, H  le  champ  magnétique  déviant;  il  faut  désigner  d'une  manière  correspon- 
dante l'expression  -rr-  par  Ue\iabilité. 


10i6  E.    WIECIIKRT. 

abord  trr)uver  délicate  la  condilion.  que  les  deux  systèmes  servant  à 
la  iiHîsure  de  la  vitesse  et  à  J'émission  des  rayons  cathodiques  dussent 
<Ure  dëdanchés  avec  une  concordance  rigoureuse;  j'ai  pu  résoudre  la 
difficuilté  en  employant  r artifice  de  déclancher  les  deux  systèmes 
a\'ec  la  même  étincelle;  pour  le  reste  ceux-ci  doivent  et  peuvent  être 
entièrement  indépendants. 

On  remarquera  qu'il  s'agit  de  nouveau,  exactement  comme  dans  la 
méthode  simplifiée  décrite  tout  d'abord,  d'employer  pour  la  produc- 
tion des  rayons  cathodiques  des  systèmes  à  jeu  rapide.  On  se  trouve 
donc  ici  aussi  limité,  pour  un  système  de  mesure  donné,  dans  la  lon- 
gueur qu'il  e>l  possible  de  communiquer  aux  rayons  cathodiques,  et 
ici  encore  la  longueur  devient  d'autant  plus  petite  que  le  système  de 
mesure  vibre  plus  rapidement.  Mais  on  a  toujours,  sur  la  disposition 
antérieure,  le  ^^nd  avantage,  que  le  système  d'émission  peut  être  pluâ 
lent  que  le  svsième  de  mesure,  et,  de  fait,  si  l'expérience  est  montée 
a\ecs«oiîn.  il  devient  possible  sans  grande  difficulté  d'eU'ectuerla  mesure 
de  U  vîiesc^. 

§  X.  —  liipHîiMB  en  Myériencas  pour  la  mesure  de  la  vitesse. 


fui  >ÀNfe»e  .ft«  SKStèflie  de  mesure  des  longueurs  d'onde  comprises 
«raicrtf  *>*  et  ^v"  euvm>o.  Dans  la  construction  il  fallait  d'abord  se 
vfT'Vvc'i ?•? r  -it  ^mèrt-  le>  oscillations  simples,  c'est-à-dire  d'éviter  les 
:Kiruiott:»^uf>.  J'ai  cfcp>isi  pour  cette  raison  le  dispositif  de  Lécher, 
aaa>  itf»^urft  «ieux  rv^oKiens^Ateurs  c\  c  i  /ig^   i)  sont  réunis  d'un  côté 


Kij:-  I. 


^Kir  IVtincelh'  de  dérhar«;e  F,  de  l'autre  métalliquement. 

Knsuite  il  fallait  obtenir  de  très  grandes  intensités  de  courant, 
jHuir  rendre  forte  l'action  sur  les  rayons  cathodiques.  Dans  ce  but  on 
dmuiait  aux  (!on<lrnsateurs  la  plus  grande  capacité  possible,  et  aux 
connexions  entn'  <*ux  la  plus  petite  self-induction  possible. 

Kniiii  il  était  nécessaire  de  diminuer  le  plus  possible  l'ai!iorli>>e- 
nient  des  oscillations,  afin  d'a;j;raiidir  le  plus  possible  dans  le  temps 
le  domaine  <les  mesures.  Pour  celte  raison  j'ai  utilisé  pour  la  mesure. 


LA   VITESSE   BT   LA    DÉVIATION    MAGNÉTIQl'E    DES    RAYONS   CATHODIQUES.      Io37 

non  pas  l'action  électrique  sur  les  rayons  cathodiques,  qui  eût  exigé 
dans  le  tube  de  décharge  la  présence  d'électrodes  fortement  amor- 
tissantes appartenant  au  système  de  mesure,  mais  Taclion  magné- 
tique, pour  laquelle  il  suffit  d'amener  au  voisinage  du  tube  de  décharge 
les  fils  qui  transportent  le  courant  du  système  de  mesure. 

Le  tube  de  décharge  renfermait  une  cathode  concave  (K,  fi*^,  2); 
les  décharges  étaient  réglées  de  telle  sorte  que  les  rayons  cathodiques 
formassent  un  cAne  délié  à  pointe  assez  fine,  comme  cela  est  indiqué 
dans  la  figure  schématique  2.  Le  trajet  des  rayons  à  l'intérieur  du 
tube  était  rendu  apparent  par  l'illumination  du  gaz  :  aussi  était-il 
visible  au- moins  jusqu'à  la  pointe  et  même  un  peu  plus  loin. 

Fig.  3. 


Près  de  la  pointe  du  cône  de  rayons  le  tube  portait  un  diaphragme 
métallique  Bi  muni  d'une  petite  ouverture  correspondant  à  la  pointe. 
A  une  dislance  variable  après  B|  était  disposé  un  second  dia- 
phragme B2  muni  d'une  fente,  et,  quelques  centimètres  derrière 
celui-ci,  une  lamelle  de  verre  G  perpendiculaire  à  la  fente.  Les 
rayons  cathodiques  qui  ont  traversé  B|  et  B^  formaient  sur  G  une 
tache  fluorescente  verte. 

Pour  exercer  au  moyen  du  système  de  mesure  une  action  magné- 
tique sur  les  rayons  cathodiques,  et  pour  fixer  ainsi  tout  d'abord 
le  point  de  départ  du  parcours  à  mesurer,  un  fil  réunissant  les  con- 
densateurs c  {fig-  1)  était  placé  auprès  du  tube,  comme  la  figure  3  le 
montre  clairement  en  abcde. 

La  portion  abcd  est  plane  et  située  dans  une  section  passant  par 
Taxe  du  tube.  Pour  rendre  la  représentation  plus  commode,  nous 
admettrons  que  cette  section  est  horizontale.  Les  courants  alternatifs, 
que  le  système  de  mesure  envoie  à  travers  abcd^  produisent  alors  un 
champ  magnétique  alternatif,  dont  les  lignes  de  force  traversent  ver- 
ticalement le  plan  méridien  horizontal  du  tube;  les  déviations  du 
faisceau  de  rayons  se  produisent  donc  dans  le  plan  horizontal.  En 
recourbant  abcd  de  plus  en  plus  près  du  tube,  et  augmentant  ainsi 
progressivement  l'action,  on  remarque  d'abord  que  la  pointe  s'étale 
dans  le  plan  horizontal.  Si  l'action  est  plus  forte  et  si  le  réglage  de 
tout  l'appareil  est  convenable,  le  faisceau  semble  se  diviser  en  deux, 


I038  E.    WIECHKRT. 

comme  Findique  la  figure  3.  La  séparation  n'est  qu'une  apparence, 
qui  s'explique  facilement,  si  Ton  considère  que  le  faisceau  oscillant 
traverse  la  position  centrale  avec  une  vitesse  assez  grande,  et  ne 
subit  aux  extrémités  pendant  des  temps  relativement  longs  que  des 
déplacements  faibles.  La  division  fait  voir  clairement  que  les  rayons 
cathodiques  ne  sont  en  somme  émis  que  pendant  que  le  système  de 
mesure  vibre  énergiquement,  et  que,  pendant  ce  temps,  l'amplitude 
des  vibrations  ne  diminue  pas  beaucoup.  Si  l'émission  des  rayons 
a  lieu  pendant  une  période  plus  longue,  l'espace  entre  les  positions 
limites  de  la  pointe  parait  aussi  rempli  d'une  lumière  intense;  si 
enfin  une  grande  partie  des  rayons  est  émise  quand  le  système  de 
mesure  est  déjà  sans  action,  on  aperçoit  au  milieu  un  faisceau  de 
rayons  non  dévié  et  fortement  lumineux,  et  latéralement  les  portions 
déviées  plus  faiblement  lumineuses.  Ces  dernières  disparaissent  aus- 
sitôt que  le  système  de  mesure  est  mis  hors  d'action.  Comme  les 
rayons  cathodiques  non  déviés  sont  inutilisables  et  gênants  pour 
la  mesure,  il  faut  chercher  à  les  éviter  le  plus  possible  en  disposant 
convenablement  le  système  qui  fournit  les  rayons. 

Imaginons  autour  du  tube  de  la  figure  2  le  fil  abcd  en  place.  La 
lamelle  de  verre  G  n'est  atteinte  que  par  les  rayons  non  déviés.  Par 
suite  du  mode  spécial  de  mouvement  du  faisceau  oscillant  décrit 
ci-dessus,  ces  rayons  restent  peu  nombreux,  aussi  longtemps  que  le 
système  de  mesure  agit  avec  intensité.  Dans  le  cas  particulièrement 
favorable,  où  il  n'y  a  pas  de  rayons  cathodiques  inutiles  et  où  le  fais- 
ceau paraît  divisé,  ceci  se  manifeste  aux  yeux  par  le  fait  que  la  lame 
de  verre  G  devient  obscure.  Comme  l'effet  du  système  de  mesure  doit 
être  observé  non  seulement  au  début,  mais  à  la  fm  du  parcours  des 
rayons  cathodiques,  notre  arrangement  est  d'après  cela  insuffisant. 

Pour  l'améliorer,  nous  plaçons  auprès  du  tube  entre  K  et  B|  un 
petit  aimant  en  fer  à  cheval  M  (  Jig.  4  ^^  5).  Si,  comme  on  l'a  supposé 

Fig.  4. 


dans  la  figure  4,  le  système  de  mesure  n'agit  pas,  la  pointe  du  faisceau 
des  rayons  n'atteint  plus  maintenant  l'ouverture  de  B,  la  tache  lutni- 
nescente  sur  G  s'éteint.  Si  l'on  met  alors  en  action  le  svslème  de  me- 


LA    VITESSE   ET   LA   DÉVIATION   MAGNÉTIQUE   DES   RAYONS   CATHODIQUES.      lO'iQ 

sure  {fig'  5),  et  si  IM  est  convenablement  placé,  les  rayons  déviés 
par  abcd  en  sens  inverse  de  M  traversent  B^  et  Ba  et  illuminent  G. 
Ainsi  est  réalisé  un  arrangement  qui  est  utilisable  de  la  manière  la 
plus  commode  pour  mes  mesures  de  vitesse. 

Pour  connaître  l'époque  de  l'arrivée  des  rayons  en  B2,  G,  on  place 
auprès  du  tube  en  B^  et  en  G  un  nouveau  fil  a' b' c' d' e'  appartenant 
au  système  de  mesure  et  disposé  de  la  même  manière  que  abcde^  et 
l'on  observe  son  effet  sur  la  position  de  la  tache  luminescente  sur  G, 
par  exemple  en  l'approchant  et  en  l'éloignant  tour  à  tour  du  tube. 

Nous  admettrons  que  la  disposition  est  telle  que  les  courants  alter- 
natifs dans  a' b' c' d'  soient  toujours  en  accord  avec  ceux  de  abcd. 
Il  est  alors  évident  que,  si  la  vitesse  était  infiniment  grande  pour 
notre  disposition  expérimentale,  l'effet  de  a' b' c' d'  serait  le  même  que 
celui  de  abcd.  Dans  le  cas  représenté  sur  la  figure  5  la  tache  sur  G 
devrait  donc  se  mouvoir  sous  l'influence  de  a'  V dd*  du  côté  de  cêb' , 
Un  écart  d^avec  ces  préi^isions  montrerait  que  la  vitesse  reste 
dans  les  limites  accessibles  à  notre  disposition  expérimentale. 

Dans  mes  observations,  B2,  G  et  a'  b' d  d'  étaient  mobiles,  et  les 
résultats  furent  les  suivants  : 

Si  a' b' c' d'  et  Bj,  G  étaient  très  voisins  de  abcd^  a' b' c'd'  produi- 
sait la  même  déviation  que  abcd.  Si  l'on  retournait  l'aimant  M, 
le  déplacement  de  la  tache  phosphorescente  sur  G  changeait  de  sens 
en  même  temps. 

Pour  un  certain  éloignement  plus  grand  du  système  (B2,  G, 
a! b'dd')  la  tache  était  étalée  en  largeur  des  deux  côtés  également  ou 
bien  divisée  en  deux  parties;  ce  phénomène  ne  changeait  pas  par 
retournement  de  M.  On  pouvait  en  conclure  que  les  rayons  catho- 
diques parcouraient  alors  la  distance  de  abcd  à  a'  b' c'd'  pendant 
le  temps  où  le  système  de  mesure  accomplissait  un  quart  d* oscil- 
lation complète  :  les  rayons  cathodiques  qui  avaient  passé  en  abcd 
au  moment  de  l'intensité  maximum  du  courant,  arrivaient  en  <Jb' dd» 
au  moment  du  changement  de  sens  du  courant.  Le  fait  d'un  élargis- 
sement de  la  tache  luminescente  ou  même  d'une  division  de  celle-ci 
provient  du  mode  particulier  d'oscillations  pendulaires  du  faisceau 
dont  on  a  déjà  parlé.  En  raison  de  ce  mode  d'oscillation,  les  rayons 
traversent  B^  pendant  un  temps  relativement  long,  pendant  un 
temps  qui,  dans  mes  expériences,  pouvait  être  évalué  le  plus  souvent 
à  environ  un  quart  de  la  période  du  système  de  mesure. 

Suivant  que  l'on  déplaçait  le  système  depuis  le  point  neutre  dans 
un  sens  ou  dans  l'autre,   la  déviation  l'emportait  d'un  côté  ou  de 


Io4o  E.    WIKCHBRT. 

i'aiiire.  En  augmentant  Véloignement,  on  arrivait  fie  nou%^eau 
finalement  à  produire  la  déviation  tout  entière  d\in  seul  côtr, 
mais  dans  le  sens  opposé  à  celui  de  abcd,  A  ce  moitienl  le  retour- 
nement de  Taimant  M  entraînait  de  nouveau  l'inversion  de  la  dévia- 
tion. Les  rayons  cathodiques  trouvaient  alors  en  alVdd^  la  phase 
opposée  à  celle  qui  existait  en  abcd. 

Pour  poursuivre  aussi  loin  l'expérience  avec  l'arrangement  très 
simple  que  l'on  a  décrit,  il  fallait  beaucoup  de  précautions  et  une 
étude  des  plus  soignées  de  toutes  les  conditions  expérimentales.  Autre- 
ment l'intensité  des  rayons  cathodiques  arrivant  en  G  et  intervenant 
dans  les  observations  devenait  trop  faible  pour  qu'on  piît  les  mettre 
en  évidence  nettement  au  milieu  de  la  lumière  étrangère  inévitable. 
Les  phénomènes  deviennent  beaucoup  plus  intenses  et  vraiment  trt*s 
faciles  à  observer,  si  l'on  s'aide  de  forces  magnétiques  pour  diminuer 
le  plus  possible  la  dispersion  des  rayons  entre  B,  et  Ba.  Dans  ce  but, 
j'entourais  le  tube  de  verre  entre  B^  et  B^  d'une  spirale  de  fil,  dans 
laquelle  on  envoyait  un  fort  courant  électrique.  Le  champ  magné- 
tique a  lignes  de  force  parallèles  a  Taxe  du  tube  qui  est  produit  a  l'in- 
térieur du  tube  de  décharge,  oblige  alors  les  rayons  peu  inclinés  sur 
l'axe  à  traverser  le  tube  en  spirales  très  allongées;  et  une  grande 
partie  des  rayons  parvient  en  Bj  qui  aurait  sans  cela  atteint  la  paroi 
de  verre.  Le  petit  accroissement  du  parcours  n'entre  pas  en  ligne  de 
compte,  à  cause  de  la  nature  toujours  assez  grossière  des  expériences. 

En  se  servant  de  la  spirale  auxiliaire  et  en  étudiant  de  nou- 
veau avec  le  plus  grand  soin  les  conditions  de  Cexpérience,  on 
réussit,  à  une  distance  de  ¥^  de  i"'  environ,  à  atteindre  et 
à  dépasser  nettement  le  second  des  points  neutres  prévus  par 
la  théorie. 

Avant  d'aborder  dans  le  paragraphe  suivant  la  description  détaillée 
des  appareils  employés,  on  va  dire  encore  quelques  mots  de  la  dispo- 
sition générale  des  deux  systèmes  éleclnques  et  de  leur  connexion. 

Comme  il  faut  s'eflbrcer  de  donner  au  système  de  mesure  une  self- 
induction  aussi  petite  que  possible,  il  ne  serait  pas  pratique  d'inter- 
caler les  fils  abcde  et  a' b'cfd'e'  l'un  derrière  l'autre  sur  la  même 
ligne  entre  les  condensateurs  c.  11  vaut  mieux  employer  deux  lignes 
séparées,  disposées  en  parallèle.  Dans  mon  cas  celles-ci  étaient 
construites  presque  pareilles  et  placées  symétriquement  par  rapport 
à  l'étincelle. 

Pour  le  second  système  électrique  j'ai  employé  dans  les  deux  cas, 
dans   l'application    des   courants  de    Tesla   comme   dans    celle   des 


LA    VITESSE   ET   LA   DÉVIATION   MAGNÉTIQUE   DES   RAYONS  CATHODIQUES.      Io4l 

décharges  directes  de  batteries,  une  disposition  correspondant  à  la 
figure  I. 

Pour  le  cas  des  courants  de  Tesla  le  schéma  complet  de  Inexpé- 
rience est  alors  représenté  par  la  figure  ().  Dans  cette  figure  L  et  L' 


sont  deux  bouteilles  de  Leyde  isolées,  dont  les  armatures  extérieures 
sont  séparées  par  la  distance  explosive  F,  et  les  armatures  intérieures 
par  la  bobine  primaire  PP  du  transformateur  de  Tesla.  De  la  bobine 
secondaire  SS  du  transformateur  des  fils  conduisent  aux  électrodes 
du  tube  à  décharges.    Si  Ton   emploie  les   décharges   directes,    on 
laisse  SS  de  côté,  et  Ton  amène  Télectricité  aux  électrodes  du  tube 
à  décharges,  par  des  fils  qui  partent  de  la  ligne  de  réunion  des  arma- 
tures intérieures,  des  deux  cotés  de  la  spirale  PP  qui  y  est  insérée.  Il 
n  est  pas  pratique  d'enlever  cette  spirale  et  de  réunir  les  armatures 
intérieures  des  bouteilles  de  Leyde  par  le  tube  à  décharges  seul  :  dans 
ce  cas,  en  effet,  lors  de  la  charge  de  la  batterie  avant  Tétincelle  et  lors 
de  la  décharge  après  l'étincelle,  le  tube  est  traversé   par  une  trop 
grande  quantité  d'électricité  inutilisable  pour  la  mesure,  et  le  phéno- 
mène important  est  ainsi  par  trop  masqué. 

Avec  l'arrangement  choisi  il  se  produit  des  oscillations  dans  le  sys- 
tème qui  fournit  les  rayons  cathodiques.  Chose  remarquable,  je  n'ai 
le  plus  souvent  obtenu  les  rayons  cathodiques  groupés  en  cône  qui 
sont  nécessaires  à  l'expérience,  que  lorsque  c'était  non  pas  la  pre- 
mière oscillation  produite  par  l'étincelle,  mais  la  seconde,  qui  ame- 
nait de  l'électricité  négative  à  la  cathode  concave  K.  L'action  du 
fil  abcd  montrait  alors  que  cette  seconde  oscillation  restait  aussi 
S.  P.  66 


io42 


E.    WIECIIEET. 


la  spule  pour  laquelle  le  faisceau  conique  se  produisît.  Tout  se  passe 
donc  comme  >i  le  tuhe  a\ait  besoin  dune  certaine  préparation,  avant 
qce  les  rayons  cathodiques  ne  s'y  développent  de  la  manière  ré«;u- 
liêre  utilisée  ici.  et  comme  si  bientôt  les  conditions  nécessaires  ces- 
saient à  nou\eau  d'être  réalisées. 

.$  4.  —  Appareils  poor  la  mesure  de  la  vitesse. 

Le  iube  de  décharge  pour  les  expériences  définitives  a  reçu  la  dis- 
position suivante  : 

In  tuLe  de  verre  d'en\iron  4o"""  de  diamètre  porte,  à  une  exlré- 
Biité  que  j'ap[»elle  la  léle,  tout  d'abord  l'électrode  concave  K  d'envi- 


ruu  io"*  de  diamètre,  a"*"  d'épaisseur  et  à  peu  près  10*^'"  de  ravon 
lie  iourbure.  Par  frottement  sur  un  verre  de  lunette,  il  était  facile 
d\>l)lenir  la  forme  voulue  avec  l'exactitude  requise  ici. 

L\»uverlurede  i""*  O  pratiquée  dans  le  diaphragme  B,  est  éloignée 
do  K  de  î>'  '"  et  se  trouve  à  l'endroit  où  le  faisceau  de  rayons  catho- 
diques tiioutre  son  plus  i;rand  rétrécissement.  Celui-ci  se  produit 
a\aul  le  poiut  de  con\er«:ence  des  normales  géométriques,  qui  est  à 
10'"  lU*  K  :  re  fuit  s'explique  complètement  par  le  calcul,  en  vertu 
dt*  rdclii»u  iiiai^uôtique  du  courant  très  considérable  qui  traverse  le 
lubo  peudaut  la  formation  des  rayons  cathodiques.  On  peut  faclle- 
uu*ul  <e  faire  une  idée  de  son  intensité,  en  étudiant  l'action  magné- 
tique du  til  i|ui  Tamèue  en  K  sur  le  faisceau  cathodique,  et  en  lacoiii- 
paraut  a\ee  Telfet  de  forces  magnétiques  connues.  Dans  mes  expé- 
riences, j'ai  tnMi\é  des  \aleurs  allant  de  20  à  4o  ampères. 

Connue  l'anode  exerçait  une  influence  perturbatrice  sur  le  dé\e- 
loppcmenl  el  la  propagation  des  rayons  cathodiques,  je  lui  ai  donné 
la  forme  diin  anneau  A  V  el  je  l'ai  placée  dans  le  plan  de  O.  P<)iir 
rendre  ceci  |)ossihle,  le  diaphragme  B.>  dut  recevoir  la  forme  d'un 
(!(jne.  l/auiieau  \\\  réuni  à  B,  a  seulement  pour  but  tle  donner  à  H, 
une  position  bien  assurée. 

Sitôt  (|ue  les  électrodes  viennent  trop  près  de  la  paroi  du   verre,  il 


LA   VITESSE   ET    LA    DÉVIATION   MAGNÉTIQUE   DES   RAYONS   CATHODIQUES.      lO^S 

se  forme  pendant  le  passage  de  Félectrieité  dans  l'espace  interposé 
des  points  brillants,  d'où  partent  des  décharges  spéciales  fortement 
perlurhatrices.  On  a  pris  soin,  pour  celte  raison,  qu'il  restât  de  toutes 
parts  autour  des  électrodes  un  espace  libre  de  quelques  millimètres. 
Comme   matière   pour    les  électrodes,   j'ai    pris   de  l'aluminium; 
coiuine  matière  pour  les  diaphragmes,  du  laiton.   11  n'est  pas  avan- 
tageux d'exposer  de  suite  les  électrodes  neuves  aux  décharges  puis- 
santes emplovées  dans  les  expériences;  dans  ce  cas,  en  effet,  certains 
points  deviennent   généralement    privilégiés,   car  la   décharge    part 
d'eux  principalement  et  sous  une  forme  inutilisable.  Il  est  recomman- 
(lable,  au  contraire,  d'envoyer  d'abord  pendant  un  certain  temps  à 
travers  le  tube  les  décharges  directes  d'une  bobine  d'induction. 

Au  delà  de  B|  se  trouve  dans  le  tube  un  système  aisément  dépla- 
çable  de  trois  plaques  de  laiton  Bj,  B^,  B* .  Au  milieu  de  B^  se  trouve 
un  trou  rectangulaire  de  4"""  sur  y"»"»;  B!j  porte  perpendiculairement  à 
la  grande  dimension  de  l'ouverture  de  B^  une  lame  G  en  verre  de 
Thiiringe,  fabriquée  par  aplatissement  d'un  petit  tube  ou  d'une 
petite  baguette;  B".^  porte  une  petite  tige  plate  en  fer  E.  d^  et  B'^  sont 
rendus  solidaires  par  un  fil  de  laiton;  un  fil  parti  de  B^  traverse  libre- 
ment un  petit  tube  soudé  à  B!^,  qui  sert  à  le  guider  et  forme  une 
boucle  large  autour  du  fil  de  réunion  de  B!,  et  B^  ;  de  sorte  que  Bj 
peut  être  déplacé  par  rapport  au  système  B!^,  B^  sans  tourner  sensi- 
blement. Au  moyen  d'un  petit  électro-aimant  on  peut,  grâce  à  la  petite 
pièce  de  fer  en  B^,  mouvoir  le  système  du  dehors,  et  l'on  arrive  ainsi 
aisément  à  amener  Bj  à  une  place  quelconque  et  G  à  la  distance 
voulue  en  arrière. 

Dans  uies  expériences,  le  tube  à  décharges  restait  en  permanence 
en  communication  avec  la  pompe  à  mercure  par  l'intermédiaire  d'une 
canalisation  en  verre,  il  reposait  en  B',  sur  un  support  de  caoutchouc 
durci,  auquel  il  était  attaché  pour  plus  de  sûreté,  et  il  n'était  porté 
pour  le  reste  que  par  la  canalisation  en  verre,  soutenue  de  son  côté 
dans  un  support  et  par  un  cordon  de  ficelle.  Ce  dernier  était  accroché 
à  un  fléau  de  balance  très  primitif  et  supportait  la  charge  du  tube 
d'un  côté  de  la  canalisation  en  verre. 

Pour  relier  le  tube  à  la  canalisation  en  verre,  j'employais  au  début 
la  cire  à  cacheter;  lorsque  plus  tard,  en  hiver,  par  suite  du  retour  in- 
cessant des  fuites  causées  par  les  chutes  de  température  trop  considé- 
rables dans  la  salle,  j'eus  manqué  quelques  expériences,  je  n'employai 
plus  que  la  soudure  directe  de  tubes  de  verre,  qui  est  très  facile  à  réa- 
liser avec  un  bon  bec  Bunsen. 


loii 


E.    WIECIIKRT. 


Pour  le  remplissage  du  tube  on  a  toujours  pris  de  l'hydrogène 
qui,  à  cause  de  l^absorption  assez  faible  qu'il  exerce  sur  les  rayons 
cathodiques,  se  montra  d'un  emploi  bien  plus  favorable  que  les  autres 
gaz,  La  pression  variait  de  7^  à  -j  millimètre. 

La  spirale  magnétisante  destinée  à  rassembler  les  rayons  catho- 
diques au  delà  de  B|  était  formée  d'un  assemblage  de  diverses  parties 
séparées.  Pour  le  tube  de  décharge  décrit  ci-dessus,  chaque  partie  se 
composait  d'un  morceau  de  tube  de  laiton  de  10*^"  de  long  et  d'envi- 
ron 55""'  de  diamètre,  à  bords  relevés,  sur  lequel  était  enroulé  en  trois 
couches  un  fil  de  cuivre  de  o"*"',8  d'épaisseur  a  gaine  C       jton.  Les 
di\ erses  parties  entouraient  le  tube  à  décharge,  sans  le  toucher,  et 
reposaient  sur  une  planche  en  bois  placée  sous  le  tube  à  décharges, 
sur  laquelle  on  pouvait  les  déplacer  à  volonté. 

J'utilisais  pour  la  spirale  des  courants  de  2  à  4  ampères,  d'où  ré- 
sultaient dans  rintérieur  des  champs  magnétiques  de  60  à  1 20  unités. 

Le  système  de  mesure  esquissé  schématiquement  dans  les  figures  1 
et  6  était  formé  par  l'assemblage  de  deux  condensateurs  à  air.  Dans 
le  svslème  employé  pour  les  expériences  définitives,  qui  est  repré- 
senté sur  la  figure  8,  chacun  des  condensateurs  se  composait  de  trois 


pLucaux  plans  de  laiton  de  3™'"  d'épaisseur,  i5*""  de  hauteur  et  5o'" 
vie  lui  iicur*  disposés  parallèlement  et  verticalement,  et  dont  les  arêtes 
\\  Ion  Nouuuets  étaient  arrondis.  Les  deux  plateaux  extérieurs,  réunis 
cutr\^  eux  jvar  les  élriers  de  laiton  a  et/,  forment  ensemble  l'une  des 
anuatmv<.  le  tivisiènie  plateau,  placé  dans  l'intervalle  des  autres. 
Iv»inu'  la  Mvoiule.  Les  plaques  sont  soutenues  par  le  socle  en  bois  (!•' 
loui  Ir  N\>ième  et  par  le  cadre  R  forme  de  tubes  de  verre  et  de  boi> 
|»!Ma(lini\  |Mr  rinlernicdiaire  des  étriers  a,  dont  deux  s'appuient  sur 
iirvi   j»i  tito  tiiics  do  caoutchouc  durci  A,  tandis  que  les  autres  sac- 


LA   VITESSE  ET   LA   DÉVIATION   MAGNÉTIQUE   DES   RAYONS  CATHODIQUES.      I045 

croclient  simplement  aux  tubes  de  \erre  du  cadre.  Les  plateaux  inté- 
rieurs sont  soutenus  par  des  crochets  métalliques  ^  et  de  petites  tiges 
de  caoutchouc  durci  A. 

Les  étriers  de  connexion  /  ont,  au-dessous  des  vis  de  serrage,  des 
encoches  qui  penneltent  de  les  déplacer  un  peu  vers  le  haut  ou  vers 
le  bas.  De  cette  manière,  on  a  un  jeu  de  quelques  millimèlres  pour 
régler  la  longueur  de  Tétincelle  de  rupture,  qui  jaillit  entre  deux 
morceaux  de  zinc  arrondis  encastrés  dans  les  étriers  y.  J'ai  donné,  en 
général,  à  Tétincelle  une  longueur  de  7"""  environ.  Du  roté  qui,  sur 
la  figure,  est  caché  au  lecteur,  c'est-à-dire  en  arrière,  les  étriers/ 
portent  des  vis  de  serrage  pour  les  fils  de  jonction  qui  conduisent 
au  système  électrique  producteur  des  rayons  cathodiques. 

La  distance  qui  sépare  les  plateaux  était,  en  général,  de  1*"";  dans 
les  expériences  faites  sur  des  longueurs  d'onde  parliculièrcmenl 
courtes  (6"*,  5),  où  l'on  a  réussi  à  dépasser  le  deuxième  point  neutre, 
la  distance  était  élevée  à  2'^"*  par  flexion  des  crochets  a. 

De  chacun  des  deux  plateaux  intérieurs  partent,  vers  l'intérieur  et 
en  avant,  deux  bandes  métalliques  y,  y'  larges  d'environ  20"'"*.  Les 
bandes  opposées  y,  y  et  y',  y  deviennent  finalement  parallèles  l'une 
à  l'autre,  et  portent  en  cet  endroit  des  trous  taraudés,  dans  lesquels 
sont  fixés  les  conducteurs  mobiles  conduisant  aux  fils  abcde  et 
a' Uc'd'e'.  Ces  conducteurs  se  composent  chacun  d'un  ou  de  deux 
éléments  de  la  forme  représentée  sur  la  figure  9  :  deux  bandes  de 


cuivre  de  20"'"*  de  large,  un  peu  recourbées  et  écartées  à  une  extré- 
milé,  et  portant  à  l'autre  extrémité  des  disques  de  laiton  soudés  et 
munis  de  trous  taraudés,  sont  maintenues  à  une  distance  d'environ 
^mm  pgp  jgg  fiches  d'ébonite  solidement  enfoncées.  En  y,  y  ou 
en  V,  y',  on  visse  l'extrémité  élargie  du  premier  élément  qui  peut 
être  le  seul;  l'autre  extrémité  porte  alors  soit  l'élément  suivant,  soit 
le  fil  abcde  ou  a'Vc'd'e',  On  reconnaîtra  que  cette  construction 
procure,  outre  la  facilité  du  déplacement,  une  self-induction  pres(|ue 
constante  et  très  faible. 

Comme  système  d^ émission  des  rayons  cathodiques  j'ai  employé 
deux  bouteilles  de  Leyde  en  flint  isolées  sur  paraffine  ou  sur  verre, 
de  4o*""  de  haut,  i3'="  de  large  et  2*"™  d'épaisseur  et  dont  les  arma- 


I046  e.    WIECHBRT. 

tures  de  papier  d'ëtaîn  avaient  environ  iS***"*.  Pour  avoir  partout  des 
contacts  sûrs,  les  armatures  furent  munies  chacune  d'un  anneau  de 
laiton  de  2*^"  de  large,  entouré  de  papier  d'élain  et  faisant  ressort. 
Pour  les  armatures  extérieures,  les  anneaux  sont  d^un  seul  morceau 
et  exercent  par  eux-mêmes  la  force  élastique  nécessaire;  pour  les 
armatures  intérieures  chaque  anneau  est  formé  par  l'assemblage  de 
quatre  morceaux  séparés,  qui  sont  fortement  appuyés  contre  la  bou- 
teille par  quatre  fils  formant  ressort,  et  issus  d'une  vis  de  serrage 
extérieure  à  la  bouteille. 

Des  anneaux  extérieurs  deux  fils  de  cuivre  épais  de  2™"*  et  longs 
de  60*^'"  se  rendent  à  l'étincelle  (Jiff-  6)  ou  aux  élriers  /  du  sys- 
tème ce  {/ig*  8).  Pour  les  expériences  avec  des  longueurs  d'onde 
très  courtes,  chacune  des  connexions  est  faite  par  plusieurs  fils  paral- 
lèles (jusqu'à  six),  afin  de  diminuer  le  plus  possible  la  self-induclion. 
Les  fils  de  communication  avec  la  bobine  d'induction  (^g.  (\)  peu- 
vent être  fixés  n'importe  où  aux  anneaux  extérieurs  des  bouteilles  de 
Leyde,  ou  être  accrochés  aux  fils  qui  s'y  rattachent. 

La  spirale  PP  {/tg^  6)  était  formée  de  fil  de  cuivre  de  2""*  d'épais- 
seur, et  assujettie  par  ses  extrémités  rectilignes  dans  les  vis  de  serrage 
des  armatures  intérieures  de  L,  L'.  La  longueur  totale  du  morceau  de 
fil  employé  était  en  général  de  1"*,  le  diamètre  des  spires  de  3*^"*,  leur 
nombre  de  dix,  la  longueur  de  la  spirale  même  de  5*^'";  cependant  il 
pouvait  y  avoir  des  changements  notables.  Pour  les  expériences  avec 
de  très  courtes  longueurs  d'onde  on  ne  prenait  que  5  spires  formant 
une  spirale  de  3*^*"  de  longueur.  Si  l'on  employait  les  courants  de  Tesia, 
on  passait  par-dessus  la  spirale  un  tube  de  verre  s'adaptant  étroite- 
ment sur  elle  et  épais  de  2™™;  ce  tube  portait  la  spirale  secondaire  SS 
du  transformateur.  Celle-ci  avait  une  longueur  à  peu  près  égale  à 
celle  de  la  spirale  primaire;  elle  se  composait  de  spires  rapprochées 
d'un  fil  de  cuivre  ordinaire  de  o'"",8  d'épaisseur,  recouvert  de  coton, 
et  plongé  dans  la  paraffine  pour  améliorer  l'isolement.  Il  arrivait  par- 
fois que  le  tube  de  verre  de  la  spirale  secondaire  fill  percé;  en  pareil 
cas,  il  suffit  le  plus  souvent  de  boucher  les  trous  avec  de  la  cire. 

La  bobine  d'induction^  provenant  de  la  maison  Max  Kohi,  à 
Chemnitz,  donne  nominalement  une  étincelle  de  So*^"^.  J'ai  employé 
un  interrupteur  rotatif  à  mercure  de  la  même  maison  et  ai  ré*çlé  la 
vitesse  à  1 5  ou  20  interruptions  par  seconde.  La  bobine  consoniinait 
alors  environ  un  courant  de  6  ampères. 

Pour  terminer  nous  allons  encore  dire  quelques  mois  sur  la  dispo- 
sition générale  des  appareils. 


hk  VITESSE   ET   LA    DEVIATION   MAGNETIQUE    DES   RAYONS   CATHODIQUES.      10 47 

Le  tube  à  décharges  était  fixé  au  voisinage  du  bord  antérieur  de 
la  table  d'expérience,  et  parallèlement  à  ce  bord;  il  était  horizontal 
et  à  3o*^"  au-dessus  de  la  table.  Au-dessous  se  trouvaient,  à  portée  de 
la  main  de  l'observateur,  la  résistance  de  réglage  de  la  bobine  et  l'in- 
terrupteur commandant  la  spirale  magnétisante.  En  arrière,  à  une 
distance  de  20'^'"  environ,  étaient  disposés  les  deux  systèmes  électri- 
ques :  auprès  de  la  l(Ue  du  tube  à  décharges  le  système  émettant  les 
rayons  cathodiques,  à  coté  le  système  de  mesure  représenté  sur  la 
ligure  8.  La  position  du  dernier  devait  être  choisie  de  telle  sorte  que 
sa  ligne  médiane  passant  par  F  tombât  à  la  même  hauteur  que  Taxe  du 
lube  à  décharges,  car  les  bras  que  l'on  pouvait  fixer  à  y?  y  et  à  y',  y 
n'étaient  mobiles  essentiellement  que  dans  un  plan  horizontal.  La 
bobine  d'induction  et  son  interrupteur  étaient  placés  à  plusieurs 
mètres  de  distance  du  tube  à  décharges  sur  une  table  spéciale,  afin 
d'éviter  les  perturbations  magnétiques. 

§  5.  —  Mesnre  de  la  déviation  magnétiqne. 

On  verra  par  l'exposé  du  prochain  paragraphe,  que  les  appai*eils 
décrits  ci-dessus  fournissent,  pour  la  vitesse  i'  des  rayons  cathodi- 
ques, des  valeurs  qui  se  rangent  au-dessous  de  la  vitesse  V  de  la 
lumière,  ce  qui  nous  confirme  dans  l'hypothèse  de  l'émission.  Pour 
utiliser  les  mesures  dans  cette  hypothèse,  il  faut  connaître  a,  c'est- 
à-dire  la  masse  moléculaire  d'un  électron  de  charge  électrique  porté 
par  les  particules  en  mouvement.  La  théorie  donne  pour  le  cas  de  la 
déviation  magnétique 

a  rj  =  3,1073.  io-"(/-n),         av  =  o,9r)5.io*(/'H) 

et  pour  celui  de  la  déviation  électrostatique 

aA^y=i,o73.io-9(rH),         afî=  0,965.  io»î(/-R); 

r  représente  le  rayon  de  courbure,  H  la  force  magnétique  déviante, 
R  la  force  électrique  en  volts-centimètres.  On  a  pris  16  pour  masse 
d'un  atome  d'oxygène,  et  l'on  admet  que  1  coulomb,  c'est-à-dire 
•^V  unités  électrostatiques  d'électricité,  libère  dans  l'électrolyse 
0,8*288.  io~*  gramme  d'oxygène;  il  résulte  de  là 

a  =  —  o ,  9G53 . 1 G*  V, 


I0j8  B.    WIECHERT. 

en  appelant  m  la  niasse  et  e  la  charpie  des  particules  mesurée  éleclrc»- 
staliquement. 

D'après  ces  formules,  on  peut  calculer  a  quand  on  connaît,  oulre 
la  vitesse  v^  la  raideur  magnétique  rH  ou  la  raideur  éleclrique  /  R. 
J'ai  choisi  la  mesure  de  beaucoup  la  plus  commode  de  la  raideur  ma- 
gnétique. 

Comme  il  ne  semblait  pas  impossible  que  la  vitesse  et,  par  suite,  la 
déviabilité  des  rayons  cathodiques  variât  depuis  la  cathode  jusqu'au 
diaphragme  B|,  j'ai  considéré  comme  utile  de  ne  déterminer  la  dévia- 
tion qu'au  delà  de  B|,  et  j'ai  employé  pour  cela  la  méthode  suivante, 
qui,  par  des  calculs  relativement  simples,  fournit  des  relations  tout  à 
fait  commodes. 

De  la  manière    indiquée  clairement  sur  la  figure   lo,    on   faisait 

l'ig.  lo. 


-^-"-±:z-i 


•<-, 


&  Jfz 


passer  un  courant  électrique  dans  des  fils  droits,  parallèles  et  disposé^ 
le  long  du  tube  à  décharges  et  de  chaque  côté.  On  s'arrangeait 
de  manière  que  ces  fils  seuls  jouassent  un  rôle  dans  la  déviation 
magnétique.  Les  rayons  se  courbaient  comme  la  figure  le  montre  en 
exagérant.  Au  moyen  d'une  division,  découpée  en  fofme  de  scie  dans 
du  clinquant,  et  qui  recouvrait  en  partie  la  lamelle  de  verre,  on  me- 
surait sur  cette  lamelle  G  le  déplacement  de  l'ombre  d'un  fil  tendu  à 
travers  l'ouverture  du  diaphragme  B|.  Pour  connaître  l'intensité  du 
courant,  on  se  servait  d'ampèremètres  soigneusement  étalonnés. 

Dans  les  expériences  on  utilisait  toujours  des  intensités  telles  que 
les  rayons  arrivant  en  G  fussent  très  peu  courbés.  On  peut  donc 
écrire  pour  la  trajectoire 

d^y  _  H 

e/:r«  "■  S  ' 

en  désignant  par  S  la  raideur  magnétique  des  rayons  et  H  Tintensilé 
du  champ  sur  la  droite  qui  joint  B|  et  B2. 

H  résulte  de  l'action  combinée  des  deux  fils.  Nous  pouvons  poiir 
le  calcul,  conformément  à  la  figure  11.  admettre  qu'il  u'v  a  qu  un 
seul  fil,  si  nous  le  plaçons  à  une  distance  moitié  moindre  de  la 
«Iroite  V  =  0  que  les  fils  réels,  et  si  nous  lui  attribuons  la  M«innio  de> 
intensités  tra\ersant  ceux-ci.  Si  celte  somme  est  /,  on  a,  d'aprè>  la  loi 


lA    VITESSR  ET   LA  DÉVIATION    MAGNÉTIQUE   DES    BAYONS  CATIIODIOUES.      Io49 

(le  Biot  et  Savart, 

»  -  r.[h ')  -  {• -^  m- 


Fig.  II. 


OÙ  les  distances  r  et  /•'  (contrairement  à  x)  doivent  toujours  être 
comptées  positivement.  D'après  cela  : 


= À  [(-^  (-'?)] 


en  posant 


?  = 


*  —   I. 


h' 


?=7r 


Par  intégration,  il  vient 


et  puis 


où  Ton  a  posé 


g  =  i[(Ç-i-P)-a'+P')i  +  c. 


_^=l|(Y-Y')+c/t$  +  C. 

Y  =(9+\)\  +lognatf?-+-0, 
Y'=(p'-t-î')?'+lognat(p'+Ç'). 


Des  deux  constantes  d'intégration  c  et  C,  c  désigne  la  valeur  sup- 

d'y  ^ 

posée  de  --r-  pour  ç=  —  oo,  x  =^  —  oc  et  est  déterminée  parla  con- 
dition que  j'i  doit  être  égal  à  r^  ;  il  suit  de  là  que 


i    Y,-Y,-(Yi-Y',) 


aS 


U-l 


La  constante  C  peut  être  éliminée  au  moyen  de  la  condition  y^  =  o. 
On  trouve  alors  pour  la  raideur  magnétique  cherchée 


io5<) 


K.    WIKCHEIIT. 


Si  les  fils  sont  passablement  longs  de  sorte  que  x,  s^*îl  en  outre 
plusieurs  fois  plus  grand  que  A,  il  suffit  entièrement  de  po<er.  [«ar 
approximation, 


Y' 


Yi=>. 


X  ^  '^3 


y;  -  Y.  =  . 


Dans  mes  expériences  on  s'est  servi,  pour  supports de>  lils condui- 
sant le  courant  /,  de  deux  cadres  de  bois  que  l'on  pouvait  assembler 
au  moven  de  clie\illes  {cf.Jig.  12^,  et  sur  les  faces  internes  desquels 

Fig.   12. 


P 


IM* 


deux  fils  couraient  Tun  auprès  de  l'autre.  De  cette  manière  le  cou- 
rant passait  de  chaque  côté  du  tube  en  tout  quatre  fois.  Si  J  e>l  le 
courant  en  ampères  qui  traverse  chaque  fil,  on  trouve  d  après  cela, 
pour  rinlensité  du  courant  /  à  calculer  en  unités  C.G. S., 


i  =  — J. 
10 


/t  èrait  rgal  à  ii"\  /,  la  longueur  de  la  portion  de  courant,  à  4o""- 
I /erreur  pro\enanl  des  portions  de  fil  négligées  ici  se  montait,  d'aprvs 
Ir  calcul,  à  moins  de  i  pour  100,  et  pouvait,  par  suite,  être  néjîligée. 


§  6.  —  Les  expériences. 

Kn  diminuant  progressivement  la  pression  de  Thydrogène  dans  le 
lubo  à  décharges,  le  faisceau  conique  de  rayons  cathodiques  appa- 
raissail  «léjà  quand  la  pression  était  tombée  à  {"""  environ.  Pourlanl 
à  (  c  moment  les  ravons  ne  possédaient  pas  encore  l'énergie  suffisanle 
pour  proxoqucr  dune  manière  sensible  la  luminescence  du  verre;  ils 
riaient  donc  cnci>re  inutili>ables  pour  l'expérience.  Ils  ne  devenaient 
utilisables  «pit»  pour  une  pn'ssion  de  *  millimètre  environ;  pour  une 
pression  dcuxirou  ^  de  millimètre  le  faisceau  commençait  à  perdre 
sa  pointe  nette,  de  sorte  que  lobserxation  était  bientôt  rendue  impos- 


L\  VITESSE   KT   LA    DÉVIATION   MAGNÉTIQUE    DES   RAYONS   CATIIODIQUKS.      !0>l 

sible.  La  raideur  magnétique  (S  =  Hr)  variait,  dans  le  domaine  utili- 
sable, de  200  à  45o  à  peu  près.  Quand  on  restait  dans  ces  limites,  il 
était  facile,  avec  le  second  fil  {a'b'c'd')^  d'atteindre  des  distances 
pour  lesquelles  son  action  était  opposée  à  celle  du  fil  (abcd):  en 
d'autres  termes  on  pouvait  aisément  atteindre  et  dépasser  de  beau- 
coup le  premier  point  d'inversion.  On  trouvait,  en  accord  complet 
avec  la  théorie  de  l'émission,  que  le  point  d'inversion  reculait  d'au- 
tant plus  loin  que  la  raideur  magnétique  croissait  davantage.  De 
même  la  position  du  second  point  d'inversion,  autant  qu'on  pouvait 
la  déterminer,  correspondait  exactement  à  la  théorie,  car  sa  distance 
à  l'origine  du  domaine  de  mesure  élait  trois  fois  plus  grande  que 
pour  le  premier  point  d'inversion. 

Pour  les  calculs  on  n'employail  que  le  premier  point  d'inversion,  de 
beaucoup  le  plus  sûr  à  déterminer.  Si  A  représente  sa  distance  à  l'ori- 
gine du  domaine  de  mesure,  L  comme  précédemment  la  longueur 
d'onde  du  système  de  mesure,  la  formule 

V  ~   L 

donne  la  vitesse  r  en  fonction  de  la  vitesse  de  la  lumière  V.  1^  était 
déterminé  à  la  manière  usuelle  au  moyen  de  la  résonance  de  fils. 

Le  rapport  de  la  charge  électrique  e  des  particules  à  leur  masse  m 
est  donné  par 


e        Vî   P 

e        \  V 

m  ""    S    V 

ou 

m  -   S  V 

suivant  que  e  est  mesuré  en  unités  électrostatiques  ou  électromagné- 
tiques, il  s'ensuit  que  a  est  donné  par 


a  =  —  0,9653.10^  V; 
e 


on  peut  aussi  le  calculer  directement  (c/,  §  0)  par  la  formule 


a  =  3,29..  10-^  — 


Dans  Tévaluation  de  X,  on  rencontre  la  cause  perturbatrice  sui- 
vante :  à  cause  du  mouvement  ralenti  du  faisceau  de  rayons  oscillants 
dans  ses  positions  extrêmes,  il  passe  des  rayons  cathodiques  à  travers 
le  diaphragme  B|  pendant  un  temps  relativement  long.  Par  suite  on 
observe  avec  le  système  a' b'c'd\  B^,  G,  déjà  bien  avant  le  premier 


lOO'l  E.    WIECIIERT. 


point  d^Jnversion,  outre  les  rayons  qui  sont  encore  déviés  dans  le 
même  sens  que  par  abcd^  des  rayons  qui  ne  sont  pas  déviée  du  tout, 
ou  qui  sont  déjà  déviés  en  sens  opposé.  Et  il  en  est  de  même  après 
le  point  d'inversion.  Il  devient  dès  lors  difficile  d'apprécier  exacte- 
ment la  position  du  point  d'inversion,  et  l'on  s'expose  facilement  au 
danger  de  commettre  une  erreur  systématique,  qui,  dans  toutes  les 
séries  d'observations,  ferait  paraître  X  uniformément  trop  grand  ou 
trop  petit.  L'étendue  nécessairement  très  notable  des  systèmes  K,  Bi, 
abc d  et  Bj,  G,  a'b'c'd\  qui  provoque  aussi  de  son  coté  une  incer- 
titude dans  Tévaluation  de  )*,  n'a  en  proportion  que  peu  d'influence. 
En  prenant  comme  origine  de  la  distance  à  mesurer  un  point  situé 
en  avant  de  K,  au  tiers  de  la  distance  KB,,  et  comme  extrémité  le 
diaphragme  B.j,  situé  au  milieu  du  fil  a'b'c'd'^  j'ai  sans  doute  tenu 
un  compte  suffisant  des  choses  à  ce  dernier  point  de  vue. 

A  cause  des  erreurs  systématiques  à  craindre,  je  ne  veux  pas  accu- 
muler ici  les  résultats  expérimentaux,  mais  me  borner  à  citer  deux 
séries  d'observations,  qui  me  paraissent  particulièrement  dignes  de 
confiance. 

La  distance  des  plateaux  des  condensateurs  était  d'environ  i*'";  pour 
chacune  des  connexions  on  n'employait  qu'un  seul  des  éléments  re- 
présentés sur  la  figure  9.  Pour  la  série  I,  les  fils  déviants  correspon- 
daient exactement  à  la  figure  6,  pour  la  série  II,  ils  étaient  ramenés 
deux  fois  de  la  manière  indiquée  autour  du  tube,  de  sorte  que  l'action 
sur  les  rayons  cathodiques  était  doublée.  L'accroissement  de  la  self- 
induction  des  fils  pour  II  entraînait  un  accroissement  de  longueur 
d'onde  du  système  de  mesure,  qui  devenait  L=ii4o'*'"  au  lieu  de 
L  =  940*"'"  pour  I. 

Après  réglage  de  la  presssion  du  gaz  avec  l'aide  de  la  trompe,  on 
observait  dan.s  chaque  mesure  la  raideur  magnétique  S,  puis  la  vi- 
tesse i',  puis  de  nouveau  la  raideur  magnétique  S.  Sur  la  détermina- 
lion  de  S  on  a  dit  le  nécessaire  dans  le  paragraphe  précédent.  Pour 
la  détermination  de  ç  et  de  A,  la  distance  à  mesurer  /  recevait  succes- 
sivement des  valeurs  différentes,  et  l'on  concluait  à  chaque  fois  de 
l'action  du  fil  «'//c  rf',  si  et  de  combien  l'extrémité  de  la  distance  à 
mesurer  était  en  avant  ou  en  arrière  du  point  d'inversion  primitif, 
c'est-à-dire  si,  et  de  combien,  /  était  plus  petit  ou  plus  grand  que  X. 

Des  Tableaux  ci-joints,  le  Tableau  I  renferme  les  données  directes 
des  expériences;  dans  le  Tableau  II  sont  rassemblés  les  résultats;  on 
a  pris  pour  la  raideur  magnétique  la  moyenne  arithmétique  des  deux 
valeurs  observées. 


LA   VITESSE   ET   LA   DÉVIATION   UAGNÊTIQUE   DES   RAYONS   CATHODIQUES.       Io53 

La  pression  du  gaz  était,  pour  les  premières  expériences  de  chaque 
série,  comprise  entre  |-  et  5  de  millimètre;  pour  les  dernières  environ 
~  de  millimètre. 

D'après  les  observations,  les  expressions 

I 
lioo 

(  —  )  =3,77.10»",  (— )  =1,27.10", 

\tn / élcciroslaliquo  \^^ /  électromagnétique 

représentent  les  valeurs  les  plus  vraisemblables,  pour  le  poids  ato- 

mique  a  d'un  électron  rapporté  à  O  =  16,  et  pour  le  rapport  —  de  la 

charge  en  unités  électrostatiques  ou  électromagnétiques  à  la  masse  en 
grammes.  Si  Ton  veut  tenir  compte  des  erreurs  d'observation  systé- 
matiques à  craindre,  les  valeurs 


et 


1600  io5o 


pour  a  doivent  (^tre  encore  considérées  comme  parfaitement  possibles. 
Les  valeurs 


I  I 

et 


I 400  900 

sont  au  contraire  déjà  très  invraisemblables.  Les  valeurs  corrélatives 
de  —  en  unités  électrostatiques  ou  électromagnétiques  sont 


4,G4.io'7    et    3,04.10»"^, 
1,53.10"'      et     1,01.10", 

que  l'on  doit  considérer  comme  des  valeurs  fort  possibles,  tandis  que 

5,5i.io*"     et     *2,Gi.io*", 
1,84. lo^      et    0,87.10" 

sont,  au  contraire,  des  valeurs  très  invraisemblables. 


io54 


E.    WIKCHERT. 


Tableau  I. 
I.  —  L  =  94oe»,  h  =  S*^». 

DélerminattOQ  de  la  raideur  magnétique. 


Avant . . . 
Après  . . . 
Avant . . . 
Après  . , . 
Avant . . . 
Après  . . . 


J. 

^r 

«Fj* 

»&«• 

^3- 

S. 

•mp 
3,0 

cm 
—  14,5 

rm 

-+-6.4 

rm 

-Hl'-*t7 

cm 

o,3o 

278 

6,4 

~i3,5 

-+-5,o 

-hio,o 

o,4o 

281 

6,4 

— 13,5 

-1-5, 0 

-f-io,o 

o,3o 

374 

6,3 

— i4,o 

H-6,0 

-hl2,  1 

o,46 

349 

6,3 

—  14,0 

-1-6,0 

-hI2,  I 

0,40 

402 

6,3 

—  »5,9 

-h7,o 

-hi3,8 

0,47 

439 

Détermination 

du  premier  point  d' 

inversion   Uj. 

^. 

cm 

Position 21 

Observation  .  av.  Ui 

Position 21 

Observation  .  n.  av.  Ui 

Position // 

Observation  .  // 


cm 

3i 

i. 

3i 

av.  Ui 

32 

av.  L'i 


cm 


41 

arr.  Ui 

41 
arr.  Ut 

4a 
p.  arr.  Ui 


cm 
If 

5i 
n.  arr.  Ui 

52 

arr.  U  i 


3i 
36 

39 


II.  —  L  =  ii4o"^'»,  /i  =  S'^". 

Détermination  de  la  raideur  magnétique. 

omp  COI  cm  cm  cm 

Avant 4î9  — ï3,o  -h6,3  H-r2,5  o,4o  3a6 

Après 4,9  — '3,o  -1-6,8  -hi3,2  o,433  32G 

Avant 4,9  — '3,0  -f-(),8  -hi3,2  o,38  373 

Après ....  4i9  — ï'^M^  -1-6,8  h-i3,i  0,39  354 

Avant 6,5  —12, 5  -1-6,8  -i-i3,i  0,46  398 

Après 6,5  — 12, 5  -f-6,8  -f-i3,o  0,44  407 

Détermination  du  premier  point  d^invcrsion  U|. 

/.    ^^ 

cm  cm  cm  cm 

Position 24                34  44                     54  j 

Observation,  n.  av.  Ui  av.  Ui  arr.  Ui  n.  arr.  U|  ( 

Position -48                   38  48                       58  J 

Observation  .  n.  av.  \}\  av.  Ui  arr.  Ui  n.  arr.  Ui  ( 

Position 28                  38  48                      58  J 

Observation,  n.  av.  Ui  av.  L'i  i,                  arr.  U|  ( 

Abréviations  :  n.  av.  Up  notablement  en  avant  de  U,;  av.  Up  en  avant  de  U,; 


LA   XITESSE    ET   L4   DKVIATION    MAGNÉTIQUE   DES    RAYONS   CATHODIQUES.      foS5 

cruin  si  c'est  en  avant  ou  en  arrière  de  U,;  p.  arr.  Up  un  peu  en  arrière  de  U,; 
.,,  en  arrière  de  U,;  w.  arr.  U,,  notablement  en  arrière  de  U,. 
représente  le  premier  point  d'inversion. 


Tableau  II. 

I.  —  L  =  940*^"'. 

e 
m 

électrostatique,     électromagnétique. 

4,25.10*'  i,4i.io' 

3,80.10*7  I,'27.I07 

3,56.10*'  1,19.10' 


S. 

V 

a. 

K\) 

0,  i3< 

1 

1470 

i&i 

0,  i58 

1 
1  3  fo 

4>o 

0 , 1 60 

1 

1  2Â0 

'Vi(\ 

0,  i37 

M]  \ 

0 , 1  M 

4o3 

0,168 

II.  —  L  =  I  i4o 


cm 


—  3,78.10*'  i,jiG.io' 


1  :iUU 

1 
1  s»u 

1 

i29U 


3,73.10"  1,24.10' 

'  3,7J.io"  1,25. 10' 


SUR  LA  PRÉTENDUE  RÉPULSION 

DE  DEUX  FAISCEAUX  CATHODIQUES  PARALLÈLES, 

Par  E.  WIEDEMANN  et  H.  ÉBERT. 
Tradvit  d%  Falleouad  par  P.  MA8800US1. 


Annalen  der  Phytik  und  C hernie,  t.  XLVI,  1891,  p.  ). 


Dans  un  récent  Mémoire  publié  dans  les  Comptes  rendus  de  la 
Société  physico-médicale  d*Erlangen  nous  nous  sommes  occupés 
d'une  série  de  propriétés  des  rayons  cathodiques  (passage  à  travers 
des  feuilles  métalliques  minces,  réflexion  difluse,  dispersion)  et  avons 
étudié  leurs  caractères  surtout  au  point  de  vue  d'une  théorie  générale 
des  phénomènes  de  décharge  dans  les  gaz.  En  particulier  nous  avons 
été  conduits  à  examiner  de  plus  près  Fexpérience  faite  par  Crookes 
et  dont  il  a  déduit  que  «  deux  faisceaux  cathodiques  parallèles  et  de 
même  sens  se  repoussent  mutuellement  ». 

Crookes  se  servait  d'un  tube  portant  à  l'une  de  ses  extrémités  deux 
lames  a  et  b  (Jig.  i  )  légèrement  inclinées  sur  l'axe;  à  Taulre  extrc- 

Fig.  I. 


mité  se  trouvait  une  anode  et  devant  ael  b  était  dispose  un  écran  de 
mica  avec  deux  ouvertures  d  el  e;  derrière  cet  écran  et  parallèlement 
41  l'axe  du  tube  se  trouvait  une  autre  lame  de  mica,  recouverte  d'une 
substance  phosphorescente,  sur  laquelle  se  dessinaient  nettement  les 
faisceaux  cathodiques  émanés  de  d  ou  e.  En  employant  seulement  l'un 
des  plateaux  a  ou  b  comme  cathode  (*)  on  obtient  un  faisceau  de 


(')  Nous  avons  utilisé  comme  source  d'clectricitc  une  grande  machine  à  influence 
à  ■?.()  paires  de  plateaux,  avec  laquelle  les  plicnomènes  observés  présentent  une  fixité 
r-xiiuordiiiaire  el  dont  je  suis  redevable  à  la  Elisabeth  Thomson  Science-Fond 
M  Iu(iuellc  j'adresse  ici,  à  celte  occasion,  mes  meilleurs  remerclments. 


Stn  LA  PRÉTENDUE  RÉPULSION  DE  DEUX  RAYONà  CATHODIQUES.      Io57 

rayons  cathodiques  qui  coupe  Taxe  du  tube  à  peu  près  à  l'exlDémité 
de  récran.  Si  les  deux  plateaux  sont  reliés  simultanément  au  pôle 
négatif  de  la  source  d'électricité  les  deux  faisceaux  s'écartent  l'un  de 
l'aulre  :  ils  sont  encore  rectiligncs,  comme  précédemment,  mais  se 
propagent  parallèlement  à  l'axe  du  Uibe.  Tout  paraît  se  passer  comme 
si  les  deux  faisceaux  se  repoussaient,  (|uoiqu'il  soit  bien  étrange  qu'on 
n'observe  aucune  courbure  de  ces  faisceaux. 

jNous  avons  modifié  cet  appareil  en  ajoutant  au-dessus  de  l'ouver- 
ture d  un  petit  écran  de  mica  pouvant  tournerautour  d'une  charnière 
de  façon  à  fermer  l'ouverture  <^  ou  à  la  laisser  libre  suivant  Tinclinai- 
son  qu'on  donne  au  tube  en  l'agitant  convenablement.  En  ouvrant  d 
on  utilise  le  faisceau  cathodique  émis  par  a  et  l'on  peut  maintenant 
décider  si  la  déviation  observée  est  due  au  faisceau  lui-même  ou  à  sa 
source  dans  un  changement  des  conditions  à  la  cathode.  L'expérience 
montre  que  c'est  cette  dernière  supposition  qui  est  la  vraie. 

Si  l'on  prend  d'abord  b  seulement,  puis  b  el  a  comme  cathodes,  la 
déviation  du  faisceau  passant  par  e  se  produit  exactement  de  la  même 
façon  que  d  soit  ouvert  ou  fermé  (  '  ). 

La  déviation  observée  n'est  donc  pas  due  à  ce  que  les  faisceaux 
passant  par  ^/ et  e  se  repoussent  mutuellement,  mais  à  ce  que  l'émission 
des  rayons  par  une  cathode  se  fait  de  façon  différente  suivant  que  cette 
cathode  fonctionne  seule  ou  suivant  qu'une  autre  cathode  fonctionne 
simultanément  dans  le  voisinage. 

Ceci  s'accorde  avec  l'idée  déjà  exposée  ailleurs,  d'après  laquelle  la 
formation  des  rayons  cathodiques  est  précédée  de  mouvements  à  la 
cathode.  Le  phénomène  actuel  se  rattache  donc  étroitement  aux 
recherches  de  Goldstein  sur  les  phénomènes  de  déviation. 


(')  Les  rdyons  calhoJiqucs  passant  à  travers  les  oiivorlnrcs  de  récraii  produisent 
•«tu*  la  paroi  de  verre  en  face  de  la  calhodo  deux  taclicà  circulaires  vertes  qui  se  défor- 
ment aussi  dans  les  deux  cas  quand  on  prend  pour  cittiodes  d'abordé,  puis  b  et  a. 


f9*t 


S.  p.  67 


SUR  INE  KOLVEUE  SORTE  DE  RAYONS 

PRODUITS  PAR  LES  ÉTINCELLES  ET  LES  DÉCHARGES  ÉLECTRIQUES 

(RAYONS  DE  DÉCHARGE)  (»), 

Par  E.  WIEDEMANN. 

Traduit  de  l'allemand  par  P.  MASSOULIER. 


Zeitschrift  fur  Electrochemie.  t.  II,  1 895-1896,  p.  lôg. 

(Comptes  rendus  de  rAssembIce  générale  de  la  Société  ElectrocliiiDiq«e 

allemande  du  6-10  juin  1895  à  Francfort.) 


BeaiirC)u|)  de  substances,  soit  à  l'état  naturel,  soit  après  une  eici- 
lalion  préalable,  ont  la  propriété  d'émettre  de  la  lumière  quand  on 
les  rhauflV.  Elles  perdent  cette  propriété  dès  qu'on  les  a  chauffées 
une  fois,  mais  peuvent  l'acquérir  de  nouveau  quand  on  les  soumelà 
Tactiou  des  rajons  cathodiques,  quand  on  fait  éclater  des  ëlincelles 
dans  leur  voisinage,  ou,  pour  certains  corps,  quand  on  fait  agir  sur 
eux  de  la  lumière  de  longueur  d'onde  convenable.  Nous  nous  occu- 
perons seulement  de  l'excitation  par  les  étincelles  électriques. 

Toul  d'abord  il  s'agit  de  savoir  si  l'étincelle  agit  par  la  lumière  de 
pelite  (»u  de  grande  longueur  d'onde  qu'elle  émet,  ou  si  son  action 
doil  èlre  rapportée  à  d'autres  radiations,  analogues  aux  oscillations 
éleclricpies  ou  aux  rayons  cathodiques  et  que  nous  nommerons  rayons 
(le  (l('c/t(tr^(%  |)Our  ne  rien  présumer  sur  leur  nature  tout  à  fait  indé- 
terminée. La  production  de  radiations  analogues  aux  ravons  catho- 
dicpies  esl  Nraisemblable,  puisque  dans  l'étincelle,  comme  dans  la 
colonne  positive  lumineuse  des  tubes  à  décharges,  il  y  a  production 
de  rapides  oscillations  de  potentiel. 

Pour  savoir  si  l'étincelle  agit  |)ar  des  oscillations  électriques  ou  par 
sa   luinièn»,    et  dans   ce  cas   par  sa  lumière  ultra-violette,   il  suftira 


(  ')   In  Méiunire  (iéluille  sera  public  dans  les  Annalcn  sur  les  faits  qui   suivent  et 
ceux  {|ui  s'y  rattaclienl. 


SUR  UNE  NOUVELLE  SORTE  I)K  RAYONS.  IOj() 

interposer,  entre  rétincelle  et  la  substance  à  exciter,  une  lame 
l'un  diélectrique  transparent  pour  ces  oscillations,  mais  ne  laissant 
>as  passer  la  lumière  ultra-violette.  L'expérience  montre  que  Faction 
le  l'étincelle  est  alors  complèlement  supprimée,  de  sorte  que  l'eirct 
'st  dû  seulement  à  la  lumière  ultra-\iolette  ou  à  des  rciyons  de 
lêchars^e. 

On  pourra  décider  entre  ces  deux  cas,  directement,  sans  mesures 
on«^ues  et  plus  ou  moins  précises,  s'il  est  possible  de  trouver  un 
:orps  qui  soit  excité  par  l'action  directe  des  rayons  de  Fétincelle  et 
|ui  ne  le  soit  pas  par  la  lumière  ultra-violelle,  ni  par  les  radiations 
les  plus  réfrangibles,  comme  celles  qui  traversent  le  s|)atb. 

T/essai  des  substances  à  ce  point  de  vue  a  été  fait  de  la  façon  sui- 
vante :  on  les  étide  sur  une  plaque  de  cuivre  ou  une  lame  de  mica, 
on  les  cliaufl'e  jusqu'à  ce  qu'elles  n'émettent  plus  de  lumière  et  on 
les  recouvre,  mais  sur  une  moitié  seulement,  avec  \\\\i\  lame  de  (piarlz 
de  o"*"*,3  d'épaisseur  qui  est  alors  transparente  seulement  jusqu'à 
).=  180,  ou  avec  une  lame  de  s|)atb  qui  est  transparente  jus(pià)v=  100, 
*'est-à-dire  beaucoup  plus  loin  que  la  couclie  d'air  interposée  entre 
l'étincelle  et  la  substance  à  essayer.  On  fait  ensuite  éclater  les  étin- 
:elles  entre  deux  spbères,  pendant  assez  longtemps,  à  o/"«->{*^">  de  la 
uihstance  et  enfin  l'on  cliauffe  celle-ci  dans  l'obscurité.  D'après  les 
expériences  de  Schumann,  la  coucbe  d'air  de  2*^'"-4^'"  d'épaisseur 
absorbe  complèlement  l'ultra-\iolet  extrême.  La  plupart  des  sub- 
stances deviennent  lumineuses  aussi  bien  dans  les  régions  couvertes 
que  dans  celles  qui  ne  l'étaient  pas;  et  elles  sont  aussi  fortement 
excitées  par  la  lumière  ultra-violette. 

Au  contraire,  avec  une  durée  d'exposition  pas  trop  grande,  on 
obtient  une  opposition  bien  trancbée,  la  partie  recouverte  restant 
complètement  sombre  tandis  que  l'autre  devient  très  brillante,  avec 
CaSO*-f-:rMnSO%  GaC03-hxMnCO%  JNa^SO» -h  .rMnSO»,  la 
pbosphorite,  x  étant  une  petite  fraction. 

Ces  expériences  montrent  que  l'étincelle  fournit  des  radiations 
d'un  nouveau  genre  qui  ne  peuvent  pas  traverser  le  spatli  tout  en 
traversant  une  épaisseur  notable  d'air,  ce  (|ui  les  distingue  de  l'ultra- 
violet. 

Ces  radiations  nouvelles  se  produisent-elles  aussi  dans  les  décharges 
sous  basse  pression?  Pour  étudier  la  question  on  s'est  servi  de  larges 
tubes  à  décharges  avec  électrodes;  on  y  a  introduit  les  substances  indi- 
quées ci-dessus  à  l'état  de  poudre  partiellement  recouverte  d'une  lame 
de  spath.  Le  tube  ayant  été  évacué  on  y  a  fait  passer  la  décharge  pendant 


lObO  E.   WIEDEMANIV.    -—   SUR    L'NE   NOUVELLE   SORTE   DE    RAYONS. 

assez  longtemps,  puis  on  l'a  chaufTé  dans  l'obscurité.  Sous  le  spath  la 
poudre  reste  plus  ou  moins  sombre,  tandis  qu'elle  devient  brillante 
dans  les  autres  régions.  Ces  expériences  variées  de  mainte  façon  don- 
nèrent toujours  les  mêmes  résultats.  Ainsi,  même  dans  les  gaz  raré- 
fiés, les  décharges  électriques  fournissent  des  rayons  de  décharge. 

Comme  les  phénomènes  produits  par  ces  rayons  de  décharge  sont 
dans  certains  cas  assez  intenses  on  doit  les  faire  entrer  en  ligne  de 
compte  dans  le  calcul  de  l'edet  utile  des  tubes  à  décharges  au  point  de 
vue  des  ell'ets  lumineux. 

Ces  rayons  sont  quelque  peu  absorbés  par  l'air  et  d'autres  pro- 
priétés seront  exposées  plus  tard.  Je  n'ai  pas  encore  réussi  à  mettre 
en  évidence  une  action  du  champ  magnétique  ('). 

D'après  la  façon  dont  se  comportent  ces  rayons  vis-à-vis  des  sub- 
stances indiquées  plus  haut,  qui  sont  vivement  excitées  par  les  rayons 
cathodiques,  on  est  conduit  à  rapprocher  ces  deux  sortes  de  radia- 
tions. Le  fait  que  l'action  du  champ  magnétique  n'a  pas  pu  être  mise 
en  évidence  n'est  pas  très  important,  puisque  cette  action  est  très 
différente  sur  des  rayons  cathodiques  d'origine  différente  et  même 
sur  ceux  d'un  même  faisceau.  H.  Ebertet  moi  avons  désigné  sous  le 
nom  de  dispersion  des  rayons  cathodiques  ce  dédoublement  d'un 
faisceau  en  une  série  de  groupes  de  rayons  et  Lenard  a  montré  les 
mêmes  phénomènes  sur  les  rayons  cathodiques  qui  ont  traversé  une 
feuille  mince  d'aluminium. 

Pendant  une  longue  série  d'années  j'ai  amassé  ces  documents  qui 
m'ont  conduit  à  voir  dans  les  rayons  cathodiques  un  mouvement 
périodique  de  l'éther.  Je  les  ai  assimilés  à  des  rayons  ultra-violets 
extrêmes  et  cette  hypothèse  s'est  trouvée  étayée  par  des  découvertes 
postérieures  telles  que  la  dispersion  des  rayons  cathodiques  par  le 
champ  magnétique  agissant  pendant  leur  propagation  ou  au  moment 
de  leur  formation. 

Enfin  les  rayons  de  décharges  nous  montrent  encore  que,  même 
dans  des  phénomènes  souvent  observés  et  étudiés,  de  l'énergie,  par- 
fois en  quantité  notable,  peut  passer  inaperçue,  si  elle  se  présente 
sous  une  forme  nouvelle,  tant  qu'on  n'a  pas  trouvé  un  détecteur  con- 
venable pour  la  mettre  en  évidence. 

(')   Les  rcchcrclics  dans  celte  direction  ne  sont  pas  encore  terminées. 


RECHERCHES  SUR  LÀ  DÉCHARGE  ÉLECTRIQUE 

DANS  LES  GAZ  RARÉFIÉS, 


Par  VV.  WIEN. 

Extraits  traduits  de  l'allemand  par  P.  MASSOULIER. 


Annalen  der  Physik  itnd  C hernie,  t.  LXV,  1898,  p.  /j'jo  à  !li^. 


Aprrs  qu'il  eut  été  montré  que  les  rayons  cathodiques  transportent 

des  charj^es  né*j;ati\es,  il  nie  sembla  que  les  rayons  canaux  découverts 
par  Goldstein,  qui  se  propagent  en  arrière  d'une  calliode  j)ercée  et 
qui  ne  sont  pas  sensiblement  déviés  par  un  aimant  ordinaire,  devaient 
transporter  des  charges  positives.  Mais  ici  l'espace  dans  lequel  doivent 
se  faire  les  observations  ne  pourra  pas  être  complètement  séparé  du 
tube  à  décharges,  parce  que,  en  dépit  de  longs  elForls,  je  n'ai  pu 
trouver  aucune  substance  se  laissant  traverser  par  les  rayons  canaux. 

Lne  fine  toile  métallique  a  {Jig*  i)  fut  soudée   à  un  anneau   de 


l'ig.   1 


/ 


PêPoidêlêCêOf 


y 


laiton  en  communication  métallique  îivec  la  caisse  à  l'intérieur  de 
laquelle  eit  placé  le  tube  à  décharges.  A  travers  cette  caisse,  on  avait 
mastiqué  les  tubes  portant  l'électrode  c  et  l'anode  b.  Quand  on  prend 


loG>.  W.    WIEN. 

a  pour  cathode  et  b  pour  anode,  des  raj'ons  canaux  partent  de  la  toile 
nictallique  vers  c\  c'est  seulement  pour  des  vides  très  poussés  qu'ils 
sont  accompagnés  de  rayons  cathodiques.  La  charge  prise  par  celait 
toujours  positive,  même  aux  pressions  élevées,  alors  que  les  rayons 
canaux  n'étaient  pas  encore  devenus  visibles  et  avant  que  la  calhode 
présentât  la  plus  faible  lueur.  Au  cours  de  toutes  les  expériences,  le 
circuit  présentait  une  coupure  d'environ  2*^"*  afin  de  n'utiliser  que  les 
courants  d'un  seul  sens. 

Si  la  toile  a  est  recouverte  avec  du  papier,  du  mica  ou  un  métal, 
toute  trace  d'action  sur  c  disparaît  alors  que,  même  pour  des  \ides 
peu  poussés,  la  charge  accjuise  par  c  était  si  grande  que,  à  chaque  in- 
terruption de  la  bobine  d'induction,  la  tache  de  l'électromètre  quit- 
tait Téchelle. 

L'approche  d'un  aimant  du  trajet  des  rayons  canaux  ne  modifieras 
la  charge  de  c  tant  que  cet  aimant  n'agit  pas  sur  la  décharge  elle-mérae. 

En  introduisant  dans  le  tube,  entre  l'anode  et  la  toile,  une  deuxième 
plaque  percée  de  trous  que  l'on  prend  pour  cathode,  des  rayons  ca- 
naux, mélangés  de  rayons  cathodiques,  se  propagent  au-dessus  delà 
toile.  Pour  les  plus  fortes  pressions,  Faction  des  rayons  cathodiques 
était  prédominante,  de  sorte  que  l'on  obtenait  une  charge  négative, 
mais  l'approche  d'un  aimant  la  diminuait  beaucoup,  surtout  quand 
un  diaphragme  était  placé  sur  le  trajet  des  rayons  cathodiques.  Avec 
les  plus  faibles  pressions  on  n'obtenait  plus  de  rayons  cathodiques, 
(le  sorte  (|ue  la  charge  était  positive.  Entre  les  deux  extrêmes,  on  ob- 
trnuil  un  certain  degré  de  vide  pour  lequel  la  charge  acquise  était 
iH'galivt»,  l'action  des  rayons  cathodiques  étant  prédominante,  mais 
d(*\cnail  positive  par  l'approche  d'un  aimant  qui  rejetait  de  côté  le 
faisceau  cathodique. 

Ici  encore  toute  action  sur  c  disparaît  quand  on  interpose  une  lame 
de  mica.  Je  n'ai  pas  pu  constater  de  relation  entre  la  charge  de  cet 
rjin^le  (rincidence  des  rayons  canaux,  ce  qui  n'est  pas  étonnant  étant 
«Innnt'c  la  propagation  dilfuse  de  ces  rayons. 

Jusqu'ici  on  n'avait  pas  observé  de  déviation  des  rayons  canaux 
Hiuis  l'action  d'un  champ  électromagnétique  ou  électrostatique.  Main- 
Irnjml  «piil  t^sl  démontré  <pic  ces  rayons  transportent  des  charges  ^0- 
olixt's.  on  peut  penser  que  ces  déviations  doivent  se  produire  et 
iih'iiH'  qu't'lh*>  «loivcnl  cire  de  sens  contraire  à  celles  que  subi>sent 

It'N  r.lN  nus  (  ;itllO(li(pirs. 

J'.ii  pu  ubstiNcr  facilement  la  dé\ialion  électrostaticpie  :  un  trou  de 
'"""  dr  diamèl rc  ayant  clc  percé  dans  une  plaque  métallique,  un  tube 


RECKKHCHES  SIH   la  UtClURGE   ELKCTBtQUIt  DANS  1 


de  verre  fut  mastiqué  sur  chacune  des  faces  ilc  la  laine.  Dtius  l'un,  b 
(fig.  a),  une  dnocie  fut  fixée  par  fusion;  dans  l'autre,  c,  deux  élcc- 


% 

Irodes  de  5''"'  de  long,  o"",5  de  large  furenl  fixées  en  face  l'une  de 
l'iuilrc  à  i"",  7  de  distance.  Le  lube  fui  alors  disposé  dans  la  caisse  de 
iiiic,  et  la  luine  métallique,  réunie  à  cette  caisse,  fut  prise  comme 
Cathode.  Avec  uu  tube  pas  trop  évacué  un  petit  faisceau  de  mjons 
canaux  émane  du  truu  el  va  produire  sur  le  fond  du  tuhc,  éloigné 
if'environ  if'",  une  taclie  de  couleur  vert  argenté  bien  connue. 

Le  faisceau,  passant  entre  les  électrodes  et  à  égale  distance  de  l'une 
et  de  l'autre,  est  dévié  dès  que  ces  électrodes  sont  reliées  à  une  lial- 
terie  d'accumulateurs  à  haute  tension  :  pour  une  dillérenre  de  poten- 
tiel de  2000  volts  le  déplacement  de  lu  tache  atteint  (»"""  et  les  rayons 
se  rapprochent  de  l'électrode  uégatne.  (^uand  le  vide  est  poussé 
assez  loin,  ce  phénomène  ne  se  laisse  jilus  observer  que  (lendant  un 
tenqis  très  court  :  tant  que  le  ehamji  électrostatique  peut  être  main- 
tenu entre  les  éleclrodcs,  car  le  petit  faisceau  de  rayons  canaux  aug- 
mente rapidement  la  conductibilité  du  gaz  à  un  point  tel  que  le  cou- 
r.int  des  accumulateurs  peut  passer. 

Ln  déviation  magnétique  des  rayons  canaux  fut  moins  facile  à 
metti'e  en  évidence  :  les  champs  intenses  que  fournit  un  éleetro- 
uimant  de  Ruhmkorfl'  agissent  si  éuergiquement  sur  la  décharge  elle- 
même  rprune  observation  correcte  de^ient  impossible;  et  il  est  éga- 
lement impossible  d'obtenir  uu  long  faisceau  de  rayons  canaux,  ce 
qui  permettrait  de  leur  ajqiliquer  le  champ  à  quelque  distance  de  lu 
décharge.  A  la  vérité,  j'ai  pu  observer  la  déviation  des  rayons  canaux 
sur  iiit  faisceau  bien  limite,  avec  un  fort  aimant  ordinaire  en  fer  à 
cheval;  mais  elle  est  truj)  faible  pour  permettre  des  mesures,  et  c'est 
avec  le  dispositif  suivant  que  je  suis  arrivé  à  réaliser  ces  dernières. 
L'électro-aimant  de  Ilulimkoi'lf  est  muni  de  pièces  polaires  dont  les 


lod4  W.   WIC3C.    —    AEaiERClIKS   SUR   I.A    I»ÊC1IARGE   KLKCTRIQL'E,    ETC. 

faces  termîaales  ont  5*^"  de  lonj;:  el  ti*"  de  large.  Les  lubes  de  •^'^■,3 
de  diamètre  sonl  placés  enlre  les  pôles  de  lelle  sorte  que  les  li{;nc>  de 
force  magnétique^  soient  perpendiculaires  aux  lig^ies  de  ferre  t*lcc- 
triques  qui  naitn)nt  entre  Iè>  électrodes  du  tube  c.  Les  deux  lul>cs  b 
et  c  déjà  décrits  a\ aient  été  mastiqués  sur  une  lame  de  fer  de  1 1*""  Je 
diamr'tre  el  2*'",5  d'épaisseur  [>ercée  d'un  trou  de  2"*"*  de  diamètre. 

Cette  lame  de  fer  est  solidement  assujettie  enlre  le^  pôles  île  l'élec- 
tx\>-aîmaDl  el,  immédiatement  au-dessous  d'elle,  le  tube  h  est  enve- 
loppa d'un  CTlîndre  de  fer  dont  la  paroi  a  2*''",5  d'épaisseur.  De  celle 
CftOt*!!.  les  forces  magnétiques  agissant  sur  b  sonl  considc-rahieinenl 
«ffAÎl<J>e?^:  leor  întensîté  peut,  d'ailleurs,  être  estimée  au  iiioven  de  hi 
•âcnùlk<B  ^mt  subissent  les  raT.>as  cathodiques  quand  on  prend  V 
|i(»iir  hisi^it  ift  'i  ^ymr  cftlh«^ie.  a  êlaDl  relié  au  sol. 

JTiL  ChtL*ic^i  Dtt  m*  oovàîiKT*?-  qje  les  ravons  canaux  qui  se  pro- 
]uu?t!i£  ^ït  .*  a&î  "îiîsU  Ç4I-!'  iiiÛ3<ii»>rs  quand,  après  avoir  enlevé  le  cv- 
Juicr-*  fii  !>ir.  laéut  licûr  em  h,  au  moven  d'un  aimant  ordinaire,  un 
-riiuiiu  i«i  3I•MII:^  iii.s?4  zmlftus^  que  celui  qui  y  persiste  (piand  on  fait 
«•ut-Miiuiier  *  îî**T*jr>--èùiiiâiil.  k  cTlindre  de  fer  étant  remis  eu  place. 

^:     ▼riiiitrr    tr-  rV?r  r-ttiiit  en  pLice,  on  observa  une  dé\iation  des 

•  \.»ii^-  -.uiiÉii^  «tu  reniant  réi<ectro-aimant.  Celle  déviation  allei|;nail 

•     "   ••    -iait   If  --'ît- oatnun?  à  celle  que  subissent  les  rayons  callio- 

.'•iuf^    Le    -îiam:»   uiii:rii''tique,  mesuré  avec  un  galvanomètre  bili- 

.1.,-    u   'Sfu:;,»*'*.  V  liiâit   >j>*>C-ti   S.   Lu  dé\iation   |)ar  le  champ  nia- 

^  ••:*iur.    iu>^    jifîi    pie  p.ir  le  champ  élorlroslalique,    iii(»ntre  que 

^     iv..ii>  jiuauv  ^luC  ot»n>tttués  par  un  mélange  de  radiations  dilié- 

.  ^  i».iuiurtî>  Hiune^  «:i-4ie>su>  permettent  de  calculer  que  la\ites>e 
;•  -    .tvi  a>   '.ui  '«x  '•<!  Kt>  X  10'  cm-sec  el  que  le  rapport  de  la  masse 


SUR 

L4  POSSIBILITÉ  DTN  FONDEMENT  ÉLECTROMAGNÉTIQUE 

DE  LA  MÉCANIQUE, 

Par  W.  WIEN. 

Traduit  de  l'allemand  par  P.  LANGEVIN. 


Archives  néerlandaises,  2*  série,  t.  V,  p.  96. 


M.  H. -A.  Lorenlz  a  cherché  récemment  (*)  à  expliquer  les  phéao- 
inènes  de  gravitation  par  des  attractions  électrostatiques  entre  les 
ions  ou  électrons  dont  Tagglomération  constitue  la  matière.  Il  fait 
<lans  ce  but  l'hypothèse  que  Tattraction  entre  les  électricités  de  noms 
contraires  est  plus  grande  que  la  répulsion  entre  les  électricités  de 
même  nom.  Ceci  m'amène  à  publier  sur  le  même  sujet  des  réHexions 
déjà  anciennes  qui  m'ont  conduit  plus  loin  que  le  point  de  vue  de 
Lorentz. 

C'est  sans  aucun  doute  un  des  problèmes  les  plus  importants  de  la 
Physique  théorique  que  de  réunir  les  deux  domaines,  tout  d'abord 
complètement  distincts,  de  la  Mécanique  et  de  rÉIectromagnétisme, 
et  de  déduire  d'une  origine  commune  leurs  deux  systèmes  d'équations 
différentielles.  Maxwell  et  Thomson,  puis  Boltzmann  et  Hertz  ont 
suivi  la  voie  qui  certainement  semblait  la  plus  naturelle  :  prendre  la 
Mécanique  pour  base  et  en  déduire  les  équations  de  Maxwell;  les 
analogies  nombreuses  qui  existent  entre  rÉIectricité,  d'une  part,  et 
l'Hydrodynamique  ou  l'Elasticité,  d'autre  part,  étaient  autant  d'indi- 
cations dans  ce  sens.  La  Mécanique  de  Hertz  me  paraît  avoir  été 
conçue  dans  tout  son  ensemble  pour  interpréter  non  seulement  les 
faits  mécaniques,  mais  encore  l'Electromagnétisme.  On  sait  d'ailleurs 
que  Maxwell  lui-même  a  démontré  la  possibilité  d'une  représentation 
mécanique  de  son  Electrodynamique. 

(*)  Amst,  Proceedings,  t.  II,  1900,  p.  559. 


I066  W.   WIBN. 

Ces  recherches  ont  le  1res  grand  mérite  d'avoir  montré  Tanalogie 
profonde  qui  existe  entre  les  deux  domaines  et  rendu  certain  que 
leur  séparation  actuelle  n'est  pas  dans  la  nature  des  choses.  Il  me 
semble  cependant  résulter  clairement  des  considérations  suivantes 
que  le  système  de  notre  Mécanique  actuelle  n'est  pas  en  mesure  de 
nous  fournir  une  représentation  de  rËleclromagnétisme. 

Il  est  impossible  de  considérer  les  modèles  mécaniques  compliqués, 
construits  à  l'image  des  machines  techniques  les  plus  spéciales, 
comme  fournissant  une  représentation  satisfaisante  et  définitive  pour 
la  structure  intérieure  de  l'éther. 

Nous  n'examinerons  pas  si  la  Mécanique  de  Hertz,  dont  la  struc- 
ture est  en  effet  particulièrement  bien  adaptée  à  la  représentation  de 
relations  cinétiques  très  générales,  fournit  de  meilleurs  résultats. 
Elle  n'a  permis  jusqu'ici,  en  dehors  de  la  Mécanique,  de  représenter 
aucun  des  phénomènes  les  plus  simples. 

Il  me  semble  beaucoup  plus  fécond,  pour  l'avenir  des  recherches 
théoriques,  de  suivre  la  marche  inverse  en  considérant  les  équations 
fondamentales  de  l'Electromagnétisme  comme  les  plus  générales, 
pour  en  déduire  ensuite  celles  de  la  Mécanique. 

V  la  base  se  trouveraient  les  notions  fondamentales  de  polarisation 
électrique  et  magnétique  dans  l'éther  libre,  reliées  entre  elles  par 
les  équations  différentielles  de  Maxwell,  sans  que  ce  soit  ici  le  lieu 
de  discuter  la  manière  dont  ces  équations  peuvent  être  déduites  le 
plus  simplement  possible  des  faits  expérimentaux. 

Désignant  par  X,  Y,  Z,  L,  M,  N  les  composantes  des  champs 
électrique  et  magnétique,  par  A  l'inverse  de  la  vitesse  de  la  lumière, 
et  par  x.  y,  z  des  coordonnées  rectangulaires,  nous  avons 

Ot         Oz         dy  '    Ot    ~  dy        dz  ' 

,      ,  OY        dN        à\.  ,  JM        d\        dZ 

(  I  )  /      A       -  =  -.  — —  ,  A =  -— -—  » 

ot        ox         oz  ôt         oz        ox 

()Z_(>L_f>M  v—  -  —  —  — 

dt  ày  Ox  '     ôt  dx         dy 

Les  quantités  d'électricité  et  de  magnétisme  s'introduisent  comme 
constantes  d'intégration  quand  nous  ajoutons  les  équations  (i)  après 
dilVércntiation  par  rapport  à  x,  y,  z  respectivement.  Il  vient 

ôt  \ôx  ~^  ôy  "^  ifz)  "  '''  ôi  \0x  ~^  ôy  '^  ôz  )  "  '^' 


LA   POSSIBILITÉ   D'uN   FONDEIIKNT  ÉLECTROIIAGNËTIQUE   DE   L\   MÉCANIQUE.      I067 

Donc 

d\       d\       âZ  ,    ,  dL       dy[       dN 

où  s  6t  m  sont  des  quantités  indépendantes  du  temps. 

X      Y      Z 

Si  l'on  multiplie  la  première  série  des  équations  (i)  par  j—»  —  »  —  » 

la  deuxième  série  par  —,  —y  —  et  si  l'on  intègre,  après  addition, 

dans  un  espace  fermé  dont  l'élément  de  surface  et  l'élément  de  nor- 
male extérieure  sont  dS  et  dn^  on  obtient  la  relation 

c^)  \  r  r 

=  /  /  [(^^  — ZM)cos(j:,/i)-+-(ZL   -\^)cos(^,/i) 

-+-(XM  — YL)cos(z,  n)\dS. 

Si  X,  Y,  Z  ou  L,  M,  N  s'annulent  sur  la  surface,  on  obtient 
(4)         -^   Cl  f{^'-^  Y»H-Z*-hL2-f-M»-+-N*)rfxd[;^^5  =  const. 

L'expression  située  dans  le  premier  membre,  étendue  à  un  volume 
suffisamment  grand,  demeure  constante  et  représente  ce  que  nous 
appellerons  V énergie  électromagnétique. 

Faisons  maintenant  l'hypothèse  que  les  phénomènes  mécaniques 
sont  d'origine  électromagnétique  et  peuvent  se  déduire  des  relations 
précédentes. 

Nous  admettrons  d'abord  dans  ce  but  que  le  substratum  ordinai- 
rement nommé  matière  se  compose  de  particules  électrisées  positi- 
vement et  négativement,  chaque  particule  étant  simplement  conçue 
comme  un  centre  de  convergence  de  lignes  de  force  électriques. 

Nous  devons  cependant  admettre  pour  une  semblable  particule, 
ou  centre  électrisé,  une  extension  finie,  sans  quoi  l'énergie  de  son 
champ  électrique  serait  infiniment  grande  par  rapport  à  sa  charge. 
C^mme  toute  matière  doit  être  formée  de  semblables  particules,  nous 
devons  les  supposer  assez  petites  pour  qu'un  atome  puisse  en  con- 
tenir un  nombre  entier.  Le  centre  positif  doit  être  considéré  comme 
séparé  du  négatif  par  une  certaine  distance,  très  petite  d'ailleurs. 

C'est  une  hypothèse  que  tous  les  physiciens  sont  actuellement  dis- 
posés à  admettre,  que  la  matière  soit  constituée  de  semblables  dipols. 
On  a  cependant  jusqu'ici  admis  l'existence  de  substance  pondérable 
indépendante,  que  nous  identifierons  avec  les  centres  électrisés. 


io68  yy-  wiKN. 

La  conception  précédente  revient  à  admettre  une  structure  ato- 
mique pour  Télectricité  comme  pour  la  matière,  qui  deviennent  sjno- 
nymes. 

  l'exemple  de  Lorentz,  nous  supposerons  Téther  immobile.  Les 
centres  électrisés  peuvent  seuls  subir  des  déplacements,  tandis  qu  ua 
mouvement  de  Téther  n'aurait  aucun  sens  pour  nous. 

Toutes  les  forces  sont  envisagées,  à  la  manière  de  Maxwell, comme 
résultant  de  tensions  dans  l'étber,  bien  que  cette  notion  empruntée! 
l'Élasticité  n'ait  plus  guère  de  sens  ici. 

Aux  faibles  vitesses,  il  s'exerce  entre  les  particules  électrisées  prin- 
cipalement des  actions  électrostatiques. 

Nous  réserverons  tout  d'abord  la  question  de  savoir  si  les  forco 
moléculaires  peuvent  se  ramener  à  de  semblables  actions.  Cependant 
il  est  clair  que  l'on  peut  obtenir  des  phénomènes  complexes  au  mojen 
de  groupements  divers  de  particules  positives  et  négatives  placées  i 
des  distances  convenables.  Cette  hypothèse  permet  de  réduire  les 
difficultés  que  soulève  l'expérience  interférentielle  de  Michelson 
contre  la  théorie  d'un  éther  immobile. 

M.  H.-A.  Lorentz  a  montré  (*)  que,  si  les  forces  moléculaires  sont 
uniquement  électrostatiques,  les  dimensions  des  corps  parallèles  an 
mouvement  d'entraînement  de  la  Terre,  de  vitesse  Vj  sont  diminaées 

dans  le  rapport  ^i  —  A^i'*. 

Le  résultat  de  Michelson  s'explique  par  là  si  l'on  néglige  l'agitation 
moléculaire.  Des  considérations  de  théorie  cinétique  montreront 
probablement  dans  quelles  limites  ceci  est  légitime. 

Pour  expliquer  la  gravitation,  il  nous  faut,  comme  l'a  montré  Lo- 
rentz, supposer  des  champs  électriques  de  deux  sortes.  Chacun  d'eux 
satisfait  aux  équations  de  Maxwell  ;  de  plus,  dans  un  champ  statique, 
on  a 

\=-%         Y=-?,         Z=-^, 
ox  Oy  dz 

et  l'énergie  a  pour  valeur 


(  '  )   lersuch,  einer  Théorie ,  etc.  Le i don,  l^<y^. 


LA    POSSIBILITÉ    D'iN   KONDKMEXT    KLECTROMAGNÉTIQl  K   DE    LA    MÉCANIQUE.       I0C9 

SI  :5  OU  -7^  S'annulent  sur  la  surface,  l'cnerme  devient 
•         an  ^ 

D'ailleurs,  on  a,  d'après  (2), 
et  l'intégrale  précédente  prend  la  forme 

Si  deux  quantités  de  même  signe  se  trouvent  à  la  distance  /•, 

e  =  Ç  dx  dy  dz^ 
e'  =  Ç'  dx'  dy  dz\ 

l'énergie  est 

(5)  £1  =_/"'££:,/.. 

Cette  énergie  est  fournie  par  le  travail  effectué  contre  une  force  ré- 
pulsive de  grandeur 

f.e' 


r» 


l-.'action  entre  deux  centres  électrisés  se  trouve  ainsi  définie,  et 
celte  loi  doit  se  retrouver  pour  les  deux  sortes  de  champs.  L'hj-po- 
ihèse  de  Lorentz  est  que,  dans  l'action  mutuelle  des  centres  élec- 
trisés, positifs  et  négatifs,  la  force  attractive  est  supérieure  dans  ur 
I apport  déterminé  à  la  force  répulsive  entre  des  centres  de  même 
signe.  Pour  des  distances  considérables,  les  dipols  agissent  comme  si 
les  centres  positif  et  négatif  qui  les  constituent  se  trouvaient  au  même 
point.  Il  en  résulte  dans  l'action  totale  sur  un  second  dipol  un  excès 
d'attraction. 

Cette  explication  de  la  gravitation  a  pour  conséquence  immédiate 
que  ses  perturbations  se  propagent  avec  la  vitesse  de  la  lumière  et  que 
son  intensité  elle-même  dépend  du  mouvement  des  corps  qui  s'at- 
tirent. Lorentz  a  cherché  si  ces  modifications  aux  lois  de  la  gravita- 
tion peuvent  expliquer  les  anomalies  du  mouvement  de  Mercure  et  a 
obtenu   un  résultat  négatif.  Quelques  astronomes  ont  cru  pouvoir 


lOJO  W.    WIEN. 

admettre  que  la  gravitation  se  propage  avec  une  vites<»e  supérieure  à 
celle  de  la  lumière:  cependant  il  semble  que  Ton  ne  pourrait  at- 
teindre expérimentalement  une  vitesse  de  propagation  que  si  Tinlen- 
sité  de  la  gravitation  augmentait  ou  diminuait  au  lieu  de  rester  con- 
stante, et  si  l'on  observait  la  propagation  des  perturbations  ainsi 
produites.  L'intensité  restant  en  réalité  constante,  il  ne  peut  être 
question  que  des  perturbations  dues  au  mouvement  des  corps  qui 
s'attirent,  et  Lorentz  a  montré  qu'elles  doivent  être  extrêmement 
petites,  du  second  ordre  en  fonction  de  la  vitesse. 

L'inertie  de  la  matière  qui  fournit,  à  côté  de  la  gravitation,  une 
deuxième  définition  indépendante  de  la  masse  se  laisse  représenter 
sans  hypothèse  nouvelle  par  la  conception  souvent  utilisée  de  l'inertie 
électromagnétique. 

Nous  nous  représentons  la  charge  élémentaire  comme  un  point 
électrisé.  Les  champs  électrique  et  magnétique  produits  par  un  sem- 
blable point  en  mouvement  ont  été  étudiés  par  Heaviside  ('  ).  Comme 
des  centres  électrisés  positif  et  négatif  se  meuvent  toujours  ensemble 
dans  la  matière  ordinaire,  les  champs  produits  s'annulent  à  une  dis- 
tance grande  par  rapport  à  celle  des  centres  électrisés,  à  l'exception 
de  la  gravitation.  Nous  supposerons  dans  ce  qui  suit  les  dimensions 
de  ces  centres  assez  petites  pour  que  l'énergie  de  l'un  d'eux  soit  la 
même  que  si  les  centres  voisins  n'existaient  pas. 

D'après  un  calcul  de  Searle  (^)  les  champs  électrique  et  magné- 
tique produits  par  le  centre  électrisé  sont  les  mêmes  que  ceux  d'un 
ellipsoïde  se  mouvant  avec  la  vitesse  v  dans  la  direction  d'un  axe  de 

longueur  a,   les  autres   axes  étant  égaux  à  -  et  la   charge 

électrique  étant  celle  du  centre.  Le  rapport  des  axes  dépend  par 
suite  de  la  vitesse. 

L'énergie  d'un  semblable  ellipsoïde  est,  d'après  Searle, 


I  -+-  -  A*  fï 


Le  même  ellipsoïde  a,  au  repos,  l'énergie 


(c  = ; arcsinAi^. 

•xa         A  p 


(  *  )  Eleclrical  Paper  s  ^  Vol.  II. 

(')  SearlE;  PhiL  Mag.y  t.  XLIV,  1897,  P*  ^^o* 


LA  POSSIBILITÉ   d'uN   FONDEMENT  ÉLECTROMAGNÉTIQUE   DE   LA  MÉCANIQUE.      I07I 

D'où,  en  éliminant  a,  la  relation  entre  les  énergies 


E  =  € 


Av(i-+-  i  A^t»*^ 


arc  sin  Aw  x  /i  —  A*t'* 
ou,  après  développement  en  série, 

L'accroissement  d'énergie  dû  au  mouvement  est  donc  en  première 
approximation 

-  A'€c*  =  -  mv^, 

d'où,  pour  la  masse  déduite  de  l'inertie, 

m=z  |€A». 

On  voit  que  l'inertie  définie  de  cette  manière  n'est  constante  qu'aux 
faibles  vitesses  et  doit  augmenter  pour  des  vitesses  plus  grandes. 
Comme  l'inertie  totale  d'un  corps  est  proportionnelle  au  nombre  des 
centres  électrisés  qui  le  composent,  en  même  temps  que  sa  masse  de 
gravitation,  il  en  résulte  la  proportionnalité  expérimentale  entre 
la  masse  définie  par  l'inertie  et  la  masse  définie  par  la  gravitation. 

Supposons  qu'un  corps  de  masse  ^CA^  soit  attiré  jusqu'à  la  dis- 
tance r  par  une  masse  M;  la  diminution  d'énergie  électromagnétique 
de  gravitation  est 


£^CA«M 


où  e  est  la  constante  de  gravitation.  Cette  énergie  est  transformée  en 
énergie  cinétique  sous  la  vitesse  (^  ;  on  a  donc 


r€A«M 


î«A»P«/'i-h4AH-»-+-...^  =£^ ; 


dr 
ou,  comme  ^=-77» 

al 


■  im'-n'-vs-im-- 


Sj  î*>  uittH^f^  If  -«n  m  -t'idljnLHai:  «unnic  a  jii   iif  W«fSMs-  «  «unit 


f     ^    -  "         -.£ 


Elle  t'^MtTCïori^  as  CaNt4««r  -r  f«v»  «i<ir  TéfmMtma.     i  .  Ejl  teiuift 


lai  loi  d^r  Xfr«V^a  ^rtsil  mupljK:)^  }«r  oeAe  Jk-  W^ksr. 

On  sifjt  d'^ill^tir^  qa^-  L»  loi  df*  W^^mt  |<«^  Âuiss'  iim*  'rtïftuje 

n«îv^2i  |/|y*  yf*r^.i^  *rl  rapplicjilîon  d*  cieUe  k«  a  ie*  -ijrfjî?"  .:•■!#*<«?<  <» 
ffioui^ffjfriit  mpiJfr  ri'^a^  «rf^odiiira^-Dt  â  oa^  j«stiifl^:*ASb.a  •fs^vtrjmffa.cil^ 
de  xjo-^  liv}y>tii«r-^^.  Il  fiiu «irait  c^'penduil  intr>:«i«ïr«f  -râncrns  Cifrm<^ 
du  Mrcoad  onlf*-  fw>ur  ti&nir  f:ontfA*:àf  Lt  eovuiAnF  if  s  cr*î*fi:C'Lr»î>.rt 
c>rfipl«rt/'r  ;«inrî  n^/^  f^kul*  pour  !<-  c^?  d'an  Ci>rT'f?-  3i«x:Lrf  siivuiuone 
Ofïfiit:  «rllipti/|'je. 

I^r^  ravon*  cathodique?  ^eul*  nous  pn^ntent  nn  ^*=-  ij^t?  I^ja<l  k 
c-iiTr  du  rapf/'irt  d^r  la  %ite*se  à  relie  de  la  lusaièr^  a'»^"?*  pa.*  on* 
quantité  In":»  petite.   \a:s  rav'»n*  le*  plus  rj|:4de>  -^fet^a-T^  -ii'^iuici 

attei;£rierit  le  lier-*  d#-   la  \île*ïe  -;   raccroîssement  Arpa-->:a:  Je  U 

ffia«r#r   *'^-rail   environ    j   pt^ur   i«>o:  la   \ile>>e  L  i  Iu>  :Vlr  :-f  e>l  yj 

<i*r  -  <  •   .  et  raccrois^efiienl  rorre*|j«jDdanl  de  la  ma?>?e  o..:  -  f«>ur  kk). 


•y  P.  Lf,>Aî{:/,  lf'i>/i.  Zf^r-.  octobre  i*/>. 


U  POSSIBILITE    u'tN    FONUKUKNT   ÉLËCTROUAGiN'ÉTlQt'E   DK  LA   MÉCAMgl  i:.       107'i 

L'accroissement  du  rapport  de  la  masse  à  la  charge  pour  les  rayons 
cathodiques  de  grande  vitesse  est  contenu  dans  le  résultat  des  expé- 
riences de  Lenard  (*).  Cependant  les  variations  observées  par  Lenard 
sont  trop  grandes  pour  s'expliquer  seulement  par  la  variation  d'inerli<î 
éleclroniagnctique,  de  sorte  que  ses  mesures  ne  peuvent  pas  élrc 
considérées  comme  définitives. 

En  nous  limitant  au  cas  des  faibles  vitesses  nous  obtenons  pour 
raccroissement  d'énerj^ie  électromagnétique  produit  par  le  mou- 
vement la  même  expression  que  donne  la  Mécanique  pour  la  force 
vi\e.  La  grandeur  de  l'accélération  ne  s'en  laisse  cependant  pas  immé- 
diatement déduire. 

L'accélération  consiste  en  un  changement  de  la  vitesse,  tandis  que 
Tcxpression  pour  l'énergie  électromagnétique  a  été  obtenue  en  sup- 
posant la  vitesse  constante,  et  le  problème  du  mouvement  variable 
d'un  centre  électrisé  ne  peut  pas  être  considéré  actuellement  comme 
résolu . 

Nous  pouvons  cependant  déduire  des  équations  de  Maxwell  une 
évaluation  de  Terreur  commise  en  utilisant  l'expression  obtenue  pour 
l'énergie  même  dans  le  cas  d'une  vitesse  variable. 

Les  champs  électrique  et  magnétique  ont  pour  expressions,  si  le 
mouvement  a  lieu  dans  la  direction  de  l'axe  des  x, 


OV  ^      àU  „       OU 

-—  »  1   =  -T—  y  A  =  — - 


X=(i  — A»y*)-^,  Y  =  -^,  Z  = 


M  =  —  A  f  — ,  i>  =  A  p  - — ,  L  =  o  ; 

a\ec 

le  système  des  axes  coordonnés  est  supposé  ici  lié  au  centre  électrisé 
mobile. 

Ces  expressions  satisfont  aux  équations  de  Maxwell  si  Ton  rem- 
place —  par  —  i^-r->  et  conduisent  à  la  relation 
■  c^/  »  Ox 

(  I  —  A*  i'*  )  ^--  H ! — — r  =  o. 

^  ^  ôx'i         Oy^         i)z^ 

Si  V  dépend  de  ^,  nous  avons 

JL  —  ^       .A 
Tt  "^  dt  ~~  ^  lix' 

(•)   IVied.  Annaien,  t.  LXIV,  iK()8,  p.  287. 

S.  P.  (i8 


1074  ^-    WIEN. 

Pour  que  noire  \aleur  de  X  puisse  encore  être  utilisée,  il  faut  que 


Or 


—T-     soit  petit  par  rapport  à     ^-t— 


-r-  =  -: — r  t(i  —  A»i»«); 


donc  on  doit  avoir 


ou 


d  \d\j  ^        ^,  •  1  <>*U. 

-7- I  —  (i  —  A'v*)!      petit  par  rapport  a     ^-pfC'  —  A*p') 

A*jr  -y     petit  par  rapport  a     i  —  A*p*. 
De  la  même  manière,  les  expressions  de  Y,  Z,  M,  N  exigent  que 

soit  peûl  par  rapport  à  3r-(i  —  A*r*)j:. 

Cette  condition  est  remplie  quand  les  dimensions  de  l'espace  où 
IVneffpe  électromagnétique  prend  une  valeur  notable  autour  du 
c^ttlr^  >ool  suflisamment  petites,  car  les  termes  à  négliger  con- 
li^ftDenl  tous  les  dimensions  linéaires  à  une  puissance  plus  élevée 

que  ceux  auxquels  on  les  compare.  De  plus  ---  ne  doit  pas  être  trop 

g^mud  ai  **  trop  petit. 

Ouaud  ces  conditions  sont  remplies,  nous  pouvons  écrire  pour  le 
ch jugement  dVuergie 

<i  / 1        /\  <'*'       1/  ^''  j,  dr  d^  r 

dt  \  j         /  dt  dt  dt    de* 

vKà  K  ivprésente  la  force  électrique.  Nous  obtenons  de  celle  manière 
le  pix'mier  et  le  deuxième  des  axiomes  de  Newton. 

Hu  effet,  lorsque  aucune  force  extérieure  n'existe,  la  loi  d'inertie 
devieut  la  loi  de  conservation  de  l'énergie  électromagnétique  el,  dans 
le  cas  eoutraire,  le  deuxième  axiome  de  Newton  exprime  que  le  tra- 
vail fourni  par  la  force  pendant  le  temps  dt  est  égal  à  l'accroissement 
ioire^pi>iulaut  de  Téuergie  électromagnétique. 

Le  IroiNièuie  axiome  de  Newton,  celui  de  l'égalité  de  raclion  el 
de  lu  ivaeliou»  s'applique  à  toutes  les  forces  électrostatiques  enlrc 
eeulre>  éleelrisés.  Les  forces  mécaniques  doivent,  à  notre  point  de 
\ue,  èlre  Kleulitîées  avec  de  semblables  forces. 


U   l>OSSIBILITE    U  tN    FONDEMENT   ELECTROMAGNETIQUE    DE   LA   MECANIQUE.       IO73 

L'hypothèse  d'un  élher  immobile  nous  emptVhe  de  retrouver 
l'axiome  pour  les  forces  électromagnétiques  en  général. 

La  loi  du  parallélogramme  des  forces  esl  contenue  dans  ce  qui 
précède  puisqu'elle  est  valable  pour  les  champs  électriques  et  pour 
les  forces  exercées  entre  deux  centres  électrisés. 

Kn  toute  rigueur,  notre  point  de  vue  ne  nous  permet  pas  d'intro- 
luire  des  liaisons  rigides  entre  des  systèmes  de  particules  électrisées. 
Il  n'intervient  que  des  forces  en  équilibre  mutuel.  Si,  par  exemple, 
lin  pendule  oscille,  la  pesanteur  allonge  le  fd  de  suspension  jusqu'à 
e  qu'elle  soit  é(|uilibrée  par  les  forces  élastiques.  De  semblables 
forces,  qui  ne  fournissent  aucun  travail,  peuvent  être  introduites  par 
le  procédé  connu  de  F^agrange. 

On  peut  se  représenter  la  conception  proposée  ici  pour  la  Méca- 
nique, comme  diamétralement  opposée  à  celle  de  Hertz.  Les  liaisons 
rigides  introduites  comme  hypothèses  par  Hertz  se  présentent  ici 
tomme  dues  à  la  superposition  des  forces  multiples;  de  même  la  loi 
(le  rinertie  apparaît  pour  nous  comme  une  conséquence  lointaine  des 
hypothèses  électromagnétiques.  Enfin,  tandis  qu(»  la  Mécanique  de 
Hertz  se  propose  comme  but  final  d'obtenir  les  équations  électroma- 
gnétiques, nous  renversons  complètement  l'ordre  des  termes.  Il  est 
vrai  qu'au  point  de  vue  purement  logique  notre  construction  ne  peut 
encore  se  mesurer  avec  celle  de  Hertz,  surtout  parce  que  les  équations 
de  Maxwell,  dont  nous  partons,  n'ont  pas  été  soumises  à  un  examen 
critique  suffisant,  mais  notre  tentative  a,  il  me  semble,  le  très  grand 
avantage  de  nous  présenter  ia  Mécanique  ordinaire  comme  une  pre- 
mière approximation  et  d'ouvrir  ainsi  une  voie  nouvelle  pour  la 
confirmation  expérimentale  de  nos  hypothèses. 


SUR  LES  NOYAUX  DE  CONDENSATION 

PRODUITS    DANS    LES   GAZ 

PAR  LAGTION  DES  RAYONS  DE  RONTGEK,  DES  RAYONS  DRAXItlBS, 
DE  LA  LUMIÈRE  ULTRA VIOLEHE  ET  DAUTRES  AGENTS, 

Par  C.-T.-R.  WILSON. 
Traduit  de  l'anglais  par  P.  LUGOL. 


Philos.   Trans.  of  the  Hoyal  Society  of  Londorif  t.  CXCII,  A,   1899,  P*  5®^  *  ^^^• 


1.  J'ai  montré  dans  une  Cominiinîcation  antérieure  (•  )  que,  si  Ton 
détend  adiabatiquement  de  Fair  débarrassé  de  poussières  et  saturé  de 
vapeur  d'eau,  il  se  produit  une  condensation  quand  le  maximum  de 
sursaturation  résultant  de  la  détente  dépasse  une  certaine  limite. 

On  peut  utiliser  le  rapport  —  du  volume  final  au  volume  initial 

comme  mesure  de  la  détente.  11  nV  a  condensation  que  si  ce  rapport 
dépasse  i,25:  les  *;outtes  sont  relativement  peu  nombreuses  s'il  ne 
dépasse  pas  une  seconde  limite  i ,  38  ;  au  delà  de  cette  valeur,  l'accrois- 
sement du  nombre  des  gouttes  quand  on  augmente  la  détente  esl 
extrêmement  rapide,  et  des  brouillards  très  denses  se  produisent 
pour  des  détentes  qui  ne  la  dépassent  que  très  peu. 

J'ai  émis  l'opinion  que,  si  l'on  atteint  le  degré  de  sursaturation 
(8  environ)  {^)  correspondant  à  cette  seconde  limite,  la  vapeur  se 
condense  indépendamment  de  la  présence  de  noyaux  autres  que  ses 
pr<ipn»s  molécules  ou  celles  du  gaz  auquel  elle  est  mélangée. 

La  condensation  en  pluie*  qui  se  produit  dans  l'air  lorsque  -^  esl 

compris  entre  i,3j  et  i,38  a  été  considérée  comme  indiquant  la  pré- 
sencr  d(»  noyaux  d'une  autre  espèce  que  les  molécules  de  gaz  ou  de 
\apcnr. 


(M  Philos.  Trans..  A,  Vol.  CLXWIX,  1K9;,  p.  aG5. 

( -)  llapporl  do  ia  densité  de  la  vapeur  rcelleinent  existante  à  la  densité  de  la  va- 
peur saturante  dans   les  uicmes  conditions. 


8UB  LES  NOYAL'X  DE  CONDENSATION  PRODUITS  DANS  LES  GAZ.      lO"" 


/  / 


J'ai  reconnu  ensuite  qu'en  exposant  le  gaz  à  des  rîijons  de  Ronlj^en 

même  faihles.   on  obtenait  des   brouillards  relativement  épais  si  — 

dépassait  1,^5  (la  sursaturation  étant  approxiinati\enienl  4)*  ♦^^  P^^ 
lie  condensation  avec  des  détentes  plus  faibles.  Donc,  l'exposition  du 
^az  aux  rayons  Kontgen  détermine  la  production  de  noyaux  qui 
t'xifjent  un  certain  dej^ré  de  sursaturation  pour  cpie  la  \apeur  d'eau 
puisse  se  condenser  sur  eux.  Plus  tard  (*),  j'ai  lrou\é  que  des 
noyaux  exigeant  exactement  la  même  détente  minimum  pour  être 
captés,  sont  produits  dans  Fair  par  Faction  des  rayons  de  Furanium. 
Dans  le  Mémoire  qui  vient  (Fètre  rappelé,  je  concluais  que  les 
noyaux  produits  par  les  rayons  X  et  les  rayons  uraniques  sont  iden- 
tiques entre  eux,  et  aussi  à  ceux  (pii  existent  toujours  en  petit  nombre 

<lans  Fair  liumide  et  déterminent  la  condensation  en  pluie  lorsque  — 

est  compris  entre  1,2.5  et  i^M,  J'y  suggérais  aussi  que  ces  noyaux 
doivent  être  identifiés  avec  les  «  ions  »  à  la  présence  desquels  est  due  la 
conductibilité  des  gaz  exposés  aux  rayons  X  ou  aux  rayons  uraniques. 

Le  principal  objet  des  expériences  décrites  ci-dessous  était  d'étu- 
dier, en  comparant  leur  efficacité  comme  noyaux  de  condensation, 
les  agents  du  transport  de  l'électricité  dans  les  gaz  lorscjue  ceux-ci 
sont  rendus,  par  (pielqu'une  des  métbodes  connues,  capables  de  se 
laisser  traverser  par  Félectricité.  \u  cours  du  tra\ail,  on  a  rencontré 
inopinément  d'autres  espèces  de  noyaux,  (pii  ne  semblent  pas  être 
associés  à  un  pouvoir  conducteur  du  gaz  (JJ  10). 

Je  dois  expliquer  ici  le  sens  qu'il  faut  attacher  à  (pielques  expres- 
sions fréquemment  employées  dans  ce  Mémoire  pour  é\iter  des  péri- 
phrases. La  «  détente  nécessaire  pour  capter  les  ions  »  signifie  la 
détente  nécessaire  pour  déterminer  la  condensation  de  Feau  sur  ces 
noyaux.  Les  termes  a  plus  gros  »  et  a  plus  petits  »  sont  souvent 
utilisés  pour  désigner  des  noyaux  au  lieu  de  u  exigeant  un  moindre 
degré  de  sursaturation  »  ou  «  exigeant  un  plus  liant  degré  de  sursa- 
turation pour  que  Feau  puisse  se  condenser  sur  eux  ».  On  dit  souvent 
que  les  noyaux  <(  croissent»  lorsqu'ils  de\iennent  plus  gros  dans  le 
sens  qui  vient  d'être  défini. 

Il  est  probable  que  les  termes  «  plus  gros  »  et  a  plus  petits  » 
peuvent  être  pris  au  pied  de  la  lettre,  sans  erreur;  car  on  peut  sup- 
poser que  ces  noyaux  sont  de  très  petites  gouttes  d'eau  cjui  peuvent 


(*)  Froc.  Camb,  Phil.  Soc,  Vol.  1\,  1^97,  p.  333:  voir  aussi  ce  Voluinc. 


|>er*i*ltT  en  d.'-pit  >lf  leur  [(elitesse  parce  (|ue  IVffet  de  |f or  ri-arluif. 
t|ui  *^l  il  él<*4cr  lu  pression  d't'qiiilibre  de  la  vapeur,  i-sl  Ci.nlif- 
Ikalani'r  par  un  elfet  opposé  résiiltanl.  soit  d'une  charj;e  él"^tri<(ur  Je 
la  goiiUt*.  -ioit  lie  Ih  prt'scnce  d'une  substance  qu'elle  aurait  di-^wlf. 
l  ne  au^inenlulj<in  de  la  rliurj^e  éleclrique  iiu  une  au^iDenLali->D  dtii 
ipianlili-  di>  -iubMiinre  dissoute,  qui  loutes  deus  accroitrtienl  l'ofli- 
i-:(cilê  lie  la  jîouUe  ronime  noyau  de  condensation,  auraient  ésaleiueni 
(Hnir  n'-<ultal  un  aceroissenienl  immédiat  de  la  grossenr  du  n-uaii 
iiéce— ^ir«'  pitwr  l'équilibre. 

â.   AppureU  à  détente  (Jig.  ■).  —  A  est  la  cliambre  à  ron<len-.<lJ»n 
dans  bquello  toutes  le>  gouttes  dont  la  détente  peut  amener  la  f.imu- 


■^;fzr^^ 


r><»i   -..m    niido.'<   w-ibb-    p..i'    la   I ;•-<-.-   émanée  d'une    biillanle 

ll.onm-  .1.-  ^.1/  -pi  uni-  lenlille  proj.lle   dan.   la   rbambre.  I.a   li-ure 

V   .  .Mumeul  un  p.iii    hi  .léiii.li.-i-  !■;(  pi  dément  ipiand  nu  leut  h 

■  l..o.^..r.  l  .,  j,.ini  éi.Hi.l.e  .-I  ré^di-é  p..r  ut.  boucliou  de  eamilelimie 
'■'  ' |'.-til.M-.u.p.-i.  mereure. 


SUR  LES  NOYAUX  DU  CONDENSATION  PRODUITS  DANS  LES  GAZ.      IO79 

Le  cylindre  de  verre  B  (diamètre  intérieur  =  2*",  7)  est  fermé  à  sa 
partie  inférieure  par  un  bouchon  de  caoutchouc,  au  centre  duquel 
passe  un  tube  de  verre  C  de  1*^™  environ  de  diamètre,  muni  à  sa  partie 
supérieure  d'une  portion  élargie  qui  sert  de  guide  au  léger  flotteur 
en  verre  P,  glissant  librement  sur  elle.  Le  flotteur  est  fait  d'un  tube 
d'essai  à  parois  minces,  dont  l'extrémité  ouverte  a  été  coupée  nor- 
malement aux  génératrices,  et  rodée  avec  soin.  Sa  partie  inférieure 
est  toujours  immergée  dans  le  mercure  qui  remplit  le  bas  de  B,  ce  qui 
sépare  complètement  le  gaz  en  A  et  dans  la  partie  supérieure  de  B, 
de  l'air  enfermé  en  P.  Le  diamètre  extérieur  du  flotteur  a  a™"*  de 
moins  que  le  diamètre  intérieur  de  B;  il  y  a  ainsi,  tout  autour  des 
tubes,  un  espace  libre  de  i™".  Quand  le  robinet  Ti  est  ouvert  et  que 
l'espace  P  communique  librement  avec  l'atmosphère,  le  flotteur 
monte  jusqu'à  ce  que  la  pression  en  A  ne  diffère  de  la  pression  atmos- 
phérique que  d'une  quantité  presque  négligeable,  dépendant  de  la 
différence  entre  le  poids  du  flotteur  et  le  poids  du  mercure  déplacé 
par  la  portion  immergée  de  ses  parois. 

Si  maintenant  on  coupe  la  communication  avec  l'atmosphère  (en 
fermant  T»)  et  si  l'intérieur  du  flotteur  est  mis  brusquement  en  rela- 
tion avec  l'espace  vide  F  au  moyen  de  la  soupape  V,  le  flotteur  est 
poussé  vers  le  bas  jusqu'à  ce  qu'il  frappe  le  caoutchouc,  contre  lequel 
il  demeure  hermétiquement  appliqué  par  la  pression  de  l'air  au-dessus 
de  lui.  Le  mercure  reste  pratiquement  en  repos,  pendant  que  la  mince 
base  du  flotteur  se  fraie  un  chemin  à  travers  sa  masse. 

Si  en  ou\Tant  de  nouveau  Ti  on  admet  l'air  au-dessous  du  flotteur, 
ce  dernier  revient  à  sa  position  initiale,  et  l'on  peut  répéter  aussi 
souvent  qu'on  le  désire  la  même  détente.  Pour  régler  une  détente 
de  grandeur  donnée,  on  ouvre  Ta  pendant  que  le  flotteur  est  en 
contact  avec  le  caoutchouc,  c'est-à-dire  dans  la  position  qu'il  occupe 
immédiatement  après  la  détente.  Le  réservoir  à  mercure  R  est  alors 
fixé  à  un  niveau  tel  que  la  pression  en  A,  indiquée  par  le  manomètre, 
soit  en  dessous  de  la  pression  atmosphérique  de  la  quantité  voulue  ;  on 
ferme  alors  T2  et  l'on  détermine  l'ascension  du  flotteur  en  ouvrantTi. 

Si  B  est  la  pression  barométrique,  la  pression  du  gaz  avant  la  dé- 
tente est 

p,  =  B  -h  /n  —  TT, 

où  ir  représente  la  pression  de  la  vapeur  à  la  température  de  l'expé- 
rience et  m  la  pression  nécessaire  pour  maintenir  dans  le  mercure 
le  bord  du  flotteur  (on  mesure  m,  qui  s'élève  à  i"""  ou  2"""  de  mer- 


I^^>^ 


f'.-r.  Hl.     JriL-rt-T 


«Mfw|#'%v^u«  4^,  lui  e^t  en  cr>iiimiicu«-.itii>a   iv-«*  /  *niiii*fliir^!?»  . 

H  iiirrrurr  i'i  HÎr  lilirc  qu^incl  fin  Ta  mis  ea  r>*^iièCit . a.  *-;'-•  Av^uâli 
(Miiitnirtir)n  prr*(V'(liînUf. 

I«(*  nippdrl  (In  voliiiiir  final  an  \r>lume  iuîual«i;i  ricr  ■'^    -^ii  ifck«^ 
lio^lc  v%\  applinihh;) 


P, 


H  -^  m  —  -r 


\\         B--//-X 


Il  faut  rraiarqnri*  «pie  Pa  n\^sl  pas  la  pre>sîoB  ^n  fli»>aii^^î  *:«  Ldè- 
loulo  !i*acho\c,  mais  api't'S  (pu»  la  température;»  r^fwi-i^  s*  ^ikaj-im- 

liulw 

i«ouuuo  la  pivsîiioii  initiale  P|,  dans  ce*  e^pTrî^cu-i^s,  «^-st  t»:i«jo«is 
uppiwuiiaùvomeiii  é^ale  à  la  pression  atuKtspfa«fri«|iir'.  il  ?=iiffitdaB> 
bu^u  vlo^  Cil*  ilc  ptviuliv  P|  -  Pj  on  p,  rommt-  iii»^uiv-  ^  U  3rl?Dle, 
vu\x  ^wt^v  uhIui  tiiUK 

I\hivv|Wo  Tvmi  «il.  |uir  exemple, 


I  ,7.  >. 


r,        l\  sUmI  èliv  e^al  à  ixV"'  iW.  mercnrc  si  la  pression  barométrique 

x^  'Ksv'-  v-l  U  lem|H^ratuiv  i  »")"(].;  et  si  la  pression  barométrique  re>le 

X  N  uuM^xv^  ouhv  '^  iv**^*"  et  -So'""\  et  la  température  entre  lo*  et  sô'C, 

\\        V.  \^^\\\'  U  m%^Me  détente  sera  toujours  compris  entre  i4*^"-4  ^^ 


I  \ 


Ou  uuusUut  le  iiii*  dont  ou  veut  charger  l'appareil  en  ou\ninlle 
^vd^u.  î  1,.  ot  eu  uiett<MU  un  tube  latéral  fixé  à  la  cliand>iv  à  conden- 
^.Uiow  e^x  ^«l.uu^i  <A\tv  une  tixuupe  à  eau,  de  manière  à  faire  passera 
iKiNevv  I  app.uN  d  un  ox^niMut  île  ^az  à  faible  pression,  i  Pendant  cette 
''pei.nuMx  il  iAxxi  u.Uni^dbMuent  UKiinlenlr  sous  le  Uolteur  1  une  pres- 
sion avN,  j  LoMx^  is>nr  empêcher  tpn*  le  mercure  ne  s'élcxe  en  B.)  Le 
\x\\h'  l.ihrd  on(  «unuMc  nocIIi\  et  (piand  on  a  produit  assez  de  i:az 
|"»ui'  amrnrr  l,i  pix wion  à  èli^*  très  \oisinr  de  hi  |)ression  alnjosphé- 
"«|nt\  on  \\\u\^^    \\ 


ïSI  II    LE<   N0\AIX    I)i:    COXIIE.NSATION    PBODUITS    DANS   LKS   GAZ.  I081 

Les  robinets  T2  et  T3  sont  lubrifiés  avee  de  l'eau  seulement  et 
proléj;és  par  des  eoupelles  de  inereure.  Le  mercure  en  B,  aussi  bien 
^ue  celui  (|ui  couvre  le  bouchon  de  caoutchouc  sur  lequel  V  est 
monté,  e^t  séparé  du  gaz  de  Tappareil  par  une  couche  creaii  distillée. 

Dans  la  plupart  des  expériences  où  il  fallait  une  forte  détente  Tap- 
pareii  avait  la  forme  décrite  ci-dessus.  Mais  beaucoup  d'expériences 
Uir  Tair  ont  été  faites  avec  un  appareil  à  détente  send>lable  à  celui  qui 
*st  décrit  dans  les  Cainb.  Phil.  Soc.  Proc,  (loc.  rit.).  Dans  ce  der- 
lier  le  llotteur  enfonce  dans  l'eau,  et  non  dans  le  mercure,  et  occupe 
oute  la  largeur  du  tube  extérieur  comme  un  piston,  au  lieu  d'être 
^uidé  par  un  tube  intérieur.  Le  seul  avantage  de  la  première  forme 
*st  l'absence  de  tout  risque  de  contamination  du  gaz  de  l'appareil  par 
lair  qui  peut  pénétnîr  par  dissolution  ou  diffusion  dans  Teau  où  le 
ilotleur  fonctionne,  (^'appareil  à  m<;rcure  est  également  propre  à  faire 
les  expériences  avec  des  liquides  autres  que  Teau  ;  cependant,  <le 
lelles  expériences  n'ont  pas  encore  été  faites. 

Ces  deux  formes  d'appareils  donnent  des  résultats  presque  iden- 
liques  à  ceux  qu'a  fournis  l'appareil  employé  dans  les  premières  ex- 
périences (M.  11  ne  semble  pas  résulter  d'erreur  appréciable  de  la 
ilépression  du  caoutchouc  quand  il  est  frappé  par  le  flotteur,  ou  de  la 
(piantilé  de  mouvement  accpiiscî  par  Tair  dans  la  partie  étroite  du 
tube. 

L'oxygène  em|)loyé  dans  les  expériences  était  préparé  par  calcina- 
lion  du  permanganate  de  potassium:  l'IiMlrogène  était  dégagé  du 
jalladium  qui  a>ait  été  chargé  au  pn'^alabh*  du  g.iz  obtenu  par  le  zinc 
't  l'acide  sulfurique  purs,  et  lavé  dans  une  solution  d(»  permanganate 
le  potassium  a\ant  d'atteindre  le  palladium.  Le  gaz  carbonicpie  était 
>btenu  en  chauffant  le  carbonate  monopotassique.  Dans  tous  les  cas 
appareil  producteur  du  gaz  a\ait  été  soudi'*  à  l'appareil  au  moyen  du 
"halumeau. 

3.  Noyaux  produits  par  les  rayons  X.  l/aciion  <lt>  oes  rayons  no  modifii' 
jas  la  valeur  limite  <le  la  détente  capable  d'amener  la  eondcnsation  dans  l'air, 
'oxygène  on  le  gnz  rnrbonique  ;  elle  an^mente  seulement  le  nombre  des  noyanx; 
a  grosseur  de  ces  derniers  ne  semble  pas  augmenter  avee  la  durée  d'expo- 
sition: lenr  nombre  diniiiiue  1res  rapicb^nent  quand  on  a  coupé  le  courant, 
inais  ils  mettent  quelques  secondes  à  disparaître  complètement. 

4.  Noyaux  produits  par  les  rayons  uraniques.  ~  La  détente  nécessaire 


(  «  )  F/iil,  Tranx,  (loc.  cit.). 


p*9ar  pr^^luir^  U  c**n<1«?n«^tîoD  flan?>  l'hydrogène,  qui  est  supérieure  à  f.3  en 
l'ab^enc^  «J<r*  ra\i»n«.  s'abai?>^  à  i  .aSî  en  leur  présence.  L'effel  ties  rayons  um- 
nique>  *iir  rh\dr«»i:én»-  ''omnie  *ur  l'air  e^l  i«l«*nliqu«*  à  celui  des  rayons  X. 

5.  Nojatax  produits  par  la  lainière  oltra-Tiolette.  —  Ils  diffèrent  des 
prècèd#»nt*.  Si  rillumination  o*l  ft«rte  et  prolongée,  ils  peuvent  dc\enir  as^ex 
«^ro*  p-tur  dilTu^er  !a  lumière  et  pr«>du'rede*  brouillards  même  sans  détente  el 
4iâu^  l'air  non  saturé:  leur  action,  nulle  sur  la  vapeur  d'eau  pure,  semble  e\i;;er 
p'^ur  >e  pro«luire  la  présr*nr^  de  rt»\y;:ène.  ce  qui  conduit  à  attribuer  leur 
croi«'Sanc«*  à  une  modili-^ation  chimique  «  formation  d*eau  oxygénée,  par 
e\emple  :  dan«  rh\drii::i-nr  humîdf.  il  ne  se  produit  de  brouillards  que  par 
détenl»:. 

f».  Nojaux  produits  par  la  lumière  solaire.  —  Ils  ne  sont  captés  que 
par  une  forte  détente  de  l'ordre  de  celles  qui  détermineraient  la  condensation 
^ur  le«  iioyau\  pro^luit^  par  les  ravons  \  ou  le<  rayons  uraniques. 

7.  Noyaux  produits  par  les  métaux.  —  Au\  détentes  comprises  entre 
i,2Î  et  i,i8  le^  no\»u\  paraissent  plus  nombreux  au  voi>inage  d'une  surface 
métallique. 

8.  Noyaux  produits  par  Faction  de  la  lumière  ultra-violette  sur  ime 
plaque  de  zinc  électrisée  négativement.  —  E)ans  Vair  :  La  chute  minimum 
de  prtr«i*ion  nécessaire  pour  la  productitm  du  bntuillard  a  été  de  i5i*",  cor- 
respondant à  une  détente  i.aîi.  la  même  qu'avec  les  rayons  \  ou  les  rayons 
uraniques:  la  tlen>ît«''  du  brouillard  augmentait  avec  la  <listance  du  zinc  à  la 
surface  de  l'eau:  le  i;liaiii|»  a  varié  «le  ii.-2j  à  3oo  \olts  par  centimètre.  Quand 
la  plaque  de  zinr  était  po-itixt*.  It*s  ré-^ultats  étaient  les  mêmes  que  lorsqu'elle 
n'était  pas  chari:ée  :  la  chute  minimum  de  pression  était  i8i"*"*. 

Pans  Vhydrn;:i'ne  :  La  détente  nécessaire  pour  faire  apparaître  le  brouil- 
lard e^l  x,').^'  «correspondant  à  une  chute  de  pression  de  i45'"")  comme  pour 
IfS  ra\on<>  X  et  le^  r«iy«>n<  uraniques:  la  densité  du  brouillard  augmente 
d'abord  a\cc  If  champ,  passe  par  un  maximum  et  décroit  ensuite,  probable- 
ment parce  que  h*  rhamp  entrai:ie  alors  les  noyaux  plus  rapidement  qu'ils  ne 
se  forment:  ret  eilcl  *^i'  produirait  sans  doute  dans  l'air  sous  une  épaisseur 
moindre  ou  une  dillérence  do  potentiel  plus  grande.  Quand  le  zinc  est  positif^ 
l'effet  du  champ  e-t  exlrénïemenl  faible. 


SIR   ms  NOYAUX   DE   CONDENSATION   PRODt'lTS   DANS   LES   UAZ. 


io83 


Plaque  fraîchement  polie:  épaisseur  d'eau  au-dessus  du  quartz  (  *  ),  i*^"".  .'>; 
paisspur  de  la  couche  d'hydrogène  y  9.*''",3;  baromètre,  749"""  î  température^  ij"<i. 


fclurt» 
du 
Doniêtrr 

en 
Itiniètn's 
\p).  V.  K.  M. 

171 0  Leclanclié 

i5? G 

161 6         » 

161 I         >» 

161 •{         ). 

iCi 6         « 

161 20  accu  m. 

161 vxo 

i5i r»  Leclanclié 

M5 r> 

ii3 r>       >. 


7:  =  l'i 


mm 


Ziiir  positif. 


1  (»U  '1  ^nulles 

O 

1  ou  '2  poulies 

I  ou  '2  fjoulles 


1  (ui  '}.  j;oullt'S 

o 

o 

o 


m  =  I 


mm 


Uésultat  de  la  dctcnlc 


ZiiH'  n(3galif. 

brouillard 

pluie 

brouillard 

brouillard  léger 

brouillard  dense 

brouillard  pas  plus  dense 

beaucoup  moins  dense 

I  ou  9.  gouttes 

très  peu  de  gouttes 

I  ou  1  gouttes 

o 


Court-ci  rru  il 
(pus  de  ciiainp). 


1  ou  '1  gouttes 


I  ou  '}.  gouttes 


9.  Noyaux  produits  par  Télectricité  s'ôchappant  d'un  fil  de  platine 
pointu.  —  Il  ne  se  produit  de  noyaux  que  si  la  pointe  est  lumineuse  dans 
l'obscurité. 

Dans  l'air  :  Si  l'on  détend  pendant  que  la  pointe  se  décbarge,  la  détente 
inininia  est  voisine  de  i/2j;  un  peu  plus  faible  quand  la  pointe  est  négative. 
Les  brouillards  sont  très  fugaces,  surtout  quand  la  pointe  est  positive,  et 
montrent  le  violent  mouvement  tourbillonnaire  qui  accompagne  la  décharge. 

Si  l'on  réunit  brusquement  la  pointe  au  sol  quelques  instants  avant  de 
donner  la  détente,  on  remarque,  dans  la  chute  de  pression  nécessaire  pour 
produire  le  brouillard,  une  diminution  d'autant  })!us  grande  que  Ton  a  attendu 
plus  longtemps,  mais  dans  aucun  cas  on  n'a  eu  de  brouillard  avec  une  chute 
inférieure  à  4*""  ou  :)*"'".  Il  semble  que  les  noyaux  croissent  quand  ou  les  aban- 
donne à  eux-mêmes.  Ils  persistent  pendant  1  ou  '2  minutes  (  selon  que  la  pointe 
est  positive  ou  négative);  leur  nombre  diminue  considérablement  pendant  ce 
temps;  après  (>  minutes  il  n'y  en  a  pratiquement  plus. 

Dans  rhydrogène  :  Si  l'on  détend  pendant  la  décharg<*,  la  détente 
minimum  qui  amène  le  brouillard  est  sensiblement  la  même  que  dans  Pair. 
Les  brouillards  (d)tenus  quand  la  pointe  est  positive  s'évanouissent  de  suite; 
quand  la  pointe  est  négative,  ils  durent  •;►  à  S  secondes. 

Quand  on  met  la  pointe  au  sol  avant  de  donner  la  détente,  la  diminution 
de   la   chute   de   pression    minimum  est  extrêmement  faible   si  la  pointe  est 


(')  Le  gaz  est  placé  dans  une  sorte  de  condensateur  dont  les  armatures,  horizon- 
tales, sont  la  lame  de  zinc  et  une  couche  d'eau;  Peau  repose  sur  une  plaque  de 
quartz  à  travers  laquelle  on  dirige  le  faisceau  lumineux. 


lo84  i:.-T.-B.    WIL^ON. 

négative  (on  n'a  jamais  eu  clf  brouillard  avec  une  chute  inférieure  à  iS*""),  et 
iiulli'  si  la  pointe  est  positive.  Les  noyau\  ne  grossissent  donc  pas  dans  Thy- 
drogène.  En  eflfel,  après  3o  secondes,  on  peut  encore  en  découvrir  qui  donnent 
un  brouillard  avec  une  chute  de  pression  supérieure  à  i5"".  Ce  fait  est  favo- 
mble  à  l'hypothèse  qui  attribue  à  une  cause  chimique  la  croissance  des 
iiovau\. 

Dans  la  décharge  de  celte  espèce,  dans  l'air  ou  l'hydrogène,  les  agents  du 
iraD?>port  de  l'électricité  sont  les  ions,  identiques  à  ceux  qui  apparaissent 
•laas  l'air  »*\posé  aux  rayons  Rontgen. 

10.  Action  d'an  champ  électrique  sur  les  différentes  espèces  de 
noyaux.  — J'ai  déjà  suggéré  (fJamh,  PhiL  Soc.  Proc,  loc.  cit .)  que 
!•*>  n«>vaii\  exigeant  des  détentes  comprises  entre  i,rî5  et  i  ,3j  pour 
♦lél»*nniner  la  condensation  doivent  être  identifiés  à  ceux  qui  rendent 
♦'»>ndu«' leurs  les  gaz  soumis  aux  rayons  Rcintgen  ou  aux  rayons  nra- 
uîqut?-i.  J'en  donnais  pour  seule  raison  l'existence  en  très  petit 
uombrv  «le  ces  novaux  dans  1  air  ou  les  autres  gaz  humides,  tandis 
qu\>n  peut  les  découvrir  en  nombre  inmiense  dans  le  gaz  rendu 
rouducleur  |>ar  les  rayons  X  ou  les  rayons  uraniqucs. 

Les  ex|>^riences  sur  les  noyaux  produits  par  la  décharge  d'un  fd  de 
platine  et  t^ux  qui  sont  dus  à  l'action  de  la  iumièiM;  idtra-violette  sur 
une  (JjKjue  de  zinc  chargée  négativement  confirment  cette  opinion  cl, 
t'u  ui^me  leni|>s,  inclinent  à  conclure  que,  dans  tous  les  cas,  les 
lrausfH»rteurs  de  l'électricité  sont  de  même  espèce. 

Lc'i  rt'>uUias  obtenus  a\ec  l'air  exposé  à  une  lumière  ultra-violette 
laiblo  i>u  à  Faction  de  «-ertains  métaux  soulèNcnt  cependant  une  diffi- 
culté car,  dans  Ic^  deux  cas,  il  se  produit  des  noyaux  exigeant,  pour 
condcuMM- la  \apcur  d'eau,  à  peu  près  le  même  degré  de  sursaturation 
que  les  novaux  associés  au  pou\oir  conducteur  du  gaz.  Et  il  n'y  a 
aucune  preu\c  que  la  présence  des  métaux  ou  l'exposition  à  la  lumière 
ultra-xioletlc  donne  à  l'air  des  propriétés  conductrices. 

i>n  pourrait  crt>in»  tpie  ce  «lésaccord  apparent  est  du  à  la  grande 
délicatcssi»  de  la  mélhotle  de  condensation  comme  méthode  de 
rtvlu^ivhe  de<  it>ns  libr»"*  (  chaque  transporteur  était  individucl- 
lemt»nl  it^pivscnté  par  uiu'  goutte  au  moment  de  la  détente),  et  que 
l'air  a,  dans  ces  conditi(»ns,  nm'  conductibilité  réelle,  mais  trop  faible 
pour  (uit»  le<  mt'thodes  ordinaires  puissent  la  déceler.  Les  expériences 
(iiii  \oul  cire  ilrcrilcs  montrent  cependant  que  les  noyaux  dus  à  la 
nrt'^ence  tics  mt'taux  ou  à  l'aclion  de  la  lumière  ultra-violette  sur  1  air 
humide  dillèrcnt  des  noyaux  produits  par  les  rayons  X  ou  les  rayons 
uraniqucs  en  ce  ipiils  ne  Iransporlcul  |>as  déleclricilé  ou,  plus  exac- 
Icincnl.  ne  sonl  pas  anVclcs  par  un  chanqi  éleclri(pie. 


SUH  LES   XOYACX  DE  CONDENSATION  PRODt'ITS  DANS  LES  (iA/.. 


108 


L*étu(Ie  de  l'iiinuence  du  champ  a  été  faite  au  moyen  de  Tappareil  repré- 
senté par  la  figure  2,  et  dont  la  disposition  est  facile  à  comprendre. 

Lumière  uitra-violelte.  —  Les  rayons  employés  étaient  assez  fuibles  pour 
n'avoir  pas  d'efficacité  aux  détentes  inférieures  à  ij*™.  Il  n'y  avait  aucune 
différence  entre  les  brouillards  obtenus  sans  champ  électrique  ou  avec  un 
champ  de  iSo  volts  par  centimètre,  que  la  détente  fiU  produite  pendant  l'illu- 
mination  ou  3  secondes  après. 

V'm.  2. 


O,  plaque  de  quartz  fixée  à  la  cire  à  cacheter;  A,  pliiquc  d'aluminium 

fixée  de  la  même  manière. 

Hayons  Hontgen.  —  A>ec  une  détente  de  i83""",  le  brouillard,  très  intense 
en  Tabsence  du  champ,  devenait  très  léger  avec  \jo  volts/cm.;  bien  que,  en 
l'absence  du  champ,  il  y  eût  encore  des  noyaux  10  secondes  après  la  suppres- 
sion des  rayons,  on  n'avait  aucune  condensation  lors(jue,  en  présence  du 
champ,  on  donnait  la  détente  2  ou  même  3  secondes  après  cette  suppression. 
Ce  fait  s'explique  aisément;  en  effet,  les  transporteurs  des  charges  ayant  dans 
l'air  une  vitesse  de  i*'",C  pour  un  champ  de  i  voll/cm  (*)  devaient,  dans  les 
expériences,  franchir  en  yy^  de  seconde  la  distance  (r'",6;  des  électrodes 
entre  lesquelles  le  champ  était  établi. 

Puisque  le  champ  n'avait  amené  aucune  diminution  apparente,  après  3  se- 
condes, dans  le  nombre  des  noyaux  produits  par  des  rayons  ultra-violets 
faibles,  ces  noyaux  devaient  voyager  au  moins  3oo  fois  moins  vite  dans  h' 
même  champ.  On  ne  peut  hésiter  à  conclure  qu'ils  ne  sont  pas  chargés. 

De  même,  dans  une  autre  expérience  où  Ton  employait  une  lumière  ultra- 
violette intense  (les  noyaux  devenant  par  conséquent  plus  gros),  une  détente 
de  04""*  en  l'absence  de  champ  n'a  pas  donné  de  brouillard  après  10  secondes 
d'exposition  à  la  lumière,  tandis  qu'il  y  en  avait  après  i3  secondes:  il  a  donc 
fallu  10  à  i3  secondes  pour  que  les  noyaux  aient  pu  acquérir  la  grosseur  qui 
les  fait  capter  par  celte  détente.  Avec  i5o  volts  cm  et  la  même  détente,  on  a 
obtenu  un  brouillard  aussi  épais  après  3  minutes  d'exposition.  Les  noyaux 
mettaient  donc  plus  de  10  secondes  à  franchir  le  champ,  soit  1000  fois  plus 
de  temps  que  les  noyaux  produits  par  les  rayons  Hrmtgen. 

La  grande  diminution  du  nombre  de  gouttes,  quand  on  applique  le  champ 
pendant  l'exposition  aux  rayons  Rontgen,  est  facile  à  comprendre.  £n  effet, 


(*)  RuTHEnFORD,  PhU,  Mag.,  Vol.  XLIV,  1897,  p.  f^âi;  Journ,  de  Phys.,  3»  série» 
t.  VU,  p.  104  ;  voir  aussi  ce  Volume. 


loSG      C.-T.-K.    WII-SON.  —  SUR    LES   NOYAIX   DK  CONDENSATION   PRODtlTS,   ETC. 

le  nombre  des  novaux  présents  à  chaque  instant  est  proportionnel  à  la  vitesse 
avec  laquelle  ils  prennent  naissance  et  au  temps  pendant  lequel  ils  persistent. 
Avant  Tapplication  du  champ,  la  vie  moyenne  des  noyaux,  dépendant  de  leur 
vitesse  de  recorahinaison  ou  de  diffusion  jusqu'aux  parois,  est  de  l'ordre  de 
I  seconde,  puisque  après  a  ou  3  secondes  il  en  reste  encore  une  forte  propor- 
tion. Sous  l'action  du  champ  électrique  employé  dans  les  expériences,  leur 
durée  doit  être  réduite  à  quelque  chose  comme  j^^  de  cette  valeur.  Le 
nombre  des  p;outtes  doit  donc  diminuer  dans  le  ménic  rapport.  L'énorme  dif- 
férence constatée  dans  l'aspect  du  brouillard,  dans  le  champ  et  sans  lui,  est 
complètement  d'accord  avec  ce  résultat.  L'absence  totale  d'une  différence  de 
cette  espèce  avec  les  brouillards  produits  par  l'action  de  la  lumière  ultra- 
violette prouve  encore  que  les  noyaux  qui  lui  sont  dus  ne  se  déplacent  pas 
sous  l'action  de  la  force  électrique. 

Bayons  uraniques,  —  Les  noyaux  correspondants  sont  chargés,  car  le 
champ  empêche  la  production  du  brouillard. 

Métaux.  —  Les  phénomènes  sont  les  mêmes  avec  et  sans  force  électro- 
motrice.  Les  noyaux  ne  sont  donc  pas  chargés;  ils  ressemblent  à  ceux  que 
produit  la  lumière  ultra-violette. 

Les  ions  ne  sont  donc  pas  les  seuls  noyaux  exigeant,  pour  produire  une 
condensation,  des  détentes  comprises  entre  i^x'j  et  1,^7:  la  lumière  ullra- 
\iolettc  faible  et  certains  métaux  produisent  des  noyaux  semblables  qui, 
n'étant  pas  chargés,  ne  sont  pas  des  ions. 

L'expérience  n'a  pas  encore  permis  de  décider  si  les  noyaux  existant  toujours 
iCn  petit  nombre  dans  l'air  humide,  et  y  provoquant  la  condensation,  sont  ou 
jie  sont  pas  chargés  (*).  Elle  a  montré  que  l'application  d'un  champ  électrique 
est  sans  influence  sur  la  formation  des  brouillards  très  denses  produits  par 
les  détentes  supérieures  à  i,38  et  correspondant  à  un  degré  de  sursaturation 
-suffisant,  dans  notre  hypothèse,  pour  les  produire  indépendamment  de  la 
j|)résence  de  noyaux  autres  que  les  molécules  mêmes  de  gaz  ou  de  vapeur. 

11.  Les  ions  et  la  condensation.  —  La  conductibilité  donnée  aux  gaz 
•par  les  rayons  X,  les  rayons  uraniques  ou  l'action  de  la  lumière  ultra-violette 
sur  une  plaque  de  zinc  électrisée  négativement  est  due  à  des  corpuscules  de 
même  nature,  car  ils  agissent  de  la  même  manière  comme  agents  de  conden- 
sation, et  ont  des  vitesses  égales  dans  des  champs  électriques  égaux.  Ils  ne 
sont  pas  de  même  nature  que  les  poussières,  puisqu'il  faut  une  sursaturation 
d'au  moins  4^^  pour  qu'ils  puissent  condenser  la  vapeur  d'eau.  La  valeur  ap- 
proximative du  rayon  d'une  goutte  d'eau  équivalente  est  8,6  x  io~^  cm;  ils 
ne  sont  donc  pas  beaucoup  plus  gros  que  les  molécules.  On  pourrait  expliquer 
la  persistance  d'une  goutte  ou  d'un  noyau  de  cette  grosseur  en  supposant 
qu'il  transporte  une  charge  de  i,5  x  lo-'  unités  E.S. 

<*)  Voir  Phil,  Mag,y  juin  1904. 


SUR   L'EFFICACITÉ  RELATIVE  DES  IONS 

POSITIFS    ET    NÉGATIFS 

COMME  CENTRE  DE  CONDENSATION, 

Par  C.-T.-R.  WILSON. 

Traduit  de  l'anglais  par  P.  LAN6EVIN. 


Philosopkical  Transaction^  A,  t.  CXCIII,  i8y«j,  p.  289  à  3o8. 


Le  travail  dont  les  résultats  sont  donnés  ici  forme  une  partie  des 
recherches  relatives  à  l'électricité  atmosphérique  ([ue  j'ai  entreprises 
sur  l'invitation  du  Meteorological  (^louncil. 

La  relation  enlre  la  pluie  et  l'électricité  atmosphérique  est  une  des 
questions  dont  Fétude  expérimentale  m'a  été  proposée.  L'importance 
à  ce  sujet  du  point  particulier  traité  dans  ce  Mémoire  a  été  déjà  indi- 
quée par  le  professeur  J.-J.  Thomson  qui  dit (  *  )  :  «  Si  les  ions  négatifs, 
par  exemple,  différaient  des  positifs  dans  leur  propriété  de  condenser 
la  vapeur  d'eau,  nous  pourrions  obtenir  un  nuage  formé  autour  d'une 
seule  espèce  d'ions.  Les  ions  sur  lesquels  s'est  produit  le  nuage 
tomberaient  alors  sous  l'action  de  la  pesanteur  et  nous  pourrions 
ainsi  obtenir  la  séparation  des  ions  positifs  et  négatifs  et  production 
d'un  champ  électrique,  le  travail  nécessain?  pour  la  création  de  ce 
champ  étant  fourni  par  la  gravitation.  » 

Pour  rendre  vraisemblable  cette  hypothèse  sur  l'origine  de  l'éler- 
iricité  atmosphérique,  il  est  nécessaire  de  donner  des  raisons  justi- 
fiant :  i"  que  l'air  atmosphérique  contient  des  ions  libres  dans  les 
régions  où  la  pluie  se  forme  ;  2"  que  les  ions  positifs  et  négatifs  diffèrent 
dans  leur  pouvoir  comme  centres  de  condensation. 

Des  expériences  antérieures  rendent  très  vraisemblable  le  premier 

(•)  J.-J.  Thomson,  Phil.  Mag.,  décembre  1898;  voir  aussi  ce  Volume. 


lo88  C.-T.-n.    WiLSON. 

de  ces  fails  :  quand  on  détend  brusquement  de  l'air  privé  de  pous> 
sières,  une  légère  condensation  en  forme  de  pluie  se  produit  toujours 
si  la  sursîTturation  dépasse  une  certaine  limite.  Cette  limite  coïncide 
avec  celle  qui  correspond  à  la  formation  des  nuages  dans  Tair  ionisé 
par  les  rayons  de  Rimtgen  ou  autrement.  On  a  montré  que,  dans  ce 
cas,  les  centres  de  condensation  sont  les  ions  mêmes  auxquels  est  diit^ 
la  conductibilité  du  gaz  exposé  aux  rayons.  L'égalité  des  délentes  né- 
cessaires pour  produire  les  quelques  gouttes  visibles  en  l'absence  de 
rayons  et  pour  condenser  la  vapeur  sur  les  ions  est  si  précise  qu'elh* 
parait  presque  suffisante  pour  démontrer  que  Tair  humide  ordinairi*> 
est  toujours  faiblement  ionisé.  Le  nombre  des  centres  de  condensation 
y  est  si  faible  que  l'absence  de  conductibilité  sensible  dans  les  condi- 
tions ordinaires  ne  contredit  nullement  Thypothèse  que  ces  centres  sont 
des  ions.  Je  décris  à  la  fin  de  ce  Mémoire  quelques  expériences  ten- 
tées pour  vérifier  si  ces  centres  sont  chargés  ou  non. 

Je  m'occuperai  surtout,  cependant,  de  la  deuxième  des  questions 
posées  plus  haut;  les  expériences  qui  vont  être  décrites  prouvent  qu'il 
existe  une  grande  différence  entre  les  ions  positifs  et  négatifs  au  point 
de  vue  de  leur  influence  sur  la  condensation  de  la  vapeur  d'eau  ;  une 
sursaturation  beaucoup  moindre  est  nécessaire  pour  condenser  Teaii 
sur  les  ions  négatifs  que  sur  les  positifs.  Ces  expériences  fournissent 
donc  une  explication  possible  pour  la  prédominance  des  pluies  char- 
gées négativement  (*)  telle  que  l'exigent  les  théories  qui  attribuent  aux 
précipitations  le  rôle  essentiel  dans  la  charge  négative  du  sol. 

Pour  ed'ectuer  la  comparaison  on  cherche  à  produire  des  détentes 
dans  de  l'air  humide  contenant  des  ions  tous,  ou  presque  tous,  de 
même  signe,  alternativement  positif  et  négatif. 

L'auteur  emploie  d'abord  un  appareil  {Ji/^.  i)  analogue  à  ceux  des  Mémoires 
antérieurs,  mais  où  le  récipient  supérieur  A  où  se  produit  la  détente  contient 
deux  plateaux  métalliques  parallèles,  dont  l'un  ferme  le  récipient  à  la  partie 
supérieure  et  entre  lesquels  on  établit,  au  moyen  d'une  pile  cl  d'un  inverseur, 
un  faible  champ  électrique  de  sens  variable.  L'air  n'est  ionisé  que  dans  une 
couche  mince  au  voisinage  du  plateau  inférieur  par  un  faisceau  étroit  de* 
rayons  de  Hontgen  que  limite  un  écran  de  plomb  épais.  Le  champ  déplace  vers 
la  masse  du  gaz  les  ions  d*un  certain  signe,  tandis  qu'il  amène  les  autres  vers 


(^)  Les  premières  observations  d'Elster  et  Geitel  ont  semblé  démontrer  cette  prc- 
dominance  des  pluies  négatives  {Sitzungsber,  d,  k.  Akad,  in  Wien,  1899,11  A. 
p.  ^21),  mais  elle  ne  se  retrouve  pas  dans  leurs  observations  ultérieures  (  Terresiriaf 
Magnetism^  Vol.  IV,  p.  i5). 


le  plateau  voi 
ripalement  <l( 


LBPFICAGITé   BELATIVe   OES  IONS  POSITIFS  ET  SÉOATIKS.  1089 

iin  qui  les  absorbe  iminédialcmenl.  1^  ^a£  renferme  iloncprjn- 


Toules  les  surfaces  niôulliques  inlôricu 
le  papier  filtre  humide  pour  maintenir  l'air 


atur 


poui 


■viler  que  des  centres  de  condensation  soîeiil  »^ii 


V  ciHient  couvertes 
:  (le  vapeur  d'eau  et 


is  par 


1er 


lal 


lui-mt^nie. 

Il  y  a  un  avantage  considcrable  à  disposer  les  plalcnux  horizontale- 
ment et  la  couche  ionisée  par  les  rayons  au  voisinage  du  plateau  inft'- 
rieur,  car  les  gouttes  formées  stir  les  ions  qui  soni  en  moindre  nombre 
(et  qui  se  tron\enlù  la  partie  inférieure)  n'ont  qu'une  faihle  distance 
à  franchir  en  lomhunt  et,  si  la  condensation  se  produit  seulement  sur 
ces  ions,  les  };oultes  ne  se  trouvent  qu'à  la  parlic  inférieure  du  réci- 
pient. 

Dans  les  premières  expériences  efrectuées  inei:  rot  appareil  la  dé- 
teate  était  produite  sans  qu'on  ait  auparaMtul  roupé  les  rayons. 

L'appareil  élanl  n'-ylé  de  manière  .1  donner  des  délcnles  légèrement 

supérieures  à  la   limite  ~  ^i,ri5.   <Ies  nuages  retativcnient  denses 

S.  p.  fi,j 


étaient  o!>toaus  quuml  le  plateau  supériearétaicouiîiiteiiu  à  iia.c*:4in- 
tiol  plus  êle\ê  lie  quelt^ues  \olts  que  cdai  du  pbtknu  inivrecr.  les 
ious  nôgulil's  étant  alors  en  excès;  tand»  ^f»^.  aprr»-  Lin'ersîra  di 
champ«  les  ions  positifs  prêilominant,  on  oe  |M««a£t  iibs*ïrvf*r  if /one 
lê^èrt^oomle  usât  ion  «  localisée  principaleiDCBla«  «oÛHiuipî  «iu  pliieai 
où  iloî\ent  se  tr\>u\er  les  ions  négatifs.  A\ec  <ic»  éét^nt^t»  lie  Ll  sran- 

ifeur  V  ~  >  *  ^^^'^  1^^  nuages  obtenus  ne  dépendaical  pis»  lie  la  diifc- 

tion  ilu  cliamp  et  il  en  est  ainsi  jusqu'à  la  délmte  i.l$.  pour  bqofllr 
des  nuages  abondants  se  protluisent  même  en  Fakience  de  raToiis. 

V\tv  le  oliamp  dans  la  direction  qui  donne  an  e%eis  d'ioiis  ncgalifs 
dans  le  ^u««  la  densité  des  nuages  obtenus  après  detenle  rv?»iait  sensi- 

blouiout  iu\ariable  |H>ur  toutes  les  valeurs  de  -^  comprises  entre  i,)8 

et  u^^S,  Au  contraire*  quand  le  plateau  supérieur  était  relié  au  pôle 
négatif  de  la  pilo  de  manière*  que  les  ions  positifs  soient  en  excès,  les 

goullcs  restaient  rares  juqu^à  ce  que -^  devienne  égal  à  i.3i,  valeur 

pour  laipicllc  le  nombre  des  gouttes  commence  à  augmenter  avec  h 

détcute*  Pour-;^  =  \^M\  on  obtient  des  nuages  déjà  denses  avec  les 

iou^  pitsiùls^  quoique  beaucoup  moins  qu'avec  les  ions  négatifs.  Enfin, 
au-do'ius  de  u^k),  on  ne  peut  plus  distinguer  les  nuages  positifs  des 
iic^allfs. 

(  V>  ivsullats  n\ulmet(cnt  iprunc  interprétation  :  la  condensation  se 

proilnil  sur  quelques  ions  négatifs  pour  -^  =  i,a5;  presque  tous  les 

i«)n^  né^alifs  sont  utilisés  quand  -^  dépasse   i,  a8;   tandis  que  pour 

produin*  la  coiulrnsation  sur  les  ions  positifs  la  détente  doit  dépasser 
i,«M  cuxiron;  tous  les  ions  positifs  et  négatifs  sont  utilisés  quand 
*'  »   I  •  i  * 

hcH  e\p/'ricares  furent  ensuite  faites  où  la  détente  était  produite 
HpiVH  suppression  des  rayons,  et  donnèrent  avec  plus  de  netteté  en- 
iiin»  tics  ivsullits  conformes  aux  prcccdents  :  les  gouttes,  quand  le 
rli  iitip  l'ail  prédominer  les  ions  |)()sihrs  el  que  la  détente  est  iofêrieure 
1^  i,.W,  nt'IaiciU  pas  plus  noinhrcuscs  que  si  les  rayons  n'a\  aient  pas 
tij'i  du  tout. 

l'iiiih'iir  «.'rsi  ;i«<<iirô  tout  «l'abord  (|ur  Iji^poot  du  iiuaire  ^ar  •;  pi^ii  paU'i 
l'ini.  I  x.illr  riiln;  la  su|)|)res>iuu  des  ravous  et  la  déicule  du  c^îi  *ar::;  •:•!  l  r-* 
l'i  •  T'iindt'-. 


sua  l'efficacité  relative  des  ions  positifs  et  négatifs. 
Le  Tableau  suivant  donne  un  exemple  des  résultais. 

Rayons  supprimés  avant  la  détente 
(i  élément  Leclanché  entre  les  deux  plateaux). 


1091 


Hésultut. 


K\ 

Plateau  supérieur  négaiif 

^'l 

(ions  -+-  en  excès). 

I ,  -iîS . . . . 

I  on  -x  gouttes 

l,'2(J 

1  ou  '1  gouttes 

1 ,3i 

très  peu  de  gouttes 

1 ,  39. . . . . 

peu  (le  gouttes 

1,33.... 

pluie 

1,34... 

■ 

léger  nuage 

1 ,  3G 

nua 

ge  aussi  dense  que  les  négatifs 

Plateau  supérieur  positif 
(ions  —  en  excès). 


nuage 
nuage 
nu4ge 
nuage 
nuage 
nuage 
nuage 


Un  appareil  double  fut  ensuite  construit  pour  observer  simultanément  les 
effets  produits  par  les  ions  des  deux  signes. 

Le  récipient  A  est  remplacé  par  Tappareil  {Ji/^.  2)  où  la  détente  est  pro- 
duite dans  un  récipient  sphérique   séparé  en  deux  portions  par  une  cloison 

Fig.  3. 


SJZJ 


\     /* 


métallique  médiane  au-dessus  de  laquelle  une  feuille  d'aluminium  mince  mas- 
tiquée sur  le  verre  laisse  passer  un  faisceau  de  rayons  qui  ionise  le  gaz  dans 
deux  couches  minces  de  part  et  d  nuire  de  la  cloison.  Deux  plateaux  métal- 
liques triangulaires  pour  laisser  entre  eux  et  la  paroi  la  place  pour  ruspiralion 
permettent  de  créer  des  champs  entre  eux  et  la  cloison  médiane  dans  des  sens 
tels  que,  dans  les  deux  moitiés,  prédominent  des  ions  désignes  contraires.  La 
symétrie  étant  réglée  de  manière  que,  en  l'absence  de  ces  champs,  les  nuages 
obtenus  soient  identiques  et  tombent  avec  la  même  vitesse  des  <leu\  côtés,  il 
en  e>t  autrement  une  fois  les  champs  établis.  Pour  éliminer  toute  dissymctrie 
accidentelle,  on  inverse  les  deux  champs  et  la  dillerence  se  produit  en  sens 
inverse. 


1092  C.-T.-H.    WiLSOX. 

La  «Jurée  de  chute  indiquée  dans  le  Tableau  suivant  est  le  temps  nécessaire 
an  sommet  du  nua^e  pour  descendre  au-dessous  d'un  faisceau  de  lumière  di- 
rigé dans  l'appareil  au  moyen  d'une  leniille. 

Champs  produits  par  quatre  éléments  Leclanché  fermés  sur  'loo  ohms 

dont  le  milieu  est  à  la  cloison  médiane. 

Temps  mis  par  le  aua|;e  à  tomber  Rapport  des  temps 

V.  —  ■    I  ^  ■■ —  négatifs 

V  à  gauche.  à  droite.  positifs 

V  posilifâ 5         V  nêjratif^ 16  3,2  )    , 

^  Begatifs...     13         {  positifs...       3  5,o  \ 

■é^atifs. . .  i>  .   positifs.    .  2  7,5   j 

f  positifs....  5  *  négatifs...  i5  3,o  f   . 

i  négatifs...  10  1  positifs...  2  5,o  i 

^  p«>sttils»...  3  négatifs...  10  5,o  ) 

\  positif..    .       7         \  négatifs —      12  '»7  / 

*  *  *    "  (   négatifs. . .      I4         {  positifs  ...        7  2,0  (     ' 

négatifs —       î^         .    positifs...       5  »,6   1 

I  p«>î»tifs 8         '  négatifs...      10  1,2  f       . 

*  '  ** i  nxf gati£s>. . .      i|         i  positifs  .. .       8  '»"(     ' 

po(HCi£« 8  négatifs.    .17  i,4   ' 

>  nêssuts. ..      12         \  positifs...      10  '>^  | 

* f   pot«itiÉ< 12         f  négatifs...      i3  1,1   j     ^ 

«  n^:r>(ii&-*>      1*^         '\  positifs...      10  1,0  ) 

'   po*mf* 10         ;  négatifs...      10  ^  ,0  ) 

il  ue  Mftnbte  pa>  *ju^il  \  ^il  aucun  accroissement  dans  le  nombre  des 

iv»a>  ué::utit<  utilis^-s  |Hmr  U  fonnalion  des  gouttes  quand  —  traverse 

la  rf:;iou  Jau>  laquelle  le>  ions  [x>>ilifs  commencent  à  agir.  Le  Tableau 
>ui\aut  donne  un  e\emple  des  n*suilals  obtenus  pour  diverses  dé- 
lente>  faites  à  court  înlerxalle,  de  manière  que  la  radiation  n';iit  pas 
le  iciMjw  de  chaiiirer  uouldemenl  d'intensité. 

Temps  mis  par  les  nuages  à  tomber 
fc.  *  ^  c«kuth(.  à  (iroilc. 

>^c.  *rr. 

i,jo po'^ilifs...  2  négatifs.    .  12 

I  .  ><> iioil.iliù. .  .  i>-  |)u>llifs...  '\ 

I  .  i- luiZatiN...  Il  poNllirs...  1-2 

1.3- |)o^ilif>  .  . .  12  néuiUifs...  12 

l'oiir  Nciilicr  (juc   la    mclbodc  «mu|)I(>vcc  est  sensible  à  une  l('i;('n' 
«lillVrciice  entre  les  nombres  de  i^outlt^s  produites  de  pjirl  et  dautrc. 


SUR    L*BFPICACITÉ   RELATIVE   DES   IONS    POSITIFS   ET  NÉGATIFS.  109't 

on  a  créé  des  deux  côtés  de  la  cloison  médiane  des  champs  qui  ten- 
daient à  déplacer  les  ions  né*^atifs  vers  le  gaz,  mais  ces  champs  élaienl 
(iintensités  dillerentes  dans  le  rapport  de  2  à  3,  et  le  champ  le  plus 
intense,  recueillant  les  ions  plus  rapidement,  doit  leur  laisser  une 
densité  moindre  dans  le  gaz  et  correspondre,  pour  la  même  détente,  à 
la  formation  d'un  nombre  moindre  de  gouttes,  plus  grosses  par  suite 
et  tombant  plus  vite. 

-^  =  i,3o. 
(' 

Cùté  gauclie.  Côté  droit. 

Intensités  relaiives  des  champs. ...  3  2 

Temps  mis  à  tomber 10  secondes  i>.  secondes 

Intensités  relatives  des  champs. ...  'x  3 

Temps  mis  à  tomber t'x  secondes  10  secondes 

L'auteur  montre  ensuite  qu'un  champ  intense  ne  supprime  pas  la  conden- 
sation peu  abondante  qui  se  produit  pour  les  détentes  supérieures  à  i,'ij  dan> 
l'air  normal  non  soumis  à  des  rayons  de  Bontjren.  11  en  est  de  même  pour  lit 
condensation  plus  abondante  provoquée  par  la  lumière  ultra-violette  d'une 
étincelle  entre  pointes  d'aluminium  placée  à  des  distance^  de  l'appareil  variant 
de  55*"  à  180'^'". 

Conclusions. 

i"  Pour  que  la  vapeur  d'eau  se  condense  sur  les  ions  négatifs,  la 
sursaturation  doit  atteindre  la  valeur  correspondant  à  la  détente  1,2.5 
(environ  sursaturation  égale  à  4).  Pour  que  la  vapeur  d'eau  se  con- 
dense sur  les  ions  positifs,  la  sursaturation  doit  atteindre  une  limite 
beaucoup  plus  éle\ée  correspondant  à  la  détente  i,3i  (sursaturation 
environ  G). 

2"  Les  centres  de  condensation  toujours  présents  en  petit  nombre 
dans  Pair  en  l'absence  d'actions  ionisantes  artificielles,  et  nécessitant 
exactement  la  même  sursaturation  ([ue  les  ions  pour  [)rovoquer  la 
condensation  (aussi  bien  que  les  centres  produits  en  beaucoup  plus 
grand  nombre  dans  Faction  de  la  lumière  ultra-violette  sur  Tair  hu- 
mide) ne  peuvent  pas  être  considérés  comme  des  ions  libres,  à  moins 
qu'on  ne  suppose  l'ionisation  jiroduile  au  moment  même  de  la  sursa- 
turation (  '  ). 

Nous  vovons  donc  que,  si  les  ions  agissent  dans  Tatmosphère  comme 
centres  de  condensiitions,  ce  doivent  être  principalement  ou  unique- 


(')  Coaclusion  modinée  par  l'auteur  dans  des  travaux  ultérieurs. 


I09(      G.-T.-R.    WILSON.   —   SUR  l'eFPICACITë   RELATIVK   DES    IONS    POSITIFS,   ETC. 

ment  les  ions  négatifs,  de  telle  sorte  qu'un  excès  de  charges  négatives 
se  trouvera  apporté  au  soi  par  les  pluies. 


HOTE  AJOUTÉE  LE  25  SEPTEMBRE  1899. 

Pour  que  les  résultats  précédents  puissent  s'appliquer  aux  phéno- 
mènes de  l'électricité  atmosphérique,  il  est  nécessaire  de  supposer 
que  la  condensation  se  produit  fréquemment  dans  des  régions  où  la 
vapeur  d'eau  est  sursaturante.  Les  faits  expérimentaux  manquent 
pour  ou  contre  l'existence  d'une  telle  sursaturation  qui  peut  se  pro- 
duire seulement  dans  les  régions  élevées.  Von  Bezold  et  d'autres 
admettent  la  sursaturation  pendant  les  orages.  {Sitzungsberichte  rf. 
AkatL  d,  IVissenschaft,  zu  Berlin,  1892.) 

Dans  les  couches  inférieures  de  l'atmosphère,  toujours  chargées  de 
poussières,  on  ne  peut  admettre  aucune  sursaturation.  Mais,  quand 
il  existe  un  courant  d'air  ascendant,  les  particules  de  poussière 
peuvent  être  retenues  dans  les  couches  inférieures  de  nuages,  cha- 
cune d'elles  se  chargeant  d'eau  par  condensation  et  cessant  de  s'élever 
dès  qu'une  grosseur  critique  est  atteinte  qui  dépend  de  la  vitesse 
d'ascension  du  courant  d'air.  La  sursaturation  peut  ainsi  se  produire 
dans  l'air  qui  a  laissé  au-dessous  de  lui  ses  particules  de  poussière,  et 
si  le  courant  ascendant  atteint  une  hauteur  suffisante,  une  seconde 
condensation  pourra  se  produire  sur  les  ions  à  un  niveau  plus  élevé 
que  celui  des  premiers  nuages,  ainsi  que  je  l'ai  indiqué  dans  un  Mé- 
moire antérieur  {P/iit.  Trans,,  A,  Vol.  189,  1897,  p.  286);  les  con- 
ditions sont  alors  telles  que  les  résultats  du  présent  travail  deviennent 
applicables. 

Les  gouttes  ainsi  formées  pourront  être  trop  grosses  pour  que  le 
courant  d'air  ascendant  continue  à  les  supporter,  et  leur  chute  s'ac- 
célérera pendant  leur  passage  à  travers  les  couches  inférieures  sur- 
saturées, ou  bien  elles  pourront  continuer  à  être  supportées  par  le 
courant  ascendant  et  formeront  une  couche  supérieure  de  nuages. 
Ceci  dépend  de  la  vitesse  verticale  de  l'air,  du  nombre  des  ions  et 
d'autres  conditions  encore.  De  toute  manière,  les  gouttes  ainsi  formées 
doivent  être  chargées  négativement  et  laisser  au-dessus  d'elles  des 
couches  d'air  positives. 


!>••■ 


SUR  LA  CONDUCTIBILITÉ  ÉLECTRIQUE 

DE  L'AIR  ET  DES  VAPEUUS  SALINES, 

Par  Iïaroli>-A.  WILSOX. 
Traduit  de  l'anglais  par  Edouard  SALLES. 


Philos.  Trans,,  l.  CXCVII,  1901,  A,  p.  4»-^  à  ^\\. 


—   Nous  allons  maintenant  considérer  le  calcul  de  l'énergie  requise 
pour  ioniser  le  gaz  conducteur,  en  parlant  de  la  variation  de  conduc- 
tibilité avec  la  température.  L'ionisation  a  pratiquement  lieu  dans  une 
Couche  mince,  proche  de  la  surface  de  |)latine,  et  le  nombre  d'ions, 
dans  cette  couche,  dépendra  à  la  fois  de  la  vitesse  avec  laquelle  ils 
'^o m  formés  et  de  la  vitesse  avec  laquelle  ils  se  recombineroiit.  Afin 
^'elfectuer  ce  calcul,  la  vitesse  de  production  des  ions  sera  consi- 
dérée comme  fonction  de  la  température  et  de  la  concentration  du 
gaz  dans  cette  couche.    \  une  température  constante   quelconque, 
si  C  est  la  concentration  du  gaz  et  C'celie  des  ions  positifs  et  négatifs 
"Supposée  égale,  nous  avons 

1)11  a  est  une  constante,  et  nous  supposerons  qu'une  molécule  du  gaz 
se  dissocie  en  deux  ions. 

Le  cas  est  évidemment  analogue  à  la  dissociation  de  Az^O*  ou 
2AzO'-,  et  l'équation  ordinairement  employée  pour  représenter  la 
variation  de  la  dissociation  avec  la  température  peut  s'utiliser  ici; 
nous  aurons  donc  (  *  ) 


où  q  esl  la  chaleur  développt^e  lorsqu'une  inolécule-grammc  du  gaz 


(  '  )  Van't  Hoff,  Leçons  de  Chimie  physique.  Vol.  I. 


UtM4>  tl\IIOLO-A.    WILSON. 


t'ortnet»  pur  n»rombinui54>a  »i  ioa5.  el  x  la  fraction  du  gaz  dissocié 
&  \i   teiupt^nilurt'  iàbM>lueT:   >[  es^  supposé  exprimé  en  calories  el 

S  r  .>^  iH»ûu  IVtiuatîoa  ie^i^fiLt  A}«|iro3Liinalivemenl 

«uuirx  tf  rrwbffxt  BAirauet  -fs:  fjiUe.  le  courant  est  é;ral  à 
%.  .  —  «_  •»•.  »  ^^*»  *f  munun?  Fm^ms  négatifs  et  positifs  dans 
♦►  ^-jk.  ifétr  anur  O'  ••luiBr  le  ji  :i>«che.  X^i  et  A'o  les  vitesses 
11*-^  ahî-  «*■&-  iMïiixô-  -•  Jinnci??w  A  une  constante;  A't  et  Xj 
fïT-    Jh't'^    X    tsmmrssBK^.    ^suu:   ac^Iublenient  proportionnels  iV 

^i*\r-  ftr  ^  t*ïniHfr:itanr  absolue,  par  exeni|)le  la 

'ir  cif  tiffiipérature. 
•î-  -ifiMnifîr  if  iooo*C.,  Xti  et  Ao  peu  veut 
n?  iâU3i*?*f  écarts  de  température  sans 
«  -orte   eu  kv**:    mt»  ^brire  ëleclromotrice  faible  le 
.-^Mïtut    ^    rr»i»M*wijan»t  k  t.  -«  t  *ït  prt>|)ortionnel  à  x  quand  x  est 


•  I 


^«Aâ."-*!     upr    '.     *     *i    -^Hrt»    KT>  XTï-  v'iirws  l'un  de   Tautre,  nous 
•.^112-    --Ht^'teÉuu-r  ^MT  fc  rjrrr  iiL  rzipport  des  deux  couranls 


WlK*IW.^ 


iui*.»iu.  --i**^iy»    ^Muur  tî-^   aAe*ir>  It?  '/  obtenues  en  parlant  tin 


< 


j** 


t* 


k 

•1.  > 

71  000 

• 

*-* 

64  000 

« 

•*.»> 

49000 

s^'»"i:*- 


fur.  eî*l  d'environ  60  000"' 


..'-*;«»a    iï   «••«urjnl  ;ivec  i.i  loiiiprid- 

^    ,-     :  ^7«  <iti!  e\ptrim«Milal   «'-Uni   W 

-»  I!  •'    ;■:..    n  .|iir   lo  iininc   :;.ilva- 

i-         ■   lui-"  tl«*  plalincci  rcI«'C- 

■I    i  1  I   o\'Uj'!c    lhcrnio-cIcclri<i«ic. 


r  DES  VAPRUBS  SALINES. 


Si  nous  considérons  les  charges  portées  parles  ions  comme  égale< 
il  celles  (les  ions  produits  par  l'électrol^so  des  solutions,  nous  pouvons 
alors  avoir  une  évaluation  de  la  chute  de  potentiel  à  laquelle  doil 


1       ^ 

L|J ^_i 

..Sr:iiii:Zi 

/ 

|i-  zz-z  t-_ 

^:î::::^::i 

z^   ^zt 

Tempiratan 

être  soumis  l'ion  pour  ioniser  une  molécule  d'iitr.  Il  tant  tj,i\  X  lo' 
coulombs  pour  élcclrolyser  i  moléciile-yrammc  d'une  substance  quel- 
conque; par  ciiuséquenl,  lu  chute  de  potentiel  nécessaire  sera  de 


L'énerRtc  mise  en  I 
gramme  d'eau  est  foi 
pour  être  enviion  17c 


g'ii 


^:So 


.alcnléc  po 


lé  dans  une  solution  quand  une  molécnle- 
cn  parlant  des  ions  H  cl  OH,  est  connue 

',  el  quand  l'ozone  (.)'  est  décomposé  en  oxj- 
i*""'  soni  mises  en  liberté.  Il  <'sl  intéressant  de  noter  que 
e  dans  les  dcu\  cas  est  du  même  ordre  de  )i;randeur  que 


r  l'ail 


d'autrt 


.  le  noi 


■  les 


Hutheiford  a  déterminé,  d'une  part,  la  quantité  d'éneqjie  aJisorbée 
sous  forme  de   ravoiis  île  Kont^cii   par  un  volume  donné  d'air,  et, 
inbre  d'ions  produits  dans  le  même  vol 

il  a  déduit   l'éneifiie  nécessaire  pour  iouisf 

inpératurc  ordinaire;  son  résultat,  expiim 

volts  et  multiplié  [nir  la  charjje  iiorléc  par  l'ion,  est  donné  p;ir  I 


rayons;  île  ces  données 
une  molécule  d'air 


lOgS      HAROLD-A.    WILSON.  —  SUR   LA   CONDUCTIBiLlTÉ   ÉLECTRIQUE   DE   l'aIR,    ETC. 

nombre  170,  nombre  enM*ron  70  fois  supérieur  à  celui  que  j'ai  obtenu 
à  des  températures  supérieures  à  1000".  Il  est  probable  que,  dans 
l'expiTicnce  du  professeur  Hutherford,  la  plus  grande  partie  des 
rayons  de  Rontgen  absorbés  par  Tair  n'était  pas  employée  à  produire 
des  ions. 

Si  nous  supposons  que  l'énergie  requise  pour  ioniser  une  molécule 
est  due  à  Tal traction  électrique  entre  les  deux  charges,  il  est  alors 
facile  de  calculer  la  dislance  qui  les  sépare  avant  que  la  molécule 
soit  ionisée. 

Si  e  est  la  charge  portée  par  l'ion  et  /•  la  distance  requise, 


^,0^  _  e* 
3oo    ~~   r 

et,  d'après  J.-J.  Thomson  ('), 

e  =  fi  X  10 -*o  unités  E.S., 

d'où 

/•  =  7  xio-'  cm. 

Ce  nombre  est  du  même  ordre  de  grandeur  que  le  rayon  d'activité 
moléculaire  dans  les  liquides  à  la  température  ordinaire.  Le  profes- 
seur Townsend  (-)  a  montré  que  la  chute  de  potentiel  nécessaire 
pour  que  l'ion  ait  une  énergie  suffisante  pour  ioniser  une  molécule 
d'air  à  la  température  ordinaire  est  probablement  moindre  que  5  volts, 
et  supérieure  à  i  volt.  Mon  résultat,  ?.,()  volts  pour  l'air  à  des  tempé- 
ratures su|)érieures  à  1000"  C,  est,  |)ar  suite,  presque  le  même  que 
celui  do  Townsend,  en  dépil  de  la  grande  différence  entre  les  tempé- 
ratures où  SOS  expériences  et  les  miennes  ont  été  faites. 


(^)  Phil.  Ma<:.,  décembre  189H. 

(')  ConducUbilild  produite  dans  lea  s^az  par  le  mouvement  des  ions  chargés 
négativement  {Phil.  Mag.,  février  190 1). 


LES  LOIS  DE  L'ÉLECTROLYSE  DES  VAPEURS 

DES  SELS  ALCALINS, 

Par  Harold-A.  WILSON. 
Traduit  de  l'anglais  par  M.  MOULIN. 


Philosophical  Magazine,  i.  IV,  1902,  p.  207  à  214. 


En  1891,  Arrliénius  (  n VVfrf.  .Inn.y  l.  XLII,  1891,  p.  18)  publiait 
les  résultats  de  recherches  qu'il  avait  faites  sur  le  passage  de  l'élec- 
tricilé  à  travers  les  flammes  contenant  des  vapeurs  salines,  et  propo- 
sait d'admettre  comme  théorie  que  les  sels  sont  dissociés  en  ions  de 
la  même  façon  que  dans  les  solutions  aqueuses. 

Les  résultats  d'Arrhénius  furent  confirmés  et  étendus,  en  1899,  par 
<ies  recherches  commencées  par  le  professeur  A.  Smithell  et  pour- 
suivies en  collaboration  avec  le  D*^  II. -M.  Dawson  et  Fauteur  {PhiL 
Trans.,  A.  1899).  Depuis,  l'auteur  a  publié  les  résultats  de  travaux 
«Itérieurs  quisemblent  montrer  d'une  manière  concluante  que  la  con- 
duclion  à  travers  les  va|)eurs  salines  s'eirectue  par  l'intermédiaire 
d'ions  de  quelque  nature  et,  par  conséquent,  est  analogue  à  la  con- 
duction dans  les  solutions,  à  ce  point  de  vue  au  moins. 

Les  expériences  qui  vont  être  décrites  maintenant  furent  entre- 
prises dans  le  but  de  déterminer  les  conductivités  relatives  des  vapeurs 
de  diflerenls  sels  alcalins  à  diverses  températures.  Quelques-uns  des 
résultats  obtenus  ont  été  publiés  dans  une  Note  sur  la  conductibilité 
électrique  de  Vair  et  des  vapeurs  salines,  lue  à  la  Société  Royale 
celte  année. 

En  solution  aqueuse,  un  sel,  tel  que  KCI,  se  dissocie  en  deux  ions 
(-1-  K)  et  ( —  Cl),  de  sorte  qu'il  est  naturel  de  supposer  que,  dans  les 
vapeurs  salines,  les  ions  sont  de  même  nature. 

Toutefois,  la  détermination  des  mobilités  des  divers  ions  dans  les 
vapeurs  salines  montre  (pie  ces  ions  se  comportent  généralement 
comme  s'ils  étaient  beaucoup  plus  lourds  que  des  alomes  isolés  et  que 


l'ion  {)Oïîtif  se  meut  toujours  plus  lenlemenl  i|ae  I  koi  iM-.rBtil-  Itus 
ces  rnndilioni  l'hvpolhèse  précédente  ne  «emble  pin*  jtnuMtn  # 
Justilier  sans  qu'une  es]iénence  ultérieure  ne  pr^me  «-n  sa  fmejiT. 


I<es 


expériences  qu 


vont  être  décrites  mainleiuiil  i 


faeun  roncluanle  qu'au-dessus  de  i3oo''C..  il  v  a  ud«  anitlupe  rtrulc 
entre  les  tapeurs  salines  et  les  éleclrolvtes  lîqaîd«s.  Eai  iiôL  dl» 
montrent  que  les  lois  de  l'éleclrolvse  de  Faradar  sont  rîçt«oreifciei«* 
applicables  aui  tapeurs  salines  de  ta  inéme  façon  qn  aox  solotM*» 
salines. 

Il  est  probable  que  les  ions  gazeux  attirent  ter*  eni  ks  na^Wal» 
iteulres  dont  la  présence  explique  leur  très  faible  mobilité;  «^  diK 
net  ordre  d'idées,  les  ions  positifs  contiennent  évidenuDenl  Iteanceap 
plus  de  molécules  que  les  ions  négatifs,  de  sorte  que  \e~  i<at<sé£*ti& 
se  mcuvcnl  plus  vite.  Mais  celte  condensation,  qui  pArvit  puliralinT 
Hiix  ions  à  l'état  gazeux,  n'iniluc  pas  nécessairement  sur  le  BtinW 
d'ions  produits  jiar  la  dissociation  d'une  molécule  du  *«1  ootqfrlts 
i-linrges  qu'ils  transportent.  On  verra,  par  la  suite,  qu'an  sel  i  Irtil 
de  vapeur  donne  naissance  au  même  nombre  d'ions,  iransportaBl  11 
même  cbargc,  qu'un  sel  en  solution  aqueuse;  en  d'autres lenDes.iK 
vapeur  saline  jouit,  au  point  de  vue  du  transport  de  rélcriiicilé.  d» 
mêmes  ])r»priétés  qu'une  égale  quantité  de  sel  en  solution. 

L'appareil  employé  est  schématisé  dans  la  fiftore  i .  Il  se  eonp.'^ 


fr\ 


l„ I„.  ,!.■  |.h.lim-  rr  <!.■  .( .le  loiigcicui-  c[  de  u-.;.'!  ik  Ju- 

ii.ihv  .|ui  |,ui-l;.il   .MU-  r,.llciTllc  Kl''  lii-  (> dc  diiii.K-lre  i  l'',ineJ<»^ 

AKvinil.'..  C>  ml..' •'Inll  >..iilon..  Ii..r;2..nul.'inrul  ,I..iis  ....  Im.r  UiU- 

l..;.v  .11-  |-1,-l,l..-i-.  I,a  .■,.ll,Ti-ll.'  s.-.>..il  à  |i. ■ft-r  l,Mi-,'i..il,-  ...iM-rl.' 

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Iillie.l..   |,l,i.i,„.  ,1e   ,..""   ,1e    l„„pie„|-el   ,1e  o"'.:i   ,1e   ,li,,...,-lr.-.  el,« 


LES   LOIS   DE   LELECTR0LY8K    DES   VAPEt'BS   DES  SELS  ALCALINS.  MOI 

soutenue  dans  une  position  réglable  le  long  de  l'axe  du  tube  TT'. 
L'extrémité  de  cette  électrode  était  fermée  par  un  chapeau  conique 
en  platine  et  se  trouvait  engagée  de  9*""*  à  l'intérieur  du  tube. 

En  T',  le  tube  de  platine  était  ajusté,  de  manière  a  ce  (|uc  le  joint 
soit  étanche,  dans  un  tube  de  verre  par  lequel  arrivait  de  Tair  chargé 
de  gouttelettes  d'une  solution  saline.  Les  gouttelettes  étaient  obtenues 
à  l'aide  d'un  pulvérisateur  de  (jouy  S  qui  projetait  ces  gouttelettes 
dans  une  ampoule  G  d'environ  8'*'"  de  diamètre;  l'air  et  les  goutte- 
lettes passaient  ensuite  à  travers  un  tube  en  L  renversé  dans  lequel  les 
plus  grosses  gouttes  se  déposaient.  La  solution  saline  était  contenue 
dans  un  réservoir  dont  le  niveau  était  à  3o*''"  au-dessus  du  bec  du 
pulvérisateur.  La  plus  gninde  partie  des  gouttes  était  arrêtée  dans 
l'ampoule  et  dans  la  première  partie  du  tube  en  C  et  était  remontée 
au  réservoir  par  un  tube  dans  lequel  le  liquide  était  chassé  par  de 
l'air  comprimé. 

L'air  comprimé  employé  était  obtenu  au  moyen  de  deux  trompes 
soufflantes  semblables  à  l'une  de  celles  qui  ont  été  employées  dans  le 
travail  précédent  sur  la  conductivité  des  flammes.  Ln  peu  d'air 
s'échappait  par  barbotage  dans  du  mercure  pour  maintenir  la  pression 
à  peu  près  constante;  le  reste  passait  dans  une  grande  tourie  pour  at- 
ténuer les  petites  oscillations  de  pression. 

La  pression  de  l'air  au  pulvérisateur  était  mesurée  au  moyen  d'un 
manomètre  à  eau  et  était  maintenue  à  So^"".  Ce  dispositif  fournissait 
assez  d'air  pour  faire  fonctionner  le  pulv<'*risateur  et  le  four,  sauf  pour 
des  températures  supérieures  à  i  100",  pour  lesquelles  l'air  envoyé  au 
four  était  additionné  d'oxygène  provenant  d'un  tube  à  gaz  comprimé, 
ce  qui  permettait  d'atteindre  une  température  de  i^oo'C. 

La  température  du  tube  était  mesurée  au  moyen  d'un  couple 
thermo-électrique  platine-platine  rhodié  (jui  était  simplement  relié 
par  l'intermédiaire  d'une  boîte  de  résistance  et  d'un  commutateur  à 
un  «jalvanoniètre  amorti  Avrton-Mather  d'environ  joo  ohms  de 
résistance. 

Le  fil  de  platine  servait  à  supporter  le  tube  et  le  fil  Pl-Kh  était 
soudé  sur  le  tube  en  un  point  de  s;i  surface  supérieure,  de  sorte 
f|ue  le  tube  lui-même  formait  un  des  ('hînienls  du  couple,  i^e  couple 
('•tait  étalonne?  en  déterminant  la  déviation  du  galvanomètre  corres- 
pondant au  point  de  fusion  de  SO*K*  (|ui  fond  suivant  Ih^ycock  et 
Neville  à  lofiG^C,  SD^  K-  étant  introduit  dans  le  tube  sur  une  petite 
•>patule  de  platine;  on  augmentait  graduellement  la  température  et 
l'on  notait  la  d(''\iation  correspondante.  Alors,  maintenant  le  tube  à 


1102  IIAIIUI.D-A.    WlLSOX. 

une  série  de  le  m  pé  rature  s  eroissaules  aux.  environs  du  point  de  fusion 
et  cherchant  à  laquelle  SO*  R-  fondait,  il  était  possihie  d'obtenir 
deux  températures  très  voisines  pour  Tune  desquelles  SO*K^  fondait 
et  pour  l'autre  restait  solide.  La  moyenne  des  deux  déviations  du 
galvanomètre  était  considérée  comme  correspondant  à  io66"C.  et  la 
température  correspondant  à  une  autre  déviation  était  d'abord  cal- 
culée en  supposant  la  déviation  proportionnelle  à  la  différence  de 
température  des  deux  soudures.  Les  températures  correspondant  au 
couple  platine,  ainsi  obtenues,  ont  été  ramenées  à  l'échelle  centi- 
grade au  moyen  des  Tables  de  correction  données  par  Callendar 
(P/iiL  Mag.y  déc.  1899,  p.  534). 

Cette  méthode  de  détermination  des  températures  était  très  suffi- 
samment précise  pour  le  but  des  présentes  recherches,  pour  lesquelles 
il  était  inutile  d'avoir  une  précision  plus  grande  que  5**  à  10";  suivant 
Callendar,  les  corrections  sont  beaucoup  plus  précises  vers  1000**  et. 
à  3oo",  l'erreur  n'est  pas  supérieure  à  10". 

Les  fils  de  Pi  et  Pt-Hh  plongeaient  dans  des  godets  de  mercure 
maintenus  à  teuipérature  connue  dans  un  bain  d'eau;  de  ces 
godets  partaient  des  fils  de  cuivre  conduisant  au  galvanomètre. 

Le  gaz  qui  alimentait  le  four  était  maintenu  à  pression  constante 
au  moyen  d'un  gazomètre  et  le  tube  amenant  l'air  et  l'oxygène  était 
muni  d'un  manomètre  à  eau  au  moyen  duquel  on  pouvait  maintenir 
la  pression  constante  pendant  un  temps  aussi  long  qu'il  était  néces- 
saire. De  cette  manière,  le  tube  pouvait  être,  sans  difficulté,  main- 
tenu constamment  à  la  tî'uipérature  voulue  à  moins  de  ;V'C.  près. 

Le  courant  qui  passait  à  travers  l'air  et  la  vapeur  saline  entre 
l'électrode  EE  et  le  tube  Tï',  sous  des  différences  de  potentiel  variées, 
était  mesuré  au  moyen  d'un  galvanomètre  Ayrton-Mather  G|.  La 
diflerence  de  potentiel  était  obtenue  à  l'aide  d'une  batterie  de  petit> 
accumulateurs  B  et  était  mesurée  au  moyen  d'un  voltmètre  électro- 
statique Braun  indiquant  de  5o  volts  à  i5oo  volts.  Deux  commuta- 
teurs servaient  à  renverser  le  courant,  soit  dans  le  galvanomètre 
seulement,  soit  dans  tout  l'apiiareil. 

La  figure  2  montre  la  variation  du  courant  avec  la  température 
sous  une  force  électromolrice  constante  (840  volts),  quand  on  pul- 
vérise des  solutions  à  i^  par  litre. 

On  verra  que,  dans  chaque  cas,  le  courant  croît  rapidement  jusqu'à 
une  valeur  à  peu  près  constante  qui,  dans  le  cas  de  Kl,  se  maintient 
pour  une  grande  variation  de  température.  Vers  1 '^oo",  le  courant 
recommence  à  monter  rapidement  et,  pour  une  température  supé- 


LES  LOIS  DK  L  KLECTROLYSE  DES  VAPELUS  DES  SELS  ALCALINS. 


I  io3 


rieure  à  i3oo",  il  atteint  brusquement  une  valeur  s)  peu  près  con- 
stante. C'est  de  cette  valeur  sensiblement  constante  que  s'occupe  la 
présente  Note.  Klle  paraît  être  le  courant  maximum  que  peut  trans- 
porter la  quantité  de  sel  passant  à  travers  le  tube,  parce  qu'il  varie 
très  peu  quand  on  accroît  la  température  ou  la  force  électromotrice. 


Fig.  a. 


1000     1100 


1200      1300      ^^00 


Naturellement,  il  est  possible  qu'avec  des  températures  ou  des 
forces  électromotrices  plus  élevées  que  celles  qu'il  était  permis 
d'utiliser  dans  ces  expériences,  un  nouvel  accroissement  de  courant 
puisse  se  présenter;  mais,  en  l'absence  d'une  |)reuve  contraire,  cette 
valeur  approximativement  constante  du  courant  sera  regardée  dans 
ce  qui  suit  comme  le  courant  maximum  que  le  sel  employé  peut 
transporter. 

Ce  courant  peut  être  appelle,  par  convonlion,  conranf  de  satura- 
tion pour  le  sel  particulier  employé. 

Dans  le  Tableau  suivant,  les  valeurs  de  ce  courant  maxijnum  obser- 
vées avec  un  certain  nombre  de  solutions  de  dillérents  sels  sont 
données  dans  la  colonne  intitulée  courant  (G).  L'équivalent  électro- 
chimique  (E)  et  la  valeur  du  produit  EC  sont  également  donnés  pour 
chaque  solution. 

La  température  dans  chaque  cas  était  d'environ  i3jo"C.  et  la  force 
électromotrice,  de  84o  volts. 


I  loi 


HAHOLD-A. 

WILSOX. 

Grammes 

KquÎTalcnt 

par 

électro- 

Sel. 

litre. 

chimique  E. 

Courant  C. 

CsCL... 

10 

i68 

i5,i    X 

10-^ 

Rbl 

lO 

•21  SI 

i3,5 

M 

Kl 

lO 

166 

16,4 

»» 

Nal 

lO 

l'JO 

16,4 

» 

Os  CI.... 

168 

1,61 

» 

Cs'CO^. 

iG3 

1,61 

» 

Rbl 

'212 

I  ,25 

» 

RbCI..    . 

l-lf 

'.,24 

» 

Rb«CO'. 

1  f  J 

>,44 

n 

Kl 

ir>6 

1,66 

» 

KBr 

i»9 

2,l3 

» 

KF 

58 

4,42 

» 

K«GO».. 

69 

4,00 

u 

\al 

i5o 

1,82 

)» 

NaBr.... 

io3 

•2,44 

1» 

\aCI.... 

^9 

4,73 

» 

\a«GO^  . 

Î3 

4,73 

» 

Lil 

i34 

2,03 

M 

LiBr.... 

87 

3,12 

» 

LiCl.... 

iJ 

6, 25 

» 

Li«C()ï.. 

^7 

7,48x 

10-* 

EC 

9,  j4  X  10- 

-1 

2,86 

» 

•2,72 

» 

2,46 

u 

•2,70  X  10- 

-S 

2,62 

» 

>,65 

tt 

î»w« 

1» 

2,80 

• 

2,75 

» 

2,53 

• 

2,57 

B 

2 , 7() 

0 

2,73 

» 

•». ,  52 

n 

•^,79 

H 

2,5l 

>» 

•2 ,  72 

W 

^,7î 

1) 

•>  ,69 

» 

2,77  X 

10- 

-î 

Il  est  clair,  d'après  ces  résultats,  que  le  courant  de  saturation  est 
inversement  proportionnel  à  l'équivalent  éleclrochimique  du  sel.  La 
\aleur  movenne  2,(57  -^  '^^~*  ^"  produit  EC  pour  des  solutions  à  i^ 
par  litre  esl  très  approximativement  égale  au -j-*^  de  la  valeur  2, ()5  x  io~' 
obtenue  avec  des  solutions  contenant  10^  par  litre,  ce  qui  montre 
(|ue  le  courant  de  saturation  est  proportionnel  à  la  concentration  de 
la  solution  pulvérisée. 

()uand  un  éleclrolyte  esl  décomposé  par  le  passage  du  courant,  sui- 
vant les  lois  bien  connues  de  Télectrolyse  données  par  Faraday,  la 
(pianlité  de  sel  décomposée  est  proportionnelle  :  1"  à  la  quantité 
d'électricité  transportée  et  2"  à  l'équivalent  chimique  du  sel.  Nous 
\ oyons  donc  (pic  les  résultats  précédents  qui  montrent  :  1"  que  la 
<|uanlité  maxima  d'électricité  transportée  par  une  vapeur  saline  est 
proportionnelle  à  la  (pianlité  de  sel  passant  entre  les  électrodes  et  a" 
<|ue  le  courant  de  saturati(m  pour  une  quantité  déterminée  (Je  sel  qui 
passe  entre  les  électrodes  est  inversement  proportionnel  à  ré(]uivalent 
(*himique  du  sel,  prouvent  que  les  lois  de  Télectrolysc  de  Faraday 
s'appliquent  aussi  au  courant  de  saturation  transporté  par  une  vapeur 
saline. 


LKS   LOIS   DE   l'ÉLECTROLYSB   DES   VAPEURS   DES  SELS  ALCALINS.  Ilo5 

Pour  montrer  que  Tanalogie  entre  les  vapeurs  salines  et  les  électro- 
Ivles  est  complète,  il  reste  à  montrer  que  le  facteur  de  proportionna- 
lité de  la  seconde  loi  est  le  me^ine  pour  les  deux.  Pour  en  décider,  il 
était  nécessaire  de  déterminer  la  quantité  de  sel  qui  passait  entre  les 
électrodes  quand  une  solution  de  concentration  connue  était  puhé- 
risée. 

La  quantité  de  sel  passant  dans  le  tube  était  déterminée  par  une 
méthode  qui  est  une  modification  de  celle  primitivement  employée 
par  Arrhénius  pour  mesurer  la  quantité  de  sel  pulvérisée  dans  une 
flamme. 

Une  solution  contenant  /\o^  de  chlorure  de  lithium  par  litre  était 
pulvérisée.  L'air  chargé  de  gouttelettes  était  mélangé  avec  du  gaz 
d^éclairage  et  le  mélange  brûlait  au  bout  d^un  tube  de  laiton,  de  ma- 
nière à  former  une  flamme  de  Bunsen.  Un  brûleur  Bunsen  était  réglé 
de  façon  à  donner  une  flamme  semblable  et  sensiblement  égale  qui 
fut  placée  tout  près  de  la  première.  Une  perle  pesée  de  LiCl  fondu 
était  maintenue  dans  Taxe  de  la  seconde  flamme  sur  une  boucle  de  fil 
de  platine  et  sa  hauteur  dans  la  flamme  était  réglée  jusqu^à  ce  que  les 
dfui  flammes  paraissent  également  colorées. 

Dans  ces  circonstances,  la  quantité  de  sel  iournie  aux  deux  flammes 
doit  être  sensiblement  la  même,  de  sorte  que  la  perte  de  poids  de  la 
perle  de  LiCl  mesure  la  quantité  de  LiCl  pulvérisée. 

La  perte  de  poids  de  la  perle  de  LiCl  fut  de  •-'"•6  en  lo  minutes 
dans  une  expérience  et  de  G"'8  en  lo  minutes  dans  une  autre.  Cela 
donne  pour  le  nombre  de  milligrammes  de  sel  passant  par  seconde 
dans  le  tube  de  platine,  quand  une  solution  à  i^  par  litre  est  pulvé- 
risée : 


Goo  X  4o 


=  2,7  X  lO" 


Pour  la  même  quantité  d'un  sel  quelconque,  nous  avons  trouvé 
expérimentalement 

EC  =  9.,67X  io-«. 

Dès  lors,  la  quantité  d'un  sel,  d'équivalent  électrochimique  unité, 
qui  passera  par  seconde  et  correspondra  à  un  courant  de  i  ampère, 
sera  de  : 

2    ■"  X  lO — ^ 

— If =  I  oi  X  10-*  milligramme. 

2,67  X  10-*         '  ° 

Or,    I   ampère-seconde   libère   en   électrolyse   i,o^Xio~^   milli- 
gramme d'hydrogène,  de  sorte  que  l'on  voit  que  le  facteur  de  pro- 
S.  P.  70 


IIo6      HAftOLD'A.   WILSOX.    —   LES   LOIS   DE   L^ÉLECTaOLTSB  DES  TArErBS,    ETC. 

porlionnalilé  est  approximativement  le  même  pour  les  vapeurs  salines 
que  pour  rélect/*olyse. 

Il  est  évident  que  ces  résultats  prouvent  que  les  lois  de  Faradaj 
pour  le  passage  de  Télectricité  à  travers  les  liquides  s*appliquent 
aussi  aux  sels  alcalins  à  l'état  de  vapeur.  Ceci  doit  être  regardé  comme 
une  confirmation  de  l'hypothèse  où  Ton  suppose  que  le  passage  de 
l'électricité  à  travers  les  vapeurs  salines  se  fait  d'une  manière  tout  à 
fait  analogue  à  l'électroljse  des  solutions  salines. 

Dans  une  solution  diluée  d'un  sel  tel  que  KCl,  on  admet  que  chaque 
molécule  du  sel  est  dissociée  en  deux  ions  (-h  K)  et  ( —  Cl).  Suivant 
la  théorie  corpusculaire,  si  nous  représentons  un  corpuscule  par  a, 
ces  ions  sont  alors  K  —  a  et  Cl  -+-  a. 

Les  résultats  donnés  dans  cette  Note  prouvent  que  la  quantité 
d'électricité  que  peut  transporter  un  sel  à  l'état  de  vapeur  est  égale  à 
la  quantité  d'électricité  nécessaire  pour  électrolvser  la  même  quan- 
tité de  sel  en  solution. 

Dans  la  théorie  corpusculaire,  ceci  peut  être  interprété  de  deux 
manières  :  la  première  invoque  l'électroljse  du  sel,  tandis  que  la 
seconde  ne  l'invoque  pas.  Suivant  la  première,  les  molécules  de  la 
vapeur  saline  se  dissocient  en  ions.  Ces  ions  se  meuvent  alors  vers  les 
électrodes  et  y  déposent  leur  charge,  devenant  alors  K  et  Cl;  K  à 
Télectrode  négative,  Cl  à  l'électrode  positive. 

Suivant  Taulre  interprétation,  la  molécule  de  vapeur  saline  perd 
un  corpuscule,  formant  alors  deux  ions 

KCl  — a     et     a, 

KCl  —  a  se  dirige  alors  vers  l'électrode  négative  et  des  corpuscules 
seulement  vers  l'électrode  positive,  de  sorte  qu'il  ne  se  produit  au- 
cune séparation  des  deux  atomes  constituant  la  molécule. 

La  grande  mobilité  des  ions  négatifs  par  rapport  à  celle  des  ions 
positifs  semble  en  faveur  de  cette  dernière  manière  de  voir;  mais  des 
cas  connus  où  la  séparation  des  éléments  d'un  composé  par  électrolyse 
dans  le  gaz  paraît  avoir  lieu,  sont  nettement  en  faveur  de  l'hypothèse 
<iue  les  ions  sont  semblables  à  ceux  qui  existent  dans  les  solutions. 

Les  expériences  présentes  ne  peuvent  montrer  ce  que  les  ious  de- 
>  ieun(Mit  après  s'être  déchargés  sur  les  électrodes;  mais  il  semble  qu'ils 
ne  doivent  plus  ])arliciper  iillérieurenient  au  transport  de  réleclricité. 

J'espère  cpie  d'autres  cxpj'riences  jetteront  un  peu  de  lumière  sur 
cr  point. 


DÉTERMINATION  DE  LA  CHARGE  DES  IONS 

PRODUITS  DANS  L'AIR  PAR  LES  RAYONS  RÔNTGLN, 


Par  Harold-A.  WILSON. 
Traduit  de  l'anglais  par  P.  LUGOL. 


Philosophical  Magazine,  6*  série,  t.  V,  1903,  p.  429-^51. 


Dans  un  Mémoire  Sur  les  propriétés  électriques  des  gaz  récent- 
ment  préparés,  le  professeur  Tovvnsend  (*)  a  décrit  une  détermina- 
tion de  la  charge  moyenne  des  gouttelettes  composant  le  nuage  qui 
se  forme  quand  on  fait  barboter  dans  Teau  de  l'oxygène  récemment 
préparé.  Il  l'a  trouvée  égale  à3  x  io~">  U.  E.  S.  Ilyades  raisons  d'ad- 
mettre que  chaque  goultelette  contient  un  ion,  et  que  par  conséquent 
le  résultat  de  Townsend  peut  être  considéré  comme  se  rapportant  à 
la  charge  d'un  ion,  charge  qui  sera  toujours,  dans  ce  qui  suit,  dési- 
gnée par  e.  Le  résultat  que  j'ai  oblenu  est  en  complet  accord 
avec  lui. 

Le  professeur  J.-J.  Thomson  (-)  a  donné  deux  estimations  de  e;  la 
première  résulte  de  la  détermination  de  la  charge  moyenne  des  gout- 
telettes d'un  nuage  formé  par  condensation  de  la  vapeur  d'eaii  sur 
les  ions  produits  dans  l'air  par  des  rayons  Ront^en,  et  la  seconde 
d'une  détermination  semblable  relative  aux  ions  produits  par  une 
plaque  de  zinc  sous  l'action  de  la  lumière  ultra-violette.  Le  résultat 
moyen  a  été  6,5xio~'®  pour  la  [)reiaière  et  6,8xio~"*  pour  la 
seconde  ('). 


(•)  Phit,  Mag.,  fév.  1898;  Journ,  de  Phys.,  3*  série,  t.  VII,  p.  S;*).  Voir  aussi  ce 
Volume. 

(')  Phit.  Mag.^  (léc.  i8y8  et  1839;  Journ.  de  Phys.,  3*  série,  t.  IX,  1900,  p.  120. 
Voir  aussi  ce  Volume. 

(')  Le  résultai  d  une  détermination  plus  récente  du  professeur  J.-J.  Thomson  {voir 
aussi  ce  Volume)  n*est  venu  à  la  connaissance  de  Fauteur  qu'après  la  rédaction  de  son 
Mémoire. 


II08  ilAROLD-A.   WILSON. 

Comme  Ton  peut  déduire  immédiatement  de  la  connaissance  de  e 
le  nombre  des  molécules  contenues  dans  i^"*  de  gaz;  comme  de  plus 
la  valeur  absolue  de  e  présente  par  elle-même  un  intérêt  considé- 
rable, il  m'a  paru  utile  d'en  faire  une  nouvelle  détermination  par  une 
méthode  différente. 

Cette  méthode  utilise,  comme  celle  du  professeur  Thomson,  la  condenisation 
de  la  vapeur  d'eau  sursaturante  autour  des  ions  produits  par  des  rayons 
Rontgen{«). 

Il  est  présumable  que  chacune  des  gouttes  du  nuage  contient  un  ou 
plusieurs  ions.  Supposons  qu'une  gouttelette  contenant  un  ion  et 
ayant  par  conséquent  une  charge  e^  ait  une  masse  m  que  Ton  peut 
déterminer  en  observant  sa  vitesse  de  chute  v^  dans  l'air.  Si  on  lui 
applique  un  champ  électrostatique  vertical  d'intensité  X,  elle  sera 
soumise  à  une  force  Xe  due  au  champ,  de  sorte  que  la  force  totale 
sera  Xe  -j-  mg^  où  g  désigne  l'accélération  de  la  pesanteur,  et  où  l'on 
compte  la  force  Xe  positivement  quand  elle  a  la  même  direction  que  le 
poids  mg,  La  vitesse  du  mouvement  uniforme  d'une  sphère  dans  un 
fluide  visqueux  est  proportionnelle  à  la  force  qui  agit  sur  elle,  de 
sorte  que  la  vitesse  de  chute  de  la  gouttelette  sera  altérée  par  le 
champ  électrique.  Soit  v^  sa  nouvelle  valeur.  Nous  aurons 


La  relation  entre  m  et  i^i  est  donnée  par  l'équation 

1 
m  =  3,1  X  io~«x  t'J     (*), 

de  sorte  que  l'on  a 

e=  3,1x10-9^(4^,-1^1)1^1. 

Si  donc  l'on  connaît  X,  il  suffira  de  mesurer  P|  et  v.x  pour  déter- 
miner complètement  e.  Telle  est  la  méthode  que  j'ai  employée. 

J'ai  trouvé  qu'avec  des  rayons  Rôntgen  intenses  quelques-unes  des 
gouttelettes  du  nuage  avaient  des  charges  plus  fortes  que  d'autres.  De 
fait,  il  a  quelquefois  paru  que  l'on  avait  affaire  à  plusieurs  sortes  de 
gouttelettes  ayant  des  charges  sensiblement  dans  les  rapports  1:2:.'). 


(»)  C.-T.-R.  W1L8ON,  Phil.  Trans.,  A,  1897,  p.  a65  et   A,  1R99,  p.  4o3.  Voir  aussi 
ce  Volume. 
(')  J.-J.  TuoMSON,  Phil,  Mag.f  déc.  1899,  p.  56r.  Voir  aussi  ce  Volume. 


LA  CHABGE  DES  IONS  PRODUITS  DANS  l'AIR  PAR  LES  RAYONS  RoNTGEN.   liOg 

Il  semblait  donc  que  quelques-unes  des  gouttes  continssent  i  ion, 
quelques-unes  2,  et  ainsi  de  suite.  Ceci  concorde  avec  l'observation 
du  professeur  Thomson  que,  lorsque  l'intensité  des  rayons  dépassait 
une  certaine  limite,  le  nombre  des  gouttelettes  du  nuage  ne  croissait 
pas  proportionnellement  au  nombre  des  ions  présents  au  moment  de 
la  détente.  Le  professeur  Thomson  employa  alors  des  rayons  assez 
faibles  pour  que  dans  ses  expériences  chaque  goutte  contînt  proba- 
blement un  seul  ion,  condition  nécessaire  au  succcs  de  sa  méthode. 
Les  principaux  avantages  de  la  mienne  sont  de  n'exiger  ni  la  dé- 
termination du  nombre  des  gouttes  du  nuage  et  du  nombre  d'ions 
présents  au  moment  de  sa  formation,  ni  la  supposition  que  chaque 
gouUelette  contient  un  seul  ion.  Ces  déterminations  impliquent  des 
hjpothèses  qui  ne  peuvent  être  qu'approximativement  vraies  dans  la 
pratique,  et  l'on  risque  toujours  que  quelques-unes  des  gouttes  du 
nuage  contiennent  plus  d'un  ion. 

La  Hgure  i  représente  l'appareil  employé.  Le  tube  de  verre  AB  a  environ 

Fig.  I. 


Aspirateur 


«r"  de  diamètre  et  10*""  de  longueur;  une  batterie  de  petits  accumulateurs  peut 
établir  entre  les  disques  de  laiton  C  et  D,  de  S*""*, 5  de  diamètre,  lu  différence  de 
potentiel  que  Ton  désire,  jusqu'à  stooo  volts.  Le  petit  manomètre  à  mercure  H 
permet  de  m  îsurer  la  détente  ;  Télectro-aimant  M  permet  d'ouvrir  brusquement 
la  soupape  V,  et  toujours  exactement  de  la  même  manière.  Au-dessous  de» 


â't^ffn^^.  AH  c^fit'ieM  4<;  l>aa  ;  Tair  a  été  débaiTas<é  de  poa^siéres  à  la  manière 
ordinaire,  par  d^^s  d^^iewte^  r<Çp^l^4^^  et  espacées  de  manière  à  permettre  U 
pr^ripiiarion  do  krf^iMard  formé. 

On  af:lionn;»it  nn  tiil>€  à  rayons  Rontgen  disposé  près  de  ABde 
manirrft  rjfie  le^  ravon»  passaient  entre  les  disques.  On  fermait  alors 
\e  cirriiit  de  réiettro-aimant,  ce  qui  produisait  une  détente  soudaine. 
Ln  nuage  %e  formait  entre  les  disques,  et  l'on  mesurait  le  temps  mis 
par  sa  face  supérieure  à  tomber  du  disque  supérieur  au  disque  infé- 
rieur. On  avait  trouvé  ainsi  la  vitesse  i^i  en  l'absence  du  cliamp  élec- 
trique. On  répétait  alors  Texpérience,  mais  en  reliant  les  disques  à  la 
batterie  immédiatement  après  la  détente,  et  Ton  obtenait  ainsi  la 
vitesse  de  chute  Tj  dans  le  champ  électrique. 

On  trouva  qu'en  maintenant  les  rayons  pendant  toute  la  durée 
d'une  expérience,  on  obtenait  de  très  grandes  valeurs  pour  la  charge 
de  chaque  gouttelelte.  Un  champ  de  quelques  centaines  de  volts  par 
centimètre  était  abirs  suffisant  pour  entraîner  vers  le  haut,  et  non  vers 
le  bas,  un  grand  nombre  de  gouttelettes  présentes.  Il  devînt  bientôt 
clair  que  les  nouveaux  ions  formés  après  la  détente  se  fixaient  sur  les 
gouttelettes,  de  sorte  que  la  charge  de  ces  dernières  devenait  d'aalanl 
plus  grande  que  les  rayons  étaient  maintenus  plus  longtemps  après b 
détente.  On  plaça  alors  sur  le  circuit  primaire  de  la  bobîse  em- 
ployée pour  exciter  Tampoule  un  interrupteur  S  actionna  jor  Far- 
mature  de  l'électro-ai niant  de  manière  à  couper  le  cîrruîl.  e^t  a  arrêter 
ainsi  les  ravons  une  faible  fraction  de  seconde  a^ant  Iji  dt-lenle-  L^ 
disques  C  et  D  étaient  également  reliés  à  un  comamlatf'Tir  qui  dulKwnd 
les  réunissait  Tun  à  l'autre,  puis  les  reliait  à  la  CTaadc  ImtKrîe  em- 
ployée pour  les  charger. 

Le  nuage  était  éclairé  par  un  faisceau  )«aiif>eii\  bnr«7.riiiXAl  dt-  c"*. 5  àt 
hauteur,  passant  entre  les  disques:  on  oh><*r*-an  à  trev^T*  uti  trou  placf 
â  20*"  des  disques  dans  la  direction  perpeadirnlaire  au  fatsneai]  ei  a  leur 
niveau,  et  une  fente  verticale,  de  o**.  >  de  larxrfor.  jilart^-  ronin  h-  tuï*t  et 
ne  laissant  voir  que  la  portion  centrale  de  la  partir  enlaim-  rii:  mia^r . 

La  distance  des  disques  ne  fut  jamais  snpérirnTe  é  î**.  «fin  (l'eviiei  lit  pn*- 
doction  entre  eu\  de  niouxemenis  dair  f•^^.asiollm^^  pai  irr  r«nirani*  de 
'Ç'-nv^^lion  qui  prennent  nasssjnce  sur  )<>  ^larfiis  du  luUt  qiianr:  It  ira?  b  rif 
r*fr'>idî  p.ïr  U  drtrate:  ^n  rt:"iiniis>*i:  cvi  u  rniifiiriiti  f^iai:  ri-aiïs^t  ii  ce 
CL*-  ja  surface  du  cjaire  re^:i;i  p'iiTjf-  p«fi«  ..n  :  -»i    .iiint    rMiirt    it»^  tiî«ionr> 

à  « 

'■■•uriU-  d'il  (Il   jtr-:*dL-.>:-:  pi::>.  quf-.iii  .-i.  ajujuh;  nt^itTinin--^-     ^..  un  i'.^ 


h\   CIUaGE   DBS  IONS  PRODUITS   DANS   l'aIR   PAR   LES   RAYONS   RÔNTGEN.       III  t 

reliait  immédiatement  à  la  batterie  par  le  jeu  du  commutateur. 
Quand  ils  étaient  chargés  avant  la  détente,  on  n^obtenait  pas  de 
nuage,  le  champ  chassant  les  ions  aussitôt  quMls  étaient  formés. 
Pour  faire  une  mesure  de  e,  on  évaluait,  au  moyen  d'un  chronomètre 
à  pointage,  une  série  de  durées  de  chule  entre  le  disque  supérieur  et 
le  disque  inférieur  sous  Faction  du  champ  et  sans  le  champ,  alterna- 
tivement. 

C.-T.-R.  Wilson  (')  a  trouvé  qu'avec  une  délente  de  i5*^'"  de 
mercure  à  peu  près,  les  ions  négatifs  seuls  font  office  de  noyaux, 
tandis  qu'avec  des  détentes  supérieures,  la  condensation  a  lieu  sur 
les  ions  des  deux  signes.  Ces  résultats  ont  été  facilement  vérifiés 
avec  mon  appareil.  Avec  une  détente  de  i5*^™,  une  charge  négative 
donnée  au  disque  supérieur  faisait  tomber  le  nuage  entier  plus  vite 
qu'il  ne  tombait  en  l'absence  de  toute  charge,  tandis  qu'une  charge 
positive  du  disque  supérieur  réduisait  la  vitesse  de  chute.  Il  était 
donc  clair  que  les  gouttelettes  étaient  chargées  négativement. 

De  plus,  avec  des  détentes  de  beaucoup  supérieures  à  iS*^",  la 
charge  des  disques  accélérait  la  chute  de  certaines  gouttelettes  et 
ralentissait  certaines  autres,  ce  qui  indiquait  la  présence  simultanée 
de  gouttelettes  positives  et  de  gouttelettes  négatives.  Cependant,  il  a 
toujours  semblé  qu'il  y  avait  plus  de  gouttelettes  négatives  que  de 
gouttelettes  positives,  et  il  n'était  pas  facile  d'observer  ces  dernières, 
à  moins  que  la  détente  ne  fût  presque  suffisante  pour  produire  un 
brouillard  même  en  l'absence  de  toute  espèce  'd'ions.  De  fait,  il 
paraissait  y  avoir  entre  les  disques  un  grand  excès  d'ions  négatifs,  et 
non  pas  des  nombres  égaux  d'ions  des  deux  signes.  Le  rayonnement 
secondaire  du  laiton  sous  l'action  des  rayons  Ronlgen  donne  sans 
aucun  doute  l'explication  de  ce  fait.  Il  a  été  prouvé  que  ce  rayonne- 
ment consiste  en  corpuscules  chargés  négativement,  de  sorte  que 
l'on  pouvait  s'attendre  à  trouver  un  excès  d'ions  négatifs  dans  l'air  au 
voisinage  des  disques.  Mais  on  ne  s'attendait  pas  à  en  trouver  un 
excès  aussi  grand.  Peut-être  est-il  possible  que  la  condensation  se 
fasse  principalement  sur  les  ions  négatifs  lorsque  les  ions  des  deux 
signes  sont  simultanément  présents,  bien  qu'il  y  ait  peu  de  différence 
entre  les  degrés  de  sursaturation  nécessaires  pour  produire  la  conden- 
sation sur  les  ions  positifs  et  sur  les  ions  négatifs,  lorsqu'il  n'en  existe 
que  d'une  seule  espèce. 

Dans  ces  expériences,  on  a  toujours  employé  des  détentes  de  i6*"" 


(')  Phit.  Trans.,  A,  1899,  p.  4îo.  Voir  aussi  ce  Volume. 


IlltX  HAROLD-A.   WILSON. 

à  17*"  de  mercure,  et  tous  les  résultats  se  rapportent  à  la  charge  des 
ions  négatifs. 

Les  gouttelettes  ne  tombaient  pas  toujours  toutes  avec  la  niénie 
vitesse  dans  le  champ  électrique.  11  a  semblé  qu'il  en  était  presque 
toujours  ainsi,  mais  spécialement  quand  on  employait  des  ravons 
énergiques.  Il  paraissait  y  avoir  plusieurs  sortes  de  gouttelettes,  toutes 
celles  de  même  espèce  tombant  avec  la  même  vitesse.  D'après  leur 
vitesse  de  chute,  les  gouttelettes  de  Tespèce  la  plus  nombreuse  étaient 
les  moins  fortement  chargées.  Les  observations  qui  suivent  se  rap- 
portent uniquement  à  ces  dernières;  il  sera  question  des  autres  plus 
tard. 

Le  nuage  commençant  à  s'évaporer  dès  qu'il  s'est  formé,  il  est 
très  important  de  mesurer  aussi  vile  que  possible  la  vitesse  de  chute. 
En  général,  je  ne  le  laissais  tomber  que  de  o^"',5  environ,  puis  j'ap- 
pliquais le  champ  électrique  dans  le  sens  qui  augmentait  la  vitesse  de 
chute.  Une  autre  raison  pour  ne  laisser  entre  les  disques  qu'une  très 
petite  distance  est  que  la  différence  de  potentiel  utilisable  étant  seu- 
lement de  2000  volts,  le  champ  électrique  n'était  pas  assez  intense 
pour  modifier  d'une  manière  appréciable  la  vitesse  de  chute,  à  moins 
que  les  disques  ne  fussent  tout  près  l'un  de  l'autre.  Pour  ces  diverses 
raisons,  on  a  fait  toutes  les  observations  en  rapprochant  les  disques 
autant  que  possible,  car  il  était  évident  qu'on  n'aurait  pu  obtenir 
autrement  des  résultats  dignes  de  confiance.  Pour  la  même  raison, 
on  employa  presque  toujours  la  plus  grande  différence  de  potentiel 
possible.  Il  aurait  naturellement  mieux  valu  que  les  observations 
fussent  faites  avec  des  distances  très  diverses  entre  les  plaques  et  des 
valeurs  très  diflférentes  de  la  différence  de  potentiel,  mais  ce  n'était 
pas  possible  avec  la  batterie  dont  je  disposais. 

Exemple  d*une  série  de  huit  mesures  alternatives  : 

Champ X=    o  X  =  n,3  U.E.S. 

Durée  de  chute  (moy.).  9.3,65  sec.  17,2a  sec. 

Vitesse Vi=    0,0190 cm. /sec.         Çt=    0,0262  cm. /sec. 

d*où  l'on  tire 

e  =  2,3x  io"»o  U.E.S., 

m  =  8, 1  X  lo-ï*  gr. 

On  peut  varier  la  méthode  en  mesurant  les  vitesses  de  chute  pour  les  deux 
directions  opposées  du  champ.  On  a  alors 


mg  -^  Xg  __  Pj 
mg  —  X  tf  "*  i^j 


f 


LA   CHARGE   DES   IONS   PRODUITS   DANS   LAIR   PAR   LES   RAYONS   RONTGEN.       IIl3 

la  moyenne  entre  v^  et  v^  donne  la  vitesse  quand  X  =  o.  La  première  méthode 

est  préférable  à  cause  de  la  nécessité  d'opérer  vite,  car  t'j<  i^j;  cette  dernière 

a  donné 

e  =  2,r»  X  lo-ïoU.E.S.,         m  —  9,5  x  io-*>  gr. 

Dans  chaque  série  de  mesures,  l'observation  avec  X  positif  suivait 
toujours  d'aussi  près  que  possible  l'observation  avec  X  =  o,  afin  que 
l'intensité  des  rayons  et  les  autres  conditions  fussent  aussi  voisines 
que  possible  dans  les  deux  cas.  Bien  que  les  observations  d'une 
même  série,  avec  X  =  o  par  exemple,  aient  souvent  présenté  d'assez 
grandes  variations,  il  y  avait  ordinairement  des  variations  correspon- 
dantes dans  les  observations  faites  avec  X  positif,  de  sorte  que  la 
valeur  de  p,  déduite  de  la  moyenne  des  résultats,  n'en  était  pas 
nécessairement  alleclée  (*). 

Ensemble  des  résultats. 


d. 

X. 

*•«• 

i',. 

m. 

e. 

0,43 

i3,3 

1,9   XIO-» 

2,62  X  10-* 

8,1 X 10- 

-11 

2,3X10-»® 

f  ,00 

-H  6,7 

» 

4,36 

25, 0 

2,6 

o,5o 

i3,3 

4,39 

5,3 

28,  r> 

4,4 

*o,5o 

i3,3 

9.,G8 

3,4f 

i3,6 

•■^•,7 

o,5o 

i3,3 

3,4 

4,2 

»9,3 

3,4 

0,55 

12,1 

3,^7 

4,11 

18,3 

3,8 

0,|0 

iG,7 

1,9 

3,4 

8,1 

3,8 

0,40 

i6,7 

i,î)3 

3,1 

8,3 

3,0 

0,40 

16,7 

1,98 

3,34 

8,6 

3,5 

•0,40 

12,5 

1  , 9.0 

2 ,  00 

4,4 

2,0 

0,44 

l5,2 

i,93xio-» 

2,72x10-  * 

8,3x10- 
Movenne.. 

-11 

•  •  • 

2,3xio-ïo 

3.IXIO-»® 

Il  convient  maintenant  de  considérer  les  groupes  moins  nombreu: 


(')  Comme  exemple,  nous  reproduisons  la  meilleure  et  la  moins  bonne  des  neuf 

séries  indiquées  au  Mémoire  et  qui  sont  marquées  d'un  *  dans  le  Tableau  d^ensemble  : 

Distance  des  dUques  :          </  =  0eaB,5.  d  —  0^'^,^. 

Diffcreoce  de  polentiel  :        2000  toIis.  1300  volts. 

Champ:                           X  =  0.        X=-f-13,J.  X  — 0.        X=-4-«.5. 

Durées  de  chute,  en  sec.         i^,3          io,8  33,6         ao,o 

20.3  ij,6  33, o  30,0 
i8,a  17,6  3o, 5  20,0 
18,0          i3,8  3i,f)          2«,^ 

18.4  i5,4  29,4          »9'6 


»> 


» 

» 


Moy.     18,6}         i4,^»4  3i,6  ao,o 

i',  —  o,oi68  Vj—  o,o34i  V,  =o,oi2G  4^2  =  0,0200 


flll4  HAROLD-A.  WILMK. 

de  gouttelettes  qui  tombaient  plus  vile  que  le  groupe  principal, 
auquel  se  rapportent  les  résultats  précédents. 

En  Tabsence  du  champ  le  nuage  tombait  tout  d'une  pièce  et  sa 
face  supérieure  était  bien  limitée.  On  ne  pouvait  pas  observer  la 
moindre  trace  de  séparation  en  plusieurs  portions.  Sous  Faction  du 
champ,  il  tombait  plus  vite  et,  au  début,  son  aspect  restait  le  même. 

Mais,  après  quelques  secondes,  la  surface  du  nuage  commençait  à 
se  diviser  en  deux,  l'une  des  parties  tombant  visiblement  plus  vite 
que  le  reste.  La  ligne  de  séparation  entre  ces  deux  parties  était  bien 
nette.  On  observa  quelquefois  trois  divisions  semblables.  Dans  une 
série  de  mesures  avec  o^"*,  4  de  distance  entre  les  disques,  on  a  obtenu 
les  résultats  suivants  : 

X  =  o.  X=H-ia,5,     X=-t-ia,5,      X=-hia,5, 

groupe  deoiiémc  troisième 

principal.         groupe.  groupe. 

»  »  t  t 

33,6 20,0  i5,4  l'^o 

33,0 90,0  i5,o  10,6 

3o,5 10,0  14,0  lOyO 

3i,6 20,4  »  10,8 

^9»4 »  »  10,4 

Moy.  3i,6'3t 20,1  i4,8  10, 56 

On  pourrait  attribuer  la  formation  des  groupes  secondaires  à  la 
coalescence  de  deux  gouttelettes  sous  l'influence  du  champ,  mais  il 
est  facile  de  montrer  par  le  calcul  qu'une  gouttelette  ayant  deux  fois 
la  masse  et  deux  fois  la  charge  d'une  autre  serait  tombée  en  6  se- 
condes dans  Texpérience  précédente.  Si  nous  admettons  (phénomène 
naturellement  probable)  que  deux  gouttelettes,  l'une  positive  et 
l'autre  négative,  se  soient  soudées,  la  gouttelette  de  masse  double 
tomberait  en  1 1  secondes  2,  ce  qui  est  très  approximativement  la 
durée  moyenne  de  chute  (10,6)  des  gouttes  les  plus  rapides.  Cepen- 
dant, il  n'est  pas  facile  de  voir  comment  des  gouttelettes  coalescentes 
pourraient  former  une  agglomération  à  surface  limite  nette,  car  on 
pourrait  s'attendre  à  voir  se  produire  des  coalescences  à  des  époques 
diflerentes  de  la  vie  du  nuage.  L'existence  d'une  face  supérieure  net- 
tement limitée  pour  chaque  groupe  semble  indiquer  que  toutes  les 
gouttelettes  qui  le  constituent  sont  formées  au  moment  de  la  dr- 
tente. 

Il  semble  (|ue  Ton  puisse  encore  donner  Texplication  suivante  :  au 
nioment  de  la  formation  du  nuage,  certaines  gouttes  contiennent  plus 


U    CHARGE   DES  IONS   PRODUITS   DANS  L*AIR   PAR   LES   RATONS   RÔNTGEN.       II  l5 

d'un  ion.  Si  deux  ions  étaient  très  voisins  pendant  la  détente,  ils 
pourraient  facilement  donner  naissance  à  une  seule  gouttelette.  On 
peut  objecter  qu^une  telle  gouttelette  devrait  être  plus  grosse  qu'une 
autre  ne  contenant  qu'un  ion.  Mais  cette  objection  tombe,  si  l'on 
songe  à  la  grandeur  de  l'influence  de  la  charge  sur  la  grosseur  d'équi- 
libre des  gouttelettes,  influence  que  Ton  sait  être  très  faible. 

Si  l'on  suppose  que  les  gouttelettes  des  trois  espèces  ont  la  même 
grosseur  mais  des  charges  différentes,  il  est  facile  de  calculer  ces  der- 
nières. Le  calcul  donne,  pour  les  nombres  rapportés  ci-dessus  : 

Charge 
par  gouttelette. 

Groupe  principal 2,04  x  10"*® 

Deuxième  groupe 8,9!         »> 

Troisième  groupe 6,94         » 


Si  donc  le  groupe  principal  n'a  qu'un  ion  par  gouttelette,  le 
deuxième  en  a  deux,  et  le  troisième  trois  environ. 

Townscnd  a  montré  (*)  que  la  charge  d'un  ion  produit  dans  l'air 
parles  rayons  Rontgen  ou  les  autres  formes  de  radiations  est  égale  à 
la  charge  de  l'ion  ou  de  l'atome  d'hydrogène  dans  les  solutions. 
D'après  les  résultats  des  expériences  actuelles,  la  charge  de  l'atome 
d'hydrogène  est  donc  3,i  x  10"*®  U.E.S.  ou  lo"^»  U.E.M.  Une 
U.E.M.    d'électricité    dépose     dans    l'électrolyse    d'une    solution 

o^jOii  18  d'argent  et,  par  conséquent,  -^ =i,o43  x  io""*gr.d'hy- 

drogène.  Il  s'ensuit  que  la  masse  d'un  atome  d'hydrogène  est  approxi- 
fflaUvement  iQ-^Xio'^^gr.  ou  io~^*gr.  La  masse  d'une  molécule  d'hy- 
drogène est  donc  2X  lo'^^gr.,  de  sorte  que  la  masse  de  1 '^"'d'hydrogène 
ào**  et  j6*^"  de  mercure  étant  9Xio"*gr.,  le  nombre  N  de  molécules 

dans  I *"*  d'hydrogène  est -^ ^^,  ou  approximativement  4  x  lo**. 

Le  résultat  moyen  de  mes  expériences,  3,i  x  io~*®  U.E.S.,  ne 
peut  pas  être  très  éloigné  de  la  vérité.  Je  pense  que  Ton  peut  con- 
sidérer comme  établi  par  elles  que  e  est  compris  entre  2  x  io~*®  et 
4xio-««U.E.S. 

Les  valeurs  de  N  fournies  par  la  théorie  cinétique  des  gaz  varient 
entre  des  limites  un  peu  plus  larges.  La  valeur  obtenue  est  déduite 


(')  PfUl,  Trans,,  A,  1899,  p.  129;  J,  de  Phys.,  3*  série,  l,  IX,  p.  3oi.  Voir  aussi 
ce  Volume. 


Ill6      H. -A.    WILSON.   —   LA   CHARGE    DES   IONS   PRODUITS   DANS   L*AIR,    ETC. 

d'ordinaire  du  rayon  assigné  à  la  molécule  du  gaz  considéré.  O.-E. 
Meyer  (*)  donne  N  =  6,  i  X  lo**,  \aleur  fondée  sur  l'hypothèse  que 
le  rayon  moyen  d'une  molécule  d'air  est  io~*cm.  Pour  N  =  4  X  lo'*, 
le  rayon  moyen  d'une  molécule  d'air  doit  être  1,2  x  io~*. 

Un  grand  nombre  de  raisons  de  nature  différente  conduisent,  pour 
le  rayon  de  la  molécule  ou  de  la  sphère  d'action  moléculaire,  à  io~'cm., 
mais  la  grandeur  de  cette  quantité  ne  peut  certainement  être  consi- 
dérée comme  établie  qu'entre  des  limites  qui  ne  sont  pas  très  voisines. 
L'accord  entre  la  valeur  de  N  obtenue  dans  les  expériences  précé- 
dentes et  les  valeurs  déduites  de  la  théorie  des  gaz  peut  donc  être 
considéré  comme  aussi  bon  que  l'on  pouvait  s'y  attendre. 


(  '  )  Kinelic  theory  of  gases,  p.  333. 


m»»*t' 


MOBILITÉS  DES  IONS  PRODUITS  DANS  LES  GAZ 

PAR  LES  RAYONS  DE  RONTGEN, 

Par  m.  J.  ZELENY. 

Traduit  de  l'anglais  par  Edouard  SALLES. 


Philosophical  Transactions,  A,  vol.  CXCV,  1901,  p.  rgS. 


J.-J.  Thomson  et  E.  Rutherford  ont  expliqué  la  conductibilité  élec- 
trique que  communique  aux  gaz  l'exposition  aux  rayons  de  Ronlgen, 
par  la  formation  de  particules  portant  des  charges  électriques  de 
signes  contraires.  Quand  ces  particules  ou  ions  sont  soumises  à  un 
champ  électrique,  elles  sont  entraînées  par  le  champ,  et  c'est  leur 
mouvement  qui  constitue  la  conductibilité  que  l'on  observe;  quant 
au  rétablissement  du  pouvoir  isolant  du  gaz,  après  exposition  aux 
rajons,  il  est  dû  partie  à  la  recombinaison  des  ions  de  signes  con- 
traires, partie  aux  chocs  de  ces  ions  contre  les  parois. 

Une  mesure  de  la  somme  des  vitesses  avec  lesquelles  les  ions  posi- 
tifs et  négatifs  se  déplacent  dans  un  champ  électrique  avait  été  faite 
pour  Tair  par  J.-J.  Thomson  et  E.  Rutherford  (  *  )  ;  plus  tard  le  second 
de  ces  physiciens,  par  la  même  méthode  indirecte,  a  déterminé  la 
somme  des  vitesses  des  ions  dans  diflérents  gaz.  Cette  méthode  néces- 
sitait que  l'on  connût  d'abord  la  vitesse  de  recombinaison  des  ions, 
puis,  d'une  part,  la  valeur  du  courant  de  saturation  obtenu  dans  le 
gaz  à  l'aide  d'un  champ  électrique  intense  et,  d'autre  part,  celle  du 
courant  obtenu  avec  un  champ  électrique  faible  incapable  de  produire 
la  saturation.  E.  Rutherford  (^)  décrit  aussi  une  expérience  à  l'aide  de 
laquelle,  par  une  méthode  directe,  les  vitesses  des  deux  ions  ont  été 
mesurées  séparément  et  trouvées  approximativement  égales.  L'auteur 
a  montré  depuis  (')  qu'en  général,  les  deux  vitesses  sont  inégales,  et 


(  *  )  J.-J.  Thomson  et  E.  Rutherford,  P/iîL  Mag.,  novembre  1896. 
(')  E.  Rutherford,  Phil.  Mag.,  novembre  1897. 
(»)  J.  Zeleny,  Phil,  Mag.,  juillet  1898. 


I  1 18  J.    ZELENT. 

que  rion  négatif  se  déplace  plus  rapidement  que  le  positif  dans  tous 
les  gaz  pour  lesquels  le  rapport  des  deux  vitesses  a  été  mesuré. 

La  valeur  des  mobilités  des  ions  ayant  été  utilisée  par  J.-J.  Thom- 
son (*)  et  J.-S.  Townsend  (^)  pour  la  détermination  de  quantités 
physiques  importantes,  il  était  ulile  d'entreprendre  une  nouvelle  déter — 
mination  de  ces  mobilités,  d'abord  afin  de  perfectionner  la  solution  de^ 
quelques-unes  dés  difficultés  qui  subsistent  dans  la  théorie  de  \^m 
conduction  et  en  partie  parce  qu'il  semblait  désirable  qu'on  imagina  % 
une  méthode  directe,  au  moyen  de  laquelle  les  vitesses  des  deux  ion.^ 
soient  déterminées  séparément,  et  où  les  conditions  expérimentale-^ 
puissent  être  suffisamment  variées  pour  éliminer  les  erreurs  sérieuses.. 

En  entreprenant  ce  travail,  l'auteur  a  utilisé  une  modification  de  Fa 
méthode  employée  par  lui  à  la  détermination  du  rapport  des  deux  vi- 
tesses des  ions,  mélhode  décrite  dans  un  Mémoire  précédent.  On 
faisait,  à  l'aide  d'un  champ  électrique,  circuler  dans  un  tube  les  ions 
en  sens  inverse  d'un  courant  gazeux,  et  leur  vitesse  était  comparée 
à  celle  de  ce  dernier.  La  présence  de  toiles  métalliques  nécessaires 
pour  produire  le  champ  électrique  troublait  suffisamment  le  courant 
gazeux,  pour  former  des  remous  et  empêcher  d'obtenir  des  résultais 
précis. 

La  méthode  qui  fut  étudiée  ensuite,  et  au  moyen  de  laquelle  tous 
les  résultats  contenus  dans  ce  Mémoire  ont  été  obtenus,  consistait 
aussi  à  comparer  la  vitesse  des  ions  à  celle  d'un  courant  de  gaz,  mais 
elle  permettait  d'éviter  la  difficulté  précédente,  par  le  fait  que  le 
champ  électrique  était  à  angle  droit  du  courant  gazeux. 


§  2.  —  Méthode  employée  pour  déterminer  la  mobilité. 

Un  courant  de  gaz  passe  entre  deux  cylindres  concentriques  main- 
tenus à  des  potentiels  diilerenls  et  traversés  en  un  endroit  par  un 
faisceau  de  rayons  de  Ronlgen.  Les  ions  produits  entre  les  deux 
cylindres  par  les  rayons  sont  entraînés  par  le  courant  gazeux  et  ils 
se  déplacent  en  même  temps  à  angle  droit  de  l'axe  des  tubes  sous 
l'influence  du  champ  électrique.  Les  trajectoires  résultantes  des  ions 
sont  in'clinées  d'une  quantité  dépendant  de  la  valeur  relative  de  la 
vitesse  du  gaz  par  rapport  à  celle  des  ions. 


(*)  J.-J.  TiiOMaoN,  Phi/.  Mag.,  décembre  iH(jK. 

(')  J.-S.  Townsend,  PhiL  Trans.,  A,  Vol.  G\CII,  iPg;,. 


MOBILITÉS   DES   IONS   PRODUITS   DANS  LBS  GAZ   PAR   LES   RAYONS   DE   ROXTGEN.    III9 

Soient  (^fig,  1) 

ce  une  section  d'une  portion  du  cylindre  extérieur; 
DB  une  section  d'une  portion  du  cylindre  intérieur; 
M  un  pinceau  étroit  de  rayons  de  Riintgen  traversant  les  deux  cy- 
lindres à  angle  droit  de  leur  axe  commun. 


Fig.  I. 


C  d' 


Quand  les  deux  cylindres  sont  à  des  potentiels  dillérents  et  que 

le  gaz  entre  eux  est  au  repos,  un  ion  partant  du  point  <i  à  la  surface 

interne  du  cylindre  extérieur  se  déplacera  sous  Tinfluence  de  la  force 

électrique  directement  vers  /.  Mais,  quand  un  courant  gazeux  ira  dans 

les  cylindres  de  droite  à  gauclie,  ce  courant  entraînera  lui  aussi  Tion; 

ce  dernier  suivra   une  trajectoire  ressemblant  à  la  courbe  dk  ^  et 

atteindra  finalement  le  cylindre  intérieur  en  quelque  point,  X',  qui 

peut  être  déterminé.  Les  trajectoires  des  ions  ne  sont  pas  des  lignes 

droites,   car  l'intensité  électrique   et  la   vitesse  du   courant  gazeux 

varient  entre  les  cylindres  en  chaque  point  et  suivant  une  loi  difle- 

rente.  La  distance  X  à  laquelle  les  ions  ont  été  entraînés  le  long  du 

tube  par  le  courant  gazeux,  tandis  qu'ils  se  déplaçaient  sous  Faction 

(le  la  force  électrique  entre  les  deux  cylindres,  permet  une  mesure 

relative  des  vitesses  du  gaz  et  des  ions,  et  peut  ainsi  être  employée 

pour  déterminer  la  vitesse  avec  laquelle  les  ions  se  meuvent  dans  un 

champ  électrique  donné. 

Supposons  le  cylindre  extérieur  maintenu  au  potentiel  de  A  volts 
et  le  cylindre  intérieur  au  potentiel  zéro;  représentons  par  b  le  rayon 
intérieur  du  cylindre  extérieur,  et  par  a  le  rayon  extérieur  du 
cylindre  intérieur.  Le  potentiel  en  un  point  quelconque  situé  entre 
les  cylindres,  à  une  distance  /•  de  Taxe  commun,  est 


d)  R  = 


Log.- 


!  I  iu  J.   ZBLKNY. 

":iueu>iLë  du  champ  électrique  en  ce  poînl  sera 

^R  A 


dr  ,         b 

^   a 

ï>i  v  représente  la  vitesse  avec  laquelle  un  ion  se  déplace  dans  un 
«  iitiuip  électrique  d^ntensilé  de  i  volt  par  centimètre,  et  si  nous  ad- 
lut'Uuus  que  la  vitesse  de  cet  ion  est  proportionnelle  à  la  force  du 
r()auip«  la  vitesse  radiale  de  Fion  en  un  point,  où  Tintensité  élec- 
Irique  est  représentée  par  (2),  sera 

Ai; 


»  ) 


v  = 


^   a 


L'ion  étant  entraîné  par  le  courant  gazeux  possède  aussi  un  mou- 
\ ornent  dans  la  direction  de  l'axe  des  cylindres. 

Lu  vitesse  du  courant  gazeux  en  un  point  quelconque  dépend  do 
^u  dislance  à  l'axe  des  cylindres,  qui  sera  pris  comme  axe  des  x. 

Supposons  qu'à  la  distance  r  de  cet  axe  la  vitesse  du  gaz  soit  //, 
la  trajectoire  de  l'ion  est  représentée  par  l'équation  diflerenlielle 

dx       u 

ol  substituant  la  valeur  de  V  donnée  par  (3) 

ur  Log«  - 

(  ■)  )  dx  =  7 dr, 

^  Ap 

La  distance  X  parcourue  par  l'ion,  dans  la  direction  de  l'axe  des  x, 
tandis  qu'il  traverse  la  distance  totale  entre  les  cylindres,  c'est-à-dire 
de  r  =  6  à  r^  a,  est 

,       b 
(6)  '^  =  -Â7"  /    "''^''- 

La  vitesse  moyenne  du  courant  gazeux,  mesurée  par  le  quotient 
du  volume  total  du  gaz  émis  en  i  seconde,  par  la  surface  de  la  sec- 
tion, est  donnée  par 

(7)  ^  =  5nrï?,y   "'^^'- 


JrOSILITÉS   DES   IONS  PRODUITS  DANS  LES  GAZ   PAR   LES  RAYONS   DR   RONTGEN.    Il'il 

De  (6)  et  (7)  nous  tirons 

/H  ;  \  =  L 7 '  Logtf - 

et 

Ceci  donne  la  valeur  de  la  vitesse  de  l'ion  dans  un  champ  unité 
t-Mi  fonction  de  quantités  qui  peuvent  être  déterminées  expérimenta- 
it^ ment. 

Le  temps  nécessaire  pour  que  les  ions   passent  d'un  cylindre  à 
1  iiulre  est 

,        b 

(10)  T  =   /     -TT  =  — ; /     rdr= Log^  -  =  77 

Les  équations  ci-dessus  s'appliquent  aux  ions  partant  de  la  sut  face 
^*^lérieure  du  cylindre  extérieur,  et  se  déplaçant  vers  le  cylindre  in- 
^^*rieur.    En  pratique,  il   n'est   pas  possible  de   limiter    la  produc- 
tion des  ions,  à  Taide  des  rayons  de  Rontgen,  à  la  surface    inté- 
rieure du  cylindre  extérieur,  de  sorte  qu'un  faisceau  étroit  de  rayons 
liasse  à  angle  droit  à  travers  les  cylindres,  comme  il  est  représenté 
par  dd  sur  la  figure  i .  Parmi  les  ions  de  cette  couche  qui  se  meuvent 
à  l'intérieur  sons  l'influence  de  la  force  électrique,  ceux  qui  partent 
de  la  circonférence  en  d  sont  entraînés  le  plus  loin  par  le  courant 
gazeux  avant  d'atteindre  le  cylindre  intérieur.  Dans  ces  conditions, 
les  équations  obtenues  peuvent  être  appliquées  à  déterminer  le  point 
du  cylindre  intérieur  le  plus  éloigné  du  faisceau  de  rayons,  qui  est 
encore  atteint  par  les  ions.  Afin  d'obtenir  ce  point,  le  cylindre  inté- 
rieur DB  est  divisé  en  k  en  deux  parties,  isolées  l'une  de  l'autre,  la 
partie  B  à  droite  étant  reliée  au  sol,  tandis  que  la  partie  D,  située  à 
gauche  de  Ar,  est  reliée  à  l'une  des' paires  de  quadrants  d'un  électro- 
mètre. 

Si  l'on  maintient  entre  les  deux  cylindres  un  courant  défini  de  gaz, 
tant  que  le  potentiel  de  CC  est  au-dessus  d'une  certaine  valeur,  tous 
les  ions  contenus  dans  le  volume  dd  qui  se  déplacent  à  l'intérieur 
atteindront  DB  à  droite  de  k  et  l 'électromètre  ne  déviera  pas. 

En  diminuant  progressivement  le  potentiel  de  CC,  on  atteindra 
finalement  une  valeur  telle  que  les  ions  partant  du  bord  extérieur  d 
atteindront  DB  juste  à  la  gauche  de  A*,  ce  qu'indiquera  la  déviation 
S.  P.  71 


1122 


I. 


de  rëlectromètre.  La  \aleur  da  voltage  A  dans  ré<|vat΀tt  «^o-  est  ainsi 
déterminée  et  la  valeur  de  \  qui  lui  correspond  est  la  distance  del- 
au  faisceau  de  ravons.  11  est  nécessaire  de  faire  des  correetiaiis  à  b 

m 

valeur  de  X  ohlenue,  par  suite  de  la  largeur  du  faisceau  et  de  cdie 
du  raccord  Ar,  corrections  qui  seront  examinées  pins  tard.  L'appareil 
employé  va  être  décrit  maintenant. 


§  3.  —  Appareil  eaplejé. 

Les  principales  parties  de  l'appareil  sont  représentées  figure  a;  la 
partie  inférieure  est  une  coupe  verticale,  tandis  que  les  conneiions 
électriques  de  la  partie  supérieure  sont  vues  en  plan.  Le  cvlindre 

Fig.  2. 


(extérieur  AA'  u  un  iliumrlrc  Intérieur  de  5*"",  1 1  et  une  longueur 
loltth^  iU*  I  (u*'".  L»  longueur  est  diminuée  dans  la  figure,  pour  plus  de 
coninuulittS  par  la  suppression  de  deux  sections.  La  partie  de  tube  à 
fjaurhe  de  V ,  de  \  \  *  '"  de  long,  et  celle  à  droite  de  V,  de  8 1  *""*  de  long, 
ont  été  faites  toutes  deux  à  l'aide  de  solides  tubes  de  laiton;  quanta 
la  partie  DD'  située  entre  elles  et  de  20*""'  de  long,  elle  consistait  en 
un  tube  iraluniinium  de  même  diamètre  intérieur  que  les  cylindres 
(le  laiton.  Des  (Milliers  de  lailon  aux  extrémités  du  tube  d'aluminium 
se  reliaient  aux  e(»lliers  exU'rieurs  V  et  V  soudés  aux  cylindres  de 
luilon,  el  formaienl  ainsi  des  points  reliés  étroitement  qui  pouvaient 
(Mrc  rendus  impcrnn'ables  à  Tair  en  les  mastiquant  extérieurement. 
1  ('  cvlindre  v\\  vwùvv  était  supporté  par  un  bloc  de  bois  XX',  isolé  au 


MOBILITÉS   DBS   IONS  PRODUITS  DANS  LES  GAZ  PAR  LES  RAYONS  DE  RÔNTGEN.    II23 

mojen  de  quatre  blocs  de  paraffine,   dont  deux  sont  représentés 
par  P  et  P'. 

Le  cylindre  intérieur  BB'  était  un  tube  d^aluminium  de  i*^"  de  dia- 
mètre, terminé  à  ses  extrémités  par  des  pièces  coniques;  ce  cylindre 
élait  coupé  en  C  de  façon  que  les  deux  parties  fussent  séparées  par 
une  distance  de  o'""',5  et  isolées  par  un  morceau  d^ébonite.  A  son 
extrémité,  le  tube  était  supporté  et  maintenu  dans  Taxe  au  moyen  de 
Jeux  petites  tiges  d'ébonite  ;  le  tube,  plus  loin,  était  supporté  par  deux 
liges  de  laiton  Y  et  Y',  qui  traversaient  les  bouchons  d'ébonite  RR' 
dans  le  cylindre  extérieur  et  servaient  à  établir  les  communications 
électriques.  La  partie  B'  était  mise  au  sol,  tandis  que  la  partie  B  était 
reliée  à  une  paire  de  quadrants  de  l'électromètre  E.  On  mettait 
beaucoup  de  soin  à  ce  que  le  cylindre  central  soit  parfaitement  con- 
centrique au  cylindre  extérieur. 

Les  extrémités  du  cylindre  extérieur  étaient  munies  de  forts  bou- 
chons de  caoutchouc  F  et  F',  à  travers  lesquels  passaient  les  tubes 
d'entrée  et  de  sortie  du  gaz  terminés  par  les  entonnoirs  allongés  J  et  J'. 
Ces  entonnoirs,  en  même  temps  que  les  extrémités  coniques  du 
cylindre  intérieur,  empêchaient  les  transformations  trop  brusques 
des  lignes  de  mouvement  du  gaz  à  Tentrée  et  à  la  sortie  de  Tappareil 
et  aidaient  au  maintien  d'un  mouvement  constant  en  DD'  où  les 
observations  avaient  lieu.  A  gauche,  en  F,  un  tube  de  caoutchouc 
conduisait  à  un  sac  à  gaz  d'environ  i5(>'  de  capacité,  le  manomètre  1 
mesurait  la  pression  du  gaz  dans  l'appareil  ;  à  droite,  en  P'',  une  am- 
poule contenant  du  coton  de  verre  servait  à  éliminer  du  gaz  la  pous- 
sière et  toute  électrisation  accidentelle.  Un  tube  de  caoutchouc  con- 
duisait à  un  appareil,  destiné  à  dessécher  le  gaz  ou  à  l'imprégner 
d'humidité,  puis  était  relié  à  un  grand  gazomètre  ordinaire.  Un  ma- 
nomètre servait  à  mesurer  la  pression  dans  le  gazomètre  et  la  vitesse 
de  descente  de  ce  gazomètre  durant  une  expérience  était  déterminée 
à  l'aide  d'une  graduation  fixée  sur  lui.  La  vitesse  moyenne  du  courant 
gazeux  dans  l'appareil  était  déduite  du  volume  de  gaz  écoulé  par 
seconde  et  de  la  surface  de  la  section  comprise  entre  les  deux  cy- 
lindres. L'eau  du  gazomètre  était  recouverte  d'une  couche  d'huile, 
semblable  à  celle  dont  on  se  sert  dans  les  pompes  à  air.  Grâce  à  la 
faible  tension  de  vapeur  de  cette  huile,  on  arrive  à  éviter  que  le  gaz 
soit  rendu  trop  rapidement  humide  dans  le  cas  où  l'on  emploie  des 
gaz  secs. 

Le  panneau  XX',  avec  les  cylindres  fixés  sur  lui,  était  placé  sur  le 
dessus  d'une  boîte  recouverte  de  plomb  UU',  de  telle  façon  que  la  partie 


1124  J.    ZELENY. 

en  aluminium   DD'   du   tube  extérieur  se  trouvait  au-dessus  de  la 
fenêtre  d^aluminium  W  de  la  boîte.  La  boîte  contenait  un  tube  de 
Crookes  et  la  bobine  d'induction  pour  l'actionner;  la  forme  du  tube 
était  celle  employée  par  Fauteur  dans  un  travail  précédent  (*).   Ce 
tube  fonctionnait  d'une  façon  plus  satisfaisante  que  tous  ceux  essayés 
et  donnait  les  meilleurs  résultats,  à  la  condition  d'émettre  des  ravon> 
faibles  et  pourvu  qu'entre  chaque  période  d'emploi,  qui  ne  devait 
pas  dépasser  3o  secondes,  on  le  laissât  en  repos  3  ou  4  minutes.  La 
bobine  employée  était  une  bobine  d'Apps  de  6  pouces  d'étincelle, 
munie  d'un   interrupteur  à  marteau;  elle  pouvait  alimenter  d'une 
façon  suffisamment  uniforme  un  tube  mou  d'un  emploi  facile.   La 
source  T  des  rayons  se  trouvait  à  plus  de  20*^"*  de  l'axe  des  cylindres. 
Le  faisceau  vertical  étroit  envoyé  entre  les  cylindres  était  réglé  en 
faisant  varier  les  positions  du  tube  T,  de  la  plaque  de  plomb  S  munie 
de  sa  fente  étroite  et  des  deux  bagues  de  plomb  L  et  U  fixées  sur  le 
cylindre  DD'.  Le  réglage  se  faisait  d'abord  géométriquement  puis  était 
>érifié  et  complété  à  l'aide  d'un  écran  fluorescent  placé  au-dessus  de 
l'appareil.  Les  lames  de  plomb  H  et  H'  servaient  à  restreindre  l'ou- 
verture de  la  fenêtre  W,  et  la  couverture  de  plomb  Z  empêchait  que 
des  rayons  ou  du  gaz  ionisé  ne  pénétrassent  l'atmosphère  de  la  pièce. 
L'électromètre  à  quadrants  E  employé  pour  les  mesures  était  un 
petit  modèle  du  type  bicellulaire,  l'aiguille  était  suspendue  par  un  fil 
de  quartz,  et  chargée  par  le   liquide   au-dessous   au   moyen  d'une 
batterie  de   160  petits  accumulateurs;  un  fil  métallique  reliait  une 
paire  de  quadrants  à  la  partie  BC  du  cylindre  intéressé;  électromètre 
et  conducteur  étaient  tous  deux  protégés  par  une  cage  métallique 
reliée  au  sol.  La  clef  K  permettait  de  relier  au  sol  les  quadrants  isolés 
à  n'importe  quel  moment. 

La  capacité  des  deux  quadrants  et  de  la  partie  du  cylindre  intérieur 
qui  leur  était  relié,  en  même  temps  que  celle  du  fil  conducteur,  était 
d'environ  53  unités  C.  G.  S.  L'électromètre  avait  une  sensibilité  d'en- 
viron 5oo  divisions  pour  i  volt,  l'échelle  étant  à  une  distance  de  iSo"**". 
A  l'aide  de  la  batterie  d'accumulateurs  N,  on  maintenait  à  n'importe 
quelle  valeur  désirée  le  potentiel  du  cylindre  extérieur  AA';  le  dispo- 
sitif de  l'accumulateur  supplémentaire  O  et  du  mégohm  divisé  M  per- 
mettait d'ajouter  une  fraction  du  voltage  d'un  élément. 

En  ouvrant  un  robinet  sur  le  gazomètre  on  faisait  passer  le  gaz  de 
ce  dernier  dans  l'appareil  puis  dans  le  sac  à  gaz  de  l'autre  côté,  à  une 


(•)  J.  Zelemy,  PhiL  Mag.,  juillet  1898,  p.  ii6. 


HOBILITÉS  DES   IONS   PRODUITS   DANS  LES  GAZ   PAR   LES   RAYONS   DE   RONTGBN.    I  1  ^5 

distance  déterminée  par  les  poids  placés  sur  le  gazomètre,  il  pouvait 
ensuite  repasser  dans  celui-ci  et  revenir  à  nouveau.  Il  est  nécessaire 
pour  une  expérience  d'avoir  un  volume  considérable  de  gaz,  la  mé- 
thode est  ainsi  limitée  à  un  petit  nombre  de  gaz  qu'il  est  possible 
d'obtenir  en  semblables  quantités  et  qui  n'attaquent  pas  les  appareils. 

§  4.  —  Corrections  et  précantions  observées  pendant  les  expériences. 

L'auteur  indique  les  précautions  prises  pour  obtenir  un  courant  gazeux 
constant  et  uniforme,  ainsi  que  celles  nécessaires  pour  la  détermination  de  A 
et  de  X  :  il  prend  pour  X  la  distance  comprise  entre  le  milieu  du  pinceau  de 
rayons  Rôntgen  et  le  joint  isolant  reliant  les  deux  parties  du  cylindre  intérieur. 
Pour  ce  qui  a  trait  à  A,  remarquons  qu'en  portant  en  abscisses  les  potentiels 
du  tube  extérieur,  en  ordonnées  les  valeurs  du  courant  recueilli  par  le  deuxième 
électrode,  on  obtient  une  courbe  partant  de  0  passant  par  un  maximum  et 
décroissant  ensuite  et  coupant  Taxe  des  x.  Sauf  dans  cette  dernière  partie  où 
par  suite  de  la  diffusion  il  se  produit  une  légère  incurvation,  les  deux  branches 
de  la  courbe  sont  sensiblement  deux  droites. 

L'auteur  prend  comme  valeur  de  A  le  point  où  le  prolongement  de  la 
deuxième  partie  rectiligne  rencontre  Taxe  des  abscisses. 

L'auteur  analyse  ensuite  les  causes  d'erreurs,  indique  qu'il  a  été  amené 
à  faire  une  correction  de  2  pour  loo,  due  d'abord  à  la  présence  de  charges 
libres  dans  le  gaz,  charges  tendant  à  modifier  le  champ  électrostatique  entre 
les  cylindres  et  ensuite  à  la  chute  notable  de  potentiel  aux  électrodes  qui 
diminue  l'intensité  électrique  dans  l'espace  intermédiaire. 

§  5.  —  Variation  des  conditions  expérimentales. 

Dans  le  but  de  vérifier  la  précision  de  la  méthode,  les  conditions  expé- 
rimentales suivantes  ont  été  modifiées  :  vitesse  du  courant  gazeux,  distance 
du  faisceau  de  rayons  à  la  liaison  isolante  entre  les  deux  parties  du  cylindre 
intérieur,  intensité,  diamètre  du  cylindre  intérie  'r,  nature  de  la  surface  interne 
du  cylindre  extérieur. 


§  6.  —  Marche  des  expériences. 

La  position  du  faisceau  de  rayons  réglée,  et  la  distance  X  mesurée  avec  soin, 
le  cylindre  A  A'  était,  à  l'aide  de  la  batterie  N,  porté  au  potentiel  voulu.  A  l'aide 
de  la  clef  K,  on  coupait  la  communication  qui  mettait  au  sol,  les  quadrants  de 
Télectromètre  reliés  à  la  partie  B  du  cylindre  intérieur;  le  zéro  de  l'échelle 
était  alors  noté  ainsi  que  la  position  du  gazomètre.  A  un  moment  précis, 
observé  sur  un  chronomètre;  le  robinet  du  gazomètre  était  ouvert  et  le  gaz 
traversait  l'appareil,  après  un  intervalle  de  10  secondes,  suffisant  pour  amener 
la  constance  du  courant  gazeux,  on  mettait  en  fonctionnement  pendant  3o  se- 
condes la  bobine  d'induction,  le  gazomètre  était  fermé  et  les  quadrants  de 


11^  J.  IKLESn-. 

rélcctroaiètre  de  BOOTeao  mis  ao  sol  et  la  défiacioa  de  Félectroinétre  notée. 
D«  Tolame  de  gaz  écoalé  et  de  la  pression  on  déduisait  la  vitesse  moyenne  dn 
conrant  gaieoi.  Un  intenralle  de  3  minâtes  séparait  les  eiipériences,  et  le 
potentiel  de  AA'  était  changé  de  façon  i  obtenir  des  dériations  de  rêlectro- 
mètre  de  pins  en  pins  faibles  jnsqn'i  devenir  .Toisi nés  de  léro.  Après  cette 
marche  descendante  on  frisait  alors  varier  en  sens  inverse  le  potentiel  afin 
d'avoir  des  déviations  de  plus  en  pins  fortes  de  Félectrométre;  de  cette  façon 
on  pouvait  s'apercevoir  des  modifications  qui  avaient  lien  dans  l'intensité  des 
rayons,  car  dans  ce  cas  les  deni  séries  de  points  se  seraient  trouvées  sur  des 
couches  dlnclinaisou  différente.  En  faisant  varier  la  vitesse  dn  conrant  gazeni 
et  la  distance  \.  l'auteur  reconnut  d*abord  que  les  valeurs  de  la  mobilité  éi aient 
d'autant  plus  faibles  que  les  ions  mettaient  plus  de  temps  à  traverser  l'espace 
séparant  les  deu&  cylindres,  puis  que.  pour  deux  valeurs  de  \  différentes,  la 
vitesse  du  courant  gazeui  étant  changée  dans  le  même  rapport,  le  temps  mis 
par  les  ions  pour  parcourir  la  même  distance  que  précédemment  ne  variait 
pas. 

L'auteur  faisait  passer  le  gaz,  afin  de  le  dessécher,  à  travers  un  long  tube 
horizontal,  en  partie  rempli  d'acide  snlfuriqne,  et  i  travers  une  grande 
quantité  de  chlorure  de  calcium;  lorsqu'il  voulait  le  saturer  de  vapeur  d'eau, 
il  le  faisait  barboter  dans  un  flacon  contenant  de  l'eau  puis  à  travers  un  tube 
rempli  à  moitié  dn  même  liquide. 


§§  7,  8,  •,  10,  il. 

Ces  paragraphes  contiennent  les  résultats  des  diverses  expériences  effec- 
tuées; comme  les  mobilités  sont  réunies  dans  le  Tableau  de  la  conclusion  du 
Mémoire,  nous  indiquons  seulement  en  détail  les  recherches  effectuées  sur 
Tair  humide  afin  de  faire  bien  voir  la  manière  dont  Fauteur  détermipe  les 
mobilités. 

Température  :  T  =  14", 3C.;  X  =  ^•■jfio;  a  =  oF",5o;  b  =  a*",S55. 

Largeur  du  faisceau  o**,  ao.  Pression  barométrique  75**, 4- 

Excés  de  pression  dans  le  gazomètre,  i***,56  de  mercure;  i  l'intérieur  de 
l'appareil,  o**,59  de  mercure. 

10  accumulateurs  =  4^^*'**»6- 

La  vitesse  moyenne  du  courant  gazeux  était  de  !i5^,2  par  seconde  cor- 
rigée. 

Ions  positifs. 

Voltage  Dériation 

du  de  réiectromètre 

cylindre  eitérieur.  en  3o  secondes. 

ÉlémenU.  Divisions. 

-•-10  i4^ 

11  io>,> 
14  ^8 ,  ') 

lO  îàj,5 


UOBILITBS  DKS  I0N9  PRODUITS   D*\B  L 

Voltige 

du 

cylindre  extérieur. 

ÉIcmcntï. 
+  i8 
+  19 


Déviation 
de  l'élcclrumètre 
en  3(1  accondcs. 


La  courbe  ci-< 
tages  et  les  dévi 


>ntre  (fig-  i)  reprdsenti:  la  relation  c 
liions  qui  leur  correspondent.  La  couri 


s  dilTérents  vol- 
s'approcliant  de 


f/omùre  tfilements  depiU 


l'aie  des  X  est  d'abord  une  droite,  puis  devient  convexe  à  son  voisinage;  pour 
des  voltages  plus  petits  que  ceux  employés,  la  courbe  aurait  été  concave  par 
rapport  au  même  axe.  Pour  obtenir  le  vultage  nécessaire  pour  qu'un  ion  par- 
tant de  la  surface  du  cylindre  extérieur  au  milieu  du  faisceau,  atteigne  le 
milieu  de  la  jonction  du  cylindre  intérieur,  il  suf6L  de  piolunj^er  jusqu'à  sa 
rencontre  avec  l'axe  des  t  la  partie  reciiligne  de  la  courbe.  .Mais,  par  suite 
de  la  diffusion  et  des  autres  causes  qui  tendent  à  produire  une  dispersion  des 
ions,  l'inclinaison  de  la  partie  rectiligne  est  elle-même  modifiée,  et  les  correc- 
tions ne  peuvent  se  faire  qu'expérimentalement  en  faisant  varier  le  temps  que 
mettent  les  ions  pour  aller  d'un  cylindre  à  l'autre. 

La  vitesse  obtenue  â  l'aide  du  voltage  déterminé  par  le  prolongement  de  la 
partie  rectiligne  sers  la  mobilité  pour  cette  mesure,  il  est  bien  entendu  qu'il 


•  .r»^l 


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J.    > 


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/X*  r  ^#f  *e^>viufie. 


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f  -  V   y/|. 


>>  fAT  fecmÂe. 


=  :'■".  >î  s*ir  «i:î5»2 


l'4  U/*ttf  \  t*'\0t*  té-uU'  \t%  r^«ij|l4t*  A'-*'  *:\f^r^^ll'•^^?  où  !•?>  m-rb  ^tr»*  >«'nt  en 
*ft't'ftn$/*  K  *i  Un  *;»1/  rjrt  /  orr^*pori/J;»nC'"h  d^  T  ro  ab*cî*?^*-  il  <^t  facile  «le  ^••ir 


i   DKS  IUN4  PRODUITS  DANS  LKS  GAZ  PAR  LES  MAVONS  DB  RiiNTGK!<.    I 


que  les  mobilités  décroissent 
unrs  des  correciioDs  disparais 
lités  sont  données  en  prolongi 


a  mâme  icmp*  que  T;  quand  T  =  o  quclqucs- 
ent,  et  les  valeurs  les  plus  probables  des  niobi- 
int  la  ligne  reliant  les  dilTércnts  points  jusqu'à 


f- 

ig 

4 

. 

^ 

_ 

_— 

o 

■ 

— 

1 

r- 

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B 

8 

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J- 

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\- 

1 

-■/^ 

f^im 

— 

- 

J 

s 

! 

Taxe  tics  _>-.  Avec  la  correction  de  a 
mobilité  des  ions  négatifs  à  i4"  et 
M-conde  et  celte  des  ions  positifs,  dnr 


paragraphe  4  la 
est  de  i'*.3i   par 

,  i'"',Î7. 


H2. 


de; 


Remarqaei  sur  les  expérionces. 


'alci 


i  ohlemii 


es  po 


■  la 


nobilité  ea  faisant 


Les  variations 
varier  T  sont  plus  consitlviiibles  dans  le  cas  où  les  vitesses  des  ions  sont 
|)lus  grandes.  Toutefois,  dans  le  cas  de  Tacidc  carbonique  humide  ou 
sec,  l'inclinaison  des  courbes  est  quelque  peu  diderenle  pour  des 
valeurs  à  peu  près  égales  des  vitesses.  Dans  quelques  cas,  oii  la  série 
des  pniiils  pour  l'ion  positif  ou  négatif  ne  permettait  pas  de  déter- 
miner a\cc  une  précision  suffisante  l'inclinaison  de  la  ligne  à  tracer 
pur  eux,  la  ligne  passant  par  l'autre  série  de  points  servait  de  guide. 

Dans  tous  les  gaz,  la  présence  de  \apeur  d'eau  diminuait  la  vitesse 
<lcs  ions  négatifs,  tandis  que,  dans  l'acide  carbonique,  la  vitesse  des 
iiins  positifs  était  en  mj'nie  temps  considérablement  augmentée.  Il 
semble  probable  que  ces  variations  sont  dues  à  quelque  eil'cL  modiltant 
la  diuiension  des  ions,  et  il  est  possible  que  quelques  molécules  de 
vapeur  d'eau  se  lisent  sur  les  ions  négatifs.  Il  est  intéressant  de  noter 
dans  ce  sens  les  résultats  récents  de  C.-ï.-R,  Wilson  qui  montrent 
que,  dans  l'air  sursaturé,  l'eau  se  condense  plus  rapidement  sur  les 
ions  négatifs. 


I  l3o  J.    ZELENY. 

Bien  que,  dans  la  plupart  des  cas,  les  lectures  indiquent  une  plus 
grande  firéxision,  l'erreur  maximum,  dans  chaque  délerminalion, 
est  moindre  que  5  pour  loo.  Pour  plus  de  commodité,  toutes  les 
valeurs  obtenues  sont  réunies  ici  dans  un  seul  Tableau,  les  résultais 
étant  donnés  en  centimètres  par  seconde,  à  la  fois  pour  un  champ  de 
1  volt  par  centimètre  et  pour  un  champ  de  i  unité  électrostatique 
par  centimètre. 

Mobilité  des  ions. 

Vitesses  en  centimètres 
par  seconde 

dans  un  champ  dans  un  champ  Rapport 

de  I  voit  de  i  unité  E.  S.         des 

par  centimètre.  par  centimètre,  mobilités 

— -^-i^^v.— *^ —  - — -fc^---— ^- — .  des  ions       Tempè- 

Gaz.  Ions -H.  Ions—.  Ions -+-.  Ions —.  -»- ei — .       rature. 

Air  sec i  ,36  1,87  4o8  56i  1,3-5  iS^S 

Air  humide 1,37  i,5i  4ii  4^8  1,10  î4,o 

Oxygène  sec 1,36  1,80  408  54o  i,3!i  17,0 

Oxygène  huinidt* 1,29  i,5'2  387  4^6  1,18  16,0 

Acide  r.irboniqiie  sec  ... .  0,76  0,81  '27.8  2\'i  1,07  17,') 

Acide  carbonique  liiimide.  0,8*2  0,75  -246  225  o,9i5  177^ 

Hydrogène  sec 6,70  7,95  2010  2385  1,19  20,0 

Hydrogène  humide 5,3o  5, 60  1590  1680  i  ,o3  20,0 

On  voit  que,  sauf  dans  le  cas  de  l'acide  carbonique  humide,  la 
mobilité  de  l'ion  négatif  est  toujours  la  plus  grande;  il  faut,  en  com- 
parant les  \aleurs  obtenues  pour  les  dillérenls  gaz,  ne  pas  négliger  la 
température  à  laquelle  les  observations  ont  été  faites.  L'inlluence  de 
l'humidité  étant  inconnue  à  l'époque  où  rauteur(*)  a  déterminé  le 
rapport  de-i  luobilités,  les  gaz  n'avaient  pas  été  séchés,  de  façon  que 
les  valeurs  trouvées  se  plaçaient  entre  celles  données  ci-dessus  pour 
les  gaz  secs  et  humides.  Au  stijet  des  gaz  employés  dans  les  expé- 
riences précédentes,  et  qui  ne  l'ont  pas  été  dans  celles-ci,  on  avait 
fait  passer  le  gaz  ammoniac  emj)Joyé  à  travers  deu.v  longs  tubes 
remplis  de  chaux,  l'acét>lène  dans  un  long  tube  de  carbure  de  cal- 
cium; (pijint  au  [)i()t()xyd(*  d'azote,  il  était  utilisé  direclemeut  du 
cylindre  (pii  le  (*oulenait. 


(')  /klin^,  /*/iii.  .l/«^.,  juillet  i89?<. 


MOBILITKS   DES    IONS   PRODUITS    DVNS   LKS   GAZ    PAR   LKS   RAYONS   DK    HoNTGKN.    Il3l 

HiitlierfonI   (*)  a  obtenu,  pour  la  somme  des   mobilités  des  ions 
produits  par  les  rayons  de  Riinlgen  : 

rm 

Air 3 ,  >.    par  s«^conde 

Oxvjîèiu* '2,8  » 

» 


Aride  carbonique ?.,  i5 

Hytlrogène fo,4 


» 


Il  n'est  pas  fait  mention  si  les  gaz  étaient  desséchés,  mais  la  \aleur 
pour  l'air  concorde  bien  avec  celle  donnée  ci-dessus  pour  les  mobi- 
lités dans  Tair  sec,  tandis  que,  pour  Thydroi^cne  et  roxjgènc,  les 
\aleurs  correspondent  avec  celles  données  pour  les  j;az  humides; 
quant  à  celles  dans  le  cas  de  l'acide  carboni(pic.  elles  sont  de  /\o 
pour  loo  plus  élevées  que  celles  contenues  dans  ce  Mémoire.  Il  est 
intéressant  de  comparer  les  mobilités  des  ions  produits  par  les  rayons 
de  RTnlj^en  avec  celles  trouvées  dans  le  cas  où  1  ionisation  est  causée 
par  la  lumière  ultra-violette  ou  par  la  décharjjje  au  moyen  de  pointes, 
car  elles  présentent  une  ressemblance  étroite. 

Pour  la  conduction  produite  par  la  lumière  ultra-violette,  Rulher- 
ford  (^)  obtint,  avec  des  gaz  secs,  pour  la  mobilité  des  ions  négatifs  : 

rm 

Air I  ,•;•    par  seconde 

Ihdrogène 3,9  » 

Acide  carbonique <>î7^  » 

La  valeur,  dans  le  cas  de  Tacide  carbonique,  e>t  voisine  de  celle 
obtenue  ci-dessus,  les  autres  sont  considé-rablemenl  plus  faibles. 

Les  mesures  de  A. -P.  Chattock  (^)  lui  ont  donné  pour  la  dé<*barge 
par  pointes  dans  1  air  sec  : 

[iV"*  par  seconde  dans  un  champ  de  i  unité  électrostatique  pour  les  ions 

positifs; 
540*^"'  par  Siîconde  dans  un  cham|>  de  1  unilé  électrostatique  pour  les  i«»ns 

néj^alifs. 

Ces  \aleiirs  sont  à  peu  prés  celles  (|ui  se  trouvent  dans  le  Tableau 
où  sont  les  résullals  de  l'auteur,  dans  les  cas  des  ions  produits  parles 
rayons  de  Rcinlgen. 

J.-S.  Townsend  (*)  a   montré  que,  en  partant  de  la  mobilité  des 


(*)  K.  UuTHEUFoRD,  Phi'f.  MasT-,  novembre  i%7. 

(2)  fc:.  liuTHERKORD,  Pror.   Catub.  Phil.  Soc,  Vol.  IX,  Part.  VllI. 

(')  A.-F^.  Chattock,  Phit.  A/ai{.,  novembre  1899. 

(♦)  J.-S.  Townsend.  Phil.  Trans.,  A.,  Vol.  CXCIII,  p.  i5î. 


fili  j.  zEUDnr. 

ions  et  de  lear  coefficient  de  difiosioD  dans  le  gai,  on  peni  a%oir  la 
valeur  de  Se.  S  étant  le  nombre  de  molécules  dans  i***,  e  la  diarge 
portée  par  Tion.  et,  en  comparant  ce  nombre  avec  celai  correspondant 
au  cas  de  Téleclrolvse.  il  est  possible  de  déterminer  les  cliar;ges  des 
ions  des  deun  signes. 

En  employant  les  mobilités  v  du  Tableau  de  ce  paragraphe  et  les 
coefficients  de  dîlTusion  K  des  Tableaux  de  J.-S.  Toimsend.  on  a  les 
valeurs  de  \^  pour  les  ions  positifs  et  n^atifs  à  la  fois  dans  les  gaz  secs 

et  humides,  à  l'aide  de  la  formule  Xr  =  — ^ 

K 

Le  Tableau  ci-dessous  donne  ces  résultats  : 

Vn/eurs  de  \ex.  lo-*». 

Gaz  honide.  Gax  sec. 

Gaz.  Ions  +.      loas  — .  loss  -*-.      loas  — . 

Air i,a8  1.29  1,46  f,3i 

Oftjgène 1,34  f,a7  i,63  i,36 

Hydrogène 1,24  1,18  i,63  i,aS 

Acide  carbonique 1,01  0,87  0,99  0,93 

L«a  valeur  correspondante  de  Ne  pour  l'hydrogène  dans  Félectrolysp 
des  liquides  est  1  ,*24  x  10"'*  a  une  pression  de  76^"  de  mercure  et  a  la 
Icmp^'rature  de  1 5**  C. 

Les  valeurs  de  Ne  données  par  le  Tableau  pour  les  ions  positifs  et 
négatifs  dans  le  cas  de  l'air,  de  Thydrogène  et  de  foxygène  humides 
concordent  peut-être  suffisamment  pour  justifier  celte  opinion  que  les 
charges  portées  par  les  ions  positifs  et  négatifs  sont  les  mêmes,  que 
la  valeur  est  aussi  la  même  pour  les  trois  gaz,  et  correspond  à  la  charge 
portée  par  Tien  d'hydrogène  dans  rélcctrolyse.  Les  valeurs  de  Ne, 
pour  les  ions  négatifs  dans  le  cas  des  trois  mêmes  gaz  secs,  ne  sont  pas 
très  différentes  de  celles  trouvées  précédemment  avec  ces  gaz  humides  ; 
mais,  si  l'on  considère  ce  qui  a  lieu  pour  les  ions  positifs,  les  résultats 
sont  considérablement  plus  grands.  11  semble  vraisemblable,  toutefois, 
c|ue  les  charges  portées  par  les  ions  ne  diflcrent  pas  dans  les  gaz  secs 
et  humides,  puisque  l'humidité  ne  doit  probablement  pas  influencer 
rinnisation,  mais  doita^ir  sur  les  ions  après  leur  formation  durant  la 
formation  du  cortège  de  molécules  autour  d'eux,  ou  bien  modifier 
la  résistance  à  leur  mouvement.  Donc,  si  les  charges  sont  égales  dans 
1rs  «;:az  liiiniidcs,  elles  doÎNcnt  l'être  aussi  dans  les  *j;az  secs. 

Lf's  valeurs  de  \<'  pour  l'acide  carbonique  sont  plus  faibles   que 


MOBILITÉS  DES  IONS  PRODUITS  DANS  LES  GAZ  PAR  LES  RAYONS  DE  RUNTGEN.  Il3:i 

celles  obtenues  pour  Thydrogène  dans  Trleclrolyse,  et  montrent  une 
charge  des  ions  plus  faible;  mais  de  Tanalogie  avec  les  liquides  nous 
devrions  nous  attendre  à  ce  que,  si  les  charges  variaient,  ce  doit  être 
«lans  le  rapport  de  i  à  2  ou  plu.^,  à  moins  qu'il  soit  possible  d'avoir 
une  charge  plus  faible  que  celle  portée  par  Thydrogène  dans  Télec- 
Iroiyse. 

L'auteur  ne  peut  rendre  compte  des  difl'érenres  des  valeurs  <le  Nf? 
en  les  supposant  dues  à  des  erreurs  dans  la  détermination  des  mobi- 
lités, car  ceci  signifierait  rexisteiice,  dans  les  expériences,  d'une  erreur 
influençant,  dans  certains  cas,  les  résultats  pour  les  ions  positifs  seuls; 
dans  d'autres,  les  valeurs  trou\ées  pour  les  ions  positifs  et  négatifs, 
et  dans  d'autres  se  trouvant  sans  effet. 

Les  expériences  décrites  dans  ce  Mémoire  ont  été  exécutées  au 
Cavendish  Laboratory  à  Cambridge,  et  je  désire  exprimer  ici  mes 
remerciements  au  professeur  .I.-J.  Thomson  pour  les  encouragements 
et  les  conseils  précieux  qu'il  m'a  donnés  au  cours  de  (*es  recherches. 


FIN. 


Flfclriiii.t  el  cor/iiuriilf. 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


Avertissement  et  Tableau  synoptique vu 

Max  Abraham.  —  Principes  de  la  dynamique  de  Télectron i 

John  Aitken.  —  Poussière  ;  brouillards  et  nuages 49 

Henri  Becquerel.  —  Extraits  de  diverses  Noies 5a 

L.  Benoist  et  D.  Hurmuzehcu.  —  NouTellcs  propriétés  des  rayons  X 80 

Eugène  Blocii.  —  Recherches  sur  les  ions  de  faible  mobilité  82 

H.  Buisson.  —  Mesure  de  la  vitesse  des  particules  éleclrisées  dans  la  décharge 

par  la  lumière  ultra-violette ^4 

A. -P.  Chattock.  —  Sur  la  vitesse  et  la  masse  des  ions  daus  le  vent  électrique 

produit  dans  l'air 97 

CouLiER.  —  Note  sur  une  nouvelle  propriété  de  l'air 109 

William  Crookes.  —  Sur  la  matière  radiante ii3 

P.  Curie  et  M—  S.  Curie.  —  Extraits  de  diiïér<*ntes  Notes ia3 

H.  Deslandres.  —  Propriété  nouvelle  des  rayons  cathodiques  qui  décèle  leur 

composition  complexe i49 

II.  Deslandres.  —  Explication  simple  de  plusieurs  phénomènes  célestes  et  ter- 
restres    »53 

G0LDSTEIN.  —  Émission  de  rayons  cathodiques  par  le  Soleil I53 

S.  .Ahrhenius.  —  Emission  de  particules  électrisées  par  le  Soleil 139 

P.  Drude.  —  Théorie  électronique  des  métaux i^»2 

Th.-A.  Edison.  —  L'effet  Edison i83 

J.  Elster  et  II.  Geitel.  —  Recherches  sur  la  conductibilité  et  la  radioactivité 

de  Tatmosphèrc i8j 

Paul  Ewers.  —  Sur  le  mécanisme  des  rayons  cathodiques  et  des  Kanalstrahlen.  323 

W.  GiESB.  —  Conductibilité  des  gaz  extraits  des  flammes 333 

W.  GiESB.  —  Fondements  d'une  théorie  corpusculaire  de  la  conductibilité 33(> 

F.  GiESEL.  —  Sur  la  déviation  des  rayons  de  Becquerel  dans  un  champ  ma- 
gnétique    240 

GoLDSTEiN.  —  Sur  une  forme  non  étudiée  de  rayons  cathodiques 3'|3 

Robert  von  Helmholtz.  —  Expériences  avec  un  jet  de  vapeur 352 

Robert  von  Helmholtz  et  F.  Righarz.  —  Actions  d'origine  chimique  et  élec- 
trique influençant  le  jet  de  vapeur 335 

H.  Hertz.  —  Sur  une  influence  de  la  lumière  ultra-violette  sur  la  décharge 

électrique 261 

Hittorf.  —  Sur  la  conductibilité  électrique  des  gaz 370 

H.-E.  HuRST  et  J.-S.  Townsend.  —  La  production  des  ions  par  le  choc  des  ions 

positifs  et  théorie  du  potentiel  disruptif ioo3 

W.  Kaufmann.  —  La  déviabilité  magnétique  et  électrique  des  rayons  de  Bec- 
querel    384 

W.  Kaufmann.  —  Sur  la  masse  électromagnétique  des  électrons 394 

W.  Kaufmann.  —  Voir  le  Mémoire  de  M.  Simon,  Sur  le  rapport  de  la  charge 
électrique  à  la  masse  des  rayons  cathodiques,  p.  713. 


II 36  TABLE   DBS   MATIÈBE8. 

Pares. 

P.-J.  KiRKBY.  —  Sur  la  conductibilité  produite  dans  Tair  par  les  chocs  des  ions 

négatifs 3o^ 

P.-J.  KiRKBY  et  J.-S.  TowNBEND.  —  Conductibilité  produite  dans  l'hydrogène 

et  le  gaz  carbonique  par  les  chocs  des  ions  chargés  négativement 971 

P.  Lanoevin.  —  Extraits  de  diverses  Notes 3io 

J.  Larmor.  —  Notice  historique 334 

J.  Larmor.  —  Extraits  de  l'OuTrage  •  Aelher  and  Matter  » 336 

Philipp  Lenard.  -—  Extraits  de  différents  Mémoires 36a 

H. -A.  LoRENTZ.  —  Sur  la  théorie  des  électrons 4^o 

H. -A.  LoRENTZ.  —  Phénomènes  électromagnétiques  dans  un   système  qui  se 

meut  avec  une  vitesse  inférieure  à  celle  de  la  lumière 477 

H. -A.  LoREXTZ.  —  Émission  et  absorption  parles  métaux 5oo 

J.-A.   Me  Clelland.  —  Sur    la    conductibilité   des   gaz   chauds   extraits   des 

flammes 5i3 

R.-K.  Me  Glunq.  —  La  recorobinaison  des  ions  dans  les  gaz  à  différentes  pres- 
sions   S22 

R.-K.  Me  Cluno.  —  Effets  de  la  température  sur  l'ionisation  produite  par  les 

rayons  de  Rôntgen 533 

Erich  Marx.  —  Sur  l'effet  Hall  dans  les  gaz  de  la  ftamme 537 

G*  MoREAU.  —  De  l'ionisation  thermique  des  vapeurs  salines 5)o 

H.  Pellat.  —  Reproduction  des  parties  principales  de  Noies  ou  Mémoires 0)7 

Jean  Pbrrin.  —  Électrisation   des   rayons  cathodiques  et  ionisation  due  aux 

rayons  X 5.>K 

Plucker.    -  De  l'influence  d'un  aimant  sur  les  décharges  électriques  dans  les 

gaz  raréfiés 5(*»6 

H.  PoiNGARE.  —  Sur  la  dynamique  de  l'électron 676 

O.-W.  RiciiARDBON.  —  Conductibilité  électrique  communiquée  au  vide  par  les 

conducteurs  chauds * ôSi 

Eouard  Riecke.  —  Contribution  i  la  théorie  des  électrons  et  des  ions 603 

A.  Rionr.  —  Phénomènes  électriques  produits  par  les  rayons  de  Rôntgen 61') 

A.  RiOHi.  —  Convection  électrique  suivant  les  lignes  de  force 617 

£.  RuTHERFORb.  —  La  mobilité  des  ions  et  leur  vitesse  de  recombinaison  dans 

les  gaz  rôntgenisés 619 

E.  RuTHERPORD.  —  Les  rayons  de  l'uranium  et  la  conduction  électrique  pro- 
duite par  eux 638 

E.  RuTHERFORD.  —   La  décharge  des  corps  électrisés  par  la   lumière   ultra- 
violette   667 

E.  RuTUERFORD.  —  La  déviation  électrique  et  magnétique  des  rayons  peu  pé- 
nétrants du  radium 681 

E.  RuTHERFORD  et  J.-J.  Thomson.  —  Sur  le  passage  de  l'électricité  à  travers 

les  gaz  exposés  aux  rayons  de  ROntgen 764 

Saonac.  —  Extraits  de  ses  publications 684 

G.  Saonac  et  P.  Curie.  —  Électrisation  négative  des  rayons  secondaires  issus 

de  la  transformation  des  rayons  X t^o 

A.  SCHUSTER.  —  Décharge  de  l'éleciricilé  dans  les  gaz 706 

S.  Simon.  —  Sur  le  rapport  de  la  charge  électrique  i  la  masse  des  rayons 

cathodiques 7i5 

J.  Stark.  —  L'origine  des  spectres  électriques  des  gaz 736 

J.  Stark.  —  Sur  l'ionisation  par  le  choc  des  ions  positifs  et  négatifs   74) 

J.  Stark.  —  Sur  le  mécanisme  de  Tare  électrique .' 7^1 

J.-J.  Thombon.  —  Sur  les  effets  électriques  et  magnétiques  produits  par  le  mou- 
vement des  corps  électrisés 75*) 


TABLE   DES  MATIÈRES.  IlSj 

Pâirei. 

J.-J.  Thomson.  —  Décharge  de  réiectricité  produite  par  les  rayons  de  Rœntgen; 

eflels  produits  par  les  rayons  sur  les  diélectriques  qu'ils  traversent 7G1 

J.-J.  Thomson  el  Rutherford.  —  Sur  le  passage  de  l'électricité  à  travers  les 

gaz  exposés  aux  rayons  de  Rôntgen * ...  * 7G4 

J.-J.  Thomson.  —  Rayons  cathodiques 779 

J.-J.  TuoMsoN.  —  Sur  la  charge  électrique  transportée  par  les  ions  produits  par 

les  rayons  Rôntgen 802 

J.-J.  Thomson.  —  Théorie  de  la  relation  entre  les  rayons  cathodiques  et  les 

rayons  Rôntgen Suj 

J.^J.  Thomson.  —  Sur  la  relation  entre  la  composition  chimique  d'un  gaz  et 

rionisation  qu'y  déterminent  les  rayons  ROntgen 83:> 

J.-J.  Thomson.  —  Sur  la  théorie  de  la  conductibilité  électrique  produite  dans 

les  gaz  par  les  ions  chargés ' 887 

J.-J.  TuoMSON.  —  La  production  des  ions  dans  la  décharge  de  Télectricité. . . .       853 

J.-J.  Thomson.  —  Sur  une  sorte  de  radiation  facilement'  absorbable  produite 
par  le  choc  des  rayons  cathodiques  lents;  et  sur  une  théorie  de  la  lueur 
négative,  de  l'espace  sombre  et  de  la  colonne  positive KGi 

J.-J.  Thomson.  —  Sur  la  charge  électrique  transportée  par  un  ion  gazeux S79 

J.  Townsend.  —  Conductibilité  produite  dans  les  gaz  par  les  chocs  des  ions 

chargés  négativement 88 1 

J.  Townsend.  —  Sur  les  propriétés  électriques  des  gaz  récemment  préparés...      (jo\ 

J.  Townsend.  —  La  diflTusion  des  ions  dans  les  gaz 920 

J.  Townsend.  —  La  diffusion  des  ions  produits  dans  l'air  par  l'action  d'une  sub- 
stance radioactive,  de  la  lumière  uIlra*violetlc  et  à  l'aide  de  la  décharge  par 
les  pointes gSi 

J.  Townsend  et  P.-J.  Kirkby.  —  Conductibilité  produite  dans  l'hydrogène  et 

le  gaz  carbonique  par  les  chocs  des  ions  chargés  négativement 971 

J.  Townsend.  —  La  conductibilité  produite  dans  les  gaz  à  l'aide  de  la  lumière 

ultra-violette 97:} 

J.  Townsend.  —  La  conductibilité  produite  dans  les  gaz  à  l'aide  de  la  lumière 

ultra-violette 984 

J.  Townsend.  —  Production  des  ions  par  les  chocs  des  ions  positifs  dans  un  gaz  ; 

et  théorie  du  potentiel  disruptif. . , 991 

J.  Townsend  et  H.-H.  Hurst.  —  La  production  des  ions  par  le  choc  des  ions 

positifs  et  théorie  du  potentiel  disruptif looa 

J.  Townsend.  —  Note  sur  le  potentiel  nécessaire  pour  maintenir  un  courant 

dans  un  gaz 1009 

r*.  Villaud.  —  La  formation  des  rayons  cathodiques ioi3 

£.  WiECHERT.  —  Recherches  expérimentales  sur  la  vitesse  et  sur  la  déviation 

magnétique  des  rayons  cathodiques 1029 

E.  Wiedemann  et  H.  Ebert.  —  Sur  la  prétendue  répulsion  de  deux  faisceaux 

cathodiques  parallèles io5G 

£.  Wiedemann.  —  Sur  une  nouvelle  sorte  de  rayons  produits  par  les  étincelles 

et  les  décharges  électriques io58 

\V.  WiEN.  —  Recherches  sur  la  décharge  électrique  dans  les  gaz  raréfiés loGi 

W.  WiEN.  —  Sur  la  possibilité  d'un  fondement  électromagnétique  de  la  Méca- 
nique      ioGr> 

C.-T.-R.  WiLSON.  —  Sur  les  noyaux  de  condensation  produits  dans  les  gaz  par 
l'action  des  rayons  de  Rontgen,  des  rayons  urauiques,  de  la  lumière  ultra- 
violette et  d'autres  agents 107G 

C.-T.-R.  WiLSON.  —  Sur  l'efficacité  relative  des  ions  positifs  et  négatifs  comme 

centre  de  condensation 1087 


ll^S  TABLC  »ES  UATIÊUMS. 


IIauoli^'A,  ^ilbosv.  —  Sor  la  co0<iaclibilité  électrique  de  Fair  et  des  rapcars 

salines lo^ 

llAKOLb'A.  MiLsos.  —  Le»  lois  de  Icleclrcljse  des  vapeors  des  sels  alcalias...     1099 

If AfsOLf/-A.  WfL*03i.  —  DélennisatioB.  de  la  charge  des  iuns  produits  daus  Tair 

par  l^s  ra«oo§  R«îatjEes .• 1107 

M.-J.  Zellxt.  —  Mobilités  des  ious  produits  dans  les  gaz  par  les  rayoas  de 

H^jotgen -    II  «7 


VIS    DK    LA    TAULE    DES   MATIEItES. 


atuiiT  l'ari».  —  Imprimerie  GALTlllEU-VlLl.AUS,  quai  ûa  Grand!>-Augu^UIl!»,  ^: 


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